• jeudi 23 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Une autre idée de la colonisation grecque en Gaule
4%
D'accord avec l'article ?
 
96%
(25 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Une autre idée de la colonisation grecque en Gaule

Internet est un formidable accélérateur de la connaissance, d’ouverture et de liberté. Durant près de 30 ans, je me suis heurté à une technostructure archéologique qui refusait tout débat et voici qu’avec aujourd’hui Agoravox, je peux m’exprimer, échanger, me conforter ou me corriger, bref, avancer. Aventure passionnante que de découvrir, au lieu d’une Gaule qui n’est rien, qui n’existe pas, un pays à l’histoire antique riche de multiples facettes, ce que résume mon interlocuteur Antenor en une courte phrase : Atlas, Gorgones, Persée, Galatée, Hérakles et les Troyens, Tyriens, Pythgoriciens, Esséniens... ce ne sont pas les visites qui nous ont manqué (cf mon article du 27 juillet, questions au journal Le Monde).

Et n’oublions pas non plus la Grèce qui s’est implantée sur notre côte méditerranéenne bien avant les Romains.

Une sculpture ancienne dans la cathédrale de Vence. 

Le Baou est une montagne massive qui domine la ville de Vence. Montagne massive, impressionnante, terriblement mystique. ‘’Enchâssée’’ dans une colonne de sa vieille cathédrale, une petite sculpture à laquelle personne ne prête attention. Dans cette sculpture, c’est bien le Baou que le sculpteur a voulu représenter (voyez l’image suivante).
 
A l’intérieur de la montagne dont le sculpteur a ébauché le contour se trouvent un oiseau et son petit. Cet oiseau n’est ni un faucon phénicien, ni un aigle romain ; il s’agit d’une cigogne. Instruit par un texte de Platon dans lequel il est dit qu’une cité doit se conduire à l’égard de ses colonies comme un mère avec ses petits, j’identifie la cigogne à une cité-mère et le cigogneau à sa colonie : Vence.
 
Vence - qui vient d’être enfanté - se trouve à la fois dans un œuf – un œuf de cigogne – et dans une amphore agrémentée de deux anses (car elle reçoit sa nourriture par un ravitaillement envoyé par la cité-mère ?). Il s’agit là d’une représentation symbolique qui nous en dit autant, sinon plus, que n’importe quel écrit d’auteurs “étrangers”. Par le col de l’amphore, la mère cigogne nourrit son petit.
 

Question  : de quelle cité-mère les colons fondateurs de Vence étaient-ils originaires ? Autrement dit : quelle est la cité antique dont la cigogne était l’emblème, ou tout au moins l’oiseau protégé ?

Réponse  : il s’agit de la Thessalie, en Grèce. Il était défendu, en Thessalie, de tuer les cigognes, d’autant plus qu’elles délivraient les habitants des serpents. Et, en effet, c’est bien un serpent que le sculpteur a représenté sur le flanc gauche de la montagne évoquée. Et voilà que nous retrouvons ici, à Vence, le formidable secret ‘’gaulois’’ que j’ai extrait du sol de Gergovie (cf. mon Histoire de Gergovie et mes articles). De même que les Arvernes de Gergovie voyaient dans la montagne de La Serre qui les dominait, le mal (le serpent) et le bien (la salamandre), de même les colons fondateurs de Vence dans leur allégorie imagée du serpent et de la cigogne.

Le fameux Baou de Vence

Baou de Vence
 

Mon interprétation m’amène à repenser l’histoire de la région d’avant la conquête romaine.

Rappelons, tout d’abord, les centaines de milliers d’années d’évolution préhistorique qu’a connue la Côte d’Azur. Et puis, comme en d’autres lieux de la Gaule, il s’est passé quelque chose à Vence… bien avant l’arrivée des Romains. La population préhistorique locale n’a pu s’opposer à l’implantation des colons venus de Thessalie, mieux organisés et surtout mieux armés. Et c’est au pied du Baou, dans l’esprit d’une étonnante mythologie, que ces colons ont élevé un oppidum en bonnes et solides pierres, forme d’œuf de cigogne, … pour se protéger des autochtones.

Cet oppidum figure dans le plan de la ville. Il est désigné sous le nom de “cité historique”. Le temps passant, on a oublié son antique origine et on a attribué aux Romains et aux évêques tout un ensemble de constructions qui existaient déjà là, bien avant la conquête romaine.

Les habitants antiques de Vence – colons thessaliens – portaient le nom de Nerusii. Le pagus sur lequel ils exerçaient leur autorité correspond à ce que j’ai trouvé dans mes recherches sur les autres cités gauloises. Le village de La Gaude leur appartenait. Vaincus par les Romains vers l’an 6 avant J.C., leur nom figure sur le trophée d’Auguste à la Turbie.

Vence, son centre Historique

Vence Centre Historique
 
 

Le mot de Nerusii trouve son étymologie dans Nérée ; c’était un vieux dieu marin, doux et bienveillant dont les parents étaient Pontos (le Flot) et Gaia (la Terre). Il avait le pouvoir de changer de forme comme la plupart des divinités marines et des dons de voyance. Il épousa Doris, la fille d’Océan avec qui il eut cinquante filles : les Néréides. Personnifiant le mouvement rapide de la mer et ses aspects riants et bienveillants, ces Néréides étaient les nymphes de la mer. Au nombre de cinquante, elles formaient le cortège d’Amphitrite ou de Poséidon. Elles sont représentées par de belles jeunes filles, aux cheveux ornés de perles et montées sur des dauphins ou des chevaux marins. (cf. Mythologie gréco-romaine : Néréides).

Les Néréides étaient particulièrement honorées en Thessalie, au pied du Pélion, et sur les côtes de Laconie (confirmation de mon interprétation thessalienne).

A l’est du territoire des Nerusii, le golfe de Gênes était tenu par la très puissante cité des Ligures. Au centre de la Gaule, les Celtes régnaient sur de vastes confédérations depuis Gergovie et Bibracte, leur capitale située à Mont-Saint-Vincent. Ainsi s’explique que ces Nerusii aient pu être considérés, par erreur, par les auteurs anciens comme étant des Ligures dans une période où ils se trouvaient dominés par leurs voisins, ou des Celtes quand ceux-là intervinrent pour les soutenir contre les ambitions de la Marseille phocéenne alliée aux Romains.

Telle est mon autre idée de la Gaule, une Gaule de cités diverses et rayonnantes, à l’opposé des thèses anciennes et actuelles qui ne veulent voir dans les Ligures ou dans les Celtes que des ensembles de populations en retard d’évolution venues on ne sait d’où.

Dans cette Gaule, deux étonnantes capitales rivalisent avec n’importe quelle autre capitale du monde antique : Bibracte à Mont-Saint-Vincent, Gergovie au Crest.

Tel est mon plaidoyer en faveur d’une archéologie de bon sens que confirment les textes.

Cet article contient des extraits de mon huitième ouvrage non publié, la Gaule en héritage, écrit dans les années 1980




par Emile Mourey (son site) lundi 10 août 2009 - 39 réactions
4%
D'accord avec l'article ?
 
96%
(25 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 10 août 2009 13:33
    Emile Mourey

    @ Italiasempre

    Vous avez une vue idéaliste de l’Histoire, notamment de l’histoire romaine. Relisez Tite live et Dion Cassius et vous verrez que Rome s"est construite dans les guerres et dans le sang. Ce n’est pas de ma part une critique anti-romaine ; c’était ainsi. Ceci dit, cela ne doit pas nous empêcher de comprendre l’oeuvre des Romains mais sans pour cela minimiser celle des peuples que Rome a vaincus.

    Les Ligures étaient un des plus grands peuples barbares - ce qui ne veut pas dire qu’ils étaient des sauvages descendus des montagnes. Et ils n’étaient probablement pas inférieurs en civilisation par rapport aux Romains, sauf, je veux bien vous l’accorder sur le plan de l’art de la guerre.

    Pourquoi chercher de midi à quatorze heure ? La géographie a conservé leur nom sur la côte ligure et dans celui de la mer ligure. Quant aux autres témoignages antiques, ils indiquent seulement que leur puissance s’étendait sur toute la côte méditerranéenne occidentale jusqu’au jour où les conquérants romains ont imposée la leur.

  • Par Gasty (---.---.---.247) 10 août 2009 15:15
    Gasty

    C’est un plaisir en effet de lire Emile Mourey. Grace à lui, je m’interroge et j’observe avec un autre oeil, un oeil neuf. Et je suis stupéfait lorsque je vois à Barnenez (Finistère) qu’une bande de sauvages mal dégrossi aient pu en 4000 AV JC réaliser de monumentale édifices bien avant les pyramides.

    Bon ! c’est vrai que le Cairn de Barnenez, ce n’est pas du romain et c’est pas « Vu à la TV ».

  • Par italiasempre (---.---.---.19) 10 août 2009 14:02

    Voilà ce qui arrive quand on fait un usage erronée du politiquement correct.

    Bon sang, on vous a bien formatés pour réagir de la sorte...
    Consultez votre petit Robert pour le mot montagnard. 
    Et j’insiste, les Ligures etaient des montagnards.

    Mr Mourey, 
    j’ai n’ai nullement une vue idéaliste de l’histoire de Rome, à aucun moment je n’ai avancé l’idée que Rome c’était faite dans la joie, la tendresse et la bonne humeur.

    Et ils n’étaient probablement pas inférieurs en civilisation par rapport aux Romains, sauf, je veux bien vous l’accorder sur le plan de l’art de la guerre.

    Mr Mourey, les Ligures n’avaient même pas l’écriture.
    Vous seriez bien avisé de proceder à la lecture préalable des ouvrages que vous conseillez.

  • Par Emile Mourey (---.---.---.186) 10 août 2009 11:37
    Emile Mourey

    @ LE CHAT

    Voilà encore, avec Saint-Blaise, un témoignage capital à verser à la cause que je défends d’une Gaule antique aux multiples facettes, riche de vestiges et d’Histoire.

    Je ne suis pas un grand voyageur et c’est vraiment une exception que je me sois trouvé à Vence et que j’y ai vu cette petite sculpture qui, manifestement, a été enchâssée ainsi que d’autres fragments de sculptures... comme si on avait voulu garder le souvenir du bâtiment religieux antique qui a précédé la cathédrale... une petite sculpture dont on n’a vu ni l’antique origine ni sa signification. Les Français ont des yeux mais ils ne voient pas.

    Mais le plus impressionnant, c’est le pays ligure voisin et l’antiquité de ses constructions urbaines à la Dubout. Dommage que le temps m’ait manqué. J’aurais bien voulu comprendre comment s’est développée cette cité ligure, son rayonnement, son ancienne capitale, ses lieux saints et ses vestiges.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération