• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Le monde qui vient. Dernière partie
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(26 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Le monde qui vient. Dernière partie

Comme nous avons vu précédemment, la solution à la crise qu’on nous présente dors est déjà que ce soit en Europe, en Amérique ou en Asie, c’est l’intégration régionale et la gouvernance mondiale.

Début de l'article ici :

www.agoravox.fr/tribune-libr...

www.agoravox.fr/tribune-libr...

www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

TINA !

Cette idéologie tiens en deux slogans : There Is No Choice et Seul on ne peut rien faire.
Evidemment, cette bureaucratie supranationale, dont l’idéologie est non-interventionniste n’aura pas non plus le moindre contrôle sur les marchés et l’économie.

Ce n’est donc uniquement un coup d’état qui n’amènera aucun solution politique à la crise si ce n’est la répression.

Deux phénomène se confronteront alors :

La désintégration structurelle provoquée par la crise.
L’intégration politique régionale et globale promue par les élites.

Le pari des élites est que les structures supranationales profiteront de la désintégration provoquées par la crise. Ce calcul est utopique comme le montre l’actuelle situation de l’UE. La structure nouvelle sera incapable d’enrayer la crise et ne disposera pas des moyens colossaux qu’il faudrait pour maintenir sa cohésion. Un empire ne se crée par lors d’une crise mais progressivement à l’occasion d’une longue période de prospérité qui permet de consolider ses nouveaux espaces.

Plus cet empire est vaste plus il est vulnérable aux crises.

La seule stabilité que ces structures de gouvernance peuvent apporter c’est nous faire l’économie de guerres régionales pour les ressources restantes, mais j’ai des doutes.
La période de plateau oscillant sera donc une période de transition politique incertaine.
Malheureusement l’idéologie libérale fait que ce ne sera pas l’occasion de préparer l’inévitable transition énergétique.

Les quémandeurs d’énergie.

Pour sortir du piège pétrolier il y a deux issues : par le haut (action étatique volontariste) et par le bas (action individuelle). La solution idéale étant de conjuguer les deux.

C’est ce qu’a fait le Brésil, dont les élites se préoccupent des intérêts du pays avant de celui de l’oligarchie mondiale, le brésil, donc, qui a mené avec succès une telle politique volontariste en substituant à l’essence l’éthanol de canne à sucre, devenant un exportateur de ressources énergétiques.

En France, cette politique volontariste a été menée lors des chocs pétroliers des années 1970 avec le choix du nucléaire. Aujourd’hui l’état ne mène qu’une bataille d’arrière garde pour tenter de maintenir ce choix contestable et néglige les autres possibilités. Pourquoi ? Parce que les intérêts industriels sont plus puissants que la volonté politique et maintiendront le duopole énergétique pétrole/nucléaire jusqu’à que nous n’en puissions plus.

Cela signifie que la transition se fera par le bas : Les poêles à bois, le gazogène et la valorisation des déchets (pneus, huiles de fritures, lisier de porc…)en attendant les nouvelles productions agro-énergétiques (pellets de joncs ou de bambou, culture d’algues produisant du méthane ou de l’éthanol) que les pétro-industriels bloquent pour l’instant.
Dans les pays où les finances publiques ne permettent plus de s’offrir tout le pétrole nécessaire à la consommation énergétique il y a dors et déjà des délestages dans la journée.

C’est déjà monnaie courante dans la plupart des pays d’Afrique mais aussi aux USA et l’Europe ne tardera pas a suivre.

Mise au pied du mur, les autorités (nationales ou fédérales) sera obligé de s’investir dans les énergies de substitution. Les sources renouvelables ne suffiront pas car leur disponibilité ne correspond pas aux pics de consommation. De plus elles ne remplacent pas le pétrole dans le transport et le chauffage. Il y aura donc une ruée sur la biomasse. La production agricole et forestière deviendra alors un enjeu majeur qui poussera les autorités à intervenir soit directement (pour les pays hors de la gouvernance libérale) soit via l’intermédiaire de grands groupes agro-industriels monopolistiques, comme c’est déjà le cas de USA où 5 firmes se partagent la production céréalière du continent (essentiellement du maïs transgénique).

Des avantages du réchauffement climatique.

Conjuguer libre-marché et lutte contre l’effet de serre est un exercice impossible. C’est ce qu’a démontré, si c’était encore nécessaire, le récent sommet de Durban. Mais derrière la compassion officielle pour les malheurs des pays qui vont beaucoup perdre au réchauffement climatique se cachent ceux pour qui la nouvelle situation offrirait des avantages indéniables.

Je vais sans doute choquer, mais je dirais même qu’en dehors de l’Afrique, le bilan est nuancé pour tout le monde et s’annonce même très profitable pour les pays arctiques.
L’Amérique plus proche de l’Eurasie.

Tout d’abord la fonte de la banquise sera une aubaine pour la navigation marchande entre l’Amérique, l’Europe et l’Asie (Tiens ? Encore les 3 zones de la Commission Trilatérale !).
Trois nouvelles voies de navigation plus courtes sont ouvertes :

Le passage du Nord-Ouest, entre Atlantique et pacifique nord.
La route du nord, de la Sibérie à l’Europe
Le pont arctique, de la Russie au Canada.


Etant donné l’importance croissante du transport maritime ans la mondialisation et l’enchérissement du fuel, cette fonte est considérée comme une bénédiction par les marchands internationaux. Mais chut, cette réjouissance doit demeurer discrète.
Cette ouverture de routes maritimes aura des conséquences géopolitiques encore difficilement appréciables. Les premiers touchés seront Panama et Suez. Mais les implications seront sans doute plus vastes. Byzance est tombée notamment à cause de la perte d’importance de la route de la soie concurrencée par la voie maritime vers les Indes.

De nouvelles terres exploitables.

Les climats canadiens actuels

Sur terre l’adoucissement du climat va changer la donne dans le cercle polaire arctique. La Sibérie, le Canada et l’Alaska offriront de nouvelles opportunités agricoles et minières. C’est un réservoir de croissance immense pour la Russie et pour l’Union Nord Américaine. A terme le Groenland devrait également devenir un nouveau continent exploitable.
En fin l’Antarctique devrait aiguiser aussi les convoitises et son statut international sera sans doute remis en cause assez rapidement.

Scénario d'évolution du climat au Canada


Un monde en strates plutôt qu’un monde global.

Le changement climatique va donc générer deux zones principales :
Deux anneaux au nord et au sud de la planète où les réserves productivité permettront aux opérateurs de la mondialisation de maintenir partiellement leur agenda sur les rails.
Une ceinture équatoriale qui sombrera encore plus dans la misère.
Entre les deux une « ceinture d’astéroïdes » fragmentée de pays européens et asiatiques plus ou moins autonomes avec, plus au sud, une zone tampon plus ou moins homogénéisée par la généralisation de gouvernements islamistes dans les pays arabo-musulmans.

Conclusion (qui a dit enfin ?)

Evidemment ce n’est que ce qui ressort des tendances lourdes du moment, et l’Histoire est faite d’accidents imprévisibles qui peuvent largement faire dévier les événements de cet axe général.

Vous remarquerez que j’ai volontairement ignoré l’impact des discours politiques à la mode sur le développement durable ou la mutation industrielle. L’omniprésence des ces discours dans le débat cache le peut d’effet qu’ils ont sur le cours des choses. La voiture électrique, par exemple, n’apporte aucune solution au problème énergétique, l’électricité n’étant pas une ressource naturelle mais un moyen de transporter l’énergie. La culpabilisation des consommateurs aussi est de l’ordre de la litanie sans effets.

Tout cela ne constitue qu’un bruit de fond qui noie les informations pertinentes. Faire ressortir ces infos du bruit ambiant a été le fil conducteur de ce long article.

J’espère qu’il aura été utile à la compréhension des mutations que nous vivons.

par Aldous (son site) samedi 17 décembre 2011 - 54 réactions
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(26 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par niko74 (xxx.xxx.xxx.187) 17 décembre 2011 11:35
    niko74

    Bonjour monsieur, voila 2 fois que je vous vois aborder le gazogène, comme faisant partie d’un ensemble de solutions viables (voir obligatoires) à l’après pétrole .... je n’arrive pas à trouver comment vous contacter en privé via l’interface agoravox afin de vous donner le lien vers le site internet de mon projet (site seulement accessible par mot de passe pour le moment) .
    A vous comme à tout agoravoxien interessé par le sujet, je vous propose de vous mettre en relation avec moi .
    SI vous voulez voir un gazogène moderne ,réalisé en inox aux dimensions adéquates (et pas bricolé avec des bidons et du matériel de récup), en FRANCE , faire tourner un groupe electrogène en utilisant de la sciure ou des coquilles de noix (entre autres) .... c’est par là que ça se passe.
    Comme vous l’avez dit dans cet article , l’idéal est la coopération entre le politique et l’initiative individuelle ..... Etant d’accord avec cela, j’ai commencé de mon côté en ce qui concerne l’initiative individuelle .... après 3 années de documentation sur le sujet , je pense être en mesure, à mon échelle et à une plus grande échelle si des citoyens sont motivés, de participer à la réintroduction ce concept d’origine française, utilisé systématiquement en période de crise ou de guerre ...et enterré systématiquement une fois cette période passée .
    la gazeificaton de la biomasse est superbement ignorée par le "développement durable" parcequ’elle induit , de par la simplicité de son procédé, qu’une grande partie de la population serait capable de se fournir elle même en énergie , sans avoir besoin d’un approvisionneur central avec un système d’abonnement ....et en plus , à la base, le gazogène est une chaudière donc ça chauffe !!!! Attention, c’est un procédé qui a des contraintes , et pas des moindres...mais il faut savoir ce que l’on veut .... la perennité du lobby nucléaire et des guerres coloniales sur fond de collaboration , y compris du parti vert (qui critique le nucléaire mais pas la guerre d’ingérance coloniale masquée en guerre humanitaire) .... ou un réel changement de paradigme plitique, quitte à l’imposer en s’imposant à nous même nos propres restrictions, avant que ce soit le système qui nous les impose brutalement ....
    le précaire des campagne, avec un minimum d’organisation peut s’autonomiser .
    Aux français qui pensent que les américains sont des gros bourrins qui ont été stupides au point de boycotter kyotto, je tiens à préciser qu’une partie des USA du fin fond de leur cambrousse sont PRETS à un basculement énergetique et politique .
    ils font des gazogènes à un niveau individuel et communal (piscines municipales, ecoles) et l’une des raisons pour laquelle ils n’ont pas rattifié kyotto, est que kyotto a mis en avant le nucléaire alors même qu’en secret, et comme l’a très bien documenté monsieur Riffkin, des grands groupes industriels américains avaient abandonné leurs investissement dans cette folie qu’est le nucléaire car ils avaient demandé à leurs consultants de faire des études sur les impacts financiers à long terme (comme vous le voyez, aucune précoccupation ecologique dasn l’abandon des investissments.... simplement une logique de survie economique !!! dasn cette optique, on peut considérer qu’ils ont regardé le lobby français se planter en rigolant sous leur manteau ....les canadiens n’ont d’ailleurs pas hésité à vendre des mines d’uranium inexploitables à Areva et ces balourds sont tombés dans le panneau).
    En France, dasn les années 20 il y avait un fabricant de gazogène par département et il était courant d’aller faire équiper sa bagnole ..... et d’ailleurs, connaissez vous l’origine de l’expression "chauffeur !"....je vous l’explique ici

  • Par loire42 (xxx.xxx.xxx.171) 17 décembre 2011 09:42
    loire42

    Aldous

    Merci pour ce long travail. Ca a été tres agréable de vous lire.

    Il est impossible de prevoir le future. Des idées, des hommes viennent toujours chambouler les grands axes tracés par nos dirigeants.

  • Par Roberton (xxx.xxx.xxx.204) 17 décembre 2011 17:13

    Votre fresque est intéressante, mais trop optimiste pour les énergies renouvelables car celles-ci sont tributaires de l´extraction des matières premières (cuivre, fer, zinc, aluminium, uranium, charbon, etc...), c´elles ci seront de plus en plus chères, rares, difficiles à transformer et transporter. Le ciment, le verre, pneus, plastiques, résines, peintures, huiles isolantes, lubrifiantes, câbles électriques, bobines de moteurs, transformateurs, condensateurs, circuits imprimés et tous les composants électroniques dépendent des matières premières fossiles. Adieu nucléaire, ITER et toutes les renouvelables, nous ne pourrons plus les fabriquer ni les maintenir. Le monde consomme 88Mb/j, ou 12MT/j avec une telle quantité rien ne remplace le pétrole.

    Au XX siècle la production mondiale d´aliments a augmenté de 600%. Et la population en conséquence est passée de 1,7 à 6,8 milliards. Le pétrole et le gaz servent à fabriquer les engrais et les phytosanitaires indispensables à l’agriculture moderne. Sans eux, les rendements s’effondrent. Même sans être un modèle d´efficience économique, il suffit de regarder la Corée du Nord où la production agricole a diminué de 40% avec la fin de l´aide soviétique (plus d´engrais et pétrole) entrainant une disette qui a tué 1 million de personnes pour imaginer le futur de l´humanité sans pétrole et gaz. Face a une crise alimentaire mondiale je doute que l´on développe les agrocarburants. Nous assisterons donc à la faillite complète du système financier et des états. Le retour amélioré à la vie de 1800 est donc assuré avant la fin du siècle avec de 2 à 3 milliards d´habitants au maximum. Un bon conseil, achetez un terrain de 5 ha, plantez, faites votre biogaz, vous en aurez besoin plus vite que vous ne le pensez.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox