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Accueil du site > Tribune Libre > Rénover la démocratie, une urgence Française

Rénover la démocratie, une urgence Française

Due aux activités humaines et à l’explosion démographique, La situation écologique globale ne cesse de s'aggraver. Parmi l’une de ses conséquences principales c’est le dérèglement climatique. Mais cet aspect là, et bien d'autres, épuisement des sols, pollutions croissantes de l'air, des nappes phréatiques et des océans, disparition accélérée de la biodiversité et des ressources fossiles, sont les conséquences d’un productivisme imposé par l’oligarchie militaro- Financière et industrielle, auprès desquels les responsables politiques n’ont qu’une fonction de serviles serviteurs pour imposer des projets, souvent autant inutiles que coûteux pour le contribuable, aux bilans énergétiques et gaz à effet se serre (GES) des plus désastreux. De Notre Dame des Landes à l’EPR en passant par des parcs de loisirs type Roybon en Isère, axes autoroutiers, grands stades etc. sans compter l’exploration des gaz de schiste qui se dessine à l’horizon… Les exemples sont légions et les citoyens sont souvent impuissants pour s’y opposer, car la démocratie Française souffre d’un réel déficit.

Pour s’opposer à ces dérives destructrices, il y a urgence de redonner aux citoyens de réels pouvoirs et contre pouvoirs, pour à la fois, leur permettre une meilleure maîtrise de la démocratie représentative et agir par plus de démocratie directe. Cela passe, notamment, par le référendum d’initiative citoyenne, mais aussi par le référendum d’initiative révocatoire et dans toutes les assemblées par un quota d’élu(e)s tiré au sort, ainsi qu’un droit de veto suspensif préalable accordé à certaines associations ou encore par la fin de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. La suppression du Sénat, assemblée désormais inutile doit permettre de renforcer la démocratie à l’Assemblée Nationale.

La Ve République échappe aux typologies classiques des différents régimes démocratiques. Conçue à l’origine comme un régime parlementaire dans lequel les pouvoirs de l’exécutif sont renforcés, elle est devenue un régime de type semi- présidentialiste depuis le référendum de 1962 qui a instauré l’élection du président de la République au suffrage universel direct, le rôle prépondérant du Président de la République s’est d’ailleurs accru avec le quinquennat. 

Mettre un terme à la double fonction de fait de chef de l’Etat et de chef de l’exécutif du Président de la République. Une exception en Europe.

L’élection au suffrage universel fait du Président de la république le moteur du système et il apparaît ainsi accumuler tous les pouvoirs. Avec le quinquennat qui précède l’élection de chaque législature, arrivée à terme, ou faisant l’objet d’une dissolution, et sauf cohabitation très improbable dans ces conditions, avec une assemblée « godillot  », même si cela n’apparaît pas évident, il est à la fois chef de l’Etat et chef de l’exécutif, c’est un avatar de la démocratie Française. Si quelques-uns des pouvoirs de l’exécutif, et non les moindres, recoupent toutefois ceux du Premier ministre, on sait que la pratique gouvernementale a presque toujours créé une distorsion au détriment de ce dernier, le réduisant trop souvent à la fonction d'arbre de transmission impeccable des volontés Elyséennes. En cas de désaccord, les exemples sont légions, le Président a tout loisir de le congédier, ainsi que par ailleurs le Gouvernement.

L’équilibre des pouvoirs conçu par les constituants de 1958 connaît de profondes modifications, consacrées par « l’usage » plus que par l’application littérale des textes constitutionnels

Parallèlement, le principe de la responsabilité du Premier ministre devant le président de la République a été consacré, en marge du texte constitutionnel, par l’usage. Le chef de l’État a ainsi exigé et obtenu à plusieurs reprises la démission du gouvernement, sans que l’Assemblée nationale n’ait pour autant adopté de motion de censure. Ce fut le cas pour la démission de Michel DEBRE en avril 1962, de Jacques CHABAN - DELMAS en juillet 1972, de Pierre MAUROY en juillet 1984, de Michel ROCARD en mai 1991, d’Édith CRESSON en avril 1992 ou Jean-Marc AYRAULT le 31 Mars 2014.

Cette responsabilité du Gouvernement devant le chef de l’État constitue l’une des caractéristiques du fonctionnement de la Ve République. Lorsque François HOLLANDE avait congédié de façon brutale le Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT, suite à l’échec électoral des Municipales de 2014. Ce qui n’empêchait pas l’ancien Premier Ministre de déclarer, au journal le Point le 15 Octobre 2014 : « C'est pour moi un honneur d'avoir été choisi à Matignon par François HOLLANDE « …Ou encore Jacques CHIRAC s’exprimant au sujet de Nicolas SARKOZY, alors ministre de l’Économie et des Finances, lors de l’entretien télévisé du 14 juillet 2004 : « Je décide, il exécute… » Cet exemple démontre bien l’absence d’équilibre des pouvoirs entre Président et parlement. Aujourd’hui le curseur a glissé dangereusement vers le Président de la République qui Seul peut agir… « Selon son bon plaisir »… Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose… La dérive d’un régime se voulant au départ à dominante parlementaire, mais qui est devenu Présidentiel avec un chef de l’Etat qui est également chef de l’exécutif. Une exception Française en Europe qui fait de la France l’un des pays les moins démocratique.

L’introduction de la notion des « usages » un réel danger

Avec l’introduction des primaires, comme nouvel usage pour  » sélectionner » une candidature à l’élection Présidentielle, quelle que soit la formule d’élargissement plus ou moins large de l’électorat à Gauche ou à Droite que va choisir le parti politique, celui ou celle qui aura en final les « préférences » de l’électorat concerné, Sera généralement « l’apparatchik » qui maîtrise le mieux le parti dominant dans lequel il a su tresser les liens utiles, tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur, en particulier avec certains lobbys et les médias les plus influents. Mais l’importance des liens tissés à l’extérieur est surtout vrai pour les deux principaux partis, dont sera issu le, ou la futur(e) Président(e). Pour les autres, c’est essentiellement à l’intérieur du parti le plus important, en cas de coalition, que la partie se joue entre les concurrents.

Lors des premières consultations primaires qui furent organisées par Europe Ecologie Les Verts, ainsi que par le Parti Socialiste pour les élections Présidentielles de 2012, la victoire d’Eva JOLY avec les Verts contre Nicolas HULOT, ou celle de François HOLLANDE contre Martine AUBRY avec les Socialistes, confirment cette réalité. Nul doute que le même scénario se reproduira si l’on ne change pas les règles. Le problème c’est le risque accru de confier les clés d’un pouvoir politique « puissant », que confère la Constitution de la Ve République, à un « apparatchik » sans envergure et dont les convictions politiques se résumeraient à un opportunisme de circonstance, imposé par les lobbys des puissances de la finance et du monde des affaires, relayés par les médias à leur service. Il est donc urgent de mettre un terme à cette situation.

Si on considère les articles de l’actuelle constitution, il convient de les modifier, ou de les supprimer, de manière à préciser qu’à l’issue de chaque élection législative, le Président de la République ne sera plus élu au suffrage universel direct, mais au suffrage universel indirect par un collège électoral des élus territoriaux et des parlementaires pour une durée de cinq ans. Ainsi, il sera de fait relégué dans la seule fonction conforme à la mission d’un chef de l’Etat et n’interviendra pas dans l’exécutif qui sera de la seule compétence du Gouvernement responsable devant la représentation Nationale (Députés). Seule L’assemblée Nationale serait habilitée à sa dissolution éventuelle, dès lors que le Gouvernement n’aurait plus de majorité pour appliquer tout ou partie de son programme.

Stabilité des institutions : Mode de scrutin et représentation par tirage au sort, référendum d’initiative révocatoire

La stabilité des institutions de la Ve République dépendrait-elle de la seule « puissance » du pouvoir du Président de la République, due à son élection par le suffrage universel direct ?...

Ce n’est pas un retour au septennat avec un seul mandat, comme certains le suggèrent, au prétexte que le décalage entre l’élection Présidentielle et l’élection législative permettrait de rétablir l’équilibre des pouvoirs, entre le Président et le parlement. Si des prérogatives, telles que le droit de dissoudre l’Assemblée Nationale ou exercer seul tous les pouvoirs dans certaines circonstances ne lui sont pas retirées, l’on ne remettra pas en cause les » puissants « pouvoirs du Président de la République et le parlement avec le gouvernement continueront à jouer un rôle secondaire

Quand on y regarde de plus près, la stabilité des institution, si souvent évoquée et vantée, ne relève pas seulement des « puissants » pouvoirs du Président de la République, mais beaucoup plus du mode de scrutin pour l’élection des Députés qui est uninominal majoritaire à deux tours par circonscriptions territoriales. A cet effet, on peut considérer que malgré le mode de désignation actuel du Président de la République et des pouvoirs qui lui sont conférés, notamment le droit de dissolution, un retour de l’élection des Députés à la proportionnelle telle qu’elle a pu exister, ce serait revenir aux incuries gouvernementales de la IV° République, en renforçant des partis politiques, totalement discrédités. Par ailleurs, Le vote à la majorité absolue des membres de l’assemblée nationale et non à la majorité relative permet de limiter les possibilités de renversement du Gouvernement par l’assemblée nationale, pour un oui ou un non, comme ce fut trop souvent le cas sous la IVe République. Sous la IVe République, les Députés avaient pris l’habitude de rejeter les lois avec une majorité simple (relative) en « calibrant » leur vote après concertation au niveau des groupes Parlementaires, sans atteindre la majorité absolue. De ce fait l’Assemblée Nationale ne pouvait être dissoute et un Gouvernement mis en minorité n’avait plus les moyens de sa politique, il était contraint de démissionner. Par contre, appliquer un correctif pour permettre la représentation des minorités, de même que la désignation d’un quota de citoyens par tirage au sort est indispensable, dans le cadre d’une rénovation de la Démocratie et son principe doit figurer dans la Constitution. Les modalités d’application étant définies par la loi.

Nous n’avons pas besoin d’un système « Bicaméral » il faut supprimer le Sénat

Promulguée le 4 octobre 1958, la constitution de la Ve République confère au Sénat un rôle éminent dans les institutions. L'universitaire constitutionnaliste et ancien sénateur (1959 - 1971) Marcel PRELOT (1898 - 1972) n'hésitait, d'ailleurs pas, à parler de « République sénatoriale ». Le président du Sénat devient le deuxième personnage de l'Etat et assure l'intérim de la présidence de la République.

La France n’a, par ailleurs, plus besoin d’un système Bicaméral. On peut noter que 75% des lois sont dictées par l’Europe, ce qui signifie qu’en France, la suppression du Sénat ne poserait aucun problème sur le plan législatif. D’autant que dans le cadre des navettes entre l’Assemblée nationale et le Sénat pour l’adoption de projets ou propositions de loi, en cas de désaccord, c’est l’Assemblée Nationale qui seule décide de l’application ou non de la loi. En cas de désaccord prolongé sur un texte, le gouvernement peut confier aux députés le soin de trancher. Quant à la responsabilité du gouvernement devant la Haute Assemblée, la Constitution prévoit simplement que « le Premier ministre a la faculté de demander au Sénat l'approbation d'une déclaration de politique générale ».

Le Sénat, Cette assemblée du 19° siècle est désormais obsolète. Déjà En 1969, le Général de Gaulle avait soumis à référendum un double projet de réforme des régions et du Sénat. Outre les collectivités territoriales qui éliraient cent soixante-treize sénateurs, le Sénat représenterait désormais l'activité sociale, économique et culturelle du pays, avec cent quarante-six sénateurs désignés. Mais surtout, le projet aurait ôté toute attribution législative et tout droit de contrôle du gouvernement par le Sénat, il en aurait fait une simple Chambre consultative. De plus, il aurait retiré au président du Sénat, au profit du Premier ministre, l'intérim de la présidence de la République.

L'opposition est très vive chez les élus locaux comme au Sénat, où le nouveau président, Alain Poher, prend la tête du combat pour le « non » au référendum. Les résultats de la consultation d'avril 1969 lui donne raison : par 52,41% des suffrages exprimés, les réformes proposées sont rejetées.

46 ans plus tard, en 2015 Claude BARTOLONNE président de l’Assemblée Nationale se dit favorable à sa suppression et reprend la proposition du Général de Gaulle de fusionner le Sénat avec le Conseil économique et Social…Une assemblée consultative avec des citoyens désignés, ce qui est le cas du Conseil économique et social, avec des citoyens élus, le fussent-ils indirectement, ne me semble pas très rationnel.

Supprimer le système « bicaméral », en renforçant la démocratie parlementaire de l’Assemblée Nationale, implique une suppression pure et simple du Sénat.

Une assemblée inutile qui coûte très cher aux Contribuables

N’en déplaise à Monsieur Bernard SAUGEY, Sénateur de l’Isère qui déclarait en Mars 2015 « Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat »

Les Français ne sont pas "capables" de comprendre, il faut donc leur cacher les dépenses du Sénat pour éviter leurs réflexions "idiotes".Incroyable et scandaleux !...

Monsieur SAUGEY, bien que cela vous déplaise, les Français doivent savoir qu’un sénateur coûte près d'un million d'euros aux contribuables, ce qui revient à 350 millions d'euros par an pour le budget du Sénat qui gère, par ailleurs, une réserve de 1, 5 milliards d'euros. Près de 90 % des dépenses du Sénat consistent en des dépenses de personnel  : indemnités parlementaires des 348 sénateurs, plus traitements et primes de leurs collaborateurs (cinq maximum), pour lesquels chacun dispose d’une enveloppe 7548,10 euros. Pour rompre avec l’opacité qui faisait partie des usages de cette assemblée, en 2013, pour la première fois, les comptes ont été certifiés par la Cour des comptes. « Mais cela ne veut pas dire que le Sénat est bien géré, simplement qu’il respecte les règles comptables » fait observer l’un des magistrat de la Cour.

Les salaires des fonctionnaires du Sénat très confortables, parfois exorbitants pour certains d’entre eux

Il suffit de lire la presse spécialisée sur ces questions, par exemple : « Revue impôts- économie, le portail de la dépense publique » pour se rendre compte ce que coûte au Budget de l’Etat, donc aux contribuables, cette assemblée devenue inutile, mais dont les privilèges, tant pour les Sénateurs que les 1220 fonctionnaires qui y sont affectés, sont considérables.

Les agents du Sénat (nettoyage, accueil, visites du Palais, etc.) gagnent 3000 euros par mois la 1ère année. Après 10 ans de service, ces agents touchent 4000 euros par mois. Leur salaire en fin de carrière est de 6250 euros. Les secrétaires de direction du Sénat touchent un salaire de 3500 euros par mois la 1ère année. Après 10 ans de service, elles gagnent 4000 euros par mois. Leur salaire est de 7170 euros en fin de carrière.

Les administrateurs adjoints du Sénat (services administratifs et législatifs) gagnent 4080 euros par mois la 1ère année. Après 10 ans de carrière, ils touchent un salaire de 5420 euros par mois. Leur salaire est de 8500 euros par mois en fin de carrière. Les administrateurs du Sénat (en commission, en séance, etc.) bénéficient d’un salaire mensuel de 5000 euros la 1ère année. Après 10 ans leur salaire est de 7920 euros par mois. Leur salaire est de 13330 euros par mois en fin de carrière.

Comme le font remarquer certains observateurs, y compris parmi les personnels concernés, les hauts fonctionnaires du Sénat surclassent largement les Enarques des Ministères. Par exemple, comme il le confie lui-même, un administrateur, après 18 ans de carrière, perçoit 10 000 euros mensuel et après 30 ans, même sans responsabilité importante il serait à 15 000 euros. Au Sommet de la pyramide, les deux secrétaires généraux émargent à plus de 20 000 euros mensuel, bien au dessus des 15 000 euros du vice- président du Conseil d’Etat.

Sur les 350 hauts fonctionnaires, 28 bénéficient d’appartements de fonction (de 120 à 190 m2) qui donnent sur le jardin du Luxembourg et ne payent qu’un loyer de…600 euros par mois avec parking et charges comprises…

Ne nous étonnons pas si le Sénat est de plus en plus considéré par nos concitoyens, comme une assemblée superflue, inutile et coûteuse qui sert entre autre à recaser ceux qui n'ont pas réussi à se faire élire au suffrage direct dans des instances déjà pléthoriques. A souligner, par exemple, la disproportion des chiffres entre les USA et la France. USA : plus de 300 millions d'habitants 100 sénateurs et 435 représentants. France : 65 millions d'habitants 348 sénateurs et 577 députés.

L’élection des Députés au suffrage uninominal à deux tours dans une circonscription, dont ils sont les représentants de ces territoires, ne peut que faciliter la suppression du Sénat. L’argument selon lequel le Sénat est une assemblée qui a vocation à représenter les territoires ne tient plus.

Supprimer le Sénat, renforcer et démocratiser l’Assemblée Nationale avec l’introduction d’un correctif permettant aux minorités politiques d’être représentées, ainsi qu’un quota par tirage au sort sans augmenter le nombre actuel de députés.

Ils sont actuellement 577 et il n’est pas souhaitable de dépasser ce chiffre en tenant compte qu’un correctif pour permettre aux minorités politique d’être représentées (selon les résultats électoraux actuels, environ une vingtaine), plus un quota de représentants des citoyens désignés par tirage au sort, dont le nombre reste à définir, mais qui ne devrait pas excéder 10%, cela signifie qu’il faudra procéder à des réductions de sièges de députés élus, notamment dans les grandes zones urbaines. Un découpage National et non départemental des circonscriptions devrait le faciliter.

Introduire dans toutes les assemblées un quota de citoyens tirés au sort.

Qu’il s’agisse des assemblées territoriales ou de l’Assemblée Nationale, un nouveau bol d’air démocratique implique une innovation qui doit se traduire par des représentants tirés au sort, un peu comme dans cours d’assises. Ils bénéficieraient des mêmes droits et seraient assujettis aux mêmes devoirs que les élu(e)s au suffrage universel.

Cette disposition serait rajoutée à l’article 1 de la constitution, 2 eme alinéa qui deviendrait ainsi :

La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. Par ailleurs tout citoyen volontaire, inscrit sur une liste électorale, peut faire l’objet d’un tirage au sort pour siéger dans une assemblée territoriale ou à l’Assemblée Nationale, selon un quota prévu par la loi.

Le mode de scrutin territorial uninominal majoritaire à deux tours n’est d’ailleurs pas incompatible avec un mode annexe de représentation par tirage au sort.

Référendum d’initiative révocatoire

Il y a le référendum, mais aussi la proposition d’initiative populaire qui doit permettre d’introduire le référendum révocatoire que l’on doit inscrire dans la Constitution. Il existe aux USA et il consiste à révoquer un élu s’il fait mal son travail ou s’il transgresse son contrat électoral. La décision doit appartenir aux citoyens de la circonscription électorale, dont dépend l’élu(e) concerné(e). Pour les Députés, bien qu’il s’agisse d’une élection Nationale, le fait qu’ils ou elles soient élu(e)s d’une circonscription territoriale au scrutin majoritaire, mode de scrutin à conserver, cela permet de procéder de la même manière que pour les élu(e)s des collectivités territoriales.

Si le principe doit être inscrit dans la Constitution, c’est la loi qui doit définir les conditions d’organisation du référendum révocatoire, en fixant le seuil nécessaire pour le permettre. Ainsi l’article 3 de la nouvelle Constitution en son 2eme alinéa pourrait être libellé de la façon suivante :

Aucun de ses représentants élus au suffrage direct, indirect ou désignés par tirage au sort, pour lesquels tout cumul de mandat est strictement interdit, ne peut effectuer plus de deux mandats consécutifs ou deux fois le même mandat au cours d’une vie publique et dont la durée ne peut excéder cinq ans. En cas de manquement à leurs obligations ou leur engagement Ils peuvent faire l’objet d’un référendum d’initiative révocatoire selon des dispositions prévues par la loi.

Le référendum d’initiative citoyenne

Un référendum doit pouvoir être organisé à l'initiative du Président de la République et d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par au moins trois pour cent (3%) des électeurs inscrits sur les listes électorales et répartis sur au moins les 3/5eme des Régions, il doit également pouvoir être organisé, sous certaines conditions, à l’initiative directe des citoyens et sans restriction de sujets.

Dans ces conditions il suffit de modifier le premier alinéa de l’article 3 de la constitution par le rajout d’un texte. Cet article 3 serait ainsi libellé :

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Sans restriction de sujets sociétaux, y compris constitutionnels et de ratification de traités, le recours au référendum d’initiative citoyenne est autorisé et pris selon les dispositions prévues par la loi.

Maintenir le scrutin de circonscription territoriale, uninominal à deux tours pour l’élection des Députés avec un « correctif  », mais comment le définir ?

En 1989, dans le cadre d’un débat j’avais proposé une réforme permettant la représentation des minorités politiques qui se traduisait de la manière suivante : A l’issue du second tour de scrutin des élections législatives au scrutin uninominal, tous les partis, ou groupements de candidats, qui avaient agréé 175 candidat(e)s et obtenu au premier tour, entre 375 000 et 500 000 voix se verraient attribuer 2 sièges de Députés, plus un par fraction complète de 250 000 voix. Afin de ne pas sur représenter les formations politiques, petites ou grandes, les partis, ou groupements de candidats qui auraient obtenus des Députés au suffrage universel direct, soit en leur nom propre, soit par le jeu des alliances, leur nombre serait déduit de celui du correctif éventuel auquel ils auraient droit. Quelques exemples : lors des élections législatives de 2012, au premier tour le FN a obtenu 3 572 536 voix, il aurait ainsi droit à 14 sièges de Députés. En ayant déjà acquis 2 sièges au second tour par le scrutin uninominal, il disposerait donc de 12 Députés. EELV avec 1 418 0141 voix au premier tour aurait droit à 5 sièges de Députés, mais suite à l’alliance avec le PS ce parti a obtenu au second tour 18 sièges de Députés, ce qui signifie qu’il n’aurait aucun siège d’attribué au « correctif », idem pour le PS, l’UMP, le PRG, FDG etc. (Ces chiffres n’étaient qu’une proposition, servant de base de discussion pour un débat qui reste ouvert).

Ce système qui comprendrait au plus 20 à 25 Députés supplémentaires suppose que le nombre actuel de Députés soit réduit, en particulier dans les métropoles urbaines à forte densité de population, de manière à y intégrer ceux élus grâce au « correctif » et ceux désignés par le tirage au sort sans excéder le nombre actuel de 577. Contrairement au découpage actuel des circonscriptions qui sont faites au niveau Départemental, ce qui n’est pas très logique pour un scrutin national, le découpage des circonscriptions doit se faire dans le cadre d’un schéma National, ce qui signifie qu’une circonscription électorale pour l’élection des députés pourrait se situer sur plusieurs Département. L’Assemblée Nationale, à l’instar des assemblées territoriales (Régions, Communes) ferait l’objet de la désignation d’un quota de députés par tirage au sort, dont les modalités seraient définies par la loi.

Pour conclure avec le droit de veto suspensif préalable accordé à certaines associations

Face à un pouvoir fort, il faut des contre pouvoirs forts. Outre un changement du système électoral local actuel, car il est impensable que lors des élections Municipales dans les communes de plus de 1000 habitants, au scrutin proportionnel, la liste arrivée en tête au second tour (ou au premier tour, si plus de 50% des voix) se voit attribuer 50% des sièges, les 50 % autres étant réparties à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5%, y compris avec celle qui a déjà 50% des sièges. Excepté des recours juridiques,  souvent longs et coûteux, l’opposition très minoritaire, n’ayant de fait aucun pouvoir de contrer ou empêcher un projet par délibération de l’assemblée communale que le Maire et sa majorité peuvent imposer à leur gré, parfois dans l’opacité la plus totale. Il faut prendre de nouvelles dispositions de Droit pour éviter désormais ce type de situation et les dérives, plus ou moins affairistes, que l’on a pu déplorer pour des réalisations controversées. Ce qui signifie que pour s’opposer à des projets qui peuvent altérer gravement l’environnement, la santé, poser des problèmes de sécurité, outre un rétablissement plus démocratique du mode de scrutin Municipal, le principe d’un droit de veto suspensif accordé à des associations, en amont et sous certaines conditions définies par la loi, doit être inscrit dans la constitution.


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9 réactions à cet article    


  • straine straine 21 avril 2015 14:03

    " Qui doit être le Chef ? "

    Quand le corps humain fut créé, toutes les parties voulaient être le chef.

    - Le cerveau disait : puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le Chef.
    - Les pieds disaient : puisque nous transportons le corps là où il le désire et lui permettons ainsi de faire ce que veut le cerveau, nous devrions être le Chef.
    - Les mains disaient : puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être le Chef.
    - Et ainsi de suite pour le cœur, les yeux, les oreilles et les poumons.
    - En fin le trou du cul se fait entendre et demande à être le Chef. Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l’idée qu’un trou du cul puisse être le Chef.

    Le trou du cul se mit en colère, se referma sur lui-même et refusa de fonctionner. Bientôt le cerveau devint fiévreux, les yeux se croisèrent et devinrent vitreux, les pieds trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force et le cœur et les poumons luttaient pour survivre.

    Alors tous supplièrent le cerveau de se laisser fléchir et de permettre au trou du cul d’être le Chef.

    Ainsi fut fait…

    Toutes les autres parties du corps faisaient le travail tandis que le trou du cul dirigeait tout le monde et s’occupait principalement de la merde comme tout Chef digne de ce titre.

    Moralité : Il est nullement nécessaire d’être un cerveau pour devenir Chef, un trou du cul d’ailleurs a nettement plus de chance.

    Regardez autour de vous pour être convaincu...


    Extrait du sketch « Les trous du cul ont de l’avenir », de Darius Wozniak.


    • Abou Antoun Abou Antoun 21 avril 2015 20:00

      @straine
      Faut-il y voir une allusion à la situation politique actuelle de la France ?


    • bernard29 bernard29 21 avril 2015 22:47

      Il y a de très bonnes interpellations, et bravo pour votre investissement.

      Cependant je voulais vous présenter quelques réserves....

      Ainsi, pensez vous vraiment de façon réaliste que l’élection du Président au suffrage universel puisse être remise en cause dans un avenir proche ? ne suffirait ’il pas de revoir les pouvoirs de la fonction présidentielle ? c’est quand même cela l’important .

      Je n’arrive pas à comprendre en quoi le référendum révocatoire est une avancée quelconque ou en quoi il présente un avantage. Il vous faut décliner les modalités de sa mise en œuvre pour comprendre que 1) c’est irréaliste 2) c’est la négation de la responsabilité . S’il y a faute il y a les tribunaux... sinon, il s’agit ni plus ni moins que de souhaiter le mandat impératif. C’est cela que vous voulez ?

      La proposition sur certains députés tirés au sort ( même durée de mandat, même conditions qu’un député élu) laisse ouverte toutes les potentialités liées justement à une impunité de l’ irresponsabilité ou à la corruption individuelle. Ils sont laissés à eux mêmes.

      Et puis, à mon avis, vous faites l’impasse sur la vraie nécessité d’une revalorisation des contre-pouvoirs dans notre système. ( justice, presse, contrôle citoyen, ) 

      Je serais très intéressé de savoir si vous participez çà un forum , un club, un mouvement ou autre .... lié à la rénovation démocratique, parce que je pense qu’il serait très utile que toutes les personnes qui réfléchissent à cela puissent un jour ou l’autre faire converger leurs idées, ou débattre de leurs propositions, pour enfin faire avancer le « smilblick »...


      • Daniel MARTIN Daniel MARTIN 22 avril 2015 10:40

        @bernard29


         Je ne pense pas que le référendum révocatoire soit irréaliste ou une négation de la responsabilité, sachant que c’est aux législateurs de mettre les gardes fous nécessaire pour éviter des dérives et aux citoyens de réagir, s’ils estiment que la loi est insuffisante ou qu’il y a risque de dérapage.
        Bien que ce pays ne soit pas pour moi un modèle, Aux USA où il existe, cela n’à pas conduit à des excès, voir cet article :(http://blogs.mediapart.fr/blog/gygde/230914/apercu-du-referendum-revocatoire-aux-etats-unis)

        Par rapport aux contre pouvoirs des citoyens, dont je n’aborde qu’un simple aspect en fin d’article, tout cela et bien d’autre propositions plus exhaustives sont inscrites dans mon dernier bouquin qui est en cours de publication par Edilive « RECONSTITUTIONNALISER pour une NOUVELLE REPUBLIQUE Moraliser la vie publique, rénover la démocratie, penser écologie »

        En dehors du mouvement écologiste, des forums et sites de débats internes auxquels je participe, je ne suis pas inscrit à d’autres clubs, mais c’est avec plaisir que je peux y participer, dès lors que l’on accepte ma modeste contribution. 

        Très cordialement
        Daniel MARTIN


      • bernard29 bernard29 22 avril 2015 11:25

        @Daniel MARTIN

        merci pour votre réponse . J’ai regardé vite fait ( j’y reviendrai surement) le lien sur le référendum révocatoire aux USA.

        mais d’abord,

        a) Au niveau fédéral, la Constitution des USA n’admet pas le rappel, et la Cour suprême a jusqu’à présent invalidé les dispositions des Constitutions des États fédérés relatives au rappel de leurs représentants au Congrès

        b) le référendum révocatoire aux USA quand il existe ( 19 Etats sur 51) concerne aussi d’autres fonctionnaires et autres missions publiques. (shériffs, magistrats etc )

        c) il faut aussi considérer les modalités du référendum ( en général 25 % des inscrits..) et nous en france, on estime déjà que 10 % des inscrits pour le référendum partagé incorporé il y a peu dans notre constitution. est une aberration inatteignable. 

        d) voici les motivation prévues en général ( il y a quand même beaucoup de raisons de saisir les tribunaux et d’autres qui laissent rêveur !!! ;

        « Malversation, prévarication, négligence, ivresse, incompétence, incapacité permanente d’exercer des fonctions officielles, condamnation pour mœurs, Condamnation pour crime, faute professionnelle ,Inadéquation physique ou mentale au poste, incompétence, violation de serment,

        Conduite contraire au bon fonctionnement de la charge et portant atteinte aux droits et intérêts du
        public ; actes de malversation, violation de serment, manquement aux devoirs prévus par la loi, mauvais usage volontaire, ou détournement de biens ou de fonds publics , Commission d’un acte de malversation, mauvaise exécution en cours de mandat. »

        e) en fait, j’ai bien lu qu’il y a bien des référendums (même s’ils ne sont pas nombreux) qui aboutissent à la révocation, mais qu’ils peuvent aussi aboutir à la démission préventive des personnes visées. Le référendum révocatoire pourrait donc apparaître comme une menace préventive utile qui pèserait sur les élus quant à leur manière d’exercer la fonction . 

        c’est peut être utile, mais je ne crois pas que ce soit une bonne solution d’utiliser la vindicte du public sur des personnalités, pour établir une société de confiance. Je crois plus à l’établissement d’un Statut de l’Elu et avec l’organisation d’un contrôle par un contre pouvoir citoyen institutionnalisé. 


      • Le p’tit Charles 22 avril 2015 08:03
        Rénover la démocratie.. ?...faudrait déjà qu’elle existe....

        • BACHAUD 22 avril 2015 08:15

          D’accord sur la majorité des propositions.

          Mais le référendum révocatoire ne tient pas debout. Cela veut dire des préside,ntielles + législatives tous les 2,5 ans..
          L’élection du président est souhaitée par 88% des Français il ne faut donc pas y toucher.

          Quand on est pour le RIC dans l’article 3 de la Constitution cela INTERDIT tous les autres référendums. C’est logique. Les élus exercent le Pouvoir les citoyens interviennent SI nécessaire.

          Avec le RIC les citoyens sont maîtres de leur destin. INUTILE de prévoir des modifications des institution. Les citoyens pourront IMPOSER une Constituante tirée au sort avec tirage intégral ( Il ; faudrait qu’ETIENNE PRENNE POSITION LA DESSUS.. sur les listes électorales et nous auront l’expression de la « volonté générale » qui sera validée par référendum.

          Ce qui est capital et urgent.
          Rassembler les personnes physiques pour le RIC dans la pétition sur www..article3.fr
           Rassembler les personnes morales ayant en dénominateur commun le RIC en toutes matières dans le Comité de Liaison pour l’ Initiative Citoyenne (Le CLIC)
          Et dès que nous seront assez nombreux il faudra manifester sur une UNIIQUE REVENDICATION
          Le RIC dans l’article 3 de la Constitution
          Il est souhaité par plus de 82 %% des Français, tous les partis l’avaient promis en... 1993 Ils leur sera dur de résister...
          Rejoignez article 3 ou le CLIC même pour les petites associations


          • Daniel MARTIN Daniel MARTIN 22 avril 2015 10:56

            @BACHAUD


            Bonjour Monsieur BACHAUD

            J’ai un bouquin de plus 250 pages qui va être publié (à compte d’éditeur, comme les autres, car je n’ai pas 3 ou 4 mille euros, voire plus, à dépenser pour éditer à compte d’auteur). Je développe tout cela et bien plus, par contre, je pense que le référendum révocatoire n’est pas contradictoire avec le RIC, sachant que c’est aux législateurs de mettre les gardes fous nécessaire pour éviter des dérives et aux citoyens de réagir, notamment par RIC s’ils estiment que la loi est insuffisante ou qu’il y a risque de dérapage.
            Bien que ce pays ne soit pas pour moi une référence, en particulier sur le plan écologique, Aux USA où il existe, cela n’à pas conduit à des excès, voir cet article :(http://blogs.mediapart.fr/blog/gygde/230914/apercu-du-referendum-revocatoire-aux-etats-unis)

            Si cela vous intéresse, quand il sera publié, je vous enverrai le bouquin en PDF

            Très cordialement
            Daniel MARTIN


          • julius 1ER 27 avril 2015 09:33

            . De Notre Dame des Landes à l’EPR en passant par des parcs de loisirs type Roybon en Isère, axes autoroutiers, grands stades etc. sans compter l’exploration des gaz de schiste qui se dessine à l’horizon… Les exemples sont légions et les citoyens sont souvent impuissants pour s’y opposer, car la démocratie Française souffre d’un réel déficit.

            @D Martin, 
            les citoyens sont souvent impuissants pour s’y opposer !!! en êtes-vous si sûrs ????? ne pensez-vous pas que l’on est en pleine schizophrénie, que les citoyens bien souvent se la jouent duplicité totale( tous veulent des changements..... mais pour les autres) beaucoup d’exemples viennent pour confirmer mes dires ( les éoliennes, le nucléaire, etc...)
            je veux dire par là que si les gens voulaient du changement il y a longtemps que l’« initiative référendaire »aurait été adoptée !!!!!!
            mais je vous signale qu’au niveau de Droits nouveaux pour les citoyens, hormis quelques droits sociétaux (mariage mixte) rien de neuf à l’ouest.. tout ce monde bien nantis ronronne et tant pis pour les 10 millions d’exclus ou presque !!!!!!!!!!!!
            en dehors de cela, bon article qui justement nous remet en tête la faiblesse et l’absence de volonté de la mauvaise gouvernance actuelle et précédente, mais comme je le mentionne une bonne partie de nos concitoyens ne vont pas aller vers de vraies réformes en profondeur, tant que pour eux-même tout va bien !!
            l’exemple du sénat en est une illustration édifiante, l’exemple type du pantouflage ......institution totalement anachronique qui devrait avoir disparu depuis très longtemps, de même que le nombre de députés, un par département serait largement suffisant .......

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