Il faudrait savoir ce que sont devenus les pompes à louanges journalistiques qui nous disaient en 2008 que Nicolas Sarkozy avait sauvé l'Europe de la crise et par la même bonne occasion l'euro. Il y a quelques mois encore, puis quelques semaines et enfin quelques jours, ce furent toujours les mêmes articles : Sarkozy le sauveur de l'Europe et de l'euro. Que tout cela est étrange et surtout bien propagandiste tout en étant à mille lieues de la vérité. Ici la répétition des victoires est la preuve d'une succession d'échecs car il a fallu à nouveau intervenir. Certes à la fin, la toute dernière victoire célébrée, le feu est éteint mais il n'y a plus ni maison ni habitants. Ils sont partis en fumée.
S'il devait y avoir un prix pour tout cela et que nous devions en décerner le premier - ne parlons pas des chantres de l'UMP, leurs chansons sont écrites au château et ils ne font que la bêler avec des porte-voix - ce serait sans aucune compétition au Figaro : Sarkozy endosse ses habits de « président des crises »
Le contenu de l'article est édifiant : Quel que soit le résultat du G20, Nicolas Sarkozy espère qu'il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions. Pour son entourage, « le président des crises » apparaît complètement à son affaire au moment où François Hollande « se contente d'ironiser sur le chef de l'État », avance un proche du président. « La semaine dernière, Hollande aurait dû saluer l'accord de Bruxelles au lieu de faire du Montebourg en regrettant que l'Europe se soit mise dans les mains de la Chine », avance ce proche. « Ce n'est pas une attitude d'homme d'État, surtout de la part d'un fils spirituel de Jacques Delors », constate ce dernier. […] Pendant que François Hollande semble chercher encore les bons réglages face à cette crise qui se durcit et se répand, Nicolas Sarkozy continue de creuser son sillon de président au travail. De plus en plus, les tourbillons et les cyclones qui balayent les grandes économies de la planète apparaissent aux proches du président comme la voie qui lui permettra de reconquérir une opinion qui lui reste pour le moment largement réfractaire.
Avant d'aller plus loin, on voit tout ce que cette crise a d'important pour le Président de la République, selon le Figaro. Régler le problème de la crise ? Epargner les Français ? Non, que nenni : De plus en plus, les tourbillons et les cyclones qui balayent les grandes économies de la planète apparaissent aux proches du président comme la voie qui lui permettra de reconquérir une opinion
Mais ceci nous le savons depuis que la terre tourne autour du soleil, le seul credo de Sarkozy c'est : faire un coup politique. Et ce avec tout ce qui lui tombe sous la main : un attentat, une guerre, un otage, un assassinat, une crise. Tout fait ventre comme disent les grand-mères. Ce qui est merveilleux c'est ceci : Nicolas Sarkozy espère qu'il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions.
En effet, pour le Figaro, trouver des solutions est une bonne chose. Je parle ici du pluriel. Pourtant ce même Figaro, et nombre d'autres journaux, journalistes, éditorialistes, économistes, politologues nous avaient dit qu'en 2008 Nicolas Sarkozy, président de l'Europe comme il se nommait lui-même, avait tout réglé en deux coups de cuiller à pot. Or quelques-uns - dont je faisais modestement partie - avaient dit que cette gestion de crise de 2008 avait été catastrophique (et c'était en son temps. Pauvres Cassandre que nous étions !). Elle avait commencé avec un très grand retard (dix jours), dans l'intimité et en vexant nombreux pays européens. Seuls quatre furent invités dans un premier temps. Ensuite on a fini par réunir tout le monde. Enfin aucune politique commune ne fut décidée. Ce fut chacun pour soi avec autant de méthodes que de pays concernés. L'Europe n'était pas un ensemble uni dans l'adversité qui prenait à bras le corps cette crise, qui y mettait solidarité et moyens en frappant un grand coup : protection de la zone euro par un grand emprunt de forte ampleur, sécurisation de tous les pays par une solidarité commune. Non ce fut le parfait opposé : égoïsmes démultipliés, solutions personnelles et parfois opposées. Sarkozy avait l'immense occasion de donner sens et vie cette Europe, il a raté ce moment historique, pour notre malheur. De cette gestion catastrophique est née la suite. En effet le désordre entraîne le désordre, c'est une loi de la physique. La non solidarité entraîne des chutes plus importantes qui à leur tour entraînent les non solidaires avec eux car l'économie est interdépendante. La non solidarité a des conséquences tragiques. Les premiers pays en difficultés voient leur taux grimper de façon insoutenable et c'est la spirale qui aboutit à ce que vit la Grèce. Et tout cela renforce les égoïsme qui renforcent la crise. Le diable se mord la queue dans une spirale infernale jusqu'aux enfers.
Sarkozy, grand ordonnateur européen a été l'initiateur par sa gestion minable de l'ouragan qui sévit aujourd'hui.
Trois ans plus tard la crise est amplifiée malgré sa résolution par le pompier pyromane. Cette présidence de l'Europe ne lui suffisant pas, Sarkozy a voulu être le président du monde en tant que président du G 7, G8, G9 et G 20 devenu G 27 (ah que les nombres sont beaux). En réalité c'est plutôt un « j'ai zéro » !
Il voulait ce nouveau hochet, mais qu'en a-t-il fait ? Il aurait dû donner cette impulsion magnifique (que c'est beau !) qui aurait permis de résoudre cette crise. Qu'a-t-il fait ? Railler Cameron et Berlusconi, parti de très nombreux jours en vacances, a fait du vélo, des réunions avec tous les caciques de l'UMP de façon hebdomadaire ou pluri-hebdomadaire, a fait sa campagne électorale dans nos villes et campagnes, s'est tu, n'a eu de cesse de faire des réunions inutiles avec Merkel qui annonçaient, non qu'ils feraient quelque chose d'efficace, mais d'autres réunions en s'en glorifiant à grands coups d'olifant. En quelque sorte de l'immobilisme braillard. C'est la grande pagaille. Papandréou veut un referendum, puis ne le veut plus. On appelle la Chine à la rescousse, le couple franco-allemand n'est qu'une funeste rigolade, l'Allemagne impose ses vues et tout cela pour quoi ? Pour voler d'échec en échec.
Revenons en donc à ces solutions au pluriel. Si Sarkozy avait été ce qu'un simple d'esprit aurait fait dès 2008, il aurait trouvé la solution, la première et seule nécessaire qui aurait tout résolu (solution dans le sens d'un plan ordonné, concerté, cohérent bien sûr). Mais comme un pompier pyromane, il rate la première solution et met du kérozène sur le feu. Alors il fait un grand discours, s'auto-congratule, célèbre son énergie, transforme la situation en tragédie grecque (et la tragédie grecque n'a pas besoin de lui, elle y réussit toute seule) et la crise s'aggrave. Alors il déclare qu'il va la résoudre, remet un peu de fuel et déclare que tout est sauvé jusqua'à la crise suivante. Et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui. Il serait intéressant de citer le nombre de fois où Le Figaro a décrété que Sarkozy avait sauvé l'Europe et l'euro. Intéressant et instructif. Cela se traduit par, en réalité, que chaque nouvelle victoire est la preuve de l'échec de la solution précédente. Et c'est là l'important : chaque nouvelle corne de triomphe sacralise et démontre que la fois d'avant a été un échec magistral.
Ce qui est donc extraordinaire c'est qu'il va peut-être réussir à faire croire qu'il est le rempart contre la catastrophe alors qu'une analyse saine et simple prouve que ses actions n'ont été que des échecs successifs. C'est ce coup du sort extraordinaire qui risquerait de nous accabler : le pompier pyromane qui se fait photographier avec une lance à la main devant une maison en ruines et encore fumante, alors que son autre main déverse du bio-carburant afin qu'il revienne un autre jour sur le devant de la scène pour nous montrer comment il va éteindre un nouveau feu.
Le Figaro encourage donc le pyromane à être pyromane et lui donne des médailles à la partie suivante quand elle n'est pas terminée, mais juste quand il a très bien parlé en oubliant que la précédente a été un énorme échec et que la suivante la rejoindra dans son tombeau.
Sarkozy est définitivement le fossoyeur de l'économie. Qu'on se le dise. Faites passer.
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