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Témoignage exclusif : la troisième affaire Strauss-Kahn

L’affaire DSK est-elle l’arbre qui cache la forêt ? Dans les dîners mondains, dans le tout-Paris, le directeur du FMI est paraît-il connu pour ses conquêtes amoureuses. Sa supposée relation intime avec une économiste hongroise défraye en ce moment la chronique. Mais cette relation entre adultes consentants est après tout sans conséquence si, comme le dit lui-même DSK, elle ne s’est bornée qu’à un banal échange amoureux. Il y a plus grave. Une vidéo en ligne sur le web explique à mots couverts que DSK aurait pu se livrer à des violences sur Tristane Banon, une jeune journaliste et romancière. Si les faits sont avérés, l’accusation est terrible. Or la victime ne les dissimule pas, mieux, elle accuse le directeur du FMI de l’avoir malmenée.

NDLR : Voir également la suite de cet article : "Les coulisses de la nouvelle affaire DSK" (22/10/2008) ainsi que "Tristane Banon, DSK et AgoraVox : retour sur une omerta médiatique" (18/05/2011) avec une vidéo exclusive.

Comment cette vidéo n'a-t-elle pas fait un buzz énorme sur Internet ? On peut se le demander. Car son contenu est fracassant. Fracassant, peut-être, mais impossible à exploiter car le nom du protagoniste y est censuré. Pourtant, il n'est pas besoin d'être grand clerc pour savoir qui se cache derrière les bips... Il nous fallait vérifier que nos intuitions ne nous trompaient pas. 

Dans cette vidéo, Tristane Banon, jeune journaliste et romancière, accuse un homme apparemment haut placé d'avoir voulu la violer. Qui est cet homme ? Mystère ? La scène se passe sur Paris Première pendant l'émission de Thierry Ardisson 93, Faubourg Saint-Honoré (diffusée le 5 puis le 20 février 2007). 

Tristane Banon est assise autour de la table en compagnie des autres convives (étaient également présents Jacques Séguéla, Thierry Saussez, Jean-Michel Aphatie, Roger Hanin, Gérald Dahan, Claude Askolovitch et Hedwige Chevrillon) quand elle déclare : « Moi, c'est avec [et là le nom est remplacé par un long bip] avec qui ça c'est super mal passé. C'est le chimpanzé en rut ! » Et l'animateur Thierry Ardisson d'abonder dans son sens : « c'est un obsédé ! », lance-t-il. 


Témoignage exclusif : la troisième affaire... par AgoraVox

Chacun se demande évidemment qui peut bien être cet individu dont on ignore pourquoi l'on bipe le nom. Pour le savoir, il a suffi de demander à la principale intéressée, Tristane Banon elle-même, qui nous a répondu le plus simplement du monde qu'il s'agissait de Dominique Strauss-Kahn. 

Pourquoi avoir censuré le nom de ce politicien qui en 2002 n'était plus ministre, mais député et qui, en ce début d'année 2007, venait d'être nommé loin de Paris, au FMI ? « Je ne sais pas du tout, nous explique Tristane Banon. Ce que je sais c'est qu'il y avait déjà eu un problème une première fois quand Thierry Ardisson m'avait invitée sur l'émission Tout le monde en parle. On avait parlé de ça à la fin de ma séquence et la chaîne avait demandé à ce qu'on retire carrément toute la séquence... C'est une décision de Télé Paris et de Stéphane Simon. Ce n'est pas moi qui l'ai demandé, en tout cas  ». 

Autre sujet d'étonnement : pourquoi, en février 2007, personne n'a parlé de cette affaire ? Et pourquoi cette vidéo a-t-elle disparu d'internet comme si on avait voulu la supprimer définitivement des mémoires ? L'accusation portée par Tristane Banon est grave, mais pas absurde. Et elle est récurrente. « Qui n'a pas été coincée par Dominique Strauss-Kahn ? », demandait récemment Danielle Evenou pendant une émission de Laurent Ruquier. La presse anglo-saxonne, suivie par des blogs français, a également fait ses choux gras avec sa supposée liaison avec Yasmina Reza. 

Comme on le sait, l'actuel directeur du FMI est actuellement sous les feux de l'actualité pour une affaire qui défraie la chronique, à savoir sa relation intime avec Piroska Nagy, une économiste hongroise qui a travaillé pour le département Afrique du FMI jusqu'en août dernier. DSK est soupçonné par l'institution internationale « sur un éventuel abus de pouvoir dont il aurait pu se rendre coupable en accordant des indemnités de départ trop importantes à Nagy ou en manœuvrant pour l'envoyer à Londres », selon Le Point

Si Dominique Strauss-Khan ne nie pas avoir été proche de Mme Piroska Nagy, il nie en revanche tout abus de pouvoir. L'affaire aurait pu se terminer là si l'on ne reprochait pas également au directeur du FMI d'avoir agi en faveur d'une jeune femme qui a travaillé dans son équipe de campagne pendant la primaire socialiste de 2007, Emilie Byhet. Il lui est reproché d'avoir suggéré au département des ressources humaines du FMI de lui attribuer un stage au département recherche de l'institution... 

Ces affaires ne sont certes pas à prendre à la légère, mais elles portent moins à conséquence que l'accusation que Tristane Banon lance à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn. A l'époque des faits, en 2002, la jeune femme n'avait pas osé porter plainte. Pourtant elle avait pris contact avec un conseil juridique qui, d'après ce qu'elle explique dans la vidéo, possédait sur son agresseur supposé un fort volumineux dossier. Mais Tristane Banon a renoncé à porter plainte. Elle y renonce toujours, d'ailleurs : 

« De toute façon, maintenant, je ne sais même pas s'il n'y a pas prescription. Ça fait six ans. Au départ, je voulais porter plainte, mais après il y avait eu l'histoire de Johnny Hallyday avec sa nana, c'était pile en même temps que ce qui m'était arrivé... Qu'est-ce qui va empêcher 50 % des gens que je vais croiser de ne pas me croire, ils ne sont pas censés croire en ma bonne foi. Alors je me suis dit qu'il fallait vivre avec ça. Et puis qu'est-ce que j'ai à y gagner ? De l'argent ? Je ne veux pas de son fric. Et si c'est pour faire vendre des bouquins sur ce genre de réputation, franchement je préfère en vendre peu ou pas... Et puis il y avait tout bêtement le fait que je vis seule à Paris. Il est avec un mec qui n'est pas forcément un tendre, il n'a pas forcément des méthodes très raffinées... Je ne pense pas qu'il m'aurait fait assassiner, mais me refaire le portrait, ça aurait été possible...  ».

Comment tout cela s'est-il passé ? Tristane Banon prend contact avec Dominique Strauss-Kahn en 2002. A cette époque, elle prépare un livre, Erreurs avouées, qui sera publié quelques mois plus tard chez l'éditeur Anne Carrière, sans le témoignage de Dominique Strauss-Kahn. On comprend pourquoi en écoutant le récit de son entrevue sur Paris Première : 

« ... Il a proposé qu'on se voit, il m'a donné une adresse, que je ne connaissais pas, déjà ça m'a étonné parce que je connais un petit peu sa vie, plus ou moins, donc je sais où il habite, je sais où est sa permanence, l'Assemblée je vois un peu où c'est situé. Rien de tout ça. 

Je suis arrivée devant l'adresse, je me suis garée, je suis montée, c'était un appartement vide, complètement vide, avec un magnétoscope, une télévision, un lit au fond, très beau, il a bon goût, Monsieur a bon goût, poutres apparentes sublimes, sur cour intérieure, et puis là il a gentiment fermé la porte. J'ai posé le magnétophone tout de suite pour enregistrer, il a voulu que je lui tienne la main pour répondre, parce qu'il m'a dit « je n'y arriverai pas si vous ne me tenez pas la main », et puis après la main c'est passé au bras, et c'est passé un peu plus loin, donc j'ai tout de suite arrêté...

Je suis arrivée là-bas, j'avais un col roulé noir, ça fait peut-être triper les mecs un col roulé noir mais faut arrêter, et après surtout c'est que ça s'est très très mal fini, parce qu'on a fini par se battre, donc ça s'est fini très très violemment, puisque je lui ai dit clairement...
[intervention d'un invité] non non on s'est battu au sol, pas qu'une paire de baffes, moi j'ai donné des coups de pieds, il a dégrafé mon soutien-gorge, il a essayé d'ouvrir mon jean... Ça a très mal fini, mais moi ce qui m'a marqué... [coupure montage]. Bon moi j'ai fini par partir, il m'a envoyé tout de suite un texto en disant « alors je vous fais peur ? » d'un air un peu provocateur, et je lui avais parlé quand on se battait, je lui avais dit le mot « viol » pour lui faire peur, ça ne lui a pas fait peur plus que ça, comme quoi apparemment il était accoutumé, et après il a pas arrêté de m'envoyer des textos en disant « je vous fais peur ? »


Selon Tristane Banon, DSK l'aurait empêchée de publier les passages le concernant : 

« Anne Carrière a eu les jetons, elle a retiré le chapitre, ce qui, je pense, a été sincèrement une connerie car des journalistes l'avaient reçu... Ce que je n'ai vraiment pas apprécié c'est ce qu'il a fait après. Car dans l'histoire je n'étais pas méchante, je ne portais pas plainte, je retirais le chapitre, je faisais tout ce qu'il disait de faire. Il y avait beaucoup d'interviews de prévues dans la presse écrite, des passages télé, etc. et il a appelé Marc-Olivier Fogiel en lui demandant d'annuler parce qu'il avait peur que je parle de ça, chez lui parce que c'était du direct. Maintenant, c'est parole contre parole. C'est ce que m'a dit Marc-Olivier Fogiel et je ne vois pas pourquoi il me mentirait, mais Fogiel m'a dit, alors qu'il m'avait invitée (j'ai encore l'invitation de sa production), il m'a dit écoute Tristane, on me menace de couper le faisceau si je te laisse passer ».

On peut toujours épiloguer et se demander qui est ce « on » capable de censurer les passages où il est question de lui sur une chaîne câblée, de censurer un éditeur, de menacer de black-outer une émission de divertissement sur une chaîne grand public ? 

« Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes, écrivait dans un de ses billets Jean Quatremer. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c'est la curée médiatique. ». 

Que va faire désormais le FMI de ces révélations ?


NDLR : Voir également la suite de cet article : "Les coulisses de la nouvelle affaire DSKainsi que "Tristane Banon, DSK et AgoraVox : retour sur une omerta médiatique" (18/05/2011) avec une vidéo exclusive.




par Olivier Bailly (son site) mercredi 22 octobre 2008 - 195 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par dup (---.---.109.145) 22 octobre 2008 07:47

    se faire violer par le FMI , n’est ce pas le quotidien de beaucoup de pays.

  • Par Romain Desbois (---.---.134.187) 22 octobre 2008 09:21

    moi ce qui m’étonne c’est que DSK est toujours présenté comme un grand et excellent économiste.

    Il a quand même dit que la TVA était l’impôt le plus juste.

    Dire qu’il enseignait, j’en frémis !

  • Par Christoff_M (---.---.93.125) 22 octobre 2008 08:38
    Christoff_M

    environ 200 000euros par an pour le président du fmi, qui par ailleurs a placé son frangin dans le gruyère !!

    plus 50 000euros de frais de fonctionnement, tout ceci net d’impots, plus divers frais remboursés dont logement et voiture de fonction....

    Quel est le role du FMI payer des putes de luxe pour que ses cadres gèrent mieux l’argent des pays pauvres !!

    En dehors de la crise financière révélatrice de mentalité de joueurs addicts chez certains financiers, certains dérapages devraient nous alerter sur le niveau de décrépitude atteint par les hautes instances des pays "évolués" de l’ouest....

    ou comment se payer du bon temps en faisant payer les fraiss aux moins nantis payeurs d’intéréts !! ceci vaut la fiesta de luxe organisée à grands frais par un organisme fraichement renfloué par les sous des contribuables... nous ne sommes pas loin de la fin de l’empire romain avec tous les excès des dégénérés qui s’accrochaient au pouvoir !!

  • Par R.L. (---.---.40.40) 22 octobre 2008 12:41
    Le 15 mai dernier, devant la commission économique du Parlement européenne, à propos de la crise financière,D.S.K. a déclaré : « Les pires nouvelles sont derrière nous »...

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