deuxieme partie ou va le fric.....
2ème partie : la pompe à fric
compromet la paix
Aucune mafia, aucun souverain corrompu, aucun tyran n’a
jamais bénéficié dans l’histoire dune impunité comparable à celle d’Arafat.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des personnes ou
organisations nommées jusqu’à présent pour enquêter sur les finances de l’OLP
puis de l’AP ont une pierre dans leur jardin et ne sont pas vraiment pressées
de voir leurs petits trafics déballés sur la place publique. Le seul
souvenir qui subsiste d’Elliott Ness et de
ses «
Incorruptibles » semble être un feuilleton poussiéreux tourné en noir et blanc
dans les
années 60 à Hollywood... "L’argent n’est pas la question", a affirmé,
dégoûté, un avocat palestinien ; "ce sont nos leaders qui se croient
au-dessus de la loi, en bafouant le système". (3)
Mais alors, quid de « l’occupation ? l’humiliation ? les camps de réfugiés ?
la pauvreté... » ? On nous aurait
menti ? Soyons sérieux : tous ces éléments quotidiennement médiatisés ne font
que servir de prétexte à l’état d’indigence et de cruelle misère dans
lesquelles une caste de privilégiés, créée à l’aide de fonds détournés,
maintient tout un peuple depuis tant d’années. Une partie de ces sommes
sert à dédommager les familles de ceux qui se font sauter parmi les civils
israéliens, ou encore à organiser des manifestations de rue, telles que celles
qu’on nous montre régulièrement dans les médias (4). Quand on a faim et
qu’on a une nombreuse famille à nourrir, les dollars distribués pour sacrifier
un fils ou crier sa haine d’Israël et des Etats-Unis devant les caméras sont
les bienvenus...
L’Union Européenne doit remettre les conclusions de son enquête en décembre
prochain. Arafat a plus à craindre des résultats de la commission que des
chars de Tsahal. Une course contre la montre est désormais engagée. « Mieux
vaut une mule qui boîte qu’un cheval mort » dit un proverbe indien. Mahmoud
Abbas a jusqu’à la fin de l’année pour faire ses preuves et reprendre les
rênes. Difficile quand on sait que le principal « conseiller » et porteur
de valises d’Arafat, Nabil Abou Rdainah, veille au grain et guigne la
succession du « Raïs » vieillissant. Il est omniprésent, depuis la déclaration
qui faisait suite aux attentats du 11 septembre. Membre du comité
exécutif de l’OLP, proche conseiller d’Arafat, Nabil Abou Rdainah est devenu,
imperceptiblement, inéluctablement, une des figures de proue de l’Autorité
palestinienne. Il participe à toutes les réunions importantes, révise
tous les discours, définit la ligne et rattrape Arafat à chaque fois que
celui-ci trébuche verbalement. Mieux : on a l’impression qu’il susurre à
l’oreille du leader à moitié gâteux ce qu’il a à dire.
Récemment, c’est lui qui a annoncé les réserves du vieux à quitter Ramallah,
autorisé à aller se recueillir sur la tombe de sa soeur enterrée à Gaza, mais
préférant y renoncer tant que la communauté internationale ne garantirait pas
son retour. Un malin Rdainah ! Il tente de cette façon d’exploiter
le quartet pour obtenir un retour d’influence de la sphère Arafat dont il fait
partie sur la scène internationale et affaiblir ainsi Mahmoud Abbas...
Une lutte sans merci a commencé pour le pouvoir, avec des sommes colossales à
la clef. Salaam Fayyad, Ministre des Finances palestinien et proche
d’Arafat, a consolidé les finances de l’AP de manière à ce quelles soient
entièrement sous son contrôle. En février dernier, il a fait établir un
premier rapport annuel, sous la supervision de Standard & Poors, sur dix
des affaires que possède l’AP, alors contrôlées par Arafat. Fayyad a
réuni celles-ci et d’autres intérêts dans un FCP (fonds commun de placement),
intitulé « Palestine Investment Fund », dont il est le Président et Mohammed
Rashid « conseiller financier » d’Arafat - le
gestionnaire. (5)
Le fonds comprend une participation de 23% dans le casino de Jéricho
(évalué à 28,5 millions de dollars), 20% dune compagnie de télécoms tunisienne
(50 millions de dollars), 13 comptes affichant un crédit estimé à 73 millions
de dollars, ainsi qu’une firme valant 55 millions de dollars, contrôlant les
achats de la plupart du ciment importé dans les territoires : l’Intifada fait
ainsi gagner de l’argent grâce à la reconstruction... Il n’y a décidément
pas de petits profits !
À la demande de Fayyad, Standard & Poors évalue à présent la cinquantaine
d’autres avoirs faisant partie du fonds, comprenant aussi un monopole sur les
carburants, réputé produire un bénéfice net d’un million de dollars par mois. Pour
avoir une idée de la valeur des revenus issus du pétrole, les taxes à elles
seules on rapporté 500 millions de dollars entre 1996 et 2000, toutes sommes
versées sur un compte particulier géré par Arafat et Rashid.
Tout cela a donné à Arafat par le passé la latitude de créer un secteur public
pour son usage privé, constitué de 125.000 personnes, consommant pour 660
millions de dollars, soit la moitié du budget annuel de l’AP. Cela
comprend 240 millions pour financer une force de sécurité forte de 53.000
agents, membres du Fatah pour la plupart, parti d’Arafat qui recevait aussi une
« redevance » de 1,5%.
Du passé, tout cela ? Voire : Fayyad déclare faire tout son possible pour
remplacer les paiements en espèces et créer des pièces comptables de manière à
gêner les cadres qui se sucreraient un peu trop. Mais les chefs de la
Sécurité s’y opposent vigoureusement et freinent ces réformes des quatre
fers. En dépit de tous ces efforts, Arafat continue à tenir des cordons
de la bourse. Le budget de son Cabinet pour cette année est de 74
millions de dollars, bien que Fayyad soit prompt à ajouter qu’il sera
étroitement surveillé par un officiel du Ministère des finances et des
comptables engagés à cet effet.
De récents mouvements indiquent toutefois qu’Arafat accélère les transferts
bancaires à l’étranger. Serait-ce en vue de préparer un exil prochain dont il
ferait porter la responsabilité aux Israéliens ? Fort possible... Pour
ceux qui s’étonnent à quel point Arafat a la « baraka » et des moyens engagés
de toutes parts pour le garder en vie, un membre du Conseil Législatif
Palestinien, Azmi Shuaibi, apporte une explication, limpide : "Nous
craignons que si quelque chose devait arriver à Arafat, nous risquerions de
perdre la trace d’où l’argent se trouve."
Fayyad, diplômé de l’Université du Texas, manie en expert la « pompe à fric »
servant à alimenter les fonds de l’Autorité palestinienne. Une pompe qui aspire
par un tuyau ce quelle injecte dans un autre grâce aux nombreux programmes,
aides, associations, contributions et dons, censés soutenir les
Palestiniens. Le système des vases communicants en quelque sorte.
Oui mais voilà : manque de pot pour « la Palestine d’en bas », les vases ne
communiquent pas en dehors des apparatchiks de l’Autorité palestinienne. Jusqu’à
présent, on n’y applique qu’une seule règle : le vase clos (5).
(1) source : le très officiel palmarès du
magazine « Forbes© » à la rubrique : « rois, reines et despotes »
(2) source : The Miami Herald©, enquête sur les finances palestiniennes, 25
juillet 2003
(3) source Jerusalem Post©
(4) Show time : des personnes aussi différentes que Fidel Castro, « Carlos »
Illitch Ramirez Sanchez, Arafat ou encore José Bové ont su sinspirer à
merveille d’enseignements dispensés jadis à l’Université marxiste Patrice
Lumumba à Moscou. Ils se sont tous bâti une « légende » sur mesure,
fabriquée de toutes pièces, basée sur la manipulation du public par les médias
à la recherche constante d’images fortes. Arafat, lui, la fait pour son
plus grand profit personnel.
(5) C’est Mohammed Rashid qui a acquis sous le nom de Khaled Salam, sur ordre
d’Arafat, 14 % des actions dune société de ciment jordanienne, pour le compte
de la PSCS (société palestinienne de commerce extérieur), en vue d’accroître le
bénéfice des investissements d’Arafat à l’étranger, compte tenu de
l’augmentation du prix du ciment suite à la demande croissante pour la
reconstruction dans les territoires, notamment en raison de l’Intifada. La
transaction dont le modèle fut largement utilisé au Liban -
a été réalisée par l’intermédiaire de son directeur de cabinet au Caire, Ramzi
Khouri et du frère de Rashid, homme d’affaires influent dans le Golfe, en mai
2002 (selon un rapport publié au Koweït en juin 2002). Une procédure de
surveillance de L’Office Of Foreign Assets Control, spécialement créée pour
bloquer les avoirs suspects est actuellement en cours aux Etats Unis.
(5) Je remercie en particulier Nathan Vardi de Forbes Magazine© et Ike Seamans
du Miami Herald© pour le précieux éclairage qu’ils apportent sur la recette des
confitures et autres vases communicants...