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Accueil du site > Tribune Libre > L’invention du Père Noël : Le hold-up du néolibéralisme et la (...)

L’invention du Père Noël : Le hold-up du néolibéralisme et la désymbolisation du monde

« Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, n'oublie pas de nous reloger » : Les familles de mal-logés en France

On nous avait annoncé la fin du monde pour le 21 décembre. Une angoisse sourde tenaillait les humains. Il n’en fut rien. Cette délivrance a été fêtée par chacun dans le slogan, tout est permis puisque nous avons l’éternité devant nous. La proximité avec les fêtes de Noël nous donne l’opportunité de faire le point sur la façon dont un événement majeur pour l’espérance de plus d’un milliard de chrétiens - la naissance du Christ - a, au fil des centaines d’années, été détourné de son essence originelle pour devenir en définitive un événement festif païen qui a une saveur particulière avec son hold-up par la mondialisation néolibérale qui en a fait une source de profit.

La date de la naissance du Christ fait débat

Un sujet qui fait toujours débat est la date de la naissance du Christ. Elle est importante parce que c’est à partir de cette date que l’on a commencé à compter... l’ère chrétienne. Sur le site Hérodote, nous lisons : « Dans les temps anciens, on comptait généralement les années à partir de l’année d’intronisation du souverain régnant. Les Romains préféraient toutefois les compter à partir de la fondation de Rome. Pour fixer la date de Pâques, principale fête chrétienne, qui célèbre la résurrection de Jésus-Christ trois jours après sa mort sur la croix, les premiers chrétiens s’en remettent à la tradition juive, fondée sur un calendrier lunaire. Mais cette solution finit par déplaire à l’Eglise, désireuse de prendre son autonomie par rapport au judaïsme. (...) C’est ainsi qu’en 532 de notre ère, au temps de l’empereur Justinien, un moine, Denis le Petit, situe l’année de la naissance du Christ, 753 ans après la fondation de Rome, l’année de référence des anciens Romains... On pense aujourd’hui qu’il s’est trompé de 5 ans, le roi Hérode, contemporain de la naissance du Christ, étant mort en l’an 750 de la création de Rome ; le Christ serait donc né entre l’An 3 et l’An 6 avant l’ère chrétienne. Deux siècles plus tard, au temps de Charlemagne, un moine anglo-saxon, Bède le Vénérable, envisage de généraliser cette pratique. À sa suite, on prend l’habitude de dater l’année en cours à partir de l’année de naissance présumée du Christ. C’est une façon de christianiser le temps. Le Christ devait donc avoir 37 ans à sa mort. (1)

La fête de Noël le 25 décembre, historique et réalité

On sait que la période entourant Noël revêt un aspect largement profane et commercial et dans certains pays, le jour de Noël est férié. Dans cet esprit, Noël devient une fête à connotation folklorique et caractérisée par un regroupement des cellules familiales autour d’un repas et d’un échange de cadeaux. Dans le christianisme, on fête la naissance de Jésus de Nazareth, le 25 décembre dans les calendriers grégorien et julien. Nous allons voir que cette naissance a fait l’objet de plusieurs dates. À l’origine, il existait à cette date des festivités païennes marquant le solstice d’hiver, symbole de la renaissance du soleil.

Avant de la placer à la date d’une célébration solaire liée au solstice d’hiver lit-on dans l’Encyclopédie Wikipédia, de nombreuses dates furent proposées : 6 janvier (correspondant à l’Épiphanie, date choisie par les Basilidiens vers la fin du iie siècle et reprise par les communautés chrétiennes d’Orient), 28 mars, 18 novembre (date proposée par Clément d’Alexandrie)... Le 25 décembre marquait depuis Aurélien (v.270) l’anniversaire du Sol Invictus. Pour des raisons symboliques, et dans un souci de christianiser les anciennes fêtes païennes, cette date fut progressivement étendue à tout l’Occident latin. « Aucun texte chrétien ne précise quel jour dans l’année est né Jésus-Christ. Noël ne fait pas partie des fêtes suivies par les premiers chrétiens, Au ive siècle, la date du 25 décembre a été choisie comme date pour la fête de Noël, principalement dans le but de la substituer aux fêtes païennes qui étaient d’usage à l’époque, comme la fête de la renaissance du Soleil Invaincu (Sol Invictus), le solstice d’hiver et les Saturnales romaines qui avaient, toutes, lieu à la période du 25 décembre. » (2)

« Bien avant l’apparition du christianisme, l’époque du solstice d’hiver était déjà une période charnière de l’année, qui regroupait de nombreuses croyances païennes relatives à la fertilité, la maternité, la procréation et l’astronomie. Elle donnait donc lieu à de nombreuses manifestations. Ces traditions antiques ont de nombreux points de similitude avec la fête chrétienne. Selon une tradition mithraïque née en Asie mineure, Mithra serait né « jaillissant du rocher » (petrogène) ou d’une grotte - élément éminemment lié au culte de cette divinité - tandis que des bergers assistent à cette naissance miraculeuse dans un récit qui influencera ceux de la naissance de Jésus pour l’adapter aux thèmes païens. Il est possible qu’une tradition plus ancienne, d’origine mithraïque et mazdéenne, présentant la mère de Mithra - Anahita (ou Anahid) - comme vierge ait également influencé les premiers auteurs chrétiens » (2).

L’invention du Père Noël

Mieux encore, d’autres auteurs indiquent que le Christ ne serait pas né un 25 décembre, mais en automne. Nous lisons : « Existe-t-il des preuves bibliques que la naissance de Jésus-Christ a eu lieu en automne et non pas un 25 décembre ? Il en existe plusieurs. La date exacte n’est pas connue bien que les preuves indiquent qu’elle aurait eu lieu en automne. Alors qu’il n’existe aucune preuve de la naissance du Christ un 25 décembre, il en existe de nombreuses indiquant une naissance tôt à l’automne. » (3)

L’un des marqueurs des fêtes de Noël est justement le Père Noël. Qu’en est-il exactement ? Bien que la tradition du Père Noël ait des origines en Europe du Nord, il est popularisé aux Etats-Unis au xixe siècle. La première mention du « Père Noël » en français est trouvée en 1855 sous la plume de George Sand (on parle avant plutôt du bonhomme de Noël ou du petit Jésus). Qu’il soit appelé Father Christmas ou Santa Claus en anglais, Weihnachtsmann en allemand, ou Père Noël, sa fonction principale est de distribuer des cadeaux aux enfants dans les maisons pendant la nuit de Noël du 24 au 25 novembre. (4)

Martyne Perrot écrit à ce sujet : « Si certains ne savent pas très bien ce que l’on fête à Noël, nul n’ignore le Père Noël, figure emblématique de la société de consommation. Le Père Noël a une longue histoire, associée à la fête de Noël. « Noël » a deux étymologies possibles : l’une adoptée par les chrétiens en liaison avec la naissance de Jésus ; l’autre en relation avec la célébration du solstice d’hiver, les Saturnales romaines et le culte du dieu Mithra. La généalogie du Père Noël commence au IVe siècle avec l’évêque saint Nicolas. Devenu au XVIIe siècle le fournisseur de cadeaux des enfants aux fêtes de fin d’année, il se dédouble avec l’apparition du Père Fouettard, son négatif aux noms multiples. » (5)

« Le Père Noël n’a pas eu la vie facile ! La Réforme et la Contre-Réforme catholique abolissent saint Nicolas au profit de « l’enfant Jésus », puis c’est le « Bonhomme Noël » laïque qui apparaît. Martyne Perrot décrit l’immigration en France du Père Noël-Saint Nicolas, par l’Alsace et la Lorraine à la fin du XIXe siècle d’abord, puis par les États-Unis, où les émigrants hollandais l’ont emmené au XVIIe siècle, et d’où il revient après la Seconde Guerre mondiale, redessiné par le matérialisme américain et Coca-Cola... En 1931, Coca-Cola l’utilisa comme argument publicitaire. Les couleurs rouge et blanc de la marque fixèrent l’uniforme du Père Noël contemporain. Le Père Noël s’impose enfin, même si, en 1951, il est pendu et brûlé à Dijon par des autorités ecclésiastiques ! Prétextant une « paganisation inquiétante de la fête de la Nativité, détournant l’esprit public du sens proprement chrétien de cette commémoration, au profit d’un mythe sans valeur religieuse ».(5)

Le père Noël : Un superman futé

« En tout cas, s’il existe, lit-on dans la contribution suivante, des mathématiciens ont montré combien il aurait la vie dure, ce vieil homme barbu. Si on compte qu’il y a 378 millions d’enfants dans le monde qui attendent avec impatience le 25 décembre avec en moyenne 3,5 enfants par foyer dans le monde, on arrive à 91,8 millions de maisons. C’est là le nombre de descentes à réaliser pour le Père Noël, en supposant qu’il y ait bien au moins un enfant sage dans chaque maison... Or, pour bien faire cela, Santa Claus dispose de 31 heures en supposant qu’il voyage d’est en ouest et que son traîneau suit les fuseaux horaires. Il doit donc faire 822,6 descentes de cheminée par seconde, ce qui lui laisse approximativement plus de 0,001 seconde pour distribuer les cadeaux dans chaque maison. Mais le Père Noël n’est pas le seul à être éprouvé. »(6)

« Les rennes ont eux aussi fort à faire ! Si on estime que les maisons sont éloignées les unes des autres de 1,2 km en moyenne, le voyage total est de plus de 120 millions de km. En 31 heures, cela suppose une vitesse supérieure à 3,8 millions de km/h, soit 1 050 km par seconde environ. Les rennes devraient donc galoper en l’air à Mach 3000 ! (...) En estimant que les cadeaux de chaque enfant pèsent 900 grammes, la charge totale emmenée serait de 321.300 tonnes. Un renne normal ne pouvant tracter plus de 136 kg, il faudrait donc un attelage de quelque 2.360.000 rennes normaux. Mais on le sait bien, les rennes du Père Noël sont des rennes magiques... A supposer qu’ils puissent transporter dix fois plus que les autres, ils ne seraient plus que 236.000 dans l’attelage. Reste la résistance dans l’air qui ne peut être éludée. En effet, 321.300 tonnes voyageant à 3,8 millions de km/h nous donne une résistance de 14,3 milliards de trilliards de joules d’énergie pour les rennes placés en tête de cortège. Bref, là encore, à moins de poils magiques ignifugés, les pauvres animaux seraient réduits en poussière et l’ensemble de l’attelage serait consumé en 0,00426e de seconde. Conclusion : si le Père Noël existe, il est vraiment, vraiment magique. (6)

Une solution consiste à admettre qu’avec son expérience et son air futé, le Père Noël a su développer pendant l’année des dépôts dans chaque grande ville, et utiliser Internet, en s’alliant avec les parents. Il n’y a pas un Père Noël, mais un million, il a peut-être recours à une technologie extraterrestre pour se cloner. Les rennes ne sont pas vraiment des rennes, mais des robots. Avec une propulsion antigravitationnelle. Il peut être partout en même temps

Le néolibéralisme et l’instrumentalisation du sacré

Noël, Halloween, tout est bon pour le néo-libéralisme pour extraire de la valeur quand bien même il s’agit de l’espérance de milliards d’individus Cette décadence planétaire des valeurs et de la dignité humaines est due aux dégâts du néolibéralisme dans sa réussite d’imposition d’une nouvelle civilisation virtuelle qui, on l’aura compris, se construit sur les décombres de la civilisation humaine telle que nous la connaissons depuis les premiers villages édifiés, il y a 10.000 ans en Irak. Le néolibéralisme ne laisse pas intact l’individu. On comprend que les individus rendus fragiles par un quotidien sans perspective deviennent des proies consentantes du marché. Ils s’accrochent à tous les ersatz de plaisir en oubliant leur dimension symbolique. Le néolibéralisme ne se contente pas d’imposer sa vision du monde à la fois par la science et la force, il s’attaque aussi aux identités.(7)

Un autre exemple est donné par la lutte de l’Eglise pour combattre une fête païenne : Halloween importée du temple du libéralisme, concurrençant la fête de Noël. L’Eglise crée, pour la circonstance, un slogan : « Holy Win ! », « le sacré vaincra ! » Il n’a pas vaincu.. mais la fête ne fait plus recette pour d’autres motifs qui n’ont rien de religieux

Cette désymbolisation du monde mise en évidence par Dany-Robert Dufour, est en train de pénétrer en profondeur le tissu social. A juste titre, la mondialisation et le néolibéralisme peuvent être tenus pour responsables de cette débâcle planétaire. Nous vivons, poursuit Dany-Robert Dufour, une époque où le plaisir est devenu une priorité, où les carrières autrefois toutes tracées se brisent sur l’écueil de la précarité, la vie à deux ressemble de plus en plus à un CDD. Par ailleurs, on peut citer comme autre perturbation inédite, le développement de l’individualisme, la diminution du rôle de l’Etat, la prééminence progressive de la marchandise sur tout autre considération, le règne de l’argent, la transformation de la culture en modes successives, la massification des modes de vie allant de pair avec l’individualisation et l’exhibition des paraître, l’importante place prise par des technologies très puissantes et souvent incontrôlées, comme l’Internet et ses dérivés sont, en définitive, autant d’éléments qui contribuent à l’errance de l’individu-sujet. » (8) (9)

Faut-il croire à tout prix au Père Noël au XXIe siècle ?

A l’autre bout du curseur, la dimension humaniste de ressourcement chrétien fait écrire à Chantal Dupille ces mots frappés de bon sens : « Noël ! Fête de Mâmon, de la bombance, de la (sur)consommation, du gavage des gens et des oies, de la débauche, de la tentation ! Comme on est loin du sens originel... je cite une lectrice, Rita Pitton : « Noël message éternel d’espérance, d’Amour, de fraternité » ! Jésus est né dans une étable, au milieu des animaux, il a vécu comme un SDF, sans toit, sans biens, sans vêtements de rechange.... et il a dit : « Heureux vous les pauvres » ! Le Messie tant attendu n’a pas été reconnu par beaucoup : il était venu, lui le Prince de la Paix, sur un âne, pas sur le Veau d’Or. Mon Noël, c’est le foie maigre, ou plutôt la foi, c’est la sobriété en relation avec tous les pauvres de ce monde, c’est la solidarité avec les oubliés. Qu’y a-t-il de plus beau, ce jour-là, que de penser à ceux qui n’ont rien, et qui dans la rue, ignorés de tous, vivent plus cruellement encore cette journée d’abandon total ?(10)

Le mythe du Père Noël à la peau dure. Le marché s’est emparé de sa dimension matérielle. Plus largement, croire au Père Noël tient de la naïveté de celui qui ne veut pas grandir. La douce naïveté fait dire aux enfants : « Moi, je sais que le Père Noël, c’est Papa ! » « Faut il pour autant ne pas croire au Père Noël ? Pourquoi le Père Noël fait-il couler tant d’encre ?.(...) C’est également une période liée au mythe de la générosité. Durant cette période, c’est comme si le temps n’existait plus. Comme s’il s’établissait une « trêve » par rapport aux soucis humains. (...) Il faut donner la possibilité à l’enfant de rêver, de laisser parler son imagination. L’enfant aura largement l’opportunité de s’apercevoir que le monde n’est pas parfait. Donc laissez-lui le temps de rêver et de laisser libre cours à sa naïveté. Le Père Noël n’est pas un mensonge : c’est une légende, un mythe. De plus, l’enfant a besoin de cette période pour grandir. Jusqu’à 6 ans, il est dans une phase dite de la pensée magique. La limite entre le réel et l’imaginaire est floue. (...) Laisser la magie de Noël opérer. L’enfant a besoin de croire en des choses extraordinaires pour grandir. C’est une période assez courte qui prendra fin lorsqu’il sera âgé de 7 ans. » (11)

C’est peut être l’un des derniers repères symbolique, même si à évidence le Père est devenu un produit marchand, nous croyons aussi qu’en ces temps de désenchantement, laissons les enfants continuer à rêver quelque soit la latitude. L’amère réalité les rattrappera toujours assez tôt.

 

1. 1532 à 726 Invention de l’ère chrétienne. http://www.herodote.net/532_a_726-s...

2. Naissance du Christ : Encyclopédie Wikipédia

3. http://rcg.org/fr/questions/p002-fr.html

4. http://www.joyeux-noel.com/perenoel.html 5. Martyne Perrot http://www.evangile-et-liberte.net/...

6.http://www.maxisciences.com/no%ebl/...

7. http://www.mondialisation.ca/addict...

8. Dany Robert Dufour : L’Art de réduire les têtes. Editions Denoël, Paris. 2003.

9. Dany-Robert Dufour : Les désarrois de l’individu-sujet. Le Monde diplomatique. 02 2001

10.http://sos-crise.over-blog.com/arti...

11. http://leplus.nouvelobs.com/contrib...

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 


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27 réactions à cet article    


  • Piere CHALORY Piere Chalory 30 décembre 2012 16:38

    L’invention du Père Noël ?


    Mais vous êtes fou ? Le Père Noël est éternel, il existe depuis la nuit des temps. En tout cas il était là avant vous et moi, et sera toujours là, ici et maintenant, en tous lieux, ad vitam éternam. J’ai parlé avec lui pas plus tard que cette nuit, et il m’a avoué que pour lui, le 25 décembre était une rude journée, mais il est courageux.

    Bien sûr qu’avec le temps, ses méthodes ont évoluées, j’ai même entendu dire qu’il utilisait une Star Gate à cristaux liquides pour se déplacer plus vite que la lumière. Cette porte dimensionnelle a été spécialement conçue pour lui tout seul, par Apple & Windows, afin qu’il n’ait plus besoin de salir en traversant les cheminées. 

    Désormais, il traverse l’espace temps tout simplement, pour distribuer toujours plus de cadeaux aux enfants, plus besoin de rennes volants. 

    • Piere CHALORY Piere Chalory 31 décembre 2012 08:43

      ’’afin qu’il n’ait plus besoin de se salir en traversant les cheminées.’’ 


    • L’Ankou 1er janvier 2013 17:25

      Merci à vous, Piere Chalory, pour ces explications lumineuses.

      Je m’en tiens, quant à moi, à une approche qui privilégie la théorie des quanta pour expliquer l’ubiquité du personnage. Ceci justifie incidemment les fameux quantiques de noël. Je soupçonne son traineau d’être tiré par des rennes zombies, ni vivants ni morts, de l’espèce « renne de Schrödinger ».

      Merci, aussi, au passage, au professeur Chitour pour la présentation fort érudite de la controverse sur la date et même l’année de la naissance du Christ, ainsi que sur la déchristianisation progressive de Saint Nicolas en Père Noël, jusqu’à la fixation progressive de sa légende, de son apparence et de ses attributs, avec le concours d’une multinationale américaine.

      Pour le reste de ses propos j’ai quelques réserves.

      On nous avait effectivement annoncé la fin du monde pour le 21 décembre 2012, date marquant la conjonction de plusieurs phénomènes cycliques dont le solstice d’hiver. Le solstice revient tous les ans, mais la conjonction, à ce que j’ai compris, tous les 26000 ans seulement. Quelques Cassandre ont profité, cette année de la conjonction pour exister socialement et médiatiquement le temps d’une prédiction apocalyptique. La plupart des autres s’en sont amusé, faisant le calcul qu’une telle prédiction n’apporte que déconsidération si elle ne se produit pas, et encore moins d’avantages si elle se réalisait. Cela a meublé les JT. Toujours ça de pris.

      Pour ne parler que du solstice, sa récurrence est connue depuis des millénaires et a probablement été observée par la première espèce intelligente de la planète capable de marquer d’année en année l’endroit de l’horizon où le soleil se lève et de voir que les jours rallongent à partir de cette date. Après, il suffit de savoir compter jusqu’à 365 et d’opérer un petit correctif les années où ça tombe à côté. C’est dire si cette science est ancienne, les premiers homo sapiens la tenant peut-être même des différents hominidés à qui ils ont succédé.

      Pour les controverses calendaires, j’avance donc l’hypothèse que la seule date certaine est celle du phénomène astronomique qui non seulement se produit tous les ans, mais détermine même la définition de l’année. Les dieux disposant d’un minimum de jugeote, comme Perséphone, auront nécessairement fait coïncider leur légende, ou la naissance de leur prophète ou de leur messie avec cette date, correspondant également avec le début de l’année. Seuls les peuples peu épris d’astronomie rigoureuse ou plus soucieux de mysticisme que de science exacte auront laissé dériver leurs calendriers jusqu’à, à coup de réajustements approximatif, fêter le début d’année, le solstice et l’anniversaire de l’incarnation de leur Dieu à des dates différentes.

      Ça leur va assez bien d’ailleurs : quand la réalité ne coïncide pas avec leur conviction, c’est cette dernière qui prévaut sur l’objectivité pragmatique : « on a dit que c’était 365 jours et, disons, 6 heures. On l’a même marqué quelque part. Alors si c’est marqué, c’est que c’est vrai ! Les écrits, c’est sacré ! C’est eux qui comptent ! Si le Monde ne tombe pas juste, c’est que le Monde n’est pas vrai ! C’est bien la preuve qu’il y a un autre monde, non ? Vous n’allez quand même pas faire confiance à un monde trompeur, alors qu’on a des écrits avec des calculs qui tombent juste ! Voilà ! ». Effectivement, quelle serait la valeur de la Foi, si elle se laissait désarçonner bêtement par le réel ? Un vrai croyant n’est-il pas capable, quand il a tort, de se convaincre qu’il a raison quand même ?

      Sans aucun lien avec ce qui précède, bien sûr, parlons des chrétiens, fraction récente de l’espèce humaine, qui ont, depuis les deux petits millénaires de leur apparition, détourné l’essence originelle de cette fête de l’hiver, en supplantant la symbolique des rites païens, par leur commémoration de la naissance d’un homme conçu d’invraisemblable façon.

      Si hold-up il y a, c’est ici qu’il débute. Maintenant largement révélé, il invite à revenir à une fête plus universelle et plus laïque. Cela se fait dans un contexte de mondialisation néolibérale qui pourrait instaurer un rapport causal dans l’esprit des sots.

      Dès lors qu’il s’agit, notamment, de faire plaisir à ses proches par bonne chère, cadeaux, chants, danses, et libations diverses, la fête donne lieu à des échanges économiques, les uns en tirant, certes, un profit financier, les autres, en contrepartie, la joie d’offrir, de prendre des kilos entre amis et le risque de perdre des points sur leur permis de conduire. On peut supposer néanmoins qu’il y a profit réciproque, assez librement consenti. Ah, quels salauds, ces néo-ultra-hyper-libéraux !

      On ne s’étonne guère que le clergé s’offusque de ce que le hold-up auquel il s’était livré quelques siècles plus tôt, se réitère à son détriment. On dira qu’il y a néanmoins quelque justice à ce retour de bâton, qu’on se gardera bien de qualifier de « justice divine ».
      « Noël, Halloween, tout est bon pour le néo-libéralisme pour extraire de la valeur quand bien même il s’agit de l’espérance de milliards d’individus ». Vous êtes gentil, professeur, mais vu son ancienneté, le coupable que vous décrivez n’est pas le néolibéralisme mais juste le commerce. Salauds de commerçants !

      Je rappelle à tout hasard que « la civilisation humaine telle que nous la connaissons depuis les premiers villages édifiés, il y a 10.000 ans » n’a découvert l’électricité, le four micro-ondes et le téléphone portable que très récemment. Salauds d’inventeurs !

      On n’en revient pas qu’on laisse tous ces salauds plonger l’humanité dans « la décadence planétaire des valeurs et de la dignité humaines ».
      A propos, dites, professeur Chitour, vos villageois irakiens d’il y a dix mille ans, n’auraient-ils pas préféré être la proie du marché que de prédateurs moins fantasmatique, comme les lions qui, eux non plus, « ne laisse(nt) pas intact l’individu ». Dites-moi qu’ils n’étaient pas « rendus fragiles par un quotidien sans perspective ». Dites-moi qu’ils ne s’accrochaient pas désespérément « à tous les ersatz de plaisir » en n’ayant que foutre de « leur dimension symbolique ». Dites-moi que, la vie villageoise assurant bientôt assez de sécurité et de perspective de survie raisonnable pour cela, ils n’ont pas commencé dès cette époque à œuvrer pour une époque où le plaisir puisse « devenir une priorité ».

      C’est à se demander s’il n’est pas grand temps de fermer cette malheureuse parenthèse de mysticisme spiritualiste, pour revenir aux saines valeurs du réel. Désymbolisation, dites-vous ? Moi, ça me va ! Je signe où ?

      Que vous présentiez notre histoire récente comme une apologie de l’égoïsme, avec tous ses effets pervers sont la précarisation et certaines formes de superficialité, moi, je suis d’accord. Mais n’est-il pas un peu déraisonnable d’émousser vos arguments anti-individualistes, contre une fête qui, devenu païenne, a justement pour objet de faire des cadeaux aux autres ? Ou est-ce qu’on n’a pas la même définition de l’égoïsme ?
      J’avoue aussi mon incompréhension, professeur Chitour, quant à celle de vos lectrices qui pousse sa compréhension des évangiles jusqu’à faire carême à Noël. Il me semble que le philosophe mystique qu’on appelle Jésus prônait surtout le partage et moins l’appauvrissement matériel, sinon comme conséquence du partage. Or, le monde me semble meilleur si l’on partage les richesses et pas la misère, mais enfin, c’est chacun sa lecture. Pour moi, une fête du don me semble plus conforme à sa philosophie qu’une fête de jeûne. Et s’il fallait pratiquer les deux pour attiser ses sentiments de solidarité, autant faire le jeûne en son temps calendaire.

      Vous finissez par indiquer que « le Père Noël n’est pas un mensonge : c’est une légende, un mythe », alors même que vous l’inscriviez quelques lignes plus haut, comme marqueur de la désymbolisation du monde. Et comme vous le dites, « C’est peut être l’un des derniers repères symbolique », à quoi l’on croît dans une période limitée de sa vie… Pour la suite, c’est Pierre Desproges qui prend le relai des citations : « L’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote. »

      Bien à vous,
      L’Ankoù


    • Piere CHALORY Piere Chalory 2 janvier 2013 08:37

      @ L’Ankou,


      Merci pour votre longue réponse, permettez moi de souligner deux de vos phrases ;

      "Que vous présentiez notre histoire récente comme une apologie de l’égoïsme, avec tous ses effets pervers sont la précarisation et certaines formes de superficialité, moi, je suis d’accord. Mais n’est-il pas un peu déraisonnable d’émousser vos arguments anti-individualistes, contre une fête qui, devenu païenne, a justement pour objet de faire des cadeaux aux autres ? Ou est-ce qu’on n’a pas la même définition de l’égoïsme ?’’

      C’est exactement ce que je pense, j’ai pris la défense du Père Noêl, car il s’agit bien d’une fête du don. Je ne vois pas en quoi ce symbôle merveilleux pour les enfants devrait être critiqué. Certes, il y a de la marge entre des jouets achetés d’occasion à Emmaus et une montre Patek Philippe offerte de la même manière le même jour, mais l’enfant fait il la différence ?

      ’’l’adulte ne croit pas au Père Noël, il vote’’

      Sans commentaire.

      Bonne année @ tous



    • tf1Goupie 30 décembre 2012 20:32

      Ah bon le Pere Noel n’existe pas ? ..... Merde !


      • robin 31 décembre 2012 08:36

        si même le grand bouffeur sans discuter de toutes les versions officielles nous le dit où va t’on ?....  smiley


      • lulupipistrelle 30 décembre 2012 20:33

        Le Père Noël existe de puis plus de 10 000 ans... c’’est Odin (Wodan-Wotan) Dieu principal du panthéon nordique...Saint Nicolas n’était qu’un avatar intermédiaire.

        Haloween était une fête irlandaise, importée en Amérique la courge remplaçant le navet...et elle est revenue... en Europe,dont tout le substrat est avant tout celtique... De toute façon à la Toussaint (Samain, Samonios en gaulois) chaque région avait ses coutumes, mon arrière-grand-mère faisait cuire des châtaignes et on en laissait pour les défunts...

        Pour s’imposer, le christianisme a dû se résoudre à recycler pas mal de la tradition païenne, sinon, même par le fer, il n’aurait pas vaincu.
        Est-ce un hasard si la région encore la plus catho, la Bretagne est celle où l’on compte le plus grand nombre de fêtes locales, héritage celtique à peine déguisé ?

        Dans le Comté de Nice, tout le mois de mai (le supposé mois de Marie) est encore dévoué à la Fête des Mai , Ne seraient-ce pas les trois déesses locales des Védiantiens ? La fête au singulier, alors que les réjouissances durent tout le mois, et en particulier tous les dimanches...


        • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 1er janvier 2013 23:11

          Le Christ n’est pas venu pour jeter l’anathème sur les païens, il est venu leur montrer le ciel...
          L’opposition paganisme(s)/christianisme(s) et de fait l’opposition fertilité/stérilité, religions des forêts/religion du désert...est proprement stupide. Cette bêtise crasse est, d’ailleurs, autant du fait des « néo-païens » que des Églises chrétiennes...
          Mais une idée, effectivement, largement répandue dans les milieux païens politisés d’« extrême-droite » voire d’« extrême-gauche-libertaire »...

          D’ailleurs, la religion des anciens germano-scandinaves et son eschatologie cosmique est fondamentalement pessimiste (Ragnarök). Elle est vouée à l’échec (Eliade) : même les dieux mourront...
          En outre, ce thème même est, sans doute, né de l’influence chrétienne. La tradition païenne « véritable » ayant disparu...le christianisme apportant, cependant, l’espoir de la résurrection, et de la vie éternelle...quand la religion des « nordiques » ne propose qu’une bataille éternelle...


        • lulupipistrelle 2 janvier 2013 02:05

          Sans doute.

          Le christianisme n’a pas effacé les anciennes croyances, en tout cas pas partout. Il se maintient actuellement le mieux chez les peuples qui les ont préservées, d’une manière ou d’une autre. L’Irlande,par exemple ...ou la Serbie : la Slava est une fête qui ne se retrouve pas dans les autres églises orthodoxes, mais que certains catholiques des Balkans célèbrent aussi, ce qui les classe d’office comme étant des Serbes catholicisés. 
          Du néo-paganisme, je ne connais que les délires nazis... 
          Personnellement je ne suis intéressée que par l’aspect historique et culturel. 

          Quant au message du christianisme, depuis qu’il n’est plus religion d’Etat, chacun peut réagir comme il veut. C’est mon arrière-grand-mère qui a été la première a laissé tomber la pratique religieuse... personne depuis n’en a repris le chemin, preuve que la promesse d’une vie éternelle n’intéresse pas tout le monde. 


        • lulupipistrelle 2 janvier 2013 02:07

          ... à laisser tomber...


        • spartacus spartacus 30 décembre 2012 21:18

          La censure coco en pleine preuve.


          Comme tous les week end en première page que des articles de même sensibilité. 
          Agoravox c’est surtout un haut parleur qui « censure » la diversité des idées.
          La modération c’est surtout le tri des articles coco a mettre en avant et ceux qui « dérangent à rejeter.

          Aujourd’hui comme demain comme depuis 2 ans vous constaterez une avalanche de »non diversité« . Des articles comme celui là en sur-nombre. 

          Nous ne savons pas si le »néo libéralisme" est coupable, mais pouvons constater les notions démocratique des gauchistes.

          Un avant gout du totalitarisme.

          Allez moinssez, vos manières ont chassé la diversité. Bientôt vous ne serez qu’entre vous. 
          Les autres ne pouvant pas exposer des articles trop critiques de vos fumeuses idées.



          • lulupipistrelle 30 décembre 2012 21:31

            Mais non... ne désarmez pas... et si vous en avez gros sur la patate, exhumez donc le dernier article de morice, et lisez les commentaires qu’il se plaint d’avoir reçus... désopilant.
            Au plaisir de vous lire, même quand vous écrivez sur des sujets je ne comprends pas bien, et bon bout d’an.


          • spartacus spartacus 31 décembre 2012 10:35

            Difficile d’avoir sur Agoravox des articles qui parlent de la CGT, le FdG ou le PCF en matière négative.

            Ils ont phagocyté la modération.
            Quand à ceux qui choisissent les mises en avant, leur partialité coco est lamentable. 

          • lulupipistrelle 31 décembre 2012 13:57

            Personne n’est dupe... 


          • njama njama 30 décembre 2012 23:28

            Étymologiquement Noël n’est pas sans rapport avec la naissance.

            Du latin natalis adj. « de naissance, relatif à la naissance », natalis dies et par substantivation natalis « jour de naissance » utilisé en latin ecclésistique pour désigner la Nativité du Christ. L’o de noël (en face de l’a. fr. nael, ital. natale, a. prov. nadal) est dû à une dissimilation des 2 a de natalis.

            Si Naël est un prénom masculin arabe, Saint Brendan, un moine irlandais voyageur (né vers 484 - mort en 574 ou 578) parle d’ al Naël Deu la « fête de la nativité de Jésus-Christ ».

            Si la date de naissance est le 25 ... de quel mois au juste ? ... la logique voudrait bien sûr que ce soit une date du calendrier juif.

            Maria Valtorta est une « mystique » chrétienne qui transcrivit la vision complète des scènes de l’Évangile. Dans ses écrits, rassemblés sous le titre « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé » on peut y lire que Jésus serait né le jour de la fête d’Hanoukka (fête de la Dédicace ou fête des lumières ) … tout un symbole !!!!

            (Jésus parlant à Pierre dit :)

            « Moi, je suis toujours une lampe allumée… et je voudrais que vous aussi le soyez. Je suis l’Encénie * Éternelle, Pierre. Sais-tu que je suis né justement le 25 du mois de Casleu ? »

            Durant les huit jours que dure cette fête d’Hanoukka, à la tombée de la nuit, chaque famille allume une bougie supplémentaire sur le chandelier à huit branches pour commémorer le miracle de la Dédicace où une seule cruche d’huile aurait suffi à alimenter pendant huit jours le chandelier du Temple. La lampe doit être placée de préférence devant une fenêtre au vu de tous.

            * Encénie(s) – n.f. du grec egkainia ou Kainos (nouveau). C’est la fête (Hanoukka ou Chanukkah) que les Juifs célèbrent le 25 du neuvième mois (Kislev ou Casleu, soit novembre/décembre du calendrier grégorien), en mémoire de la purification du Temple par Judas Macchabée, après qu’il eut été pillé et profané par Antiochus Épiphane. Cette restauration ou rénovation désignait non seulement celle que fit Judas Maccabée, mais l’Encénie s’applique aussi à la dédicace du Temple de Salomon et à celle que fit Zorobabel après le retour de captivité.

            ça pourrait être sympa de fêter Noël en même temps que la fête d’ Hanoukka smiley ...
            Le petit problème pas simple à résoudre serait de faire coïncider le calendrier grégorien avec le calendrier hébraïque ! ... Oups !

            Le Noël chrétien est aussi d’une certaine manière une fête de la Lumière du Verbe Incarné .
            L’islam n’est pas en reste d’ailleurs sur ce thème de la Lumière, aussi bien dans la tradition musulmane, on allume des lampes traditionnelles (fanous ou fawanis) à la fin du Ramadan … que dans le Coran. Dans la Sourate 24 An-Nûr (de la Lumière) Dieu est « comparé » à une petite lampe …

             « [35] Dieu est la lumière des Cieux et de la Terre, et le symbole de Sa lumière serait un foyer où se trouverait une lampe qui elle-même serait nichée dans un récipient de cristal ayant l’éclat d’un astre brillant qui tirerait sa luminosité d’un arbre béni, un olivier qui n’est ni de l’Orient ni de l’Occident et dont l’huile jetterait sa clarté presque d’elle-même, sans avoir été touchée par aucune étincelle, donnant ainsi lumière sur lumière. Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut et propose des paraboles aux hommes, car Sa science n’a point de limite. [36] C’est cette lumière qui éclaire « les temples » que Dieu a permis d’élever afin que Son Nom y soit invoqué … »


            • Irina leroyer Irina leroyer 31 décembre 2012 06:06

              et voilà, une fois de plus, le mot magique est lancé !


              Le néolibéralisme est le coupable désigné !

              mais coupable de quoi ?

              d’avoir transformé la société actuelle dans laquelle nous vivons ? n’est ce pas plus simplement le matérialisme ? 

              mais au fait , pourquoi néo et pas ultra ou ordo ?

              arrêtez de nous faire prendre de vessies pour des lanternes !

              Irina

              • robin 31 décembre 2012 08:47

                ET en quoi vos considérations fumeuses formeraient-elles des arguments contre l’article ?


              • LEELOO Sa 31 décembre 2012 09:00

                Irina, y’a un NEO !


              • Jean Yanne Jean Yanne 31 décembre 2012 07:40

                Les fêtes du solstice se perdent dans la nuit des temps .


                Pour ce qui est de la religion moyen orientale qui nous a été imposée au IV ème siècle, aux alentours de l’ an 1100 de la fondation de Rome elle a été initialisée par le culte du soleil pratiqué par les Égyptiens, culte du dieu Râ qui faisait renaître le soleil figuré par un enfant dans une grotte , sortant ainsi de la terre et de l’obscurité . 
                Célébration pratiquée également en Égypte et figurée par la cérémonie des rois mages magnifiant l’enfant« jésus » 

                Dans le cadre de la laïcité , il me semble que les fêtes religieuses de tout poil , devraient être officiellement supprimées , elles n’ont rien à faire dans notre calendrier !

                Lorsque je parle de « fêtes religieuses , je parle aussi évidemment , des dimanches qui en sont .

                Le problème fondamental qui se pose actuellement est précisément la continuïté de ces fêtes religieuses qui n’ont plus lieu d’être vu la diversité des religions d’une part mais aussi de la montée de l’athéisme .

                Les fêtes religieuses , de fait , sont anticonstitutionnelles , mais il serait suicidaire , pour les démagogues au pouvoir , que d’essayer de les supprimer ou de les remplacer par des jours de congé .
                Les révolutionnaires de 1793 s’y sont essayés ... et ont raté leur coup avec Napoléon et son concordat avec le pape . 

                S’il y avait une vraie révolution , elle passerait prioritairement par là ! Je ne pense pas qu’il pourrait en être autrement et mesure l’authenticité du »révolutionnaire« à sa réaction face à cette question .

                D’ailleurs et pour vous en convaincre , posez la question en ces termes :

                 »faut il repenser le calendrier officiel ?" 

                et vous constaterez la haine , oui la haine , que vous suscitez ! 

                • njama njama 31 décembre 2012 13:55

                  Les fêtes religieuses , de fait , sont anticonstitutionnelles

                  sauf erreur la laïcité n’est pas inscrite dans la Constitution , c’est une loi de la République.

                  Changer les fêtes religieuses en jours de congés, c’est vert chou et chou vert, cela ne revient qu’à renommer ces jours fériés ... je ne vois pas trop l’intérêt ...

                  Le problème fondamental qui se pose actuellement est précisément la continuité de ces fêtes religieuses qui n’ont plus lieu d’être vu la diversité des religions d’une part mais aussi de la montée de l’athéisme.

                  Si elles ont lieu d’être pour les croyants des différentes religions. S’il n’y a pas de religion d’État, la laïcité permet et protège toutes les convictions ... le principe de séparation entre l’État et les religions peut trouver des applications différentes selon les pays.
                  L’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses n’implique pas que la société civile soit neutre ... la laïcité est justement le respect des convictions de chacun.

                  « faut il repenser le calendrier officiel ? »

                  Le calendrier officiel est toujours celui du calendrier grégorien. Peut-être suggérez-vous de revenir au calendrier républicain ( en douze mois de trente jours chacun (soit 360 jours), plus cinq à six jours complémentaires (selon les années) ?


                • Jean Yanne Jean Yanne 31 décembre 2012 16:19

                  La différence entre jours fériés officiels et jours de congés , c’est que les individus ont la maîtrise de leur temps de congé , et cela fait toute la différence qui est fondamentale .


                  Revenir au calendrier républicain ? Je ne pense pas à cela , mais au temps choisi et , là nous embrayons dans une autre civilisation !

                  Les fêtes religieuses officielles sont bien anticonstitutionnelles puisqu’elles valorisent une religion .

                  Imagine toi un instant qu’on officialise l’aïd .... et vois d’ici la réaction !

                  et pourtant , la religion musulmane serait la 2ème religion de France , après la chrétienne et l’athéisme si on considère cette philosophie comme une religion .
                  Si l’état nous oblige donc à avoir 60 jours fériés pour raison religieuse d’une religion , il n’y a pas de raison qu’il ne tienne pas compte des autres proportionnellement d’ailleurs pour rester dans la démocratie !

                • njama njama 1er janvier 2013 12:15

                  @J Yanne

                  Pour la maitrise du temps de congé, c’est plutôt l’employeur et le travail (les nécessités de production) qui décident ... sauf exceptions pour des professions libérales, indépendantes

                  Les fêtes religieuses officielles sont bien anticonstitutionnelles puisqu’elles valorisent une religion .
                  Si je comprends bien pour que les fêtes religieuses officielles soient constitutionnelles il faudrait qu’elles valorisent la république smiley
                  Le calendrier n’est pas un sujet constitutionnel ...

                  Si l’on considère le nombre de croyants, la première religion de France est l’athéisme / agnosticisme, suivie par la religion traditionnelle catholique, l’islam est très minoritaire (5 % de musulmans en France, dont seule une partie est pratiquante).
                  Les religions n’ont pas le monopole de la foi ...

                  Il n’y a que deux fêtes considérées comme sacrées en islam (donc c’est très loin de la dizaine de jours de fêtes chrétiennes) :
                  L’Aïd el-Fitr (le petit Aïd) célèbre la fin du jeûne du mois de Ramadan. Cette fête se célèbre donc en fin de journée, dès la tombée de la nuit. Un jour de congé n’est pas vraiment nécessaire ...
                  L’Aïd est une très belle fête. A ma connaissance les musulmans ne réclament pas un jour férié pour cette date ... qui compte-tenu du calendrier musulman n’est pas fixe.
                   
                  L’autre Aïd (qui signifie « fête » en arabe), l’Aïd al-Adha (appelé aussi Aīd al-Kebir - « la grande fête » ) commémore le sacrifice d’Abraham, il est célébré le dixième jour du dernier mois du calendrier islamique.
                  Quel danger J Yanne pour la république ? L’islam, 1 seul jour de fête religieuse !

                  Si on compare Fêtes et jours fériés en France, 11 jours fériés (fêtes religieuses =6 et civiles =5) en 2013.
                  Un certain nombre de fêtes civiles et religieuses ne sont pas des jours fériés.

                  Vous déviez beaucoup du sujet J Yanne.


                • ricoxy ricoxy 31 décembre 2012 07:40

                  ■ « La date de la naissance du Christ fait débat »


                  Jésus (et non le Christ) serait né en -6 ou -7 avant J-C. C’est le seul mec au monde à être né avant lui-même.

                  ■ La question du « Père Noël »

                  Y’en a marre de nous bassiner avec cet affreux pédophile


                  • ricoxy ricoxy 31 décembre 2012 07:47

                    « Les couleurs rouge et blanc de la marque fixèrent l’uniforme du Père Noël contemporain »


                    En Russie, durant l’ère soviétique, le Père Noël était ... bleu.

                    • robin 31 décembre 2012 08:32

                      Le plus extraordinaire c’est d’avoir pu faire avaler aux Chrétiens que l’aniversaire de naissance de celui qui a foutu dehors les marchands du temple correspondait à une fête fantastique de ces mêmes.....marchands du temple...et ceux là avalent tout ça sans broncher..... smiley


                      • antonio 31 décembre 2012 11:42

                        Eh bien moi, j’en ai " ras-le-bol de ce Père Noël omniprésent qui fait bêtifier à qui mieux mieux les adultes...et...ouvrir leur porte-monnaie...C’est l’ordonnateur en chef de la ruée consommatrice.
                        Que les petits enfants rêvent, pourquoi pas ? Mais qu’en est-il des autres qui compulsent les catalogues de jouets et commandent sans limite ?

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