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Accueil du site > Tribune Libre > Le troisième tour sera le bon !

Le troisième tour sera le bon !

La gauche peut encore gagner les élections... Mais lesquelles ?

A bien y regarder de près, Jacques Chirac, le conquérant, l’homme qui aura su ramener la droite au pouvoir en mai 1995, n’aura réussi à le faire que pour quelques mois. Il se sera ensuite cassé les dents, en tentant d’imposer à la hussarde une réforme de la Sécurité sociale, réforme qui aura provoqué la grève générale la plus importante de l’après-68 (plan Juppé - décembre 95), ce qui aura eu pour conséquence, la dissolution de l’Assemblée nationale (avril 97) et la cohabitation jusqu’en 2002. Puis la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles de 2002 aura fini de brouiller les cartes. Ce sont des voix de gauche qui auront permis à Chirac d’être réélu.

A bien y regarder de près, malgré la mise en scène du thème de la rupture, Nicolas Sarkozy est bien le fils spirituel de Chirac. Les deux hommes auront utilisé les mêmes armes pour arriver aux mêmes buts. Sarkozy est le continuateur de l’œuvre de reconquête du pouvoir entreprise par Chirac, après la mort de Georges Pompidou, " œuvre " qui est encore, à ce jour, inachevée.

Si Sarkozy était élu, ce serait donc la victoire d’un camp politique qui, depuis près de trente ans, est enfermé dans une surenchère permanente pour réussir à détrôner une gauche idéologiquement et politiquement dominante. Si Sarkozy était élu, ce serait l’arrivée au pouvoir de la droite la plus marquée idéologiquement et politiquement, que la France ait connu depuis soixante ans.

Par voie de conséquence, si Sarkozy était élu, ce serait pour la gauche une défaite majeure. Cela serait, en tout cas, perçu ainsi par tout un chacun et cela se traduirait très brutalement dans les urnes, lors des législatives, au mois de juin. La gauche retournerait probablement à ces scores de l’avant 68. Le " ni droite, ni gauche ", le " tous pourris ", la fascination pour les extrêmes, la quête de l’homme providentiel, la volatilité de l’opinion, toutes ces négations, tous ces enfantillages, tous ces faux-semblants qui dominent la scène politico-médiatique aujourd’hui nous disent la même chose. Ils sont, de manière paradoxale, des révélateurs de l’épuisement des combattants et de l’invisibilité des enjeux de ce combat. Il n’est qu’à regarder pour s’en convaincre, ce qui se passe du côté de la gauche de la gauche. Ces doux rêveurs se croyaient majoritaires au sortir du référendum sur la Constitution européenne, il y à peine deux ans, ils ne sont déjà plus rien, dès avant l’échéance électorale. Nous vivons le dernier acte d’un long cycle politique. Ceux qui perdront la bataille, ne se relèveront pas de leur chute.

Pourtant qu’on le veuille ou pas, le clivage droite/gauche exprime aujourd’hui comme hier, les vrais réalités du monde. Nous entrons dans une nouvelle ère économique qui est autant porteuse de transformations radicales, que celles initiées par la 1re Révolution industrielle. Les gens de gauche, dont je suis, considèrent qu’ils sont les héritiers d’une pensée politique et sociale qui aura joué un rôle central tout au long des deux derniers siècles, et qui aura conduit les hommes et les peuples à faire l’apprentissage du compromis. Cette culture du compromis est, aujourd’hui encore, la seule réponse possible aux défis de la révolution économique en cours. Ce discours très général devrait susciter, en théorie, l’assentiment de tous. Le seul sujet qui fait débat et ne cessera de le faire, c’est de savoir où se situe le curseur. Le curseur est aujourd’hui revenu du côté de la violence. La violence économique a pour corollaire la violence politique, lorsque l’on ne fait pas les bons choix. La gauche moderne, continue de se revendiquer de la social-démocratie et a raison de le faire. La droite moderne, par contre, se cache derrière le masque de l’antiterrorisme, et est revenue à ses pulsions premières. Nous la voyons à l’œuvre de l’autre côté de l’Atlantique, elle est l’affirmation de l’égoïsme des puissants, elle est la tentative de réappropriation des pouvoirs par une caste, elle est le retour de la violence sociale et de la guerre comme seul horizon politique, elle est l’aveuglement idéologique. En à peine dix ans, Georges Bush, aura réussi à détruire pratiquement tous les outils de coexistence que les peuples s’étaient donnés au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. Nous en voyons les premiers résultats en Irak. Les terroristes de Bush sont la racaille de Sarkozy. La même idéologie nous mènera à la même impasse. Souhaitons que les Français sachent dire à Sarkozy ce que les Espagnols ont dit à José Maria Aznar après l’attentat de Madrid, en octobre 2004. Dehors, les pompiers pyromanes !

Mais pour l’heure, nous n’en sommes pas là, la droite est dominante. Elle est même en passe de gagner son pari. Elle surfe sur la peur et flatte les égoïsmes. Pour autant, cela ne suffit pas pour expliquer la stagnation de la gauche. Lors des dernières élections politiques nationales, les élections régionales de 2004, le total des Partis de gauche étaient de 45% au 1er tour. Pour l’heure, les intentions de vote de 1er tour se situent entre 30 et 35%. Qu’est-ce qui peut expliquer une inversion de tendance aussi lourde et rapide ? Pour ma part, je crois qu’il s’agit du référendum sur la Constitution européenne. Laurent Fabius porte une énorme responsabilité dans cette affaire. Au moment où il aurait fallu que la gauche se montre offensive, face à l’idéologie du repli sur soi, Fabius a choisi la démagogie, l’outrance et la surenchère... bref, il se sera fait l’allié objectif de... Le Pen ! C’est un non-sens complet. Faire de la politique, c’est savoir désigner ses ennemis. Il ne s’agit pas là de régler des comptes, il s’agit simplement de rappeler quelques vérités premières. A l’heure où la droite se radicalise, la place de la gauche est d’être au centre de l’échiquier politique.

Les sondages ne se trompent pas... ils nous trompent. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les sondages en eux-mêmes, ce sont ceux qui les commandent et les financent. De 2002 à 2005, les colonnes de nos journaux étaient remplies de sondages mettant en scène l’opposition Chirac-Sarkozy, Sarkozy-Villepin, ce qui était une manière détournée d’exprimer l’idée que la gauche n’existait pas. Il aura fallu attendre le raz-de-marée à gauche des élections régionales de 2005 pour que les commentateurs de la vie politique changent leur fusil d’épaule et inventent de nouvelles... mises en scène ! Mais arrêtons-là. Il serait trop long de commenter le rôle ambigü de l’hyper puissance médiatique aujourd’hui. Lire en complément sur ce sujet : " Sondages non merci ! ", du même auteur. Quoi qu’il en soit, la volatilité actuelle de l’opinion traduit une réalité politique. Faire de la politique, ce n’est pas simplement avoir des opinions, c’est aussi les défendre. Face aux manipulations du camp d’en face, les électeurs de gauche se doivent de faire des choix tactiques. Ils doivent voter utile.

La gauche est inquiète. Certains éprouvent le besoin mortifère d’agiter en permanence l’épouvantail Jean-Marie Le Pen. C’est une erreur. Je crois, pour ma part, qu’il n’y aura pas de 21 avril bis. Plus Sarkozy sera triomphant, plus les électeurs du Le-Pen-2002, se sentiront flattés et associés à la victoire. Ils considéreront que ce sont leurs idées qui auront été gagnantes. Il n’y aura pas de nouvel élan irrépressible en faveur de Le Pen lors du 1er tour, je crois même, que son score sera moindre que ce que disent les sondages aujourd’hui (qui sont très nettement corrigés à la hausse). Beaucoup des électeurs du Le-Pen-2002, voteront Sarkozy dès le 1er tour en 2007.

Si Sarkozy est élu président de la République, la gauche est totalement défaite, nous l’avons suffisamment dit. Mais l’inverse est tout aussi vrai. Si Sarkozy n’est pas élu, la droite dans son ensemble en paiera le prix, car la droite aura fait corps avec son chef... extrême. Il est donc essentiel de voter utile dès le 1er tour, pour que le candidat de 2e tour, soit celui qui sera en capacité de faire perdre Sarkozy.

En l’état, Ségolène Royal n’est pas en situation d’être ce candidat utile de 2e tour. Les sondages qui étaient à peu près équilibrés, il y a trois mois, la donnent perdante quasi systématiquement aujourd’hui. Ce que les organismes de sondage appellent son " équation personnelle " n’était rien d’autre que l’effet de la bulle médiatique qui l’aura faite reine... d’un jour. Elle a construit son image en opposition à celle de son parti et plus l’élection se rapproche, plus sa " surface politique " se limite à la " surface politique " du Parti socialiste. Il y a donc peu de chances qu’au milieu de toutes ces contradictions elle puisse inverser le cours des choses. Elle n’est pas en situation d’attirer de nouveaux électeurs sur sa droite, ce qu’il faut pourtant faire.

Reste l’hypothèse François Bayrou. Qui est Bayrou ? Dans quel camp est-il ? Jetons un voile pudique sur le sujet et laissons-le réfléchir à la question... il a sans doute beaucoup, beaucoup de chemin à faire... avant de trouver la réponse ! Qu’il se dépêche ! Pour l’heure il nous promet d’être un monarque éclairé, et d’être un arbitre entre deux pôles cohabitants, celui de la droite et celui de la gauche. En un mot, il serait un Chirac, version 2002-2007. C’est pauvre, les Français ont déjà donné, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont si fatigués de tout. Cela explique d’ailleurs probablement pourquoi, après avoir suscité un moment l’espoir, sa montée en puissance accélérée dans les sondages stagne.

Il y a une autre manière de voir les choses. Si Bayrou était élu, la droite aurait perdu. Par voie de conséquence, la gauche aurait gagné. Bayrou ne pourrait pas s’associer aux perdants. Les centristes appartiendraient, de fait, à une majorité dont ils ne seraient pas la force dominante. Le pouvoir ne serait plus à l’Elysée, il serait à l’Assemblée nationale. Les électeurs de gauche doivent aider François Bayrou à devenir président de la République. C’est aux électeurs de gauche de faire le chemin que les appareils politiques du centre et de la gauche ne sont pas en capacité de faire : inventer en un jour, la social-démocratie de demain.

Si Bayrou était élu, il serait le syndic de liquidation d’une phase politique qui s’achève. Les frontières politiques que nous connaissons ne seraient plus tout à fait les mêmes. Frontières ? C’est le thème récurent de la campagne actuelle. C’est en effet le nœud du problème. Notre système politique, tourne à vide. A l’heure de la globalisation, les pouvoirs économiques, sont de plus en plus anonymes, inaccessibles, incontrôlables. Quant à nos organisations politiques, qui s’inscrivent dans des territoires, elles ne pèsent sur rien, car la plupart des enjeux se situent justement, hors de ces territoires. Les frontières c’est le conservatisme. Diviser pour régner, cultiver le chacun pour soi, attiser la haine, c’est cela qu’ont en commun Le Pen, Sarkozy et Bush. Ils entraînent le monde dans la guerre. Ils sont un camp. Il faut mettre ce camp hors d’état de nuire. L’autre camp, il existe déjà. Ce sont ceux qui ont en commun la construction européenne. Il y a deux ans, la construction européenne a subi un sérieux revers. François Bayrou et Ségolène Royal peuvent ensemble réussir à la remettre sur pied. Ce ne serait pas une... rupture, ce serait un renouveau !

Pour ma part, je voterai Bayrou au 1er et 2e tour des élections présidentielles. Je voterai pour le candidat de gauche au moment des élections législatives qui suivront l’élection présidentielle.

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Le troisième tour sera le bon !

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32 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 11 avril 2007 11:43

    Analyse intéresante, qui rejoint en partie la mienne.

    Selon toute probabilité, Mme Royal, pour toute une série de raisons sociologiques et politiques, n’est pas en mesure de l’emporter lors de cette élection.

    L’élection de François Bayrou, élu par les voix de gauche, raménerait de fait la gauche au pouvoir, en la personne d’un premier ministre, de nombreux membres de gouvernements, de nombreux députés, et surtour avec toute une série de politiques que l’on peut qualifier de gauche sociale-démocrate.

    Même s’il est paradoxal de constater que l’élection d’un candidat de centre-droit représente la meilleure chance de la gauche dans cette élection, ce n’en n’est pas moins la réalité.


    • seb (---.---.12.18) 11 avril 2007 12:26

      Bayrou ne peut être président que grâce au TOUT SAUF SARKO...

      Si il est au second tout, en aucun cas je voterai pour son programme (droite modérée mais droite quand même). Juste pour le TSS..

      Une superbe feuille sur Bayrou dans le Canard Enchaine de ce jour smiley


    • seb (---.---.12.18) 11 avril 2007 12:30

      Mais Ségolène Royal va gagner sa place pour le second tour et après il y aura match entre ROYAL et SARKOZY...

      Même les préfets (avec l’aide des RG) en sont convaincus (sondage commandé par Barouin)

      Enorme papier sur Bayrou (extrait) Bref plus liés politiquement que les Sarkozystes et nous, y a pas. Nous sommes d’ouverture certe mais d’ouverture à droite. En revanche nous n’avons jamais passé d’accord avec le PS pas un seul. Nous avons toujours voté les budgets Juppé, Raffarin et Villepin et toujours contre ceux de la gauche...


    • Julot (---.---.97.120) 11 avril 2007 13:18

      Le prochain président sera blanc !!!

      Si on additionne l’abstention et le vote blanc, la France n’ara pas de président. Dans la mesure ou ce non vote serait majoritaire, il s’en suivra que le président élu ne sera pas légitime. Ses décisions seront donc nulles et non avenues.

      Votez Blanc !


    • BuZy (---.---.25.115) 11 avril 2007 14:15

      Interressant Julot.

      Les connivences entre les « bédoins » de Bayrou et l’UMP sont avérées beaucoup d’entre eux ont déjà passés des accords en cas d’une élection de Sarko.

      Trompe l’oeil, le parti centriste roulerait donc pour Sarko et son utopie de rassemblement est bien mal engagée en regard des réelles dispositions prises par ses membres. D’autant plus que Bayrou a annoncé la couleur en prévoyant de ne pas se prononcer en faveur de Sark ou Ség au second tour.

      Il faut que les Bayroutistes se tournant vers lui pour contrer Sarko se rendent compte de ça, l’enjeu est primordial. Les probables futurs déçus de la « révolution orange » ( je parle bien de ceux qui y croient avec toute leur bonne volonté, sans sarcasmes aucun) ne se le pardonneront pas si l’UMP passe.

      Les « de gauches votant Bayrou » doivent réfléchir, maintenant.


    • tvargentine.com lerma 11 avril 2007 11:49

      Ne nous faisons pas d’illusion sur la présidentielle,car la candidature socialiste n’étant pas crédible,il nous restera le vote BAYROU au 1er tour.

      1/ vote de contestation réaliste.

      2/ vote de changement radical.

      3/ Obligation d’une entente républicaine pour reconstruire une société de marché et de justice sociale.

      La gauche,à une vrai carte à jouer aux législatives,car si comme nous pouvons le penser Bayrou sera Président face au danger Sarkozy,nous aurons une majorité qui ira du centre à la gauche large afin de rebatir une véritable société moderne et progressiste à des années lumières des années passées de gestion d’une politique libérale dans le domaine économique et d’assistanat dans le domaine sociale.

      Oui,je suis persuadé que les français vont faire ce choix plutôt que de voter pour les extrémistes et de se retrouver avec un individu dangereux ,SARKOZY ,comme président,qui se couchera à la botte de G.Bush en terme de politique étrangère et vendra les actifs de l’Etat français à ses amis,sans parler des abandons de dettes fiscales à son comité de soutien de repris de justice (Carignon,Tapie,Balkany,Schuler....)

      BAYROU est un votre révolutionnaire.

      Le 22 avril,je fais LA REVOLUTION

      Et vous ????????????????????????????


      • LaEr (---.---.126.214) 11 avril 2007 12:45

        « Et vous ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? »

        => Idem.

        Le vrai vote contestataire, c’est Bayrou.

        Vous pouvez toujours voter Laguiller, Bové ou autres... Leurs quelques % ne feront rien bouger. Les « petits » candidats ne changeront rien du tout, car il n’auront jamais l’aval d’une majorité de la population française. Nous n’avons que 2 tours et qu’une seule chance de voir Bayrou mettre une branlée à Sarkozy (bien que Nicolas fasse plus les poches de Lepen que celle de Bayrou smiley )..


      • arturh (---.---.119.98) 11 avril 2007 12:03

        Voilà la gauche PS/Hauts Fonctionnaires/ENA/Fonctionnaires/avantages acquis, représentée pas Ségolène Royal qui tente par tous les artifices de sauver les meubles.

        Quand on lit ça, on en vient à souhaiter la victoire de sarkozy pour en finir avec cette gauche complètement archaïque qui est devenu un véritable boulet pour la France.

        Une recomposition radicale de la gauche de gouvernement est maintenant inéluctable. Bayrou n’en sera pas le sauveur mais un simple révélateur.


        • zeloise (---.---.178.84) 11 avril 2007 12:29

          le vote Bayrou, c’est le vote de l’imposture, d’un homme qui jette ce qu’il a contribuer à faire. (les indemnités des députés (qu’il a voté), les lois sécuritaires de Sarkozy qu’il a voté, ...). Et ces commentaires sur les voix des autres qui vont s’effriter comme si les électeurs étaient des « effrités », de quel respect parle t on ? De quelle capacité de rassemblement parle t on ?, alors qu’il n’arrive pas depuis 5 ans à réunir son propre parti l’UDF ?, alors que rien dans les 5 dernières années ne montre une quelconque tentative de rassemblement, avec personne hors de l’UDF. La réalité de Bayrou, c’est un homme opportuniste qui n’est animé que par une volonté d’exister vis à vis de la Droite. Et cela ne peut pas être un projet pour la France. Enfin un 2ieme tour Sarkozy-Bayrou, verra la victoire de Sarkozy. En effet les sondages ne savent pas prendre en compte l’abstention. Et un très grand nombre de personnes de Gauche, même dans le clan des « anti-Sarko » ne voteront pas Bayrou. Quoi qu’on en dise Sarkozy n’est pas Le Pen et le souvenir très dur du vote Chirac en 2002 qui n’a servit à rien, sera le plus grand frein au vote Bayrou de Gauche. Dans cette configuration les parti de Gauche n’appelleront pas à voter Bayrou. Le PS pour préserver le minimum, se préparera pour les législatives pour une nouvelle cohabitation, ou une nouvelle opposition. C’est politiquement la seule option pour le PS. La seul façon de battre Sarkozy c’est Ségolène Royal. La seul façon de réformer en profondeur la France c’est Ségolène Royal.

          zeloise


          • Rudy (---.---.153.252) 11 avril 2007 12:29

            Bien vu, si Bayrou est au second tour, il y aura de l’avenir pour tout le monde sauf la droite extrème de Sarkozy et Le Pen .... Il faut de toute urgence voter Bayrou au premier tour pour le faire devenir Président de la République au second... Aux élections législatives, chacun dans son camp ; les socialistes ou le nouveau parti démocrate. Majorité absolue au parlement pour les deux et gouvernement de centre ... gauche pour moderniser la france. Ca me convient !


            • Julot (---.---.97.120) 11 avril 2007 13:19

              Vous avez vu comment ca marche en Italie... Après un tel bordel, il ne restera plus que les extrèmes.

              On pourra dire qu’on l’aura cherché...


            • panama (---.---.198.59) 11 avril 2007 13:38

              @ Julot : moui... mais c’est ça ou Berlusconi.


            • eric (---.---.252.18) 11 avril 2007 16:35

              Bien d’accord avec vous ! voir mon post plus bas. Ci cette fois ci encore la gauche parvient a eviter de prendre sa part du poids des reformes que nous connaissons tous, la prochaine fois cela va chauffer vraiment !


            • panama (---.---.198.59) 11 avril 2007 13:37

              Qui prédit l’explosion en plein vol du PS tel que nous le connaissons actuellement ? Il suffirait que SG ne soit pas au second tour.

              La situation est très fluide politiquement parlant pour cette élection, et elle ne l’aura jamais été autant ! Fin du bipartisme UMP/PS, joker crédible de JMLP au 2nd tour, FB qui fédère autour de lui les déçus du tandem droite/gauche.

              La France est à un tournant de son histoire politique. Si rien ne change, la crise politique, institutionnelle et morale sera énorme.

              Finalement, merci à Chirac de disparaître loin de nous. L’histoire risque de retenir de lui qu’il aura été un fossoyeur de la Vème république telle que nous la connaissons depuis Giscard.


              • Unknown (---.---.241.82) 11 avril 2007 14:22

                Article interessant,

                Mais je dois signaler aux lecteurs qui ne l’auraient pas remarqué l’iréalisme complet de la photo qui l’accompagne :

                Pas un piéton, pas un touriste, pas une voiture pourtant le feu est au rouge, un quartier mort, juste deux flics...


                • adrien (---.---.46.14) 11 avril 2007 19:37

                  C’est ça les vacances parlementaires ! smiley


                • (---.---.1.1) 11 avril 2007 14:39

                  Merci ! Enfin un article interessant, bien argumenté, claire... Bref, même si ej ne partage pas vos conclusions, il a le mérite de me faire REFLECHIR.

                  Messieurs les chroniqueurs, partisants des 2 bords, prenez exemple, et proposez nous des articles avec autant de fond si vous voulez nous convaincre a votre cause


                  • LE CHAT LE CHAT 11 avril 2007 14:46

                    En revanche , si Bayrou n’est pas au second tour , quel avenir pour l’udf ? se fera t il laminer ?


                    • Voltaire Voltaire 11 avril 2007 14:56

                      Avec 17-19% des voix ? J’en connais qui aimeraient se faire laminer comme cela !

                      Le plus probable est que Bayrou n’appellera à voter ni pour Royal ni pour Sarkozy au second tour, s’il n’est pas présent.

                      Sarkozy étant alors élu, il appellera à un vote UDF avec des sociaux-démocrates aux législatives pour que Sarkozy n’ait pas tous les pouvoirs. Comme ses candidats pourront se maintenir au second tour dans beaucoup de circonscriptions, l’UDF sera quand même arbitre quelque soit le résultat final.


                    • KOUINO Didier Couineau 11 avril 2007 18:54

                      « En revanche , si Bayrou n’est pas au second tour , quel avenir pour l’udf ? se fera t il laminer ? » demandez-vous. A mon avis, l’UDF ne sera pas laminé, bien au contraire. Si la droite gagne lors des présidentielles, la gauche est laminée, c’est la thèse de l’article. Lors des législatives qui suivront le centre prendra la place laissée vacante par la gauche. Cela amènera obligatoirement à une recomposition de la gauche et du centre. Le centre, qui est effectivement un centre-droit aujourd’hui, évoluera rapidement vers le centre-gauche. On peut faire le mêm genre d’hypothèse dans le cas où la gauche gagnerait les présidentielles. Les électeurs de droite modérée voudraient alors se dissocier, lors des législatives, du vote de l’extrême-droite et de l’homme(Sarkozy) qui les aura associé à cet extrême droite. La droite(UMP/UDF)serait alors à nouveau divisé en deux camps et, dans ce cas de figure,il y à fort à parier que le camp dominant soit celui de l’UDF. En un mot, Bayrou est gagnant sur tous les tableaux. De fait sa démarche est parfaitement opportuniste. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il prenne parti entre les deux tours. Mais nous ne votons pas pour faire plaisir (ou pas) à Monsieur Bayrou. En se mettant au milieu du chemin, Bayrou donne aux électeurs l’opportunité de pouvoir peser sur les événements. Il faut saisir cette opportunité.


                    • eric (---.---.252.18) 11 avril 2007 16:24

                      Il est tres vraisemblable que la droite sociologiquement majoritaire et socialement mixte parvienne enfin a manifester son ras le bol du racket social auquel se livre la classe moyenne sup socialiste au detriment des classes laborieuses au sens large.

                      L’alliance entre les chretien sociaux liberaux et la droite republicaine liberale d’origine gaulliste dure depuis l’apres guerre et ni les uns ni les autres nous ne croyons suffisemment au caractere central dans la vie de la politique, pour avoir de reelles difficultes a nous entendre. Il n’en vas pas de meme avec la gauche « historique ».

                      Il ne pourra y avoir de troisieme tour pour la gauche qu’enventuellement « social » c’est a dire vos coorporatismes descendant dans la rue dans leur habituel deni democratique. Mais comme nous aurons le president le mieux elu sur un mandat clair de changement depuis longtemps, je ne croit pas que cette fois ci vous parviendrez a tous bloquer aussi efficacement que d’habitude.

                      Revez les gars ! Votez Bayrou si vous le voulez ! Je ne croit pas que cela suffira a « pourrir » l’election comme en 2002.

                      L’enjeu de ces elections et j’imagine que vous le sentez, c’est de vous contraindre a partager le cout des evolutions du monde moderne avec le reste de la population. Au bout, il y a le progres pour tous, celui que vous avez ete incapable de realiser par egoisme et aveuglement alors laissez vous faire tranquillement.

                      Dites vous bien aussi que la droitisation incontestable du champs politique francais est largement le fruit des blocages que vous avez imposes a notre societe. Si c’etait « l’ultraliberalisme mondialise » qui etait coupable, c’est la gauche qui monterait dans les sondages, ou alors c’est que vous croyez reellement que les francais sont des cons.

                      Le triple phenomene Sarko Bayrou Le Pen c’est d’abord un large ras le bol, un ecrasant rejet de VOS idees,c’est tous sauf la gauche de papa et on arrive a 60% et plus... !

                      Surtout, comprenez bien que Sarko est peut etre votre derniere chance de vous faire imposer la reforme par une droite civilisee democratique et republicaine. Si cela ne marche pas cette fois encore c’est pour le coup aux prochaines presidentielles que vous pourrez avoir de vrais raisons d’etre inquiets...


                      • BuZy (---.---.25.115) 11 avril 2007 17:49

                        J’aime bien : « vous faire imposer la reforme par une droite civilisée et démocratique »

                        Merci de le préciser, cette droite est encore civilisée mais n’en impose pas moins.

                         smiley

                        Commentaire génial de subjectivité et de pondération.


                      • eric (---.---.252.18) 12 avril 2007 11:29

                         smiley Eh Oui ! Au double sens du terme. En democratie, quand une majorite determine une politique elle s’impose aux citoyens en general. D’autre part, il s’agit bien d’imposer aux corporatismes conservateurs de gauche les reformes qu’ils ont refuse de mettre en oeuvre eux meme et qu’ils ont refuse meme voulu par la gauche (Ministere des finances sous Sautter, Education Nationale sous Allegre etc...)


                      • Philippe (---.---.40.32) 11 avril 2007 18:43

                        La bayroumanie a encore frappé sur Agoravox ! A ce que je vois, bayrou est la potion universelle qui soigne tout ! Il faudrait revenir à plus de raisons.


                        • (---.---.147.193) 11 avril 2007 18:53

                          Monsieur COUINEAU devrait s’appeler GRIBOUILLE.... celui qui se trempait pour ne pas se mouiller !! Son raisonnement est absurde et stupide. Je suis de gauche et je vote à droite pour faire gagner la gauche !!! Encore UN INCONSCIENT .... La dernière élection ne vous aura donc pas suffit !! comment pouvez vous croire que Bayrou va gouverner à gauche avec Ségolène alors qu’il a fait toute sa carrière à droite...Il restera à droite et trouvera tous les supports nécessaires pour maintenir notre pays dans la récession sociale ( et économique ) dans laquelle Chirac la pernicieusement enfoncé. Ségolène à la possibilité de gagner contre NS. qui fait peur à de + en + de personnes il suffit de le vouloir et de mobiliser toutes les énergies et comme vous dites de porter foi à des sondages truqués. Si non vous aller faire gagner Sarko. qui porte en lui le risque de la guerre civile qu’il serait trop heureux de faire éclater. Hommes de gauche ? J’ai bien du mal à le croire Monsieur GRIBOUILLE.


                          • adrien (---.---.46.14) 11 avril 2007 19:48

                            « Ségolène à la possibilité de gagner contre NS. » Le problème est que de plus en plus de gens en doute sérieusement. C’est la quadrature du cercle votre explication.


                          • Le Bordelleur (---.---.150.18) 11 avril 2007 20:43

                            Il y en a encore qui croit au sondage.

                            La popularité de Bayrou est une bulle spéculative qui vient des instituts de sondage. Il y a encore beaucoup de points obscurs dans cette élection.

                            1 : le vote Le Pen a-t-il vraiment des raisons de baisser ? 2 : Si non, quels candidats baisseront par rapport aux sondages à cause de ce vote ? 3 : Les sondages se plantent systématiquement depuis 20ans, le PS a donné son crédit à Royal à cause des sondages, certains donnent du crédit à Bayrou pour la même rauison ! 4 : Qui escepté Sarkozy, dans le paysage actuel est susceptible d’avoir une majorité à l’asemblée ?

                            Je reste sur ce pronostic, Royal Le Pen au second tour, et cohabitation de 5ans à partir de Juin !


                            • (---.---.38.189) 12 avril 2007 07:35

                              Le PS et l’UDF se sont réciproquement neutralisés. Le second tour sera entre l’UMP et le FN.


                              • Blablabla (---.---.248.123) 12 avril 2007 07:46

                                @ l’auteur

                                GUY CARCASSONNE : « C’est pourtant ce qui passe dans les systèmes majoritaires ! Imaginons que vous êtes élu le 6 mai. Les élections législatives se tiennent dans la foulée, les 10 et 17 juin. Deux cas de figure sont alors possibles. Ou bien le nouveau parti que vous entendez créer obtient une majorité et nous sommes repartis sur une logique assez proche de celle de la Ve République. Ou bien, et je le crains pour vous, vous n’obtenez pas la majorité. Je le crains parce que même De Gaulle en 1958, après le triomphe du référendum, avait été très loin d’obtenir la majorité. Dans ce cas, vous serez conduit à faire alliance avec l’un des deux grands partis. Avec le risque d’être minoritaire dans votre majorité et de devenir l’otage soit du PS, soit de l’UMP ».

                                François BAYROU : « Quand on demandait à François Mitterrand en 1981 : » Si vous n’avez pas la majorité, comment ferez-vous ? « , il répondait : » Faites aux Français le crédit de la cohérence. « C’était une excellente réponse. Je n’imagine pas que les Français, après avoir élu un président de la République sur un schéma aussi novateur que celui que je propose, puissent se déjuger en cinq semaines. La question de la cohérence ne sera donc pas posée au président de la République ou à son gouvernement, mais au PS et à l’UMP ou, plus exactement, à certains membres du PS et de l’UMP ».

                                GUY CARCASSONNE : « Dépasser le clivage gauche-droite, n’est-ce pas retomber dans l’illisible ? »

                                François BAYROU : « En rien. Je récuse la notion de camp. C’est une malédiction. C’est elle qui a obligé Michel Rocard à être du côté d’Olivier Besancenot. C’est elle qui a conduit Jacques Delors à se retrouver minoritaire dans son propre camp, alors que je crois que nous pensons la même chose sur à peu près tous les sujets. Chacun doit évidemment conserver sa sensibilité, mais je veux que les grandes sensibilités de l’arc républicain puissent travailler ensemble. Je suis plus près des socio-démocrates que de la droite nationaliste. Regardez combien les vues des responsables politiques se sont rapprochées, sur l’école, l’entreprise, la dette et même la fiscalité ».

                                Extraits d’entretien du 26/03/07 sur Les Echos.


                                • KOUINO Didier Couineau 12 avril 2007 09:33

                                  Je suis d’accord avec ce que dit Guy Carcassonne et opposé à ce que dit Bayrou. La réthorique de Bayrou consiste à nier l’existence de la droite et de la gauche. Mais le centre tout court, cela n’existe pas. Monsieur Bayrou était jusqu’à présent un homme de centre-droit, la radicalisation de la droite l’a poussé sur sa gauche. Cela peut conduire à la naissance d’un centre-gauche, mais l’opposition droite-gauche demeurera. Les jours de « l’extrême-centre » de Mr. Bayrou sont comptés. Il ne pourra faire illusion que quelques semaines. Au lendemain des élections présidentielles, Bayrou nommera, s’il est élu, un gouvernement auquel ne participera aucun membre significatif du PS, ni aucun membre significatif de l’UMP. Puis les législatives viendront et la vérité de la fausse posture de Bayrou apparaitra. Son parti marquera des points, certes, mais insuffisament comme le souligne Guy Carcassonne, pour qu’il forme à lui seul une majorité. La cohérence des électeurs, dont parle Monsieur Bayrou sera de favoriser la naissance d’une recomposition politique dont le centre-gauche et la gauche seront les moteurs. La majorité ainsi constituée à l’assemblée nationale obligera Mr. Bayrou à revoir sa copie et à constituer un gouvernement dont l’essentiel lui sera imposé par la gauche.


                                • Argo (---.---.206.130) 14 avril 2007 13:00

                                  Je n’en peux plus de ce PS le plus bête du monde, de ce parti qui a porté la schizophrénie au rang de pensée politique. Les psys de l’école de Palo Alto ont une formule pour ça, ils l’appellent le syndrome de la double contrainte : vous vous trouvez à la fois obligés de faire une chose et son inverse. C’est dans cette impasse que se trouve coincée la gauche française de gouvernement depuis des décennies, par la faute de dirigeants successifs qui ont toujours repoussé aux calendes l’évolution indispensable vers la social-démocratie.

                                  Les socialistes français n’ont jamais rien compris à Jaurès : « aller vers l’idéal en comprenant le réel », c’est le fondement même de la social-démocratie, à savoir comment concilier un idéal de gauche et un réalisme efficace.

                                  Au lieu de cela, ils ont lié cet idéal à des méthodes, des façons de faire dogmatiques, qui se sont partout et toujours révélées inefficaces, voire souvent contre-productives, parce que fondées sur de l’utopie ou de l’angélisme. C’est cela la culture de gauche en France : pour tendre vers un idéal de gauche, on ne connait pas d’autre chemin que celui qui passe par le refus du marché.

                                  Et puis ils ont connu le pouvoir, les responsabilités... la réalité, donc. Dans un monde qui est, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, organisé par le marché. Dans un monde où toutes les idéologies anti-marché ont échoué, quand elles n’enfantaient pas des monstruosités. Ils ont vite compris, du moins les plus lucides d’entre eux, qu’on ne pouvait ignorer le principe de réalité. Ils ont donc accepté le marché, certains du bout des lèvres, d’autres en s’y vautrant, mais ils l’ont accepté. Cependant, ils n’ont pas changé leur culture politique pour autant !! De ce fait, en tournant le dos au seul chemin qu’ils connaissent pour conduire vers leur idéal de gauche, ils se sont donc trouvés dans l’impossibilité technique d’être de gauche, tout simplement.

                                  Leur idéal leur impose, par dogmatisme et d’après leur culture politique, d’être anti-marché. Le réel leur impose, par pragmatisme et souci d’efficacité, d’être pro-marché. Double contrainte. De là découle une pratique de la politique qui confine au schizophrène et au psychotique. Ils ne peuvent ni ne savent être à la fois efficaces et de gauche, et par conséquent sont condamnés à osciller en permanence entre l’inefficacité économique et l’impuissance sociale, et donc à décevoir perpétuellement leur propre électorat, comme on le constate depuis vingt ans. Car il ne vous aura pas échappé que, si effectivement depuis un quart de siècle en France on sort systématiquement les sortants, lorsque ces sortants sont de gauche leur défaite est toujours beaucoup plus cuisante - un premier ministre en est même mort... - car, contrairement à la droite, lorsque la gauche déçoit elle déçoit jusqu’à ses propres partisans.

                                  Aujourd’hui, au PS, il ne reste plus guère que Rocard qui soit dépositaire de cette culture social-démocrate et authentiquement jaurèssienne, même si les strausskahniens et quelques deloristes y sont également sensibles et commencent - enfin - à la comprendre. La plus grande erreur de Mitterrand est de n’avoir pas voulu admettre à l’époque que Rocard était l’avenir du PS, et d’avoir agi avec lui en chef de clan plutôt qu’en penseur politique. Aujourd’hui Rocard n’est plus en âge de jouer un rôle de premier plan. Mais il peut encore pousser à la réflexion nécessaire, indispensable, inévitable, pour sortir le PS de l’impasse de la double contrainte. Quitte à procéder par électrochocs au besoin.

                                  Je rêve d’un PS enfin devenu intelligent, qui ait appris à être de gauche dans le réel, au lieu de ne savoir l’être que dans les meetings et les congrès. Ce qui veut dire se repenser lui-même, repenser l’idée-même de gauche.

                                  Je ne crois pas Ségolène Royal capable de porter cela. En tout cas, à aucun moment elle n’en aura pris le chemin, préférant repousser une fois de plus cette refondation en préférant, comme l’avait déjà fait Mitterrand, une posture d’incarnation, personnelle, opportuniste et gadgétisante. Si elle est au deuxième tour, elle perdra vraisemblablement contre Sarkozy ; et si elle gagne malgré tout, les mêmes causes produisant les mêmes effets, Sarkozy sera élu dans un fauteuil en 2012.

                                  La candidature Bayrou est la seule aujourd’hui à pouvoir à la fois obliger le PS à se repenser et à se libérer de ses dogmatismes archaïques, et éviter à la France les dangers du sarkozysme - voire du sarkolepénisme qui se dessine en filigrane, et de manière désormais ostensible depuis que l’obstacle Chirac a été levé.

                                  Je ne suis pas bayrouiste, ni centriste, et il n’est pas question pour moi de le devenir, ni d’appeler les électeurs socialistes à le devenir. Mais je reconnais à l’homme des qualités de profondeur, de jugement, une fibre sociale sincère, une volonté de convaincre par la négociation et non d’imposer par la brutalité. Et je reconnais au politique le courage et la tenacité dont il a su faire preuve, depuis des années, pour ramener le centre au centre, après trente années de dérives droitières.

                                  Et après tout, pour ceux qui doutent encore et font observer, avec raison, les attaches qui lient toujours - surtout au plan local - le centre UDF à la droite UMP, la meilleure façon d’en finir avec l’alliance exclusive du centre avec la droite n’est-elle pas de lui permettre, enfin, de s’allier avec la gauche ? Un échange de bons procédés qui permettrait à la fois au centre d’aider la gauche socialiste à se libérer de ses carcans dogmatiques, et à ladite gauche d’aider le centre à se libérer, lui, de ses tentations droitières.

                                  Chiche ?


                                  • KOUINO Didier Couineau 15 avril 2007 16:25

                                    « Je n’en peux plus de ce PS le plus bête du monde » dites-vous ? Diable, tant que ça ? Comment est-ce possible ? Peut-être n’avez-vous pas remarqué, mais le PS n’est plus au pouvoir depuis 5 ans ! Il doit s’agir d’hallucinations, non ? Peut-être, voyez-vous des éléphants partout ? Sont-ils roses ? Vous devriez cesser d’écouter TF1. A haute dose, cela fatigue l’esprit. Si cela peut vous rassurer, permettez-moi de vous révéler un scoop, qui semble vous avoir échappé. Le mouvement socialiste s’est partagé en deux familles distinctes en 1920. D’un côté les adeptes de la révolution, de l’autre, ceux qui considèrent que le marché est une réalité nécessaire. Je m’arrêterai là sur le sujet, ce serait trop long à développer. je vous renvoie au paragraphe de cet article, portant sur la légitimité du clivage droite/gauche.

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