L’hommage aux « morts pour la France » est une obligation morale mais aussi historique et politique pour tout chef de l’État. Et Nicolas Sarkozy est dans son rôle en se mettant en scène le 11 novembre lors de la traditionnelle commémoration. Mais, doté d’une compassion à géométrie variable, il est d’autres morts dont notre président ne se soucie pas. Sans doute parce que ces morts-là manquent de mérite à ses yeux...

Nicolas Sarkozy va faire déposer dans les prochains jours un projet de loi destiné à faire du 11 novembre une journée du souvenir consacrée à tous les militaires français morts au combat depuis la Grande guerre, y compris lors d’opérations extérieures ayant moins à voir avec la défense du territoire ou les intérêts nationaux qu’avec celle des profits attendus par les grands groupes industriels amis du pouvoir.
Cette volonté affichée d’hommage collectif à toutes les victimes militaires, si elle est discutable, n’est en soi pas choquante, bien qu’elle fleure de manière peu agréable nettement plus l’opération de communication élyséenne que la réponse à une évolution attendue du devoir de mémoire. Mais par la dimension qu’elle a prise dans les médias, cette initiative n’en souligne qu’avec plus d’acuité le fait que Nicolas Sarkozy a décidément, comme il l’a démontré à maintes reprises depuis le début de son mandat, l’hommage et la compassion sélectifs.
La précarité, le dénuement, la misère font aussi des morts, Monsieur Sarkozy. Quel hommage comptez-vous rendre à ces victimes d’un système économique brutal qui broie les faibles, détruit les humbles, et saccagera bientôt les retraités modestes et les malades impécunieux si un deuxième mandat vous donne la possibilité de porter le coup de grâce à la protection sociale ? Où est, dans la réalité, cette belle compassion que vous affichez de manière ostentatoire devant les caméras ?
Une souffrance, mais aussi une colère sourde...
* C’est le père de Florence Cassez lui-même qui l’a dit aux médias à sa sortie de l’Élysée le 10 novembre.
** Il ne s’agit pas ici d’affirmer que Florence Cassez est coupable. Peut-être ne l’est-elle que de l’inconscience qui l’a conduite à vivre dans le luxe et la promiscuité d’un criminel et trafiquant notoire. Quoi qu’il en soit, recevoir une dizaine de fois les parents (ce serait déjà très étonnant de la part du Garde des Sceaux) montre que Sarkozy n’a pas le sens des priorités alors que nombre de responsables d’associations ou de syndicats attendent vainement d’être reçus à l’Élysée pour évoquer les graves problèmes qui se posent à notre société.

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Bonjour, Blutgeld. Merci pour votre commentaire. Ce que vous décrivez est la face plus ou (...)
21/11 16:20 - FergusBonjour Fergus et bravo pour votre article ô combien pertinent. J’aimerais qu’on (...)
21/11 14:36 - BlutgeldQuel choeur de misérabilistes !! Que font-ils eux-mêmes pour soulager la misère à part (...)
15/11 22:25 - AntoineBien sur que la pub est adaptée en fonction des profils, moi même je cherchais tout à (...)
14/11 23:29 - Sat is FayBonsoir, Sat is Fay. Merci pour ce lien, cela fait toujours plaisir de revoir Brassens, (...)
14/11 23:18 - FergusN’oublie pas la musique hé ! http://www.dailymotion.com/video/x1...
14/11 23:07 - Sat is Fay
Pierre Lescure chante le rock
Taddeï l’anticonformiste, de Dieudonné à Chomsky
Violence des jeunes : vrai ou faux problème ?
Akhenaton : rap, religion et politique
Coline Serreau, la belle verte