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Accueil du site > Tribune Libre > Syrie, Iran, Pakistan, une ceinture de feu traverse le continent eurasien (...)

Syrie, Iran, Pakistan, une ceinture de feu traverse le continent eurasien !

Pour les non avertis, au moment présent, après la guerre de Libye et les poussées de fièvres populaires du Caire, alors que la presse n’évoque qu’anecdotiquement la situation au Yémen, à Bahreïn et en Somalie, ne subsistent au Proche Orient, médiatiquement parlant, que deux épicentres des crises qui eux, par contre, sont quotidiennement à l’honneur : Syrie et Iran, avec en prolongement et en contrepoint la guerre cachée du Pakistan. Guerre des robots volants - les drones tueurs chargés à présent de remplacer à moindre coût les troupes de chairs et d’os - que nous redécouvrons périodiquement à l’occasion d’une « bavure » toujours sanglante : en l’occurrence la destruction par erreur d’une unité pakistanaise le 26 novembre : une centaine d’hommes au tapis et 24 à la morgue. Bavure remarquable, car révélatrice du niveau d’intensité des combats que livrent sur le sol pakistanais les forces aériennes des É-U, et à propos de laquelle, la ferme intention de M. Obama… est de ne point « s’excuser » [NYT]. Voir la carte agrandie

Pour l’Iran, le fait majeur est la prise d’assaut de l’ambassade britannique à Téhéran, celle-là même qui abrita la rencontre tripartite Churchill, Roosevelt, Staline très exactement soixante-douze ans avant 1. Quel qu’ait été le caractère spontané de cette « manifestation » de colère légitime 2, saluons la mémoire longue – peu commune dans les classes dirigeantes occidentales résolument courtermistes - qui semble habiter les élites de la théocratie parlementaire iranienne. Ajoutons que l’attaque contre l’enclave britannique est intervenue le jour anniversaire de l’assassinat à Téhéran, le 29 nov. 2010, de Majid Shahriani, patron du programme de décontamination des systèmes informatiques de la centrale de Natanz infectée par le virus Stuxnet de conception israélo-américaine, selon toute probabilité. Le même attentat - qui coûta la vie à Shahriani – blessa gravement le professeur Feredoun Abbassi-Davani, directeur des opérations de centrifugation – enrichissement de l’uranium - à Natanz également. La piste du Mossad en liaison ave le MI6 britanniques a été bien entendu immédiatement évoquée – ne prête-t-on pas qu’aux riches ? – sur le site d’Intelligence en ligne Debka-Net-Weekly‘s. Selon toute vraisemblance, par le truchement ou avec le soutien des irrédentistes Kurdes à l’Ouest en Azerbaïdjan occidental, ou à l’Est au Sistan-Baloutchistan, il est avéré que les frontières iraniennes sont poreuses et que commandos et matériels transitent, entre autres, par ces régions à l’instabilité chronique 3. Or, quatre jours après le rappel à Londres de son représentant et du personnel diplomatique en poste 4, sans autre lien de causalité que le divin hasard, l’Iran annonce avoir abattu dimanche 4 déc. sur sa frontière afghano-pakistanaise, un drone américain de reconnaissance RQ-170 Sentinel de dernière génération, engins déployés en Afghanistan spécifiquement pour le recueil de renseignements… en Iran et au Pakistan.

Pour la Syrie, nous – le bon peuple… cochons de payants et de votants, voués à engraisser à et à légitimer, sous couvert de démocratie, nos parasites - nous bénéficions d’un décompte quotidien des cadavres sans précision aucune cependant quant à savoir qui est mort, comment et dans quel camp ? Les plus folles rumeurs circulent ainsi sur les ondes et dans les lucarnes sur une répression impitoyable entraînant inexorablement la nation syrienne vers la guerre civile.

Une information grand public passant sous silence les quinze mille combattants d’une armée syrienne libre – selon les chiffres données par une opposition qui se revendique pourtant comme « pacifique » ! - opérant sur le sol syrien sans que l’on sache précisément s’il s’agit de déserteurs des forces régulières, de milices sunnites salafistes venues du Liban ou d’Irak ou d’éléments équipés et formés par la Turquie et déguisés en francs-tireurs… Ankara s’étant précipitée – à rebours des velléités affichées au cours de la dernière décennie, à savoir s’émanciper de la tutelle atlantiste - dans un jeu périlleux aux côtés des pétromonarchies, particulièrement le Qatar, alignées sur l’axe Washington, Londres, Paris, Berlin…

Paris qui, elle aussi, souffle le chaud et le froid, réclame le départ du président Assad et l’instauration de couloirs humanitaires tout en annonçant sans sourciller que toute intervention directe est à exclure alors que le journal officiel de « la République des copains et des coquins » chargé apparemment de la communication des oppositions syriennes, encourage l’exacerbation de la violence… sous la plume de l’ex-otage G. Malbrunot [Le Figaro Cf. 29 nov.].

D’après cet envoyé très spécial « Paris soutient logistiquement les insurgés syriens en leur fournissant du matériel infrarouge et des moyens de communications. » À Beyrouth, le journaliste reçoit confirmation que les Services français encadrent au Liban et en Turquie les déserteurs syriens… les réseaux de trafiquants d’armes opérant au Liban étant mis à contribution « pour renforcer la puissance des rebelles… qui multiplient de l’autre côté de la frontière les opérations contre les forces de sécurité syriennes » tout comme leur sont gracieusement apporté le « renseignement satellitaire relatif aux positions de l’armée syrienne »… Conjointement, [ibid.] « les services de renseignements jordaniens ne seraient pas en reste au sud de la Syrie, frontalier du royaume ». Pendant ce temps, à Londres William Hague, ministre des Affaires étrangères rencontre les mandataires de la rébellion syrienne pour les assurer que la Turquie entend créer à brève échéance une zone franche à l’intérieur même de la Syrie !

Un seul obstacle : la Russie qui aurait doté la défense côtière syrienne de 72 redoutables missiles anti-navires [Interfax 1er déc. et AFP. Des systèmes anti-aériens sol-air S-300 PMU2 auraient en outre été installés sur la base navale russe de Tartous]… coupant ainsi court au projet actuellement à l’étude aux NU d’instaurer un embargo international sur les ventes d’armes à destination de la Syrie. La vente en question ayant représenté la somme non négligeable d’environ 300 millions de $ sur un montant total de contrats d’armements de 10 mds de $ en 2010… Par ailleurs, le ministres des Affaires étrangères russes, Serguei Lavrov, ne s’est pas privé d’évoquer à ce propos le précédent libyen pour s’opposer catégoriquement aux nouvelles sanctions imposées à Damas et revendiquer le droit de lui vendre des armes ab libitum : « Nous avons bien vu ce qu’il est advenu en Libye quand l’embargo sur les armes a été appliqué. Seule l’opposition en a reçues et des pays comme la France et le Qatar s’en sont vantés sans aucune vergogne ! ».

La Russie, dont la presse occidentale ne s’est pas privé de dénigrer les résultats des élections législatives et la baisse sensible de « Russie unie », parti du premier ministre et futur nouveau président de la Fédération russe, allant jusqu’à relayer les rumeurs les plus malveillantes de fraudes électorales massives, a de toute évidence engagé un dur bras-de-fer avec les tenants d’un retour à la Guerre froide, cela sur deux fronts. Le premier, et non le moindre, étant le Bouclier anti-missiles américain d’Europe orientale, en principe destiné à contrer une hypothétique attaque balistique de la part de l’Iran… dispositif en fait prévu pour « contenir » la Russie, puissance émergente, non endettée et détentrice de fonds souverains disponibles. Le second étant, pour la Russie, la sauvegarde, coûte que coûte, de son influence au Levant, laquelle passe évidemment par le soutien apporté au Baas syrien, son dernier allié abritant l’unique base navale russe en Méditerranée. Ce pourquoi l’affaire syrienne n’est pas seulement une question régionale, et surtout pas humanitarienne, mais une résurgence virulente de l’ancien antagonisme Est-Ouest.

Un dernier mot sur la crise syrienne vue cette fois de l’autre côté de l’Atlantique où les patrons des forces américaines – certainement las d’être les grands cocus de guerres ingagnables, contre-productives, coûteuses et injustes - se mobiliseraient pour éviter la guerre. Le 30 nov. 2011, le magazine EIR, spécialisé dans le « renseignement » américain, a confirmé que le Comité des chefs d’États-majors interarmées, le Joint Chiefs of Staff, s’était mobilisé en vue d’éviter la guerre contre l’Iran et/ou la Syrie, exprimant la crainte que le Président Obama ne soit désormais devenu « imprévisible ». Ces hommes craignent en effet de se trouver embarqués dans une guerre imprévue résultant d’une attaque israélienne de l’Iran, avec subséquemment une riposte iranienne contre l’Entité sioniste, les forces américaines et leurs alliés dans le Golfe arabo-persique. Les États-Unis étant tenus par leurs accords bilatéraux passés avec certains membres du Conseil de coopération du Golfe, de devoir se ranger, volens nolens, à leurs côtés.

Un conflit d’où le recours à l’arme nucléaire ne serait pas exclu à en croire les jusqu’au-boutistes du Likoud à Tel-Aviv et au Congrès américains. D’ailleurs, pas encore désengagés d’Irak et d’Afghanistan, les États-majors interarmées yankees souhaitent conserver la capacité à parer à toute éventualité en cas de crise majeure avec le Pakistan, redoutant davantage l’ouverture d’une telle crise au Penjab, qu’un conflit artificiellement provoqué avec la Syrie. Sachant que par ailleurs, la situation en Libye étant loin d’être stabilisée, la guerre des factions tribales et confessionnelles ne se transforme éventuellement en une véritable guerre civile. Ce pourquoi - pour ces raisons conjuguées - les responsables du Pentagone s’opposent catégoriquement à toute escalade inopportune contre la Syrie ou l’Iran 5.

Quant au Pakistan, où la guerre américaine contre les Pachtounes – rebaptisés « Taliban » pour mieux saisir d’effroi l’imaginaire collectif – s’étend de l’Afghanistan au Waziristân, zone tribale pakistanaise où la situation devient peu à peu critique avec des bavures à répétition de la part des drones tueurs américains qui effectuent des coupes sombres dans les rangs des troupes d’Islamabad. Reste que le Pakistan est depuis longtemps placé sous l’aile protectrice de la Chine populaire, laquelle observe avec vigilance les débordements et les violations de souveraineté dont se rendent coupables les appareils d’Enduring Freedom.

De ce point de vue, depuis l’affaire d’Abbottābād et la liquidation du pseudo Ben Laden, les relations Pékin-Moscou se sont tendues à l’extrême quoiqu’il n’en paraisse rien, ou presque, sur la scène médiatique. À ce point de l’histoire en cours, l’Occident est entré en confrontation latente avec l’Asie… où les disputes sont multiples et parfois très vives : songeons, pour laisser le Tibet de côté, au contentieux formosan qui oppose les deux Chine. Cause tout à fait envisageable pour un départ de feu qui embraserait un vaste arc de territoires depuis la Méditerranée orientale jusqu’à l’Océan Pacifique, à l’Est de Taïwan. Considérations qui ne sont pas de pures spéculations nées d’une imagination enfiévrée - paranoïaque et outrancièrement conspirationniste - car à circuler dans les couloirs des états-majors français et européens, innombrables sont également, et non seulement de l’autre côté de l’Atlantique, les officiers supérieurs qui militent pour la consolidation des forces armées nationales et la constitution d’un authentique système intégré de défense européen dans, avec ou sans l’Otan, lequel serait au mieux ou au pire, européanisé ! Parce que, disent-ils « il est hors de question que nous accompagnions les Américains dans une quelconque aventure taïwanaise ». En un mot comme en cent, ces gradés qui expriment maintenant tout haut ce qu’ils pensaient encore hier tout bas, tient à ce qu’ils ne veulent pas mourirpour Formose comme autrefois les Français se sont stupidement sacrifiés pour Dantzig 6. Mais nous savons tous, qu’a contrario de l’économie, en ce domaine crucial de la paix et de la guerre, ce sont les politiques qui dirigent le jeu selon des paramètres et des critères aussi subjectifs qu’idéologiques et qu’en tout état de cause, les militaires sont toujours rappelés, doucement mais ferment, à leur intransgressible devoir de réserve… sauf en cas de golpe de Estado, bien entendu ?

Notes

(1) Les deux représentants de la thalassocratie anglo-américaine et celui du Heartland soviétique se concertèrent du 28 nov. au 1er déc. 1943 quant au futur partage de l’Europe. Conférence préfigurant celle de Yalta en fév. 1945 au cours de laquelle fut établi cette fois le partage du monde entre blocs rivaux.

(2) Mardi 29 nov. des étudiants « en colère » investissaient l’ambassade du R-U à Téhéran de la même façon qu’avait été occupée la représentation des É-U le 9 nov. 1979 et pris en otage le personnel… dont la plupart ne recouvra la liberté que 444 jours plus tard ! Les manifestants de 2011 entendaient eux protester contre l’aggravation des sanctions financières et économiques – notamment le gel des transactions bancaires avec la Banque centrale iranienne – adoptées le 21 nov. conjointement par Londres, Washington et Ottawa et contre le projet de bloquer les exportations du brut iranien vers le marché européen d’où l’Iran tire 80% de ses recettes extérieures. Simultanément quelque 200 bassidjis – milice créée en 1979à l’initiative l’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique - pénétraient dans une annexe de l’ambassade au nord de la ville, en quête d’informations relatives au « rôle du R-U dans l’assassinat du physicien nucléaire iranien Majid Shahriari ».

(3) Même aux É-U le secret de Polichinelle commence à être éventé ainsi le Los Angeles Times du 4 nov. semble découvrir tout à trac que la récente combustion spontanée d’un dépôt de missiles balistiques [le12 nov. en tuant 36 personnels dont le gén. Hassan Moghadam, responsable des programmes d’armement] sur une base des Gardiens de la Révolution à proximité de Téhéran, serait due à une opération conjointe des É-U et d’Israël. Le journal, qui découvre midi à dix-sept heure, nous informe qu’il s’agirait en l’occurrence d’une guerre secrète du XXI siècle destinée à neutraliser le programme nucléaire iranien afin de faire l’impasse sur une coûteuse attaque aérienne directe des É-U et/ou d’Israël contre l’Iran. Voir également « Iran : minorités nationales, forces centrifuges et fractures endogènes ». Jean-Michel Vernochet in « Maghreb Machrek » N°201 « L’Iran et le Moyen-Orient » automne 2009.

(4) La France a, pour sa part, rappelé son ambassadeur « en consultation… compte tenu d’une violation flagrante et inacceptable de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de la gravité des violences ». Idem pour l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède et l’Italie. Notons que lorsqu’il s’agit d’alimenter les tensions internationales, les Européens, comme par enchantement, savent enfin « parler d’une seule voix » !

(5) « La seule guerre dans laquelle le Pentagone souhaitant immédiatement s’engager, étant une guerre contre le Congrès et les coupes sombres prévues dans le budget de la Défense  » ! Les chefs des armées considèrent en outre que la position russe concernant le bouclier antimissile en Europe de l’Est doit être prise en compte car entièrement légitime… Ni l’Administration Obama ni l’Otan n’ayant consenti le moindre effort pour établir un partenariat véritable avec la Russie sur ce dossier au risque de remettre en question les accords START de limitations réciproques des armements stratégiques.

(6) En 1939, la France, à la suite de l’Angleterre, devait donner le coup d’envoi de la Seconde Guerre mondiale en déclarant la guerre au Reich allemand un journaliste prétendument pour sauver une Pologne que les Alliés livreront six ans plus tard, pieds et poings liés à ses bourreaux communistes Marcel Déat, ancien fidèle du socialiste Léon Blum avec lequel il rompit en 1933 lorsqu’il prend la tête d’un Parti socialiste de France. En 1939, il refuse de « mourir pour Dantzig ». Directeur de L’Œuvre à partir de 1940 et fondateur du Rassemblement national populaire, en 1944 il est nommé secrétaire d’État au Travail. Il est condamné à mort par contumace en 1945.


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13 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 12 décembre 2011 11:17

    La Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en Syrie, la Méditerranée deviendra le lac OTAN. Maintenant que Kadhafi est hors d’état de nuire ( il était un des rares à s’opposer à l’expansion de l’AFRICOM : U. S. Africa Command ) les seuls pays encore récalcitrants dans la région sont : le Liban, l’Érythrée, le Soudan et l’Iran. Moscou sait aussi que le Grand Moyen-Orient de conception US va de la Mauritanie au Kazakhstan....
    Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/12/12/mare-nostrum-le-lac-de-l%E2%80%99otan/


    • OMAR 12 décembre 2011 17:45

      Omar 33

      TI POL, déja de retour d’Israél ?

      Ah c’’est juste pour les allocs-chomage et les soins médicaux gratis !!!

      C’est beau la France de Sarkozy qui a déclarer a vos emblables ;

       « Vous n’avez pas à vous excuser de votre attachement envers Israël ».

      Alors, Tipol ou Tipol pas, c’est toujours sioniste...


    • OMAR 13 décembre 2011 09:27

      Omar 33

      TI POL : Omar, déjà sorti de prison ?

      Mais non mon maton, je suis toujours à Gaza.......


    • paul 12 décembre 2011 13:49

      Dans le remodelage du grand Moyen Orient promu par les occidentaux, la Turquie qui a 900 km de frontière commune avec le Syrie, joue un rôle trouble .
      Clairement dans le camp occidental, membre de l’OTAN, elle s’est parfois opposée à Israël (flottille pour Gaza), tout en apportant un soutien logistique aux « révolutionnaires » syriens .

      Les soulèvements appuyés par les occidentaux aboutissent à l’établissement des Frères Musulmans, comme en Libye , lesquels étaient considérés jusque là ,comme des islamiste dangereux.

       Pour eux, peu importe les prétextes démocratiques pour justifier les ingérences ( « Assad doit partir » disent les membres de l’ Empire ) , ce qui compte, c’est d’abord d’assurer l’approvisionnement énergétique, et la sécurité de leur zone d’influence avec Israel comme gardien, quitte à foutre le b .., comme en Irak . Après, sur les décombres, ils permettront de reconstruire une démocratie dans ces pays, acceptable selon leurs intérêts .


      • cevennevive cevennevive 12 décembre 2011 17:15

        Merci Camus d’expliquer, dans une indifférence quasi générale, les problèmes énormes que risquent de poser les convulsions de ces pays, placés sous les abominables fourches caudines des US, d’Israël et de nous-mêmes Européens, hélas...
         
        Ne voyons-nous pas, aveuglés par nos « petites misères » françaises, qu’une guerre se prépare, se peaufine à notre totale insue, emballée joliment par les mensonges médiatiques et l’insouciance des irresponsables ?

        L’on discourt interminalement sur un film, sur une menace nucléaire, sur la candidature d’un tel ou d’un tel autre... Restons donc les yeux fermés sur le reste du monde, ne les ouvrons que pour regarder les illuminations de Noël...

        Cordialement.


        • OMAR 12 décembre 2011 17:33

          Omar 33

          Excellente analyse Camus.

          En résumé, l’Occident et d’un autre coté la Russie et à un degré moindre, la Chine veulent s’installer dans les pays arabes ou musulmans, quel que soit le prix à payer par ces pays en terme de pertes humaines ou de destruction...
           
          Qu’est-ce-qu’un arabe exterminé ou une ville arabe rasée ?


          • SEPH SEPH 12 décembre 2011 18:19
            COMMUNIQUE DE PRESSE. Selon des sources dignes de confiance, un responsable d’Al Jazeera en poste à Bruxelles a tabassé, licencié et menacé un reporter qui a voulu déjouer une manipulation médiatique fabriquée par Al Jazeera à propos de la Syrie.

             

            Selon des sources dignes de confiance, un responsable d’Al Jazeera en poste à Bruxelles a tabassé, licencié et menacé un reporter qui a voulu déjouer une manipulation médiatique fabriquée par Al Jazeera à propos de la Syrie.

            La victime (dont nous tairons pour l’instant le nom pour des raisons de sécurité) a subi ces mauvais traitements dans les locaux de la rédaction bruxelloise de la chaîne qatarie sous les yeux d’une secrétaire de l’agence d’information. La victime a également subi des menaces et des pressions pour ne pas ébruiter l’affaire.

            Cet événement grave confirme ce que nous disions à propos d’Al Jazeera : depuis le début du « printemps arabe », la chaîne panislamiste est devenue l’instrument de propagande antisyrien contrôlé par cette dictature monarchique, théocratique, esclavagiste, pro-occidentale et complice d’Israël qu’est l’émirat du Qatar.

            On se rappellera qu’en avril dernier, Ghassan Ben Jeddo avait démissionné de la chaîne en raison des mensonges qu’elle diffusait notamment à propos de la Syrie. Par ailleurs, en septembre dernier, le très controversé directeur général de la chaîne, M. Wadah Khanfar, a été remplacé par l’émir du Qatar en personne, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, tandis que le cheikh Youssef Al Qaradawi connu pour son intégrisme en est devenu le mentor.

            Ces remaniements semblent liés à la nouvelle ligne rédactionnelle d’Al Jazeera désormais alignée sur la politique étrangère américaine dans la région. La chaîne qatarie, avec son armée de propagandistes, et l’Etat qatari, avec ses 5.000 commandos, ont activement participé à la destruction de la Libye souveraine. A présent, c’est la Syrie qui est dans leur ligne de mire.

            Tout ceci confirme les soupçons exprimés dès le départ par notre Collectif Investig’Action (www.michelcollon.info) : les événements de Syrie subissent une mise en scène manipulatrice, bien démontrée par Bahar Kimyongür dans son livre Syriana, la conquête continue qui vient de paraître aux éditions Investig’action et Couleur Livres. Notre position sur la Syrie a été peu comprise dans un premier temps. Mais les événements démontrent de plus en plus l’ampleur des médiamensonges fabriqués contre ce pays. Il est donc de la responsabilité de chacun de vérifier ces médiamensonges qui risquent d’avoir des conséquences très graves sur le terrain.

            • non667 12 décembre 2011 21:26

              avis :que la russie ou la chine ne matent pas leurs opposants internes dans le sang sinon sarko ira les bombarder ! smiley smiley smiley


              • Abdu Abdu 13 décembre 2011 01:52

                La Chine militairement ne compte pas. C’est une fourmilière qui au mieux dispose de petites chances de se défendre si elle est attaquée par les USA.

                La seule chose qui rend cette idée impossible est l’opinion publique.
                Si on arrive à éduquer les peuples de l’OTAN à l’idée de la nécessité d’attaquer militairement la Chine, cette attaque pourrait se faire.
                Autant dire que, vu la malléabilité de cette opinion publique, ce n’est qu’une question de choix et de priorité des stratèges aux commandes. Le versant militaire de la guerre n’étant qu’une des options.


              • kedjey 13 décembre 2011 00:58

                Téhéran a annoncé que ses unités de guerre électronique avaient pris, le 4 décembre, le contrôle d’un avion sans pilote RQ-170 Sentinel ayant pénétré à l’intérieur du territoire iranien depuis l’Afghanistan, et l’avaient fait atterrir sans dommages majeurs à 250 km de la frontière dans la région désertique de Tabas (nord-est).

                La télévision iranienne a diffusé jeudi des images présentées comme celles de cet appareil ultra-sophistiqué qui était, selon des responsables américains qui ont requis l’anonymat, en mission de surveillance pour la CIA au moment de l’incident. Selon la presse américaine, le drone surveillait des sites nucléaires iraniens. Un important parlementaire iranien cité lundi par la télévision d’Etat a assuré que l’Iran allait copier ce drone afin d’en équiper ses forces.

                Barack Obama a annoncé ce lundi que les Etats-Unis avaient réclamé la restitution de son drone dont l’Iran s’est emparé la semaine dernière.



                  • loire42 loire42 18 décembre 2011 10:54

                    Excellent article, et merci a l auteur.

                    La question est de savoir si tous ses acteurs ont les moyens de leurs ambitions.

                    Pour faire une guerre, il faut des armes, et du materiel. Ce materiel, est construit par des usines. L occident c est desindustrialisé ses 40 dernieres années.L economie occidentale est entrain de s autodetruire, les monnaies ne valent plus rien.. Les dirigeants sont aux abois, ils risquent d avoir a répondre devant des tribunaux révolutionnaires de leur actes .... Pour sauver leur peau, ils pourraient être pret au pire.

                     Et la Chine est riche de 1200 milliards de $ de papier toilette.

                    Une guerre type 2em guerre mondiale, est aujourd hui impossible. Les guerres type guerillas sont comme noté par l auteur ingagnable par les occidentaux. L idéologie des droits de l homme nous empechant de massacrer les villageois qui soutiennent la guérilla. HEUREUSEMENT

                     

                    La grande inconnue, sera le comportement de l armée ..... Les grands cocus en France depuis 1939. Les politiques faisant en sorte, que nous perdions toutes nos guerres .


                    • Reflexions 4 mars 2012 22:50

                      LA CREATION DE LA FRACTURE NORD/ SUD AU XIII EME SIECLE


                      Notre Histoire Euro Orientale a quitté son lit lorsque, en Europe, et en France, en 1314, ont été exterminés les Templiers, moines soldats du Christ, qui étaient porteurs d’une véritable politique de rapprochement entre l’Europe et l’Orient ......


                      Cette politique de rupture avait été annoncée par la condamnation en 1277 par l’Evèque Tempier, de Saint Thomas d’Aquin, Grand Théologien du Christianisme au XIII ème siècle,et de nombreux autres philosophes de la Sorbonne à Paris, qui commentaient la pensée d’Avicenne ( Ibn Sina ) d’Averroès( Ibn Rush ), les interprétations de la pensée d’Aristote, celles de grands penseurs Musulmans comme Al Farabi, Al Ghazali, Al Kindi. Saint Thomas d’Aquin, dans sa réflexion théologique, était en train de construire une passerelle conceptuelle entre la Bible et le Coran, passerelle dont on mesure aujourd’hui combien elle était nécessaire pour dépasser la logique conflictuelle de deux Mondes faits pour vivre ensemble, de deux Mondes prêts à fusionner ....de deux Mondes qui commençaient à se connaître, à s’estimer.....


                      Cependant, certains politiques et religieux avaient appris, au début du XIII eme, qu’un Nouveau Monde se trouvait à l’Ouest. Cette connaissance venait des cartes de géographes arabes, synthèses de cartographies grecques et romaines, que les Templiers avaient ramenées d’Orient et traduit de l’Arabe. Dans ces cartographies était fait mention d’un « Monde » à l’Ouest, gorgé d’or et de richesses. Certains, pour se réserver la « Découverte » puis ensuite la Conquête de cet Eldorado, ont alors décidé de briser les ponts que les Templiers, moines soldats du Christ construisaient entre l’Europe et l’Orient. La décision est prise d’exterminer les Templiers avec l’accusation « d’hérétiques » ; ce qui était une injure faite à ces moines soldats à l’éthique parfaite, dont les valeurs morales et chevaleresques avaient suscitées un grand respect des Musulmans de Palestine.

                      La naissance des Temps Modernes commence, donc, le jour de l’extermination des Templiers en 1314 et de la confiscation de leur Trésor, du Graal, dont la connaissance du Nouveau Monde était la pièce maitresse. La préparation pendant 150 ans de la « Découverte » du Nouveau Monde est, d’ailleurs la première grande manipulation de l’Histoire des Temps Modernes.
                      Ce jour-là, nous sommes entrés dans une période ou l’Histoire est, depuis, en arrêt sur image. La Fracture Euro Orientale est, depuis, la pierre angulaire de toute notre réalité ; le lieu des conflits, la Palestine, toujours le même ..... la Pensée, la Philosophie, la problématique qui rythment notre actualité ont pris naissance ce jour-là. La cassure Occident/Orient..... la notion même d’« Occident » est née ce jour-là, en 1314.......

                      L’Atlantisme, en politique, est l’expression actuelle de ces Vieux Concepts Fossiles, dépassés, obsolètes qui remontent à ce choix sinistre fait au XIII eme siècle, d’abord par les Latins, puis repris ensuite et amplifié par les Anglo-Saxons....
                      Les États-Unis, actuellement, sont les plus ardents défenseurs de ces Vieux Concepts. Les États-Unis ont été, hier, le fruit de la rupture « Euro Orientale » au XIII eme siècle, et sont, aujourd’hui les plus fervents défenseurs de son maintien. Cela se comprend, car leur existence, leur leadership est directement lié à ce Vieux Concept de la Fracture Nord Sud. Toute leur stratégie, depuis plus d’un siècle, et notamment depuis la raréfaction de l’or américain au XIX em siècle, vise à maintenir et à alimenter cette Fracture Nord/Sud dont ils sont issus. Le « Choc des Civilisations » est d’ailleurs la dernière expression puérile de ce concept....
                      Les États-Unis sont le fruit d’une Histoire biaisée ; d’une Histoire parallèle ou une partie du Monde ( l’Orient ) a été artificiellement écarté des veines naturelles de l’Histoire, ou l’Europe a été artificiellement séparée de son prolongement Oriental. Cela nous a donné ces 5 siècles (de 1500 à 2000) ou l’Histoire parallèle, biaisée, s’est heurtée avec la pulsion naturelle de l’Histoire qui, inévitablement resurgira pour épanouir un monde multipolaire ou Europe, Orient, Laïcité, Religions, Amériques, Extrême Orient, Afrique pourront se conjuguer, fusionner.... Dans l’attente de cette résurgence inévitable, les tenants des Vieux Concepts Atlantistes (de la fracture Nord/Sud ) continuent à vouloir régenter le Monde , à donner des leçons à l’Europe en distribuant leurs jugements « Vieille Europe, Jeune Europe », à l’Orient en leur jouant le scénario catastrophe du « Choc des Civilisations .. » et leurs guerres injustes et illégales en Irak, en Afghanistan, aujourd’hui en Libye, aux Amériques avec le soutien de putschistes et autres marionnettes, aux Amérindiens en leur faisant un sort indigne, aux Extrêmes Orientaux en prétendant leur donner des leçons d’humanisme ( ex Corée du Nord )..
                      Tous ces discours, toutes ces stratégies, tous ces concepts sont dépassés........

                      L’Europe, quoiqu’on en dise, regarde de nouveau vers l’Orient ; l’Amérique Latine se libère de la tutelle des États-Unis, les Américains ( et Étasuniens ) ouvrent les yeux et rejettent ces stratégies unilatérales, les Amérindiens ( cf Hugo Chavez ) reviennent au cœur de l’Histoire.....

                      Du X eme et XIII eme siècle, la France a été à la pointe de ce dialogue Nord Sud par les possessions Franques en Palestine ; et sa culture en porte encore les traces.... le Gaullisme, quelque part, en est l’héritier... le Gaullisme est, quelque part, l’expression de cette mentalité Templière de la France, de cette mentalité ouverte vers l’Orient, vers cette Palestine mythique, vers ces Orientaux raffinés ... C’est aujourd’hui, de façon étonnante, la Russie qui semble faire le choix déterminé de cette Renaissance Euro Orientale et qui recueille les fruits de sa politique novatrice. Le discours de Poutine du 13 Févier 2007 est édifiant à ce sujet. Discours que Poutine concluait de cette phrase exemplaire : « nous pourrions travailler à l’édification d’un monde plus démocratique et plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non seulement des élites, mais de tous" .
                      La Russie a, actuellement, une politique plus Euro Orientale que la France.
                      C’est tout à son honneur.....

                      Huit siècles après, l’Histoire, têtue, veut reprendre son lit .........Et on ne sortira de cette impasse, de cette fracture Nord-Sud qu’en créant les conditions d’une Renaissance Euro Orientale, d’une Renaissance Philosophique, Économique, Morale........

                      Pendant 5 siècles, l’Or des Amériques, la cupidité, les richesses, les territoires nouveaux immenses ont exercé une force d’attraction sur les veines de l’Histoire ; mais aujourd’hui, l’Histoire frappe de nouveau à la porte Euro Orientale ...elle veut reprendre son lit ; aujourd’hui, l’Histoire s’offre, de nouveau, belle et attirante, en plein cœur de l’Europe et de l’Orient ...........

                      Le massacre des Templiers marquait l’avènement des Temps Modernes.....
                       
                      Il faut aujourd’hui militer pour la reprise de l’Histoire commune Euro Orientale .......Cette reprise suspendrait cet arrêt sur image dans laquelle nous vivons depuis 8 siècles et permettrait un départ nouveau de l’Histoire dont l’épicentre Euro Oriental serait une nouvelle source de progrès pour le Monde.

                       Ce serait l’avènement des Temps Nouveaux ! !

                       ( Reflexions 1 ) ( 2 MAI 2007 )

                      Les Révolutions Arabes et les contre-Révolutions viennent d’ouvrir cette nouvelle page de l’Histoire des Temps Nouveaux ! ! ! !

                      Reflexions 1 ( 25 Janvier 2010 )

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