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Accueil du site > Tribune Libre > Leur démocratie est un miroir aux alouettes

Leur démocratie est un miroir aux alouettes

Toute l’hypocrisie qui tourne autour des événements en Syrie, tous les discours mensongers, toutes les fausses bonnes intentions et les promesses en toc ne peuvent pleinement se comprendre sans avoir analysé le cas du Bahreïn, cette petite île située au large des côtes du Qatar et de l’Arabie saoudite.

Le Bahreïn est encore gouverné aujourd'hui par le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa, mais le monarque a été ébranlé en février 2011 par un gigantesque mouvement de protestation (le plus important de toute l'histoire de l'île) appelé « la Révolution de la perle » (le Bahreïn est un fabricant de perles bien connu, et la place principale de la capitale Manama s’appelle à juste titre Pearl Square).

Suivant les exemples tunisien et égyptien, la majorité chiite de Bahreïn (près de 75 % de la population) organisa ses premières journées de la colère, exigeant l'abdication du roi sunnite et la mise en place d'un gouvernement qui reflétât la majorité populaire chiite trop longtemps éloignée des sphères du pouvoir. C’est ainsi que le 14 février 2011, 30.000 personnes se rassemblèrent sur Pearl Square pour manifester leur désaccord avec la politique subie jusqu’alors. Comme prévu, la situation s’envenima et la police chargea la foule. Soudain, c’est le coup dur. Ali Abdulhadi Mushaima, tout juste 21 ans, vient d’être mortellement touché. On découvrira plus tard que la police anti-émeute bahreïnie utilisait les mêmes projectiles que celui qui provoqua la mort du jeune homme.

Ses funérailles rassemblèrent 50.000 personnes, et les manifestations qui suivirent drainèrent toujours plus de monde dans les rues de la capitale. Le 22 février, une semaine après les premières manifestations, ils n’étaient pas moins de 150.000 à battre le pavé. Leur nombre doubla dès le 25 février. C’étaient maintenant 40 % des habitants de l'île qui osaient défier le roi. Le régime perdit rapidement le contrôle de la situation : après avoir montré quelques signes d'ouverture, il comprit vite que son sort ne tenait plus qu’à un fil. La répression se déchaîna : en une semaine à peine, quatre-vingts civils perdirent la vie, fauchés par les tirs bien ajustés des forces de l’ordre ou victimes de matraquages trop appuyés. Le nombre de morts pour un pays d’à peine 1.200.000 habitants a été considérable ; toutes proportions gardées, ce chiffre représenterait pour la France plus de 4.000 vies humaines…

On aurait pu s’attendre, devant cette impasse politique, à voir les traditionnels défenseurs de la démocratie et des libertés rappliquer, menaçant le pouvoir en place d’une intervention humanitaire sous l’égide (ou pas) de l’ONU et armant au passage la rébellion pour qu’elle mette fin à la répression. C’est pourtant ce qu’ils ont fait… en se rangeant du côté de la monarchie.

Le roi de Bahreïn, lié traditionnellement aux autres monarchies du Golfe, demanda l'aide du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l’Arabie saoudite (fidèle alliée des États-Unis). Le prétexte avancé est que « l'Iran chiite pouvait infiltrer l'insurrection avec des cellules combattantes ». La Jordanie et le Qatar envoyèrent à leur tour leur soldatesque. Le 14 mars, une force militaire composée de 1.500 hommes était envoyée pour mater la rébellion. La répression eut lieu sous le regard attentif de la cinquième flotte américaine, ancrée à Manama. Hillary Clinton lança pour la forme un appel en direction du régime… « en espérant une normalisation de la situation ». Les Saoudiens œuvrèrent comme il convient puisque la révolte fut matée dans l’œuf. Le bilan du « retour au calme » est sans appel : 93 morts, des milliers de blessés, des centaines sinon des milliers de cas de torture.

Le fait que l'Iran chiite, dont les relations ont toujours été peu ou prou tendues avec les monarchies du Golfe, aient tenté de suivre de près les événements ne fait aucun doute, mais les Saoudiens et les Étatsuniens ont infiltré depuis les soulèvements syrien et libyen. Et là réside l’hypocrisie : on invoque d’un côté le recours à la justice en Syrie (comme on l'a précédemment fait en Libye), et de l’autre on ferme les yeux sur ce qui se passe au Bahreïn.

La démocratie est un prétexte à tous les mauvais coups. Cette grotesque escroquerie masque en réalité les véritables ressorts du système. Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus. Les accords économiques internationaux réduisent de plus en plus la marge d’action des États, et le peuple n’est ni consulté (ou alors, on lui demande de revoter quand il se « trompe » - cf. référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne), ni informé. Pourtant, les électeurs continuent de voter. Il faut dire que ceux qui détiennent réellement le pouvoir continuent de bercer le tout un chacun de l’illusion de l’alternance démocratique.

Pourtant, quelle différence y a-t-il entre les programmes politiques de « droite » et de « gauche » ? Rien… ou si peu. Nos politiciens s’accordent sur tout (l’Europe, la démocratie, …) puisqu’il n’y a pratiquement plus rien à décider, se contentant de gérer les affaires courantes.

La démocratie est un leurre, au Bahreïn, en France ou ailleurs. Depuis 1945, les États-Unis, « avant-garde » en la matière, nous l’ont servie à toutes les sauces. Elle n’aura finalement fait que desservir les intérêts des peuples : coup d’État en 1953 fomenté par la CIA en Iran pour renverser le premier ministre Mossadegh, renversement en 1954 du gouvernement en place au Guatemala, tentative de déstabilisation de Cuba en 1961 après le débarquement de la baie des Cochons, crimes de guerre au Vietnam de 1961 à 1973, soutien en 1964 au renversement de João Goulart par une junte militaire qui instaure une dictature au Brésil de 1964 à 1985, encouragement au coup d’État du général Pinochet en 1973, aide au gouvernement salvadorien et aux escadrons de la mort de 1980 à 1990, soutien des contras situés au Honduras afin de lutter contre las sandinistes du Nicaragua, guerre du Golfe en 1991 ayant provoqué une situation sanitaire dramatique en Irak, crimes de guerre en Afghanistan sous prétexte d’une guerre contre le terrorisme, soutien en 2011 des rebelles libyens accusés à leur tour de crimes de guerre… La liste des crimes commis en son nom n’est pas exhaustive.

L’exemple du Bahreïn nous montre que les véritables maîtres du monde, qui sont en réalité les dirigeants des grandes multinationales (le poids des sociétés multinationales ayant depuis longtemps dépassé celui des États), n’avaient aucun intérêt à voir les aspirations populaires portées par un nouveau gouvernement, ce dernier fût-il pour le coup véritablement démocratique. 

La démocratie en Occident n’est finalement que la dictature soft des marchés financiers (réseaux relationnels liant financiers, hommes politiques et journalistes, presse détenue par les industriels et financiers proches des cercles du pouvoir, etc.). Et celle qu’on exporte… une dictature au profit des mêmes marchés. Le système se perpétuera tant que l’alchimie des élections fonctionnera à plein. Mettez-vous en travers de son chemin et il se fera subitement plus autoritaire. Dans ces conditions, comment croire à un changement de société par la voie des urnes ? Leur démocratie n’est qu’un miroir aux alouettes et les gens qui y croient les dindons de la farce.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-leur-democratie-est-un-miroir-aux-alouettes-112575541.html


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76 réactions à cet article


  • Serpico Serpico 18 novembre 2012 18:44

    Sans oublier que même avec la Syrie, on a eu droit aux tortures sous-traitées au profit des USA, aujourd’hui si indignés par « l’absence de démocratie ».

     On le voit encore dans leurs efforts à forcer l’Algérie à faire le sale boulot pour eux en Afrique.

    Et les dindons, en choeur : « La position de l’Algérie n’est pas claire ! ». Autrement dit : à partir du moment que vous ne faites pas ce qu’on vous dit - c’est à dire des saloperies- on vous met dans le collimateur.


    • alinea Alinea 18 novembre 2012 18:52

      Ah que ça fait du mal de recevoir en pleine poire l’abjection du monde dans lequel on vit !
      Ah que ça fait du bien de voir la lucidité sortir du pré carré des chomskiens et autres avertis !
      Qu’on se le dise, qu’on le répète, qu’on accepte de n’avoir plus aucune illusion ; ensuite, nous aviserons.


      • Robert GIL ROBERT GIL 18 novembre 2012 19:00

        on voit bien comment on defini les bons tyrans et les mauvais tyrans...quand a ce que fait Israël : silence radio. Le droit des peuples ont en a rien a faire, tout est une question d’intérêts économique, stratégique et politique : pour faire simple comment remplir les poches d’une oligarchie qui se croient tout permis !

        Alors, il faut arrêter le deux poids deux mesure et COMBATTRE (tous) LES TYRANS


        • bigglop bigglop 19 novembre 2012 01:12

          Merci @Résistance pour ce constat accablant.

          A travers le monde, la démocratie recule, devient un concept ; un erzatz, une illusion sauf peut-être en Islande.

          Voir ce documentaire accablant de la RTBF sur « l’influence » des lobbies dans les instances européennes :
          The Brussel Business


        • Morpheus Morpheus 19 novembre 2012 14:01

          @ Bigglop

          Difficile pour la démocratie de reculer, vu qu’elle n’existe plus depuis la fin du IVe siècle avant J.C. Il serait plus juste de dire que l’oligarchie ne cesse de se durcir et de dominer le monde, et que le masque démocratique qu’elle arbore trompeusement depuis deux cent ans est tellement craquelé qu’il révèle sa vrai nature.


        • Romain Desbois 18 novembre 2012 19:04

          En général quand on crache sur la démocratie, c’est pour mieux la tuer.

          Les français ont eu le choix, ont et auront le choix de changer de système, par la révolution armé (mais c’est tout sauf la démocratie) , soit par les urnes.

          Les électeurs n’en ont pas voulu, c’est dommage, c’est déprimant, c’est scandaleux mais c’est ainsi.
          Ce qui n’empêche personne de se battre au quotidien dans sa vie pour changer les choses. A commencer par ses propres actions du quotidien.

          Il y a tellement de choses possible et qui ne sont pas faites.

          Chacun sa part de colibri et comme le disait Renaud Séchan, si chacun faisait sa part du travail, ceux qui font leur part ne serait pas obligé de faire la part des autres.

          Le peuple a mal voté, virons le peuple comme pourrait dire Chouard.

          Désolé, ce n’est pas ainsi que je conçois les choses.


          • Serpico Serpico 18 novembre 2012 19:10

            Eu le choix ? tu parles !

            Comme par exemple lors des consultations par référendum et dont les verdicts ont tout simplement été jetés à la poubelle ?

            Le choix, mon oeil.


          • gaijin gaijin 18 novembre 2012 19:13

            « soit par les urnes. »
            ben voyons ......avec la pensée unique diffusée a longueur de temps par les merdias le résultat des urnes sera toujours le même .....
            TINA

            quand on en sera au stade de l’émeute sociale les français comme les autres se tournerons vers un chef fort pour une france forte
            TINA

            la seule révolution possible est celle de la conscience, tant que les singes sapiens n’ auront pas évolué on tournera en rond


          • Romain Desbois 18 novembre 2012 19:49

            Serpico

            Oui 16 candidats au premier tour (de mémoire), allant d’une extrême à l’autre, on ne peut pas dire que le choix était restreint.

            Faire du révisionniste ne change pas la vérité. Le TCE n’est pas passé en 2005. en 2007 les électeurs et les abstentionnistes ont décidé de mette au pouvoir le candidat qui avait annoncé qu’il repasserait le plat par voie parlementaire.

            Les électeurs ont choisi ou n’ont pas voulu choisir (ce qui est la même chose).

            Il n’y a donc pas tromperie.

            Je le dis sereinement vu que j’ai voté non au TCE et non au traité de Maastricht (contrairement à la majorité des électeurs français, je vous le rappelle ).

            gaijin

            Vous insultez les électeurs en affirmant qu’ils se sont laissés manipulés par les médias. Pourquoi vous et moi ne serions nous pas fait avoir et eux oui. je ne me considère pas plus intelligents qu’eux.

            Non je ne crois pas que les gens soient irresponsables, au contraire. Si le peuple veut le changement, il peut le faire. A condition de ne pas s’abstenir d’abord et ensuite se plaindre du mauvais choix fait par les autres.


          • Serpico Serpico 18 novembre 2012 20:50

            Vous savez présenter uniquement vos « bons souvenirs ». Et le traité de Lisbonne ?


          • alinea Alinea 18 novembre 2012 21:15

            gaijin : vous n’insultez rien du tout ! que vous soyez moinssé me défrise !


          • Romain Desbois 18 novembre 2012 21:35

            Serpico.
            je ne présente pas mes bons souvenirs, malhonnête homme. j’ai dit que j’étais contre le TCE et Maastricht . Pas comme certains qui ont voté oui et qui viennent donner des leçons maintenant.

            Qu’ai-je dit de faux ?

            Le traité de Lisbonne, je viens de vous en parler !!!! Sarkozy l’avait annoncé pendant sa campagne électoral de 2007.
            Faut vous en prendre à ceux qui l’ont élu et à ceux qui se sont abstenus , le laissant gagner.


          • Dwaabala Dwaabala 18 novembre 2012 21:46

            Chacun sa part de colibri : si vous prenez les zèles, il restera les cuisses.


          • Romain Desbois 18 novembre 2012 21:51

            bravo smiley

            Echec et mat smiley


          • Dwaabala Dwaabala 18 novembre 2012 22:21

            Au sujet de la démocratie, on peut réfléchir. Un exemple.
            La démocratie des sans-culottes en 1793 n’était pas celle des bourgeois élus à la Convention : ni dans sa forme, les Sections, ni dans ses conceptions de l’idéal social.
            Elle porta un moment les Montagnards qui s’en trouvèrent vite encombrés dans leur souci du maintien de l’ordre, qui se débarrassèrent de leurs représentant, les Exagérés, et étouffèrent le mouvement des Sections. C’était scier la branche qui les portaient au pouvoir : conséquence Thermidor, et le triomphe de leur démocratie . « Les canailles triomphent aurait proféré » Robespierre, empêché de s’exprimer à la Convention.

            Bref, la démocratie prolétarienne ne peut pas être la démocratie, aujourd’hui l’autre nom de l’impérialisme.


          • Romain Desbois 18 novembre 2012 22:41

            vous avez raison et qui plus est bien plus cultivé que moi.

            Mais je pense que fondamentalement la démocratie est et doit être perpétuellement en mouvement, sans juger si avant c’était mieux ou pas. Parce que une véritable démocratie ne peut être gravée dans le marbre. Elle se doit de pouvoir s’adapter au désir du peuple. Et le peuple peut se tromper et peut simplement vouloir changer les choses.
            Parce que le peuple n’est lui même jamais le même, il ya des gens qui meurent et d’autre qui arrivent Et ce qui convenait à nos parents, peut ne pas nous convenir.
            C’est vivant une démocratie, ca bouge ! C’est l’expression même de la vie d’une société. Sinon on se retrouve vite sclérosé comme dans certaines communautés conservatrices.

            Ca ne veut pas dire qu’avant c’était mieux ou pire, non c’était avant. et nous c’est ici et maintenant !!!

            Ce qui me peine , c’est que les gens ne voient pas que nous avons le privilège de vivre une époque formidable où pratiquement tout est possible ; le seul obstacle , c’est nous tous. Nous qui nous bouffons le nez pour un bout de terre ou sur la façon de croire au même dieu.

            Futilités destructrices de démocratie.


          • Morpheus Morpheus 19 novembre 2012 14:20

            Romain Desbois, peut-être gagneriez-vous à comprendre que l’on ne peut pas parler, pour les régimes qui nous concerne en occident, de démocratie, mais bien de gouvernements prétendument représentatifs, c’est-à-dire le stricte contraire de la démocratie.

            Je comprends que vous ayez du mal à le comprendre - ou à l’admettre : depuis deux cent ans que l’on ne cesse de nous tromper en nous faisant croire que démocratie = élection / élection = démocratie, il est normal que vous le croyez encore dur comme fer.

            Aristote, Montesquieu ou Rousseau ont affirmé que l’élection est intrinsèquement oligarchique, et que seul le tirage au sort est démocratique. Ce qui se démontre facilement : voter = choisir le meilleur > « le meilleur » = aristos en grec. D’où le fait que la procédure élective soit de nature oligarchique (c’est-à-dire aristocratique), et non démocratique.

            Nos pères fondateurs n’ont pas voulu de la démocratie (et ils savaient très bien ce qu’était la démocratie, c’était des hellénistes et des érudits), ils ont voulu son contraire : le gouvernement (prétendument) représentatif, c’est-à-dire un gouvernement de classe dirigé par l’élite bourgeoise et le capitalisme mobilier. Ils ont utilisé le peuple pour renverser leurs rivaux de toujours, c’est-à-dire le capitalisme foncier (les nobles).

            Les anciens (notamment Aristote) expliquaient qu’il existe trois forme de gouvernement :
            1) le gouvernement d’un seul, c’est-à-dire la monarchie
            2) le gouvernement du petit nombre, c’est-à-dire l’oligarchie (= aristocratie dans son avatar lumineux)
            3) le gouvernement du grand nombre, c’est-à-dire la démocratie

            La monarchie est héréditaire ; l’oligarchie est élective ; la démocratie est issue du (tirage au) sort.

            Lisez Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, qui analyse et compare les différents procédés de ces différents types de gouvernance, vous percevrez mieux la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

            Cordialement,
            Morpheus


          • Romain Desbois 19 novembre 2012 17:17

            Laissez donc les livres et leurs auteurs de côté !

            Contrairement à vous je n’ai pas besoin de m’appuyer sur d’autres, qui bien que célèbres n’en font pas des dieux. intéressants à connaître mais qui ne doit pas occulter votre propre réflexion et votre esprit critique.

            Si la démocratie est le pouvoir du peuple, alors si le peuple décide en décide ainsi c’est une démocratie. Et en l’occurrence en France rien n’empêche le peuple de changer de style de démocratie.

            Je défends depuis toujours la démocratie participative mais force est de constater que le peuple n’en veut pas. sinon elle serait déjà instituée.

            Nous sommes donc bien en démocratie.


          • Eloi Linquette 18 novembre 2012 19:09

            Tué au nom de la démocratie est une première étape de l’universalisme. BHL a raison quand il vante les mérite des droit de l’homme, mais on n’exportera pas le modèle occidental par des guerre. La démocratie a ses défaut, malheureusement, ces débat sont tournée sous la forme « gentil et méchant ».


            • Romain Desbois 18 novembre 2012 19:51

              On ne peut violer les droits de l’humain au nom des droits de l’humain, c’est même écrit noir sur blanc dans la charte des droits de l’humain de 1948.


            • bigglop bigglop 19 novembre 2012 01:27

              Bonsoir à tous,

              Les pays arabo-musulmans sont totalement étrangers à la conception des droits de l’Homme, ce qu’explique Alain Chouet (ex-responsable de la DGSE) :
              "Mes activités m’ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J’ai pu constater qu’ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n’est pas qu’ils ont une conception différente des droits de l’homme de la nôtre. C’est qu’ils n’ont aucune conception des droits de l’homme… "


            • Romain Desbois 19 novembre 2012 17:20

              Tous les états qui siègent à l’ONU ont signés la charte de 1948. Le seul état qui a refusé de le faire est...le Vatican. C’est pour celà qu’il n’est à l’ONU qu’en tant qu’observateur et ne peut voter de résolutions.


            • Yves Dornet 18 novembre 2012 19:18

              Le prétexte avancé est que « l’Iran chiite pouvait infiltrer l’insurrection avec des cellules combattantes ».

              Ce n’est en rien un : prétexte mais une réalité

              d’ailleurs l’iran est aussi à la manoeuvre en syrie avec le résultat que l’on sait : 40 000 victimes


              • Serpico Serpico 18 novembre 2012 19:21

                De source sûre, il y a des klingons dans le tas. Quelques Daleks aussi mais pas des masses.

                Pauvre intoxiqué des merdias.


              • alinea Alinea 18 novembre 2012 21:18

                Serpico : c’est quoi les klingos et les Daleks ?


              • SuperConnard 18 novembre 2012 21:18

                @Serpico, bien sûr l’Iran et tout gentil alors que l’occident est le mal incarné. Vous vous voilez autant la face que les pro-occidentaux que vous décriez. Un pays dans le trouble est systématiquement infiltré par tout ceux qui y ont des intérêts. Iran, USA, France, Qatar, Arabie Saoudite, etc pour le cas de la Syrie.Tout le monde essaie de faire basculer la situation à son avantage. Ne pas vouloir l’admettre est une belle preuve d’aveuglement par votre idéologie.


              • sirocco sirocco 18 novembre 2012 22:58

                @ SuperConnard

                « Un pays dans le trouble est systématiquement infiltré par tout ceux qui y ont des intérêts. »

                Vous portez assez bien votre pseudo...
                Qualifier comme vous le faites le Bahreïn (puisque c’est l’illustration du sujet de l’article) de simple « pays dans le trouble... infiltré » est très réducteur de la situation.

                Les habitants du Bahreïn, chiites dans une large majorité, sont opprimés par une dictature monarchique sunnite qui maintient un régime extrêmement liberticide sur ce petit pays. Depuis des mois ils aspirent à connaître un peu de démocratie, ce qui est la moindre des choses. Ce droit que vous avez certainement reconnu aux Libyens et aux Afghans, vous devriez le reconnaître et le souhaiter aussi pour ces habitants si vous étiez logique avec vous-même.

                Leur malheur mais aussi leur courage (qu’ils payent de leur sang dans l’indifférence générale) vient de ce que le régime en place est soutenu par les USA, Israë, l’Arabie Saoudite et tous les Etats vassaux de l’occident impérialiste - dont la France. Deux conceptions du droit des peuples à vivre en liberté. Deux poids deux mesures, selon les enjeux. Votre conscience s’est rangée avec courage du côté du plus fort et du plus hypocrite.


              • Serpico Serpico 19 novembre 2012 00:35

                Supertocard

                Je n’ai jamais dit que l’Iran était tout gentil. Votre procédé est typique des fachos médiatique qui veulent diaboliser façon McDo : très vite et sur n’importe quoi, pourvu que le dindon qui regarde gobe.

                Ce que je vise c’est le réflexe systématique de tout coller à l’ennemi désigné par les propagandistes de l’occident comme si les dindons en question étaient vraiment décérébrés.

                C’est pourtant assez évident : des troupes de citoyens « sages et avisés » sont persuadés, sans jamais avoir vu ni l’Iran ni même un iranien ni rien vérifié par eux-mêmes, que si la télé désigne un ennemi, c’est que c’est « tamponné ».

                Je suis même persuadé que c’est encore beaucoup plus fluide : ils ne réfléchissent même pas.

                Quand la propagande tonne, c’est Dieu en personne qui tchatche.


              • Serpico Serpico 19 novembre 2012 00:37

                Alinea

                Les Klingons et les Daleks sont des potes aux Romuliens et aux Ferengis.

                Quoique...


              • SuperConnard 19 novembre 2012 01:16

                @Serpico, votre capacité à vous rapprocher aussi rapidement du point Godwin est un bon indicateur du fait qu’il n’est même pas utile d’argumenter avec vous. Restez dans vos certitudes, c’est confortable...

                @Sirocco, je ne nie pas le droit des habitants de Bahreïn à vivre selon leurs souhaits, bien au contraire (que ce soit dans un système politique de type occidental, ou dans n’importe quel autre tant qu’il leur convient). J’ai déjà plus de réticences quant au ingérences étrangères dans un sens ou dans l’autre. Mon propos précédent avait 2 buts :

                Le premier était de réagir aux réactions d’Yves Dornet et de Serpico, qui chacune sont bien trop tranchées pour être intellectuellement honnêtes : non, ni les troubles Syriens ni l’aspiration de Bahreïn ne sont fomentés par les seuls méchants Iraniens, pas plus que par les seuls Occidentaux. Ce genre de post idéologique n’est d’aucune utilité dans le cadre d’une réflexion.

                Le second était de dire que dans tous ces cas, chacun des intervenants y défend ses intérêts. Pour nous c’est le pétrole et la position stratégique, pour l’Iran la sphère d’influence vis à vis des royaumes sunnites. Dans aucun des deux cas il ne s’agit de la liberté des Bahreïni. J’ajouterais que tous les états de globe le font, après c’est une question d’échelle.

              • SuperConnard 19 novembre 2012 01:21

                J’ajoute un dernier point, pour Sirocco. Quand je parlais de « pays en trouble [...] infiltré », je pensais à la Syrie, pas à Bahreïn. Quoiqu’il en soit, je me suis sans doute mal exprimé puisque vous semblez avoir compris « dans le trouble CAR infiltré », alors que je voulais dire « dans le trouble DONC infiltré ». L’aspiration des Bahreïni aux changement est une chose, son exploitation par tous les autres pays en est une autre.


              • bigglop bigglop 19 novembre 2012 01:44

                @Alinéa,
                Référence à Star Trek pour les Klingons et pour les Daleks


              • Serpico Serpico 19 novembre 2012 02:52

                SuperCo

                Bien pratique ce « point Godwin ». Maintenant on peut faire très « perspicace » rien qu’en prononçant cette formule magique.

                Je visais votre attitude qui consiste à dire comme si cela allait de soi, que les iraniens ont infiltré la Syrie.

                J’imagine que partout où il y a des troubles religieux ou impliquant un pays arabe ou musulman, il va de soi pour vous que les iraniens y sont pour quelque chose.

                Parce que c’est évident, ils sont islamistes. par contre, les USA, spécialisés dans les coups tordus et l’infiltration, vous n’y pensez pas ? Moi je pense d’abord aux USA. Chacun son truc.

                Et j’ajoute : je suis anti-islamiste.

                Malhonnête parce que je n’abonde pas dans votre sens ? Parce que ce que vous dites est une évidence indiscutable ?


              • Serpico Serpico 19 novembre 2012 02:55

                Bigglop

                Pas très glop de ta part de mettre les Daleks dans Star Trek.

                (Je sais, tu as mis un lien mais on a parfois la flemme d’aller voir).


              • SuperConnard 19 novembre 2012 04:15

                La Syrie. L’occident y est pour ses raisons, je suis d’accord avec vous. La Russie aussi, probablement la Chine également. La nature humaine étant partout la même, je pense ne pas me tromper en affirmant que l’Iran y est aussi. Cependant à mon sens aucun des 4 n’a déclenché cette guerre. Mais tous ont des intérêts à y défendre, et s’emploient à les défendre. Il serait d’un angélisme affligeant de prétendre qu’un pays ou groupe de pays (surtout riverain de la zone) d’un poids diplomatique important ignore ce qui se joue là-bas. (Pour ce qui est de l’Iran, eux au moins peuvent se targuer d’y avoir un instrument connu de tous : le Hezbollah)


              • sirocco sirocco 19 novembre 2012 10:46

                @ SuperConnard

                « L’aspiration des Bahreïni aux changement est une chose, son exploitation par tous les autres pays en est une autre. »

                Et si les Bahreïniens n’avaient pas commencé à se soulever parce qu’ils étaient manipulés par des fomentateurs étrangers comme vous le pensez, mais tous simplement par un sursaut interne des habitants opprimés, en voyant le « printemps arabe » et les révolutions qui avaient éclaté en Tunisie et en Egypte, et en se disant que c’était le moment de se libérer du carcan de la minorité sunnite imposé par la monarchie en place ?

                Vous êtes-vous seulement demandé si le soulèvement des Bahreïniens, réprimé dans le sang, n’aurait pas pu se produire sans la présence d’incitateurs étrangers et si le fait d’accuser l’Iran ne serait pas un argument classique de la propagande occidentale ?

                La seule présence étrangère incontestable sur place (filmée par des journalistes allemands et de toute façon reconnue par le pouvoir) est celle de troupes venues d’Arabie Saoudite avec du matériel de guerre pour mater les émeutes.

                Pour ce qui est de l’exploitation de ce petit pays, les USA sont assez bien placés : ils y possèdent une base militaire...


              • alinea Alinea 19 novembre 2012 10:57

                Merci Serpico et bigglop : c’est pour ça que je ne comprenais pas ! Je n’ai pas vu Star trek !


              • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 19 novembre 2012 12:02

                Je suppose que vous parler de l’opposition entre chiites et sunnites ?

                L’Otan, dont la France, soutient les projets sunnites, autant le dire clairement, avec en tête,
                l’ Arabie Séoudite.

                Le projet est de substituer un axe sunnite : Arabie Séoudite/ Quatar / Turquie, à l’axe Chiite actuel Iran/ Irak/ Syrie/ Liban, soutenus par la Russie.

                Le tout sur un fond de maîtrise du pétrole et du gaz dans cette zone du Grand Moyen orient.
                Vous avez dit démocratie ?


              • SuperConnard 19 novembre 2012 18:37
                Sirocco :

                Et si les Bahreïniens n’avaient pas commencé à se soulever parce qu’ils étaient manipulés par des fomentateurs étrangers comme vous le pensez, mais tous simplement par un sursaut interne des habitants opprimés

                Mais c’est ce que je pense depuis le début. Après, reste à savoir si effectivement il s’agit d’un mouvement de fond et majoritaire. L’objet de mon propos était qu’il était naïf de ne considérer que seul un « camp », en l’occurrence l’occident selon Serpico, s’ingérait dans ce soulèvement interne à son profit.

              • bigglop bigglop 19 novembre 2012 19:07

                @Serpico,
                Amen, mon post était mal rédigé d’où cette confusion.

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