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Accueil du site > Tribune Libre > Point d’histoire : 1914

Point d’histoire : 1914

  La course au désastre

 On va beaucoup célébrer, cette année.
 Jusqu'à saturation.
C'est déjà parti, au niveau national, local, à la télévision.
 Non sans instrumentalisation émotionnelle ou hypersimplification, parfois.
 Retour sur des images, parfois inédites, qui nous paraissent presque d'un autre âge, mais dont l'empreinte est encore présente, que nous le voulions ou non, malgré la disparitions des derniers acteurs et témoins.

 Mais il est à parier qu'on ne va guère se poser la question encore largement taboue concernant la question épineuse des responsabilités.
 La question : qui a commencé ? n'a pas beaucoup de sens, car les commencements sont a rechercher loin en amont, si l'on ne veut pas tomber dans le piège aveuglant de l'événementiel.
 Mais on peut porter l'éclairage sur la question des responsabilités ultimes, en dehors de tout préjugé, de nationalisme étroit, de simple commémoration passive et stérile.
     "Si l’on veut que nos enfants comprennent pourquoi cette catastrophe a eu lieu, il faut être prêt à débattre des origines de la guerre. Si c’est pour aller dans un cimetière et se lamenter sur le sort des victimes, alors les commémorations n’auront servi à rien. Je trouve cela déprimant que la France soit si réticente à engager un débat sur les responsabilités de la guerre. Apparemment, les historiens français n’ont absolument pas envie de s’aventurer sur ce terrain. Il me semble qu’il y a une grande peur de réveiller les hostilités avec l’Allemagne.  », signale l'historien anglais  Max Hastings.

 La question des origines est la seule intéressante, la répétition ad nauseam de documents sur les faits et leurs enchaînements ne donnant aucun éclairage sur le sens de cette guerre.
__________ Cette question est sur le chantier depuis longtemps chez les historiens, et ne cessera pas, tant la question est complexe. Le débat sera-t-il sans fin ?
 Pas tout à fait, car à la lumière de nouveaux documents, à force de confrontations de poins de vue informés, toujours partiels mais le plus souvent pertinents, dans le dialogue normal et parfois conflictuel entre historiens de tous pays, de tous horizons...L'historiographie de la guerre de 14 se renouvelle sans cesse.

  Le poids du présent pèse encore sur l'interprétation des faits, notamment les aléas des relations franco-allemandes. Les mises en parallèle entre notre époque et celle qui a précédé la tragédie mondiale sont encore parfois établies, comme l'a fait récemment JP Chevènement, de manière souvent intéressante, à la lumière des difficultés actuelles de la construction européenne.
 ________________On dit que Angela Merkel lit en ce moment le livre récent très érudit de l'historien  C.Clark : Les somnanbules, qui a la particularité de réduire la responsabilité du Reich allemand, en la portant d'avantage sur le couple serbo-russe et le rôle de Poincaré, dans le déclenchement fatal d'une mécanique dont plus personne n'a ensuite pu maîtriser le cours..

  Un lecteur attentif de Clark, tout en reconnaissant l'intérêt de ce livre foisonnant et très pointu, s'interroge sur la notion de somnanbulisme, sur le titre qui à ses yeux fait problème, suggérant une certaine passivité des puissances vis à vis d'une tragédie que personne n'aurait sciemment voulu, et sur le fait que minimiser la responsabilité allemande correspond à l'interprétation à chaud de Lloyd George 
 Il note : « Nous avons tous été entraînés dans la guerre.... »"Il est faux de dire qu’ils étaient loin de se rendre compte qu’ils approchaient du gouffre. Ils savaient parfaitement que la guerre était à l’horizon, l’admettaient comme inéluctable mais n’ont rien fait pour l’empêcher. Pourquoi ?Pourtant on appelle cette guerre la Grande guerre. Les Allemands qui jusqu’à présent n’utilisaient pas cette expression s’y mettent aussi. Dois-je en conclure qu’on appelle « grande », une affaire de « somnambules » ? Peut-on appeler cette orgie sanglante une « grande » guerre. Aucune guerre d’ailleurs ne peut s’appeler grande, ce devrait être une épithète interdite. Pas par une loi mais par nos pratiques de langage...
  Bref, le titre choisi est un bon coup marketing, il est aisément instrumentalisable sans doute parce qu’il charrie quelque chose de l’air du temps. C’est ainsi, en effet, que nous apparaissent nos hommes politiques d’aujourd’hui. Le discrédit qui les frappe est tel que nous imaginons volontiers qu’il devait en être de même avant 1914. Est-ce cependant la réalité sous la surface des choses ? C’est un titre qui bloque la réflexion sur les origines de la guerre, sur ce qui en fait la matrice de ce qui est peut-être encore notre présent..."

 L'auteur cite l'historien, très contesté Outre-Rhin dans les années 60, Fritz Fischer, qui, dans les années 60, avait secoué l’Allemagne avec son livre « Les buts de guerre de l’Empire allemand » qui faisait porter sur l’Allemagne le poids principal du déclenchement de la guerre. Fritz Fischer considère qu’on ne peut pas traiter isolément la politique allemande de juillet 1914. : Elle n’apparaît sous son vrai jour, écrit-il, que si on la regarde comme un lien entre la politique d’expansion de l’Allemagne depuis les années 1890 et la politique des buts de guerre depuis août 1914 .  Aussi rappelle-t-il que la question se situe d’emblée dans un cadre impérialiste et de la volonté de faire passer l’Allemagne du statut de grande puissance à celle de puissance mondiale..." (*)
 Il rappelle qu' August Bebel, prenant la parole au Reichtag en novembre 1911, déclarait, de manière quasi prémonitoire : 
        "Ainsi de tous côtés on s’armera encore et encore […] jusqu’au moment où l’une ou l’autre partie dira plutôt une fin dans la terreur qu’une terreur sans fin […] Ce sera alors la catastrophe. Alors ce sera en Europe la grande mobilisation générale qui verra 16 à 18 millions d’hommes, dans la fleur de l’âge, de différentes nations, jetés les uns contre les autres sur les champs de bataille, armés des meilleurs instruments meurtriers.[...]. Le crépuscule des Dieux du monde bourgeois est annoncé[...].

      Max Hastings, de son côté, cherchant à justifier l'intervention britannique, fait porter sur le Kaiser et à sa clique de généraux la responsabilité principale du déclenchement de la guerre et de l'invasion fatale de la Belgique, à l'origine de l'engagement de Londres.
   Présenter la première guerre industrielle mondiale comme une simple développement de mécanismes aveugles échappant à la volonté des hommes, comme le simple jeu des engagements réciproques, comme semble le suggérer Clarck (si on l'a bien lu), est souvent équivoque concernant une détermination plus nette des responsabilités initiales, surtout à la fin de son étude, et n'est donc pas sans conséquences théoriques.
 Le débat rebondit...
______
(*) «  Il est incontestable que, dans ce heurt d’intérêts politiques et militaires, de ressentiments et d’idées qui atteignent leur maximum pendant la crise de juillet, tous les gouvernements des pays européens engagés n’aient eu leur part de responsabilité au déclenchement de la guerre mondiale. Il ne nous appartient pas de discuter en détail la responsabilité de la guerre, ni d’étudier ou de juger la responsabilité des hommes d’État et des militaires des puissances engagées dans le conflit. [...] Ici, il importe de démontrer les buts et la politique pratique du gouvernement allemand au cours de la crise de juillet.Une fois de plus, il faut souligner que sous l’effet des tensions internationales de l’année 1914, provoquées partiellement par la politique d’expansion de l’Allemagne qui avait entraîné déjà trois crises graves en 1905/1906, 1908/1909 et 1911/1912, chaque guerre localisée en Europe à laquelle se trouverait mêlée une grande puissance devait presque inévitablement provoquer une conflagration générale. L’Allemagne, confiante dans sa supériorité militaire, ayant voulu, souhaité et appuyé la guerre austro-serbe, prit sciemment le risque d’un conflit militaire avec la France et la Russie. Le gouvernement allemand portait ainsi la part décisive de la responsabilité historique de la guerre mondiale. La tentative de l’Allemagne d’arrêter en dernière minute cette fatalité ne diminue pas sa part de responsabilité. Ce n’est d’ailleurs que la menace d’une intervention anglaise qui donna lieu aux démarches allemandes à Vienne : ces démarches furent tentées, sans grande conviction, trop tard et aussitôt annulées.Les politiciens allemands et avec eux la propagande allemande pendant la guerre ainsi que l’historiographie allemande d’après-guerre – surtout après Versailles – soutinrent la thèse selon laquelle l’Allemagne fut contrainte de faire la guerre, ou au moins que la part de responsabilité allemande ne fut pas plus grande que celle des autres dans le sens donné et politiquement motivé par Lloyd George : « Nous avons tous été entraînés dans la guerre. » (-Fritz Fischer : pages 99-100)

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40 réactions à cet article    


  • asterix asterix 28 avril 2014 10:44

    Bonjour Zen,

    La Flandre où eut lieu la bataille de l’Yser a décidé de mettre le paquet sur la commémoration du centenaire. L’ennui, c’est que sa fange la plus extrémiste ( et majoritaire comme le prouveront les prochaines élections ) a modifié la vérité historique en en faisant le souvenir du pauvre Flamand envoyé se faire tuer en première ligne, sacrifié qu’il fut par d’abominables officiers francophones.
    Faux, archi-faux : autant de soldats flamands que francophones perdurent la vie lors de cet épisode. De l’ordre de 10% de chaque côté.
    En revanche, plus de 70% des soldats anglais engagés ne revinrent jamais.
    Mais cela, les Flamands négligent de le rappeler : c’est eux qui resteront à jamais les victimes. Le mythe, toujours le mythe et ses traficotages.


    • alinea Alinea 28 avril 2014 10:51

      Oui, sur la Somme, les petits mineurs gallois ont quasi tous laissé leur peau ! Mais j’ai lu aussi que les généraux français faisaient la guerre comme du temps de Napoléon ; à leur incompétence on doit des milliers de morts !


    • ZEN ZEN 28 avril 2014 11:02

      Bonjour astérix

      Effectivement, il semble qu’il y ait deux mémoires en Belgique
      Comme quoi la situation présente éclaire la lecture du passé...
      On va jouer en Flandre la carte du tourisme mémoriel : Ypres et ses environs en première ligne.
      Il est vrai que les destructions y furent massives.


    • bourrico6 28 avril 2014 11:41

      Mais j’ai lu aussi que les généraux français faisaient la guerre comme du temps de Napoléon ; à leur incompétence on doit des milliers de morts !

      L’incompétence est la règle en matière de hiérarchie militaire.
      Le talent est l’exception, c’est encore le cas aujourd’hui, même si pas mal de choses sont différentes, les mentalités ont évolué, l’ordre social aussi.
      Les Patton et autres Napoléons sont en fait plutôt rares.


    • L'enfoiré L’enfoiré 28 avril 2014 16:25

      Bonjour Zen et les autres.


       En fait la remémorisation des événements de 14-18 avait commencé déjà en fin de l’année passée.
       « Au cœur de la tourmente » n’était qu’une des étapes finales.

    • asterix asterix 28 avril 2014 17:42

      Et en 40, nos braves Flamands remirent cela de plus belle. Après avoir scindé l’armée belge en deux pour laisser les seuls Wallons et francophones en avant-garde devant le péril nazi, ils se replièrent courageusement loin, très loin des premières lignes. Les tanks qui faisaient la force de l’armée francophone se replièrent après 17 jours de combat acharné ( plus qu’il n’en fallut à Adolf pour arriver à Paris ) et attendirent de pied ferme l’ennemi le long de la Lys, une rivière à l’entrée de la partie flamande du pays se jetant dans l’Escaut. Ils furent trahis par les bataillons flamands qui, toujours de l’arrière, désertèrent en masse, si bien que les troupes francophones privées de munitions et de ravitaillement furent impitoyablement écrasées. Tous les prisonniers et autres déserteurs furent envoyés en Allemagne ...qui libéra immédiatement l’entièreté de la soldatesque qui s’exprimait en flamand et envoya systématiquement dans ses campstous les francophones. Une glorieuse attitude de traîtres avérés qui s’avéra avec le temps le meilleur allié d’Adolf. Tous les fils et petits-fils de ces anciens collaborateurs se retrouvent à la tête de la N-VA, le parti extrémiste qui va d’ici un mois faire de la Flandre la première région ( le premier pays européen ? ) qui votera à près de 50% pour l’extrême-droite.
      Ecrasée la Marine !
      Et cela se passe juste à côté de chez vous, amis Français !


    • Henri Diacono 28 avril 2014 18:43

      Peu importe à qui échoit la responsabilité de la première guerre mondiale (une trentaine de pays y ont participé) il est un fait que cette guerre a fait près de 19 millions de morts dont une grande partie de soldats français des...colonies.


    • asterix asterix 29 avril 2014 06:01

      Oui, la différence étant que les colonies françaises sont assez distantes de la métropole. En Flandre, il n’en va pas de même : les colonies sont juste à côté !


    • alinea Alinea 28 avril 2014 10:47

      Merci d’évoquer ce sujet complexe et passionnant, si je puis dire !
      J’aimerais bien savoir si, au cours des commémorations, on parlera des USA et, d’une manière générale des suites de cette guerre qui nous amènent à aujourd’hui ( le traité de Versailles, etc)


      • Henri Diacono 28 avril 2014 18:46

        Alinéa, les États Unis d’Amérique ne sont intervenus que tardivement dans la première guerre mondiale...et un peu moins dans la seconde. C’est d’ailleurs à partir de la guerre 14/18 que l’emprise américaine - dans la façon de concevoir la société et sa civilisation - a commené à pourrir le monde.


      • alinea Alinea 28 avril 2014 22:45

        C’est bien ce que je voulais dire Henri !


      • ZEN ZEN 28 avril 2014 11:10

        Bonjour Alinea

        Les USA furent les grands gagnants à l’issue de ce conflit
        Mais cela est un autre chapitre.
        Un site intéressant à consulter : L’histoire à la carte


        • bakerstreet bakerstreet 28 avril 2014 12:55

          Zen


          Bien le salut

          Personne ne voulait vraiment la guerre, mais personne n’était vraiment contre. Mis à part peut être Jaurès et quelques seconds couteaux. 
          Pas les anglais non plus, qui voulaient terrasser l’aigle allemand , qui prenait de plus en plus ses ailes et son envol, surtout sur le plan industriel, remettant en cause son leadership. 
          Toutes ces choses sont connues et répétées par les candidats au bac.

          Beaucoup d hypocrisie, d’opportunisme, de vanité, et nationalisme, d’optimisme béat, toutes ces petites raisons ont triomphé de la grande raison de ne pas y aller, de freiner des quatre fers. 

          Toutes les raisons que vous donnez et qui ont été donné par différents analystes ne s’opposent pas, elles se complètent. Notons l’importance de la guerre de 70, et cette fameuse dépêche D’Ulm, un leurre crée par les allemands, et dans lequel fonça Napoléon trois, pour déclencher le conflit : Guerre courte, marche sur Paris, indemnités de guerre exorbitantes exigées aux français, pour tout de même crée le terrain idéal des deux cotés pour tenter de remettre ça. 

          Le traité de Versailles fut souvent critiqué comme étant la cause de la guerre de 39. C’es vrai, mais c’est oublier un peu vite, que le pays n’eut pas trop le choix en 18 : Une dizaine de départements ravagés, impropres à la culture. Il aurait fallu alors un plan Marshall international. 
          Je trouve que les propos sur intransigeance française en 18 est un peu facile, après deux guerre, celle de 70 et de 14, qui explique autant d’ailleurs la fatigue, l’envie de ne plus y aller dans les années 30. 
          Plus d’une fois, j’ai entendu des amis profs, se désoler de Munich, de la couardise des franco anglais. Je ne pouvais que leur faire remarquer que j’étais seul de toute la bande à avoir fait mon service militaire....


          C’est vai qu’il y eut deux manches, et la belle.....
          Avec à chaque fois, le même scénario : Le débordement vers la Belgique, le blitz krieg, en 14 comme en 39. Prendre Paris vite et bien. Raté pour 14...
          On remettra ça en 40 ; mais il n’y eut pas de commune comme en 70...
          L’histoire ne hoquète pas toujours, elle a des contrepoints. 

          On est surprit devant la répétition des choses, de l’imbécillité et de l’arrogance des élites. De la puissance de quelques paranoïaques qui déconnectent l’intelligence des soit disant élites intellectuelles. 
          Avez vous entendu parlé de la publication des carnets noirs d’Heidegger, il y a quelques mois, et qui ont déclenché un séisme en Allemagne. Cette fois, on ne peut plus se voiler la face : Ce type n’était pas seulement un lâche, mais un théoricien du mouvement nazi. 

          Je déborde un peu et je tire des bords, mais comment faire un clivage entre ces deux guerres, qu’on pourrait finalement envelopper dans le même paquet cadeau ( une mèche dépasse attention) la guerre de 14-45.

          On ne perdra pas son temps en lisant « le monde d’hier », de stefan sweig. 
          Une étrange défaite, de Marc Bloch. 

          Sinon, en ce moment je lis les romans policiers de Philpp Kerr, très intéressants car ils prennent comme cadre le berlin des années trente, avec pour héros, un flic qui a fait la guerre de 14 et assiste à la montée de la couleur brune. 

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 avril 2014 13:21

            Vous êtes en bonne compagnie avec Bernie Gunther Baker .
            Après la trilogie berlinoise et « la paix des dupes »qui se passe dans le Pragues d’immédiat après guerre ,j’entame un retour sur le Berlin des années 30 à l’hôtel Adlon .


          • bakerstreet bakerstreet 28 avril 2014 13:39

            Aita 

            Bonjour
            J’ai avalé la trilogie, lu « une douce flamme, et « vert de gris » 

            La qualité historique des bouquins de Kerr est bluffante, et ses intrigues sacrément bien ficelées. 
            Dans « un requiem allemand »il s ’amuse à remettre les protagonistes du « troisième homme » de Graham Greene en place, dans le Vienne d’après guerre, avec les allusions au film qui en sera inspiré et réalisé par Carol Reed. 

            A mon avis, ce film, maintenant assez méconnu, est un sommet du cinéma, et qui n’a pas pris une ride. 
            J’en ai déjà parlé mais ne résiste pas au plaisir de bégayer, comme l’histoire !

             Un film qui vous parle de la triste banalité du mal avec beaucoup d’humour, dans des plans à couper le souffle !
            Quant à la bande son, elle est immortelle.

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 avril 2014 13:56

            Bonjour Baker ,j’ai confondu « requiem allemand » (et Vienne et Prague smiley) avec« la paix des dupes » exellent bouquin aussi mais qui ne fait pas partie de la saga Gunther (et si la rencontre Churchill-Roosevelt-Staline à Teheran ... ? je ne vous en dirais pas plus ... smiley ).
            Pour l’exactitude historique et l’ambiance, Kerr est en effet reconnu pour son énorme travail en aval de l’écriture .


          • bakerstreet bakerstreet 28 avril 2014 14:09

            AITA


            Ah, un bon roman
            Cette machine à remonter le temps, et qui peut vous faire ramper au milieu des tranchées, ou promener dans le Berlin de la république de Weimar, alors qu’apparaissent les premières chemises brunes, en restant dans un fauteuil de votre salon. 

            On pourrait s’en amuser, de ce confort bourgeois, mais n’empêche que certains écrivains possèdent cette capacité de vous en apprendre davantage, que bien des ouvrages érudits. Ceci dit, le passage de l’un à l’autre ne nuit pas, et se trouve facilité....

            Un peu de réticence à quitter votre robe de chambre et à enfiler votre costard. Car vous venez d’apprendre que cet « Hugo Boss », qui sur les publicités prend des allures de Dorian Gray, a été celui qui a dessiné et donné cette belle ligne aux uniformes du parti nazi, en particulier cette belle couleur noire des uniformes SS.

            « Dandy un jour, dandy toujours ! »

          • julius 1ER 28 avril 2014 19:02
            Le traité de Versailles fut souvent critiqué comme étant la cause de la guerre de 39. C’es vrai, mais c’est oublier un peu vite, que le pays n’eut pas trop le choix en 18 : Une dizaine de départements ravagés, impropres à la culture. Il aurait fallu alors un plan Marshall international. 
            Je trouve que les propos sur intransigeance française en 18 est un peu facile, après deux guerre, celle de 70 et de 14, qui explique autant d’ailleurs la fatigue, l’envie de ne plus y aller dans les années 30. 
            Plus d’une fois, j’ai entendu des amis profs, se désoler de Munich, de la couardise des franco anglais. Je ne pouvais que leur faire remarquer que j’étais seul de toute la bande à avoir fait mon service militaire..
            @bakerstreet
            excellent passage que je partage pour de nombreuses raisons, la première j’ai aussi fait mon service militaire à Verdun où j’ai compris beaucoup de choses qui m’ont rendu antimilitariste mais sans excès car je pense que l’armée est un mal nécessaire dans ce monde de « Brutes » ou« Putes »....avant 14 le nord-est de la France c’était 40% de l’appareil industriel et minier de la France, tout cela éradiqué, sûr que çà ne donnait pas envie d’y retourner...... je maintiens mon assertion, le militarisme Prussien et ensuite Allemand porté très haut par Bismarck, associé à un capitalisme sans âme et sans conscience, sont les principales causes des trois guerres menées par L’Allemagne, et le dire ne constitue pas de l’anti-germanisme primaire, mais simplement une façon de percevoir la genèse de ce qui conduit au malheur..... le film le « Ruban blanc » de Haneke montre bien le malaise de la société allemande du début du siècle précédent........ 
            on pourrait même dire sans se tromper qu’un Capitalisme débridé, associé à une interprétation communiste de la société qui n’a de communiste que le nom est aussi une « genèse » du malheur mais cette fois cela concerne la Chine mais aussi par extension le monde entier, puisque nous y sommes liés même à notre corps défendant ...

            un autre point qu’il faudrait arrêter de mettre en exergue puisqu’il est totalement faux est celui-ci :
            «  »Le traité de Versailles fut souvent critiqué comme étant la cause de la guerre de 39. C’es vrai, "
            @
            baker street,  ce n’est pas vrai, les militaristes allemands et les nazis se sont servis de cet argument comme étant la source des malheurs de l’Allemagne, je dirai comme la SA le Pen se sert de l’immigration pour expliquer tous nos malheurs , mais la réalité des faits et ceux -ci sont têtus la dette de guerre allemande qui s’élevait à 132 milliards de marks or n’a jamais été payée et en 1932, à la conférence de lausanne la dette avait été ramenée à 3 milliards de marks jamais payés car de moratoires en moratoires seuls 22 milliards ont été payés et encore après la seconde guerre mondiale......... ce qui est d’autant plus vrai que les nazis à leur accession au pouvoir ont suspendu cette dette qui je le rappelle n’avais pas encore été payée...... comme quoi une contre-vérité assénée pendant des années finit presque par devenir une vérité.....en vérité il faut arrêter de prendre de la propagande pour de l’information !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 

          • ZEN ZEN 28 avril 2014 13:50

            Dépêchons nous de nous faire voir

            Mais encore ?.. smiley 
            DISONS que c’est peu clair


          • rocla+ rocla+ 28 avril 2014 13:41

            Faut dire ce qui est  : 



            la guerre c’est quand-même beaucoup de méchanceté .

            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 avril 2014 14:01

              On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu pré-voir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?
              LF Céline .


            • ZEN ZEN 28 avril 2014 13:51

              rocla
              C’est quoi, votre herbe ?


              • rocla+ rocla+ 28 avril 2014 13:56

                Zen ,


                Je sniffe de la Solférine  …. smiley

                • bakerstreet bakerstreet 28 avril 2014 13:56

                  Zen

                  je ne comprend pas trop le pourquoi de ces digressions sur la grande guerre. 
                  « Une grosse connerie », ne signifie pas qu’on est très fier de soi. 

                  La grande guerre....Ce nom vient simplement du saisissement apocalyptique devant cette boucherie internationale, inédite à l’époque.
                  De même « La grande peste » référence à celle de 1341 et qui fit chuter la population française de 40 % en signifie pas que les dites populations furent admiratives devant ce fléau. 

                  Ce questionnement inepte, contemporain, et qui n’avait pas cours il y a quelques décennies, et qu’on aurait trouvait obscène, vient sans doute que malgré toutes ces commémorations, la mémoire de cette guerre nous échappe. 

                  Sans doute avons nous les agrégés, les historiens, les écrivains, mais la souffrance impalpable qui sortait de cet abcès purulent est maintenant résorbé, en tout cas n’est plus assez purulent, et nous amène ce genre de question théorique, lié à l’étymologie, que l’on prend au premier degré, faute d’avoir le substrat émotionnel, qui dégage le vrai sens.

                  • alinea Alinea 28 avril 2014 16:12

                    On en avait parlé avec Patrick Samba ; il sera content de lire cela !!


                  • coinfinger 28 avril 2014 14:06

                    Il existe un fond mythique celte qui perdure de part et d’autre du Rhin . La où la culture celte a été la moins refoulée la Grande-Bretagne , en particulier l’Ecosse , elle s’exprime par celui des fantomes , les ames de ceux qui ont été assaninés sans avoir eu justice . Elles surgissent à un moment inattendu et nous joue des tours .
                    Je crois qu’il s’agit là d’une profonde vérité . Malheureusement on ne peut compter sur les commémorations et monuments , chefs d’oeuvre d’hypocrisie coupables pour çà . Quand aux historiens on est loin du compte .
                    Aussi continuerons nous à subir des évenements inexpliqués , inexpliquables , comme entr’autres l’échec de l’euro , à nos dépends , plus qu’à ceux de l’Allemagne quoiqu’elle n’en soit pas exemptée , parce que paradoxalement ce sont nous les plus coupables , tout au moins certains d’entre nous .
                    Les tracas de notre impuissance face aux évenements d’ Ukhraine ;..etc

                    Quand dira t on clairement en France qu’à Verdun , Pétain a fait massacrer tous ceux susceptibles d’étre rebelles aprés la guerre ( pareil coté Allemand ) et que çà les arrangeaient bien les oligarques d’un coté et de l’autre .
                    Quand dira t on qu’on continuait là ce qui s’était déjà fait en 1870 avec la Commune ?
                    Quand dira t on qu’ il s’agit de la méme motivation chez Napoléon dans ses glorieuses batailles à travers l’Europe , au delà du nécessaire ? Etc ....

                    Cette boucherie n’aurait pas été possible sans les moyens financiers offerts par les Américains , dés avant la guerre avec la création de la Fed . Pourquoi ni l’Angleterre , ni la France , qui en avait les moyens à l’époque n’ont ils pas empéché cette naissance du monstre ?
                    On ne manque pas de faits , ni d’archives à découvrir pour çà ,tout est déjà là . Aussi surviendrons des faits surnaturels , comme la perte de nos patrimoines si malignement acquis . Sans que pourtant rien ne l’annonce . Du surnaturel comme les fantomes !


                    • bakerstreet bakerstreet 28 avril 2014 14:31

                      Coinfinger


                      Le malheur vient de très loin, et des imbéciles qui avec une belle casquette et un uniforme, parviennent à soumettre les autres à leurs idées. 
                      On n’arrêtera pas de refaire l’histoire. Mais il est sûr que ces analyses sont souvent exemptes de ce qui nous dérange. Dans les années 30, beaucoup jugent l’Adolphe comme le meilleur rempart contre le communisme. 

                      Pétain non seulement serre la main du dictateur, mais veut se rallier davantage et propose d’être encore un plus proche allié : Ce type ne réalise t’il pas tout ce que la droite nationaliste en France a rêvé de réaliser ? 

                      Il aurait fallu très peu de choses pour que notre pays ne bascule pas avant le début des hostilités, dans une guerre civile, comme en Espagne. 

                      L’union sacrée, dans un premier temps autour de Pétain, en dit long sur l’état de sidération qui peut secouer non seulement un individu, mais aussi un pays, quand un événement traumatisant arrive. 
                      Au point d’abandonner toute capacité d’analyse, toute prudence, de laisser parler uniquement son corps tremblant
                      Facile ensuite à froid de refaire le match, quand on sait ce qu’il advint. De se dire qu’on aurait fait parti des bons, des clairvoyants.
                      Mais en 40, la messe est dite. Personne ne croit en un retournement en quatre cinq ans. Il est clair que l’Allemagne a gagné la guerre. 
                      Seule la folie d’un homme et d’un système a rendu ensuite possible la défaite. 
                      Au grand dam de ceux qui s’étaient trop avancées, qui avaient tiré des chèques sur l’avenir. 
                      A ce titre on peut dire que De Gaulle fut comme un miracle à tous les niveaux !
                      Voir la France siéger parmi les vainqueurs fut pour beaucoup dur à avaler !

                      Pour en revenir au mythe de la défaite et du pétainisme, on pourra relire Paxton, bien sûr, avec « la France de Vichy », qui fut une bombe, quand le bouquin parut, en 71 je crois. Les mythes autour de la défaite, inventés par Pétain, ont malgré tout la vie dure, et continuent d’exister : La défaite, n’est pas liée à la qualité de l’armement mais bien à la bétise de l’élite militaire, qui se méfiait entre autres des « rouges », au point de donner des armes sans munitions aux soldats, ou de ne pas armer les chasseurs, restés dans les hangars. Analyse sidérée de Marcel Bloch, officier de réserve rappelé sur le front, dans « une étrange défaite »

                    • CN46400 CN46400 28 avril 2014 15:50

                          Ouais, 14,18, 40 tout se tient. 40, produit de Versailles et aussi de la Révolution bolchevique qu’on a, sous le commandement de Hitler, espéré éliminer en mettant au service du Reich (pour 1000 ans...) la totalité de l’économie française plus les 2 millions de prisonniers qui, en remplaçant, pendant 5 ans, autant d’allemands dans l’appareil productif nazis, ont renforcé d’autant la wermacht.

                         En vantant la mobilisation de décembre 14, on escamote aussi bien les colonnes souriantes de 40 qu’un couple de motocyclistes dévient vers l’Allemagne que le tribunal qui condamne à mort le seul général qui a refusé de capituler.....

                         14-18 ou 40-45, des millions de prolos tués sous la fausse bannière de la bourgeoisie !

                    • asterix asterix 28 avril 2014 17:53

                      Ouais CN46400 ! Finalement, ce sont mes seuls compatriotes flamands qui s’en sortirent quasiment sans victimes.
                      Et ce sont ces mêmes flamingants qui vont détruire en premier ce qui reste de démocratie dans notre société européenne.
                      Pire, ils se présentent comme les VICTIMES EXPIATOIRES de la répression qui s’ensuivit.
                      C’est pas scandaleux tout ça ?


                    • ZEN ZEN 28 avril 2014 18:48

                      astérix

                      Ah ! la cruauté flamande !... smiley


                    • asterix asterix 29 avril 2014 06:07

                      Il est en effet choquant de faire preuve d’autant de cruauté envers les animaux. Mais si une cruauté approchante s’applique à des êtres humains, la Flandre appelle cela de l’héroïsme...


                    • Michèle DRAYE 28 avril 2014 17:53

                      Ils sont à l’origine de toutes les horreurs vécues depuis 1 siècle :


                      INSTITUTE OF THE STUDY OF GLOBALIZATION AND COVERT POLITICS

                      https://wikispooks.com/ISGP/organisations/Pilgrims_Society02.htm



                      • julius 1ER 28 avril 2014 18:17

                         La question des origines est la seule intéressante, la répétition ad nauseam de documents sur les faits et leurs enchaînements ne donnant aucun éclairage sur le sens de cette guerre

                        @ l’auteur 
                        remarque on ne peut plus pertinente, !!!! les commémorations, les prises de flammes, les drapeaux qui claquent ne servent qu’à masquer les VRAIES raisons de ce conflit..... qui sont pour moi le militarisme allemand associé au Capitalisme sans conscience, le cocktail détonnant s’appelant aussi impérialisme, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Allemagne autrefois appelée la Prusse a remis 3 fois le couvert en 70 ans dans cette Europe tant décriée......qui dit mieux ?????

                        • titi 28 avril 2014 23:19

                          «  l’Allemagne autrefois appelée la Prusse a remis 3 fois le couvert en 70 ans dans cette Europe tant décriée......qui dit mieux ????? »

                          Je dirai la France de 1793 à 1815 qui mis 7 fois le couvert...

                          Ou bien encore la France : 
                          Guerre de 30 ans : 1635 / 1659
                          Guerre de Dévolution : 1667 / 1668
                          Guerre de Hollande : 1672 / 1678
                          Guerre de la Ligue d’Augsbourg : 1688 /1697
                          Guerre de Succession d’Espagne : 1697 / 1714

                          De la tradition d’occire ses voisins, la France est imbattable.
                          Il faut dire que nous pratiquons depuis bien plus longtemps que les Allemands.


                        • asterix asterix 29 avril 2014 06:15

                          Oui, il faudrait veiller à leur présenter vos excuses, c’est très à la mode ces derniers temps...
                          Vous riez ? Et bien vous ne devriez pas : c’est bien ce que Bart De Wever demande à l’Etat Belge pour la répression d’après-guerre. Uniquement la répression anti-collabos flamingants, cela va de soi.


                        • kitamissa kitamissa 28 avril 2014 18:36

                          je pense et ça a été oublié que l’esprit de revanche de la France rapport à la défaite de 1870 y a été pour quelque chose, la France y voyait là une façon de rendre la monnaie de leur pièce aux Allemands, d’ailleurs à l’époque, les chants patriotiques et les slogans ’ anti Boches’ étaient appris aux petits écoliers Français ..


                          • lusio 28 avril 2014 19:54

                            très bon article, merci.


                            • Julien30 Julien30 29 avril 2014 09:40

                              Tout cela est intéressant mais ne mentionne pas ce qui est sans doute le facteur le plus important : le rôle de la haute finance dans l’instrumentalisation des hommes d’Etat et de leurs raisons de faire la guerre. 



                                • ahtupic ahtupic 29 avril 2014 19:17

                                  Je ne sais pas mais d’ordinaire, on célèbre les victoires, les armistices. Mais bizarrement, cette année, la CHIASSE politicarde et journaleuse va célébrer la déclaration de guerre, ca veut tout dire... sauf si, pour effacer la crise, nos incompétents au pouvoir nous entraînent dans une nouvelle guerre.

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