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Accueil du site > Tribune Libre > UK. Flexibilité : peut faire mieux...

UK. Flexibilité : peut faire mieux...

               Dans la série "on n'arrête pas le progrès"... où s'arrêtera la Flexibility in employment, qui ne cesse de croïtre, concernant déjà quelque 3% de l'emploi au pays de Sa Gracieuse Majesté

 Au pays de Dickens, au Royaume de la flexibilité absolue (même la Reine gère sa fonction de manière très flexible...), où plus rien ne finit par étonner, on a accéléré le processus, depuis que  Cameron a mis ses pas dans ceux de Maggie, dans un contexte de privatisation généralisée.

Pour faire baisser le chômage à 8%, disent-ils, on a institué une nouveauté : : le contrat zéro-heure.

 Il fallait l'inventer !

C'est le meilleur moyen de rendre le travail toujours plus flexible.

 Depuis le début de la crise financière, en dépit de son économie stagnante, la Grande-Bretagne se targue d’avoir maintenu un taux de chômage relativement bas (8 %) au regard de ses homologues européens. Mais, comme le montrent une série de révélations dans la presse britannique depuis une dizaine de jours, ce succès est en partie imputable à l’utilisation croissante de contrats de travail dits « zéro heure » (« zero-hours contracts »). Dans un pays qui possède déjà un marché du travail extrêmement flexible (lire ce billet de l’économiste Jacques Freyssinet), les contrats « zéro heure » représentent une nouvelle étape dans la dérégulation des rapports entre employeurs et employés, au détriment de ces derniers.

 Comme souvent l'UK a copié sur son cousin d'Outre-Atlantique, car ce genre de contrat (?) existe aux Etats Unis depuis des lustres, ça s’appelle «  to be on call  », c’est surtout dans le secteur des services où le boss a une liste d’esclaves qu’il peut appeler par téléphone à n’importe quelle heure. Il y a aussi « to be let off »,

  A vrai dire, les contrats « zéro heure » existent depuis longtemps en Grande-Bretagne. Leur mouture actuelle découle des lois sur l’emploi et les salaires de 1996 et 1998. Ils stipulent qu’un salarié est lié par un contrat à son employeur, mais que ce dernier ne lui fournit aucun horaire fixe ni aucune garantie quant au nombre d’heures travaillées. Dans le meilleur des cas, les entreprises fournissent à leurs employés une prévision de planning avec une ou deux semaines d'anticipation. Pour autant, ils ne sont pas à l’abri d’une modification de dernière minute ou d’être renvoyés chez eux – sans salaire – s’il n’y a pas assez de travail ce jour-là.

L’idée originelle de ces contrats était de permettre à des entreprises qui ont parfois des pics d’activité ou une demande ponctuelle d’y répondre sans avoir à embaucher des salariés permanents. D’ailleurs, l’exemple fourni sur le site officiel du gouvernement britannique est éclairant : il s’agit du recours à des traducteurs-interprètes. Mais, aujourd’hui, ces contrats sont utilisés par de nombreuses grandes entreprises – généralement des commerces – pour avoir sous la main une main-d’œuvre disponible et docile. Les chaînes de magasins de sport Sports Direct, de cinémas Cineworld, de pharmacies Boots, de restauration rapide McDonald’s, Burger King ou Subway, sont parmi les plus gros employeurs de contrats « zéro heure ».

          La précarité n'est-elle pas en train de devenir la norme du futur ?

 En France sommes-nous à l'abri de ce "progès", ou plutôt ce grand bond en arrière ?

 Comme l’a résumé Larry Elliot, l’éditorialiste du Guardian, le recours massif à ces contrats précaires fleure bon le XIXe siècle : « De la pure exploitation – le genre de conditions de travail qui ont donné naissance aux syndicats (…) C’est comme si la Grande-Bretagne avait remonté le temps, retournant à un âge où l’employeur avait le fouet en main et où les droits dont jouissaient les travailleurs sous le système féodal avaient été supprimés. »

 La précarité devrait être cotée en bourse...


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19 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 13 août 2013 12:34

    en france, il y en a aussi dans les parcs d’attraction. tu viens en sachant pas combien de temps tu vas bosser. le sandwich est bien sur payant (capital sur M6)


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 13 août 2013 18:01

      @ FOUFOUILLE CHEZ LES ALLEMANDS ET LES ANGLAIS C’EST PIRE.TU VIENS AU BOULOT S’IL N’Y EN A PAS TU REBROUSSES CHEMIN ET BIEN SUR TU N’ES NI PAYé NI DEDOMMAGé PAR LES A ssedic...

      CELA ME RAPPELLE MON ENFANCE DANS UN PORT DE PECHE les femmes étaient appelées par une sirène comme celle des pompiers meme en pleine nuit s’il y avait des arrivages de poissons pour la conserverie. on gardait un nombre suffisant pour le tonnage débarqué les autres rentraient chez elles pour revenir .a 8 heures TRAVAIL DE NUIT.....ZOBI...


    • spartacus spartacus 13 août 2013 14:11

      un salarié est lié par un contrat à son employeur, mais que ce dernier ne lui fournit aucun horaire fixe ni aucune garantie quant au nombre d’heures travaillées....

      C’est exactement la définition auquel répondent les salariés par le chèque emploi service.

      • ZEN ZEN 13 août 2013 14:31

        Dans ce contrat tout à fait innovant, il n’y pas de salaire minimum, les arrêts maladie ne sont pas payés, ni bien sûr les congés. Il n’y a pas de jours de repos, pas d’horaires fixes et parfois pas de travail, mais dans ce cas là vous n’avez pas la possibilité de travailler ailleurs car vous devez rester disponible pour l’employeur avec qui vous avez signé ce contrat de travail « zéro heure ».
        Je le disais bien en commençant, on n’arrête pas le progrès...


      • gaijin gaijin 13 août 2013 15:46

        spartacus
        vous avez posté la même connerie sous le même article la semaine dernière
        je vous copie colle donc le même commentaire :

        « Sur le fond, ça fait des années que le chèque emploi service existe en France, »
        suf qu’en france le salarié n’est pas obligé de rester sur place s’il n’ y a pas de travail, n’est pas tenu a être dispos a toute heure , ni interdit de cumuler avec d’autres emplois .......
        vous êtes tellement occupé a vendre vos salades que vous racontez n’importe quoi !


      • Gemini Gemini 13 août 2013 15:50

        Insister à ce point, vous le faites exprès je crois.

        Combien de fois faudra-t-il vous répéter que ce contrat 0 heures, lui, interdit à l’employé de travailler pour quelqu’un d’autre ? Ce qui n’est absolument pas le cas des CESU.

        Que vous vous trompiez, soit, mais là, vous semblez plus proche du troll ou du mythomane, au choix.


      • spartacus spartacus 13 août 2013 20:06

        Vous vivez dans une telle psychologie anti-aglo saxonne, que vous ne prenez jamais la peine de vérifier.

        Le problème c’est que vous avez fait d’une exceptions une généralité.
        Ce contrat n’oblige pas a travailler pour un employeur unique. 
        C’est même précisé dans l’article du Gardian.

        Par ailleurs, il est principalement utilisé par les associations, pour valider légalement le bénévolat. 

      • ZEN ZEN 13 août 2013 20:18

        Yes, sir Spartacus
        The Guardian says :

        ....It’s only fair to say that some employees are content to be on zero-hours contracts. Some students, for example, want to combine work with study and are willing to turn up when summoned. That’s also true of older workers topping up their pensions with a bit of irregular, part-time work.

        That said, there is an early 19th-century feel to zero-hours contracts. It is as though Britain has gone back to the future, returned to an age where the employer had the whip hand and where the rights that workers enjoyed under the feudal system had been removed...


      • Gemini Gemini 14 août 2013 12:45

        Vous vous enfoncez @spartacus.

        Mc Donald’s n’a-t-il pas 80% de ses employés sous ce contrat ? SportsDirect n’a-t-il pas 90% de ses employés sous ce contrat ? La liste est longue et fournie dans l’article du Gardian. Ça, c’est du réel, du concret, et c’est sourcé.

        Par contre, vous indiquez, contre tout bon sens, que ce contrat sert surtout les associations. Ah ? Où avez-vous lu ça ? En tout cas, ce n’est pas écrit dans l’article du Guardian. Et quand bien même ce serait le cas, alors, pourquoi ne pas réserver ce contrat aux associations ? Mais, en allant plus loin, pourquoi ce contrat serait-il inacceptable si l’employeur est privé, mais le serait s’il s’agissait d’une association ?

        Le fond du problème demeure : ce contrat vous maintient la tête sous l’eau et s’assure que vous restiez pauvre, dépendant, et corvéable à merci. Belle liberté.


      • spartacus spartacus 14 août 2013 22:20

        Il y a 2 manières de comprendre les choses, le verre a moitié plein ou à moitié vide.

        Entre rien, et un contrat qui assure quelques heures, vous préfériez rien, moi je conseille quelques heures.


      • Gemini Gemini 16 août 2013 12:38

        Non. Je ne me satisfait d’aucun des deux. Ni un peu, ni rien. Nos pays et nos sociétés ont bien assez de richesses, voir même trop, pour tout le monde.

        Notre société devrait s’assurer, comme d’ailleurs cela est écrit dans la déclaration des droits de l’homme, que chaque citoyen peut obtenir le nécessaire dont il a besoin, et que chaque citoyen doit contribuer selon ses capacités.

        Actuellement, nous en sommes loin. Certains se gavent de façon indécente tandis que d’autres n’ont que des miettes malgré leurs efforts, sans oublier les tire aux flancs qui sont loin de contribuer selon leurs capacités.

        Dans cette optique, le contrat « zéro heures » dont nous parlons ici ne permet en aucun cas d’avancer vers cet objectif. Il permet seulement de s’assurer que ceux qui se gavent pourront continuer à le faire et que ceux qui ne récoltent que des miettes malgré leurs efforts n’en récolteront jamais plus.


      • Luc le Raz Luc le Raz 13 août 2013 15:28

        Tiens donc ?... je pensais que le contrat « zéro heure » était réservé aux actionnaires. Comme le disait Laetitia Buonaparte « Pourvou qué ça doure ».


        • jaja jaja 13 août 2013 15:46

          Il va bien y avoir un moment où les salariés vont leur rentrer dans la gueule !!! A comprendre au premier degré !


          • Gabriel Gabriel 13 août 2013 16:37

            On commence ici à côtoyer des sommets dans la négation de l’individu. La prochaine étape sera le STO pour arriver enfin aux camps de travail version stalinienne ou hitlérienne. Il serait temps de combattre cette violence financière qui méprise l’homme et s’agenouille devant un veau d’or assassin… Jaja n’a pas tout à fait tord sur le premier degré.


            • adeline 13 août 2013 19:05

              Oui Gabriel, mais le peuple l’accepte,


            • subliminette subliminette 14 août 2013 09:06

              Dans le même genre, en France il y a les correspondants locaux de presse. Pas de contrat, pas de sécu, pas de vacances, virés d’une minute à l’autre, s’engageant à ne jamais prendre de vacances ni de week-ends, en théorie indépendants mais en réalité aux ordres du rédac chef. Et payés uniquement si leur article est publié. S’il est « oublié » tant pis, pas de paie, même s’il a été écrit à la demande du rédac chef.

              Spartacus, j’espère que je vous ai donné une bonne idée pour réaliser votre rêve : des esclaves gratuits !


              • spartacus spartacus 14 août 2013 09:10

                @subliminette

                Occupez vous de vos rêves. Pensez pas à la place des autres.

              • subliminette subliminette 14 août 2013 09:10

                Ah j’oubliais : ils doivent même écrire leur feuille de paie à la fin du mois.

                Spartacus arrêtez de baver !


              • alberto alberto 14 août 2013 09:36

                Salut ZEN !

                A force de retours dans le temps, à quand le rétablissement de la « corvée », puis du « servage » ?

                Super article...

                Bien à toi.

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