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Réforme des CPGE et réforme de la taxe d’apprentissage : Le gouvernement veut tuer la filière « Prépa -Grandes écoles »

La leçon de l’échec de Claude Allègre a été tirée : pas d’attaque frontale contre la filière d’enseignement supérieur qui réussit le mieux mais une stratégie digne du général GIAP.

Aux commandes, le stratège Vincent PEILLON. Il déteste les classes prépas depuis toujours et qu’importe si elles sont plébiscitées par les étudiants et les parents. Dans un ouvrage décapant sur "Les bons élèves", Yves Dutercq et Carole Daverne proposent une lecture positive du modèle de réussite en CPGE :

« …La première année il y a un travail intense sur le plan scolaire mais aussi au niveau de la mise en confiance de ces étudiants. Cela passe par une pédagogie du proche, par exemple à travers les colles qui sont interprétées de façon différente à ce qu'elles étaient avant. Il ne s'agit plus de préparation aux concours mais d'occasions de mieux connaître les difficultés des étudiants et de les guider de façon individualisée. La proximité passe aussi par les mails et les coups de téléphone. On ne s'y attendait pas. Ce sont les élèves qui insistent. Leurs meilleures années sont celles des prépas en raison de la solidarité entre élèves, de l'ambiance, de la relation privilégie avec les profs. »

« …En prépa, les professeurs ont à gagner autant que les élèves dans la réussite des élèves. Les petites prépas doivent leur survie à la réussite des élèves aux concours. Cet enjeu n'existe pas au secondaire. …En université la sanction par les notes n'arrive qu'au bout de plusieurs mois. En prépas les élèves savent tout de suite si ça ne va pas et ils sont conseillés par rapport à cela. »

Loin d’être pour le ministre le modèle de référence, les prépas doivent à ses yeux disparaitre. Il répondait il y a peu à JJ BOURDIN : « C'est le conservatisme français. (...) Je suis pour la suppression des grandes écoles ».

Pour y parvenir deux offensives sont lancées.

La première a pour objectif de tarir le recrutement et de casser la motivation des profs. Agrégés, ils ont la même rémunération de base que leurs collègues de collège ou de lycée, certifiés ils ont le même salaire qu’un professeur des écoles. La différence se fait sur les heures supplémentaires et sur les interrogations orales. La réforme Peillon, en modifiant le temps de service fait disparaitre les premières et réduit la rémunération des secondes.

Qui défendra les profs de prépas ? Ils sont peu nombreux, travaillent beaucoup et réussissent en fin de carrière à atteindre des rémunérations parfois comparables à celles des professeurs d’universités. Ils ne sont pas moins méritants que ces derniers, mais alors où est le problème ?

Une deuxième offensive vise cette fois ci les écoles de commerce via la réforme de la taxe d’apprentissage. A la différence des écoles d’ingénieur, les écoles de commerce sont privées et ne coûtent rien aux contribuables. De nombreux étudiants doivent donc emprunter pour financer leurs études. Certains voudraient faire leurs études en apprentissage, la formule a été mise en place par les écoles. Malheureusement le nombre de places offertes en apprentissage dépend des Conseils Régionaux qui dans la majorité des cas sont hostiles aux grandes écoles. Conséquence, selon Philippe JAMET, président de la CGE :

« le risque est de voir les élus régionaux orienter les financements vers les formations de faible niveau de qualifications et privilégier les besoins de compétences de leur territoire, au détriment des formations du supérieur à vocation nationale ou internationale »

Les grandes écoles bénéficiaient surtout, via la taxe d ‘apprentissage de 200 millions d’euros :

« le "barème", est versé aux lycées professionnels, aux universités et aux grandes écoles. Soit 800 millions d'euros par an, dont près de 200 millions pour les seules grandes écoles. Aujourd'hui, ce sont les entreprises qui choisissent librement les établissements qu'elles financent. Ce système permet d'établir une connexion entre le monde de l'entreprise et celui de l'éducation, et d'adapter nos formations aux besoins des recruteurs. »

« …La nouveauté majeure, c'est que 55% des recettes ainsi générées devrait être désormais fléchée vers les conseils régionaux, ce qui réduira fortement la liberté d'affectation de la taxe. »

Qui défendra les Grandes écoles ?

La manœuvre est habile, la filière n’a sans doute pas conscience de réagir de manière solidaire contre les attaques

http://www.capital.fr/carriere-management/actualites/pourquoi-la-reforme-de-la-taxe-d-apprentissage-risque-de-ruiner-les-grandes-ecoles-890491


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9 réactions à cet article    


  • non667 26 novembre 2013 19:31

    le socialisme =égalité par le bas = les restos du cœurs pour tous !
    avec la mondialisation = tous des biaffrais !


    • claude-michel claude-michel 27 novembre 2013 14:36

      Peillon.... « C’est le conservatisme français. (...) Je suis pour la suppression des grandes écoles »....Il veut une école au rabais qui forme des OS au Smic...mais au Smic de la Roumanie...

      Cette gauche casse tout...l’école..la santé..la justice..le social..les retraites..le pouvoir d’achat..etc
      Vous connaissez la chanson....Formez vos bataillons.. !
      Il est plus que temps.. !

      • leypanou 27 novembre 2013 15:59

        « A la différence des écoles d’ingénieur, les écoles de commerce sont privées et ne coûtent rien aux contribuables » : ce n’est pas parce que ce n’est pas financé sur le budget de l’état que cela ne coûte rien au contribuable.

        Beaucoup de familles modestes peuvent malgré tout envoyer leurs enfants dans des grandes écoles/universités publiques, où les frais d’inscription sont dérisoires comparés à ce qu’on paie justement dans les écoles de commerce ou d’ingénieurs privées où la moindre année est dans les 5000-7000€.

        Arrêtez de raconter n’importe quoi.


        • Alex Alex 27 novembre 2013 16:01

          Sur le plan intellectuel, Allègre, Peillon, et nombre de leurs prédécesseurs appartiennent à la catégorie des médiocres besogneux qui ont usé leurs pantalons sur les bancs de la fac pour décrocher laborieusement leurs diplômes ; il n’est donc pas étonnant qu’ils jalousent les étudiants doués des prépas.
          Mais il ne leur viendrait pas à l’idée de supprimer l’Insep, l’équivalent pour les sportifs de haut niveau.
          Quand les facs donneront un enseignement de qualité équivalente (certaines commencent à percer) à des étudiants capables, on pourra supprimer les CPGE.

          Ce qui est discutable est le parcours ultérieur de certaines personnes issues des grandes écoles : Attali, Varin (dont on parle actuellement), deux brillants X-Mines, en sont de bons exemples.


          • Connolly 28 novembre 2013 18:11

            « Quand les facs donneront un enseignement de qualité équivalente (certaines commencent à percer) à des étudiants capables, on pourra supprimer les CPGE ».

            Dans quel monde vivez-vous ? Les facs donneront un enseignement de qualité équivalente lorsqu’elles auront les mêmes moyens que vos CPGE.


          • earendil 27 novembre 2013 21:39

            Je suis élève en prepa scientifique (2eme année) et cet article me brise le coeur ! C’est exactement ça, le socialisme ==> nivellement par le bas. Pour le coup mes 2 années de CPGE sont les plus belles et où j’ai de loin le plus appris, c’est le meilleur de l’enseignement français que l’on détruit !


            • Luc le Raz Luc le Raz 28 novembre 2013 15:10

              Peillon. « doctorat en philosophie » Donc aucune idée de ce que peut être une « sup » ou une « spé » et ce qu’on y fait. Brasser des mots à longueur de page ? Sûrement pas ! Mais ce n’est pas pour ça que ce serait un désert d’idées ! Ça demande beaucoup de rigueur et de boulot. Les concours sont loin d’être fastoches.
              D’accord avec aerendil : « c’est le meilleur de l’enseignement français que l’on (veut) détruit ! (re) » Quelle mouche a piqué Peillon ? Tsé Tsé, la Dingue ?


              • s4m0 29 novembre 2013 09:05

                Je ne comprends pas la comparaison entre prof de prépa et leurs homologues lycéens et collégiens. Ils enseignent dans le supérieur (avec ce que cela réclame de travail et de connaissances supplémentaires) ! alors pourquoi ne pas les comparer avec leurs homologues du supérieur ?

                Qui défendra les prof de prépa ? Je pense que la « caste » des anciens « taupins » et des « épiciers » est suffisament puissante pour défendre le système qui fait leur réputation smiley


                • paulau 10 décembre 2013 15:47

                  Un nouveau genre humain à la sauce Peillon.

                  Ce que désire ce gouvernement c’est supprimer les différences. Plus d’ homme ou de femme, il faut l’entre deux. Plus de riches ou de pauvres,mais encore un entre deux. Et maintenant nivellement du niveau intellectuel : tous médiocres.

                  Notre philosophe de ministre a retravaillé à sa sauce la notion d’égalité.

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