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Accueil du site > Tribune Libre > Malgré les OGM, les super mauvaises herbes font de la résistance

Malgré les OGM, les super mauvaises herbes font de la résistance

 Cercle vicieux de l'agrobusiness et fuite en avant des semenciers

 Cela avait été prévu. Comme pour les antibiotiques, c'est automatique : plus on en prend, plus on donne à certaines bactéries des capacités de résistance redoublées. Les lois darwiniennes s'appliquent aussi à la micobiologie.

Plus on multiplie et renforce les herbicides en agriculture, plus on fait apparaître des espèces d' herbes résistantes, ce qui entraîne l'usage d'herbicides renforcés et l'entrée en scène d'OGM spécifiques :

"Les mauvaises herbes peuvent réduire grandement le rendement des cultures. En effet, elles entrent en concurrence avec les plantes agricoles pour les nutriments du sol, l’eau et la lumière. Afin d’éliminer les plantes indésirables, les cultivateurs peuvent vaporiser leurs champs avec des herbicides chimiques. Il existe plusieurs types d’herbicides, différenciés selon les familles de végétaux qu’ils détruisent.
Les herbicides à spectre large détruisent la majorité des plantes. Ils ne peuvent donc pas être appliqués au champ quand les plants cultivés ont commencé à pousser. Ce type d’herbicide est le plus souvent vaporisé en pré-émergence, c’est-à-dire avant que les plantes cultivées ne sortent de terre. Les mauvaises herbes qui apparaissent après la sortie des cultures sont éliminées d’une autre façon, souvent mécaniquement.
Depuis peu, il existe de nouveaux herbicides post-émergence avec un spectre plus restreint qui permettent aux fermiers d’éliminer les mauvaises herbes en vaporisant directement les cultures. Comme ce type d’herbicide détruit moins de variétés de plantes, les agriculteurs doivent traiter leurs champs plus souvent afin de détruire toutes les mauvaises herbes.
Les chercheurs ont développé des plantes transgéniques tolérantes aux herbicides à spectre large. Ainsi, les agriculteurs peuvent vaporiser leurs champs n’importe quand pour détruire toutes les mauvaises herbes, sans nuire aux cultures. La culture de ce type d’OGM devrait permettre, théoriquement, de réduire le nombre d’applications d’herbicides....
"

  On avait fait croire que cela allait simplifier la vie de l'agriculture et multiplier les rendements.

  C'est bien le contraire qui se produit.. C'est surtout aux USA, où Monsanto, vainqueur de la guerre chimique, mène le bal agricole, que ces effets pervers se manifestent le plus massivement. La menace de super-mauvaises herbes n'est pas un fantasme. Les OGM ne tiennent pas leurs (fausses) promesses. 

("...Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland..."

Les conséquences ne sont pas minimes...Elles étaient prévisibles :

"L’une des conséquences de l’agriculture aux OGM : le recours à des quantités de plus en plus massives de pesticides nocifs pour la santé et l’écosystème. Quelques années seulement après la mise sur le marché des semences de Monsanto Roundup Ready, génétiquement modifiées pour être résistantes à un pesticide, le Roundup (également vendu par Monsanto), « les mauvaises herbes ont développé une résistance au glyphosate (le principal composant du Roundup Ready) et les agriculteurs se sont mis à appliquer de plus en plus d’herbicides : la consommation totale d’herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010 », y lit-on... La situation est de plus en plus préoccupante. Quand des mauvaises herbes résistantes étaient recensées dans cinq États américains en 2005, on en compte dans une douzaine d’États en 2012, indique Food and Water Watch. Et cette évolution met les spécialistes d’autant plus en colère qu’elle était parfaitement prévisible, comme le rappelle l’agronome Chuck Benbrook..."

Certaines cultures sont parfois abandonnées aux USA

  Il y a OGM et OGM  .....(quoique...)

Dans le domaine agricole, la plupart de leurs utilisations actuelles posent problème, pour ne parler que du domaine de la production.

Par exemple, " La mise au point de variétés GM de soja résistantes à (ces) trois herbicides vise à « fournir un outil important aux cultivateurs de soja faisant face aux adventices » devenues résistantes aux herbicides classiques comme le Roundup. Ce phénomène de plantes devenant résistantes à des herbicides, dont ceux à base de glyphosate, a été abordé par l’expertise collective Inra – CNRS qui, début 2012, concluait que ce problème était confirmé avec plus de 200 espèces végétales résistantes à un herbicide, voire à plusieurs. Les mécanismes d’acquisition de la résistance sont : « espèces moins sensibles à l’herbicide, plantes devenues résistantes par mutation spontanée, et plantes ayant acquis le caractère de tolérance par croisement avec la Variété Tolérante aux Herbicides » . Aux Etats-Unis, en 2010, le congrès avait conduit des auditions d’agriculteurs sur le sujet du fait de l’ampleur que prenait ce phénomène, et de son côté, Monsanto formulait une offre de rabais aux agriculteurs qui multiplient l’usage des herbicides pour lutter contre les herbes résistantes au Roundup.
Ce maïs multi-tolérant aux herbicides interroge quant aux méthodes de lutte contre les adventices résistantes aux herbicides, en utilisant les mêmes moyens que ceux qui ont généré le problème. A quand un vrai changement de paradigme avec la mise en place de modèles agricoles alternatifs ?.."

  L'agriculture est une chose trop sérieuse pour être laissée aux lobbies de la chimie, à la logique de l'agrobusiness...


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11 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 26 août 2013 11:07

    La nature sera toujours plus forte que nos apprentis-sorciers.

    On le sait tous, l’introduction des semences OGM n’a pour seul objectif que de mettre en place un monopole sur les semences. Cela leur prend du temps, mais ils avancent .
    Pourtant les déceptions sont nombreuses. A court/moyen terme, les variétés OGM ne répondent pas aux promesses annoncés, dont les économies d’herbicides et d’insecticides. Par conséquent, que leur reste t-il comme avantages ? Aucun que je sache alors que l’on s’interroge toujours -en fait il semble bien que les preuves sont là- sur leur nocivité.

    Et comme toujours lorsque l’on regarde la « politique » d’une multinationale, qu’elle soit pharmaceutique, cigarettiers, chimique, semencière ... on fait le tragique constat que SON SEUL OBJECTIF EST LE PROFIT IMMEDIAT, ,au détriment du futur.

    Ce qui est encore plus tragique c’est que les différents choix,dont le prochain « traité transatlantique » vise à leur donner encore plus de force, avec la possibilité de déposer plainte contre des pays qui s’opposeraient à leurs pratiques et monopole.

    On constate donc que le monde (donc nous) est de plus en plus aux mains de sociopathes cupides ... et que nos dirigeants sont à leur service.

    Très inquiétant est l’avenir.

    Vite, vite ... d’autres SNOWDEN ou MANNINGS pour démasquer le Sytème en place. Qui sera suffisamment courageux ?


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 26 août 2013 12:00

      Bonjour, «  » extrait d’un autre article du jour : il ne travaille pas sa terre. Il sème la récolte avec un semoir importé du Brésil qui dépose la graine dans le sol, puis rebouche la terre après son passage. Cet outil ne laisse quasiment aucune trace. A la différence du labour, il ne perturbe pas la microfaune et la microflore souterraines. En surface, Philippe Lemey cultive une dizaine de plantes, à l’image du sarrasin et du trèfle d’Alexandrie couplées avec de la paille. Ce mélange donne un parfait équilibre azote-carbone. En se dégradant, il nourrit les sols. En quelques années, le pourcentage de terre noire de ses champs est passé de 1,2 % à 3,5 %. Le sol de son exploitation devient naturellement de plus en plus riche en matière organique, ce qui augmente sa fertilité sans avoir recours à des engrais chimiques. Cette méthode de production protège aussi davantage ses récoltes des aléas climatiques. Le couvert végétal sert d’isolant. Si bien que ses cultures sont moins impactées que celles de ses voisins en cas de froid ou de forte chaleur. Le sol de son exploitation a plus de réserves d’eau. Ses céréales sont en outre moins attaquées par certains parasites et maladies puisqu’il diversifie ses cultures. Par exemple, pour le blé, il plante huit variétés différentes sur la même parcelle. Cela désoriente les insectes et limite l’impact d’une maladie sur la récolte entière. Enfin, l’agriculture meusien n’utilise pas d’insecticides. « A long terme, c’est un mauvais calcul ». Par exemple, en pulvérisant de l’anti-limace, il tuerait les limaces mais aussi leur prédateur, un scarabée noir. Par conséquent, le nombre de limaces augmenterait au fil des ans et il serait obligé d’acheter toujours plus de produit. Les champs de Philippe Lemey sont également devenus des îlots de survie pour les vers de terre anéciques. Ces derniers, qui ne peuvent pas se développer dans les sols labourés, creusent des galeries verticales dans le sol qui drainent et oxygènent la terre. C’est un cercle vertueux. Plus le sol est riche, plus ces vers prospèrent et plus ils le bonifient. source : http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/agriculture-revenir-aux-sources-140015


      • aimable 26 août 2013 12:08

        bonjour !!

        je trouve que la nature est bien faite , alors pourquoi vouloir la changer a tout « prix » , vivons en harmonie avec elle , respectons la ( nous qui voulons tant être respectés ) elle nous donnera tout ce l ’on a besoin !
        la richesse va a l’encontre de la nature !


        • ZEN ZEN 26 août 2013 12:32

          Aimable, bonjour
          Je ne partage pas votre rousseauisme
          Depuis le néolithique surtout, point de départ de l’agriculture, l’homme a dû lutter et ruser avec les forces naturelles.
          Mais l’intelligence et le bon sens de l’homme peuvent permettre d’ établir un équilibre relatif avec ces forces vitales, comme on le voit par exemple dans l’article de Blé, paru aujourd’hui.


          • aimable 26 août 2013 14:39

            tant que l’homme canalise raisonnablement la nature, l’équilibre n’est pas rompu , mais vouloir la modifier est suicidaire  !


          • Loatse Loatse 26 août 2013 14:05

            Bonjour Zen et tous,

            Les modes d’action des herbicides sont fondés sur :

            • la perturbation de la photosynthèse,
            • l’inhibition de la synthèse des lipides,
            • l’inhibition de la synthèse des acides aminés,
            • la perturbation de la régulation de l’auxine,
            • l’inhibition de la division cellulaire à la métaphase
            • l’inhibition de la synthèse des caroténoïdes (pigments protecteurs des chlorophylles),
            • l’inhibition de la synthèse de l’enzyme PPO (protoporphyrinogène oxydase) conduisant à la synthèse des chlorophylles,
            • la dérégulation des PH entre les différents compartiments cellulaires ou découplants,
            • la perturbation de la croissance.

            En France, les pollutions de l’eau causées par les produits phytopharmaceutiques sont (en termes de nombre de molécules et de tonnages de produit) principalement dues aux herbicides de synthèse.

            (source wikipédia)

            Et donc toutes ces saloperies chimiques finissent et dans notre assiette et dans nos verres...

            en plus, il apparait à la lecture de cet article que la loi de sélection naturelle, n’échappe pas au règne végétal.. comme les moustiques, les cafards, les poux ; seules les « individus » (les plants) les plus résistants finissent par se reproduire...et donc on augmente les doses, ce qui produit une nouvelle selection... et le cercle vicieux n’en finit pas

            Histoire de selection naturelle, Il en sera peut être de même avec les humains, seuls ceux qui cultivent leur lopin de terre à la montagne (loin de tout champ traité chimiquement), buvant l’eau à la source subsisteront...

            Un résistant au roundup : (« comme au temps d’avant »- rubrique du 5 juin 2013)
            http://crobardures.canalblog.com/archives/2013/06/05/27340719.html


            • alberto alberto 26 août 2013 15:29

              Salut ZEN,

              Heureux d’apprendre que quelque chose fait, enfin, de la résistance à Monsanto !

              Ceci-dit, j’ai quand même remarqué un truc : c’est que dans les émissions des radios, où des « spécialistes » viennent dispenser leurs savoirs et conseils sur le jardinage, ils sont enfin de plus plus nombreux à déconseiller les pesticides, herbicides, insecticides et autres merdicides à leurs auditeurs-trices...

              D’autant que ces produits coutent chers et sont souvent toxiques pour les gens y compris et surtout les enfants : Voir les affections dont souffrent de nombreux agriculteurs et leurs enfants !

              J’ai par ailleurs ouï dire que pour Monsanto ça ne se passait plus aussi bien en Inde ?

              Bien à toi.


              • ZEN ZEN 26 août 2013 18:38

                De quoi, à qui parle Lyon, qui n’a jamais rien à dire sur le fond... ?
                Pas gentil pour alberto...


                • herbe herbe 26 août 2013 22:21

                  Oui...Changement de paradigme nécessaire et urgent....


                  • Le421 Le421 27 août 2013 13:31

                    J’ai interdit de séjour toute forme d’OGM dans mon jardin. Vous aussi ?? Pourtant, ces magnifiques « hybrides F1 » en vente dans tout bon magasin sont en quantité pléthorique...
                    Il y a bien quelqu’un qui en achète.
                    J’ai mangé à midi de la « noire de crimée »... Extraordinaire en goût !! Pas présentable pour deux sous. Cette tomate à chair noirâtre, on la croirait pas mûre. Ils en vendraient pas une en grande surface.
                    Et pourtant...

                    Et puis non !! Ces algues vertes, en Bretagne, c’est un accident à l’usine Ripolin. Et pi c’est tout !!

                    La résistance, c’est aussi à nous de la faire. Le boycott, c’est facile, c’est pacifique, c’est imparable.


                    • gilook 27 août 2013 18:01

                      Tous les OGM ne doivent pas être mis dans le même sac:Il faut bien distinguer par exemple les OGM tolérants aux herbicides ( Soja, betterave par exemple) qui n’ont jamais eu l’ambition de réduire les traitements herbicides mais de favoriser le non labour,( une pratique reconnue écologiquement positive pour la qualité des sols) et les OGM résistants aux insectes ( Ex:Maïs et coton) qui permettent effectivement de supprimer des traitements insecticides. Les agriculteurs savent bien que toute utilisation répétée du même herbicide entraine à terme un phénomène de résistance des plantes. C’est une loi de la biologie des plantes qui est vraie pour le glyphosate comme pour les autres herbicides ( et pour les insecticides). Si on veut retarder l’apparition de ce phénomène de résistance, il faut alterner les molécules chimiques des herbicides et faire des rotations de culture. On peut aussi supprimer totalement les herbicides chimiques mais alors il faut passer souvent dans les champs pour éliminer les mauvaises herbes mécaniquement, ce qui coûte tres cher en pétrole et en pollution ( CO2).Le zéro défaut n’existe pas ! 

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