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Accueil du site > Tribune Libre > On ne badine pas avec l’agrochimie

On ne badine pas avec l’agrochimie

La commission européenne ne veut plus payer : elle se soumet.

Pas besoin de kalachnikov pour attenter à la vie des abeilles ; des bourdons bien payés s'infiltrent partout. Pas besoin de TAFTA pour que l'agrochimie intente des procès à l'UE qui, sous la pression des citoyens a interdit l'accès à certains pesticides. À peine un est-il interdit qu'un autre naît et passe, en catimini.

 

 Le texte de Pollinis ( Pollinis <contact@pollinis.org> ) est explicite :

 

« Cher ami,

Des millions de citoyens ignorent encore la gigantesque entourloupe qui a eu lieu cet été à Bruxelles, et les arrangements en catimini des lobbies agrochimiques pour faire autoriser, au mépris des lois protégeant les pollinisateurs, un nouveau pesticide tueur d'abeilles dernière génération, le Sulfoxaflor (1).

Aidez-nous à faire éclater le scandale !

Alors même que les règlements européens exigent que des tests abeilles soient menés avant la mise sur le marché de nouveaux pesticides(2), et que l'EFSA, l'Autorité sanitaire européenne, elle-même reconnaît que ces tests n'ont pas été menés - alors que d'après son rapport le produit présente un "risque élevé pour les abeilles"… (3)

... les lobbies agrochimiques ont réussi par un tour de force incroyable à faire autoriser ce pesticide en Europe. Et ce, alors qu'il vient même d'être interdit aux États-Unis à cause de sa toxicité sur les pollinisateurs ! (4)

Ces puissants groupes de pression disposent d'un arsenal incroyable pour influer sur les décisions européennes – je vais vous en dire plus dans quelques lignes.

Aujourd'hui Pollinis a besoin de votre soutien pour révéler ces abus le plus largement possible en Europe, et convaincre un maximum de citoyens qu'il devient urgent de s'opposer massivement, par notre nombre et notre poids, aux actions qui permettent à quelques grosses firmes agrochimiques de faire la loi en Europe.

Savez-vous comment les lobbies s'y prennent pour imposer leurs produits aux institutions européennes ?

--- Infiltration des comités scientifiques : comme personne dans les institutions européennes n’est capable de mener les tests scientifiques nécessaires pour évaluer la dangerosité d’un pesticide sur les abeilles(5), les autorités sanitaires délèguent ce travail à un groupe « informel » d’experts, l’ICPBR (International Commission on Plant-Bee Relationships) qui, lui, est composé aux deux tiers par... des membres de l’industrie agrochimique !(6)

--- Infiltration des comités consultatifs : parmi les 943 conseillers à l'agriculture auprès de la Commission européenne, 80% représentent des groupes d'intérêts qui défendent l'agriculture intensive, ou viennent directement de l'industrie agro-alimentaire. Ces conseillers sont là entre autres pour... aider la Commission dans l'autorisation de nouvelles substances en Europe ! (7)

--- Armées de lobbyistes sur place à Bruxelles pour faire pression directement sur les décideurs politiques, tisser des réseaux jusque dans les bureaux les plus reclus de la Commission, organiser des RDV privés dont aucun compte-rendu n'est disponible... Au total, ce sont plus de 400 lobbyistes professionnels qui travaillent ainsi d'arrache-pied à Bruxelles pour défendre les intérêts de l'agrochimie et l'agriculture industrielle. Et en face, à peine une poignée de défenseurs des citoyens pour les contrer...

--- Financements scientifiques et académiques de grande ampleur pour blanchir leurs produits. C'est par exemple la fameuse bataille des études scientifiques qui a eu lieu ces derniers mois à Bruxelles au sujet des pesticides néonicotinoïdes : alors qu'une bonne centaine d'études indépendantes montrent la nocivité extrême de ces pesticides pour les abeilles (8), l'agrochimie se paye de son côté un nombre encore plus grand d'études démontrant le contraire. Résultat : les autorités européennes chargées de trancher ont été inondées par les études de l'agrochimie, et il a fallu une mobilisation incroyable des scientifiques et des associations de citoyens qui les soutiennent pour continuer à peser dans la balance !

--- Chantage à la délocalisation et pressions diverses sur les responsables politiques : Quand, malgré cette mainmise incroyable sur les décisions européennes, les citoyens arrivent à convaincre la Commission et le Parlement d'agir dans leur intérêt… les lobbies utilisent l'appareil juridique ! C'est ce qui s'est passé avec le moratoire sur les trois néonicotinoïdes : après une bataille de deux ans des associations de citoyens, d'apiculteurs et de défenseurs de l'environnement, la Commission a été contrainte d'interdire pendant deux ans trois de ces pesticides tueurs d'abeilles : Résultat : Bayer, BASF et Syngenta ont immédiatement démarré un procès. (9)

Alors oui, on peut le dire : les lobbies ont leurs pions partout. Et la bataille va être longue pour que les citoyens reprennent le pouvoir qui leur a été confisqué.

...

Une procédure d'objection a été déposée au Parlement européen pour annuler la décision de la Commission – elle a été, on pouvait s'y attendre, aussitôt déboutée – et un collectif d'apiculteurs va porter l'affaire auprès de la Cour de Justice de l'Union Européenne. »

Nicolas Laarman

Délégué général

 

 

J'ai déjà beaucoup écrit sur les abeilles, je ne me répéterai donc pas. Seulement, la leçon est bel et bien que l'hydre a tant de têtes, que pour une abattue, trois ressortent. Et je dois avouer qu'en plus d'être écoeurée, je suis découragée.

Ces pesticides, on les avalent nous aussi.

Un hasard, sûrement, chez moi dix fois moins de martinets, d'hirondelles et de chauve-souris qu'il y a ne serait-ce que dix ans. Nulle part en plaine cultivée « ça bourdonne », il faut s'installer sous le tilleul d'un jardin ou sous la glycine d'une pergola, à la bonne saison pour s'enivrer des battements d'ailes ; plus de papillons ou rares comme des réminiscences ; cela fait deux ans que je pollinise mes cucurbitacées. Quand on sait la quantité de fleurs qu'il faut pour faire miellée, c'est à dire pour attirer des essaims de loin, on baisse les bras à planter du romarin en haie. Une ligne de robiniers, des touffes de lavande... nous sommes dérisoires.

Tirer le fil de l'agriculture, et de tous ses méfaits, tirer celui de l'élevage et de toutes ses horreurs, c'est tisser autour de nous la nasse visible, effrayante de notre irresponsabilité.

Les citadins nous disent : mais en ville il y a des ruches ! Bonjour les microparticules !

Il reste quelques îlots de terre, de collines boisées, de garrigue inviolables par les socs des charrues larges comme des chaussées. Sinon partout la mort, sous le béton, le goudron et les sols inertes qui nourrissent si bien les hommes !

Beaucoup d'argent dépensé pour faire de la « nature » un terrain de jeu ; bientôt autant pour en faire un atelier éducatif.

Pourtant la nature est gratuite, elle nous enrobe, nous transmet sa force par toutes les fibres de notre corps, et de notre âme ; elle s'impose, s'invite dans nos jardins, nous grandit, nous console et nous laisse à notre place, minuscule. Et ce bonheur sans nom, nous le refusons et nous acharnons à le détruire à jamais.

Nous perdons tout à la perdre. Requiem.

 

 


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36 réactions à cet article    


  • Hector Hector 4 décembre 2015 11:14

    Bonjour Aline,
    Adhésion totale à cet article qui nous met encore une fois devant le fait accompli.
    Découragé, c’est bien ça.
    Ces gens sont en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis et il nous est impossible de nous y opposer !!!!
    Comment se peut-il qu’il n’aient pas plus de conscience ? 
    Comment nos élus peuvent-ils accréditer de tels produits ?
    Comment peuvent-ils ignorer les dégâts irréversibles fait journellement à notre environnement dans le but unique de gagner plus de fric ?
    Comment nos concitoyens peuvent-ils encore élire de tels voyous ?
    C’est à ne pas croire.
    Voila dans quoi il aurait du investir le Zuckerberg joli avec sa bonne gueule de gentil écolo.
    Le fric pourrit tout et il pourrira notre planète.


    • alinea alinea 4 décembre 2015 12:38

      @Hector
      Le problème est que les insecticides ’ traditionnels ( et comment un insecticide saurait reconnaître les bons insectes des mauvais ? Les utiles des nuisibles ?) ne tuent plus !!
      Il faut tout revoir, et surtout la monoculture, les surfaces gigantesques sans haies, sans arbres, les sols morts, les plantes trafiquées...
      Tout est à revoir, tout est à détricoter puis à reconstruire ; alors, la tâche est ardue, en attendant, si on peut s’en tirer...après moi le déluge !! C’est pourtant un défi qui devrait mobiliser toutes les énergies, toutes les passions !


    • Gabriel Gabriel 4 décembre 2015 11:17

      Bonjour Alinéa,

      La nature, le vivant, les sentiments, tout, l’homme a absolument tout transformé en business et cela quelle qu’en soit les conséquences. Une chose que je trouve absolument surréaliste, le summum de la bêtise c’est que cette créature que l’on dit évoluée, massacre son environnement, son écosystème, son air, son eau enfin les éléments indispensables à sa vie pour des illusions qui ne lui apporteront que déception, frustration, une fois l’inutile fantasme assouvi. Scier la branche sur laquelle il est assis, quelle perversion et quel manque d’imagination…


      • alinea alinea 4 décembre 2015 12:33

        @Gabriel
        Il y a quelque chose de si incompréhensible que l’on en reste sidéré. L’état de sidération, je connais, c’est une pathologie dont on sort difficilement...


      • bourrico 7 4 décembre 2015 12:13

        On ne peut les arrêter, trop d’argent, trop de pouvoir.

        Pour les arrêter il faut que le modèle soit détruit, le cadre, tout, ce n’est pas demain la veille.

        C’est la fuite en avant d’un modèle sans queue ni tête.
        Ecoutez les, d’après eux, le but ultime de l’Humanité c’est le business sans entrave, ils nous parlent d’avenir radieux, mais il n’y aura pas longtemps d’avenir à ce rythme.
        Ecoutez les, ces nuisibles, ces parasites, ces assassins en puissances, vous en avez un beau spécimen ici, le Spartacul, et son larbin de service, la raclure.
        Nous sommes dans la situation de ces pêcheurs qui voient leur ressource vitale décliner inexorablement, mais ne peuvent se décider à changer avant qu’elle n’ai disparue, sauf que nous n’avons pas de planète de rechange.
        Nous sommes un fumeur cancéreux en phase terminale incapable de s’arrêter jusqu’au dernier souffle.

        L’Humanité erre sans tête, sans but, et elle va se ramasser méchamment.

        • alinea alinea 4 décembre 2015 12:31

          @bourrico 7
          Ce qu’il y a, c’est que ce n’est pas toute l’humanité ; il suffit de quelques bactéries pour affaiblir puis tuer un organisme ; il suffit d’abord de quelques cellules, qui prolifèrent, pour tuer un organisme ; il suffit d’un trouble-fête pour gâcher la fête !
          C’est un cancer, les peuples sont affaiblis, si toutes les cellules saines de ces peuples réagissaient et comprenaient qu’il faut se défendre, les peuples vaincraient ! Au lieu de cela, elles abandonnent leur cohérence, se replient sur elles-mêmes et sous la menace pressentie et non conscientisée, elles se mettent en mode anarchie.
          Nous nous abandonnons au sort...


        • Le p’tit Charles 4 décembre 2015 12:31

          +++++

          A Bruxelles nous retrouvons les conquérants de l’inutile...pour une poignée de dollars en plus...

          • joletaxi 4 décembre 2015 13:44

            les pesticides, Monsanto, les sols morts, le fric, le fric,, c’est affreux, on nous tue, on nous vole, heureusement, nous, les « éclairés » on sait et on va édifier un monde nouveau blablabla...

            concernant les abeilles, c’est pas vraiment évident, mais bon, on va pas s’embarrasser de détails, Seralini nous a montré la bonne méthode

            http://www.perc.org/articles/bee-pocalypse-now

            http://climatdeterreur.info/index.php/fr/environnement-et-ecologie/agriculture-ogm-aliments/einstein-les-abeilles-et-les-mensonges

            c’est pas tout ça, c’est combien le crédit carbone pour un bombardement ?


            • alinea alinea 4 décembre 2015 14:19

              @joletaxi
              « on se tue, on se vole » ; personne n’est contraint d’agir ainsi !
              J’ai dit ce que je pensais des abeilles et de l’exploitation qui leur est faite par les apiculteurs ; les apiculteurs ont multiplié par X, le nombre de colonies ; ce sont celles-ci qui sont atteintes.
              Mais pour celles qui vivent leur vie sans exploitant, il y a énormément de problèmes aussi, depuis que l’homme occidental détruit les haies, goudronne, bétonne des hectares et des hectares de terrains fertiles, depuis qu’il plante des haies de conifères-toujours-verts au pollen que les abeilles n’aiment pas... Il y a aussi toutes les ondes qui les touchent, comme nous, et qui redent malades certains humains et dévarient les radars hypersensibles des abeilles ; il y a des miellées attractives et mortifères, il y a l’ignorance et le mépris du naturel...il y a...il y a... c’est ainsi joletaxi, et votre bel optimisme n’y peut rien !


            • oncle archibald 4 décembre 2015 14:31

              @joletaxi : et oui, ne vous déplaise, Alinéa a raison a mille pour cent. Cette année pour la première fois depuis 43 ans que j’habite ma maison de village pas de bruit de transformateur sous le grand tilleul en fleurs ... Rien, Nada .... Quelques rares gros bourdons et pas une seule abeille. 


              Pourtant je ne suis pas dans une zone de monoculture particulièrement exposée à ce risque, il y a juste une grosse entité Monsanto à 6 km qui a loué de très grands champs et produit la du maïs transgénique. C’est tout et à priori ça suffit, ajouté aux saloperies dont usent sans modération les viticulteurs, pour avoir fait disparaître les abeilles, les escargots et les limaces, donc les hérissons qui s’en nourrissaient. 

              C’est vraiment la merde et ça n’est pas le moment d’ironiser. Autre signe qui ne trompe pas : les vols de ruches. Je me demandais qui peut voler une ruche et pourquoi ? Il semble que ce soient des céréaliers qui les volent et les emportent pour les replacer en bordure de leurs champs et assurer la pollinisation de leurs cultures qui ne se fait plus naturellement.

            • alinea alinea 4 décembre 2015 14:37

              @oncle archibald
              Il n’y a pas que les abeilles qui disparaissent, mais ça, les citadins ne le voient pas, ils s’en foutent, au contraire une campagne sans emmerdeurs, c’est quand même le top pour courir, rouler, piqueniquer !!!!


            • oncle archibald 4 décembre 2015 14:41

              @joletaxi : j’ai suivi votre lien vers « climat de terreur », c’est assez marrant de voir accuser le lobby des apiculteurs ... Vous croyez que le lobby des apiculteurs fait le poids par rapport à celui des multinationales de l’industrie agro-alimentaire ? Votre argumentation vous montre bien tel que vous êtes, un inconditionnel du « tout industrie » quelles que soient les conséquences pourvu que le fric rentre à flots et très vite. 


            • alinea alinea 4 décembre 2015 15:00

              @oncle archibald
              Il y a de multiples raisons à la destruction de la nature ; les abeilles en sont le symbole, antérieures à nous sur la terre, humbles et travailleuses, elles sont la matérialisation de nos âmes.
              J’accuse les apiculteurs, depuis quarante ans que l’apiculture est devenue une profession, depuis que des ruchers peuvent contenir plus de quatre cents ruches, depuis qu’on bidouille la race des reines, à l’aveuglette, pour plus de rentabilité, depuis que l’on importe de l’autre bout du monde des reines et leurs prédateurs.
              Je fus apicultrice, jamais travaillé comme ça, je sais de quoi je parle, quand on se foutait de ma gueule !
              Je ne me suis pas fait que des amis !
              Mais je voulais revenir au sujet de l’article ; peut-être tout le monde le savait, l’autorisation de cet insecticide, et aussi la plainte portée contre la commission par Big Chimie.
              Je l’ignorais, je l’ai appris là ; l’étau se resserre ! Je ne m’habituerai pas !


            • oncle archibald 4 décembre 2015 15:03

              @alinea : d’abord merci pour cet article. Quand j’ai acheté cette grande maison de viticulteur avec cave de vinification, chais et écuries en 1972 en m’endettant au delà du raisonnable j’avais en plan B de pouvoir revendre une partie du très grand jardin en cas de nécessité, et aussi de pouvoir vivre quasiment en autarcie en cultivant le potager, en mangeant les fruits des nombreux arbres du jardin et même au besoin en remettant dans leurs locaux vides poules lapins et cochons. 


              Au début j’étais gêné par les abeilles dont je me méfiais beaucoup. On apprend vite qu’elles ont mieux à faire que piquer et mourir puisque c’est leur sort contrairement aux guêpes. Lorsque les soirs d’été nous mangions sur la terrasse les hérissons venaient manger quelques bouts de viande dont ils raffolent quasiment au bout de nos doigts. Ils consommaient aussi les croquettes des chats et hivernaient dans l’ancienne écurie sous les fagots de sarments stokes là. On savait qu’ils étaient là quand on trouvait des crottes en grand nombre, ils se vident avant d’hiberner. 

              En 43 ans mon village de 240 habitants est passé à 850 habitants, trop près de la préfecture il est devenu village dortoir. Le matin devant chez moi c’est le rallye de 8 heures quand ils partent travailler. Il reste deux gros viticulteurs contre une cinquantaine de petits propriétaires au début. Dans le même temps les abeilles et les hérissons sont passés de multitude a plus rien. La cave coopérative à fermé, c’est triste et inquiétant.

            • joletaxi 4 décembre 2015 15:04

              @oncle archibald

              ben oui, les chiffres, les relevés, foutaise, vous, à 6 kms d’un champ de Monsanto, vous avez tout vu.

              Surtout que, comme on le répétera jamais assez, les agriculteurs sont tous des crétins, des imbéciles, et s’ils achètent des merdes dont ils pourrissent leurs champs, c’est pour enrichir des multinationales,et c’est uniquement pour nuire, ils sont comme ça ces gros connards.

              et tout cela sur des sols morts, faut le faire non
              bon les récoltes mondiales rentrent abondantes et de qualité, ce qui permet de faire reculer la faim, malgré une explosion démographique, faut pas demander s’ils utilisaient le purin d’orties
              vraiment des connards quoi.

              Paraît que la production mondiale de miel ne faiblit pas ?

              mon avis, Monsanto doit être derrière ce complot ?,


            • oncle archibald 4 décembre 2015 15:38

              @joletaxi : c’est vrai que certains agriculteurs ne sont pas très fut-fut, et ils ne voient que leur intérêt immédiat . Il y en a d’autres aussi qui font plus de fric avec une petite production bio qu’avec une agriculture « au rendement ». 


              Ce qui est sur c’est que ceux qui cultivent en vue du rendement utilisent des quantités considérables d’engrais et de traitements pour le plus grand bonheur des industriels, qui sont aussi ceux qui leur achètent leurs récoltes, et qui se foutent comme d’une guigne de celui se passera demain. Si les agriculteurs du Gers ne veulent plus faire pousser leur mais trafiqué ils le feront pousser en Argentine et le petit agriculteur restera ruine par le crédit agricole auprès duquel il s’est endetté plus qu’il ne le fallait, juste pour pouvoir produire à outrance.

               Il y a deux mondes bien distincts, celui du fric et celui de la vraie vie. Je ne doutés pas que vous soyez un inconditionnel du premier comme Alinéa ou moi du second.

            • oncle archibald 4 décembre 2015 15:43

              @joletaxi : il est possible que la production mondiale de miel ne faiblisse pas mais la production régionale de miel dans mon coin est en perdition, même si comme le dit Alinéa on observe la comme ailleurs une augmentation de la taille des exploitations permettant sans doute des moyens de commercialisation qui ne sont pas à la portée des artisans. 


            • joletaxi 4 décembre 2015 15:53

              @oncle archibald

              ah si j’étais riche.... tagada tsointsoin

              je vous signale que tout le mais mis en culture est comme vous dites « trafiqué », comme à peu près tout ce que l’on cultive

              ah la belle époque où les grands voiliers allaient sur les côtes chiliennes recueillir le guano qui enrichissait nos cultures( les paysans étaient déjà cons, c’est donc pas d’hier)

              mais faut croire que les sols étaient déjà morts ?

              concernant le fric, cela semble vous poser un problème, mais si vous voulez vous en débarrasser, je me ferai violence ,

              On ne leur a pas dit aux syriens, aux irakiens, aux maliens, aux togolais, et tous les autres que l’on était dans une société de merde, et qu’ils ne connaissaient pas leur bonheur de vivre dans le dénuement et à l’écart de l’argent> ?
              faudrait parce qu’ils viennent même à la nage


            • oncle archibald 4 décembre 2015 16:20

              @joletaxi : vous voulez m’expliquer qu’il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade ? Épargnez vous cette peine, je le sais déjà ! Il en est dans l’agriculture comme en tout, il faut raison garder. Entre ne pas traiter et traiter comme un idiot il y a une marge. Idem pour les engrais. 


              Mais ceux qui avaient un temps été des adeptes du tout chimique au point pour nos viticulteurs de jeter leurs charrues à la décharge en reviennent. Certains qui se contentaient d’épandre de l’engrais en granulés l’hiver et de désherber au Roundup au printemps trouvent effectivement que leur terre est « morte ». D’autres ont toujours préféré s’entendre avec un berger : je te défume ta bergerie et tu me donnes le fumier. Certes il faut le charger sur camion et l’emmener au bord de la vigne, après avoir vidé la benne le recharger sur des remorques, atteler la remorque au tracteur, et se faire suivre par un ouvrier qui a la fourche le fait tomber derrière le tracteur dans la rangée... C’est beaucoup plus « physique », mais finalement beaucoup moins cher pour un meilleur résultat. 

              Idem pour les traitements. Il y en a qui suivent les instructions des produits systémiques hors de prix : traiter quatre fois à quinze jours d’intervalle et c’est bon pour l’année. D’autres traitent avec les produits traditionnels, beaucoup moins agressifs et beaucoup moins chers, soufre et sulfate de fer, dès l’apparition des symptômes de l’oïdium et du mildiou. Certaines années ils traitent deux fois et d’autres années six, c’est selon. Ils appellent cela l’agriculture « raisonnée ». Je me demande bien pourquoi il est nécessaire de préciser que l’on n’est pas trop con, que l’on est capable de « raisonner » et que l’on n’emploie pas plus de produits que nécessaire.

            • aimable 5 décembre 2015 23:51

              @oncle archibald
              quand j’étais enfant , mon père cueillait le miel des abeilles sauvages
              cela fait quelques décennies qu’il n’y a plus d’abeilles sauvages et comme vous j’ai constaté la raréfaction des abeilles domestiques


            • TSS 6 décembre 2015 14:00

              @joletaxi

              http://climatdeterreur.info/index.php/fr/environnement-et-ecologie/agriculture-ogm-aliments/einstein-les-abeilles-et-les-mensonges

              Ca c’est de la foutaise ,j’ai entendu cette phrase attribuée à Einstein bien avant 1994... !!


            • Garibaldi2 4 décembre 2015 14:55

              Dans le jardin de ma maison de campagne, où je vais bientôt m’installer définitivement, en moins de 15 ans j’ai vu disparaitre les abeilles, les vers luisants, les hannetons, les martinets, les crapauds, ...UN CARNAGE !


              • alinea alinea 4 décembre 2015 15:02

                @Garibaldi2
                C’est toute une chaîne qui est rompue... et ils vont poil-de-cuter sur la manière de le dire.. ; cacher ce massacre que je ne saurais voir !


              • joletaxi 4 décembre 2015 15:05

                @Garibaldi2

                par contre les zinzins verts prolifèrent, fou hein ?


              • pemile pemile 4 décembre 2015 15:37

                @alinea
                Aurore Avarguès-Weber : L’abeille, un concentré d’intelligence dans un mini-cerveau.

                Elles sont ainsi, par exemple, capables d’utiliser des notions de nombres, de relations spatiales ou temporelles ou encore de juger de leur probabilité de réussite lors d’exercices d’apprentissages complexes

                http://www.irsamc.ups-tlse.fr/spip.php?article1043
                http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3833.htm?theme1=7


                • alinea alinea 4 décembre 2015 19:55

                  @pemile
                  J’ai toujours été étonnée que l’humain doive trouver de « l’intelligence » à quiconque , je veux dire n’importe quel animal, pour l’aimer, l’admirer ; les abeilles sont parfaites, en tant qu’abeilles, en tant qu’essaim, dans leur osmose avec la nature, qu’allons-nous leur trouver une capacité à manier les nombres ! C’est une réduction pure et simple de ce qu’elles sont, pour satisfaire l’homme, qui se prend pour un étalon ..de quoi ? De perfection ? D’intelligence !! Allons !
                  Il décrète du haut de sa toute-puissance la catégorie de ceux qui méritent son admiration ? Il donne des notes ?
                  Ça m’horripile !
                  Pas besoin d’excuse pour admirer les abeilles, il suffit juste de les connaître...et le tour est joué !!
                   smiley


                • pemile pemile 5 décembre 2015 00:34

                  @alinea
                  Non, le fond du débat tient sur l’opposition entre ce qui peut être classé comme instinct, comportement inné, et intelligence, comportement libre.

                  Chercher de l’intelligence chez les animaux n’est pas une « réduction » de ce qu’est l’animal pour satisfaire l’homme, au contraire, c’est une réduction de ce qu’est l’intelligence de l’homme pour le réduire à un animal comme les autres.


                • alinea alinea 5 décembre 2015 00:44

                  @pemile
                  Oui, aussi, mais c’est comme si l’homme avoir besoin de « l’intelligence » de l’autre pour le respecter ; je pense à tous les tests à la con que l’on fait subir au singes pour évaluer leur intelligence comparée à la nôtre ; un peu d’anthropomorphisme quoi !
                  en réalité , dans la vie, et plus dans les « études », l’homme craint beaucoup les animaux intelligents, il les sent comme des rivaux, parce que c’est vrai que dans un élevage, l’animal intelligent ( que l’on voit comme tel) est un dominant et rarement discipliné !!
                  J’aime tellement l’animal dans sa différence que vouloir le rapprocher par des points comparables me semble « immature », pour ne pas dire enfantin, parce que les enfants ne font pas cela.
                  Pour moi, les animaux sont des maîtres de sagesse, dont je pense que nous devrions bien tirer leçon !!


                • pemile pemile 5 décembre 2015 01:02

                  @alinea
                  Non, l’homme et les religions ont longtemps nié toute intelligence hors de l’humain pour pouvoir asservir les animaux. Toute les recherches d’intelligence animale sont faites contrer cet asservissement (et sont rarement de « tests à la con » mais plutôt des « rencontres » basées obligatoirement sur le jeu et le plaisir)


                • alinea alinea 5 décembre 2015 01:19

                  @pemile
                  Je sais que j’ai mauvais esprit, en tout cas sur ce sujet, pemile ; je vais essayer de me réconcilier un peu avec l’humanité ! smiley
                  Je pense que l’humain n’a pas, n’avait pas, à être sadique avec les animaux, indépendamment de leur intelligence !
                  Les cochons sont très intelligents, et les rats.. pourtant...
                  mais il n’est pas si vieux le temps où l’on ne considérait pas l’Africain ni l’Amérindien comme des humains !! alors, comme ils n’étaient pas humains, dieu nous pardonnait de les trucider. Il faut donc donner de l’humanité aux animaux pour avoir envie de ne pas les trucider !! Mais bon, l’homme trucide les siens, lui-même parfois, c’est un trait de son caractère !!


                • bakerstreet bakerstreet 4 décembre 2015 17:44

                  C’est le crépuscule d’un monde, mes braves amis. Les abeilles, mais elles sont traquées de toutes parts. D’abord elles piquent maintenant des parts de marchés aux entreprises qui pollinisent à leur place, comme ça se fait en grand aux etats unis. La catastrophe est une bonne affaire à certains pyromanes, qui se battront contre les pompiers !...

                  Cherchez donc à qui profite le crime !...Comme si dix catastrophes en suffisaient pas, les frelons asiatiques, ces psychopathes qui tronçonnent les mouches, sont apparues il y a trois ou quatre ans. Leur nombre est arrivé affolant. Elles attendent tranquilles les abeilles à la sortie de la ruche pour les bouffer en deux secondes, comme les tueurs de daesh attendent les azéries qui fuient leur pays.
                   Il y a d’étranges parallèles en ce monde, qui vous donnent envie de gerber. 
                  En tout cas le climat extrêmement doux, une autre aberration, 15 degrés cet après midi en Bretagne, leur permet de toujours prospérer en décembre. 
                  Dans le blavet, la rivière locale, des silures sont apparues, et deviennent envahissantes. La silure, pour ceux qui ne savent pas, c’est le frelon asiatique des rivières. Un poisson carnivore qui s’attaque aux mouettes et aux cormorans..
                  « .Au »Petit Barrage« sur la commune de Saint Aignan (56), un pêcheur a, à lui seul, pris en deux après-midi, 65 silures allant de 20 cm à 1,20 m.

                  Deux autres pêcheurs en ont pris au même endroit, amenant le chiffre à plus de 130.
                  D’autres prises ont eu lieu à Neuillac (56) et à Pontivy (56) même.

                  La relation entre la vidange du lac et la prolifération du poisson semble à privilégier.

                  Le silure est un gros poisson carnassier. Et pas forcément sympathique : »c’est un redoutable chasseur doté d’un appétit féroce si l’on en juge les analyses de contenus stomacaux. Rongeurs, cormorans et autres oiseaux, poissons toutes espèces confondues, y compris des carpes de bel embonpoint, sont aux menus de ce glouton« , indique sur son site »Le pêcheur professionnel"


                  © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/lac-de-guerledan/lac-de-guerledan-l-invasion-de-silures-se-confirme-01-12-2015-10871249.php#LCkzH5cBdwtCkVVV.99


                  • alinea alinea 4 décembre 2015 20:02

                    @bakerstreet
                    On fragilise tellement tout l’écosystème !! On ne laisse de place qu’aux envahisseurs ; ici, ce sont les écrevisses américaines, qui font des dégâts fous ; ou bien les ragondins et je ne parle pas des bâtards de sangliers, les cochongliers !
                    L’homme qui se croit tellement intelligent ne fait que des conneries sauf qu’il invente les IPad !! tu parles !!


                  • jean dupondal 4 décembre 2015 21:58

                    Je m’excuse de vous demander pardon...mais après avoir semé 2 ha de vesces de cerdagne et luzerne, 1/2 ha de mélilot + 1/2 ha de sainfoin je constate que les colonies vrombissent comme des folles. Et croyez le ou pas il est bien difficile d"en observer ailleurs que dans ces prairies où sur des plantes sauvages, en ce moment linule visqueuse et romarin. Vous avez bien lu, le romarin est en fleur !


                    • alinea alinea 4 décembre 2015 22:07

                      @jean dupondal
                      Pourquoi vous vous excusez, il reste des abeilles !! heureusement !
                      Moi je vois des abeilles sur les fleurs de lierre, plus tôt en automne, mais dans mon coin, pas de miellée ; quand il y avait du colza, il n’était pas mellifère, et le tournesol que j’ai vu cet été me paraissait bizarre, en tout cas, pas une abeille dessus !! Mais en Cévennes, il suffit de se promener dans une châtaigneraie en juin ! En plus de la musique, il y a l’odeur... autre chose que les vesces, c’est pas pour dire !! smiley


                    • Arnaud 7 décembre 2015 10:30

                      Bonjour,


                      Merci pour cet article.
                      Les références ne sont pas visibles, pourriez-vous les ajouter ?

                      Bonne chance pour ce combat au combien essentiel,
                      Arnaud

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