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Accueil du site > Tribune Libre > L’économie de postcroissance

L’économie de postcroissance

Je suppose que vous ne connaissez pas Niko Paech, c'est pourquoi j'ai envie de vous le présenter, et la meilleure manière de le faire c'est de vous donner cet article à lire ; il se suffit à lui-même, n'a pas besoin de moi. Il y est question d'avenir, un avenir à notre portée, qui dépend de nous et cela donne de l'air dans la situation présente.

J'ai « découvert » Niko Paech sur le blog de Gabriel, (https/ postcroissance.wordpresscom) qui se trouve être le traducteur de son livre à paraître : « se libérer du superflu ».

Bonne lecture

 

L’économie de postcroissance selon Niko Paech

Niko Paech, avec ses petites lunettes rondes et sa verve d’ancien rockeur, est un personnage sympathique. En tant qu’économiste, il fait pourtant figure d’ovni dans son pays, l’Allemagne, et même d’ « antéchrist » chez les Verts allemands, comme il le dit. Depuis plus de dix ans, ce professeur à l’Université d’Oldenburg, membre du conseil scientifique d’ATTAC, prône une réduction massive de la production industrielle et un retour aux 20 heures de travail hebdo. Et comme nos décroissants maison, il vit en conformité avec ses idées. Tout cela, il l’a théorisé sous le nom de Post-Wachstum-Ökonomie : une économie de postcroissance. Un concept qui a donné son nom à ce blog.
J’ai rencontré Niko Paech le 22 septembre 2012, aux rencontres de la Vöö (Vereinigung für ökologische Ökonomie) à Fribourg, un des plus importants laboratoires de recherches sur ces thèmes. Dans cet entretien, il explique pourquoi le « tournant énergétique » entamé par Merkel est une farce, détaille les réformes d’une politique de transition… et assume sa radicalité.

Niko Paech, comment êtes-vous devenu « Wachstums-Kritiker », un objecteur de croissance ?
Cela remonte à la fin des années 70, avant même que je commence mes études. Jeune adulte, j’ai perçu très intensément la dégradation brutale de la situation écologique de la région où j’ai grandi, près de la frontière hollandaise en Basse-Saxe. On y construisait de nouvelles autoroutes, deux centrales nucléaires, et le paysage s’est transformé à un point désespérant. Je me suis demandé : qu’est-ce qui cloche dans notre économie pour en arriver là ? Est-ce que notre bien-être exige une telle défiguration de l’environnement ? Ces questions m’ont amené à lire beaucoup sur ces thèmes. Puis j’ai décidé d’étudier l’économie pour comprendre ce système, en me focalisant sur l’économie de l’environnement et, pour mon doctorat, sur les marchés carbone.

Y a-t-il des auteurs qui ont particulièrement compté ?
J’ai lu très jeune certains classiques de l’écologie comme Small is beautifull de Ernst Friedrich Schumacher, le rapport au Club de Rome Halte à la croissance de 1972 ou encore Ein Planet wird geplündert de Herbert Grühl. Un peu plus tard, dans ma démarche scientifique, c’est l’économiste hollandais Roefie Hueting qui m’a le plus marqué. Son livre New Scarcity and Economic Growth : More Welfare Through Less Production ?, traduit en anglais en 1980, est grandiose. Hueting est un des plus importants critiques de la croissance économique en Europe, aujourd’hui un peu oublié, bien qu’il ait eu une certaine influence politique à la tête du département de statistiques environnementales des Pays-Bas. Je l’ai rencontré l’année dernière, lors d’un congrès d’ATTAC. J’en étais tout tremblant. J’ai dû lui dire : votre livre, il y a trente ans, a changé ma vie !

Connaissez-vous le mouvement français des objecteurs de croissance ?
Mal, car je ne parle pas français. Je ne connais que le livre de Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, que j’ai lu en anglais à sa traduction en 2010 (Farewell to growth).

Qu’en avez-vous pensé ?
Le livre m’a beaucoup plu, car c’est un refus très clair de la croissance économique, de ce point de vue il m’a même impressionné. Mais il y a de fortes différences entre mes vues et celles de Latouche, comme, je pense, celles de beaucoup de « décroissants » français. Je ne suis pas marxiste. J’ai donc une explication différente de la dynamique de croissance que nous vivons. Je travaille avec les concepts de suppressions des limites, de partage industriel du travail et de pillage économique. Et ces phénomènes n’ont pas seulement à voir avec l’idée d’une avidité des détenteurs de capital, mais au moins autant avec notre culture de consommation.

Avec 10% d’énergies renouvelables, une baisse continue des émissions de CO2, votre pays, l’Allemagne, fait souvent figure de modèle en matière d’environnement en Europe…
Je vous arrête tout de suite. Il n’y a pas un seul domaine en Allemagne, pas un seul, où l’on constate une amélioration de la situation écologique. Jamais les Allemands n’ont conduit autant de voitures. Jamais les gros avions de ligne n’ont autant volé. Jamais nous n’avons eu autant de surfaces bétonnées, autant d’emballages non recyclables, autant de déchets électriques. Jamais le paysage n’a jamais été aussi industrialisé. Les performances statistiques en terme d’énergie et de pollution reposent sur une illusion d’optique : nous importons de plus en plus de produits issus de pays à bas salaires, à très faible taux de réglementation sociale et écologique. Même la production « made in Germany » profite de la division internationale du travail : les matériaux de base sont assemblés en Chine ou en Inde, seule la finition est allemande et permet d’apposer le logo. Quelle insolence de la part de l’Allemagne de se poser en modèle !

Angela Merkel a décidé de sortir du nucléaire d’ici 2022, et de soutenir massivement les énergies renouvelables pour qu’elles couvrent 40% de la production d’électricité en 2020. Qu’est-ce qui vous déplaît dans ce projet ?
Je n’ai rien contre les renouvelables, mais je suis pour une utilisation modérée. Nous avons besoin d’une stratégie d’efficacité, qui limite les besoins d’abord et pourvoit ensuite la demande grâce aux énergies renouvelables. Aujourd’hui, nous promettons aux gens qu’ils n’auront rien à changer à leur mode de vie, la politique se chargeant de remplacer le nucléaire et le charbon par les renouvelables. En fait, les énergies renouvelables ne résolvent aucun problème, elles transforment seulement une pollution chimique en une pollution visuelle. Si je construis un parc photovoltaïque, j’ai certes réduit les émissions de gaz carbonique mais j’ai aussi détruit l’environnement. Or, cet effet de déplacement des problèmes n’est jamais pris en compte. Nous sommes partis pour détruire le reste du paysage afin de combler la demande croissante en énergie.

Vous reconnaissez pourtant que les énergies renouvelables sont meilleures que les centrales à charbon ou le nucléaire. Ne devons-nous pas accepter qu’elles occupent de l’espace ?

Non. Pas dans le modèle de post-croissance que je propose.

Décrivez-nous votre solution énergétique.
Deux choses. D’abord, le meilleur kilowatt est celui que nous ne consommons pas : commençons par réduire drastiquement la consommation des ménages. Ensuite, une société de post-croissance prévoit un démantèlement important de l’industrie, ou plutôt je pronostique qu’il aura lieu de toute façon. Que faisons-nous alors des friches industrielles et des parcs automobiles que nous aurons fermés ? C’est là que nous devrons installer les panneaux solaires et des éoliennes. J’ajoute que le seul maintien du statu quo de la circulation automobile et aérienne équivaut à un renoncement complet en termes de politique climatique. Une grande partie des autoroutes et des aéroports du territoire pourrait être mise hors de fonction. Pas tous, puisque nous voulons rester un pays moderne. Je propose de fermer 75% des aéroports et 50% des autoroutes pour les consacrer aux éoliennes. Tout ce qui sort de ce cadre, je l’appelle pillage, et cela n’a rien à voir avec la protection de l’environnement.

J’arrive à me représenter cette industrie réduite, moins énergivore et polluante. Mais comment voyez-vous la transition vers cette nouvelle forme d’économie ?
Vous avez raison, c’est la question-clé. Je vois trois scénarios de transition possibles. Le
premier scénario serait une politique intelligente qui créerait les conditions matérielles et mentales d’une économie de post-croissance. Le deuxième scénario est celui du collapse. Nous pourrions affronter un ensemble de crises se renforçant brutalement les unes les autres : crise financière, crise des ressources, crise écologique et aussi crise psychologique.

Pourquoi crise psychologique ?
A cause du sentiment croissant d’une perte de contrôle sur l’évolution de la société, et aussi sur les destins individuels. Poussés à la performance, les gens n’ont tout simplement plus le temps de répondre aux sollicitations permanentes de l’univers de la consommation. Et l’incapacité de prendre du recul sur toutes ces options réduit les chances de développement personnel.

Et le troisième scénario de transition ?
Ce seraient des îlots sociaux. Des communautés, des réseaux ou des quartiers, se rassemblent et mettent en pratique ce changement de société, dans le sillage des villes en transition (1). Il est vrai qu’ils ne deviendront pas majoritaires. Mais ils serviront d’exemples en cas de crise. Quand les gens effrayés par l’avenir apercevront ces îlots, ils diront : « il y a déjà des gens, là-bas, des avant-gardistes, qui montrent une voie de sortie. » Et ces îlots deviendront des canots de sauvetage.

Vous ne croyez pas seulement à l’argumentation rationnelle, mais aussi aux effets de modèles, d’exemples ?
Bien sûr. Je tiens cette idée de la théorie de la diffusion sociale, qui commence il y a 60 ans avec les travaux d’Everett Rogers sur la diffusion de l’innovation. Cette théorie diffère totalement de la théorie économique classique et son hypothèse d’individus isolés mus par des anticipations rationnelles. Rogers étudie comment les nouvelles pratiques peuvent se répandre dans un système social. Il constate que leur simple existence fait baisser le seuil de peur qui retient les autres de les adopter. Et plus le nombre de pionniers augmente, plus les autres sont enclins à les suivre. Cette théorie déjà ancienne, très empirique, m’influence beaucoup car elle se vérifie partout.

Revenons-en au premier scénario. A quoi ressemblerait une politique de transition vers la postcroissance ?
Il comporterait au moins cinq volets. Le premier serait un moratoire sur l’utilisation des sols. L’économie, même mondialisée, est tellement avide en surface que le gel des sols freinerait considérablement le développement de la production. Par là nous protégerions aussi les biens naturels en voie de raréfaction. Le second volet est la création d’un compte individuel de CO2 limitée à 2,7 tonnes par personne et par an (2), en lien avec l’obligation pour les entreprises d’établir et d’afficher le bilan carbone de tous les biens et services produits, pour que chacun puisse gérer son bilan comme il l’entend.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu’une telle forme de rationnement n’a pas eu lieu en Europe depuis la guerre ?
Rien n’a encore eu lieu de ce que nous devons faire pour sauver la planète. Cela dit, je ne veux pas le présenter comme une mesure autoritaire, un oukase. C’est une orientation à prendre. Seulement, celui qui veut vraiment souhaite lutter contre le changement climatique doit faire face aux implications de cette déclaration d’intention, et accepter d’être évalué en fonction de son propre bilan. Les parents doivent enseigner à leurs enfants en même temps ces deux règles : je ne dois pas dépenser plus d’argent que je n’en possède, je ne dois pas non plus causer plus d’émission de CO2 que ce qui m’est alloué. Adopter le même mode de raisonnement avec le CO2 qu’avec l’argent : voilà le point de départ d’une nouvelle époque.

 

Quelles seraient les autres mesures d’une politique de postcroissance ?
La troisième est de réduire et de partager le temps de travail. Les 40 heures par semaine n’ont pas d’avenir : culturellement, socialement, politiquement. Je propose d’accélérer le passage à une semaine de 20 heures de travail. Une part du temps libéré serait consacrée à l’auto-subsistance en alimentation et à la réparation des objets. Je peux me payer moins d’objets, mais j’ai le temps d’en prendre soin, de les réparer et de les partager. C’est toute la chaîne de création de valeur qui est transformée et diminue à la fois les besoins en capital et en énergie.

Expliquez-nous cela.
Voici une chaîne de création de valeur. A un bout, des ressources sont extraites, à chaque étape, un haut niveau de technologie est injecté, à l’autre bout il y a le marché. Si on utilise plus longtemps chaque produit, si on sait correctement l’utiliser et le réparer, alors il ne sera pas nécessaire de remplacer nos technologies modernes par de plus anciennes. Une tondeuse de bonne qualité partagée entre cinq personnes nécessite cinq fois moins de capital par heure d’utilisation. Ainsi l’ allongement de la durée de vie et le partage des produits font chuter l’intensité en capital de chaque unité.

Revenons à notre politique. Moratoire sur les sols, passage aux 20 heures hebdo, compte individuel de CO2… quels en seraient les deux derniers volets ?
D’abord une réforme complète de l’éducation, pour ne plus seulement faire des enfants des consommateurs et des intellectuels, mais des ouvriers capables de manier un outil, bricoler, réparer, d’improviser, d’inventer. Capables de réparer une chaise cassée, un vélo, de cuire un pain ou de faire de deux ordinateurs hors d’état de marche un qui marche. Un pan entier de notre système éducatif, centré sur l’intellect, est à repenser.

Et le cinquième ?
Il concerne les réformes financières et celle de l’entreprise. Sur ce thème, je rejoins le programme d’Attac : créer une taxe mondiale sur les transactions financières, réserver la création monétaire à la banque centrale et redonner aux banques le rôle d’intermédiaires. Si je mets 100 euros à la banque, elle devrait mettre 100 euros à disposition pour un crédit : elle n’a pas d’autre fonction ni d’autre droit. Un chantier parallèle concerne la structure des entreprises. Les coopératives et autres formes d’entreprises alternatives et sociales doivent être promues face aux sociétés par action, de façon à ce que le capital n’ait pas un tel pouvoir de pression sur la vie économique. Dans une coopérative, je suis une part du capital, mon cœur bat avec le projet de l’entreprise. Sur le long terme, on peut penser, même si on ne peut le prouver, qu’une telle relation directe entre les donneurs et utilisateurs de capital atténuerait tendanciellement le taux de rendements des actions externes et celui du profit en interne, en accord avec l’objectif d’une société moins productrice. Mais pour arriver à ce résultat, j’insiste sur le fait que nous ne devons pas attendre la politique. Par exemple, je suis depuis huit ans représentant d’une banque coopérative, et aussi président d’une coopérative énergétique. J’ai cherché les bonnes personnes et ensemble nous avons monté ce projet.

Dans l’économie de postcroissance que vous décrivez, l’idée d’auto-approvisionnement revient souvent, en complément d’une agriculture régionale et écologique. Jardins et jardins partagés devraient nous nourrir. Cela me paraît irréaliste. Que dites-vous à un Parisien comme moi ? Nous avons bien quelques jardins partagés, mais ils peuvent tout au plus réjouir les jardiniers du dimanche…
Il n’a jamais été question que les gens des grandes villes deviennent 100% auto-suffisants ! Nous devons seulement essayer d’augmenter ce niveau. Pensez aussi autres qualités des jardins : ils augmentent la qualité de vie dans les villes, parce qu’ils emmagasinent du carbone et donnent un nouvel espace à la faune et à la flore. Et ils servent ou pourraient servir de plates-formes de rencontres pour les gens avec des idées nouvelles.

L’économie de post-croissance suppose aussi l’existence de cercles d’échanges et de réparation de biens et de services. Comment peuvent-ils se développer ?
Comme je l’ai dit, je crois au pouvoir d’attraction des petits îlots et réseaux qui se rendent visibles. La science n’a pas d’influence sur ce qui se passe dehors. Mais ces changements ne sont pas non plus hors de portée de la politique. Par exemple, au niveau communal, on peut mettre en place des locaux et des dispositifs de soutien mutuel, financier ou matériel. On peut même imaginer des sortes d’animateurs ou de « managers » qui aident à développer les jardins partagés, les réseaux d’échange, des cafés où les gens aux multiples talents se rencontrent pour échanger et réparer leurs affaires – ou même seulement une plateforme internet. La politique peut donc agir, et même avec très peu d’argent. Au lieu de transformer les villes en paradis de la consommation, elle peut faire le choix d’ouvrir de nouvelles possibilités : possibilité de rencontres, possibilité de consommer et de vivre autrement. Parlez-nous de ce projet que vous avez monté à Oldenburg en 2002…
J’ai fait partie des fondateurs d’un Verschenkmarkt, une grande halle aux dons, dans un ancien magasin de meuble. Tout le monde peut venir y déposer ou emporter ce qu’il veut. Cela réduit les déchets, toutes les ressources de la production, et… les besoins financiers ! Je suis musicien, et c’est là que j’ai trouvé ma flûte traversière. Le Verschenkmarkt d’Oldenburg est très visité, il montre que le système de l’occasion marche.

Je vois un autre problème, lié au progrès technique. Peu importe la taille de l’industrie, la croissance est souvent présentée comme une condition au plein emploi car la productivité augmente : on crée le même produit en moins de temps. La productivité doit-elle être sciemment freinée ?
Oui. Dans une économie de postcroissance, une industrie à haute valeur ajoutée technologique, ouverte sur le monde, mais de taille réduite, continuera d’exister. A côté, l’économie « moyenne », occupant une place intermédiaire entre l’industrie globalisée et l’auto-suffisance inventive, devra se développer. C’est là qu’on peut freiner la productivité et faire baisser le chômage. Il s’agit d’une économie locale, où l’argent et la créativité des entrepreneurs jouent un rôle. On y produit beaucoup de services, mais également des produits dont l’intensité en travail est plus grande : je veux parler de ces « technologies moyennes », au sens de Fritz Schumacher (Small is Beautiful). Un vélo, un bateau à voile, une cisaille sont des technologies moyennes. Une éolienne est aussi une technologie moyenne, si elle est faite pour pouvoir être réparée. Baissons volontairement le seuil de la spécialisation, sans la faire disparaître : cela signifie moins de capital, moins d’automatisation, moins de numérisation. La technologie doit renforcer la force de travail, mais sans la remplacer.

Je vois un autre problème, lié au progrès technique. Peu importe la taille de l’industrie, la croissance est souvent présentée comme une condition au plein emploi car la productivité augmente : on crée le même produit en moins de temps. La productivité doit-elle être sciemment freinée ?
Oui. Dans une économie de postcroissance, une industrie à haute valeur ajoutée technologique, ouverte sur le monde, mais de taille réduite, continuera d’exister. A côté, l’économie « moyenne », occupant une place intermédiaire entre l’industrie globalisée et l’auto-suffisance inventive, devra se développer. C’est là qu’on peut freiner la productivité et faire baisser le chômage. Il s’agit d’une économie locale, où l’argent et la créativité des entrepreneurs jouent un rôle. On y produit beaucoup de services, mais également des produits dont l’intensité en travail est plus grande : je veux parler de ces « technologies moyennes », au sens de Fritz Schumacher (Small is Beautiful). Un vélo, un bateau à voile, une cisaille sont des technologies moyennes. Une éolienne est aussi une technologie moyenne, si elle est faite pour pouvoir être réparée. Baissons volontairement le seuil de la spécialisation, sans la faire disparaître : cela signifie moins de capital, moins d’automatisation, moins de numérisation. La technologie doit renforcer la force de travail, mais sans la remplacer.

Comment peut-on imposer la fin de l’obsolescence programmée ?
C’est très difficile. Même si on fait une loi, comment prouver l’obsolescence ? On peut prouver qu’un objet marche ou ne marche pas, mais difficilement qu’il a été programmé pour ne pas marcher. « On a fait de notre mieux », pourra toujours répondre l’entreprise. Et les phénomènes de mode la pousse dans cette voie de l’éphémère. J’en reviens donc à mes dadas : l’éducation, mais aussi des réseaux de consommateurs. Sur ifixit.com par exemple, les jeunes gens se montrent à l’aide de vidéo comment réparer toute sorte d’objets. En Allemagne, il y a http://www.murks-nein-danke.de/blog/ contre l’obsolescence programmée. Ces initiatives ont quelque chose de subversif, car elles dissuadent aussi d’acheter des produits dont la durée de vie est limitée.

A propos des techniques : Internet n’est-il pas un moyen formidable de diffuser des idées peu représentées dans les grands médias ?
Internet est négatif par la consommation d’énergie, et dans le besoin de nouveaux appareils qu’il engendre. Mais j’ai chez moi un vieil ordinateur qui marche très bien. Je l’ai réparé moi-même il y a un an, et je viens d’y installer la carte graphique d’un ami. Internet n’est pas à rejeter, mais c’est un jouet, pas un outil sérieux de communication. Je dois d’abord avoir une idée de ce que je veux y trouver, et me méfier, car l’information est si peu triée.

Beaucoup de gens ne seraient pas là aujourd’hui sans Internet.
Nous aurions envoyé des lettres.

A moi, vous n’auriez jamais rien envoyé !
Bon, d’accord, je ne veux pas abolir Internet.

Dans votre dernier livre (3), vous dénoncer la multiplication des « esclaves énergétiques ». Un concept de vous ?
Oh non ! En Allemagne, il a été surtout développé par le physicien Hans-Peter Dürr, ancien chef du Max-Planck Institut. Dürr a écrit de nombreux livres sur la question du développement durable et a co-fondé notre institut, le Vöö, en 1995. L’idée est simplement que le travail humain est remplacé par des machines, au nom du confort et de la liberté. Par là, notre mode de vie est toujours plus vorace en énergie.

Autrefois, on sollicitait davantage l’énergie humaine… Voulez-vous retourner au travail réel de 15 heures par jour ?
Je dois me répéter, non ! Le monde de post-croissance n’est pas un retour à ces conditions. Dans un sens, c’est un retour, mais un retour mesuré, dans un monde moderne, confortable et relié. Un compromis.

N’y a-t-il aucun parti en Allemagne qui soit pour une réduction de l’industrie ?
Il n’y en a qu’un seul : le parti écologique démocratique (Ökologisch Demokratische Partei), représenté dans certains parlements communaux où il atteint 2% des voix. Son président, Sebastian Frankenberger, est partisan d’une économie de post-croissance. Mais il ne peut pas convaincre tout son parti. Ils m’ont invité lors de leur congrès et j’ai pu constater que le concept est débattu au sein du parti. Chez les conservateurs (la CDU d’Angela Merkel), on peut citer Meinhard Miegel qui a écrit un livre sur une économie sans croissance. C’est un

Wachstum-Kritiker à prendre au sérieux, mais il est très critiqué par la gauche qui lui reproche d’utiliser la fin de la croissance pour démanteler l’état social. On trouve chez les principaux partis de gouvernements, à l’exception du FDP libéral et de die Linke (la gauche), quelques personnalités critiques, mais cela ne veut rien dire car ils n’ont guère d’influence sur leur parti.

Et chez les Verts alors ?
Je ne vois que Rheinhart Loske, député du Bundestag jusqu’en 2006. En général, il y a bien quelques courants critique de la croissance à la base du parti, mais pas dans les instances décidantes. Certains participants de ce colloque ont déclaré être membres des Verts. Ils se disent désespérés par le conformisme de leur parti. Ils ne partagent plus l’idée d’une croissance verte et se demandent s’ils doivent rendre leur carte. Si les Verts m’invitent, j’irai volontiers faire une conférence. Mais je suis l’antéchrist là-bas.

Les Allemands éliront un nouveau parlement fédéral en septembre prochain. Une coalition rouge-verte, entre le Parti social-démocrate (SPD) et les Verts en 2013, cela vous plairait ?
Cela ne changerait rien. Cette coalition sous Gerhard Schröder [entre 1998 et 2005] n’a pas beaucoup apporté, et elle même fait beaucoup de bêtises : baisser l’impôt pour les plus riches, libéraliser les marchés financiers et permis la crise de 2008. Elle avait bien un projet sur les emballages non recyclables, mais il n’a pas marché. Voilà pourquoi je ne crois pas que leur arrivée au pouvoir changerait quoique ce soit. Quant à la sortie du nucléaire, c’est de toute façon au programme.

Grâce à Merkel ?

Tous les régimes auraient réagi de la même façon en Allemagne, dans le contexte du mouvement anti-nucléaire.

Une interview de vous dans la Süddeutsche Zeitung vous présentait en disant : Niko Paech n’a pas de voiture, n’a pas de téléphone portable, et ne prend pas l’avion. La journaliste vous taquine ensuite parce que vous avez deux VTT, au lieu d’un. Cela vous énerve ?
J’ai donné récemment une interview à la Zeit, où mon mode de vie était décrit. Mais c’était le principe de la rubrique. Depuis, tous les journalistes se servent de ces éléments en présentation. Et en un sens, oui, ça m’énerve, puisque je veux être médiatisé pour mes idées. Je préfère qu’ils me posent directement la question. Mais en même temps, j’accepte ce petit jeu car il est impossible de proposer une économie de post-croissance sans vivre en accord avec ce qu’on propose. Ce serait cultiver une schizophrénie qui rendrait tout discours impossible.

Dans l’interview, vous dénoncer les gens qui boivent une limonade bio, ont une « Passiv-Haus » [une maison à très basse consommation d’énergie] et se présentent comme des sauveurs. J’observe cette tendance à clouer au pilori les « faux écolos » aussi chez les décroissants français, et je me pose des questions. N’y a-t-il pas un risque de passer pour sectaire, de décourager les gens qui tendent à un meilleur comportement ?
Il y a peut-être un risque, mais je l’accepte volontiers. Je ne dis pas que la Bionade ou les maisons passives sont mauvaises en soi, ce qui m’énerve, c’est lorsque ce comportement affiché sert de compensation morale pour ce qu’on fait le reste du temps. Si le fait de boire une Bionade ou de faire ses courses dans un magasin bio, me range parmi les bons, les amis de la planète, alors que par ailleurs je prends la voiture tous les jours et l’avion quand ça me chante – alors la multiplication de ces symboles peut rendre la consommation écolo contre-productive. Autre exemple de cet effet-rebond psychologique : celui du pot catalytique. J’en connais beaucoup qui avaient autrefois du mal à assumer leur bilan, et se disaient prêts à vivre sans voiture. L’arrivée du catalyseur a sauvé leur mode de vie. Après cela, il ne faut pas s’étonner que les électeurs verts soient parmi les groupes sociaux plus émetteurs de carbone (4). Le vote vert joue d’ailleurs ce rôle de compensation morale, comme l’autocollant Greenpeace sur les vitres de la voiture. On n’attire plus l’attention sur la voiture mais sur l’engagement chez Greenpeace.

Dans la Süddeutsche, vous étiez présenté comme un pessimiste, mais vos réponses laissent une incertitude sur ce point. Etes-vous vraiment pessimiste ?
Je le suis. Un jeune d’aujourd’hui, à 20 ans, a souvent dégagé autant de CO2 que mon grand-père durant toute sa vie.

Et tous ces gens réunis aujourd’hui ?
Ils sont généreux, ce sont des pionniers. Mais on avait plus de pionniers dans le passé. Au fond, je suis persuadé que seules les crises auront des effets. Car je n’observe actuellement ni transformation, ni choc culturel. Voyez même mes étudiants : ils sont enthousiastes, mais inconscients. Voilà un type qui travaille à Londres, veut me voir et me dit : pas de problème, je viens en avion. Ils prennent l’avion pour un entretien ! Ne peut-on pas s’arranger par skype ? La politique ne change rien, il faut d’abord changer les gens qui votent. Or la plupart des gens en Europe profitent de ce système : parce qu’ils ont l’argent des banques, parce qu’ils roulent et volent à l’envi. Et la simple idée de travailler moins, de réparer ces produits leur fait peur.

  1. Le réseau des villes en Transition, né en 2006 en Angleterre, s’étend sur 20 pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Il prépare le passage « de la dépendance au pétrole à la résilience locale ». www.transitionnetwork.org/
    (2) Le taux moyen pour limiter le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle, selon le conseil scientifique du parlement allemand (750 mds de tonnes entre 2010 et 2050, pour 6,9 milliards d’habitants). Les calculs du cabinet PriceWaterhouseCoopers en 2009 tenant compte de la croissance démographique, sont encore plus « sévères » : cf. cet article dans La Croix.
    (3) Befreiung vom Überfluss : Auf dem Weg in die Postwachstumsökonomie, Oekom, 2012. (Se libérer du superflu. Sur le chemin de la postcroissance). En anglais : Liberation from excess : The road to a post-growth economy, Oekom.
    (4) Une étude de 2010 du ministère de l’environnement allemand montrait que les électeurs des Grünen faisaient partie des groupes sociaux les plus émetteurs de carbone. Cf die Welt (en allemand).

 

Je vous joins une autre interview de lui, en vidéo :

 


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102 réactions à cet article    


  • Jo.Di Jo.Di 22 juillet 2016 09:32

    Bof ....,
     
    les teutons avait la possibilité de baisser écologiquement leur population ....
     
    Mais Krupp et Golman-Sachs avait besoin de baffreurs d’auge consumériste et d’esclaves soumis tt content de pouvoir acheter la bmw ...
     
    Alors d’une pierre 2 coups .... destruction des peuples et consumérisme assuré par les 9 soeurs à Coulibaly qui pondent pour le Capital ...
     
    En 20 ans
     
    Immobilier au Japon -22%
     
    Bétonne ta terre et soit grand remplacé par dévotion à Saint Capital philanthrope bioclimatiiik ...


    • Le p’tit Charles 22 juillet 2016 10:11
      L’Allemagne n°1 de l’UE pour les émissions de CO2

      Il existe des différences considérables entre les politiques énergétiques des deux pays : la France produit les 3/4 de son électricité à partir de l’atome, tandis que l’Allemagne est en train de sortir du nucléaire et a vu fortement progresser ces dernières années surtout les parts dévolues au photovoltaïque et à l’éolien.

      Mais parallèlement, l’Allemagne a recours à cette “technologie de transition” qu’est le charbon et des industries fort gourmandes en énergie sont dispensées du prélèvement prévu par la loi sur les énergies renouvelables – alors même que certaines d’entre elles rejettent massivement du CO2.


      • Le p’tit Charles 22 juillet 2016 10:30

        @Le p’tit Charles....Votre coup de coeur, est un menteur...issu du système.. !


      • alinea alinea 22 juillet 2016 10:53

        @Le p’tit Charles
        C’est vrai, ce n’est pas un extra terrestre !


      • mmbbb 22 juillet 2016 10:18

        J’ai survole cet artcicle tres theorique. Il y a une affaire a lyon, les ecolos ne prennent pas les transports en commun mais les taxis , belle ardoise de plusieurs milliers d’euros Affaire portee par le nouveau president de region Wauquier, c’est de bonne guerre Les ecolos a Lyon habitent les quartiers bourgeois, ect ect Tout ceci c’est tres gentil mais cela me fait vraiment penser a la rhetorique de l’eglise, lorsque je devais ecouter les sermons du cure : faites ce que je vous dis et non pas ce que je fais. ( bourgeoisie catholique qui vivait dans l’opulence ) a l’instar des gu gus comme N HULOT prone la decroissance et vit comme un nanab comme par ailleurs la plupart de ces neo moralisateurs. En resume dit moi comment tu vis et je suivrai, sinon ne viens pas m importuner avec ton ideologie.


        • alinea alinea 22 juillet 2016 10:50

          @mmbbb
          Si vous aviez lu l’article vous sauriez qu’il n’est pas écolo ! et qu’il vit comme il dit !
          Lisez-le, ça fait du bien, en plus l’article est aéré et très facile à lire smiley


        • mmbbb 22 juillet 2016 12:49

          @alinea et bien c’est tres bien ainsi. Je note toutefois que cet auteur est honnête. Les ecolos francais ne cessent pas de nous presenter l’Allemagne comme un modèle et sa fameuse transition énergétique. Non seulement les allemands ont le culte de la voiture ( c’est leur droit ) mais cette nation utilise au moins 40 % de l’energie thermique. Ces enormes haveuse qui avalent cette lignite sans s’arrêter et de surcroît pollue en rejetant des fuméees et des gaz . Je n’oublie pas non plus que cette nation s’est orientée après la chute du mur vers une agriculture industrielle ( le concept de ferme des 1000 vaches ..) . etc ... Quant à la theorie de la décroissance je l’a connais mais je doute qu’elle soit réalisable, Si l on veut faire court, près de 25 millions d’européens a minima, ont déjà adopté cette théorie, ceux qui sont au chomage et dont le niveau de vie est tres faible . Et pour terminer, ceux qui devraient être les porteurs de ce dogme : les ecolos avant tout ( puisque je vois mal un Gattaz se faire le chantre de cette décroissance ), de par leur image et leurs actions délétères détournent la plupart des francais de ce concept.


        • alinea alinea 22 juillet 2016 13:12

          @mmbbb
          Les écolos politiques ne sont pas décroissants ; le mouvement décroissant en France c’est plutôt Ariès ; non, les pauvres ne sont pas décroissants ! certes les SDF sous les ponts, oui, mais sinon, la malbouf, les joujoux électroniques, le chauffage électrique ( quitte à ne pas payer la facture), etc..
          Il dit très justement que les écolos sont très gentils, mais n’hésitent pas à prendre l’avion pour discuter cinq minutes !
          J’en connais qui plantent quelques arbres quand ils sont partis en vacances en Inde !!
          La décroissance, c’est une déprogrammation et une manière, peut-être d’abord philosophique, mais qui ne se met en application que si tout son être le ressent comme une vérité intransigeante.
          Ainsi c’est tout le mode de vie qui change, même si, comme moi, on pense que le CO2 que l’homme émet n’est pas forcément la seule cause du changement climatique.
          Cela touche notre quotidien, et quasi exclusivement, pas de gaspillage, frugalité, sédentarité, chasse aux plastiques,etc.
          les îlots de survie dont il parle me font penser aux îlots de survie de Claude et Lydia Bourguignon..
          Ce qui me paraît essentiel dans ce qu’il dit, c’est qu’on ne peut pas continuer comme ça, avec la bonne conscience du vent ou du soleil comme sources d’énergie !
          J’ai vraiment l’impression qu’il nous faut y songer sérieusement, se méfier des récupérations mercantiles, des recettes « faciles »...


        • mmbbb 22 juillet 2016 17:28

          @alinea c’est pour cela que les ecolos font a peine 3 % aux elections Bien qu ils haissent l armee, ils en empruntent la technique comme Montgomery jadis dans le desert lors de l’afrila korps , ils donnent l’illusion qu ils sont nombreux En effet le subtil maillage des medias Con Bendit ; je suis partout, laisse accroire qu ils sont un parti majoritaire . Oui les ecolos sont peut etre gentils mais ils sont surtout inconsequents Quoi qu il en soit comme l aurait notée notre cher Jean de La fontaine,il y a l’ecolo des villes et l’ecolo des champs. Entre les deux , un monde


        • alinea alinea 22 juillet 2016 17:42

          @mmbbb
          C’est un rapport à soi-même ; arrêtez de regarder les autres et vous autoriser à être con parce qu’ils le sont !


        • Iren-Nao 22 juillet 2016 10:30

          Les idées de ce garçon sont surement fort intéressantes, voire mieux que cela.
          Mais l’impasse est faite sur la cause de tout, qui est une surpopulation humaine délirante dont rassurons nous,100% sera morte dans pas si longtemps.
          Il y a deux siècles nous étions moins de 1 milliard, pas de problème de carbone.
          Iren-Nao


          • alinea alinea 22 juillet 2016 10:52

            @Iren-Nao
            oui, mais c’est comme ça !! en plus, cinq minutes avant de mourir, nous sommes encore vivants smiley


          • mmbbb 22 juillet 2016 13:22

            @alinea Votre remarque est un peu idiote, Claude Levis Strauss qui n’etait pas un demeure s’inquiétât de cette croissance exponentielle. Le problème evidemment serait tres différent si cette croissance avait ete lineaire. Au demeurant, c’est l’apport de la science occidentale ( éradication de a variole par exemple apport de la medecine preventive etc etc ) qui a été un vecteur de cet explosion demograhique Vous pouvez consulter par exemple les tensions futures sur le delta okavongo en Afrique ( projet de barrage ) Par ailleurs en 2050 la population de l’ europe de ne sera plus representative ( la population francaise ne represente desormais 1 % de la population mondiale ) donc decroissance ou pas le probleme n’est pas chez nous Par ailleurs cette population mondiale sera à 75 % urbaine selon les projections Qu’est ce qui est energetivore ? un urbain . Il y des groupes de reflexion sur la genese de ces futures villes et donc un facteur de croissance pour les entreprises Et pour terminer, la robotique et l’intelligence artificielle modifiera le mode de production de nos sociétes occidentale dont le schéma actuel de la production sera caduc.


          • alinea alinea 22 juillet 2016 13:30

            @mmbbb
            Je ne sais pas si ma remarque est idiote mais ce que je sais c’est que tant qu’on est vivant on a le choix de sa vie, enfin pour certains, aussi, que proposez-vous : on s’abandonne à la déliquescence générale jusqu’à mourir décadent ?
            Notre économie est liée et dépend des pays que nous pillons, si nous sommes conscients de cela, si nous vivons une décroissante qui nous rend heureux parce que nous sommes acteurs de nos choix, de fait ces pays retrouveront les espaces pour vivre ; vue la richesse de leurs pays, les Africains déserteraient les bidons villes pour retrouver leurs lopins et vivre frugalement !
            Quant à l’urbanisme, je vous concède que cette abomination est là et qu’on ne résoudra pas ce problème en deux générations ! Mais pour le reste, une suffira !


          • Habana Habana 22 juillet 2016 16:14

            @Iren-Nao
            C’est pour ça que Maquerelle lance un appel mondial pour adopter 1 million d’immigrés supplémentaires dans son pays ! Mais, dommage qu’on soit dans cet espace Schengen de merde car ils vont malheureusement finir chez nous (plus de prestation sociale). Et dans leurs pays d’origine, que la moitié auront quitté pour venir gonfler les rangs de nos chômeurs, ils peuvent continuer à pondre comme des tarés et faire des gosses qu’ils ne peuvent pas assumer.

            Et ainsi de suite !
            C’est formidable la croissance ...des autres !

          • Aristide Aristide 22 juillet 2016 11:56

            Beaucoup de gens ne seraient pas là aujourd’hui sans Internet.
            Nous aurions envoyé des lettres.

            A moi, vous n’auriez jamais rien envoyé !
            Bon, d’accord, je ne veux pas abolir Internet.

            Ouaaahhh, en voilà une homme de conviction, une question, réponse blanc, une petite remarque réponse noir. Bravo.


            • foufouille foufouille 22 juillet 2016 12:06

              "C’est très difficile. Même si on fait une loi, comment prouver l’obsolescence ? On peut prouver qu’un objet marche ou ne marche pas, mais difficilement qu’il a été programmé pour ne pas marcher."
              pas vraiment. c’est facile à prouver.


              • mmbbb 22 juillet 2016 17:34

                @foufouille et alors le cout de la reparation desormais n’est plus rentable Si je me deplace pour reparer un lave linge cout de la main d’oeuvre TVA charge diverse amortissement du vehicule ect cette operation coutera 250 euros au bas prix Vous allez Darty vous avez un lave linge pour 300 euros Je suis debile et je comprends ceci a moins qu il faille travailler gratos


              • alinea alinea 22 juillet 2016 18:00

                @mmbbb
                Oui, il faut que ce soit gratos ! échanges, entraide ; la spirale dans laquelle nous sommes engagés est infernale.
                Du reste tout service, tout objet, tout travail vaut du simple au triple ! cela prouve bien que ça ne correspond à rien ! Ainsi, on passe son temps libre à comparer les prix, les lieux, les artisans, etc !!


              • foufouille foufouille 22 juillet 2016 21:16

                @mmbbb
                c’est volontairement que la réparation est trop chère. surtout ce qui est électronique.
                c’est fabriquer pour griller.
                souvent le prix des pièces est plus élevé que l’ensemble de la machine.


              • sarcastelle 22 juillet 2016 12:38

                Il faut beaucoup de candeur pour ne pas comprendre que c’est la prospérité qui stimule et paie la recherche. Dans une économie médiocre les grands malades et les infirmes ne sont pas très secourus. On ne les munit pas de souvent plusieurs prothèses pour que leur polyarthose ne les cloue pas dans un fauteuil. Dans le tiers-monde on a souvent le choix entre la cécité par cataracte vingt ans avant la mort, ou une intervention incertaine à fort taux de séquelles invalidantes.
                .
                Et tout ça parce que les candides dont obnubilés par la fascination antinucléaire, multipliant par cent les dommages de cette énergie.


                • alinea alinea 22 juillet 2016 14:24

                  @sarcastelle
                  Il faut beaucoup d’aveuglement pour croire que la prospérité de l’occident est infinie.


                • Ouam Ouam 22 juillet 2016 15:03

                  @alinea :

                  Plussoiement d’un million ! direct ! smiley

                   

                  Seul un cerveau malade comme celui Gattaz (Ou Macron cad son clone, etc...)

                  peut croire(*) que sur une planète finie une croissance infinie l’est

                   

                  (*) Croire ou  croyance  (ca doit te rappeller quelque chose smiley 


                • Ouam Ouam 22 juillet 2016 15:26

                  @Alinea :

                  Par contre Aliena, ce que je comprends pas (ou pas vu lu en diagonale, peu de temps)

                   

                  c’est la décroissance de la population mondiale, c’est nulle part évoqué, parce que si la population terreste double tous les 40 ans (ou moins) on aura beau faire tout ce que le gars conseille, on sera dans le mur quoi que l’on fasse.

                   

                  Je t’avais envoyé le lien d’un reportage d’une ingé qui bossait sur la biodiversité et qui parlait de ce problème gravissime et qui l’expliquait super bien.

                  Rien qu’en france la pression démographique est déja de 1.3x, je ne parles meme pas de celle du japon etc...

                   

                  c’est un oubli ?, manque de place ? , allégement du texte ?, ou idéologie de la personne que tu cite ? ou je l’ai loupé ??

                   

                  Parce que le noeud gordien il est bien la dans la priorité des prioritées

                  Imagine 2 humains sur la terre, il leur serait impossible de polluer la planete meme avec les pires moyens (hormis arme nucleaire bien sur)

                   

                  Alors que l’inverse : A 16Millards, on aura beau décroitre ce que on veut, ne plus bouffer que du riz, jamais ni de viande no d’oeufs, ni de viande quoi, bien sur ne plus se chauffer se laver qu’une fois par mois pour économiser l’eau, ne plus faire d’activitées pour moins consommer d’eau et moins générer de c02, renoncer a toutes les énergies carbbonnées, travailler une heure...(etc) on sucera des cailloux au bout avec un filtre dans le T.du Cul pour filtrer les pets ravageurs pour la couche d’ozone  smiley

                   

                  Et bien sur en ayant détruit toute la biodiversitée, des animaux il n’e pourra plus y en avoir, l’humain etant la prioritée absolue, et transformé tout l’espace mondial en immense rizière.

                   

                  Enfin tu suis le raisonnement, c’est comme celui qui veut pas polluer avec un diesel avec un pot catalytique, ou tenter de polluer moins en empilant les normes, alors que....

                  c’est le moteur diesel au bout le gros du problème smiley


                • alinea alinea 22 juillet 2016 16:33

                  @Ouam
                  il y a des lois naturelles, ouam, auxquelles l’homme, même occidental ne peut rien ; la démographie en est une, lis Todd !! elle suit des lignes qu’on connaît, mais le volontarisme n’y peut rien.
                  parmi ces lignes, si l’occidental ne consomme pas comme cinq ou six hommes normaux en bonne santé, l’Afrique, par exemple, trouvera de l’espace pour vivre aussi sainement, et sa démographie chutera de fait.
                  Idem pour l’Inde. La conscience de notre animalité en adéquation à notre planète en est la condition sine qua non ; donc l’économie postcroissance, ou la décroissante telle que vue chez nous en est un des chemins principaux.


                • sarcastelle 22 juillet 2016 16:58

                  @alinea
                  .
                  Il faut beaucoup d’aveuglement pour croire que la prospérité de l’occident est infinie.
                  .

                  C’est une coutume écologiste qu’inventer des formules absurdes pour les placer dans la bouche du contradicteur.
                  .
                  J’ai dit que le développement humain a besoin d’une recherche intense financée par la prospérité, chacune agissant sur l’autre. Ai-je évoqué des chiffres et des limites ou des il-limites. Aussi qu’est-ce que vous venez me raconter avec vos infinis sortis de votre chapeau en répétant des poncifs écolos. 
                  .
                  Vous n’ignorez pas que la création de richesse est presque rigidement corrélée à la disponibilité en énergie. Le moyen le plus sûr de marcher à la pauvreté est ainsi de freiner idéologiquement le développement des énergies qui marchent pour leur substituer des gadgets pour poètes.
                  .
                  Et puis que diable, est-ce que notre tonton barbu d’Agoravox n’évoque pas souvent l’énergie du vide ? Selon certaines théories elle se monte à 10^94 grammes par centimètre cube, soit 2,5 x 10^107 kWh par mètre cube de vide. L’énergie contenu dans un crâne d’écologiste moyen se monte ainsi à des milliards de milliards de milliards de fois plus qu’il n’en faudrait pour vaporiser toute la matière du système solaire. Alors ? Un peu d’audace intellectuelle ! Assez d’abandons !


                • alinea alinea 22 juillet 2016 17:04

                  sarcastique : je ne prends pas les problèmes par le même bout de lorgnette que vous ! je ne crois pas un seul instant dans la « science » indispensable à notre longévité vénérée ou quoique ce soit ; peut-être parce que j’ai trop d’ami(e)s morts jeunes, peut-être parce que je sais que la santé est en amont, parce que je sais que le bonheur n’est pas dans l’artifice, quel qu’il soit.


                • sarcastelle 22 juillet 2016 17:07

                  @alinea
                  .
                  C’est plus grave que je ne croyais. Votre pensée est indépendante des contingences physiques.


                • Ouam Ouam 22 juillet 2016 17:24

                  @alinea :

                  Je te parles de nous (les francais) on est trop nombreux, il faut réduire, la pression est de 1.3x cad on doit prendre des terres à d’autres peuples rien que ca c’est pas normal !

                  C’est pas le tiers monde ici flute enfin pas encore ! et ca augmente toujours.

                  Meme lui le disait déja à l’époque et l’expliquait la : http://www.demographie-responsable.org/

                  Puis la..regarde c’est bien expliqué https://fr.wikipedia.org/wiki/Surpopulation

                  (tu regardera la projection démographique mondiale à 17 millards !!! en 2100 à droite en bas )

                  Ce n’est pas mes projections mais celles de l’article si le braquet n’est pas modifié

                   

                  Il suffit en France d’inverser le systeme des allocs,un petit peu pour le 1er, 2 = rien, 3 = l’inverse la surtaxe fiscale comme la chine l’a fait.

                  Parce que si on ne fait pas ca, tout le reste est illusoire on sera dans le mur pareil au bout, alors dans ce cas autant en profiter si cela ne servira pas aux prochaines générations vu que todd explique que c’est impossible

                   

                  « il y a des lois naturelles, ouam, auxquelles l’homme, même occidental ne peut rien ; la démographie en est une, lis Todd  !! »

                  C’est le prb du moteur diesel que je t’expliquais précédemment, toi tu veut regler le problème de la pollution en rajoutant du pot catalytique, du filtre à particule, tout ces bordels c’est qu’une vaste escroquerie (le sacandale VW p ex) le prb à la base c’est bien le type de motorisation, et...

                  tu est en train de m’expliquer que on peut pas revoir la motorisation... vu que tood le dit...

                   

                  Alors mourrons joyeusement tous, et oublions ces artifices à la con que propose le gars dans ton article (ses filtres à particules etc....) , parce que que comme je le disauit tout à l’heure on est NOUS sur une planete FINIE (et pas INfinie)

                  Bonne journée à toi


                • alinea alinea 22 juillet 2016 17:26

                  @sarcastelle
                  Elle y est au contraire totalement liée, mais les contingences naturelles, pas les contingences du profit et de la magouille, du mensonge et de la volonté de maîtrise !


                • alinea alinea 22 juillet 2016 17:39

                  @Ouam
                  Ne t’énerve pas, je n’y peux rien ; regarde l’expérience chinoise ! moi j’ai eu un fils, c’est tout.
                  je ne vois pas à quoi ça sert de s’exciter tout seul sur des phénomènes qu’on ne peut rafistoler ! c’est tout qu’il faut changer, et stopper le profit est la première chose à faire. Tu n’as qu’à lire les commentaires ici pour t’apercevoir que peu y sont prêts !


                • sarcastelle 22 juillet 2016 17:43

                  @alinea
                  .
                  Oui, oui, les contingences physiques ont été inventées par les profiteurs et les magouilleurs. Heureusement nous sommes suffisamment perspicaces pour ne pas être leurs dupes.


                • alinea alinea 22 juillet 2016 17:55

                  @sarcastelle
                  Pourtant elles nous oppressent, ne pas être dupes de leurs conneries est une énergie qui n’est pas utilisée positivement. Dénicher le bon, oui il y en a (!), derrière l’amas d’entourloupes, occupe notre vie. Nous avons mieux à faire, non ?


                • joletaxi 22 juillet 2016 18:28

                  @alinea

                  c’est un exercice ingrat de ne pas être dupe,

                  on est même parfois dupe de sa propre connerie

                  dur dur


                • Ouam Ouam 23 juillet 2016 01:00

                  @alinea :

                  T’a raison je suis énervé (tu marques un point la), j’ai parlé ausi de la chine il me semble ?

                  Comme toi pareil j’ai toujours guerroyé pour semer ma dynastie tres peu, parce que il faut etre un peu responsable à un moment dans sa vie, bref pareil 1.

                   

                  Donc si peu y sont prets on aura beau faire l’impossible c’est voué à l’échec, bricoler,c’est faire du bricolage, franchement si personne ne le veut c’est voué à l’échec, tu le sait tres bien sauf à partir dans une fausse naivetée qui n’est pas ton genre,  Alors ...profitons en à fond et terminons en beauté, la planete nous remerciera peut etre pour notre immense sacrifice destructeur au bout que par une agonie plus lente qui quelque part peut etre bien plus déstructrice sur Gaia (cf myh greque)

                   

                  Ca se trouve c’est bien nous deux qui sommes dans l’erreur à vouloir faire perdurer notre espece dite humaine, vu les reponses ?

                  De nombreuses especes ont disparues, pourquoi pas la notre ? La planete en survivra àpres tout.

                   

                  Et nous avons tous les deux une descendance légere, vouée mathématiquement à disparaitre -1/2 par cycle...alors c’est ceux qui se reproduisent à fond qui payeront la note du bordel qu’ils ont semé....positivons et ne nous posonts pas de questions, nous ne serons plus « cons cernés ».


                • Jean Pierre 24 juillet 2016 00:48

                  @sarcastelle
                  D’un autre coté nos sociétés centrées sur la production et la consommation font énormément de dégâts sur la santé. Les PCB, l’amiante et quelques autres saloperies du mêmes genre ont été utilisées pour servir la croissance par exemple. De même un chauffard crée du PIB donc de la croissance (carrossier, réparateurs, services de secours, pompes funèbres, prothésistes, etc). Il génère aussi des morts des blessés , des handicaps. 

                  Vous parlez de problème de santé en Afrique. Dois je vous rappelez que le transfert en Afrique de tonnes de nos déchets toxiques a fait récemment des dizaines de morts ?

                • Jean Pierre 24 juillet 2016 00:50

                  @joletaxi
                  C’est bien aimable de nous donner votre avis de spécialiste.


                • bernard29 bernard29 22 juillet 2016 13:21
                  Alinéa j’ai pas pu m’empêcher.

                  ce qui est bien avec la postcroissance ou la décroissance, c’est que ça marche bien l’été ; « Une tomate et un short » et tout roule, on peut faire des articles sous la canicule. 
                  Pour ceux qui sont un peu plus riche ou sont des universitaires, on peut prendre l’avion pour convivialiser en rond . 
                  • « Du 30 août au 3 septembre 2016, se tiendra à Budapest la 5éme Conférence Internationale de la Décroissance.
                  • Cette rencontre prévoit de réunir 600 universitaires et pratiquants de la Décroissance autour d’ateliers participatifs et de plénières. »
                  • Après Barcelone(2010), Montréal (2012), Venise, puis leipizg en 2014, cette année c’est Budapest .. C’est le « buen vivir »



                  • tf1Groupie 22 juillet 2016 13:29

                    « la création d’un compte individuel de CO2 limitée à 2,7 tonnes par personne et par an »

                     ???

                    Et si j’arrete de respirer pendant une minute est-ce que le compte de mes enfants est crédité ?

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