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Accueil du site > Tribune Libre > Leipzig, oct 1989 : début de la fin du mur... des murs ?

Leipzig, oct 1989 : début de la fin du mur... des murs ?

Ce dimanche 11 octobre 2009, quand dans ma salle de bain a résonné la voix de Pierre-Louis Basse, en direct de Berlin ce matin après Leipzig hier, pour son émission Le Temps de le dire sur Europe1, mon coeur s’est gonflé d’émotions et de souvenirs ardents.

9 octobre 1989, j’ai 17 ans et l’oreille sérieusement collée au poste : peur que la manifestation de Leipzig, appelée aussi « révolte des bougies, ne vire au bain de sang  », comme annoncé, puis répété par Christine Ockrent, reine du 20 heures d’Antenne2.

Ce 9 octobre 1989, alors qu’une immense foule de 70 000 personnes bougies à la main, défile dans les rues de Leipzig et brave les menaces pour réclamer la démocratie et la liberté devant l’église Saint-Nicolas, les Allemands de l’Est ne se doutent pas que leur président Erich Honecker va démissionner dans moins de 10 jours et qu’un mois plus tard, une brêche sera ouverte dans le Mur de la honte, qui déchire Berlin en deux depuis 28 ans... 15 ans plus tard, la Pologne, ainsi que 9 autres pays de l’ex-Bloc soviétique sont autonomes et intègrent l’Union Européenne.

Et vous, en octobre-novembre 1989, vous faisiez quoi ? Que sont vos rêves devenus ?

9 octobre 1989, j’ai 17 ans et les yeux rivés...

...Conrad_Schumann.jpgau poster noir & blanc du soldat allemand sautant au-dessus des barbelés, épinglé sur le mur de la chambre de bonne où j’habite seule depuis 3 ans, que mes parents ont définitivement perdu le cap de la parentalité. Le poster trône là depuis cette semaine d’octobre 1987, où ma prof d’allemand m’a emmenée à Berlin.
1987, l’année où des élèves de première B d’un lycée public parisien ont perdu le sens des mots et juré de ne jamais devenir ces adultes là.

Octobre 1987, les élèves germanophones de la Seconde 1 sont dans le train pour Berlin, invités par la ville, ou plutôt à l’époque la « moitié ouest » à fêter le 750e anniversaire de l’ex-capitale.

walkmann.jpgGarçons et filles de 15 à 16 ans, nous chahutons. C’est la grande époque du Walkman à cassettes et tubes enregistrés à la radio pendant le Top 50 ou sur NRJ, pour économiser l’achat de 45 tours. La prof d’allemand est dépassée par le bruit et l’enthousiasme.

Et puis, un bruyant silence s’abat sur le joyeux groupe : nous sommes arrivés à la frontière RFA-RDA. Des soldats est-allemands parcourent le couloir puis s’arrêtent dans notre compartiment. L’ambiance se tend, leur uniforme pantalon jodphur et casque démodés nous semble anachronique, nous donne envie de rire et nous terrorise à la fois.
Un soldat à peine plus âgé que moi approche ses grands yeux bleus vers mes bouclettes, puis saisit mon casque de walkman, en plein Like a virgin.
D’abord je pense : « merde, ce casque, c’est des heures de baby-sitting, il ne va pas me le piquer quand même ? »

photo1.jpgSourires, échanges en allemand scolaire, pour confirmer que oui, c’est bien Madonna qui chante, puis prêt du casque aux autres soldats… Fous rires. Proposition de troc, je refuse.

- « Madame, c’est dingue, ils n’ont pas de Walkman là-bas ? » s’exclame un élève ! »

- « Et s’il n’y avait que ça, si tu savais, rétorque la prof, il leur manque des choses bien plus essentielles, tout ça à cause des communistes. »

Le Mur nous suivra tout au long du trajet, à notre grande surprise. Nous sommes entrés dans le livre d’histoire et découvrons que la voie ferrée est elle-même prisonnière des idéologies, jusqu’à la ville.

Porte de Brandburg, devant mur, grafittis et pancarte, la joyeuse bande continue à s’amuser avec l’Histoire et à se prendre en photo comme s’il s’agissait de la Tour Eiffel.
photo11.jpgPuis la prof, sans doute déçue de nos réactions nous emmène face aux tombes, "Unbekannt" est inscrit sur la plupart. Le silence commence à se faire plus pesant.
Le moment le plus intense qui a calmé tout le monde, restera la descente de l’escalier du « mini-mirador » qui surplombe le mur avec vue sur le no man’s land, les champs de mines et les immeubles murés.
Les yeux humides, têtes baissées… nous repartons. Je crois que rarement un car scolaire n’a connu silence plus grand après ces instants.

Le lendemain, nous sommes passés à l’Est, au point de contrôle de la station de métro Friedrichstrasse, puis avons visité un grand magasin vide, croisé des regards qu’on oublie pas. Tantôt suppliants, façon quand vous reviendrez, dites-leur, dites-leur ! Tantôt excédés, par ces jeunes débarqués régulièrement à Berlin-Est comme au Zoo, pour fêter un 750ème anniversaire excluant la moitié de la ville.

De retour à Paris, a suivi alors un long enchaînement de lectures, piochées dans la bibliothèque de ma grand-mère : Soljénitsine, Kundera, à sa grande joie. Ce mois d’octobre 1987, je me fait la promesse de ne jamais m’enfermer derrière le mur d’une idéologie, quelle qu’elle soit.

Image 1.png9 octobre 1989, j’éteins mon poste et j’appelle mon grand-père Croix de guerre et ma grand-mère émigrée russe : pendant qu’ils revivent l’histoire, j’ai enfin l’impression que mon époque est historique.
J’appelle aussi ma meilleure amie Anna, polonaise dont la mère gymnaste n’est jamais rentrée après un championnat en France : « tu as entendu ce qui se passe : ils disent que le rideau de fer se fissure. Peut-être la fin de la dure vie, pour ta famille restée en Pologne ?
 »

index.jpg
Il faut dire que, depuis ma 6e3 Allemand 1ère langue parce que ce sont "les meilleures classes et que nous sommes la génération européenne, j’affiche mes convictions sur les enveloppes adressées à ma correspondante : « ALLEMAGNE » en majuscules tracé fièrement au recto (plutôt que RFA), est régulièrement symétrique de « petit facteur fait vite car l’amitié n’attend pas » au verso.

10 octobre 2009, dans ma salle de bains au son d’Europe1, tout à coup j’ai sérieusement 17 ans, n’en déplaise au poète, plein la tête des envies de changer le monde, même si je sais qu’avec ma coupe Michael Jackson, je vais encore rester sur le canapé à la prochaine boum, où je serai invitée pour mes tuyaux sur la PAC (Politique agricole commune) et le SME (Système monétaire européen).

Image 2.png10 octobre 2009, je repense à cette dissertation d’histoire, la première de cette année de terminale B, sur la Guerre Froide, comme prémonitoire : « L’histoire s’accélère. Ne reste-t-il pas encore des murs à abattre ? Celui bâti avec des parpaing de haine qui partage Beyrouth, celui qui divise Chypre entre Grecs et Turcs, celui qui sépare Coréens du Sud et Coréens, celui qui sépare Juifs et Palestiniens à Jérusalem, celui qui sépare Blancs et Noirs en Afrique du Sud, celui qui sépare Paris de sa banlieue  ».

@suivre donc...
© rédac
tionnel
Valérie Bernard pour chroniquesmabanlieue.com

Pour aller plus loin :

  • France Info : Il y a 20 ans, 70.000 personnes défilaient à Leipzig
    Il y a tout juste 20 ans, un mois jour pour jour avant la chute du mur de Berlin, la ville de Leipzig, en Allemagne de l’Est, était le théâtre de la plus grande manifestation jamais organisée contre le régime. Ce rassemblement pacifique de dizaines de milliers de personnes dans des conditions très dangereuses marquait le début de la fin de la dictature communiste, incapable de mettre en œuvre la terrible répression qu’elle préparait.
    9 octobre 1989. Quelque 70 000 manifestants défilent dans les rues de Leipzig. Depuis plusieurs semaines, le mécontentement a enflé et le vent de révolte est parti de l’ancienne capitale saxonne. Plus exactement de l’église Saint-Nicolas, dont le pasteur, Christian Führer organise tous les lundis des "prières pour la paix". Ces prières se transforment vite en rassemblements, puis en manifestations, lesquelles gagnent vite l’ensemble de l’Allemagne de l’Est. Le 16 octobre, ils seront 120 000, le 23 octobre, 320 000.
    Les milliers de manifestants réclament des réformes et notamment la liberté de circulation vers l’Ouest. Depuis le début de de l’année, ils sont plus de 100 000 à avoir quitté le pays via la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Ces pays, complètement débordés par l’afflux des réfugiés, accentuent la pression sur le régime est-allemand.

  • Arte : le miracle de Leipzig 1989
    Le lundi 9 octobre 1989 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’ex-RDA. D’un côté, quelque 70 000 citoyens – un record – rallient le périphérique intérieur de Leipzig pour manifester. Leurs revendications : des réformes et plus de libertés. De l’autre, des forces de l’ordre équipées de canons à eau, de véhicules blindés et de mitrailleuses. La RDA retient son souffle : soit la situation dégénère, soit un processus de changement irréversible s’engage. Finalement, les autorités capitulent devant cette foule pacifique – aucune goutte de sang ne sera versée.

  • Ina.fr : dossiers « Guerre Froide », archives vidéos et audios.
  • Euronews : Leipzig commémore la manifestation historique du 9 octobre 1989
  • Die Zeit : 9 octobre 1989, le Mur est tombé à Leipzig
  • Le Figaro : Leipzig, un prélude à la chute du Mur
  • Ville de Leipzig : « Fête des Lumières 2009 » pour commémorer la « Révolution pacifique ».

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26 réactions à cet article    


  • Julius Julius 13 octobre 2009 12:26

    > 1) Reconnaître que cette architecture politico-policière a été la conséquence de ce carnage déclenché par l’Allemagne nazie à partir de 1938...

    La Russie communiste existe depuis 1917. Et la guerre a été déclenchée par l’Allemagne nazie et la Russie communiste (au début comme des alliés, puis comme ennemis).

    Les deux totalitarisms sont le résultat de la guerre 14-18. Cette guerre a commencé le conflit entre le totalitarisme et la démocratie. Elle a pris fin en 1945 pour l’Europe occidentale, en 1989 pour l’Europe centrale et orientale.


  • le-Joker le-joker 13 octobre 2009 13:24

    Non mais il est de notoriété publique que Staline partageait les convictions d’Hitler sur ce sujet. Faut-il vous rappeler les massacres de juifs perpétrés en Pologne notamment par l’armée Russe sur ordre de Staline ?


  • Gazi BORAT 13 octobre 2009 13:41



    @U JOKER

    Que Staline ait été quelque peu antisémite : oui.

    Que la purge dite « des Médecins », amorcée peu avant la mort de Joseph Staline et heureusement jamais aboutie ait eu pour cibles en priorité des apparatchiks : OUI

    Par contre, pour ce qui est des massacres de Juifs en Pologne par l’Armée Rouge : cela tient du délire.. Merci de détailler un peu et de ne pas confondre avec Katyn ...

    @ chanteclerc

    Ce courant historique, dit « antitotalitariste, ne se développa en France qu’à partir du milieu des années soixante-dix..

    Par contre, pur produit de la Guerre Froide, il connut en grand succès dès la formation de la RFA car il permettait d’accorder aux populations civiles allemandes un statut de double victime : à la fois d’une poignée de Nazis et de hordes de Soviétiques..

    Cette idéologie permit ainsi, au moment de la naissance de l’Allemagne fédérale, d’arrêter totalement le processus de dénazification et de se concentrer sur le décollage économique sous assistance américaine..

     Augmentant cette dynamique »révisionniste", c’est ainsi que, dans les programmes scolaires d’Histoires, furtent comptabilisées dans des tableaux comparatifs comme victimes civiles allemandes, les victimes de bombardements anglo-américains, des pilonnages d’artillerie russes.. et les morts allemands (population, juive comprises) de la répression nazie...

    gAZi bORAt


  • Julius Julius 13 octobre 2009 13:47

    > Il est bien connu qu’Hitler et Staline ont ensemble écrit Mein Kempf.

    Non. Chacun d’eux (Hitler et Lenin) a écrit son propre manuel. Mein Kampf est tout d’abord la description de la manière de gagner le pouvoir et le garder. La partie antisemit est en réalité assez courts. Lénine a écrit des livres similaires, le plus proche est « Que doit-on faire ? ». Ces deux livres sont les Manuels de la révolution et la création du Nouveau Monde.


  • Julius Julius 13 octobre 2009 13:52

    Et si vous voulez des détails sur l’alliance nazi-communiste, voici une explication très pédagogique :
    http://www.canalacademie.com/23-aout-1939-le-pacte-germano.html


  • le-Joker le-joker 13 octobre 2009 14:17

    Excusez-moi Gazi il s’agit du NKVD mais ça ne fait pas une grande différence avec l’armée soviétique.


    L’Union soviétique intégra la partie orientale de la Pologne dans la république socialiste soviétique d’Ukraine et la République socialiste soviétique de Biélorussie et en organisa la soviétisation. Quatre vagues de déportations vers la Sibérie furent organisées par le NKVD entre l’hiver 1939-1940 et l’été 1941. La première concerne l’intelligentsia et les fonctionnaires polonais, la seconde leurs familles et les Polonais en général, la troisième de juin-juillet 1940 concerna les réfugiés venant de la zone d’occupation nazie et « les spéculateurs », dans les deux cas en majorité des Juifs.

  • Gazi BORAT 13 octobre 2009 14:42

    AU JOKER

    Pour ce qui est des déportations, voire des exécutions de cadres de l’armée et de l’inteligentsia polonaise : oui.

    Par contre, il n’était pas opéré de sélection selon la confession... mais selon la classe sociale..

    A moins que, sans risques de tomber dans les clichés antisémites, vous ne considériez les Juifs de Pologne comme tous « riches » et « spéculateurs » ?

    Ce qui serait faux, la majorité des Juifs polonais appartenait, soit au prolétariat urbain, soit à la paysannerie des shtetls.

    gAZi bORAt


  • ASINUS 13 octobre 2009 14:53

    bonjour gazi borat , dans « cavalerie rouge*
     » d isaac babel « lui meme juif laique » on denote
    un fort antisemitisme des bolcheviks dans leur parler et leur actes , Babel bolchevik
    lui meme assimilant la culture yiddish a unearrieration « alination »mentale devant etre eradiquée, on sait ce que eradiquée voulait dire pour les cavaliers de Boudienny


    * campagne de pologne juste apres la premiere guerre


  • ASINUS 13 octobre 2009 14:55

    pardon alienation mentale


  • Gazi BORAT 13 octobre 2009 16:47

    @ ASINUS

    L’antisémitisme fut longtemps la soupape de sécurité des tsars face aux mécontentements sociaux. La police secrète tsariste (l’Okhrana) était spécialiste de la fabrication de faux caricaturant le « Juif » comme exploiteur, déviant ainsi la colère populaire vers un bouc émissaire.

    Le Protocole des Sages de Sion fut un produit de ces manipulations de l’Okhrana.

    Dans le « Cuirassé Potemkine » est mis en scène un agent de la police, infiltré dans une manifestation populaire, tenter de faire crier à la foule « Mort aux Juifs ».

    C’est ainsi qu’il faut comprendre la phrase du socialiste Bebel :

    « L’antisémitisme, c’est le socialisme des imbéciles »

    Staline, quand il était Commissaire aux Nationalités écrivit un jour l’antisémitisme comme « une survivance du cannibalisme ».. Ce qui ne l’empêcha, en bon ex-séminariste orthodoxe qu’il était, de le professer en privé.. tout en comptant des bolchéviks juifs au Comité Central..

    Que les Cavaliers de Boudienny, aux mains peut être aussi rouges que les massacreurs blancs de Koltchas (l’époque était féroce et ce, dans les deux camps) aitent gardé des préjugés tenaces en Russie.. fort probable.

    Quant à l’opinion de Babel sur la culture yiddish, rien d’étonnant : il raisonnait en termes de conscience de classe et de rejet de la religion..

    gAZi bORAt


  • ASINUS 13 octobre 2009 18:40

    yep gazi c est d aileurs a mon sens plus un journaliste « correspondant de guerre » qu un ecrivain contrairement et j assume aussi a e von salomon dont « les cadets » fut longtemps mon livre de chevet puis j ai decouvert que la grande muette n avait pas une once de prussien !! lol sur la periode plus precisement il y a la une cesure
    lenine staline /trostsky puisque celui ci etait contre la campagne de pologne
    et avait predis la deroute de l armée rouge


  • Le péripate Le péripate 13 octobre 2009 13:57

    Lénine prend le pouvoir en 1917, Mussolini en 1922, et Hitler échoue en 1923 pour réussir dix ans plus tard. Un tel resserrement dans les dates ne peut manquer de poser la question d’une unité sous-jacente.


    • ASINUS 13 octobre 2009 14:29

      bonjour peripate comme« unité sous jacente »puis je vous suggerer la boucherie de 1914/1918 boucherie organisée et developpée par la grande bourgeoisie industrielle
      d europe aux interets industriels melés aux interets familiaux melés car si on souligne
      regulierement les accointance familiale des dynasties européenne de l epoque on
      oublie les liens familaux et economiques des barons d industries et bancaires d europe qui sortiront d ailleurs plus riches qu avant de la grande guerre ;
      l histoire demande justement des comptes pour les millions de morts du nazisme
      pour les de mort du communisme , quand ? quelqu un presenterat il la note
      au grand capital liberal bourgeois d europe pour avoir organisé planifié et alimenté
      la tuerie de 1914/1918


    • Le péripate Le péripate 13 octobre 2009 14:54

      C’est très juste que la fraternité des tranchées a jouer un grand rôle dans l’avènement des totalitarismes. Mais l’explication imposée par la vulgate marxiste de la guerre de 14 comme guerre des bourgeoisies ne résiste pas à l’examen des faits. C’est bien plutôt la montée des protectionnismes, réaction antilibérale au siècle qui venait de s’écouler qui est la cause (même K. Polyani, socialiste, dans la « Grande Transformation » en convient). Et qui dit protectionnisme dit bien sûr industriels et capitalistes particuliers qui usent de la protection de l’État à leur avantage. Bastiat avait en son temps fustigé cette tendance, qui pour lui menait au communisme, et ce ci dès 1845 !
      Cette réaction antilibérale accède au pouvoir dès l’été 92 en France, foulant aux pieds les conquêtes de 89, ouvrant l’ère des génocides avec la Terreur. Marcel Déat, le socialiste fasciste, verra dans les soldats de la Wermatch les soldats de l’An II. C’était un agrégé de philosophie à prendre tout à fait au sérieux.


    • Gazi BORAT 13 octobre 2009 16:16

      @AUPERIPATE

      Marcel Deat socialiste ?

      Un peu facile ce raccourci !

      Marcel Deat s’était joint au maréchalisme, était devenu l’un des plus ardent supporter de la Collaboration.. comme un Glucksman passé de la Gauche Prolétarienne au sarkozisme...

      Quant à la « fraternité des tranchées » : rassembler des hommes ensemble dans une épreuve commune ltransformerait-elle aussitôyt ceux-ci en Bolchéviques ?

      Ah ! Si ceci était ausi simple...

      gAZi bORAt


    • Le péripate Le péripate 13 octobre 2009 18:50

      L’ouvrage majeur de Marcel Déat est « perspectives socialistes ». Il a aussi écrit des centaines d’articles pour« La vie socialiste ». Socialiste donc, même si antimarxiste. A moins de confondre marxisme et socialisme, ce qui est faux historiquement, Déat est bien un socialiste.

      Alors ?


    • Gazi BORAT 15 octobre 2009 07:10

      @U PERIPATE

      Socialiste anticommuniste, donc...

      « Socialiste » fut un terme qui se mit peu à peu à perdre sa signification dans les années trente.. Celui ci au départ se voulait la défense de la classe sociale numériqeemnt la plus forte et politiquement la moins représentée.

      Du temps de Jaurès, le socialisme ne se concevait qu’international...

      Dans les années vingt vint la dérive.. On attira les ouvriers vers des movements qui affectaient la forme des mouvements ouvriers (rassemblements de masse, vocabulaire) mais en instillant de plus en plus des doses de nationalisme. La socialisation des moyens de production devenait alors une illusion de partage selon des principes de « préférence nationale »..

      Un grand nombre de socio démocrates anticommunistes furent attiré par Vichy.. Opportunisme pour certain, entrisme pour d’autres..

      Jean Paul Sartre évoqua ce mouvement en 1974, alors qu’il rejettait « L’Union de la Gauche » et espérait la candidature d’un Charles Piaget, l’un des meneurs « catho-social » des ouvriers Lip, vitrine de« l’autogestion réelle », concept en vogue ces années-là.

      Critiquant les gauchistes tardifs qui rejoignaient le Parti Socialiste, il écrivit dans Libération.

      « ..ceux qui rejoignirent le mouvement du Maréchal en espérant l’infléchir à gauche (..) ..ils finirent »pétainisés"

      gAZi bORAt


    • Julius Julius 13 octobre 2009 14:15

      Juste une correction : Oct 1989 n’est pas le début de la fin du Mur. En octobre 1989, la Pologne et la Hongrie ont déjà leur gouvernements démocratiques non-communistes. Il est vrai que l’Allemagne est le cas le plus symbolique en raison de l’existence physique du mur de Berlin. Mais l’Allemagne est le troisième pays à réussir sa contre-révolution (après la Pologne et la Hongrie). Tchécoslovaquie a été le quatrième, suivie de la Roumanie et la Bulgarie, puis par les Pays Baltes.


      • brieli67 13 octobre 2009 16:07

        Salü Gazi et bonne semaine !


        Au sujet de ces liens russes.... ils relèvent surtout des cadres militaires tant « du côté des soviets » que des ex Kaysersoldaten, des Prussiens...

        D’abord l’affirmation du « le coup de couteau dans le dos » émanant de Luddendorf et Hindenburg, à la tête d’unedictature militaire et la chasse aux sorciières/ et aux marins soutenue par les vainqueurs... exiti de Rosa Luxemburg et les Spartakistes.
        De sorte qu’un simili du « simulacre de Congrès de Tours » n’a pas eu lieu.. avec à la clé le déplacement à Moscou du « centre de gravité » des Forces du Progrès

        La Prusse.... Orientale et ses nobliaux et ses « commerçants » ses « banquiers désiraient un Etat/Nation BaltiquE à destinée différente de l’Allemagne

        Et surtout les militaires.
        et on retrouve les prussiens !! 
        Un lien sur histoire allemande avec plein de documents
        un coup d’oeil svp sur ce site universitaire américain 



        donc Traité de Rapollo 1922, et ses accords militaires secrets, Accords de Berlin de 1926, en complément de la Conférence de Locarno 1925


        Sans plus tarder rendez vous au Musée de l’histoire militaire » rénové " à Dresde



        bis bald !

        • Gazi BORAT 13 octobre 2009 16:36

          @BRIELY

          J’ouvre votre dernier lien et.. que vois je ?

          Un personnage à barbe et bonnet brandissant une francisque en pleine nature.

          Mais qu’est-ce que c’est ?

          Un écolo-pétainiste ?

          Pour les autres liens, je vais prendre mon temps..

          gAZi bORAt


        • ASINUS 13 octobre 2009 16:41

          yep sur les themes évoqués par briely67
          e von salomon a ecrit des livres tres eclairant sur sentiment allemand a l epoque


          • Gazi BORAT 13 octobre 2009 16:54

            Ernst Von Salomon (Excellent écrivain : j’assume) fut plus un mystique militaire prussien qu’un proto nazi.

            Il se retira de la vie publique durant tout le Troisième Reich, malgré les avantages qu’auraient pu lui apporter le succès de ses livres dans les milieux nationalistes et sa participation (logistique) à l’assassinat de Rathenau.

            Troublant : à la fin de son livre « Les Cadets », il écrit son admiration pour l’Armée Rouge et les cadets de Leningrad..

            gAZi bORAt


          • brieli67 13 octobre 2009 16:52

            Une somme de docs sur la Chute du Mur 


            @ auteur :
            Premier défilé à Leipzig le 4 septembre
            En fait remous depuis mai, suite aux résultats d’élections.

            C’est la célébration des 4o ans de DDR _ 7 octobre_qui a mis le feu aux poudres..

            Sentimentalez moi : j’aurai bien voulu lire/entendre le slogan « Wir sind das Volk »
            Nous sommes le peuple !

            pour effaroucher au sens premier du terme ( Faire fuir en effrayant)
            le locataire du 
            55, rue du faubourg Saint-Honoré
            75008 Paris





            • Gazi BORAT 13 octobre 2009 17:01

              @ BRIELY

              Sur Von Salomon, évoqué plus haut par Asinus..

              Son ouvrage le plus intéressant est une autobiographie dans laquelle l’auteur suit les questions du « Gragebogen » ou « Persilschein » : le questionnaire de dénazification..

              Un témoignage historique passionnant sur « l’année zero »...

              gAZi bORAt


            • brieli67 13 octobre 2009 18:29
              @ Gazi 
              faut souvent aborder les « personnages » par fratrie par famille 


              je préfère aux écrits des Salomon, Jünger, Drieu,Brasillach, Giraudoux ......
              sur Jünger faut voir le petit frère


              le Saint Cyr de la Prusse 

              Me délecte depuis un certain temps sur les locataires de cette Ecole de Cadets

              etc....


              La Pépinière http://de.wikipedia.org/wiki/Pépinière c« est pas mal non plus !

              Question »famille" 
              que serait Albert Sxhweitzer sans Bach sans Harry Breslau et sa fille ?
              que serait le théologien/pasteur rouge Karl Barth sans sa bourgeoise violoniste Nelly des Hoffmann chimistes de Bâle et leur Lolo von Kirschbaum 

            • ASINUS 13 octobre 2009 18:45

              vous lisez l allemand briely67 d ou la superiorité ,
              de Junger je ne connais qu « orages d acier »

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