Le témoignage à charge d’une ex-scientologue "repentie", diffusé sur France 3 ce 6 février, m’a décidé à apporter le mien, plus nuancé, et donc "politiquement incorrect", tant il est d’usage de tirer à boulets rouges sur l’Eglise de Scientologie. Je vais ainsi me faire l’avocat du diable...à mes risques et périls !
Le grand reportage de l’émission "Comme un vendredi" de ce 6 février, au titre provocateur (pour les scientologues) : "Scientologie, une nouvelle drogue", était consacré à un centre "Narconon" (Non aux drogues) espagnol, centre officiellement destiné à aider les drogués à se débarasser de leur addiction ; mais officieusement, c’est aussi un lieu d’endoctrinement scientologique, d’où l’intitulé du documentaire en question, à l’allusion très claire.
C’était une grande première, car l’équipe de télévision n’a pas filmé en caméra cachée, mais au grand jour, avec l’autorisation expresse de l’Eglise de Scientologie qui, cette fois-ci, jouait la carte de la transparence.
Comme à l’accoutumée, les exercices ("trainings", en jargon scientologue), que j’ai moi-même pratiqués en tant qu’ex-scientologue (non "repenti"), furent tournés en dérision. Je peux pourtant certifier, même avec le recul (je ne suis plus scientologue depuis 1987), et au risque de passer pour un demeuré à qui on a "lavé le cerveau", que ces entraînements ont un sens, et sont de surcroît, efficaces.
Et c’est bien là où le bât blesse : des médias mercantiles qui caressent dans le sens du poil un public avide de sensationnel, confondent volontiers (pour ne pas dire volontairement) contenant et contenu, Eglise de Scientologie et scientologie. S’il est vrai que l’Eglise de Scientologie est une secte ("redoutable", depuis qu’elle a changé de mains à la mort du fondateur L. Ron Hubbard en 1982 ; fondateur qui se comportait, j’en conviens, comme un "gourou"), il n’est pas moins vrai que sa "technologie", c’est à dire ses outils d’aide par l’écoute ainsi que ses cours : la scientologie donc, sont particulièrement sophistiqués et pertinents.
Personnellement, j’en suis ressorti plus fort, et avec une connaissance accrue de moi-même et des autres ; par ailleurs, j’ai appris à accorder un grand respect à autrui ; plus qu’avant, je sais apprécier les bons moments de la vie, qui sont légion ; je me remets aussi plus rapidement des épreuves que je peux rencontrer sur mon chemin...et je ne me laisse pas facilement influencer par des médias superficiels, et aussi manipulateurs que les sectes qu’ils dénoncent ! Et enfin, je ne suis pas "en manque de scientologie" !
Cependant, je peux très bien comprendre la révolte de Mona Vasquez, l’ex-scientologue interviewée dans le cadre de l’émission "Comme un vendredi" : la "scientologie" (au sens dévoyé que les médias et le grand public lui ont donné) lui a forcé la main, tant et si bien, qu’elle s’est retrouvée en prison pour avoir contracté des emprunts, "d’une façon illégale" (selon sa propre expression). Mais l’artiste Mona Vasquez a su "rebondir", et se servir de cette double-expérience malheureuse ("scientologie" + prison), comme d’un "terreau qui l’a nourrie". (Selon ses propres dires)
Mon seul regret est qu’elle aussi fasse l’amalgame entre "l’écrin" (l’Eglise de Scientologie) et le "joyau" (la scientologie au vrai sens du terme). Mais peut-être "Mona" (Claude, à l’époque où je l’ai cotoyée à l’antenne de scientologie d’Angers, en 1982) bénéficie-t-elle de "circonstances atténuantes" ? En effet, et contrairement à mon vécu de scientologue, j’ai l’impression qu’elle n’a connu de la "scientologie" que ses aspects les plus rudes, en tant que membre du personnel, dans des centres trop importants (Copenhague et Angers) pour qu’une ambiance amicale et détendue puisse s’y épanouir (personnellement j’ai fait mes premiers pas en scientologie dans une petite "mission").
Quant à moi, je garde en mémoire nos fous rires "d’étudiants" (je n’ai été membre du personnel que plus tard, à Copenhague et à Angers, et ce fut la "galère" : voir le récit complet de mon parcours de scientologue sur le site "biobble.com"), la complicité et les idéaux qui nous unissaient, et les nombreux moments de profond bien-être, ressentis après une séance d’aide par l’écoute ("d’auditing", pour parler "scientologue") : c’était un temps où "la vie pétillait comme des bulles de champagnes" !
Mais j’ajouterai un bémol à cette tirade dithyrambique : la technologie de la scientologie ne devrait pas s’appliquer à des personnes psychologiquement fragiles, ou intellectuellement déficientes. Bien sûr, l’Eglise de Scientologie, aveuglée par sa cupidité, se soucie de ce genre de précautions comme d’une guigne !
Pour conclure, je me dois de préciser que j’ai fini par quitter l’Eglise de Scientologie (en 1984) qui devenait de plus en plus coercitive et intrusive, pour rejoindre la dissidence.
Et depuis 1987, je ne suis plus ni "scientologue officiel", ni scientologue dissident. C’est désormais par le biais du creuset de l’écriture que je cherche à "transmuter mon plomb en or".

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