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Accueil du site > Tribune Libre > Les maisons d’édition, piégées, recalent les chefs d’oeuvre (...)

Les maisons d’édition, piégées, recalent les chefs d’oeuvre français

Un roman, ça se prépare. On se dit qu'en barbouillant le papier avec vigueur, exigence et constance, notre plume finira par décharger de l'honnête littérature ; et puisque les maisons d'édition sont porteuses d'une haute tradition d'intégrité littéraire, elles ne manqueront pas d'assurer la publication des œuvres les plus méritantes. C'est-à-dire la nôtre. 

Ceux qui paressent à l'ouvrage, qui se répandent en négligences, et bien leur sort ne fait pas de mystère : ils goûteront, à l'évidence, au très fignolé sens de la formule des éditeurs : « en dépit d'indéniables qualités, votre roman ne satisfait pas à la ligne éditoriale de notre maison ».

Hélas, il ne suffit pas d'être bon. Ni même excellent. En témoigne une suite de camouflets éditoriaux que d'aucuns considéreront comme un authentique scandale, d'autres comme une édifiante facétie : Victor Hugo, Duras, Maupassant et Rimbaud, auteurs illustres s'il en est, ont tout récemment essuyé de cinglantes et systématiques fins de non-recevoir. Je m'explique. Au cours du siècle dernier, les grands éditeurs reçurent sous forme de manuscrits des « chefs-d'œuvres » consacrés. Mais là n'est pas la fourberie : en vue de jeter le discrédit sur les grandes maisons, journalistes et libraires rebaptisèrent lesdits ouvrages tout en ayant recours à des pseudonymes.

Que croyez-vous qu'il arriva ? Victor Hugo déchaîna l'indifférence. Sur vingt maisons d'édition qui eurent à juger de son œuvre, on n'en trouva qu'une pour le féliciter. Le prix Goncourt de 1945 ? Récusé sans pitié. De même qu'Arthur Rimbaud, refoulé pour manque d'originalité. En 1992, Le Figaro démontra que Marguerite Duras rebutait jusqu'à son propre éditeur. De nombreux prix Goncourt, il y a peu mis à l'épreuve, connurent le même sort. Mais il y a pire : l'année dernière, Michel Houellebecq et ses « particules élémentaires », célébrés dans le monde entier, furent snobés avec panache. Mais comment s'en étonner ? Céline, Proust et Rimbaud n'avaient-ils déploré, en leurs temps, les aléas d'une édition erratique ? On se prend à rêver d'un monde où Victor Hugo serait la femme de ménage de Marc Lévy, où Maupassant ferait sa teinture à Johnny (désormais écrivain), et où Rimbaud mendierait quelques sous auprès de Grand corps malade. Qui lui donnerait des coups de canne.

On pourrait certes objecter que ce sont là des vieilleries, qu'il incombe aux écrivains de renouveler leur art, d'embrasser l'air du temps, etc... Rien n'est moins vrai. Je ne sache pas, toutefois, que les prix Goncourt du second XXème siècle se déchiffrent comme des glyphes d'un autre âge... Ils n'en furent pas moins balayés. Et quand bien même un ouvrage paraîtrait désuet au regard de sa forme, cela suffirait-il à lui ôter toute espèce d'originalité ? C'est à débattre.

Chaque année, Grasset reçoit près de cinq mille manuscrits pour n'en retenir qu'un seul. Est-ce à dire que le cortège des réprouvés soit frappé de médiocrité ? Certainement pas. Les grandes maisons répugnent à la prise de risque et ne s'y livrent qu'exceptionnellement. Parfois pour le meilleur, c'est indéniable. Mais l'essentiel de leurs décisions se fonde non point sur la qualité intrinsèque d'un écrit, mais bien davantage sur la sécurité commerciale qu'ils infèrent de celui-ci. Ainsi, en surcroît des grands manuscrits que l'Homme publia mais que l'Histoire ne retint pas, on peine à imaginer le nombre de ceux qui passèrent aux oubliettes. Aussi est-on surpris par ce propos récent du ministre de la culture, tenu devant les éditeurs réunis en assemblée, et que l'on voudrait croire dicté par les circonstances : « l'éditeur qui fait la littérature ». C'est cela, oui...

Sans en cautionner les dérives, on ne saurait pourtant vouer les grands éditeurs aux gémonies : le profit n'est-il pas la condition, sinon de la croissance, du moins de la survie de ces institutions qui entretiennent, bon an mal an, la flamme de la littérature ? Mais sans doute serait-il temps de lever le voile de l'hypocrisie : si chaleureux que soit le terme de « maison » - on se croirait presque au coin du feu - il ne reflète pas l'esprit quelque peu affairiste de tels établissements. Les Anglais, eux, ne s'y sont pas trompés : ils évoquent des « sociétés » dont l'activité, si l'on s'en réfère à la célèbre Encyclopaedia Britannica de 1911, ne sont pas autre chose qu'une « purely commercial affair ». Mais bon, ils on écrit la même chose de la Reine d'Angleterre...

Arthur Deming


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40 réactions à cet article    


  • eugene eugene 28 février 2013 18:04

    C’est rien que des pourris !

    Je leur ai envoyé le roman de ma vie il y a quinze ans juste l’année où je suis parti en retraite, et toujours pas de réponse !
    Ca fait rien je continue à écrire dans mon grenier sur ma petite chaise en paille avec la lumière de la lucarne qui tombe du haut.
    Un douanier, ancien douanier je veux dire, ça prend son temps pour fouiller dans les souvenirs, et ramener deux ou trois choses intéressantes, qu’étaient planquées sous les sous vêtements.
    Je retape tout ça au propre maintenant avec cet ordinateur que ma petite fille m’a payé !
    C’est mieux fini mais moins affectif que la plume sergent major, avec des pleins et des déliés, moi je préférais l’encre violette
     Les cours de dactylo que j’ai pris à l’armée m’ont beaucoup servi, pas le morse qui ne sert plus à personne.....
    Qui se souvient du morse....BIp bip bip....
    .C’est comme ça que les français parlaient aux français, mais je me tais, on n’en finirait pas !
     Le danger avec les mots c’est qu’ils finiraient par vous avaler.
     Il serait temps que je me remette au jardin plutôt que de perdre mon temps sur cette foutue machine, avec le chat qui reste sur mes genoux et qui se fait les griffes.
    Le malheur du monde, c’est de pas se suffire de vouloir ressembler à un chat.

    Les chats sont au dessus de nous. On dit qu’ils descendent de l’ancienne Égypte et qu’ils ont la sagesse des pharaons, moi je crois ça à fond !
    Voilà un truc que j’ai compris, pas trop m’agiter, ne pas trop attendre de personne.
    Mais ça a mis le temps. faudrait pas croire que le temps n’apporte que des rhumatismes.


    • paco 28 février 2013 21:40

       Ce qu’il faut savoir d’un chat, Eugène, c’est qu’il ne vous appartient pas. Vous, par contre, lui appartenez. Quand il se fait les griffes sur votre bleu de travail, comptez , et vous aurez des strophes....Si l’ancienne Egypte les vénéra, ils n’en descendent pas.....Ce saligot de félin a du s’acoquiner avec nous bien avant, sans doute les premières tribues cultivatrices, entre le Tygre et l’Euphrate...et depuis il nous nargue... 
       Il nous regarde quand on écrit, il sait et sent, chose que les maisons d’édition ne savent plus faire....


    • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 1er mars 2013 07:30

      Eugène, si ma petite expérience peut vous apporter quelque chose... « Tous pourris » : vous y allez un peu fort et puis l’expression est galvaudée tant cela correspond à la norme.
      J’ai auto-édité une monographie autobiographique qui me tenait d’autant plus à cœur que mon père en avait prolongé l’idée au point de donner matière à un deuxième livre. Comme il était hors de question de passer sous les fourches aussi caudines que patibulaires des éditeurs, un imprimeur raisonnable permit de sortir les deux livres.
      Aujourd’hui, j’essaie de publier sous forme numérique chez Amazon (application Kindle). Cela ne coûte rien et c’est une sacrée épine dans le pied des « maisons » à faire du pognon sous couvert de littérature ! Elles essaient en effet de prendre le contrôle de ce nouveau moyen d’expression. Et comme c’est pour nous faire payer un e-book aussi cher qu’une édition papier ! Restons vigilants pour ne pas retomber dans ces griffes-là, d’autant plus que les propos flatteurs de la ministre n’augurent pas d’un changement d’air et d’époque. 


    • C.Q.F.D. C.Q.F.D. 1er mars 2013 09:15

      Eugène, lui, il a envoyé ses mémoires d’un douanier bas breton. Bravo !


    • matthius matthius 1er mars 2013 10:04

      Pour publier il y a aussi l’impression à l’unité, permettant de savoir si on intéresse :
      http://www.comment-ecrire.fr/comment-publier.html
      http://www.comment-ecrire.fr/etre-publie.html


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 28 février 2013 18:12

      Sympa votre article Deming .


      @ Eugène , 

      Non non , continuez à écrire sur votre chaise en paille . 

      Vous avez un don pour les mots bip bip 

      Très plaisant à lire . 

      Cordialement .




      • nico31 28 février 2013 18:22

        J’imagine aussi qu’un éditeur qui reçoit un manuscrit qu’il identifie aussitôt comme la copie d’un texte du patrimoine ne prend pas forcément la peine de répondre au plaisantin.


        • asterix asterix 28 février 2013 18:33

          Les maisons d’édition vivent dans un monde à part.
          Un exemple, le mien et il est tout récent. J’ai envoyé un manuscrit à 8 maisons d’édition en leur demandant expressément dans une lettre jointe de m’en accuser réception puisque j’envoyais mon manuscrit depuis Vientiane.
          Je leur donnais pour ce faire mon mail, cela leur aurait pris 5 minutes au plus...
          Seules deux m’ont répondu, il s’agit des éditions Fayard et Gallimard.
          Les autres pleurent sur leur sort mais sont incapables d’avoir ne fut-ce que cette simple politesse. Et elles osent encore dire qu’elles lisent le contenu de chaque manuscrit qui leur parvient ! Bande de jocrisses !!!
          De redoutables menteurs qui préfèreront se faire du fric avec Johnny Halliday qui est fondamentalement incapable d’écrire une ligne ou les mémoires petite culotte de la dernière maîtresse en titre du satyre. Elles parlent de culture mais la leur n’est que celle du fric.
          Merci à Fayard et Gallimard de s’être montrés polis à mon égard.


          • Raphael Monard 28 février 2013 18:47

            Superbe article. Je ne vais pas être très original. Les maisons d’édition ne lisent pas les manuscrits qu’on leur envoit (enfin pas toutes).

            On le sait, c’est comme ça. Il y a toutefois des exceptions qui viennent confirmer la règle.

            Moi je crois et espère que le marché du livre numérique va se développer et permettra aux auteurs moins connus de partager leurs oeuvres.


            • Je Me Souviens Je Me Souviens 1er mars 2013 01:39

              Les maisons d’édition ne lisent pas les manuscrits qu’on leur envoit

              Lors d’une soirée bien arrosée dans un club Montréalais,du temps que j’étais jeune et beau,j’ai rencontré une jeune française,charmante malgré son accent,qui se disait lectrice pour une maison d’édition parisienne.
              S’il est vrai que femme qui rit à moitié dans ton lit, moitié de femme est de peu d’utilité.Pour en avoir l’usage intégral,il faut parler d’elle,ce que nous avons fait.
              Elle m’a dit que son travail consistait à sélectionner et passer à l’échelon supérieur,sur une base hebdomadaire,2 ou 3 manuscrit sur 50 ou 60.
              Devant ma surprise(TABARNAK !Tu dors-tu jamais ?),elle m’expliquât : elle lit la page 99,et ne lit le reste que si cette page lui a plu, idem à l’échelon au dessus.

              Les auteurs en mal de publication,fignolez la page 99 !


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er mars 2013 07:30

              @Je Me Souviens 


              C ’est vrai , une femme que tu fais rire est à moitié dans ton lit .

              Que faire de l’ autre moitié ?

            • soi même 28 février 2013 20:56

              Un chez-œuvres, qui soit littéraire où artistique est une affaire d’un génie avec sa production, le reste n’est que de l’’ego démesure.


              • herbe herbe 28 février 2013 21:24

                merci pour cette invitation à « lever le voile de l’hypocrisie ».

                Votre article m’a fait penser à cet ouvrage finalement un succès mais... :

                extraits :
                « C’est précisément la déprime et l’épuisement provoqués par l’impossibilité de faire publier son livre, rejeté par plusieurs éditeurs américains, qui poussent Toole à se suicider en 1969, à l’âge de 31 ans. Grâce aux efforts inlassables de la mère de Toole et de l’écrivain Walker Percy, à qui elle l’avait fait lire, le livre a été finalement publié en 1980 par la Louisiana State University Press »

                « Le roman est aujourd’hui salué comme un des plus grands classiques de la littérature humoristique américaine, et comme un des romans importants de ce qu’on appelle la « littérature du Sud », c’est-à-dire la littérature portant sur les États du Sud des États-Unis ou écrits par des auteurs originaires de ceux-ci. »

                • Attilax Attilax 28 février 2013 22:12

                  A relire sur le sujet (entre autre), le sublime « Martin Eden » de Jack London, dans lequel il montre que toutes les boites d’édition qui ont jeté ses textes à la poubelle lui ont offert des millions quand il est devenu célèbres pour les mêmes textes... Cela va jusqu’à la justification de son futur suicide. Sublime et poignant !


                  • lsga lsga 28 février 2013 22:14

                    « Chaque année, Grasset reçoit près de cinq mille manuscrits pour n’en retenir qu’un seul. Est-ce à dire que le cortège des réprouvés soit frappé de médiocrité ? Certainement pas. Les grandes maisons répugnent à la prise de risque et ne s’y livrent qu’exceptionnellement. »


                    la bonne nouvelle, c’est que les ’grandes’ maisons d’éditions sont de ’petites’ entreprises à l’échelle du capitalisme mondiale. Elles vont bientôt toutes enchaîner les faillites, et se faire bouffer par Apple ou Amazon. Les livres, sous leurs formes électroniques, sont encore plus simple à pirater que la musique ou les films, et la généralisation des tablettes et autres liseuses devraient permettre de totalement assécher le commerce des romans de gare. 

                    L’avenir de l’édition ? 100% des livres publiés ( au format électronique ) revendu 1€ ou 2€ maximum pour éviter le piratage. Il n’y aura plus de maison d’édition, juste des professionnels du marketing qui décideront de faire de la pub pour un Harry Potter ou un Angry Bird. 

                    • lsga lsga 1er mars 2013 17:23

                      - 2 ? vous ne souhaitez pas la faillite des maisons d’éditions ?


                      ah non... c’est vrai... Vous chouinez sur le système éditoriale uniquement car vous aimeriez être à la place de ces écrivains ’stars’ qui passent à la télé. 

                      C’est l’imprimerie de Gutenberg qui a amené le Roman et le Romancier, Internet sera source d’autre chose. 


                    • Dominique TONIN Dominique TONIN 28 février 2013 22:24

                      A tous,

                      Vous m’avez sabré le moral, demain je me suicide !
                      Non, allez, je plaisante !
                      J’ai moi même envoyé à sept éditeurs mon tapuscrit. Deux m’ont répondu 1 mois après, ceux là je les soupçonne de ne l’avoir pas lu. Le troisième l’aura peut être lu, il m’a répondu 2 mois après l’envoi par la poste.J’attends pour les quatre restants, mais sans grande illusion !
                      Par contre, je m’intéresse de près à l’édition par le net et vais creuser le filon.
                      Merci à DURAE pour ses sources.
                      Si un jour vous croisez un bouquin dont le titre évocateur attirera forcément votre attention « Arrêtez de nous prendre pour des cons », lisez le. Merci


                      • Montagnais Montagnais 1er mars 2013 05:44

                        Le livre le plus cher du monde .. 475 € le bout



                        On l’a offert à Teresa Cremsi, la directeuse de Flam .. en précisant que Giap & l’OWS est de loin trés-supérieur à celui de Chomsky récemment écrit ..

                        Mais .. tout le monde ne peut s’enorgueillir de la possibilité et de la volonté de rester dans le coeur de l’anonymat du peuple - ou ce qu’il en reste - seul endroit désormais où subsiste une mince chance de trouver une bribe de vérité et de liberté de vue ..

                        Ne riez pas .. on en a vendu deux déjà .. des officines ..

                        Et puis, bel exemple de sujet qui porte en lui sa propre force : Giap est toujours vivant, Montagnais aussi, l ’ OWS n’en est qu’au début de son aventure .. même pas encore apparue chez les Français.

                        « Seigneur, tu m’as fait puissant et libre » - Bloy


                        Alors .. Hessel et Compagnie, avec ses 40 millions de navets vendus .. Me Ne Frego .. Vous non plus ..



                        • Mowgli 2 mars 2013 02:27

                          Il n’est pas ressemblant du tout, Giap. L’éditeur a dû confondre avec son nègre.



                        • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 1er mars 2013 07:37

                          @ Eugène
                          "Je souhaite dans ma maison :
                          Une femme ayant sa raison,
                          Un chat passant parmi les livres,
                          Des amis en toute saison
                          Sans lesquels je ne peux pas vivre."
                          G. Apollinaire


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er mars 2013 07:38

                            J’ ai moi aussi écrit un bouquin que j’ ai envoyé à 9 éditeurs . 


                            Les neufs n’ arrêtent pas de surenchérir pour que je me décide de choisir 
                            la maison d’ édition qui m’ offre le plus . La dernière en date alignait 8 zéros 
                            après le chiffre 1 . Euros .

                            Je les ai toutes envoyé sur les roses , pour venger Victor Hugo Jack London 
                            Walker Percy et tous ceux qui ont été refusés à la publication . 

                            Non mais ...

                            • C.Q.F.D. C.Q.F.D. 1er mars 2013 09:14

                              Et vous avez contacté beaucoup d’éditeurs, Deming ?


                              • C.Q.F.D. C.Q.F.D. 1er mars 2013 09:17

                                Même Haddock, il a essayé. Et vous, tintin ?


                                • Fergus Fergus 1er mars 2013 09:24

                                  Bonjour, Deming.

                                  J’approuve évidemment le contenu de votre article. A noter, parmi les recalés plus proches de nous, Bernard Clavel qui a longtemps galéré comme obscur employé de banque, faute d’être publié. Mais combien d’auteurs resteront à jamais inconnus, victimes du fonctionnement opaque des maisons d’édition et du manque de relation qui, souvent, fait la différence.

                                  Cela dit, il manque à votre article un éclairage important : les budgets n’étant pas extensibles, la part revenant aux nouveaux auteurs est par la force des choses réduite. Et elle l’est d’autant plus que les éditeurs programment deux types d’ouvrages qui, de plus en plus, phagocytent leurs moyens : les livres de personnalités médiatiques (et là, peu importe que le fond soit de qualité), et les traductions d’auteurs anglo-saxons reconnus dans le cadre de contrats avec les confrères étrangers.

                                  Bref, lorsqu’on écrit, mieux vaut avant tout le faire pour soi-même si l’on ne veut pas courir le risque d’une grosse déconvenue. Rien n’est plus frustrant en effet que d’être encensé par les rares lecteurs auxquels vous soumettez votre manuscrit alors qu’il laisse de marbre les éditeurs que vous sollicitez.


                                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er mars 2013 09:34

                                    Bonjour Fergus , 


                                    C ’est vrai que c’ est frustrant , mais consolez vous puisqu’ avec Avox vous avez 
                                    l’ occasion de faire de beaux articles , ce qui n’ existait pas avant . 

                                    Maigre consolation ....mais consolation . 

                                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er mars 2013 09:35

                                      De plus avec les commentaires que vous créez il y a comme un fil entre

                                      vous et les lecteurs .

                                      • cevennevive cevennevive 1er mars 2013 17:05

                                        Vous voyez Capitaine, comme vous pouvez être gentil et avisé lorsque vous le voulez...

                                        On vous aime ! Surtout, ne changez pas... Vous piquez parfois comme une bogue, mais à l’intérieur, il y a la douceur de la châtaigne. Il faut simplement se préserver des piquants et avoir la patience de sortir le tendre fruit.


                                      • cevennevive cevennevive 1er mars 2013 11:01

                                        Bonjour à l’auteur et à tous,

                                        Et personne parmi les commentateurs n’a eu la triste expérience que j’ai vécue il y a une vingtaine d’année...

                                        J’avais adressé à plusieurs éditeurs parisien un tapuscrit relié et tout. Bon, pas beaucoup de réponse, deux peut-être, accompagnées de la formule consacrée : « malgré etc... nous ne pouvons, etc... »

                                        Puis, l’année d’après, un auteur connu et reconnu sort un ouvrage dont l’histoire et le dénouement ressemblent étrangement à ma propre oeuvre... Agrémentés bien entendu de sa propre prose.

                                        Que faire ? Dégoûtée à jamais des éditeurs (et d’un certain auteur connu et reconnu, mort aujourd’hui), j’ai confié à un tiroir mon oeuvre maltraitée.

                                        Courage à ceux qui veulent affronter les éditeurs parisiens. Mais je précise qu’il y a quelques éditeurs régionaux encore honnêtes qui vous prennent votre oeuvre (en petite diffusion, certes) mais à compte d’éditeur.

                                        Bonne journée à tous.


                                        • Gasty Gasty 1er mars 2013 12:31

                                          Il vous reste l’essentiel : la fierté

                                          Mais aussi l’anonymat


                                        • Traroth Traroth 1er mars 2013 11:08

                                          « Sans en cautionner les dérives, on ne saurait pourtant vouer les grands éditeurs aux gémonies : le profit n’est-il pas la condition, sinon de la croissance, du moins de la survie de ces institutions qui entretiennent, bon an mal an, la flamme de la littérature ? »


                                          Ça, c’est une explication de l’origine du problème, mais certainement pas une justification !

                                          • Gonzague Gonzague 1er mars 2013 14:13

                                            Et dire qu’ils ont refusé « L’île au Marius Trésor »... C’est vraiment des ordures...


                                            • Surya Surya 1er mars 2013 16:08

                                              "Victor Hugo, Duras, Maupassant et Rimbaud, auteurs illustres s’il en est, ont tout récemment essuyé de cinglantes et systématiques fins de non-recevoir.

                                              En 1992, Le Figaro démontra que Marguerite Duras rebutait jusqu’à son propre éditeur.

                                              Mais il y a pire : l’année dernière, Michel Houellebecq et ses « particules élémentaires », célébrés dans le monde entier, furent snobés avec panache.« 

                                              Bonjour Deming,

                                              Je sais que je suis à ramasser aujourd’hui, mais malgré ma fatigue il me semble tout de même avoir correctement compris : des éditeurs, des personnes travaillant dans des maisons d’édition, donc des gens supposés avoir une solide culture littéraire, ont récemment relu des oeuvres de Victor Hugo, Maupassant ou Rimbaud sans même les reconnaître ?? Alors là je suis scotchée !! N’ont-ils pas fait d’études littéraires ? Ne lisent-ils pas énormément ?
                                              Je me prends à espérer que ce n’était quand même pas Les Misérables, car la personne qui voit écrit »Jean Valjean« , »Cosette« , »Javert" etc... et ne reconnait pas l’oeuvre... Et comment est-ce possible que le propre éditeur de Duras ne reconnaisse même pas l’un de ses auteurs ??

                                              Le malaise des maisons d’édition dépasse donc, et de loin, le simple problème des manuscrits de premiers auteurs recalés, ou des « maisons » qui sont en fait des machines à fric. Des « littéraires », qui prétendent en plus défendre la culture, et qui ne connaissent rien à la littérature ? Oops ! Petit problème...


                                              • Surya Surya 1er mars 2013 16:36

                                                Quand je dis « relu », je veux dire au moins y avoir jeté un coup d’oeil, même sur une seule page. Je n’arrive pas à croire que les manuscrits ne soient pas même ouverts.
                                                Donc si vous avez fait des études littéraires, que vous travaillez dans une maison d’édition, que vous ouvrez, au départ sans le savoir, une oeuvre de Hugo, même si ce n’est qu’à la page 99, et que ça ne vous fait pas « tilt »...


                                              • Pelletier Jean Pelletier Jean 1er mars 2013 16:26

                                                Bel article.... ; la situation est bloquée, les nouveaux arrivants se font rares et ce sont bien souvent les universitaires qui trustent les maisons d’éditions.
                                                Méfiez-vous des maisons sur le net , ce sont des arnaques et des boites à fric, qui ne font pas au final le métier d’éditeurs.
                                                Je suis en passe de trouver la solution aves des amis, nous allons faire une coopérative d’édition sous forme d’association loi 1901.
                                                L’édition numérique facilite ce genre d’initiative, avec notre imprimeur les coûts à investir sont réduits au départ, et nous gérerons nous même tout le processus.

                                                http://jmpelletier52.over-blog.com/


                                                • Titus Deming 1er mars 2013 16:57

                                                  @ Surya

                                                  Alors le bouquin de Hugo, c’est Han d’Islande, un roman de jeunesse paru en 1823... Pas évident à identifier tout de même smiley Voici le lien wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Han_d’Islande
                                                  Si vous le souhaitez, d’autres articles en rapport avec le sujet sont en lecture sur cette page http://www.monbestseller.com/actualites-litt%C3%A9raire/liste




                                                  • Surya Surya 1er mars 2013 17:24

                                                    Merci Deming,

                                                    J’ai une culture littéraire très pauvre malheureusement, et ne connais pas ce roman de Victor Hugo, à part peut être le titre qui me dit vaguement quelque chose, donc que des gens incultes comme moi ne soient pas capables de reconnaître cette oeuvre est normal, mais (je sais j’insiste un peu lourdement) je trouve incroyable que quelqu’un se revendiquant comme littéraire et bossant dans une maison d’édition n’ait pas une connaissance complète et approfondie de l’oeuvre de Victor Hugo et des autres grands écrivains. Je suis un peu dure, je sais, mais il y a des gens qui ont une culture littéraire extraordinaire et sauraient reconnaître, donc visiblement ce serait mieux si c’était eux qui bossaient dans les maisons d’édition.
                                                    Merci pour votre très bon et très instructif article.


                                                  • Pelletier Jean Pelletier Jean 1er mars 2013 19:24

                                                    Oui on se demande où ont étudié ces gens là, car tout de même Hans d’Islande de Hugo ce n’est pas rien(




                                                  • antonio 2 mars 2013 11:45

                                                    Quand on voit des Musso, des Lévy et autres du même acabit tenir le haut du pavé, on comprend bien que seul compte le fric......

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