Le 24 juin 2008 a eu lieu aux environs de Pékin le test à vitesse maximale du train CRH3 qui est un parmi plusieurs types des « TGV chinois ». La vitesse de 394 km/heure à été dépassée.
Les premiers trains à grande vitesse chinois de la série CRH3 seront mis en service à partir du 1er août 2008 entre deux villes olympiques Tianjin et Pékin et la distance de 118 km entre les deux gares sera parcourue à vitesse commerciale en 27 minutes. Le train CRH3 sera alors, avec sa vitesse de croisière de 350 km/heure, le plus rapide parmi les « TGV chinois » mis en service.
Sur les 60 trains de la première série des « TGV chinois » qui portent l’indication CRH3 seulement 3 ont été produits en Europe, par Siemens à Krefeld en Allemagne, les 57 autres sont assemblés en Chine par le groupe industriel « China Northern » dans l’usine « Locomotive and Rolling Stock Works » à Tangshan et Siemens ne fournira plus pour ces 57 trains qu’une partie mineure des pièces d’assemblage. Le premier train CRH3 a été produit en Chine en avril 2008 et la série de 60 premiers trains CRH3 doit être mise progressivement en service jusqu’à fin 2009. Ces trains sont du type dénommé « Velaro CN » ou « ICE3 » par Siemens mais qui est en Chine désigné par « CRH3 ». Le sigle CRH signifie China Railways High Speed et 3 désigne la version selon le type de technologie. Parmi les adaptations on note que pour offrir plus d’espace la version chinoise CRH3 est 30 cm plus large que le modèle allemand Velaro CN. Le train CRH3 assemblé en Chine a une structure en alliage d’aluminium et transporte 557 passagers.
Plusieurs lignes de chemins de fer pour trains à grande vitesse sont planifiées en Chine et certaines sont en cours de construction, par exemple :
CRH3
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Les Chinois ont acquis un ensemble de technologies de trains à grande vitesse : leur CRH1 est basé sur la technologie cédée par la firme canadienne Bombardier, le CRH2 est le nom donné par les Chinois à la technologie japonaise Shinkansen, le CRH5 correspond au type Pendolino vendu par le groupe français Alstom... Toutes ces « coopérations » sont caractérisées par des contrats de transferts en général complets de technologies.
CRH5
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Après la coopération initiale, concrétisée par les contrats qui ont été largement médiatisés en Europe comme autant de succès de l’économie européenne, les Chinois sont devenus autonomes. Ils ont la capacité non seulement de fabriquer les trains et les chemins de fer modernes mais aussi de faire de la recherche et développement et leurs bureaux d’études, où travaillent les ingénieurs payés avec des salaires chinois, peuvent - à cause notamment des charges salariales très inférieures - déjà envisager de concurrencer les bureaux d’études européens sur les marchés européens.
Dans le même ordre d’idées on apprenait il y a quelque temps qu’EADS a délocalisé une partie de sa production d’avions hors d’Europe, dans divers pays y compris en Chine dans l’usine d’assemblage à Tianjin.
Dans le contexte de mondialisme il n’y a aucun obstacle à ce que pas seulement les usines mais aussi les bureaux de recherche et développement de l’avionneur « européen » EADS soient également délocalisés en Chine ou en Inde, deux pays qui actuellement forment respectivement 350 000 et 450 000 ingénieurs par an et où les salaires ainsi que les systèmes de retraite et de protection sociale sont plusieurs fois inférieurs aux niveaux européens. D’ailleurs, indépendamment d’EADS, les Chinois ont commencé la production de leur propre avion moyen courrier, le ARJ21 qui a 80 sièges, et sans doute le jour viendra où ils seront en concurrence avec EADS y compris sur le marché européen.
Ce ne sont que quelques exemples qui illustrent un mouvement général de délocalisation dans tous les domaines d’activité et à tous les niveaux de compétence scientifique ou technologique. En dehors des contrats d’achats d’équipements avec des transferts de technologie, une autre technique qu’utilisent les pays émergents pour s’approprier une part de marché et pour acquérir la technologie qui leur fait défaut peut être illustrée par l’OPA Mittal Steel : des ensembles industriels européens sont rachetés par les Indiens ou les Chinois.
On peut noter que les délocalisations de recherche et développement et en général des services à haute valeur ajoutée sont facilitées par les nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) de sorte que les multinationales, auxquelles les États européens n’imposent pas - par exemple par les barrières douanières - l’ancrage de leurs activités, n’hésitent plus à répartir leurs usines et leurs centres de recherche et développement partout sur la planète, là où sont disponibles les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs et les chercheurs les moins chers.
Les politiques de « gauche » et de « droite » qui alternent au pouvoir en Europe, en France et dans les autres pays membre de l’Union européenne, ont participé depuis des décennies à la mise en place de la globalisation mondiale des économies que désormais les Européens subissent.
La globalisation des économies a sa source idéologique dans la doctrine politique du mondialisme. Le mondialisme est une idéologie qui domine actuellement dans les milieux politiques au pouvoir dans les pays européens, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite ». Il faut insister sur ce fait. Le mondialisme cherche à uniformiser les populations de la planète. Le mondialisme se soucie avant tout de gérer les populations de la planète globalement et il est contre la préservation des intérêts ainsi que des particularités de telle ou telle population. Le mouvement issu du mondialisme est la mondialisation, qui agit pour homogénéiser la planète par un ensemble de procédés : flux migratoires massifs au niveau planétaire, uniformisation culturelle par la répétition incessante des idées destinées à s’imposer au niveau mondial, dénigrement de toute forme de nationalisme etc. La globalisation des économies, qui est un aspect de la mondialisation, agit donc contre la préservation des intérêts et des particularités des Européens.
Les politiques de « gauche » et de « droite » qui alternent au pouvoir en Europe agissent donc conformément aux préceptes de l’idéologie mondialiste, dont l’objectif final est la suppression des frontières de tout point de vue : libre circulation des biens, des services et des personnes. Dans ce contexte la souveraineté des États se réduit progressivement. Les citoyens de ces États n’ont pas été consultés pour donner leur accord avec ces orientations mondialistes. Et notamment les faits confirment que l’Union européenne n’a pas pour objectif principal la défense des intérêts des Européens, ne s’organise pas en forteresse défensive, mais cherche à imposer la suppression de toutes les barrières protectrices.
Dans le monde constitué de vases communicants, le petit vase dénommé « Europe » voit son niveau (de vie, d’emploi, de revenu global, de retraites, de protection au travail, de sécurité sociale etc.) baisser en liaison avec la montée du niveau des autres vases aux volumes plus grands. Les Européens sont les perdants des processus de globalisation des économies.
Les politiques au pouvoir en Europe évitent de faire ce constat réaliste sur le résultat de la mondialisation, mais les dirigeants des principaux pays émergents, de la Chine et de l’Inde, expriment ouvertement qui sont les gagnants de la globalisation des économies.
Lors de sa visite en Chine, en janvier 2008, le Premier ministre indien Manmohan Singh a déclaré que « La Chine et l’Inde devraient être au centre du nouvel ordre mondial qui se dessine au XXIème siècle, qui est un tournant passionnant de l’histoire. Alors que l’économie mondiale a largement été le fait des nations occidentales au XXème siècle, elle pourrait être largement celui de l’Asie au XXIème siècle ».
Pendant ce temps-là les politiques qui sont au pouvoir en Europe ne veulent pas reconnaître que les conséquences du mondialisme sont nuisibles eux Européens, dans le domaine économique comme dans les autres domaines, mais au contraire aiment répéter « qu’en Europe pour chaque emploi détruit à cause de la globalisation plusieurs sont créés » et ils tiennent à peu près ce discours : « Chers Européens, la globalisation est bénéfique, elle vous pousse à progresser, vous serez bénéficiaires de la globalisation pourvu que vous fassiez des efforts pour faire mieux que les concurrents : vous devez vous investir dans la recherche, dans les technologies de pointe, vous devez faire des efforts pour innover dans un monde en compétition libre sans barrières et sans protections ! ».
Mais la vérité est que quoi que fassent les Européens, on peut le faire aussi bien et moins cher ailleurs.
La mise en application de l’idéologie mondialiste touche tous les domaines économiques et tous les aspects de la vie des Européens. Dans le domaine économique par exemple cela conduit à la redistribution planétaire de la production agro-alimentaire.
La répartition des productions spécialisées sur certaines régions de la planète, comme l’impose l’idéologie mondialiste, veut que la production agro-alimentaire soit concentrée dans certaines régions de la planète alors que les populations consommatrices sont dans d’autres régions de la planète. En effet c’est une aberration par exemple que le Brésil devienne le producteur de l’agro-alimentation destinée à l’Europe pendant que les champs agricoles en Europe sont mis en friche. Et c’est effectivement un exemple concret de ce que mettent en place les mondialistes.
La règle de bon sens, la règle que préconisent les écologistes, est qu’il faut essayer d’être le plus autarcique possible et surtout en ce qui concerne les besoins vitaux primaires (nourriture, eau etc.) d’une population, en respectant donc le principe que la production agro-alimentaire doit être implantée le plus près possible des consommateurs, mais aussi il faut essayer d’être le plus autarcique possible en ce qui concerne la production industrielle car le bon sens nous dit que les productions diverses doivent être réparties sur l’ensemble de la planète (pour toute une série de raisons, dont une est la réduction des gaspillages liés aux transports).
La globalisation des économies a pour conséquence en Europe d’une part la destruction des moyens de production industriels et bientôt agricoles qui sont transférés vers d’autres continents, et surtout d’autre part la dégradation des conditions de travail et la précarisation de l’emploi. Lorsque par exemple les entreprises implantées en Europe délocalisent des emplois vers d’autres continents, au Maroc, en Chine ou ailleurs, les représentants des partis au pouvoir font parfois un déplacement électoraliste sur le lieu de la catastrophe économique européenne et dans des discours de circonstance déplorent publiquement ces conséquences nocives de la globalisation. Mais en vérité ces personnalités politiques appartiennent aux partis politiques qui au fil des 30 dernières années ou plus, en cherchant imperturbablement à réaliser l’ensemble des préceptes idéologiques du mondialisme, ont également mis en place la globalisation économique de l’Europe.
Ces orientations vers la globalisation ont par exemple été confirmées et renforcées lors du Sommet du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000, puis lors de la signature du Traité européen à Lisbonne le 13 décembre 2007. Le Conseil européen réunit quatre fois par an les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Toutes les orientations importantes de l’Union européenne sont décidées lors de ces sommets périodiques.
Les politiques qui alternent au pouvoir en Europe sont donc personnellement responsables de la situation dans laquelle vivent les Européens. Quand les politiques disent « Ce n’est pas notre faute, c’est la Commission européenne qui impose les directives que nous devons respecter... » ils oublient de dire que c’est eux, les politiques qui au fil des ans se réunissent aux Sommets du Conseil européen, qui ont d’une part fixé les orientations mondialistes de l’Union européenne et d’autre part donné le pouvoir à la Commission européenne pour mettre en application ces orientations.
Mais sur ces questions fondamentales les citoyens européens n’ont pas été consultés, il ne leur a pas été demandé s’ils sont d’accord pour que les Européens avec leur civilisation soient dissous dans le processus de mondialisation. Dans le système politique actuellement mis en place dans les États membres de l’Union européenne les politiques sont élus, ensuite ils prennent des décisions, écrivent des lois, signent les traités internationaux, engagent des dépenses que des générations futures devront rembourser etc., sans vérifier si la majorité des citoyens est d’accord avec chacun de leurs actes, et même souvent en sachant que la majorité des citoyens n’est certainement pas d’accord avec certains de leurs actes. Autrement dit : les Européens ne vivent pas en démocratie.
Il n’est jamais superflu de rappeler ce qui a été oublié par la majorité des politiques européens : la démocratie est dans le contrôle du pouvoir par les citoyens, puisqu’en démocratie le pouvoir doit en permanence, dans chacune de ses actions, refléter la volonté de la majorité des citoyens.
Mais les politiques qui alternent au pouvoir n’écoutent pas la volonté démocratique des Européens et, tout en jouant sur les antagonismes mineurs entre « gauche modérée » et « droite modérée », les politiques au pouvoir sont systématiquement d’accord pour conduire les Européens vers le mondialisme et à l’opposé se déclarent systématiquement ennemis de toute forme de nationalisme. Quel en est le résultat pour les Européens et vers quel avenir les conduit-on ?
Les citoyens européens ne sont certes pas souvent des experts diplômés en économie, mais ils sont cependant doués de bon sens et ceux qui ont la chance d’avoir un emploi salarié ne font-ils pas un constat réaliste quand ils estiment qu’ils sont obligés de consacrer de plus en plus de leur temps au travail afin de gagner de quoi faire vivre leur famille et que leur emploi est devenu précaire ? Dans l’Europe d’il y a 50 ans un salaire moyen suffisait à une famille de cinq personnes : les parents avec trois enfants. Aujourd’hui deux salaires sont devenus nécessaires à cette famille. Est-ce cela le progrès ? Il y a 50 ans l’Europe était protégée par des barrières douanières. Il y a 50 ans les citoyens européens ne savaient pas vraiment ce qu’est le chômage et donc avaient la foi en l’avenir. Les Européens ont-ils aujourd’hui la foi en l’avenir ? Vers quel avenir les conduisent les politiques européens ?
Les orientations de Lisbonne se situent dans le cadre de la globalisation planétaire des économies et leur but déclaré est d’améliorer la compétitivité des entreprises de l’Union européenne en s’alignant sur les façons de procéder qui sont courantes dans les pays tels que la Chine ou l’Inde, où sont très minimalistes ou même n’existent pas la protection sociale et la réglementation des conditions de travail des salariés. Cela signifierait reculer vers les conditions sociales qui étaient normales en Europe au début du XIXème siècle. En résumé à la place du libéralisme économique modéré par des lois sociales on vise le libéralisme avec le moins de contraintes légales, ou en d’autres termes, à la place du capitalisme avec visées sociales, on veut le capitalisme que je qualifie de « pur » ou de « dur », c’est-à-dire sans modérations sociales.
Il se trouve qu’un fait nouveau apparaît : la mondialisation, par la demande croissante au niveau planétaire, provoque une augmentation des prix des matières premières, lesquelles sont disponibles en quantités limitées, et qui sont devenues objet de compétition. La machine mondialiste, faute de combustible, risque fort de s’arrêter.
Mais entre temps les Européens ont transféré les technologies aux concurrents redoutables et ils sont à présent à leur merci.
Les Européens, dans un monde sans barrières protectrices, pour être compétitifs avec les Chinois ou avec les Indiens, devraient donc désormais accepter que leur niveau de vie baisse et atteigne les niveaux de vie des concurrents mondiaux, comme ils devraient accepter de devenir dépendants des autres continents y compris pour la production agro-alimentaire. En fin de compte si les Européens acceptaient ce déclin ils perdraient toute souveraineté car ils deviendraient politiquement dépendants des autres continents puisque ces derniers, dans le rôle de fournisseurs incontournables de produits vitaux, seraient en position d’exercer des chantages politiques. Pour qu’un État ou une union d’États soient souverains, pour qu’ils ne soient pas en position de subir des chantages, ils doivent atteindre le niveau maximal d’autarcie. Ceux qui gouvernent en Europe ont décidé de rendre les Européens dépendants et faibles face au reste de la planète, ils ont décidé que les Européens avec leur civilisation doivent être dissous dans le processus de mondialisation. Les Européens devraient-ils accepter ce en faveur de quoi ils n’ont jamais été appelés à voter ?
Si on veut remplacer les orientations mondialistes de Lisbonne par les orientations économiques européennes que souhaite majoritairement la population européenne, quelles que soient ces orientations souhaitées par la population, il faudrait que des mécanismes existent pour permettre aux citoyens d’exprimer et d’imposer leur volonté aux politiques. La démocratie véritable devrait être mise en place [1] (consulter les notes en fin de l’article).
Car en attendant, les politiques qui alternent au pouvoir en Europe n’agissent pas dans l’intérêt à long terme des Européens. Au contraire : ils conduisent les Européens à leur perte. Vous pouvez lire d’avantage dans l’article publié sur AgoraVox : « Mondialisme, croissance économique et avenir des Européens ».
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Martin sur AgoraVox habite dans un village et travaille dans une grande ville.
Voir ses articles, sa fiche et ses statistiquesEt bien pourtant on peu considérer, qu’il y a des démocraties de part le monde Vous (...)
04/08 15:12 - KalkiCe serait bien beau ! Hélas la réalité nous montre que les formes de pouvoir ont un cruel (...)
04/08 10:33 - BobbyTiens Lerma donne encore dans le racisme. Oui, la race chinoise est impropre à la création, il (...)
04/08 09:35 - Zalka@ parpaillot - merci pour les corrections et les précisions apportées.
03/08 13:57 - jeanclaudeNous désirons la seule véritable Démocratie, la Démocratie Directe, c’est pourquoi il est (...)
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