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Macronomics : le non-programme européen

Les élections françaises et allemandes sont des enjeux de politique intérieure pour tous Etats membres de l’Union européenne en raison du poids cumulés de ces deux pays. Ne prenons que les poids économique (50 % du PIB de la zone euro et 43 % de l’UE sans le Royaume-Uni) ou démographique (33 % de la population européenne hors UK) qui leur permet, en s’associant à deux « petits » pays de constituer une minorité de blocage. Evidemment, leur réelle influence est moins apparente, plus diffuse car il suffit que l’un des deux pays manifeste son opposition à un projet pour que celui-ci ne dépasse pas le stade du brainstorming.

Ce n’est donc pas un non-événement que le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron, et la chancellière sortante, Angela Merkel, se rencontrent la veille de la Fête nationale française et surtout en pleine phase d’effervescence de l’ « Europe » (ou plutôt la bulle du "Rond-Point Schuman", lieu de la capitale européenne emblématique des institutions, des think tanks et des ONG européennes).

Oui, il se passe des choses en Europe et concernant l’Europe. Dans l’indifférence de ses populations, plusieurs chantiers de long terme ont été ouverts récemment, que ce soit à l’occasion des 60 ans du Traité de Rome ou de la publication de plusieurs documents de réflexion de la Commission. Celle-cii invite notamment les Etats membres à se positionner et à lui donner le feu vert pour travailler concrètement sur des thèmes liés à la globalisation, l’Europe sociale, la zone euro, la défense, l’avenir des finances de l’UE.

L’arrivée d’Emmanuel Macron coïncide donc avec cette période qui ouvre une fenêtre d’opportunité pour reconfigurer l’Europe et qui pourrait se refermer en 2019 si les élections européennes confirmaient la montée des populismes. Le fait qu’il se soit dit « ouvert à un changement de traité » n’est pas à prendre à la légère car depuis le traumatisme causé par les « non » français et néerlandais au projet de traité constitutionnel de 2005, la révision des traités est un tabou, et ce même s’ils furent de fait ajustés à la marge lorsque fut créé le bras d’intervention financière de l’UE pour aider les pays dans l’oeil du cyclone de la crise (le mécanisme européen de stabilité via un amendement de deux lignes à l’article 136 du Traité).

La crise a d’ailleurs clairement mis en évidence les lacunes dans la conception et la gouvernance de la zone euro : les bulles immobilières, lorsqu’elles furent identifiées, ne furent pas réglées ; l’apparente convergence des Etats membres reposait sur un château de sable ; l’incapacité d’assurer le rattrapage des pays les moins riches et l’absence de mécanismes de solidarité envers ceux qui connaissent une traversée du désert sans que cela implique leur humiliation ; la mise en œuvre unilatérale de politiques nationales alors qu’elles produisent des effets transfrontaliers, etc.

La consolidation de la zone euro a fait l’objet de plusieurs bouteilles lancées à la mer ces dernières années. Qu’il s’agisse des propositions formulées par la Commission dès 2012, au groupe de haut niveau piloté par le président de l’UE de l’époque, Herman Van Rompuy, au dernier document de réflexion sur l’UEM en passant par le rapport dit des cinq présidents, on ne compte plus les textes qui tantôt embrassent la zone euro dans son ensemble, tantôt ciblent un aspect particulier comme la mutualisation d’une part des dettes publiques (un bon du Trésor de la zone euro pour rendre les coûts de financement et de remboursement moins onéreux en offrant aux investisseurs privés des titres sûrs). Et que de temps perdu !

Réformer la zone euro est un enjeu particulièrement important à plusieurs égards. Tout d’abord parce que l’état de l’économie est source de préoccupations pour bon nombre d’Européens, particulièrement dans la zone euro qui compte plus de citoyens à penser que la crise durera encore de longues années que les pays qui n’en sont pas membres (34 % vs 23 % ; (Eurobaromètre, p.100). Ensuite parce que, à part le Danemark (et le Royaume-Uni), tous les Etats membres devront rejoindre la monnaie unique ; ils n’ont pas négocié d’« opt-out ». La zone euro constitue donc bien le cœur de l’UE.

Deux faibles idées-forces

Macron s’inscrit dans l’ère du temps en avançant deux idées durant sa campagne présidentielle : il faut désigner un ministre des Finances de la zone euro et la doter d’un budget qui lui sera propre, distinct de celui de l’UE.

Ceci est très bien et va dans la bonne direction, sauf que l’on en est au stade des généralités. Parce qu’elles ne sont pas étayées, ces idées posent plus de questions qu’elles n’offrent de réponses.

Prenons le budget de la zone euro. Tout juste sait-on qu’Emmanuel Macron voudrait le dédicacer à des investissements d’avenir, à une assistance financière d’urgence (dans des cas « à la grecque ») et à des actions stabilisatrices de l’économie lors d’un choc. 

Bien. Mais concernant le volet « investissements d’avenir », cela ne créerait-il pas un doublon avec le Fonds Juncker (315 milliards € entre 2015 et 2018 et un doublement à partir de là), à moins que celui-ci ne doive être remanié ? Et quel type d’investissements viserait-on ? Qu’est-ce qui justifierait que les pays de la zone euro soient les principaux bénéficiaires de ces investissements alors qu’un certain nombre de pays hors zone euro sont à la traîne, en particulier en matière d’investissements en R&D ? Le même genre de questions se pose si on envisage la fonction « assistance financière d’urgence » de ce budget : remplacerait-il le Mécanisme Européen de Stabilité qui est le bras financier de l’UE pour soutenir les pays en difficulté ? Quant au volet « stabilisation de l’économie », enfin, quelle forme prendrait-il ? S’agirait-il d’un fonds d’assurance chômage européen, idée régulièrement évoquée depuis qu’un ancien Commissaire à l’Emploi, Laszlo Andor, l’avait sortie de son chapeau en toute fin de mandat ?

Mais surtout, quelle serait la taille de ce budget de la zone euro (on estime que pour jouer un effet stabilisateur de l’ordre de 1 % du PIB, il faudrait un budget de 4 % du PIB de la zone euro) ? Et comment serait-il alimenté ? Serait-il abondé par une taxe européenne nouvelle (prélevée sur quoi ?) ou par de nouvelles contributions nationales ? Quel serait son lien avec le budget de 1.000 milliards d’euros pour l’ensemble de l‘UE (1 % du PIB européen par an, 2014-2020) ? La contribution des Etats membres de la zone euro au budget européen serait-elle rabotée alors ou bien devraient-ils cotiser aux deux budgets auxquels cas, cela créera des problèmes en termes de respect des obligations budgétaires prises dans le cadre du Pacte de Stabilité et de Croissance ?

Enfin, dans quel délai Macron escompte-t-il la mise en place dudit budget ? Les prochaines élections européennes de 2019 ne permettent pas une mise en œuvre rapide : aucune proposition ne pourra être étudiée et amendée par les eurodéputés d’ici là. De toute façon, on voit mal comment, presque ex nihilo, la Commission, qui marche sur des œufs lorsque l’on parle gros sous, pourrait déposer dans un avenir pas trop éloigné une proposition législative qui ne soit pas torpillée d’emblée par les Etats membres dont l’unanimité sera requise.

Enfin, dans sa conception des choses, Emmanuel Macron voudrait que l’accès au budget de la zone euro soit conditionné au respect de règles budgétaires et sociales, l’objectif étant ici de lutter contre le dumping social. Mais quel(s) critère(s) prendre en compte ? On sait que Macron était remonté contre la directive sur le détachement des travailleurs qui ne protège pas suffisamment les salariés français. La Commission en a proposé une version amendée il y a quelques mois. Est-ce à cela qu’il fait implicitement référence, ou bien à la fixation d’un salaire (ou revenu) minimum permettant à chacun de vivre de manière décente ? Nul ne le sait. D’ailleurs, on est en droit de se demander si en matière de lutte contre la concurrence déloyale, la priorité de Macron ne devrait se situer sur le terrain fiscal, les scandales à répétition (Wikileaks, Luxleaks, Panamaleaks…) ayant révélé les carences de l’UE en la matière. Certes, lors de sa rencontre avec Merkel, les deux chefs d’Etat se sont engagés à adopter d'ici la fin de l'année une position conjointe concernant le projet d’assiette commune d’impôt sur les sociétés. Trois bémols toutefois : ce projet ne concernerait que les multinationales réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros, un seuil tel que 90 % des grandes entreprises internationales y dérogeraient ! (NB. Ce seuil faisait aussi débat dans un autre dossier législatif) ; il n’est nullement question de fixer un taux d’imposition minimum ; la crédibilité de l’engagement est douteuse car il y a 6 ans, Sarkozy et la même Merkel prenaient le même engagement dans la perspective d’une entrée en vigueur en… 2013. 

Seconde grande idée de Macron : il souhaite la création d’un Ministre de l’Economie et des Finances de la zone euro, responsable du budget de la zone euro et rendant des comptes devant un Parlement de la zone euro. L’ambition est louable. Mais quelles seraient les compétences de ce Ministre : pourrait-il retoquer le projet de budget d’un pays parce que celui-ci ne serait pas conformes à la trajectoire budgétaire convenue avec la Commission ? Ce Ministre serait-il un super Commissaire européen ou relèverait-il du Conseil des ministres de l’Economie et des Finances ? Ou encore, s’agirait-il d’un hybride du type « vice-Président de la Commission et Président du Conseil EcoFin » à la manière du Haut Représentant en charge des Affaires extérieures ? Quel contrôle ou supervision le Parlement européen exercerait-il sur cette fonction ? La question n’est pas que purement institutionnelle puisque, in fine, il s’agit d’asseoir la légitimité de l’individu en question et des décisions qu’il prend, légitimité qui devra être inattaquable dès lors que ce Ministre pourra intimer à un gouvernement national de lui présenter un autre projet de budget. Afin d’éviter l’écueil consistant à accorder une priorité excessive aux questions budgétaires, quelles seront ses relations avec les autres Commissaires, en particulier ceux en charge des Affaires sociales et de la lutte contre les changements climatiques, enjeux qui nécessitent de mobiliser des sommes colossales si l’on veut s’y attaquer sérieusement. 

Le candidat Macron était raillé pour les zones d’ombre de son (non-)programme durant la campagne. On découvre, aujourd’hui que le Président Macron occupe l’avant-plan de la scène internationale, que le dossier européen n’était pas plus limpide. Le flou entourant l’attitude de Macron à l’égard de l’UE et singulièrement de la zone euro ne s’est d’ailleurs pas dissipé comme on a pu s’en apercevoir à l’occasion de son discours au Congrès de Versailles au début du mois de juillet Certes, le passage consacré à l’Europe fut plein de souffle. Mais qui dit souffle dit air et qui dit air dit vide. Au lieu de préciser sa pensée, il avança un nouveau processus au titre pompeux de « conventions démocratiques » qu’il veut lancer partout, avec Angela Merkel « d’ici la fin de l’année ». C’est ignorer un peu vite le « « détail » des élections fédérales de la fin septembre, même si, à l’heure d’écrire ces lignes, Angela Merkel devance de 10 points son challenger social-démocrate, Martin Schulz. Ce concept tombé comme un cheveu dans la soupe programmatique n’est à nouveau pas étayé et sa finalité reste mystérieuse.

"Les pays de l’Europe pour lesquels celle-ci ne se réduit pas au marché, mais dessine un espace où une certaine idée de la valeur de l’homme, et l’exigence de justice sociale, sont reconnus comme prééminents, doivent se ressaisir d’un projet décisif et s’organiser en conséquence, fût-ce au prix d’un examen sans complaisance de notre fonctionnement actuel. Il revient à la France d’en prendre l’initiative. Je souhaite le faire grâce et par le travail étroit que j’ai d’ores et déjà engagé avec la Chancelière d’Allemagne. D’ici la fin de l’année, sur cette base, nous lancerons partout en Europe des conventions démocratiques.” (Discours au Congrès de Versailles, 3 juillet 2017)

Un volontarisme à la Sarkozy

Quant à la forme, on semble reconnaître le style volontariste de Nicolas Sarkozy qui ne s’embarrassait pas du protocole lorsque Macron déclare que « la construction européenne est fragilisée par la prolifération bureaucratique et par le scepticisme croissant qui en découle. Je crois fermement à l’Europe, mais je ne trouve pas ce scepticisme injustifié. Je vous propose de reprendre de la hauteur, de sortir de la tyrannie des agendas et des calendriers et des méandres de la technique. »

L’un dans l’autre, des idées brouillonnes avec une démarche trop cavalière, sont un cocktail conduisant n’importe quel projet d’intérêt général à rester dans les cartons. Or, Yanis Varoufakis et d’autres n’ont pas nécessairement tort quand ils prophétisent la désintégration de l’UE en 2025 si celle-ci ne change pas rapidement et radicalement de cap. D’ailleurs, lorsqu’il accéda à la présidence de l’exécutif européen, Juncker était assez proche de partager ce constat il présenta alors sa Commission comme celle « de la dernière chance ».

Au regard de l’influence de la France et de l’Allemagne sur l’ensemble de l’Europe, Emmanuel Macron et Angela Merkel ou son successeur ne peuvent se permettre d’échouer, de faire échouer l’UE, sinon le terrain européen sera un tremplin de choix pour la conquête du pouvoir par l’extrême-droite dans ces pays et les autres. Or, dans ce contexte de réflexions existentielles et sans même avoir abordé le contenu même des politiques sociales, environnementales ou économiques, le style Macron qui n’est pourtant pas un novice sur la scène européenne puisqu’il siégea pendant près de deux ans au Conseil n’invite guère à l’optimisme.

Cette opinion fut initialement publiée sur le blog de l'auteur : http://www.revuenouvelle.be/-Delits-d-inities-


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7 réactions à cet article    


  • chantecler chantecler 15 juillet 10:41

    Bof !
    Il me semble que mettre ensemble l’Allemagne et la France comme locomotives de l’Europe est une erreur .
    Seule l’Allemagne domine dans ce chantier et semble faire la loi .
    L’Union européenne est allemande .
    J’ai lu il y a peu d’ailleurs qu’en 1900 le RU rétrocédait la troisième place devant les USA et l’Allemagne ...
    La puissance de la grande Allemagne est incontestable .
    Ce qui explique d’ailleurs qu’elle ait pu alimenter deux conflits mondiaux ...
    Bref ce que que vous expliquez je n’y crois plus .
    Suis-je un populiste pour autant ?
    Je revendique un souverainisme , des nations qui font des transactions commerciales , financières entre elles mais qui gardent le contrôle des échanges, qui s’autorisent à pratiquer un peu de protectionnisme pour tenter de reconstruire le tissu industriel mis à mal .
    Ce qui a toujours été pratiqué dans l’histoire : la partie nord des USA ont pratiqué ce protectionnisme pour mettre en place et conforter sa production industrielle .
    Naturellement ensuite arrivée au top elle a revendiqué le « libre-échange » : elle avait tout à y gagner et les guerres citées ont été un fameux accélérateur .
    Alors que l’Europe se suicidait .
    Sauf l’Allemagne qui mieux gouvernée , dirigée sans doute est redevenue la puissance que l’on sait .
    Notre pays est devenu un petit pays satellite , comme bien d’autres .
    Et une majorité de gens vont apprendre à boire le bouillon .
    Il ne peut y avoir que des gagnants .
    Mais on aurait pu , je le pense , limiter la casse .


    • zygzornifle zygzornifle 15 juillet 11:41

      avec Merkel-Macron l’Europe va prendre un grand virage libéral et anti-social .....


      • benyx 15 juillet 12:41

        L’Europe aurait du créer il y a 30 ans une zone économique protégée, avec une uniformité des salaires, une indépendance monétaire et militaire et une politique keynésienne, n’en déplaise aux libéraux. Si cela ne s’est pas fait, cela ne se fera jamais, croire que l’on peut changer les choses de l’intérieur est une illusion, illusion d’autant plus forte que l’Europe est un agrégat de peuples très différents.


        • maQiavel maQiavel 15 juillet 15:47

          Cet article part d’un postulat erroné : l’existence du fameux couple franco –allemand qui n’existe que dans la tête des élites françaises et de leurs dépendants. Les élites allemandes, elles, pensent en termes de Puissance.

          A noter qu’au premier conseil européen, Macron s’est pris une déculotté de la part de la chancelière, ce que la presse s’est employé à dissimuler : les demandes françaises ont été rejetées, que ce soit sur les travailleurs détachés ou la Chine.

          Quant à l’eurozone, la crise de l’Euro est avant tout une crise issue de l’hétérogénéité des économies, hétérogénéité qui s’accroît naturellement dans un système de monnaie unique et avec une politique monétaire uniforme en l’absence de flux de transferts massifs, et qui débouche sur une crise majeure de compétitivité qui elle-même engendre une montée des déficits. En réalité, la stratégie allemande a consisté à chercher à développer systématiquement la compétitivité de son économie et à empêcher les autres pays, qui ne jouissent pas d’une même dotation en ressources, à faire de même par des dévaluations progressives. L’Allemagne est la grande bénéficiaire de la zone Euro car elle réalise plus de la moitié de ses excédents commerciaux au sein de la zone, qu’elle veut maintenir sans en payer le prix. Quand bien même on effacerait toutes les dettes que nous ne tarderons pas à les voir se reformer en raison des écarts de compétitivité (ça, c’est pour la fameuse idée de mutualisation d’une part des dettes publiques).

          Concernant la fameuse solidarité européenne, un système fédéral implique des transferts importants entre régions à haute compétitivité et régions à basse compétitivité, ces transferts impliqueraient de 8% à 12% du PIB pour l’Allemagne. Qui peut penser qu’il est crédible d’attendre de l’Allemagne un tel sacrifice ?  smiley

          La gestion de cette hétérogénéité est impossible dans le cadre d’une monnaie unique car elle implique des sacrifices financiers bien trop importants pour l’Allemagne. Dès lors, on peut comprendre la stratégie de Merkel qui cherche à obtenir un droit de contrôle sur les budgets des autres pays mais qui se refuse à envisager une « union de transferts » qui serait cependant la forme logique que prendrait une structure fédérale pour la zone Euro. L’Allemagne paiera un peu, mais pas au point de mettre en danger son économie, et par cela espère sauver l’euro qui lui rapporte beaucoup (ou plus précisément qui rapporte beaucoup à ses entreprises…), mais elle a mis une limite implicite à ce qu’elle peut débourser. L’Allemagne souhaite par dessus tout le statu-quo : les Allemands sont en réalité d’accord pour un soutien financier aux autres pays de la zone euro, mais pas pour un soutien économique, la distinction entre ces deux crises est très claire chez les dirigeants allemands. Ils considèrent que la crise de la dette est un problème collectif, mais que la crise de compétitivité n’est que du ressort des États !


          • maQiavel maQiavel 15 juillet 15:48

            l convient donc de tirer toutes les conséquences de ceci : la solidarité fédérale n’est pas possible et il est sans objet de disserter sur le fait de savoir si elle serait une bonne ou une mauvaise solution. Il ne reste donc que deux possibilités : soit l’appauvrissement rapide des pays du « sud » de la zone Euro et de la France, soit la dissolution de la zone euro pour permettre les réajustements nécessaires sans recourir à des transferts massifs.

             

            Cette idée de dissolution paralyse la classe politique française qui se gargarise de l’expression « couple franco-allemand », et pour laquelle l’euro est devenu une sorte de totem alors que la classe dirigeante allemande a t intégré que l’euro zone est un espace de guerre économique nécessitant une stratégie d’accroissement de puissance. Donc, ce sera l’appauvrissement.

            Et le pire, c’est que la plupart de ceux qui rêvent de fédéralisme européen vireront germanophobe, comme si c’était de la faute des élites allemandes de voir le monde tel qu’il est et de ne pas se laisser aller à des bisounourserie sans queue ni tête. 


          • bob14 bob14 16 juillet 08:22
            A elle seule, l’Allemagne réunit 16% de la population européenne, suivie de la France (13,1%)...soit 29,1%..ou voyez vous la moitié de l’UE avec ces deux pays ?
            510,1 millions d’habitants...pour 28 pays... !

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