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Accueil du site > Tribune Libre > Psychiatrie et nazisme contemporains

Psychiatrie et nazisme contemporains

1er Mars 2008, clinique sainte Barbe à Strasbourg, le psychiatre
Jean Garrabé prend la parole dans un colloque : « Je voudrais en ouverture de ce colloque organisé à Strasbourg par le Collège de psychiatrie, souligner que ce que l’on nomme par euphémisme l’ « utilisation abusive de la psychiatrie par certains régimes politiques », et qui constitue en fait un crime contre l’humanité tel qu’ils ont été définis par les jugements du Tribunal de Nuremberg en 1945 , se produit lorsqu’au nom de la « science » officielle, des médecins considèrent qu’ils ne sont plus tenus de respecter les lois de l’éthique médicale. »

Il évoque ensuite les atrocités nazies commises au nom de l’eugénisme et de la psychiatrie, et le risque d’une dérive similaire à notre époque.

Un peu plus tard dans ce colloque, le Professeur Michel Patris, chef de service de psychiatrie au CHU de Strasbourg, développe à son tour en prenant l’exemple plus récent de la psychiatrie en URSS : « L’abus de psychiatrie selon le modèle soviétique peut non seulement s’envisager comme la main mise d’un régime totalitaire sur l’institution psychiatrique mais aussi comme l’égarement du discours de la psychiatrie elle-même, au point de soulever la question : en quoi la psychiatrie aurait pu se soutenir dès ses origines d’un égarement du discours de la médecine et de la science ? Michel Foucault a largement labouré ce terrain autour de la question de la Raison. Ce qu’il dénonce n’est pas un abus de psychiatrie mais l’abus de pouvoir par lequel l’Etat délègue une institution (officiellement médicale) dans le partage entre Raison et Déraison, la Raison pouvant au demeurant être celle de l’Etat. Autrement dit, à lire Foucault et si on le suit, la psychiatrie était dès sa naissance non pas simplement vouée à servir ouvertement un maître absolu mais à délimiter au sein de la société un cercle sacré autour de la folie pour pouvoir en traiter l’abcès. »

Ce qui est développé ici, c’est non seulement l’utilisation de la psychiatrie à des fins politiques et totalitaires, mais aussi l’éventualité que la psychiatrie serait dès sa naissance vouée à cette cause de fixer « socialement » la limite entre le « normal », « l’acceptable », jusqu’à ce que son action soit uniquement d’être le bras armé (sous couvert médical) d’instances totalitaires.

Malheureusement, la situation actuelle de la psychiatrie et ses rapports avec la société font pencher la balance en faveur de cette éventualité, et la psychiatrie semble bien n’avoir que très peu à voir avec une volonté thérapeutique, et beaucoup plus à voir avec une volonté politique et économique digne des régimes totalitaires les plus terribles de notre histoire.

Les prochaines lois qui vont bientôt être en débat au conseil des ministres, concernent la médicalisation sous contrainte à domicile (« soins ambulatoires sans consentement »). Alors que le nombre d’hospitalisations sous contrainte (internement en hôpital psychiatrique contre la volonté du patient) dépasse chaque année les 70 000 personnes en France (dont des personnes jugées « dérangeantes et dangereuses » par des préfets, des personnes gênantes pour leur famille, etc.), la nouvelle loi permettra aux psychiatres d’agrandir leur champs d’action sans contrainte de place dans les hôpitaux.

Si cette volonté est soutenue par l’idée (fausse, mais c’est cette idée qui berne les politiques) que c’est par manque de moyens que la psychiatrie n’arrive pas à endiguer le taux de criminalité qu’on trouve chez les patients ou ex patients de ses hôpitaux, elle indique le risque d’une dérive catastrophique permettant de mettre une partie importante de la population sous contrôle et traitement psychiatrique.

Jusqu’à maintenant, lorsqu’une personne était présentée par les services de police, un tiers de la famille ou autre, pour être internée sous contrainte, les psychiatres étaient retenus par le fait qu’ils avaient un nombre de places limité pour faire leur travail d’internement. Aujourd’hui, ces demandes pourront aboutir à une obligation de soins psychiatriques à domicile, sous peine de sanctions judiciaires en cas de refus. Ce qui veut dire plus simplement, que si un tiers décide que vous devez être interné, qu’un médecin psychiatre en décide ainsi (et dieu sait combien d’abus ont été constatés dans le domaine), mais que l’hôpital est déjà plein, le psychiatre pourra sans aucune difficulté vous astreindre à prendre une médication psychiatrique (camisole chimique), voire à recevoir une sismothérapie (le bon vieil électrochoc rebaptisé pour des raisons de marketing) chez vous, avec contrôle quotidien obligatoire.

Aujourd’hui, le contrôle des populations ne se fait plus par une euthanasie (eutanazie ?) par trop impopulaire depuis les années 40 (ce sont des psychiatres qui ont été à l’origine du programme T4, qui conduisit tant de gens à la chambre à gaz sous Hitler), ni par un enfermement systématique des opposants en hôpital psychiatrique comme sous le régime soviétique (ou de nos jours sous le régime communiste chinois, comme le dénonce le dernier rapport du Département d’état américain sur les droits de l’homme), mais par quelque chose de plus sournois mais qui peut permettre finalement une psychiatrisation des populations à beaucoup plus grande échelle.

Les campagnes visant à faire imaginer aux gens que des pourcentages de plus en plus grands de la population sont sujets à la « maladie mentale », l’invention pure et simple de nouvelles « maladies psychiatriques » dénoncée par des organismes aussi sérieux que l’IGAS, les collusions entre l’industrie pharmaceutique et la psychiatrie dénoncées par des psychiatres de renom comme feu le professeur Zarifan dans son rapport, montrent qu’il y a une volonté de psychiatriser et de médicaliser de plus en plus de maux ou de « non-maux » qui n’ont rien à faire dans le champs de la psychiatrie. Une population convaincue d’être malade est une population qu’on peut « guérir », parfois contre sa volonté. Et je ne conseille à personne d’essayer de guérir un mal-être à coup d’électrochocs ou de camisoles chimiques. Quant à vouloir guérir une différence, que ce soit une différence d’ordre ethnique, raciale ou génétique (comme dans la psychiatrie nazie et ses rejetons, tels le psychiatre Karadzic et ses amis), ou une différence d’ordre sociale ou de conviction (comme dans pratiquement toutes les psychiatries)... et si l’ère nazie était à venir ?

De nombreux psychiatres et psychanalistes se battent contre cette psychiatrie qui a oublié le sujet lui-même, qui se contente de prescrire au profit de ses alliés les fabricants de drogues psychiatriques, d’interner au profit de la pensée unique. Soutenons-les et refusons l’aliénation de notre liberté.


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30 réactions à cet article    


  • Philou017 Philou017 24 mars 2010 12:45

    Je vois, Chantecler, que vous gobez la politique sécuritaire et que vous vous complaisez dans les poncifs.
    "Ces cas lourds sont essentiellement des cas de psychoses aigûes ou chroniques c’est à dire de gens souffrant de délire, d’ hallucinations qui leur imposeraient de commettre tel ou tel acte ,incendies, parfois le meurtre , ce n’est pas rare...« 
    Qu’en savez-vous ? C’est rare justement. Ces gens sont internés dans des unités spéciales sécurisées. La population psychiatrique ordinaire est statistiquement moins délinquante que la moyenne nationale.
    A vrai dire , ces gens sont surtout dangereux pour eux-mêmes, notamment par le suicide. Ils sont bien plus souvent victimes d’entourages indélicats ou brutaux que l’inverse, quand ils ne sont pas exploités financièrement. Arrêtez de regarder la télé. le silence des agneaux, c’est pour vous faire peur. La réalité est essentiellement très différente.

     »J’ajoute que par définition , ces gens ne sont pas conscients de leurs troubles...Même si derrière il y a souvent une grande souffrance , plus ou moins enkystée .« 

    Ca veut rien dire »ces gens« . Il y a quasiment autant de cas différents que de malades.

     »A l’extérieur des établissements psychiatriques , il me semble que c’est le bon sens de les suivre« 
    Vous confondez suivi et traitement chimique. De nombreuses personnes en difficulté sont renvoyés chez elles après l’hôpital sans suivi, ni assistance, ou très peu. La seule aide, c’est l’ordonnance.
    Parce qu’on a pas les moyens, l’institution se rattache à un traitement par camisole chimique pour pouvoir renvoyer rapidement des malades et libérer des lits. Le suivi psychologique est souvent absent ou très insuffisant. La psychiatrie de quartier manque de moyens et gère l’insuffisance.
     
     »et de veiller à ce que les soins nécessaires ne soient pas interrompus , ce qui peut avoir des conséquences graves de rechute...« 
    Vous confondez encore soin et camisole chimique. Le non-traitement des patients les amènent à abuser des médicaments et à se chroniciser encore plus, ce qui entraine souvent une aggravation lente de leur état. Dans ce cadre la rechute est quasi obligatoire. Certains finissent par se contenter de leur pension et d’une vie marginale, alors qu’ils sont loin d’être irrécupérables. D’autres sombrent dans des dépressions profondes, sont encore plus abimés par des traitements lourds, et finissent par le suicide ou par succomber à un état physique très dégradé.
    J’ai connu deux personnes traitées médicalement et pensionnées, qui ont fini par se suicider avec leurs médicaments.
    Les médicaments n’ont jamais soigné une maladie psychologique, ce sont des anesthésiants. il y a toute une part de la population, avide de pilules miracles, qui gobent la propagande du soin par médicament. Ca leur permet d’éviter de se poser des questions sur le fond des problèmes de santé, mais ca ne rime à rien.

     »La psychiatrie n’est pas une discussion pour profanes qui mélangeraient les abus totalitaristes ,les vagues troubles névrotiques , du caractère.ou existentiels et la véritable folie qui par définition est déniée ."

    Vous êtes vous-même un profane assez lamentable. La folie est un terme générique qui ne veut rien dire. Il existe toute sorte de cas et de niveau de maladie et de niveau de conscience chez les malades.

    "On ne peut pas faire de démagogie avec ces notions.Par contre il est toujours possible d’humaniser davantage les prises en charge.« 

    Qu’est-ce que vous savez de la réalité des prises en charge ? L’auteur a raison de faire un parallèle avec la psychiatrie soviétique. Si on n’en est pas là, la psychiatrie, en France en tout cas (je parle de ce que je connais), a de plus en plus le rôle de »prendre en charge« les personnes à problèmes, non pour les soigner, mais pour les faire tenir tranquille et les parquer dans un coin, faute de les soigner. Une usine à camisole chimique pour »traiter" les inadaptés à notre société impitoyable de compétition. Et les dérives à beaucoup de niveau sont nombreuses.

    Le traitement Psychiatrique aujourd’hui, comme les prisons-poubelles, est un chancre de notre société malade, parce qu’on gère l’inacceptable sans vouloir y apporter de solution. Arrêtez de gober les conneries-alibis de politiques qui n’ont qu’un objectif : maintenir le couvercle sur la marmite tout en réduisant les budgets.


  • Bélial Bélial 24 mars 2010 12:45

    @ chantecler :

    Soit vous ne voulez pas, soit vous ne pouvez pas comprendre. Mais vous connaissez l’évolution du nombre de gardes à vues en France, le pourcentage de la population américaine en taule.


  • Bélial Bélial 24 mars 2010 23:07

    @ chantecler :

    On parle bien de psychiatrie, ce que je voulais dire c’est qu’il y a ce mouvement contradictoire de pression grandissante d’une normalité au sein d’une société qui fonce dans le mur avec un sourire forcé, et entraîne de plus en plus de souffrances pour pleins de raisons.


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 mars 2010 11:30

    Bonjour,

    Ce qui est d’autant plus inquiétant pour étayer vos propos est que c’est la scientologie qui s’est montrée la plus hostile aux électrochocs et à l’usage abusif des psychotropes... Voici en résumé la thèse défendue par Ron Hubbard :


    « 
    Choyées par le dictateur allemand Bismarck, puis par Hitler et les nazis, la psychiatrie et la psychologie ont servi de bases philosophiques aux massacres généralisés de la Première et de la Seconde guerre mondiale. La psychiatrie utilise les electrochocs la psychochirurgie, qui constitue à mutiler le cerveau, et les médicaments psychotropes. Elle détruit les gens pour les rendre « dociles et calmes », en prétendant qu’il s’agit là de « traitements médicaux ». L’église condamne les traitements psychiatriques qui reviennent à faire de la boucherie sur des êtres humains et à détruire irrémédiablement leurs facultés mentales. Les scientologues essaient de construire un monde sans guerre, sans démence et sans criminalité. Le psychiatre cherche à créer un monde dans lequel l’homme serait réduit à l’état de robot végétatif et drogué, rendu ainsi plus facile à contrôler. Les scientologues ne pensent pas que les psychiatres devraient dire à leurs patients ce qui, à leur avis, ne va pas chez eux. Cette façon de procéder introduit des mensonges, ou des opinions qui ne sont pas vraies pour l’individu, violant ainsi son intégrité. Les scientologues sont convaincus que l’individu devrait découvrir lui-même la source de ses problèmes, car cela restaure son aptitude à améliorer sa vie et son environnement. La Scientologie et la psychiatrie seront toujours en désaccord. La Scientologie est une religion et considère l’homme comme un être spirituel, alors que les psychiatres le voient comme un animal. La psychiatrie s’oppose farouchement à toutes les religions parce qu’elle ne reconnaît pas, même vaguement, la nature spirituelle de l’homme. Les scientologues s’opposent énergiquement aux méthodes psychiatriques brutales et destructrices que sont l’internement forcé, l’administration forcée de médicaments à forte dose, les électrochocs, la lobotomie et autres opérations du cerveau. Selon le Credo de l’Eglise de Scientologie, le traitement des maladies d’origine mentale ne devrait pas être admis dans les domaines non religieux. En effet, les thérapies violentes de la psychiatrie engendrent des traumatismes spirituels. Au mieux, la psychiatrie refoule les problèmes de la vie ; au pire, elle cause de graves préjudices, des séquelles irréversibles dans la vie de quelqu’un, voire la mort. »

    Il serait difficile de donner tort à la scientologie qui a sévèrement lutté contre cette pratique de l’électrochoc et qui lutte encore contre l’usage abrutissant que subissent les usagers aux médicaments. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs été retirés du marché tant ils ont fait de dégâts sur les cobayes humains sujets aux troubles pouvant être considérés au départ, comme passagers.

    J’aime à citer ma devise de thomas Fuller, he who will not freely and sadly confess he is much a fool...il all a fool ! En résumé, ça veut dire : celui qui ne veut pas reconnaitre librement et tristement qu’il est normalement atteint par la folie...l’est totalement !

    • Bélial Bélial 24 mars 2010 12:57

      @ Lisa SION 2 :

      Ce que vous dites confirme ce dont m’a parlé un de mes potes, difficile à confirmer ou infirmer, comme quoi le message originel de Ron Hubbard avait un potentiel énorme, tout comme celui de Krishnamurti, mais que son mouvement a été infiltré et son message détourné.
      En tous cas cette citation relève d’une position bien plus humaniste que celle de la société qui entraîne des réactions comme celle de chantecler (je respecte chantecler et il m’arrive d’être d’accord avec ses positions, mais là non). 


    • Bélial Bélial 24 mars 2010 22:52

      Oulà je ne suis pas là pour défendre la scientologie, je voulais juste évoquer l’hypothèse selon laquelle Hubbard serait arrivé avec un message positif d’amour et de paix et tout le bordel, et que son mouvement aurait été infiltré, que tout lui aurait échappé et son message dévié vers ce qu’est la scientologie aujourd’hui, des barges qui manipulent et rackettent leurs adeptes. 


    • unpetitcoucou 24 mars 2010 23:37
       @ Bélial
       
      L’arnaque scientologue est originelle : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre !

    • curieux curieux 25 mars 2010 06:58

      Les scientologues, comme la CIA, utilisent le lavage de cerveau. C’est beaucoup plus efficace que les anti-dep.., anti-anxio.., etc... Ces derniers ont la même efficacité qu’un placebo mais ils rapportent beaucoup aux labos


    • unpetitcoucou 25 mars 2010 12:50

      @ curieux

      Ces médicaments ne sont pas des placebos, ils sont DANGEREUX et comptent parmi les plus NOCIFS qu’ait produit l’industrie pharmaceutique.


    • Philou017 Philou017 24 mars 2010 12:52

      Je remet ici l’apparté que j’avais fait hier sur les « troubles bipolaires », concept manipulatoire visant à valider la consommation massive de médicaments destinée aux gens à problème.

      Je voudrais m’attarder sur l’imbécilité profonde et la supercherie des « troubles bipolaires », concept remis au goût du jour assez récemment en psychiatrie.
      Définition sur wikipédia :
      «  »Ce trouble est caractérisé par la fluctuation anormale de l’humeur, qui oscille entre des périodes d’excitation marquée (manie) et de mélancolie profonde (dépression), entrecoupées de périodes de stabilité."

      Le trouble bipolaire fait partie, parait-il des troubles de l’humeur (toujours wikipédia) :
      "En psychologie, l’humeur est l’état thymique originel régissant les émotions et l’affectif. Thymie est un synonyme d’humeur propre à la psychologie, l’étymologie de ce mot vient du grec thumos qui signifie siège des passions. Dans le langage courant l’humeur a plutôt pour synonyme le terme tempérament. Le terme humeur est banalement usité pour évoquer une disposition affective ou émotionnelle comme la tristesse ou la joie."

      Bref, les troubles bipolaires définissent des états plutôt euphoriques, où au contraire plutôt dépressifs. Autant dire que ca ne veut strictement rien dire, tout le monde est passé par ces états, maladie psychologique ou non. Ils sont le signe d’un malaise de la personne plus ou moins profond.

      Cette notion ne décrit donc rien de spécial, n’apprend rien, ne constitue aucune nouveauté. Pourtant elle connait un vrai succes dans certains cercles psychiatriques.

      Il s’agit d’une supercherie pour justifier la politique tout-médicament de la majorité du monde psychiatrique. Cette notion dénature et éloigne la notion de maladie psychologique et propose la notion générique de troubles.
      Si vous êtes malades, c’est pas parce que vous avez un problème psychologique profond à régler, mais c’est que vous avez des « troubles », notion vague et indistincte. La maladie n’étant pas définie, il devient bien plus légitime légitime de soigner la personne avec des médicaments.
      Si on parlait d’un problème psychologique ou d’une maladie bien définie, cela entrainerait logiquement une perspective de soins et d’une thérapie appropriée. Là, on évacue la problématique, pour la ramener au niveau de troubles, affection légère et plutôt ressentie par les gens comme de type biologique, ce qui introduit facilement l’acceptation du traitement médicamenteux.

      Pourtant, ceux qui connaissent le problème savent que les médicaments ne soignent rien sur le fond, que ce sont des béquilles chimiques, qui peuvent avoir une certaine utilité dans un premier temps, mais nécessitent une prise en charge psychologique adaptée pour obtenir de vrais résultats.

      C’est donc une approche qui tend à transformer le traitement psychologique en une approche purement technique (troubles ==> médicament adapté), qui évite à certains médecins (souvent incapables) de mettre les mains dans le camboui psychologique, mais qui a aussi l’avantage d’encourager l’enrichissement considérable de l’industrie pharmaceutique ( et de certains de ces médecins).

      Bel exemple de manipulation imbécile à destination des masses.

      Voir sur la dérive psychiatrique (et généralement de la médecine) le récit de Sandrine Bonnaire :

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bonnaire-contre-les-psychiatres-35281


      • srobyl srobyl 25 mars 2010 11:07

        Bonjour, Philou
        j’ai lu votre commentaire avec beaucoup d’intérêt, et je suis assez d’accord avec vous sur beaucoup de points.
        Personnellement, je n’y connais pas grand’chose, mais je suis sensibilisé au cas des personnes dites « bipolaires », ma femme étant concernée depuis environ cinq ans et ayant été hospitalisée en psychiâtrie déjà deux fois. Dépression sévère qui la paralysait complètement , alternant avec des périodes « neutres » et des périodes d’« euphorie ». J’ai vu ça de l’intérieur et n’oserait plus prétendre maintenant qu’il y ait une quelconque mesure avec ce que tout un chacun peut connaître, telle qu’une période de « blues » ou de joie profonde. Les périodes d’« euphorie », ça peut effectivement passer par moments pour une grosse « marrade », mais ça peut être aussi des moments de surexcitation où on ose tout, ou on peut devenir très violent et se facher avec toute sa famille et ses amis, où on se livre à des achats compulsifs à répétition...Pas beaucoup plus rassurant que les phases dépressives, où on pert l’envie de tout, où on a peur de tout, où on ne souhaite même pas répondre à son fils au téléphone. 
        Donc, état d’âme un peu plus prononcé que la moyenne ou bien pathologie d’une autre nature et non d’un autre degré ? Je penche pour un changement de registre plutôt que d’intensité, même si ces troubles ne sont pas assimilables à de lourdes pathologies psychiques 
        Maintenant, et pour être plus dans le sujet de l’article et en accord avec ce que vous dites, je suis très sceptique quant à une « guérison » durable avec les médicaments anti-dépresseurs, mais si ce ne sont que des « béquilles », comme on dit, je pense que ça n’est peut-être déjà pas si mal. D’autre part, et l’auteur met bien ceci en évidence, la tendance au « tout médicament » est flattée dans le sens du poil par le pouvoir, d’une part qui peut y voir une façon de mettre de la chimie dans le Kärcher, mais aussi par les trusts pharmaceutiques bien sûr...Et comme il y a souvent des collusions entre les deux, tout ne peut aller que mieux dans le meilleur des mondes possibles ! 


      • foufouille foufouille 24 mars 2010 13:05

        chomeurs bientot sous camisole !



        • unpetitcoucou 24 mars 2010 23:32
          A compter de l’automne dernier, plusieurs millions de Français ont reçu un vaccin contenant un adjuvant, le squalène, dont on connaît les effets à long terme sur la santé, sa responsabilité dans l’apparition du syndrome dit de la guerre du Golfe étant bien établie.
           
          Ces gens ne vont pas tarder à rejoindre les rangs des sans emplois dont on se débarrasse déjà avec une réelle efficacité en psychiatrie.
           
          Etant donné qu’ils sont attendus en grand nombre, il devient urgent de pouvoir leur imposer à domicile les traitements qui vont les achever dans l’indifférence générale.
           
          Le risque de rébellion n’étant en effet quand même pas négligeable, il est absolument nécessaire de s’assurer de la « continuité des soins » qui leur seront prescrits.
           
          Et les prodiguer à domicile permettra de faire l’économie de la construction de camps de concentration psychiatriques qui auraient pour inconvénient de ne pas passer inaperçus, outre qu’à l’évidence ils coûteraient une fortune et ne peuvent de toute façon surgir de terre instantanément pour couvrir tous les besoins qui s’annoncent.

        • robespierre55 robespierre55 24 mars 2010 13:10

          C’est un fou qui passe son temps à regarder par delà le mur de son asile.

          Voyant régulièrement une foule de gens se presser pour aller nulle part, il s’interroge...
           
          Un jour où la circulation piétonne est particulièrement chargée, il interpelle un passant : 

          « Excusez moi de vous demander pardon, vous êtes nombreux la-dedans ? »

          Krrrffzzz.



            • Jorge Atlan 24 mars 2010 17:05

              Je vous met en garde contre ce genre de documents de propagande fait par la scientologie.
              Ce sont des faits déformés qui visent a jeter le discrédit sur le psychiatrie moderne.
              Puisque le sujet a été abordé plus haut, et nommément désigné la Scientologie comme luttant contre les abus de la psychiatrie.
              Je tiens a rappeler que Ron hubbard, le gourou de la scientologie, c’est inspiré des travaux de l’école de Palo alto et de ceux de Bateson, Watzlawik et autre... et que très vite il s’est attaqué a la psyhciatrie, pour une raison simple, c’est qu’elle est capable de mettre en évidence les manipulations opérées sur les individus.
              Alors de grâce ne confondez pas tout. Le texte dénonce la politique nationale voulu par le président, et sa manie a voir des malades partout. Rappelez vous sont intentions de rendre obligatoire le dépistage des enfants, et à les médicamentés ; ces pitoyables réparties et son discours nauséeux sur les crimes de grands psychotiques dont les hospitaux n’ont plus les moyens de s’occuper. il est facile de les remettre en liberté sans traitement et surtout sans suivie et ensuite de dénoncer la faillite de l’hospital a qui l’on a retirer tout moyen.
              C’est le même processus pour l’école, la retraite, en donnant a penser de fausses alternatives et évitant de penser a d’autres moyens... ( a titre d’’exemple de la manipulation orchestré par le gouvernement : la suite de sondage qui mettent en exergue les choix des français pour une augmentation des cotisations, ou du recul de l’âge de la retraite ou encore des deux. ce sont des réponses toutes faites qui ne laissent aucunes autres alternatives à la pensée, tel que la fin des abattements de cotisations du patronat, ce qui représente plus de 30 Milliards,ou une taxe sur les échanges de produits financiers.. )
              La psychiatrie américaine a eu de nombreux errements, je me souviens particulièrement de la « théorie des faux souvenirs » qui conduisis un certains nombre de personne en prison pour avoir abuser de leurs enfants, souvenirs induits par l’interrogateur.
              L’Europe en dehors des pays anglo-saxons, fut d’une extrême prudence vis a vis de ces faits et de la théorie.
              Ce sont des psychiatres aujourd hui qui tirent la sonnette d’alarme a l’instar du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, alors ne retournez pas contre eux le message.


            • Humphrey Binsucet 24 mars 2010 21:39

              A Jorge,

              Entierement d’accord avec votre commentaire.

            • Aspiral Aspiral 24 mars 2010 17:35

              Touché, coulé, noyé....Voyez la deuxième partie de l’article, que personne n’a lu, à en croire les commentaires....Le complexe de Colomb comme arme de destruction massive !
              Pour ceux qui ont accès à l’espace de modération, voyez

               Aspiral 21 mars

              • ZEN ZEN 24 mars 2010 19:09

                L’auteur a raison de pointer les dérives d’une certaine psychiatrie, comme Zarifan, qui tire la sonnette d’alarme
                Comme dit un intervenant, attention à certaines sectes, dont les critiques ne sont pas dénuées d’arrière-pensées dans leurs critiques de la psychiatrie...

                Une réforme en cours qui vise surtout le sécuritaire et les économies

                « Une société se juge à l’état de ses prisons » (A.Camus)... et de ses hopitaux psychiatriques-"De la fin de la guerre aux débuts des années 80, la psychiatrie française ETAIT la meilleure au monde« 

                - »

                De plus en plus, nous sommes confrontés au « turn over », plus communément appelé « durée moyenne de séjour », accéléré des patients en raison de la diminution du nombre de lits en intra hospitalier. Ceci ayant pour corollaire des difficultés à poursuivre la prise en charge en extra hospitalier, ainsi que des rechutes rapides et donc plus de ré-hospitalisations lourdes, faisant ressentir un sentiment d’échec aussi bien pour les patients que pour les soignants. A ce niveau là, pouvons nous encore parler de qualité des soins ? C’est là une superbe illustration des dérives de cette logique du tout comptable évoquée plus haut. Sur quels critères faut-il évaluer le travail soignant ? Certainement pas uniquement sur la durée moyenne de séjour, mais bien sur le contenu et le sens que nous donnons aux soins que nous prodiguons. Là aussi, une approche éthique, centrée sur le sujet, s’impose."(Hervé Boyer)
                -Etat inquiètant de la psychiatrie-

                • srobyl srobyl 24 mars 2010 20:36

                  Merci pour ces lignes très intéressantes.
                  En somme, la psychiâtrie aurait tendance à des dérives inquiétantes, participant pas ses abus à une éviction sociale, comme ce fut la règle, bien longtemps avant que n’émerge cette spécialité médicale, avec le« grand renfermement », qui répondait aux besoins de circonscrire tout ce qui n’était pas du domaine de la raison et était de ce fait contraire à l’ordre public
                  Ceci étant, il n’en demeure pas moins qu’il existe des domaines où la psychiâtrie actuelles permet des thérapies intéressantes et obtient des résultats prometteurs.


                  • ddacoudre ddacoudre 24 mars 2010 20:58

                    bonjour roseau
                    excellent article. tu as mis le doit sur la future forme que prendra la fascisation.
                    le nazisme est issus de la politisation de la science. Lapagoue n’a jamais dit de supprimer les races qu’il avait qualifié d’inférieure.

                    j’ai bien peur que nous soyons entré dans cette ère. tant que le soin est librement consenti, il ne constitue pas une entrave à la « liberté » des individus.
                    mais le glissement du droit pénal qui vient de passer de la preuve de la constitution du fait à la présupposition de sa dangerosité nous fait franchir une barrière, et nous l’avons qualifié de principe de précaution, il est heureux que l’on ait pas abattu tous les Mexicains pour éviter la propagation de la grippe, comme nous l’avons fait avec la vache folle. mais la vaccination de masse s’y est substitué ressemblait a cela sur la base d’une analyse scientifique.

                    plus nous découvrirons nos fonctionnement cérébraux nous constaterons que notre culture judéo chrétienne et celle capitaliste construit des distorsions à leurs normes, et loin d’en comprendre que ce sont ces normes qui doivent se repenser, nous utiliserons les découvertes scientifiques,, pour y conformer les hommes.
                    la génétique va nous en donner les moyens et nous allons commettre des crimes contre l’humanité plus grave que ceux qu’ont comis nos prédécesseurs.

                    déjà je n’ai plus entête la date un monastique disait il est regrettable que dieu est donné la possibilité de la maternité avant que les enfant aient pu construire leur suffisance économique.
                    c’est simplement terrifiant et c’est a cela que nous commençons à nous atteler.
                    les populations oublient toujours que c’est par ceux jugés arbitrairment anormeaux que s’installent et se justifient les barbaries.

                    cordialement.


                    • Spip Spip 25 mars 2010 00:20

                      Beaucoup de choses en vrac dans cet article et donc un risque d’amalgames. Essayons de trier un peu.

                      L’utilisation par les régimes politiques (dans sa version « hard ») a toujours trouvé des alliés dans le monde médical. Les médecins représentaient, dans l’Allemagne nazie, le plus fort pourcentage professionnel d’inscrits au Parti...

                      Dans sa version « soft » (si l’on peut dire) c’est bien d’une histoire de délégation partielle de l’ordre social qu’il s’agit.

                      S’agissant des prochaines lois, ce n’est « que » la conséquence de la réduction drastique du nombre de lits (et de personnel) disponibles dans les services de psy. Mélangez ça avec le discours humaniste (détourné) qui veut éviter au maximum les hospitalisations, quelque soit leur statut (libre ou sous contrainte) et vous obtiendrez ce qui va venir, mais au nom de la rentabilité pas de l’humanisme.

                      Quand à la supposée criminalité, elle est reconnue inférieure chez les malades mentaux par rapport au citoyen lambda, mais il suffit d’un acte comme à Pau pour faire bien peur dans les médias et faire passer le message  !

                      Je suis bien d’accord que le problème de fond aujourd’hui est la médicalisation abusive de situations psycho-sociales. Ça évite de s’attaquer aux causes de ces situations. Les services de psy, aujourd’hui, contrairement à ce que j’ai lu, sont sommés de répondre aussi au mal être.

                      J’ai bien lu et pratiqué, à mon niveau (tant bien que mal) Foucault, Zarifian, Gentis, etc. Reste ceux qui ont besoin/demandent une écoute. Pour l’instant, il leur reste encore quelques structures publiques avec peu de personnel, de moins en moins formé et sous pression. Ça, c’est la réalité de tous les jours pour les soignants, assez éloigné des grands débats théoriques.


                      • Deneb Deneb 25 mars 2010 07:43

                        La psychiatrie est une branche de la médecine. Et le but de la médicine est d’attenuer les souffrances et de prolonger la vie.

                        Comme le cerveau humain est l’organe le plus complexe qui existe, il est normal que la psychiatrie est souvent sujette à des influences idéologiques.

                        Le suicide est une issue mortelle d’une pathologie mentale. Le premier souci d’un psychiatre est donc de veiller a ce que son patient ne se suicide pas.

                        A partir de la, on peut distinguer 2 approches psychiatriques : L’approche medicamenteuse, qui atténue les symptomes de la maladie et diminue la souffrance, efficace quand bien dosée ; et l’approche thérapeutique, qui est bien moins efficace dans les pathologies graves, mais qui est la plus sujette aux influences idéologiques, religieuses, culturelles ...

                        Il y a aussi l’approche pragmatique. Un ami psychiatre m’a raconté qu’un de ses patients, un schizophrène handicapé par les voix qu’il entendait dans sa tête, a trouvé la parade tout seul : au moment des crises, il se met un casque stéréo sur ses oreilles, et il arrive à couvrir les voix dans sa tête avec de la musique, alors qu’aucun médicament n’arrive à les faire disparaître.

                        Avec le développement des neurosciences, de la topographie du cerveau avec les nouvelles méthodes d’imagerie, la psychiatrie va changer aussi radicalement que la médecine a changé quand on a découvert l’asepsie il y a presque 2 siècles.


                        • Bélial Bélial 25 mars 2010 17:47

                          Rien à voir, regardez le monde qui nous entoure, c’est l’espoir qui manque.


                        • Roseau Roseau 25 mars 2010 11:25

                          « Je répète : des moyens et une approche humaniste sont des nécéssités. »
                          Justement, il semble q’une approche humaniste soit exempte de psychiatrie. Les deux mots sont presque antinomiques. A moins d’un réel changement qui de manière générale ne s’est pas encore produit, un changement dans les méthodes, pas dans les moyens. Plus de moyens donnera pour l’instant plus de crimes contre l’humanité, comme le dit le premier psychiatre de l’article. Vous devriez aller vous promener dans un hopital psy, pour voir si vous souhaitez qu’on vous y prenne un lit...


                        • unpetitcoucou 25 mars 2010 13:33

                          Enormément d’affaire relevant d’abord de la justice se règlent en psychiatrie où la victime est « neutralisée » : assommée de neuroleptiques, incapacitée pour plusieurs longs mois quand sa mémoire n’est pas définitivement atteinte, et de toute façon définitivement discréditée par tous les faux produits par les psychiatres pour justifier son internement, son passage par la case psychiatrie a pour effet de l’exclure à vie de toute vie normale, de tout tissu social ou relationnel normal, et naturellement, de la supprimer littéralement en tant que victime.

                          Plus de victimes, plus de coupables non plus, ceux-ci peuvent continuer à festoyer et ripailler en toute tranquillité.

                          Les personnels hospitaliers des services de psychiatrie adhèrent pratiquement tous à cette politique : porter plainte contre un patron, c’est mal, porter plainte pour viol, c’est mal, refuser de céder son héritage à qui le convoite sans pouvoir légalement y prétendre alors qu’il en aurait bien besoin pour développer ses affaires, c’est mal, etc... Le droit, les lois de la République choquant leur sens moral, ils se font un devoir de remettre les choses à l’endroit, pour le bien de tous, s’entend, et d’abord celui de criminels et de délinquants. Ils ont parfaitement conscience de produire des faux à longueur de journée, mais ils le font « pour la bonne cause ». Quant aux soins qu’ils prodiguent aux « mauvais » sujets qui les « obligent » à sévir par leur comportements « inadaptés » ou « scandaleux », ils ne sont que violences et maltraitances de tous ordres, ce sont de « bonnes corrections », « bien méritées ».


                        • unpetitcoucou 25 mars 2010 14:08

                          @ chantecler

                          Les mensonges éhontés que vous venez proférer ici avec une insistance remarquable sont totalement inadmissibles pour tous ceux qui savent ce qu’est réellement la psychiatrie française.

                          Ce sont des injures, des violences supplémentaires pour toutes ses victimes.


                        • Bélial Bélial 25 mars 2010 17:45

                          Je demande du respect pour tous nos disparus et toutes ces vies gâchées.


                        • L. D. T. L. D. T. 26 mars 2010 00:00

                          Je suis psychologue et j’aimerais juste vous sortir du jugement que vous faites de toute une science pour une raison simple : toute science peut être utilisée pour construire, réparer ou détruire, et le choix ne dépend que de l’utilisateur. Dans le même sens que l’énergie atomique nourrit la France ou attaque le Japon, que les armes à feu arrêtent des criminels ou les aident, que des gens peuvent se servir des sciences humaines pour contrôler les humains pour leur bonheur ou pour leur malheur, la psychologie peut servir à beaucoup de choses...ce n’est pas pour autant que vous devez vous alarmer de son existence et de ses capacités en prétendant qu’elle sera forcément utilisée par des égoïstes !

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