Cet article part d’un postulat erroné :
l’existence du fameux couple franco –allemand qui n’existe que dans la tête des
élites françaises et de leurs dépendants. Les élites allemandes, elles, pensent
en termes de Puissance.
A noter qu’au premier conseil européen, Macron
s’est pris une déculotté de la part de la chancelière, ce que la presse s’est
employé à dissimuler : les demandes françaises ont été rejetées, que ce soit sur les travailleurs
détachés ou la Chine.
Quant à l’eurozone, la crise de l’Euro est avant tout une crise issue de
l’hétérogénéité des économies, hétérogénéité qui s’accroît naturellement dans
un système de monnaie unique et avec une politique monétaire uniforme en
l’absence de flux de transferts massifs, et qui débouche sur une crise majeure
de compétitivité qui elle-même engendre une montée des déficits. En réalité, la stratégie allemande a consisté à chercher à développer
systématiquement la compétitivité de son économie et à empêcher les autres
pays, qui ne jouissent pas d’une même dotation en ressources, à faire de même
par des dévaluations progressives. L’Allemagne est la grande
bénéficiaire de la zone Euro car elle réalise plus de la moitié de ses
excédents commerciaux au sein de la zone, qu’elle veut maintenir sans en payer
le prix. Quand bien même on effacerait toutes les dettes que nous ne tarderons pas
à les voir se reformer en raison des écarts de compétitivité (ça, c’est pour la
fameuse idée de mutualisation d’une
part des dettes publiques).
Concernant la fameuse solidarité européenne, un système fédéral implique des transferts importants entre régions à
haute compétitivité et régions à basse compétitivité, ces transferts
impliqueraient de 8% à 12% du PIB pour l’Allemagne. Qui peut penser qu’il est
crédible d’attendre de l’Allemagne un tel sacrifice ? 
La
gestion de cette hétérogénéité est impossible dans le cadre d’une monnaie
unique car elle implique des sacrifices financiers bien trop importants pour
l’Allemagne. Dès lors, on peut comprendre la stratégie de Merkel qui cherche à
obtenir un droit de contrôle sur les budgets des autres pays mais qui se refuse
à envisager une « union de transferts » qui serait cependant la forme
logique que prendrait une structure fédérale pour la zone Euro. L’Allemagne paiera un peu, mais pas au point de mettre
en danger son économie, et par cela espère sauver l’euro qui lui rapporte
beaucoup (ou plus précisément qui rapporte beaucoup à ses entreprises…), mais
elle a mis une limite implicite à ce qu’elle peut débourser. L’Allemagne
souhaite par dessus tout le statu-quo : les
Allemands sont en réalité d’accord pour un soutien financier aux autres pays de
la zone euro, mais pas pour un soutien économique, la distinction entre
ces deux crises est très claire chez les dirigeants allemands. Ils considèrent
que la crise de la dette est un problème collectif, mais que la crise de
compétitivité n’est que du ressort des
États !