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Socialisme clouscardien contre gauche deleuzienne

JPEG Michel Clouscard, un des derniers marxistes conséquents de ces 40 dernières années, détruit ou déconstruit (c’est bien la seule déconstruction à laquelle ne s’attaqueront jamais les butlero-derrido-deleuzo-foucaulâtres (1)) à travers son œuvre le grand "mythe" (au sens de mensonge) politique d’un mai 68 libérateur, d'où les accusations infamantes de "déviant ultra-dextriste" dont il fait l'objet de la part de tous les argousins de la bonne conscience social-démocrate molle du genou et de leurs alliés flicaillons de la juste pensée de gauche. Rappelons que détruire un "mythe", c'est prendre le risque d'être exclu d'une communauté...

Or donc, Clouscard démontre comment le mai 68 social a été liquidé par le mai 68 sociétal (bourgeois-estudiantin) acheté par avance par le libéralisme, mais aussi la fonction du plan Marshall vis-à-vis du C.N.R....Comment le ludique, le libidinal, la transgression vantés par la "nouvelle gauche foulcado-deleuzienne" ont permis le mutation du capitalisme et l’émergence de nouveaux marchés, comment certains progrès ont été détournés de leur usage (ou bien était-ce alors leur fonction initiale ?), etc. L'usage progressiste (maîtrise de la natalité) détourné par l'usage mondain, corporatiste. Allez faire comprendre, par exemple, à l’électeur de "gauche RU486" que le phallocrate et la facho-féministe sont deux faces d’une même pièce que la pilule (ne plus s’emmerder avec une "poule pondeuse" ) mais aussi l’union libre, la famille monoparentale, c’est le rêve du premier... 

 Le freudo-nietzscheo-marxisme deleuzophrénique sera donc la doctrine qui justifiera la contre-révolution capitaliste de mai 68 et le marché du désir. Ainsi donc, selon Deleuze et les freudo-marxistes en général, l'inconscient produit les flux révolutionnaires du désir. Ce sont donc ces flux qu'il faut libérer pour renverser la "vieille société capitaliste répressive". Pourtant, à l'épreuve des faits, le discours de rejet des valeurs répressives n'aboutit pas à une remise en cause de l'ordre capitaliste. Bien au contraire, la permissivité et la prétendue libération des mœurs permettent le sauvetage d'un capitalisme en crise, celui de l'après-guerre : introduction de l'idéologie libertaire dans la consommation (création de nouveaux marchés à destination des couches moyennes), dans le monde de l'entreprise : fini le "vieux con", le patron sévère et vaguement misanthrope en costard qui va à l'église le dimanche, lecteur de Mauriac et amateur de musique baroque, place aux "jeunes ordures" du néo-capitalisme libidinal, sociables et narcissiques, fumeurs de cannabis (voir les rites d'initiation au modèle de consommation du néo-capitalisme) en jean's et baskets Nike qui fréquentent les boites porno-branchées d'Ibiza, fans de David Guetta et des Beatles...Le désir coupé du procès de production est ainsi pure propagande de parvenus.

L'idéologie freudo-marxiste devra ainsi camoufler les mœurs profiteuses du néo-capitalisme, des arrivistes, en modèle transgressif et émancipateur vis-à-vis de la prétendue "vieille société répressive" en libération des tabous par la circulation des flux du désir, par la séduction. Schématiquement, le corps est alors présenté comme un instrument de jouissance pour mieux nier le corps-instrument-force de travail, de par incidence nier l’exploitation. Valoriser le sexe et le genre et ignorer la classe, faire en sorte d'occulter cette lutte des classes qui s'est pourtant généralisée, métamorphosée. Mais, il ne s'agit plus, désormais, de se référer aux classes constituées, ontologisées ("les ouvriers contre les bourgeois") mais de retracer leur engendrement historique depuis la fin de la seconde guerre. Travail lamentablement refusé par les "chercheurs" et autres théoriciens marxistes de seconde zone. Le deleuzianisme (et tous ses rejetons idéologiques : genrisme/post-porno, etc.) n'est donc pas contestation mais accomplissement du néo-capitalisme. Ce discours confusionniste, faussement progressiste, de décervelage sera le pouvoir de classe des parvenu-e-s de la nouvelle société. La levée des interdits n’est que dressage des corps et conformisme total, écrasement des âmes, soumission à la doxa du libéral-capitalisme deleuzien.

Outre son démontage rigoureux de l'idéologie freudo-marxiste (ou libérale libertaire), Clouscard dévoile, à la fois, le non-dit du marxisme et...de la psychanalyse. Chez lui, il n'y a pas de volonté de destruction de cette dernière à la manière (deleuzienne) du philosophe du jouir à la plage (dans le bac à sable) sagement et sans morale...Le philosophe et sociologue Clouscard ne s'intéresse -il va s'en dire- ni aux bruits de couloirs, ni aux ragots. Il ne regarde pas l'histoire par le petit trou de la serrure. Aucun marxiste mal dégrossi, genre "appareil" (si le chef de secte n' a rien dit sur le sujet, c’est que c’est contre-révolutionnaire) n'évoquera, par exemple, l'engendrement réciproque de Psyché (ici l’âme) et du politique ou du psychoaffectif et du mode production, de l'Oedipe freudien et de l'Oedipe de la praxis (le second surdéterminant le premier). Mais aussi...le philosophe sudiste propose aussi de faire remonter à la surface la psychologie des profondeurs, "là où ça se passe réellement", de démystifier les termes de la psychanalyse pour les situer dans les rapports de production. La vérité de la chair n'est donc pas si cachée et pas si inconsciente que cela. Dressage ! Clouscard est donc authentiquement freudien et authentiquement marxiste et non pas freudo-marxiste. Il rénove la pensée marxiste et freudienne sans les vider de leur essence.

Clouscard décode le parcours (humiliant) qui mène de Cohn-Bendit à Le Pen (le retour du refoulé, de l’impensé de la nouvelle société post-68) : le raté de mai 68, sans qualifications, qui dit n’avoir pas trahi, ni renoncé (grande naïveté ou mauvaise foi ?) qui pensait vivre de petits boulots après le retour à la campagne, possible dans les conditions socio-économiques idéales de plein emploi et évidemment impossible après re-migration vers la ville, boulot de grouillot...qui s’oppose donc au parvenu "il y a des carrières-affaires après 68". Retour sur terre...ça ne l’empêchera de continuer à planer mais avec grande maîtrise de cette consommation ludique/marginale ("on n’aime pas les toxicos chez nous, on sait se droguer"), et/ou partie de tennis et plongée pour décompresser et de prendre la posture du rebelle mondain genre "docteur House narcisse-cynique". Cela résume bien la situation politique actuelle : deux grandes catégories, pas les seules, mais les plus représentatives du psychodrame.

Désormais, le second se sent menacé. Le spectre de l’interdit, de la castration resurgit. L’ado attardé se fait "père sévère" (remarquez comme c’est comique au passage). De libertaire, il passe à sécuritaire..., quand (les) Le Pen font accéder à la conscience de la nouvelle société post-68, tout à fait opportunément, ce qui était nié jusqu’alors par le libéral-libertaire : le producteur (le premier..."Voici venu le temps des frustrés revanchards"). Sous les pavés Le Pen, en effet... Effectivement, Clouscard ne s’est pas intéressé à Le Pen dont l’unique fonction a été, pour la gauche (et la droite), de fournir une figure du diable, de bête immonde aux suffrageants, empêchant alors l’analyse clouscardienne de se déployer...

Évidemment, les jeunes faiseurs de Mai ont 70 balais aujourd’hui. Mais, il s’agit de deux situations originaires, archétypales, fondatrices créées par deux "ancêtres mythiques" qui auraient posé un geste in principio, aux origines, en ces temps là...

Aucune idéologie désormais. A la place, une bouillie apolitique de dames patronnesses (mâles ou femelles) : "contre la peine de mort mais pour l'euthanasie", pédocentrée : maternage névrotique et dans le même temps, refus d'éduquer et d'instruire, négation de la différence parents-adultes/enfants, "sexualités périphériques"..., démagogie face à l'oligophrénie adolescente, tolérance-lâcheté, "il faut vivre avec son époque", la mondialisation comme phénomène naturel, "libéralisme avec compensation", judiciarisation des relations sociales, déresponsabilisation(s), spontanéité "analphabète" jaillie des profondeurs de l'inconscient, etc. Un brouet qui révèle de mieux en mieux le cloaque fétide qu’est devenue cette nature humaine déchue (Clouscard n'utiliserait évidemment pas ce terme, sa critique n'est pas "morale" au sens religieux) de l’ex-Occident.

La théorie clouscardienne (ni idéologie du loisir-plaisir-hédonisme, ni idéologie du travail) a une portée comparable à celle de la découverte de l’inconscient (L’Huma, 1981). Rien d’étrange à ce que cet authentique intellectuel reste méconnu (ou méprisé par les sociologues et philosophes si on doit encore leur donner un nom...) puisqu’il s’attaque au cœur d’un système qui s’est mis progressivement mis en place après 1945 et dont mai 68 a fait la promotion (une vingtaine d'années pour la période d'incubation, la France radical-socialiste plutôt rurale n'était, de toute évidence pas prête à subir ces mutations socio-économique, politique et culturelle d'une violence inouïe au sortir de la guerre) et qui nourrit nombre de coteries politiques, économiques, "intellectuelles"...

On peut cependant formuler des critiques à propos de sa pensée. La première et la plus conséquente c'est l' absence de remise en cause du productivisme. Toute l'écologie politique (même si une bonne part est effectivement, aujourd'hui, totalement indigente : de Corinne Lepage à Cécile Duflot en passant par les Nicolas Hulot et Maud Fontenoy) présentée comme "chantage moral". On délocaliserait et on délocalisera, de plus en plus, les usines pour des raisons de protection de l'environnement, la "décroissance" ne serait qu'un concept flou, nouvel avatar du gauchisme. Pourtant, des milliers de pages savantes existent sur le sujet et n'ont rien de lubies néo-hippies : critique conjointe du libéralisme-libertaire, des scories du progrès et du productivisme capitaliste ou de type socialiste (Voir notamment N. Georgescu-Roegen, J. Ellul, S. Latouche, l'anarchiste-conservateur, "socialiste sans le progrès", J-C Michéa ou encore un précurseur comme G. Bernanos). De surcroît, la défense d'un sport élitaire qui cohabiterait avec un sport pour les masses (on ne parle pas ici de la nécessaire activité physique) est franchement discutable. En voilà, un beau système d'illusion...de la vraie "fausse conscience" (Engels) : sophismes sur le "beau jeu", la culture populaire, le "sport, lieu de synthèse de ces deux principes anthropologiques" figurés par Narcisse (le "plaire") et Vulcain ("le faire")...Sur ce point, Michéa écrit la même chose que Clouscard. Malgré ces quelques pirouettes rhétoriques, la réalité historique dit que le "sport socialiste" n'existe pas et n'a jamais existé. C'est toujours le camp capitaliste qui a imposé, impose et imposera ses règles, même dans le sport amateur. Sur ce sujet, on lira donc G. Debord avec profit.

Malgré ces quelques réserves, plonger dans l'œuvre de Clouscard c'est prendre le risque de ne pas pouvoir en assumer la totalité et d'effectuer d'abominables contresens (sa critique du capitalisme libidinal n'est pas celle d'un père fouettard mais bien une critique marxiste, certes non-stalinienne mais bien entendu matérialiste).

Quoi qu'il en soit, Clouscard est toujours aussi peu lu (surtout à gauche). Le grand public devra donc se contenter des débats de merde entre Onfray (bon pédagogue au demeurant, mais cette qualité ne fait pas de lui un penseur) qui vient de découvrir les vertus de l'Etat-nation (et Hegel par la même occasion) et Zemmour (ou n’importe quels autres publicistes interchangeables) et pour la "classe intellectuelle" se satisfaire de la logomachie des mutants (de Panurge) de la déconstruction et des sophismes bourdieusiens.

(1) Cette domination des logorrhées foucaldo-derrido-deuleuziennes (French theory) dans les discours universitaro-culturo-mondains est d'autant plus totale qu'elle a trouvée peu de téméraires (en dehors des Clouscard, Quine, Michéa, Mandosio, Bricmont-Sokal, Annie Le Brun dans une certaine mesure...) en mesure d'en effectuer la critique radicale. En effet, l'opacité de ces écrits "postmodernes" décourage rapidement toute initiative de...déconstructions de ces déconstructions ; celui qui s'attellerait à une telle tâche courant le risque de passer pour un imbécile "non-sachant" s'exposant aux sarcasmes de sophistes pleins de morgue, conspédants aux raisonnements vicieuxés ("ceci n'est ni un mot, ni un concept, ni un jeu de mots", Derrida...)...Au cœur de la théorie du langage de Derrida on dit : on ne peut saisir immédiatement le sens d'un discours ou ce que nous sommes sans passer par des médiations, je ne suis pas ce que je pense être "je est un autre" en somme (même si "je" n'existe pas selon Deleuze...). Bien pratique pour tous ces imposteurs puisque je n'assume plus ce que j'écris, ni ce que je suis... Nous ne parlons pas ici de personnes atteintes de certaines pathologies qui se manifestent, entre autres, par des idées et un discours délirants mais bien de ce quart-monde intellectuel pour qui l'incohérence des paroles et des écrits sert à dissimuler une absence d'idées et à dire à peu près tout et son contraire, de ce "subventionné" muni d'un outil scripteur, simplement névrosé -et conscient de l'être- qui se prend pour un schizophrène ! Ainsi, plus c'est illisible, plus la mystification peut durer...et l'inintelligibilité du discours présenté comme subversion pour échapper à la "normativité langagière" est évidemment pure escroquerie...

 


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16 réactions à cet article    


  • jaja jaja 22 août 2015 09:45

    « Or donc, Clouscard démontre comment le mai 68 social a été liquidé par le mai 68 sociétal (bourgeois-estudiantin) acheté par avance par le libéralisme, mais aussi la fonction du plan Marshall vis-à-vis du C.N.R.... »

    Le 68 social a surtout été liquidé par un PCF qui ne voulait surtout pas jouer son rôle de parti révolutionnaire et d’une CGT pour qui l’essentiel était d’éviter que les ouvriers débordent du cadre étroit des revendications salariales... et freinait des deux pieds...

    Georges Séguy, le secrétaire général de la CGT, hué à Renault Billancourt en annonçant la reprise du travail, est là pour démontrer l’incurie, pour ne pas parler de trahison de ce parti dit communiste et de cette direction syndicale hypocrite....

    Clouscard, proche du PCF de l’époque, aurait pu développer également ce point.... Ce qui ne dédouane en rien les Cohn Bendit et autres qui s’étaient autoproclamés leaders du mouvement estudiantin et qui comme la plupart des leaders ont lamentablement failli....
    S’ils avaient triomphé ils seraient à leur tour devenus nos maîtres, sans vergogne.....


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 août 2015 16:51

      @jaja
      Il faut déjà rappeler qu’il n’a jamais été idéologue du parti et était très critique à l’égard du catéchisme marxiste-léniniste. Ensuite, qu’il minore le rôle du PCF dans l’échec du mai populaire-ouvrier, certes. Mais cela n’enlève rien à la qualité de sa magistrale démonstration. Mai 68 fut avant tout la prise du pouvoir politique et culturel par les nouvelles couches moyennes et cette contre-révolution libérale était, sans doute, gagnée d’avance pour les raisons déjà évoquées.
      On peut aussi, en effet, comprendre certaines formes d’anti-syndicalisme et le rejet des « avant-gardes » (chiens de garde ?) quand on sait que la CGT a renoncé à l’abolition du patronat et du salariat dans la foulée de Mai et que Marchais, par ex., a fait preuve d’amateurisme politique face au cynique Mitterrand.

      Enfin, il est évident qu’il y a d’autres critiques à faire. A titre d’exemple, comme la plupart des marxistes, Clouscard méprise (?) les penseurs socialistes non-marxistes, mais aussi les travaux d’anthropologie politique de l’anarchiste Pierre Clastres (la violence dans les sociétés communistes primitives, la guerre intertribale pour empêcher l’émergence de l’État, du politique, finalement de la conscience historique).
      On peut aussi discuter du fait qu’il considère qu’il y a un saut qualitatif entre la pensée mythique (qui serait un stade dépassé de l’évolution des sociétés humaines) et la conscience historique... qu’il ignore (ou veut ignorer) la cohabitation de la pensée mythique et de conceptions cycliques du temps (le simple constat de cet état de fait vous classant immédiatement dans la catégorie « réactionnaire ») avec une conception linéaire du temps (le temps du progrès) chez l’homme moderne.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 août 2015 16:22

      — - Essai ---


      • Pierre Régnier Pierre Régnier 22 août 2015 18:33
        à l’auteur Je lis cet article tout de suite après avoir regretté, dans un commentaire, l’absence de réflexion sur, selon moi, l’indispensable triple décroissance (de la production, de la consommation, de la population mondiale) dans l’excellent article de Mickaël Félicité, La gauche a-t-elle un sens dans un monde globalisé ? Tentative d’éclaircissement de notre situation politique (sur Agoravox également). Je suis donc très heureux de trouver ici la mise en évidence de la nécessité de cette réflexion, ainsi que la citation de Jacques Ellul, Serge Latouche et Jean-Claude Michéa, pour moi très importants.
        Mais je n’ai toujours pas lu Michel Clouscard, principal auteur nommé dans le présent article, que je trouve lui aussi excellent. Je vais donc finir par lire enfin Clouscard. Merci de m’en donner ici grande envie.

        • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 août 2015 20:06

          @Pierre Régnier
          Je vous remercie.
          Si cet article a permis de vous donner l’envie de lire M. Clouscard, alors mon objectif est atteint. Bonne lecture !


        • alinea alinea 22 août 2015 20:27

          Vous soulevez une multitude de lièvres, qui doit faire réfléchir avant de dire, ou d’écrire.

          Je ne connais pas Clouscard mais j’ai envie de le connaître ; depuis Michéa, je n’ai pas lu grand chose, rien, qui éclaircisse ma pensée ( Roustang dans un autre domaine, aussi) C’est à se demander si nous entrons pas dans une ère où la théorisation n’a plus d’impact ; ce n’est peut-être pas si mal au fond car, en éparpillé, il y a beaucoup de gens intéressants. Nous ne sommes sûrement plus dans une période de marche, forcée, en avant, mais plutôt un point à faire. Je n’ai jamais été adepte de la table rase, je crois beaucoup plus à un rythme lent, disons qui prend le temps de mûrir les choses.

          Aujourd’hui, on dégomme ; il faut juste ne pas s’y complaire. Une pensée qui se veut claire et simple, pas au sens simpliste mais au sens essentielle, est plus subversive qu’une fuite en avant. Mais surtout, sortir des cases, ce qui rend souvent la compréhension hasardeuse ! C’est passionnant mais je le sens encore peu partagé ! On note pourtant le mal qu’ont fait certaines visions données comme vérités.

          Merci pour ce texte en tout cas, ça fait du bien d’être sollicitée hors des occurrences politiques.


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 août 2015 23:44

            @alinea
            Merci pour votre commentaire. Il faut commencer par fuir les exaltés du Grand Soir qui vous promettent la liberté, le paradis sur terre si on applique leurs idées.
            J’ai le sentiment que nombre de personnes vont, de plus en plus, chercher ici et là, dans divers domaines, des éléments conceptuels, des théories, des pensées susceptibles de les aider (sinon à faire la révolution) à sortir de leur angoisse existentielle. Bonne démarche, mais il faut bien sûr un minimum de cohérence dans tout cela. Les écrivains aident aussi beaucoup à nourrir les réflexions : Bloy, Bernanos, Balzac, Eliade, Céline, Dostoïevski, Chateaubriand parmi d’autres...
            Enfin bref. L’idée est d’essayer de voir ce qui rapproche les auteurs plutôt que de les opposer, sous prétexte que l’un serait socialiste-décroissant et qu’un autre serait passé par l’Action française.


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 août 2015 16:06

            @Aline
            J’ai justement approuvé votre article Eurasisme-Douguine-Heidegger en modération. +3 en matinée et visiblement non publié.
            Avez-vous des nouvelles du Cyborgien ? -)


          • gogoRat gogoRat 23 août 2015 19:42

             Puisqu’en Démocratie Représentative il est réputé prétentieux d’émettre un avis citoyen
             (du genre :
             - « Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. » - Vladimir Vladimirovitch Poutine
             - « Les vainqueurs prennent immédiatement les vices des vaincus. »
            - Roger Martin du Gard )
             
             
            je me contenterai de jouer au jeu des familles :

             - Dans la famille « Les justiciers » , je demande la fille ! ( supergirl ! off course )

             


          • gogoRat gogoRat 23 août 2015 19:45

            @gogoRat
             correctif du lien pour supergirl


          • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 août 2015 22:24

            @Aline
            De la raison dialectique à l’ontologie...L’après-dernier homme, vomisseur du tiède pousse-caddie sans mémoire nomadisant sans but, se souvient de l’oubli de la question de l’être et développe une nouvelle Weltanschauung. Cohérent.


          • stepperusse 29 août 2015 11:28

            Pourquoi se fatiguer à proposer d’aussi excellents articles ? Votre analyse est inaccessible au lecteur moyen.
            Les gens n’interviennent généralement que sur des conneries, des mots, des bouts de phrases.

            La classe ouvrière d’aujourd’hui ? Illettrée, abrutie. Macron a raison. Il fait un constat tout à fait objectif. Au lieu de se scandaliser, les pleureuses effarouchées devraient en prendre bonne note et agir en conséquence.

            Vous ne le dites pas comme ça mais implicitement et le bœuf moyen n’entendra rien : il faut marteler que Clouscard n’attribue pas des vertus à la classe ouvrière (qui n’existe plus si on se réfère à la conscience de classe) mais montre comment certaines classes (ouvrière notamment) ont été privées de cette consommation et n’accédant qu’aux bien d’équipements.
            Sa définition du prolétariat, vous le dites, à juste titre n’a rien à voir avec celle des veaux marxisants.


            • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 29 août 2015 14:49

              @stepperusse

              @stepperusse
              Merci. Oui, mais il y a également des commentaires intéressants à la suite de beaucoup d’articles. Pourquoi taper sur le lecteur moyen ? Voir, par ex., Frédéric Lordon, à quel point il n’a rien compris à Clouscard et Michéa.
              M. C. démontre que la « société de consommation » n’existe pas. Clouscard c’est l’anti-Baudrillard. Baudrillard c’est le discours culturo-mondain à propos de cette soi-disant « société de consommation » ; expression qui nie le producteur.
              Toute une (large) frange de la population n’a pas accès à cette consommation ludique, libidinale, marginale. La machine à laver, le « frigo », ce n’est pas la « société de consommation ».
              La véritable « société de consommation » commence au niveau de la petite-bourgeoisie (« investissement libidinal dans l’avoir »).

              Illettrisme, oui. Comment nier un tel état de fait ? Pas de qualités particulières (« ontologisation »), oui. Des ouvriers cons comme des manches de pioche...comme il y a des ahuris dans tous les corps de métiers, certes. Mépris du manuel pour l’intellectuel, c’est une réalité, etc. Mais, ce n’est évidemment pas le sujet. On retomberait alors dans la « psychologisation » et l’apolitisme de dames patronnesses.


            • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 29 août 2015 15:09

              N.B. : la critique du productivisme n’est pas la critique du producteur.


            • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 31 août 2015 11:32

              Raccourci frappant. Allégorique.

              Mais que dire de cette fascination pour la merde, la pisse, les déchets ? Ce langage an-artistique, narcissique et donc de haine de soi, ne renvoie même plus au nombril mais au t.d.c., il n’est que "remâchement de salopes facéties dégobillées par d’innumérables générations de gueules identiques" (Le Christ au dépotoir, Léon B.). Il n’y a même pas à s’indigner. Balancer des seaux d’excréments sur ces prurits serait conforter cette démarche de renoncement aux forces de vie.

              La régression est totale (mais dialectiquement-historiquement parfaitement logique) non au stade de l’animalité (la fidélité et l’amour des animaux -domestiques- pour leurs compagnons plus ou moins humains préfigurent la future humanité accomplie dans un cosmos re-sacralisé et signifiant) mais de sous-humanité en haine de la vie.

              Aujourd’hui, seul le dépressif, dans son expérience narcissique négative, a ce potentiel révolutionnaire latent : il ne demande qu’à naître de nouveau, débarrassé de ses vêtements de corruption...le risque majeur, bien évidemment, dans une telle situation, c’est l’annihilation, c’est de sombrer dans la « Grande Ténèbre »...

              Le reste relève de la même logique « oikophobe ».

              La critique du capitalisme est insuffisante, il faut l’étendre à celle du « monde moderne ».


              • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 3 septembre 2015 16:20

                Paragraphe 5 - lapsus clavis : il va s’en dire (des ragots...), il va sans dire...
                Paragraphe 2 - « frappe » : foucaldo-

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