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Que faire des classes prépas ?

Dans un rapport du Sénat sur la diversité sociale et l’égalité des chances qui va être rendu public le 25 septembre, on apprend que dans les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), la proportion d’élèves issus de catégories sociales défavorisées est tombée à 9% alors qu’elle était encore de 29% il y a 20 ans. Les classes préparatoires offrent de moins en moins aux élèves brillants issus de milieux modestes la possibilité d’une ascension sociale par le mérite académique. Il faut aussi noter que notre système scolaire primaire et secondaire, de plus en plus inégalitaire, peine à faire émerger de tels talents. Mais c’est un autre problème que je ne développerai pas ici.
Il faut donc constater que les CPGE représentent un milieu fermé, qui s’auto-entretient et qu’il est nécessaire de réformer pour lui redonner sa vocation première : permettre une sélection des meilleurs élèves quelle que soit leur origine sociale. Il est vrai que le système des CPGE représente un monde à part, avec ses codes et ses rites de passage, ce qui contribue à le rendre peu accessible aux lycéens issus de familles « étrangères au système », et qui conduit à une auto-censure de la part de ces jeunes, persuadés que ce système n’est pas fait pour eux, même s’ils ont de bons résultats au lycée.
Un moyen de rendre les classes préparatoires plus accessibles et plus égalitaires seraient de les intégrer aux universités. Cette réforme devrait s’accompagner d’une refonte du format des CPGE qui passerait de deux années à une seule année mais de niveau Licence 2 (2e année d’université). Le nouveau parcours des étudiants de CPGE pourrait être le suivant : une première année d’université (Licence 1) commune à tous les lycéens quelle que soit leur origine, année de formation générale, à l’issue de laquelle, les étudiants pourraient intégrer une deuxième année spécifique de préparation aux concours (niveau L2). Bien évidemment, l’entrée dans cette formation spécifique serait sélective, après consultation des résultats au lycée et en première année d’université.

Les bénéfices de cette réforme seraient multiples. Elle devrait permettre de :
- désacraliser les CPGE en les intégrant dans une structure ouverte au plus grand nombre ;
- à l’inverse, amener les meilleurs élèves des lycées à l’université, ce qui n’est pas le cas actuellement (l’université étant très souvent un choix par défaut) ;
- proposer des cursus universitaires cohérents où les étudiants ne réussissant pas aux concours des grandes écoles pourraient naturellement poursuivre leurs études dans les filières classiques de l’université ;
- rapprocher le monde de la recherche universitaire et le monde des grandes écoles, par une formation en CPGE moins théorique, plus au contact des laboratoires de recherche.

Enfin, en plaçant des filières d’élite dans les premiers cycles universitaires, on contribuera à rendre les universités plus compétitives et plus attractives dans l’espace international de l’enseignement supérieur.

par BDS69 vendredi 28 septembre 2007 - 66 réactions
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  • Par Wlad (xxx.xxx.xxx.50) 28 septembre 2007 12:47
    Wlad

    Honnêtement, je suis très dubitatif.

    Tu évoques la nature des CPGE "auto-entretenues" pour justifier un déficit d’élèves "issus des classes sociales défavorisées" ; pourtant, dans mon lycée (en Meuse, ce qui ne nous classe pas parmi les plus prédestinés à la prépa si on suit ton raisonnement du système auto-entretenu), même si pas mal de gens ne venaient pas de classes particulièrement aisées, nos profs nous poussaient fortement à nous inscrire en prépa, arguant que nous n’avions rien à y perdre (je vais revenir sur ce point plus loin).

    Ceci a permis à de nombreuses personnes de ma terminale de se retrouver dans des CPGE parmi les plus prestigieuses : Ste-Geneviève, Fabert, Poincaré... J’ai moi-même atterri à Louis-le-Grand, alors que je ne faisais pas partie du système (personne dans ma famille n’avait fait de prépa avant moi).

    Je ne pense donc pas qu’il y ait besoin d’une réforme telle que tu la présentes.

    Par ailleurs, certains points m’étonnent :

    _"Un moyen de rendre les classes préparatoires plus accessibles et plus égalitaires seraient de les intégrer aux universités : une première année d’université (Licence 1) commune à tous les lycéens quelle que soit leur origine, année de formation générale, à l’issue de laquelle, les étudiants pourraient intégrer une deuxième année spécifique de préparation aux concours (niveau L2)." Quel intérêt ? Le but de la sup est, bien plus que d’enseigner des connaissances, de transmettre aux élèves une méthode de travail et une rigueur qu’on ne retrouve pas dans la façon universitaire de travailler. Si l’élève acquiert durant sa première année des réflexes "universitaires", inutile de proposer une 2ème année de bourrage de crâne ! A ce propos, un point-clé du succès en prépa est le travail collaboratif, pas assez mis en avant par les CPGE. Ta proposition aide-t-elle à développer cet aspect ? Pas sûr, car l’avantage d’une prépa est de connaître tout le monde dans ta classe (je sais que j’idéalise un peu, mais ça s’est passé comme ça pour moi), alors qu’à la fac...

    _"proposer des cursus universitaires cohérents où les étudiants ne réussissant pas au concours des grandes écoles pourraient naturellement poursuivre leurs études dans les filières classiques de l’université" C’est exactement à ça que sert la double inscription, proposée par de nombreuses prépas : l’issue de la sup est considérée comme équivalente au niveau L1, pour peu que l’élève passe un examen d’équivalence (une formalité). Il est donc tout à fait possible de repartir en L2 après un an de prépa.

    _"rapprocher le monde de la recherche universitaire et le monde des grandes écoles, par une formation en CPGE moins théorique, plus au contact des laboratoires de recherche" Pas faux, si on considère l’enseignement de chimie prodigué en CPGE. Toutefois, les "meilleurs des meilleurs", en prépa scientifique, visent soit l’X, soit l’Ecole Normale, qui est un sacré vivier d’aspirants chercheurs ! D’ailleurs, maintenant que j’ai intégré une école d’ingénieurs, je suis incroyablement surpris par la quantité de mes camarades qui suivent un master en 3A ou partent en thèse, pour s’être découvert une vocation pour la recherche !

    Tu vois, tout n’est pas perdu !

  • Par Avatea (xxx.xxx.xxx.123) 28 septembre 2007 13:51
    Avatea

    une 1ere année universitaire classique et une 2e année (qui dure 8 mois) de "prepa" ? cette dichotomie me semble preter le flanc à plein de biais : la 1ere année tendra à devenir une pré-prépa, donc aucune différence (si ce n’est que les cours en amphi empecheront le suivi individuel des élèves comme dans une classe prepa actuelle) la 2e année sera impitoyable et très courte, et on se retrouvera avec une majorité de réussite de la part de "cubes"

    Pour moi, la solution est plus dans la communication : j’avais un ami qui voulait faire prépa et qui m’a incité à tenter ma chance aussi. Sans cela, je n’aurai pas osé. Au final, j’ai bien réussi. (on retrouve d’ailleurs cette auto censure au moment de se présenter aux concours, certains ne passent pas les écoles les plus prestigieuses car venant d’une moins bonne prépa..) Bref, plus que de la discrimination positive ou de l’entrée en université, ouvrir des classes et communiquer dans les lycées moins côtés.

  • Par Elefan (xxx.xxx.xxx.2) 28 septembre 2007 17:59

    Je suis lecteur d’AV depuis deja quelques temps, et j’apprécie la qualité du ton des commentaires et des articles. Si je saute le pas aujourd’hui, c’est parceque le sujet ci dessus me touche de très près. Je sais que ce qui suis va déclencher un tollé, mais il est nécessaire d’être clair : Oui, je suis passé par une prépa, oui, c’était une classe prépa HEC, et oui, je veux que l’on conserve, et préserve ce système.

    Ceci étant dit, on peut se pencher sur les raisons de ce soutien. J’étais un élève normal dans un lycée normal (pas de zep, et pas de zone archi favorisée), et la classe prépa m’a permis de faire en deux ans une véritable découverte : Avec le travail et la volonté, on est tous capables de grandes choses. Il faut savoir que ce système est dur, fatiguant, et même usant psychologiquement. Mais il permet en deux (parfois trois) années de se connaitre réellement. Et c’est ce qui, à mon gout, manque dans l’enseignement secondaire le plus : on ne peut pas développer suffisamment ses capacités propres, on reste sur un "nivellement". Je ne prétend pas que cela est "tout mauvais", et que les CPGE sont "tout bien". Je veux simplement dire que les CPGE sont un espace où il est possible de connaitre ses propres limites personnelles, tant physiques (stress, fatigue, pression, hygiene de vie) qu’intelectuelles (il y aura toujours quelqu’un de meilleur qui travaille moins que vous dans une prépa).

    Proner le rattachement et la refonte des prépas dans l’université, très bien, excellent idée ! Mais encore faut-il savoir ce que l’on veut faire de ce système : abroger la compétition de tous les instants au nom de l’égalitarisme, ou bien permettre au plus grand nombre d’y accéder ? Alors, avant toute chose, il faut revoir le système universitaire français en général, pour y apporter une bonne dose de modernisme, et le remettre en ligne avec la "vraie vie". En faire un système éducatif cohérent et efficace, qui amène les étudiants au sommet de leurs capacités, pour qu’ils puissent choisir leur avenir, et non pas s’en laisser imposer un par le diplome qu’ils possèdent(ce qui est à peu de choses près la situation actuelle).

    Et surtout avoir de l’audace, ne pas laisser un élève de terminale baisser les bras et se dire "ce n’est pas pour moi !". Les études supérieures doivent simplement nous apprendre à être autonomes et à se donner les moyens d’arriver aux buts que l’on se fixe

    Ce n’est pas encore une bataille gagné, mais prépa ou université, de toute façon, il faut remettre tout ca à plat !

  • Par LaMoukat (xxx.xxx.xxx.42) 28 septembre 2007 16:44

    Je ne suis pas d’accord avec plusieur de vos constats. La grande majorité des prépa ne font pas de sélection sur des critère sociales. L’exemple que vous donnez n’est vrai que pour une faible minorité de prépa prestigieuse. De plus votre comparasion avec l’enseignement universitaire de début de cycle est fausse. (du moins pour une prépa scientifique).

    En relisant votre commentaire, je réalise que vous parlez de ce que vous connaissez , c-à-d les prépa HEC et non des prépas en général (et plus particulièrement les prépas scientifiques que je connais bien). Il est donc difficle de pousser la comparaison tant tout les oppose.

    Vos constats et vos propositions n’ont un sens que pour les prépas HEC. Vous oubliez l’immense majorité des prépa scientifiques et littéraires.

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