• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’identité nationale : le vrai problème c’est l’américanisatio

L’identité nationale : le vrai problème c’est l’américanisation

J’ai lu très attentivement tous les articles parus dans Agoravox sur le sujet identité nationale depuis que notre ministre de l’identité nationale ET de l’immigration a lancé son grand débat. Je les ai imprimés et relus un crayon à la main (je n’ai pas pu par contre imprimer les commentaires).
Pour moi l’identité c’est la culture.
Je voudrais rouvrir le débat en reprenant les arguments de ceux qui voient autre chose dans l’identité nationale.
J’ai lu très attentivement tous les articles parus dans Agoravox sur le sujet identité nationale depuis que notre ministre de l’identité nationale ET de l’immigration a lancé son grand débat. Je les ai imprimés et relus un crayon à la main (je n’ai pas pu par contre imprimer les commentaires).
Pour moi l’identité c’est la culture.
Je voudrais rouvrir le débat en reprenant les arguments de ceux qui voient autre chose dans l’identité nationale.
 
1 ) Tout d’abord il y aurait le danger que représentent pour l’identité française une invasion d’immigrés qui ne s’intègrent pas. A ceux-là il faut répondre trois choses.
A ) la première est que la France s’est faite d’une succession d’invasions et que le Français aujourd’hui est aussi bien gaulois, romain que franc. Alors pourquoi pas une strate de plus ?
B ) La seconde c’est que si la machine à assimiler les Arabes et autres Noirs fonctionne mal ce n’est pas à ces derniers qu’il faut le reprocher mais à un système éducatif déficient. Évidemment quand on s’acharne enseigner l’anglais à des gosses parlant déjà mal le français on risque d’obtenir des résultats décevants. Et les quelques émigrés qui réussissent à faire des études supérieures ne trouvent pas de travail. Sait-on que 60 à 70 % des Argentins sont d’origine italienne ? Et les Turcs qui ont construit une nation en assimilant plus nombreux qu’eux (ils étaient de race jaune à leur arrivée, cela ne se voit guère dans la Turquie d’aujourd’hui) ? Et les USA, pays soi-disant anglo-saxon dont la plus grande partie de la population n’est pas d’origine anglo-saxonne ? Et qui encore aujourd’hui assimilent sans problème nombre d’Asiatiques et même de musulmans.
C ) La troisième est que cette attitude ne définit pas une identité nationale. En admettant même que l’immigration met en danger l’identité nationale on ne dit pas pour autant en quoi celle-ci consiste.
 
2 ) Ensuite il y aurait le cas particulier de l’islam intégriste. Certes l’intégrisme musulman est pour nous inacceptable mais une fois de plus cela ne définit pas une identité. Certes nous ne voilons pas nos femmes, nous ne les lapidons pas lorsqu’elles sont infidèles, nous ne leur imposons ni foulard ni burqa, nous ne coupons pas la main des voleurs etc. Mais cela ne dit pas qui nous sommes. Nous ne sommes pas des Aztèques non plus : nous ne faisons pas de sacrifices humains. Nous ne sommes pas des Papous : nous ne portons pas de coquillages dans le nez. On pourra multiplier les exemples autant qu’on veut : cela dira toujours ce que nous ne sommes pas mais sûrement pas ce que nous sommes.
 
3 ) Ensuite il en en a pour nous parler du drapeau et de l’hymne national. Or il s’agit là de symboles de la nation pas de son identité. Cela revient à confondre le symbole avec la chose symbolisée.
 
4 ) Vient ensuite l’étonnant argument comme quoi l’identité française c’est la République et accessoirement son slogan « liberté égalité fraternité ». Les Français auraient inventé la République et celle-ci serait au fondement de son identité. Cet argument mérite d’être étudié de près.
A ) Il est vrai que la Révolution française est le fruit de plus d’un siècle de réflexion de philosophes essentiellement français et qu’il est donc logique qu’elle ait éclaté en France. La France est donc la patrie de la république, des droits de l’homme etc. Mais il ne faut pas oublier que tous les modèles politiques qui ont été véhiculés du XVIIème au début du XXème siècle étaient français. C’est l’absolutisme louis-quatorzième, la monarchie éclairée voltairienne, le bonapartisme, la définition de la nation par Renan etc. Pendant tout le XIXème siècle on s’est entretué au nom de modèles d’origine française. Et quoi de plus naturel lors qu’on se retrouvait à le table de négociations de parler français ? Même l’ultralibéralisme anglo-saxon est en partie français. Les Etats-Unis d’aujourd’hui sont une bureaucratie en comparaison du régime louis-philippard. Qu’on se rappelle Guizot et son « enrichissez-vous ».
B ) Il ne faut pas oublier que la révolution française tout comme celles de 1830 et 1848 furent des feux de paille. Le régime républicain ne s’installera qu’après la guerre de 1870 et la chute de Napoléon III. Et encore avec une majorité monarchiste à la chambre ! C’est parce qu’Orléanistes et Légitimistes ne parvinrent pas à s’entendre que finalement la république triompha.
C ) Mais surtout cela ne fait pas une identité. Aujourd’hui le régime républicain s’est répandu dans le monde entier. Certes il y a des différences par exemple entre une Allemagne très décentralisée et une France jacobine (mais qui évolue). Mais l’essentiel des principes républicains est partagé par une majorité de pays.
Même les monarchies ne se distinguent plus des républiques. Quelles différences entre l’Allemagne et la France d’une part l’Espagne, la Suède et le Japon de l’autre ? C’est toujours un système parlementaire avec des partis qui alternent et qui disent à peu près la même chose. Au point qu’on en oublie souvent que ce sont des monarchies.
Il en est du système républicain ce qu’il en est des caractères latins et du système métrique. Qui pense à Rome lorsqu’il écrit en caractères latins ? C’est devenu un type d’écriture qui appartient à tout le monde (combien de fois pendant mes voyages ai-je entendu dire « les lettres anglaises » !). Quant au système métrique, invention française, il ne véhicule rien de français. Plus quelque chose se répand moins ce quelque chose est national.
Maintenant si cela peut faire plaisir à quelqu’un d’entendre dire « nous » avons inventé le système métrique, les droits de l’homme, la république moderne etc. grand bien lui fasse. Nous avons aussi inventé l’ordinateur. Il faut voir ce que les Américains en ont fait.
 
5 ) Dernier faux critère d’identité : la laïcité. Il en est de la laïcité ce qu’il en est de la république : la plupart des États sont aujourd’hui laïcs. Même certains pays musulmans. Certes peu ont signé un concordat comme la France mais de toute façon un concordat ne peut concerner que les États catholiques et il n’y a pas besoin de concordat pour appliquer la laïcité. La plupart des pays actuels ne reconnaissent pas le mariage religieux, autorisent, s’ils n’encouragent pas, la contraception et le contrôle des naissances voire l’avortement, au grand dam de l’Église.
En fait la laïcité nous ramène au départ de cet article : il s’agit moins de se définir positivement que contre ces musulmans qui la refusent.
 
Alors comment définir l’identité nationale de façon positive ?
 
1 ) Le premier critère est la langue. C’est la langue qui servi de ciment lors de l’unification de l’Allemagne et de l’Italie. C’est la langue qui à l’inverse a servi de critère à l’éclatement de l’Autriche Hongrie d’abord, de la Tchécoslovaquie, de l’URSS et (en partie seulement) de la Yougoslavie. Il existe encore des États multilinguistiques comme l’Inde mais rien ne dit qu’ils ne finiront pas par éclater.
Où bien une minorité linguistique se bat jusqu’à l’indépendance ou bien, lors qu’elle trop petite elle est assimilée (basques, bretons) voire annihilée (tibétains). Aujourd’hui toutes les nations européennes sont linguistiquement homogènes (la Suisse étant l’exception qui confirme la règle) et lorsqu’ils ne le sont pas ils sont déchirés par des querelles linguistiques (la Belgique), soit interminablement en butte à des revendications (problème basque etc.).
Donc s’il y a malaise en matière d’identité c’est parce qu’il y a un recul extraordinaire du français en France même et ce pour deux raisons : le première est le recul du français face à l’anglais (tous ce scientifiques qui publient en anglais, les entreprises françaises qui communiquent entre elles en anglais à l’intérieur de l’hexagone et celles qui ont même adopté la langue d’outre Manche pour leur communication intérieure, sans parler des programme EMILE). La seconde est la baisse de niveau. Je ne vais pas rentrer dans les polémiques sur « le niveau baisse » d’une façon générale mais il est un fait que 15 % des enfants qui entrent en 6ème ont de grosses difficultés de lecture. Tous les chefs d’entreprise vous diront qu’ils s’arrachent tous les jours les cheveux parce qu’ils reçoivent des messages incompréhensibles de personnes qui ne maitrisent pas leur langue maternelle : « mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Mais qu’est-ce qu’il a voulu dire ? ».
 
2 ) Ensuite ce qui définit une nation c’est une culture. Il faut entendre ce mot au sens large c’est-à-dire un ensemble de productions artistiques, de coutumes etc. qui caractérisent ladite nation : cela va de la gastronomie à l‘architecture en passant par la littérature, la peinture et même le droit. Lorsqu’on regarde le Parthénon, la cathédrale de Chartres et le château de Chenonceau on reconnaît tout de suite un style, un pays, une époque. C’est cela l’identité.
Après mai 1968 la gauche s’est violemment attaquée à la culture au prétexte qu’elle était bourgeoise et source de sélection sociale. On s’en est tout d’abord pris aux humanités classiques, au latin et au grec. Or l’héritage gréco-latin n’est-il pas un des fondements de notre identité nationale ? On s’en est pris à la religion non pas en tant que religion mais en tant que sujet du savoir. Or comment déchiffrer la plupart des tableaux lorsqu’on ne connait ni la mythologie ni la religion chrétienne ?
Or cette politique n’a jamais rien donné : il y a toujours autant d’inégalités sociales. Mais au lieu de reconnaître l’échec de ses réformes une certaine gauche s’acharne demandant par exemple la suppression d’épreuves de culture générale à certains concours. À quoi sert par exemple d’avoir lu La Princesse de Clèves pour être facteur ou agent de la RATP ? Le problème c’est qu’avec des raisonnements pareils il n’y aurait jamais eu de culture. A quoi servent le Parthénon, la cathédrale de Chartres et le château de Chenonceau ? On aurait mieux fait de construire des HLM ! Mais la culture c’est ce qui ne sert à rien. Et un peuple qui ne fait pas des choses qui ne servent à rien est un peuple entré en décadence.
Résultat la France est franchement entrée en décadence. Fini le cinéma avec Truffaut, fini la philosophie avec Foucauld et Derrida, fini les sciences humaines avec Aron, Dumézil et Lévi-Strauss, fini l’architecture avec Le Corbusier, fini l’époque où Paris était le point de convergence des peintres. D’aucuns diront que Le Clézio vient d’obtenir le prix Nobel. Certes il y a encore quelques beaux restes, mais c’en est fini d’un rayonnement qui avait commencé à la Renaissance et n’avait cessé depuis. Peut-être cela explique-t-il aussi la crise de l’identité nationale.
 
Quel est le vrai danger ?
 
« A quoi sert d’avoir lu la Princesse de Clèves  ? » c’est exactement l’argument des marchands de soupe qui dirigent certaines entreprises ? C’est aussi l’argument de l’utilitarisme anglo-saxon. Finalement droite et gauche sont d’accord : haro sur la culture !
Nous sommes dans une situation tout à fait particulière. La France s’acculture non pas au profit d’une autre culture mais au profit d’une non-culture. Habituellement au cours de l’histoire on a vu des peuples s’acculturer au profit d’autres. On a vu les Gaulois se mettre à parler latin et se construire des villas sur le modèle romain par exemple. Les raisons de cette acculturation au profit d’un autre sont extrêmement complexes. Pourquoi les Arabes ont-ils à la fois islamisé et arabisé toute une série de peuples de l’Irak actuel au Maroc alors qu’ils n’ont qu’islamisé mais pas arabisé l’Iran et qu’ils n’ont ni islamisé ni arabisé l’Espagne ? Le principal moteur de ce genre d’acculturation est le complexe d’infériorité, ce que l’on a parfois appelé le complexe du colonisé. Or la France est atteinte de ce complexe vis-à-vis des USA.
Mais, et c’est cela qui est nouveau, les valeurs que véhiculent les Américains du Nord sont de la non-culture. Je m’explique : l’anglais par exemple n’est pas la langue de Shakespeare. C’est devenu une sorte de d’espéranto. Un jargon international. Il finit par avoir le même statut que les caractères latins et le système métrique. Il n’est pas lié à une histoire, une littérature, une poésie, un théâtre, une philosophie. La commission Thélot, qui avait conseillé de systématiser l’enseignement de l’anglais dès le primaire, précisait bien de l’anglais pratique et utilitaire.
L’anglais est une langue désincarnée. La meilleure preuve c’est qu’il est soutenu et pratiqué par les pires ennemis de l’Amérique. Ainsi le remplacement du français par l’anglais était au programme des islamistes algériens. Ainsi en Iran, le pays plus anti-américain qu’ait connu l’histoire (sait-on qu’on dessine par terre des drapeaux américains pour que les gens puissent marcher et cracher dessus ?), tout le monde apprend l’anglais. Le lycée français a par contre été fermé après la révolution islamique. Il a discrètement réouvert il y a deux ans dans l’enceinte de l’ambassade …. britannique.
Et l’anglais est la langue des États-Unis, le pays le plus représentatif de l’utilitarisme, du « à quoi ça sert ? », le pays le plus acculturé (acculturé ne voulant pas dire inculte).
C’est ainsi : la culture vis-à-vis de laquelle la France fait des complexes d’infériorité est la culture de la non-culture, de l’utilitarisme terre à terre.
À quoi ça sert de lire La Princesse de Clèves ? Mais tout simplement à acquérir une identité ! Il n’y a pas de culture mondiale. L’américanisation-mondialisation c’est la fin de la culture.
 
Patrick Kaplanian
 

Moyenne des avis sur cet article :  3.76/5   (42 votes)




Réagissez à l'article

153 réactions à cet article    


  • manusan 26 novembre 2009 10:47

    Je constate que les articles écrit par les franco-xxx concernant ce fameux débat trouvent souvent le ton juste. La langue, la culture, les projets politiques communs, voila ce qui définit un peuple. avant tout.

    C’est rafraichissant de rappeler que l’immigration n’est pas toujours un échec en France, c’est même sur des idées venant d’ailleurs que la culture française s’est en partie construite, beaucoup d’intellectuels étrangers résidaient à Paris les 2 derniers siècles ; ce qui n’empêche pas certaines aberrations comme l’islamisme ou le sionisme (pas de jaloux les compères) d’être combattu.


    • Ali 26 novembre 2009 15:26

      manusan
      pour rencontrer un franco-xxx ne cherchons pas : je vous vois
      je vous vois vous et les autres qui livrent notre France pieds et poings liés aux sionistes de Tel Aviv
      vous affabulez au sujet des musulmans vous voyez cette « aberration, l’islamisme » derrière lequel vous camoufflez votre racisme
      l’islamisme n’existe pas il n’y a que des musulmans dont la religion est l’Islam

      trop facile de dire islamisme qui ferait de nous des islamistes et par là des terroristes
      maintenant si vous pensez irradiquez l’Islam en France vous vous trompez trop tard nous sommes trop nombreux et ne rêvez pas d’une ’’shoa" nou ne nous laisserons pas faire


    • Big Mac 26 novembre 2009 16:33

      Ah Ali, viens tancer les sionistes de Tel-Aviv, prouvant par là tout l’amour de sa religion pour les étrangers, surtout ceux qui s’appellent Moïshe ou Shlomo.

      Puis qui nous confirme que l’islamisme ou l’islam c’est kif kif bourricot.

      Et enfin qui nous promet de nous noyer par le nombre, avec ou contre notre gré.

      Bref, encore un émouvant témoignage d’amour de paix et de tolérance.


    • Mr Pigeon Mr Pigeon 26 novembre 2009 10:52

      Le problème numéro 1 de l’Identité Nationale, ce sont ces élites, qui ont décidés de provoquer le Choc des Civilisations.

      En imposant aux autochtones français le mode-de-vie américain, tout en les forçant à cohabiter avec une population musulmane immigrée, ayant elle son propre mode-de-vie incompatible.


      • abdelkader17 26 novembre 2009 13:13

        @Pigeon
        « tout en les forçant à cohabiter avec une population musulmane immigrée, ayant elle son propre mode-de-vie incompatible. »

         Le choc des civilisations il est dans votre cerveau,votre provincialisme d’esprit vous fait adopter ces lieux communs et ces clichés issus du démembrement du bloc de l’est et de la fin du communisme ,la fracture n’est plus idéologique elle est donc désormais civilisationnelle voir culturelle,des schémas primaires répondant à un projet de domination impérialiste.L’islam en France n’est pas né avec les affaires du foulards à Creil un beau jour de 1989,c’est une histoire bien plus complexe ,faite comme toute histoire de nuance,d’amour, de rejet, d’emprunts....
        Qu’entendez-vous par populations immigrés ?
        Sommes nous éternellement d’ailleurs à vos yeux ? nous sommes des produits de ce système,les inadaptés sociaux sont il responsable de la crise économique intellectuelle politique et morale qui touche la société,encore une fois vous grattez en surface,vos schémas sont erronés voir profondément orientés par vos propres perceptions


      • abdelkader17 26 novembre 2009 13:16

        @Pigeon

        La publication de l’ouvrage exceptionnel du philosophe algérien Mohamed Arkoun, intitulé Histoire de l’Islam en France, a suscité l’intérêt des critiques littéraires parisiens qui ne tarissent pas de remarques et de débats autour de cet ouvrage encyclopédique hors du commun. Ainsi, selon l’APS, le gotha de la critique des bords de la Seine s’accorde à souligner que l’ouvrage est « la boîte à outils que l’on n’osait plus espérer pour rectifier les images, les mythes et les stéréotypes qui ont voulu fausser la grandeur de la civilisation musulmane ».

        Sous la direction du philosophe Mohamed Arkoun, professeur émérite de l’Université de Paris (Sorbonne) et professeur associé de plusieurs universités européennes et américaines, environ 75 historiens et écrivains ont contribué à cette encyclopédie qui vient de paraître aux éditions Albin Michel. Ses 1 217 pages, habillées de 350 illustrations et de 2 cahiers couleur de 16 pages, font défiler une trame analytique en quatre phases, depuis l’époque médiévale à aujourd’hui, remettant en cause nombre de mythes ancrés dans l’imaginaire occidental, dont celui de la bataille de Poitiers qui, en 732, avait opposé les conquérants musulmans à l’armée du Franc Charles Martel.

        Avant cet ouvrage encyclopédique, « les bibliothèques croulent sous les études partielles qui, des invasions arabes à celle des Turcs, des croisades aux guerres coloniales, des Lumières à l’expédition égyptienne de Bonaparte et aux orientalismes, ont forgé une image souvent faussée ou tronquée de l’Islam », souligne une critique citant l’éditeur Jean Mouttapa qui estime que « la France n’a que des mémoires particulières de l’Islam, celles que restituent les empoignades sur l’immigration ou la polémique, les présumés bienfaits de la colonisation ».

        L’ouvrage, enrichi par une série de contrepoints de notamment, Jean Lacouture, est préfacé par l’historien Jacques Le Goff qui note que l’histoire de l’Islam en France est « avant tout dominée par une contradiction : malgré une hostilité souvent très vive des Français à l’égard des musulmans, la France a fait du Moyen-Age à nos jours des emprunts culturels et humains à l’Islam qui ont enrichi et continuent d’enrichir sa vie sociale et intellectuelle ». « Pendant cinq siècles au moins, entre le 8ème et le 13ème siècle, les pays de l’Islam produiront les plus extraordinaires avancées de la recherche scientifique, en algèbre, en optique, en physique, en géométrie, en mécanique, en astronomie et en médecine », rappelle une autre critique de presse.

        Elle ajoute que « malheureusement, toute cette effloraison de la connaissance et des écoles de pensée critique va progressivement subir des rétrécissements, des régressions et des disparitions, jusqu’en 1406, date de la mort d’Ibn Khaldun, l’auteur des Prolégomènes (la Muqaddima, introduction à l’histoire universelle) ».Au-delà de toutes les critiques, l’ouvrage transcende en fait l’aspect purement évènementiel de la pénétration de l’Islam en France pour offrir au lecteur une analyse critique « sur tout ce qui s’est passé ». Par cette encyclopédie, le Pr Akroun a souhaité que l’ouvrage puisse contribuer à la formation d’une « conscience civique » en France où l’Islam est la seconde religion avec près de 5,5 millions de musulmans.

        Dès lors, pour Mohamed Arkoun, « le fil directeur n’est pas seulement de rappeler des faits ou des personnages mais de raconter une histoire psychologique et culturelle des relations entre la France et l’Islam ».


      • Mr Pigeon Mr Pigeon 26 novembre 2009 16:58

        Explication de texte @ Abdelkader 17.

        Dans mon précédent commentaire, j’ai accusé les élites politiques, de provoquer le fameux Choc des Civilisations.

        Quant aux autochtones français et aux immigrés musulmans, je les ai mis à égalité, vis-à-vis de cette machination, dans laquelle ils sont tous deux des outils, des colonisés.

        C’est peut-être l’expression « mode-de-vie incompatible », qui t’a choqué. Tu t’apercevra en relisant ce commentaire, que je n’ai pas désigné un de ces deux mode-de-vie, meilleurs ou pire que l’autre.

        Tu t’apercevra aussi en fouillant dans l’historique de mes commentaires, que malgré mon humour insolent envers les religions, je sais différencier le mode-de-vie d’un musulman malékite, de celui d’un sataniste salafiste.

        Tu n’avais donc aucune raison de te sentir visé !


      • abdelkader17 26 novembre 2009 17:05

        @Pigeon
        Mea culpa,à force de lire les conneries précédentes, je me laisse facilement emporter,encore désolé, même si ton message peut prêter un peu à confusion.


      • libellule 26 novembre 2009 20:10

        @AbdelKader17,

        J’ai vu votre message où vous mentionnez que l’Islam de France ne date pas d’hier. Cependant, je continue de penser que vous avez faux.
        En effet, même si la france et l’europe ont eu des contacts avec certains pays musulmans depuis longtemps et même si le monde musulmans a énormément contribué à la philosophie, aux mathmétiques et j’en passe, dans le CONCRET, il n’ y avait pour ainsi dire pas de musulmans ou d’arabes en France avant 1950. Ce qui signifit que les français, le peuple, non pas les intellectuels, mais les « petites gens », n’avait pas accès à la grandeur de monde musulman. MAIS, de 1850-1950 a eu lieu la propagande colonnialiste qui a informé les blancs que les arabes étaient ... des sous-hommes !

        Encore une fois, l’Islam de france REEL (pas le rapport entre la france et le monde arabe, mais la pratioque de l’Islam en France, la présence de nombreux musulmans en France) est TRES récent ...


      • Big Mac 26 novembre 2009 21:09

        Abdelkader au lieu de copier coller des pans d’un auteur, quand ce n’est pas tout le texte, donnez plutôt le lien : http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200629.html

        A plusieurs reprises j’ai lu dans vos interventions le texte d’un auteur sans que vous en fournissiez le nom, ni même précisiez que vous faites une citation.

        Je suis donc étonné que vous qui me prodiguez de si vertueuses leçons de morales, vous n’hésitiez pas à piller la propriété intellectuelle d’un auteur, dans le cas présent Sihem Bounabi.

        Mais me souvenant d’une sourate intitulée « Le butin », je peux comprendre que le pillage selon votre éthique soit un gage de moralité.


      • Mr Pigeon Mr Pigeon 26 novembre 2009 23:04

        Très bien vu @ Big Mac.


      • armand armand 26 novembre 2009 23:57

        Abdel,

        Je suis également lecteur de Moh. Arkoun - en particulier l’Islam, morale et politique, que tu dois connaître, a le mérite de la concision. Je suis épaté de voir que tu souscris aux thèses de ce penseur qui ne manque pas d’être critique, sans l’accuser de faire le jeu des impérialistes ! Je te recommande dans le même esprit Dariush Shayégan, Le regard mutilé.


      • abdelkader17 27 novembre 2009 05:08

        @MCM
        Vous voyez bien que c’est un copié collé,ok j’ai oublié de produire le nom de l’auteur ,je m’incline
        devant notre enquêteur maison.


      • patrickk 27 novembre 2009 08:25

        Au lieu d’essayer d’assimililer les musulmans on ferait mieux de tout de suite les américaniser en leur donnant une éducation 100 % en anglais. ON GAGNERAIT DU TEMPS.
        En effet quant on aura enfin réussi à les franciser, les Français seront complètement américanisés, et il faudra tout recommencer avec les immigrés, leur faire oublier le français pour le remplacer par l’anglais. décidément on en a pas fini avec ces fichus immigrés.


      • patrickk 26 novembre 2009 18:21

        Abgeshiedenheit
        Effectivemen j’essaie de poser cela sinon au niveau philosophique du moins au dessus du débat terre à terre où cela se situe actuellement.
        Ceci dit je ne vois pas très bien de contradiction entre ce que vous dites et ce que je dis.


      • ZEN ZEN 26 novembre 2009 11:14

        Un article qui peut aider à approfondir le sujet, même si l’on est pas de tradition gaulliste


        • projetX projetX 26 novembre 2009 11:26

          Les problemes de la France sont l’islamisation et l’immigration à outrance.

          L’auteur a une vision très partiale de ce qu’il cherche à analyser.

          j’en prend un exemple :
          "la machine à assimiler les Arabes et autres Noirs fonctionne mal ce n’est pas à ces derniers qu’il faut le reprocher mais à un système éducatif déficient."

          Faux !
          Le systeme educatif est le meme pour tous les francais ! Et aussi pour tous les immigrés ou fils d’immigrés. Et notre systeme est surement un de ceux qui donnent la plus grande égalité de chance pour tous les eleves !
          Essayez donc l’amérique ou l’algerie pour voir ! Nous ne sommes pas à plaindre !

          Pourquoi les italiens, portugais, chinois, suédois, japonais s’integrent sans souci, sans heurts, et enrichissent notre pays et pas les autres ???

          Si ces populations etaient si sympathiques, les gens se battraient pour vivre avec. Or dès qu’un nombre important arrive dans un quartier , celui ci rencontre des problemes de voisinages, criminalité, dégradations....
          Cela n’arrive pas avec les autres immigrés.

          Il y a donc un problème de non integration de la part de ces personnes !

          L’americanisation a bon dos ! Oui, les jeunes aiment les clichés américains, comme on aime un film d’action. Mais que voulez vous ? L’amerique fait rever, elle a toujours un train d’avance sur nous. Il est donc normal que les gens s’interesse à ce pays et à sa culture qui est proche de la notre.

          Que voulez vous faire ? Passez à l’arabisation à la place pour faire plaisir à une minorité d’immigrés ? Surement pas !

          Le probleme de ces enfants immigrés (avec carte identité francaise) est qu’ils manquent de reperes et d’éducation. Et cette éducation doit venir des parents.
          Mais vu que leurs parents ne s’en occupent guère et ne sont des exemples, ni de réussite, ni de travail ou d’intégration et qu’en plus ces parents parlent à leurs enfants dans la langue de leur pays d’origine, il ne faut pas s’etonner de l’echec de leur integration.


          • abdelkader17 26 novembre 2009 17:49

            @Projet
            "Pourquoi les italiens, portugais, chinois, suédois, japonais s’integrent sans souci, sans heurts, et enrichissent notre pays et pas les autres ???« 

            C’est méconnaitre l’histoire des flux migratoires que de prétendre que l’intégration des Italiens et des Portugais s’est faite sans heurts

             »Si ces populations etaient si sympathiques, les gens se battraient pour vivre avec. Or dès qu’un nombre important arrive dans un quartier , celui ci rencontre des problemes de voisinages, criminalité, dégradations....
            Cela n’arrive pas avec les autres immigrés."

            les clichés du beauf moyen.

            L’amerique fait rever, elle a toujours un train d’avance sur nous. Il est donc normal que les gens s’interesse à ce pays et à sa culture qui est proche de la notre.

            L’Amérique fait rêver les beaufs et les incultes, c’est une nation qui n’a pas d’histoire fondée par quelques puritains Anglais ,un état prédateur qui a causé des dommages, des guerres et des génocides partout ou il est passé,à soutenu des dictatures, fait des coups d’état par l’intermédaire de ses services de renseignement.
            Projet x doit apprécier l’acculturation à coup de Mac Donald et de films tous plus débiles les uns que les autres.
            Ce qu’on nous vend ce n’est pas le produit de l’excellence américaine mais son mode de vie absurde,pour faire de la France une société sans âme.


          • patrickk 26 novembre 2009 18:24

            L’Amérique fait rêver les beaufs et les incultes, c’est une nation qui n’a pas d’histoire fondée par quelques puritains Anglais ,un état prédateur qui a causé des dommages, des guerres et des génocides partout ou il est passé,à soutenu des dictatures, fait des coups d’état par l’intermédaire de ses services de renseignement.
            Projet x doit apprécier l’acculturation à coup de Mac Donald et de films tous plus débiles les uns que les autres.
            Ce qu’on nous vend ce n’est pas le produit de l’excellence américaine mais son mode de vie absurde,pour faire de la France une société sans âme.

            100 % d’accord. Rien à rajouter


          • sylvie 26 novembre 2009 19:19

            C’est une grande dé-sinformation que de parler d’intégration des communautés portugaises italiennes etc (polonaises ??? alsaciennes ????) aucune ethnie ne se mixe jamais donc pourquoi éxiger que celle-ci (d’Afrique du nord ) se « mixe »
            chacun apporte sa culture et voilà, pauvre de vous (les nationalistes) votre entité n’existe pas et cela se voit de plus en plus....
            ta france de gaulois n’existe pas
            demain elle sera ta france des colonies et cela est bien ainsi


          • Yohan Yohan 26 novembre 2009 19:30

            Ils s’intègrent mieux car ils se mélangent. Je veux bien me mélanger avec une beurette, mais ses frères ne sont pas d’accord smiley


          • Big Mac 26 novembre 2009 19:30

            « L’Amérique fait rêver les beaufs et les incultes »

            C’est pour ça que l’Amérique à 10 ans d’avance technologique sur l’Europe et présente les meilleures universités du monde.

            Dites l’auteur sans votre OS made in USA, votre PC made in USA et internet made in USA, vous feriez comment pour produire votre prose haineuse ? 


          • patrickk 26 novembre 2009 19:31

            Remplaçons les cours d’anglais par un peu plus de cours de français.
            Et renforons les cours de matières comme l’histoire, la géo et les sciences nat car apprendre ces matières c’est apprendre le français. C’est apprendre des mots comme pont-levis, chevalier, siège, continent, péninsule, pollen, chrysalide, chlorophylle etc.
            Et pourquoi ne pas enseigner les langues régionales ou celles de l’immigration.


          • armand armand 27 novembre 2009 00:07

            De toute évidence, abdel, tu as une connaissance très imparfaite de l’Amérique.
            Déjà de son histoire - puisque l’expansion des premières colonies reprend en accéléré les migrations indo-européennes (dont elle est la dernière poussée), concentrant en deux cents ans l’épopée qui, chez nous, remonte à l’Antiquité et au Moyen Age.

            Il m’a semblé pourtant que tu étais assez fan de western ?

            Maintenant il y a, dans l’expérience américaine, le contraste permanent entre un idéal d’héroïsme, jusque dans la défaite, de l’individu solitaire contre la foule, et son contraire, le conformisme grégaire et hédoniste, vantant le « gagneur ».


          • patrickk 27 novembre 2009 08:31

            Justement : la culture ce n’est pas la technologie. Ce n’est pas de l’utilitaire à court terme, ce n’est pas du pratique.
            Je ne conteste absolument pas la supériorité technologique américaine. Je dis qu’on ne crée pas une identité avec des ordinateurs.


          • Big Mac 27 novembre 2009 09:19

            « la culture ce n’est pas la technologie »

            Bien sûr, il est possible de taper deux bouts de bois l’un contre l’autre pour faire de la musique et danser en pagne de feuilles d’érables.
            Quand à l’écriture, la lecture et la peinture des pierres plates de l’ocre minéral suffiront.

            L’auteur se propose sans doute de nous démontrer que les chimpanzés ont une activité culturelle aussi riche que celle des hommes.


          • Massaliote 27 novembre 2009 13:12

            « Et pourquoi ne pas enseigner les langues régionales ou celles de l’immigration. » Oh, le gentil dhimmi qui préconise la langue des envahisseurs ! Z4AURIEZ


          • Massaliote 27 novembre 2009 13:14

            « Et pourquoi ne pas enseigner les langues régionales ou celles de l’immigration. » Je complète mon message erroné suite à mauvaise manipulation. Z’auriez fait un joli collabo dans les années quarante.


          • pingveno 26 novembre 2009 11:33

            C’est vraiment dommage que vous ne connaissiez pas l’espéranto, mot que vous avez utilisé dans cet article pour ce qu’il n’est pas. Dommage car votre analyse par rapport au tout-anglais est en grande partie partagée par le mouvement espérantiste, dont je ne suis pas le seul représentant sur Agoravox.
            Oui, vous avez raison quand vous parlez de cet anglais « international » acculturé. Sauf qu’il sert de prétexte pour nous convaincre de nous abrutir de séries américaines. Il n’est donc pas neutre et d’une certaine manière vous le dites dans votre article. Les islamistes algériens voulaient sans doute remplacer le français colonial par une autre langue, mais certainement pas remplacer l’arabe ou le berbère, qui restent partie de leur culture. A contrario on voit resurgir des cours de français dans les pays arabes depuis la période Bush !
            L’espéranto n’a au contraire rien à voir avec un « jargon international » purement utilitaire, il s’agit au contraire de permettre à chaque culture d’être comprise à un niveau international sans la dénaturer. Soit parce qu’il sera plus facile pour un allemand de lire la Princesse de Clèves en espéranto qu’en français mais cette traduction sera plus fidèle à l’original que n’importe quelle traduction dans sa propre langue. Ou alors parce qu’une oeuvre originale en espéranto n’en sera pas moins imprégnée de la culture de son auteur, ce qui fait que la littérature en espéranto est bien plus diversifiée que n’importe quelle autre.

            Pour le reste, je partage dans l’ensemble votre vision de l’identité basée sur la langue et la culture, avec dans le détail quelques différences.
            En Allemagne ou en Italie, presque personne ne parle la langue nationale à la maison (ils parlent des dialectes), le « Hochdeutsch » est plutôt la langue de la télévision ; par contre tous sont capables de la parler quand ils changent de région et quand je vais en Allemagne, je les entends parler leur dialecte entre eux mais quand je m’adresse à eux ils me répondent immédiatement en allemand.
            Voila pourquoi je suis moins optimiste que vous sur l’assimilation des bretons et des basques, qui s’apparente plus à de l’assimilation forcée. Je n’aurais pas de problème à avoir une identité régionale lorraine, en plus de l’identité nationale française, si on n’avait pas écrasé le « platt ». Et quand j’ai eu dans ma classe au lycée des maghrébins qui parlaient arabe entre eux mais passaient immédiatement au français quand ils s’adressaient à moi, j’étais plutôt admiratif de cette double identité bien assumée.
            Donc je partage votre critique sur le tout anglais mais certainement pas pour lui opposer une domination du tout français, ni en France ni à un niveau international, comme tentent encore de le faire certains intellectuels. Si on veut malgré tout pouvoir construire un monde basé sur des différences assumées sans pour autant être privé de communication il faut une alternative crédible. Le tout français ne l’est pas. L’espéranto, oui.


            • abdelkader17 26 novembre 2009 11:35

              On retrouve toujours les mêmes tacherons véhiculant leur vide idéologique et leur antienne sur l’immigration et l’islam,leurs poncifs éculés,leur vision sectaire et réductrice des rapports sociaux ,incapables de produire une analyse n’allant pas de le sens de leur pitoyable racisme, sortis des ragots du café du commerce et de la rubrique des chiens écrasés,c’est le néant.


              • Big Mac 26 novembre 2009 12:14

                Mais non Abdel que le musulman soit blanc, noir ou jaune, il n’en demeure pas moins que la sharia les Français n’en veulent pas.


              • patrickk 26 novembre 2009 18:29

                Exact et c’est pour faire sortir ces tacherons de leur trou que le ministre Besson a sorti sa consultation.
                Et ça marche !


              • Freebird 26 novembre 2009 12:08

                L’auteur semble ne pas connaître grand chose de la façon dont la langue française a été imposée dans les différentes provinces. Cela tient pourtant en une phrase : elle a été imposée par la force, par le biais de la sacro-sainte « école de la République ». Et ce n’est pas si vieux, cela date du siècle dernier. En cherchant un peu (et en sortant de Paris), vous pourrez trouver des vieux qui vous parlerons volontiers des brimades et autres châtiments corporels dès qu’un mot de breton, de corse ou d’occitan était prononcé par les élèves devant l’instituteur. Dans ces régions, il n’est d’ailleurs pas rare de rencontrer encore des vieux ne parlant quasiment pas le français ; sont-ce de mauvais français pour autant ?

                Associer l’identité à la langue est une absurdité, en même temps que c’est une négation du fait que la France n’est pas un bloc monolithique mais un ensemble de régions qui ont elles-mêmes leur propre culture, culture que l’on a nié et que l’on a cherché à détruire par tous les moyens pour créer le français « parfait », identique de Bordeaux à Strasbourg et de Nice à Brest. Aujourd’hui, les jacobins qui nous gouvernent cherchent à faire la même chose avec les immigrés, en employant d’ailleurs les mêmes méthodes, notamment la culpabilisation de la non-maîtrise de la langue française.

                L’américanisation est le cadet de nos soucis, cher monsieur ; l’ennemi vient de l’intérieur, il est même au coeur du système.


                • pingveno 26 novembre 2009 12:39

                  Même si je partage votre analyse concernant les persécutions à l’égard des langues régionales, je n’en déduis pas comme vous que l’identité ne puisse être liée à la langue. Pour moi l’idéal est d’avoir une identité régionale ET nationale, donc de connaître sa langue régionale et sa langue nationale. Hélas je n’en suis pas même un exemple puisqu’il ne m’a pas été donné de connaître le platt lorrain mais comme vous le dites ce n’est pas de notre faute.
                  De là à pousser à l’anglicisation de la France comme une vengeance des régionalistes, non je ne serai pas de ceux qui laissent faire.


                • patrickk 26 novembre 2009 18:36

                  L’auteur est parfaitement au courant. D’ailleurs la défense des langues régionales est un autre dada de l’auteur. Le défense de la diversité est la défense de toutes les diversités. D’ailleurs, comme le dit très bien quelqu’un plus haut, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, (et en Italie) on parle les langues locales tout en éant parfaitement capable de communiquer en Hochdeutsch. Et pareil pour les dialectes arabes et l’arabe classique. je défends les diversités régionales comme nationales. Le diversité ne se divise pas.
                  Je suis grosso-modo d’accord avec ce que vient de vous répondre Pingveno.


                • joelim joelim 26 novembre 2009 13:16

                  Article intéressant et bien étayé. La langue et la culture sont effectivement des composantes essentielles de l’identité des Français ; quoique pour cette dernière il faut relativiser : tous les aspects de la culture française ne sont pas partagés par tous, il s’agit plus d’une agrégation de coutumes qui évolue avec le temps et la population française. Or, on ne peut prétendre définir une identité par quelque chose qui évolue constamment. Tout au plus la culture participe de l’identité, elle ne la définit pas.

                  Par contre je récuse votre argument concernant la liberté, égalité, fraternité, qui ne seraient pas partie prenante de notre identité parce que ces valeurs auraient été réutilisées ailleurs. En effet, l’identité n’est pas forcément ce qui nous sépare des autres ! Un exemple simple, le fait d’avoir des poils fait partie de l’identité (au sens définition) des singes, bien que d’autres animaux sont également poilus. Autre exemple : les katas font partie de l’identité des mordus de karaté, et pourtant d’autres arts martiaux ont aussi des katas.

                  De plus, les valeurs de liberté, égalité, fraternité, sont celles qui ont le plus forgé notre identité au sens de « vivre ensemble », c’est ce qui nous a sorti de la féodalité (laquelle tente de revenir en force mais c’est une autre question). Les acquis de la révolution française, même si elle fût sanglante, sont trèsimportants, tant en terme d’organisation politique et sociale que de droits (souvent théoriques d’accord) de l’homme.

                  Et j’aimerais qu’on m’explique pour quelle raison les droits de l’homme seraient moins partie prenante de notre identité pour la fumeuse raison qu’ils ont eu du succès hors de France.

                  Sinon, le titre reflète bien le problème du pan culturel de notre identité : notre conscience collective est effectivement fagocitée par les films américains, sa violence morbide, ses faux bons sentiments, sa musique stéréotypée, etc. Même s’il y a du bon cinéma d’auteur et de la bonne littérature américaine, car là n’est pas la question.


                  • patrickk 26 novembre 2009 19:18

                    Un exemple simple, le fait d’avoir des poils fait partie de l’identité (au sens définition) des singes, bien que d’autres animaux sont également poilus.

                    Justement les poils ne font pas qu’un singe est un singe est non pas un tigre.


                  • joelim joelim 26 novembre 2009 19:27

                    Non mais çà fait partie des éléments. 

                    Sinon, si on suit votre raisonnement, on peut l’appliquer à tout. La langue française ? Il y a plein de non-Français qui sont francophones donc ce ne serait pas une caractéristique de notre identité. La culture ? D’autres peuples que les Français aiment le bon fromage et le bon vin, idem pour la plupart des caractéristiques de la culture française, donc pas de spécificité non plus. 

                    Je réaffirme donc que le critère d’unicité d’une caractéristique n’est pas valable pour définir l’identité d’un peuple. Ou alors, il faut prendre l’agrégation des caractéristiques. Là oui, mais alors les valeurs de la République et de la démocratie en font évidemment partie.

                  • LE CHAT LE CHAT 26 novembre 2009 13:46

                    oui , y’en a marre d’être envahis  ! 
                    la France a heureusement son sauveur  !


                    • barbouse, KECK Mickaël barbouse, KECK Mickaël 26 novembre 2009 13:55

                      bonjour,

                       I’m barrack obama et i approuved this message... comme on le passe en boucle dans toutes les écoles françaises, j’ai pensé que c’était la bonne réponse non ?

                      merci pour votre article, son seul inconvénient est de ne pas suffisamment, a mon gout, rentrer dans le détail du réel au présent sur le comment on subie cette américanisation. Et en même temps avec mon premier papier sur la métaphysique de l’identité française, je n’ai pas fait mieux... donc...

                      amicalement, barbouse.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès