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Accueil du site > Actualités > International > L’impasse arménienne

L’impasse arménienne

L'Arménie est dans une situation inextricable. Depuis le génocide de 1915, toute trace des Arméniens a été effacée en Turquie ; Staline a savamment organisé le noeud gordien ethnique dans la région. Les minorités ethniques bouillonnent dans chaque vallée. Le pays est enclavé, sans ressources énergétiques, à la merci de ses voisins. L'économie et la politique étant livrées aux mafieux qui tiennent le pays depuis la fin de l'URSS, la seule opportunité reste l'exil. Un tiers de la population vit à l'étranger.

Tout le monde est passé par la région caucasienne où s'est formée l'Arménie historique. Aujourd'hui, après bien des épreuves, le pays est réduit à une minuscule enclave montagneuse au climat rude, sans débouché maritime. La moitié des Arméniens vivent en dehors des terres ottomanes de leurs ancêtres, Erevan est leur dernier lien avec l'Arménie. Même réduite, l'Arménie gêne encore. Depuis sa formation, vers le VIe siècle avant Jésus-Christ, tout le monde a cherché à la rayer de la carte. Les Byzantins l'ont combattu. Les Romains, les Arabes puis les Turcs seldjoukides l'ont dominé, comme les Ottomans ou les Perses et, maintenant, les Russes. Chacun a voulu effacer politiquement les Arméniens de l'Histoire. Les Turcs ont voulu carrément les exterminer à partir de la fin du 19e siècle et surtout en 1915.

Aujourd'hui, dans ce qui reste de vallées escarpées, la situation reste compliquée : des Arméniens subsistent sur les territoires azéris (Nagorny-Karabagh) et géorgiens (Djavakhétie) voisins et ils continuent à revendiquer leur autonomie. Cette revendication fâche l'Azerbaïdan et la Géorgie. La Turquie islamiste d'Erdoghan, quant à elle, est moins que jamais disposée à présenter des excuses aux Arméniens pour le génocide qu'elle a commis en 1915. La situation est bloquée, même si le voisin iranien, qui s'est calmé depuis les excès de la révolution islamique de 1979, reste neutre. Pour l'instant, en échange du contrôle économique et politique du pays, Moscou garantit la sécurité des frontières. Le pays, très enclavé, est miné par la corruption.

La vie politique arménienne est chaotique. Le 27 octobre 1999, un commando fait irruption dans l'assemblée nationale et assassine le premier ministre Vazgen Sargsian ainsi que sept autres hommes politiques. Depuis la révolution de velours de mai 2018, où la population était descendue dans la rue pour chasser ces dinosaures politiques, souvent d'anciens cadres communistes de l'ère soviétique, qui s'accrochent, le journaliste Nikol Pachinian a été nommé premier ministre. La tâche de cet homme courageux, qui doit composer avec un parlement largement tenu par des chefs mafieux et Moscou qui tient le pays sous sa botte, est difficile...

https://wkergroach.blogspot.com/


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66 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 30 août 10:08

    « il me semble que la misère serait moins pénible au soleil »

    signé : un Arménien


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 30 août 10:10

       « Depuis la révolution de velours de mai 2018,   »

      de quelle couleur, le velours ?


      • kimonovert 30 août 14:18

        ...du gant de velours qui cache une main de fer !


        • njama njama 30 août 15:23

          le pays est réduit à une minuscule enclave montagneuse au climat rude, sans débouché maritime.

          L’Arménie est presque aussi grande que la Belgique, et 1,34 fois plus grande que Israël.

          Il y a 44 pays dans le monde sans accès au littoral ce qui n’est pas une impasse économique.


          • harpe harpe 31 août 16:05

            @njama
            « n’est pas une impasse économique. ».Non !

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_sans_littoral

            « L’absence d’accès direct à la mer est un inconvénient : cela coupe le pays des ressources maritimes comme la pêche, mais surtout du commerce maritime, important pour le commerce international.

             »


          • njama njama 31 août 16:55

            @harpe
            si c’est vital raison de plus pour s’entendre avec ses voisins (Géorgie, Turquie, Iran)  smiley


          • harpe harpe 31 août 21:56

            @njama
            l’Armenie s’entend avec L’Iran

            .


          • njama njama 1er septembre 00:03

            @harpe
            l’Armenie s’entend avec L’Iran

            Vous m’en voyez ravi, mais pas sûr que pour le coup et par les temps qui courent elle ne se fasse que des amis pour ses empathies persanes.


          • njama njama 30 août 15:56

            Le génocide de 1915... il faudrait laisser les historiens s’occuper de cette page d’histoire contestée par la Turquie...

            ARMENIAN CLAIMS AND HISTORICAL FACTS
            QUESTIONS AND ANSWERS Center for Strategic Research – 2007 ANKARA - Download The Full Document Here (PDF 73 pages)
            C O N T E N T S
            Questions And Answers
            1 : Was Eastern Anatolia The Original Homeland Of The Armenians ?
            2 : Did The Turks Take The Lands Of The Armenians By Force ?
            3 : Have The Turks Always Attacked And Misruled Armenians Throughout History ?
            4 : Did The Turks Really Try To Massacre The Armenians Starting In The 1890’s ?
            5 : What Is Meant By The Term « Genocide » ?
            6 : Did The Turks Undertake A Planned And Systematic Massacre Of The Armenians In 1915 ?
            7 : Did Talat Pasha Send Secret Telegrams Ordering Massacres ?
            8 : Did 1,5 Million Armenians Die During World War I
            9 : Is The Sevres Agreement Still In Force ?
            10 : What Are The Circumstances Under Which The Armenians Of Turkey Live ?
            11 : How Do You Describe The Current State Of Affairs Between Turkey And Armenia ?
            Armenian Terrorism A Chronological List
            Declaration Made By American Academicians
            Was Eastern Anatolia The Original Homeland Of The Armenians ?
            Bibliography . .



            • alinea alinea 30 août 16:07

              @njama
              Excuse moi d’être à côté de la plaque, mais aurais-tu sous le coude des articles sur la manière dont Bachar el Assad traitait les minorités en Syrie avant 2011 ; instrumentait-il et attisait-il les conflits communautaires ?
              Penses-tu qu’il y ait danger pour le Rojava au nord est du pays ?
              par avance merci !!!


            • Nayrath 30 août 20:10

              @njama

              Comme tu le dis si bien toi même il faut laisser les historiens se charger de cette histoire, les vrais historiens sur de vrais sites d’histoire pas les torchons que tu as posté. Donc tu ranges ta malhonnêteté intellectuelle et eu lieu de nous poster des liens vers des sites écrits par des turcs,vas lire des sources bibliographiques international, et tu verras ce que disent les vrais historiens. Ah et en fait, le premier lien que tu as posté,on peut savoir que a écrit ce livre ? Il y a de nombreux affirmations historiques mais c’est dommage qu’ils aient pas mis les noms des historiens qui ont fait ces recherches parce que on peut pas vérifier si c’est vrai du coup ....breeeef bien tenté mais tu berneras que les gens comme toi, les gens avec un minimum d’esprit critique ne se feront pas avoir.


            • njama njama 31 août 10:42

              @Nayrath
              C’est une publication du Center for Strategic Research – 2007 ANKARA

              voir ci-dessous mes réponses à Lanla


            • Lanla 31 août 00:08

              @Njama

              Hello, Njama, autant parfois vous avez de très belles sources d’informations, autant sur cette histoire, vous vous faites grandement manipuler par les turcs.

              De nombreuses personnes sont payées par le gouvernement turc pour réécrire l’histoire.

               Le gouvernement turc a changé l’alphabet après le génocide (c’était un alphabet arabe) pour que les archives soient difficilement accessibles aux intellectuels qui arriveraient après, il a fait construire sur des terrains dont il ne possède aucun titre de propriété, car ceux ci sont encore détenus par les familles des arméniens rescapés du génocide.

              Les Arméniens (ainsi que d’autres minorités religieuses) ont été génocidés parce qu’ils n’étaient pas musulmans mais chrétiens et refusaient de se convertir à l’Islam après plusieurs centaines d’années d’exactions et humiliations de toutes sortes (interdiction d’accéder à certaines professions, obligations de comportements spécifiques, etc...). Tout cela a donné de belles idées à un dictateur allemand H. qui a prononcé « qui se souvient des Arméniens ? » pour justifier son génocide suivant.

              Pour finir, l’argent des arméniens décédés a permis d’asseoir les gouvernements turcs successifs. La définition du génocide s’est faite en étudiant le génocide arménien, mais vous nous prouvez que c’est un très bel exemple d’une propagande parfaitement réussie.


              • njama njama 31 août 10:18

                @Lanla
                Merci pour votre attention à mon commentaire.
                Je voulais profiter du sujet pour faire connaître la position turque, diplomatique et très officielle s’il en est puisque le site « mba.gov.tr » est celui du ministère des Affaires étrangères de la Turquie.
                De là nous pouvons supposer que la plupart des chancelleries y compris des institutions internationales, Union €uropéenne, ONU, ont toutes reçu ce document peu connu du grand public qui cite entre autres des sources arméniennes qui ne correspondent pas au story-telling du génocide dans lequel les Arméniens auraient été en quelque sorte des enfants de chœur. Ne considérer que 1915, c’est tronquer l’histoire, la révolte arménienne commence vers 1890 principalement par des actes terroristes dans le contexte plus global de la tentative de démantèlement de l’empire ottoman par les forces impériales russe, anglaise, française.

                BIBLIOGRAPHY Page 70

                du PDF cite une cinquantaine de sources diverses dont certaines arméniennes.
                La DECLARATION MADE BY AMERICAN ACADEMICIANS voir pages 63 à 70 du PDF reprend la publication du New York Times Sunday, May 19, 1985, signée par une soixantaine d’universitaires qui expose les raisons pour lesquelles « la question arménienne » ne pourrait être close puisque de nombreuses archives ne sont pas encore accessibles aux historiens :

                « Statesmen and politicians make history, and scholars write it. For this process to work scholars must be given access to the written records of the statesmen and politicians of the past. To date, the relevant archives in the Soviet Union, Syria, Bulgaria and Turkey all remain, for the most part, closed to dispassionate historians. Until they become available, the history of the Ottoman Empire in the period encompassed by H.J. Res. 192 (1915-1923) cannot be adequately known.

                We believe that the proper position for the United States Congress to take on this and related issues is to encourage full and open access to all historical archives and not to make charges on historical events before they are fully understood. Such charges as those contained H.J. Res. 192 would inevitably reflect unjustly upon the people of Turkey and perhaps set back progress irreparably. Historians are just now beginning to achieve in understanding these tragic events. »



              • njama njama 31 août 10:39

                @Lanla
                Les Arméniens (ainsi que d’autres minorités religieuses) ont été génocidés parce qu’ils n’étaient pas musulmans mais chrétiens et refusaient de se convertir à l’Islam après plusieurs centaines d’années d’exactions et humiliations de toutes sortes (interdiction d’accéder à certaines professions, obligations de comportements spécifiques, etc...).

                Vous devriez nous dire de quelle source vous avez tiré de telles allégations ! car si vous pensez qu’elles auraient pu être la cause d’exterminations d’arméniens ottomans, c’est que vous êtes très inculte sur cette page d’histoire dans laquelle la religion n’a absolument rien à voir.
                Dans l’effervescence de tous les nationalismes dans la seconde moitié du XIX° siècle les Arméniens du sultanat avaient espéré accéder à une indépendance nationale, et rêvaient même de restaurer une Grande Arménie qui aurait relié les deux mers, de la mer noire à la Caspienne... c’est à dire de Erzurum à Bakou (Azerbaïdjan)
                Pour ce faire ils sont rentrés ouvertement et avec une grande ardeur dans la lutte armée avec en sous-main les aides impériales, un peu comme aujourd’hui les terroristes islamistes en Syrie ont été aidés et armés par des puissances étrangères.

                FRA Fédération révolutionnaire arménienne
                La FRA-Dachnak dans l’Empire ottoman (1890-1919)

                Le Dachnak fut fondé en 1890 à Tiflis (actuelle Tbilissi en Géorgie), en tant qu’organisation socialiste1. Ses fondateurs étaient le marxiste Christapor Mikaelian, le populiste Stepan Zorian (dit Rostom) et le bakouniniste Simon Zavarian. Leur objectif est l’émancipation de l’Arménie ottomane. Le Dachnak n’appelait pas à l’indépendance, mais à des réformes. C’était néanmoins une organisation révolutionnaire, qui organisa des actions armées. La plus connue est la prise d’otages à la Banque impériale ottomane à Constantinople en 1896. D’autres actions ont lieu contre la politique ottomane, comme celles menées par le commandant Vardan. Cette même année, le Dachnak participe comme observateur au quatrième Congrès de la Deuxième Internationale socialiste et y présente son programme.
                Mikael Varandian, ancien dirigeant de la FRA-Dachnak, écrit : « Il n’y a peut-être jamais eu de parti révolutionnaire qui ait une aussi riche expérience des méthodes terroristes que la FRA. […] Le Dachnak a produit les caractères les plus forcenés du terrorisme, et formé plusieurs centaines de maîtres du pistolet, de la bombe et du poignard2. » Toutefois, « La stratégie insurrectionnelle ou subversive utilisée par les deux partis révolutionnaires arméniens [Dachnak et Hintchak] au cours des années 1890-1896 débouche sur la répression, non sur l’intervention souhaitée des Puissances comme ce fut le cas naguère pour la Bulgarie (1878). Les partis révolutionnaires arméniens mesurent mal les paramètres de la politique d’équilibre entre les Puissances (rivalité anglo-russe) et la situation géopolitique des communautés arméniennes3. » La FRA subit de nouveaux échecs en 1905 : son principal fondateur, Christapor Mikaelian, se tue en manipulant une bombe destinée à tuer le sultan4, une deuxième tentative d’assassinat échoue à son tour (non sans tuer une quarantaine de passants) et les « dépôts de dynamite destinés à faire sauter les édifices gouvernementaux » sont découverts à Izmir ; puis, en 1908, une trahison conduit à la saisie d’« un millier de nos fusils, un million de cartouches et une quantité considérable de matières explosibles5. »

                https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_r%C3%A9volutionnaire_arm%C3%A9nienne


              • njama njama 31 août 09:44

                @alinea

                Pour ce que j’en ai vu en 2009, ce que j’en ai appris ensuite les oppositions confessionnelles en Syrie n’ont existé que dans la presse occidentale depuis 2011. Il fallait donc trouver dans le régime syrien pris en la personne de Bachar des opposants politiques de longue date et des intentions machiavéliques (qui ne correspondent en rien au personnage).

                Néanmoins avant cette pseudo-révolution localement dans certaines villes certaines mosquées sunnites s’étaient radicalisées sous l’influence de certains prédicateurs salafistes. La récente mosquée Ar-Rahman à Alep (construite en 1994) était par exemple beaucoup plus bruyante et agitée que la grande mosquée Omeyyades qui était un océan de sérénité et de convivialité.

                Bachar al-Assad est lui-même d’une minorité alaouite, ce serait un non-sens politique pour lui d’essayer de manipuler les minorités religieuses en Syrie. De plus son épouse Asma est d’une grande famille sunnite de Homs. Les chrétiens de Syrie, arméniens compris soutiennent très majoritairement le régime syrien. Les arméniens d’Arménie ont d’ailleurs été les premiers à faire parvenir de l’aide alimentaire et humanitaire en Syrie en 2011.

                La ligne politique du parti Baas est panarabe, et les fondateurs du panarabisme sont surtout les chrétiens d’orient, du Liban, de Syrie, ...qui en étaient largement inspirateurs et parties prenantes de la Nahda
                 
                «  La Nahda a été initiée notamment par les familles maronites Al-Boustani (surtout par Boutros al-Boustani, fondateur de la Al-Medrassa al-watania, l’École nationale, en 1863) et Al-Yaziji, importatrice du modèle européen de scolarisation).

                Une autre famille syrienne, les Marrash, de confession melchite contribua au développement de la Nahda. Francis Marrash fut l’un des premiers représentants syriens de la Nahda, avec Ghabat al-haqq, considéré comme le premier roman moderne arabe, roman allégorique aux idées rousseauistes. Il influença les écrivains des XIXe et XXe siècles, notamment Khalil Gibran, et fut un précurseur du nationalisme arabe. Il prône entre autres une modernisation des écoles arabes, une séparation de l’État et de la religion, la libération féminine, exprimant l’optimisme européen du XVIIIe siècle. Il introduit aussi un renouveau stylistique dans son œuvre poétique. Sa sœur Maryana Marrash incarnait la libération féminine : ayant réintroduit la tradition des salons littéraires dans le monde arabe, elle fut aussi la première femme à écrire dans la presse arabe »


                • njama njama 31 août 12:29

                  @alinea
                  Pour ce qui est des manipulations qui auraient conduit à des conflits communautaires dans la région ottomane, au plus loin leur origine remonte à « L’Affaire de Damas » en 1840, une sorte d’affaire Dreyfus.

                  Résumé : Un crime, une accusation du Consul de France, sans aucune preuve que des aveux extorqués sous la torture.

                  Le 5 février 1840 dans le quartier chrétien de Damas, le Père Tommaso da Calangiano1 (1777-1840), un moine d’origine sarde, de nationalité française, frère mineur capucin, et son domestique, Ibrahim Amarah, disparaissent sans laisser de traces. Le moine étant français, le consul de France à Damas, Ratti-Menton, supervise l’enquête, confiée aux autorités égyptiennes qui administrent alors la Syrie. Le consul de France et la police se fient à la rumeur publique qui accuse les Juifs de Damas d’avoir tué rituellement le moine et son domestique, afin de récupérer leur sang pour le repas de la Pâque.
                  ...
                  L’affaire a eu d’importantes répercussions internationales. Elle lance le coup d’envoi de l’antisémitisme moderne, selon Rina Cohen 2. Elle sert de « point de départ à la constitution des organisations internationales de défense des Juifs, à commencer par l’Alliance israélite universelle » (fondée en 1860), selon Léon Poliakov

                  -----------

                  L’affaire de Damas et les prémices de l’antisémitisme moderne
                  par Rina Cohen

                  [...]La Syrie, province ottomane jusque-là, est sous l’autorité du vice-roi d’Égypte, Muhammad Ali, depuis 1832. En occupant la région, ce dernier cherche à acquérir une large autonomie par rapport à la Sublime Porte. Aussi, tout en cherchant à tirer parti de cette dissidence, les grandes puissances perçoivent-elles le risque de voir le démantèlement de l’Empire ottoman échapper à leur contrôle. La France encourage les aspirations de l’Égypte dans le cadre de ses propres projets en Méditerranée. La Russie, l’Angleterre et la Prusse soutiennent en revanche la Porte qui souhaite réintégrer l’Égypte dans l’ensemble ottoman. Ainsi, tout événement ayant lieu dans la province contestée de Syrie est l’objet d’un intérêt particulier de la part des puissances. Il est donc dans la logique des choses que lorsque l’un de ses protégés est impliqué dans un fait divers, le consul de France intervienne. Et, dans cette même logique, il va de soi que les représentants des autres puissances réagissent. Tous les ingrédients sont donc réunis pour que ce que l’on appelle très rapidement l’« affaire de Damas » agite les capitales européennes ainsi que les opinions publiques, notamment en France.[...]

                  À Paris comme à Londres, c’est la raison d’État qui prévaut sur la justice. En Angleterre, ce choix joue en faveur des Juifs de Damas. En effet, Londres compte beaucoup sur le mouvement millénariste, alors en plein essor [33], pour tenter d’entraîner les Juifs vers une conversion qui serait bien utile, notamment en Palestine, pour les projets britanniques [34]

                  En France, en revanche, la campagne anti-juive ne doit pas être seulement interprétée comme la résurgence d’une calomnie médiévale. C’est en fait à partir de cette dernière que s’élaborent les premiers constituants de la logomachie de l’antisémitisme moderne. Dans ce sens on peut soutenir que l’affaire de Damas est un brouillon de l’affaire Dreyfus.

                  [...]https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2001-1-page-114.htm


                • njama njama 31 août 12:43

                  @alinea
                  pour ce qui est des manipulations actuelles des communautés confessionnelles dans la région elles sont toutes de la main non pas du Kremlin mais de celle de « l’Ouest » et de son satellite Israël .

                  A ce sujet la Lettre de David Ben Gourion à Moshe Sharett, alors Premier ministre d’Israël (1954)... est particulièrement éloquente et sidérante et n’a pas perdu une ride puisque cette ligne politique est toujours en vigueur dans ce gouvernement « ethnocratique » avec la complicité de ses alliés.


                • alinea alinea 1er septembre 11:54

                  @njama
                  Oula !! merci !
                  Je sais que tu es une mine de science sur la Syrie, mais comme ce n’était pas le sujet j’avais l’impression quand même d’abuser ; ( que l’auteur pardonne mon intrusion)
                  Mais nous œuvrons pour la vérité, alors, ton coup de main est précieux, merci mille fois


                • harpe harpe 31 août 12:26

                  afin de répondre à certains commentaires contenant des liens :

                  Les camps de concentration sous l’empire ottoman 1915-1920 :
                  http://medzyeghern.blogspot.com/2017/07/les-camps-de-concentration-sous-lempire.html

                  Les lois de déportation dans l’Empire Ottoman :
                  http://medzyeghern.blogspot.com/2017/07/les-lois-de-deportation-dans-dans.html


                  • njama njama 31 août 13:12

                    @harpe
                    Merci pour le lien vers le blog.
                    Vos liens camps et lois de déportation pointent vers la période 1915-1920.
                    Il me paraît nécessaire de remettre dans le contexte, car avant le 16 mais 1915 que s’est-il passé qui conduisit à cette tragédie turco-arménienne...
                    Voici ce qu’en dit la Page Wikipedia du FRA Dachnak, organisation révolutionnaire armée arménienne :

                    "Au moment où la Première Guerre mondiale est sur le point d’éclater, les Arméniens sont conscients qu’ils courent le danger d’être pris entre l’Empire russe et l’Empire ottoman. Lors de son huitième congrès à Erzurum en juillet 1914, le Dachnak réaffirme la politique qu’il a choisie : les Arméniens doivent combattre loyalement pour l’État dont ils font partie. Toutefois, comme l’indique le discours prononcé en 1923 par Hovannès Katchaznouni, dirigeant de la FRA dans le Caucase puis Premier ministre de la République d’Arménie (1918-1919), le parti a violé, dès le début de l’automne 1914, les conclusions de son propre congrès, organisant des groupes de volontaires pour l’armée russe, y compris des Arméniens de nationalité ottomane. Katchaznouni considère rétrospectivement ce recrutement comme « une erreur (7) ». Le principal responsable de ce recrutement est Garéguine Pasdermadjian, qui avait été député dachnak d’Erzurum de 1908 à 1912 (8). Également en octobre 1914, la FRA organise un comité pour armer la population arménienne de Van (9). Cet armement se fait en collaboration avec la Russie tsariste, et, d’une façon plus générale, « en 1914, le Dachnak et le Hunchak » sont devenus « des organisations paramilitaires de type ORMI, qui consacrent le plus clair de leur énergie au trafic d’armes, ainsi que la rapporté au tsar un agent de l’Okhrana qui avait assisté à une conférence dachnak à Berlin (10). » En mars 1915, Mikael Varandian, dirigeant de la FRA, demande au Royaume-Uni et à la France de débarquer des troupes sur la côte de Cilicie, promettant une vingtaine de milliers de volontaires « originaires » de la région (11). Un mois plus tard, le docteur Zariev, soutenu par l’ambassadeur de Russie à Paris, demande aux gouvernements français et britanniques l’établissement d’une Arménie s’étendant du Caucase à la Méditerranée (12)."

                    7 Hovannès Katchaznouni, The Armenian Revolutionary Federation Has Nothing to Do Anymore [archive], New York, Armenian Information Service, 1955, p. 5 (1re édition, en arménien, 1923).

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_r%C3%A9volutionnaire_arm%C3%A9nienne#cite_ref-7


                  • harpe harpe 31 août 13:36

                    @njama

                    Par l’Historien Turc Taner Ackam : il s’est exilé aux Etats Unis cas il est menacé de mort dans son pays natal : la Turquie pour avoir fait des recherches sur le genocide armenien :

                    Ses dernières recherches portent sur le Premier Ministre Hovhannes Katchaznouni 

                     : ( en Anglais ) :

                    "This is a short note on how Turkish denialists distort the text of Hovhannes Katchaznouni (First Prime Minister of Armenia) and use his sentences to proof their denialist arguments. For example : Katchaznouni speaks openly about massacres of Armenian people and calls 1915 as Holocaust. However, you cannot see these words or sentences in Turkish translation.

                    « 

                     »The deportations and mass exiles and MASSACRES which took place during the Summer and Autumn of 1915 (1915 Yaz ve son baharında KATLIAMLAR)"
                    ...
                    Turkish government brought about the deportation or EXTERMINATION of the Armenian people in Turkey and the desolation of Turkish Armenia. This was the terrible fact !
                    Civilized humanity might very well be shaken with rage in the face of this UNSPEAKABLE CRIME. (Türk Hükümeti Türkiye’deki Ermeni halkını İMHA ETTİ... İFADE EDİLEMEZ-KORKUNÇ SUÇ)
                    ...
                    The refugees, all those who had survived the HOLOCAUST... (HOLOKOST’tan kurtulan mülteciler...)
                    ...

                    source :
                    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2362396020510436&id=100002201837764


                  • njama njama 31 août 14:35

                    @harpe

                    Le mieux est peut-être de lire soi-même le texte de Hovannès Katchaznouni pour connaître sa version des faits* d’autant qu’il était un des fondateurs et Président du Parti Dashnaksoutioun puis Premier Ministre d’Arménie en 1918 et 1919.
                    Il lut son Rapport en tant que Président du parti à la réunion du parti Dashnaksoutioun à Bucarest devant les membres dirigeants du parti. Ce n’est pas rien tout de même ! 

                    quelle source arménienne !

                    J’ai donné le lien vers la traduction anglaise
                    Hovannès Katchaznouni, The Armenian Revolutionary Federation Has Nothing to Do Anymore [archive], New York, Published by Armenian Information Service, 1955, p. 5 (1re édition, en arménien, 1923).

                    En français traduit par le Dr Orhan Altan

                    * de la page 33 (31 dans le PDF) à la page 98 (95 dans le PDF)

                    « Le parti Dachnak n’a plus rien à faire » (Le rapport à la Conférence du Parti en 1923)


                  • harpe harpe 31 août 13:48

                    Dès le traité de Berlin ( 1871 ) , les minorités de l’empire Ottoman ( arméniens , Grecs ... ) auraient du etre protégées : ce qu’il ne fut pas le cas .
                    Pour les Arméniens , plusieurs massacres : 1894-1896 puis 1909 .

                    De retour du front Russe , la défaite des armées d’Enver a Sarıkamış ( janvier 1915) ( https://www.britannica.com/event/Armenian-Genocide 

                    )

                    Les massacres des arméniens ( femmes , enfants , vieillards sans disctinction ) ont commencé dans l’ Est de l’Empire Ottoman alors qu’il n’y avait pas la guerre

                    Puis les déportations de ces memes civils de tout l’Empire vers les déserts de syrie .


                    • njama njama 31 août 16:41

                      @harpe
                      Le Traité de Berlin c’est en 1878, il fait suite au Traité de San Stéfano la même année qui met fin à la guerre russo-turque (1877-1878).
                      Les empires se partagent leur influence sur les Balkans, la question du Caucase et de l’Arménie y est assez marginale, elle n’intéressait que la Russie tsariste.

                      « Le traité de Berlin replace une partie de l’Arménie occidentale sous le contrôle de l’Empire ottoman (ainsi Bayazet (Bajazet), alors vidé de sa population arménienne) ; la Russie conserve néanmoins les villes alors peuplées d’Arméniens de Kars et Ardahan, ainsi que la région de Batoumi. »

                      Je ne vois pas de lien avec les massacres 1894-1896 en Anatolie orientale une quinzaine d’années plus tard. Par contre une grande part de responsabilité politiques dans ces répressions ont pu résulter des très nombreuses actions terroristes menées depuis 1890 par les activistes nationalistes du Parti Hentchak cofondé en 1887 et révolutionnaire lui aussi.
                      1895, Funeste année pour la Turquie


                    • harpe harpe 31 août 17:00

                      @njama

                      « Je ne vois pas de lien avec les massacres 1894-1896 »

                      Dans le traité de Berlin , il était prévu la protection des minorités et notamment arménienne ,article 61.
                      Ce qu’évidement n’a pas fait l’Empire Ottoman .
                      Par l’Historien Yves Ternon :
                      https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/armeniens_et_turcs_1878_1923.asp


                    • njama njama 31 août 18:10

                      @harpe
                      Article 61.
                      « La Sublime Porte s’engage à réaliser, sans plus de retard, les améliorations et les réformes qu’exigent les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kurdes. Elle donnera connaissance périodiquement des mesures prises a cet effet aux Puissances qui en surveilleront l’application. »
                      https://mjp.univ-perp.fr/traites/1878berlin.htm#9

                      oui mais dans la mesure où ni les Kurdes ni les Circassiens ne menaçaient les Arméniens l’article 61 n’est nullement violé.
                      Les Partis révolutionnaires Dachnak et Hintchak assumaient leurs actes terroristes anarchistes il fallait bien que la police de la Sublime Porte fasse cesser ces exactions terroristes qui avaient pour but de gagner la faveur de l’opinion occidentale pour obtenir un soutien russe ou britannique dans leur projet d’indépendance, sécessionniste.
                      « La technique n’est pas nouvelle : ... » comme le rappelle Maxime Gauin


                    • harpe harpe 31 août 15:24

                      Aout 1985 , une sous commission de l onu reconnait le genocide des Arméniens :

                      http://medzyeghern.blogspot.com/2017/07/la-sous-commission-de-lonu-et-le.html?m=1


                      • njama njama 31 août 16:52

                        Maxime Gauin, Chercheur au Centre d’études eurasiennes (AVIM, Ankara), titulaire d’un master d’histoire contemporaine (Paris-I-Sorbonne)... propose cette synthèse dans son article « 1915 : le communautarisme contre l’Histoire »

                        Comment en est-on arrivé à 1915 ?
                        La première révolte organisée par des nationalistes arméniens a lieu à Zeytun (aujourd’hui Süleymaniye, une des très rares bourgades essentiellement peuplées d’Arméniens en Anatolie, à l’époque) en 1862, après plusieurs années de propagande politique venue de Russie (ndlr : voir Le Tsarisme en Asie-Mineure, les origines du problème arménien – Edgar Granville – La Revue politique internationale – v.7 (janvier – juin 1917). L’action des meneurs est d’ailleurs coordonnée avec des Arméniens russes 2. D’autres révoltes avaient déjà eu lieu dans cette commune depuis 1780, mais il s’agissait de révoltes fiscales. Zeytun se soulève de nouveau en 1878, dans le contexte de la guerre russo-ottomane de 1877-1878 3. À partir de 1880, quand le turcophile Benjamin Disraeli perd les élections législatives britanniques au profit du turcophobe William Gladstone, les premiers nationalistes arméniens commencent à regarder du côté des fondamentalistes du monde anglo-saxon 4.

                        Ils se structurent en partis : l’Armenakan en 1885, le Hintchak en 1887 et la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA ou FRA-Dachnak) en 1890. La stratégie suivie par le Hintchak à partir de 1890, puis par la FRA à partir de 1896, consiste à organiser des attentats, soulèvements, etc., visant les civils musulmans et notamment kurdes, pour provoquer des représailles sanguinaires sur les Arméniens ordinaires, et ainsi obtenir une intervention militaire — russe ou britannique 5. La technique n’est pas nouvelle : c’est celle employée par les nationalistes bulgares en 1876, pour obtenir (avec succès) une intervention russe, nécessaire puisque les musulmans (Turcs et Pomaks) représentaient entre 45 et 49 % de la population de la Bulgarie, en sus des catholiques et des Juifs 6, aussi hostiles que les musulmans à la sécession du pays 7. Des représailles ont effectivement eu lieu dans certaines provinces, surtout en 1895 et 1896, mais aucune intervention militaire ne se produit.

                        Les nationalistes arméniens sont ensuite affaiblis par la répression plus efficace menée par la police ottomane de 1905 à 1908 8, et par le conflit entre la FRA et la Russie tsariste, à partir de 1904-1905 9. Après la révolution dite jeune-turque (juillet 1908), la FRA collabore avec le Comité union et progrès (le CUP, qui prend progressivement le pouvoir dans l’Empire ottoman) contre la Russie, jusqu’aux premières semaines de 1912. Mais outre que certains nationalistes arméniens ne sont pas d’accord avec cette ligne (d’où les affrontements sanglants à Adana en 1909) 10, la FRA rompt avec le CUP en 1912, et en décembre de cette année-là, assassine le maire de Van, Bedros Kapamaciyan, un Arménien loyaliste très favorable au CUP 11.

                        https://fatsr.org/wp-content/uploads/2019/04/1915-le-communautarisme-contre-l%E2%80%99Histoire-publi%C3%A9-par-Maxime-Gauin-le-24-avril-2019.pdf


                        • harpe harpe 31 août 17:03

                          @njama

                          Maxime Gauin débouté de sa plainte :
                          Décision de la cours d’appel de Paris en mars 2019 :( Cassation prévue ? )

                          https://www.cours-appel.justice.fr/sites/default/files/2019-03/communiqu%C3%A9%20M.%20Gauin.pdf


                        • njama njama 31 août 17:44

                          @harpe

                          « La cour a notamment jugé que certains propos étaient diffamatoires en ce qu’ils imputaient à la partie civile d’être un soutien actif au service de l’État turc en écrivant des articles au contenu fallacieux. »

                          C’est déjà ça... 


                        • Lanla 31 août 18:02

                          Je n’arrive pas à vous comprendre Njama, vous citez surtout des sources négationnistes (ce cher Maxime) payées par les turcs. Essayez de parler de ces « évènements » en Turquie, vous verrez le malaise qui s’ensuit...

                          Il n’y a pas que Taner Akcam menacé de mort pour ses écrits en Turquie, et d’autres personnes ont été tuées pour avoir abordé le sujet sous un angle qui ne plaisait pas aux gouvernements. On regarde beaucoup le monde avec notre filtre occidental, très naïf. Vous devriez vous renseigner sur ce qu’était le devchirmé, ainsi que le sort réservé aux esclaves noirs par les Ottomans... la culture ottomane est particulièrement violente et dominatrice comme il y a des peuples à l’opposé très pacifiques en Amazonie. Je vous laisse trouver par vous même quel était le pourcentage de chrétiens vivants en Turquie en 1890 puis en 1950 (en dehors de sources turques, si c’est possible). Actuellement, c’est au tour des alevis de se sentir en insécurité. La religion est inséparable de l’ethnie dans l’immense majorité du monde. Donc ils ont été massacrés parce qu’ils étaient arméniens ET chrétiens, assyriens et chretiens.

                          Effectivement, ce génocide s’est déroulé dans un contexte mondial plus large et avec d’autres intérêts en jeu. Clairement des arméniens ont pris les armes, commis des attentats, mais n’inversons pas les rôles et les responsabilités. Vous avez d’innombrables sources de l’époque, autres que turques, qui relatent cette horreur absolue malgré l’inaction totale du reste du monde. C’est un peu ce qui s’est passé avec Daesh, l’histoire n’a peut être pas bégayé pour rien, dans la même région.

                          Les arméniens se défendent souvent très mal, ou agressivement, car ce traumatisme intense n’a jamais été reconnu par leurs bourreaux.

                          Le déni est une manière de se protéger face à tout ce qu’il y a de moche dans l’être humain. Mais s’il vous plait, peut on décemment trouver un quelconque argument pour justifier la shoah, ou un génocide quel qu’il soit, partout dans le monde ? On peut en discuter, affiner, chercher la vérité, pas excuser. Les êtres humains sont prédisposés à se faire la guerre, à la cupidité et au besoin de domination, mais dans ce genre de circonstances on atteint un niveau d’horreur et de honte qui rabaisse toute l’humanité.


                          • njama njama 31 août 18:48

                            @Lanla

                            Ce n’est pas moi qui ai inventé les Partis FRA Dachnak, Hentchak ni leurs exploits terroristes.

                            Si on devait se contenter d’une lecture binaire, un côté blanc (lequel ? les Arméniens ?), et l’autre noir (les Turcs ?) ce serait infantilisant non ? Or c’est un peu ce qui se passe dès que la « question arménienne » est sur le tapis, les Turcs sont les méchants (génocidaires) et les Arméniens de pauvres victimes parce que chrétiennes.

                            Or en cherchant un tant soit peu, en replaçant toussa toussa dans une grille de lecture plus large l’histoire est moins simple qu’il n’y paraît. Ne fut-ce que dans cette poignée de décennies qui voit une guerre russo(tsariste)-turque (1877-1878) dans laquelle les Arméniens sont ballottés et pris en otages, puis qui, un peu plus tard, voit débarquer la guerre 14 puis la révolution bolchévique à ses portes. Une période (1908-1912) qui voit aussi la collaboration de la FRA Dachnak avec le Comité Union et Progrès (CPU, les Jeunes Turcs) qui prend progressivement le pouvoir dans l’Empire ottoman) contre la Russie, puisque leurs visées nationalistes convergeaient, mettre fin au sultanat...

                            Personne ne conteste les exactions et massacres commis par les Turcs (en représailles ? faut-il les qualifier de génocide ce n’est pas le problème de l’historien), mais ceux très nombreux commis par les Arméniens sont passés sous silence, sauf pour ceux qui connaissent un peu le sujet.


                            • harpe harpe 31 août 18:50

                              Les archives turques par l historien Yves Ternon :

                              https://m.youtube.com/watch?v=lNGWIex9omY


                              • njama njama 31 août 18:54

                                L’article de William Kergroach est à ce titre très caricatural, on se demande bien ce que vient faire le génocide de 1915 dans les problèmes de politique intérieure de l’Arménie dont personne ne remet en cause l’existence il me semble.



                                  • harpe harpe 31 août 19:07

                                    @njama

                                    Mais pourquoi les Arméniens ne se sont pas laisses massacrer sans rien dire ?


                                  • njama njama 31 août 21:06

                                    @harpe et Lanla

                                    De mon point de vue le seul point pertinent de l’article de William Kergroach

                                    est son titre « l’impasse arménienne ».

                                    Après les avis peuvent diverger sur comment en sortir, ou ne rien faire pour en sortir, mais si les Arméniens comme les Turcs restent arcboutés les uns et les autres sur cet épisode funeste de 1915 qui a laissé des martyrs (j’entends par là des civils arméniens et turcs, pas des combattants) c’est le meilleur moyen d’y rester dans l’impasse et de creuser encore davantage le fossé qui sépare ces deux pays à priori condamnés à vivre l’un à côté de l’autre.

                                    L’impasse est politique, seulement politique, elle n’est pas intellectuelle d’un point de vue historique.


                                    • harpe harpe 31 août 21:16

                                      @njama

                                      « le seul point pertinent est son titre »

                                      Dans ce cas , pourquoi intervenez vous en laissant des commentaires ?

                                      « j’entends par là des civils »

                                      Vous omettez de préciser que les Turcs ( de 1915 ) aidés des Kurdes ( de 1915 ) ont déporté des arméniens : femmes , enfants , vieillards .

                                      Pourquoi cherchez vous à semer la confusion dans les esprits par rapport au génocide des arméniens ?


                                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 31 août 21:22

                                      @harpe

                                      Parce qu’il approuve .


                                    • njama njama 31 août 23:30

                                      @harpe
                                      C’est quand même un peu hallucinant d’entendre de la bouche de cet homme Yves Ternon au parcours singulier, chirurgien puis historien, que la Turquie aurait archivé des documents soi-disant falsifiés ! et que c’est ce soi-disant « mensonge » (sic) aurait été archivé...
                                      Non la déportation d’Arméniens obéit à une logique militaire bien plus prosaïque face à une insurrection comme l’explique Maxime Gauin dans l’article cité. Pourrait-on s’éloigner du simple bon sens ?
                                       

                                      « ... La décision de déplacer une partie des Arméniens ottomans, de plusieurs régions d’Anatolie, notamment orientale, vers d’autres et surtout vers les provinces arabes, est une décision militaire répondant à un problème militaire. Comme l’indique Hovannès Katchaznouni, dirigeant de la FRA et premier chef de gouvernement de l’Arménie indépendante (1918-1919), son parti proclame certes sa neutralité lors de son congrès tenu en août 1914, mais il viole sa propre résolution juste après, commençant à recruter des volontaires (y compris de nationalité ottomane) pour l’armée russe dès cet été-là (17). Ainsi, le 29 octobre 1914, le consul britannique à Batoum estime le total de ces volontaires à presque 45 000 (18). À Erzurum, les désertions (principalement d’Arméniens) atteignent des proportions hémorragiques dès avant l’entrée en guerre de l’Empire ottoman (le 2 novembre 1914), des armes sont distribuées secrètement par la Russie à la FRA locale (19), et le premier affrontement entre une bande de révolutionnaires arméniens et l’armée ottomane a lieu en octobre 1914 (20).

                                      En mars-avril 1915, la politique du gouvernement ottoman consiste en des déplacements localisés (expulsion des Arméniens de Zeytun, par exemple) et des opérations de police, la plus connue étant celle des 23 et 24 avril : 180 personnes arrêtées, cinquante-cinq autres dans les jours suivants ; sur ces 235, dix-huit sont condamnées à mort et exécutées ; une seule meurt en prison ; dix-neuf Mauser (pistolets convertibles en carabines), soixante-quatorze fusils Martini, cent onze carabines Winchester, 3 591 pistolets et 45 221 cartouches pour pistolet sont saisis au domicile des suspects (29).

                                      À la fin de mai 1915, le gouvernement ottoman constate que ces mesures ne suffisent pas ; or, l’essentiel de l’armée se trouvant au front, il décide d’employer une technique déjà utilisée par l’armée espagnole contre les indépendantistes cubains (1896-1898), par l’armée américaines contre les indépendantistes philippins et par l’armée britannique contre les Boers en Afrique du sud (1899-1901) : un insurgé doit boire et manger ; donc une insurrection n’est dangereuse que si elle soutenue de gré ou de force par toute ou partie de la population civile ; donc, si l’élimination d’une insurrection est impossible par des moyens conventionnels, il faut déplacer les civils, afin de priver les insurgés de tout appui matériel (30) »


                                    • njama njama 31 août 23:59

                                      @harpe
                                      Vous omettez de préciser que les Turcs ( de 1915 ) aidés des Kurdes...

                                      N’omettez pas vous-même de dire que « des » Arméniens étaient restés fidèles à la Sublime Porte, ou avaient été enrôlés dans son armée. De même que dans l’armée russe y figuraient certains déserteurs arméniens.
                                      Faire de tous les Arméniens vivant dans le sultanat des opposants politiques est également une insulte au bon sens, et une imposture intellectuelle qui n’a d’égale que l’imposture sioniste qui voudrait que Israël serait l’État de tous les Juifs de la planète.

                                      Pourquoi cherchez vous à semer la confusion dans les esprits par rapport au génocide des arméniens ?


                                      Je ne cherche pas à semer la confusion, je ne peux me contenter d’une histoire simpliste qui voudrait que les Turcs étaient des gros méchants sanguinaires et les Arméniens des anges. Je me permets de le dire, tant pis si ça dérange...


                                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er septembre 00:21

                                      @njama

                                      Le million au bas mot d’Arméniens qui ont étés éliminés vous remercient de votre haute conscience intellectuelle.


                                    • njama njama 1er septembre 12:36

                                      @Aita Pea Pea
                                      Rien de tel que d’invoquer les morts pour rester dans l’impasse. Ite missa est ?
                                      Pour ce qui est de la conscience intellectuelle j’avoue que le tabou sur cette malheureuse page d’histoire turco-arménienne questionne quand il apparaît dans le paysage politique être surtout franco-français !
                                      Est-ce le fait de la diaspora ? et/ou du gouvernement français qui peinerait à ouvrir ses archives militaires, car dans la région la France avait à l’époque les mains dans le pot à confiture, en témoignent les Accords Sykes-Picot (1915-1916) secrets mais révélés par les russes en 1917, l’Accord franco-arménien de 1916, la Campagne de Cilicie . La France n’était pas neutre dans cette affaire.
                                      Il reste néanmoins de nombreuses publications anglaises et américaines pour se faire une autre idée sur cette controverse historique.
                                      « Le million au au bas mot... »
                                      concernant les chiffres je laisse l’appréciation à d’autres, la quantité n’explique rien sur l’enchainement des faits dans ce qu’il faut appeler « une guérilla ».
                                      Toutefois pour ceux qui voudraient approfondir le sujet
                                      Guenter Lewy, The Armenian Massacres in Ottoman Turkey, Salt Lake City, ©2005 by The University Of Utan Press
                                      Pages 195 à 201 Chapter 13 The Number of Victims
                                      « The number of Armenians who were killed or perished during the deportations of 1915-16 can only be estimated, because no death statistics for this period exist... »

                                      https://fatsr.org/wp-content/uploads/2019/04/Guenter-Lewy-The-Armenian-Massacres-in-Ottoman-Salt-Lake-City-University-of-Utah-Press-2005.pdf


                                    • arthes arthes 1er septembre 15:14

                                      @Aita Pea Pea

                                      C’(est comme pour linky : T’es un spécialiste élec (et maintenant spécialiste dans le conflit turko/arménien) qui a tout compris, mieux que les autres ki sont des cons quoi qu’ils en disent ...Lol (quand même)


                                    • njama njama 1er septembre 16:36

                                      @Aita Pea Pea
                                      Vous devriez peut-être en appeler à la haute conscience intellectuelle du gouvernement arménien actuel car sans plus d’explication il préfère patauger dans l’impasse hystérique de sa vérité historique si j’en crois l’analyse de Maxime Gauin (Réaction au discours du président français Emmanuel Macron sur la question arménienne 28 février 2019) :

                                      « Deux ministres français des Affaires étrangères, Roland Dumas en janvier 1986, Alain Juppé en novembre 2011, ont émis le vœu que la France accueille, ne serait-ce que pour les premières séances, une commission d’historiens. Le 8 mars 2005, reprenant de manière plus précise et plus ferme une idée formulée par son prédécesseur Bülent Ecevit dès 1978, Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre, a proposé la constitution d’une telle commission, avec l’appui du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) [16]. M. Erdoğan a répété, à plusieurs reprises, y compris dans les années 2010, que sa proposition était toujours valable. Erevan n’a même pas daigné ouvrir ses archives nationales — alors même que s’y trouvent les documents de l’administration arménienne autonome créée par la Russie à Van en 1915 [17] et supprimée l’année suivante, à la suite des crimes répétés des volontaires arméniens de l’armée russe [18].

                                      Après avoir signé, en octobre 2009, des protocoles bilatéraux qui prévoyaient une telle commission (les Protocoles de Zurich), le gouvernement arménien est revenu sur sa signature, puis s’est purement et simplement retiré des protocoles en février 2015, par refus d’affronter la vérité [19]  ! »

                                      https://fatsr.org/reaction-au-discours-du-president-francais-emmanuel-macron-sur-la-question-armenienne/#_ftn19


                                    • harpe harpe 1er septembre 13:59

                                      les lois de déportation dans l Empire ottoman ( genocide armenien )

                                      http://medzyeghern.blogspot.com/2017/07/les-lois-de-deportation-dans-dans.html?m=1


                                      • njama njama 1er septembre 14:28

                                        @harpe
                                        Et quels étaient selon vous les motifs de cette loi Tehcir, loi temporaire
                                        (tehcir : mot d’origine arabe en tirc ottoman qui signifie « déplacement ») officiellement connue sous la terminologie Sevk ve İskân Kanunu (loi sur le peuplement et le déplacement)...


                                      • njama njama 1er septembre 14:50

                                        @harpe
                                        Le Wikipedia anglais est plus explicite que le Wiki français cette loi ne désignaient pas comme cible les Arméniens, même si ceux-ci étaient particulièrement visés.

                                        The background of the legislation
                                        Before the Ottoman parliament implemented the « Tehcir Law », there was a circular by Talaat Pasha.[6] In the night of April 24, 1915, Mehmed Talaat Bey, who was the minister of interior at the time, ordered 250 Armenian intellectuals to be deported from the Ottoman capital.[7]

                                        In May 1915, Mehmed Talaat requested that the cabinet and Grand Vizier Said Halim Pasha legalize a measure for relocation and settlement of Armenians to other places due to what Talat called « the Armenian riots and massacres, which had arisen in a number of places in the country » are a threat to national security.[8] "

                                        The nature of the law
                                        Tehcir Law was a temporary law that expired on February 8, 1916. It was a civil law, planned, implemented and enforced with an office (created by the law) to coordinate the activities under the name of “Migrant General Directorate” (Turkish : Göçmen Genel Müdürlüğü). The civil law gave the military an enforcing power only if there were opposing parties to the implementation. The rules and regulations of the law, as published in the Takvim-i Vekayi (Ottoman official newspaper), were public and they were shared with all parties.

                                        The subject of the law

                                        Although this law was directed against one particular ethnic group (Armenian) the Assyrian population also fell victim as did some Christians from the East.[11]

                                        In the text of the law, there is no explicit mention that Armenians were the main target, and the text notes that (1) the ill, (2) the blind, (3) Catholics, (4) Protestants, (5) the soldiers and their families, (6) the officers, (7) merchants, some workers and masters were not subject to evacuation.[12] If conditions got worse, these groups are ordered to be settled in the city centers.[12]

                                        https://en.wikipedia.org/wiki/Deportation_of_Armenian_intellectuals_on_24_Ap ril_1915


                                      • harpe harpe 2 septembre 19:15

                                        Par décision du Président de la République ( décret ) , le 24 avril est inscrit dans le calendrier républicain comme date de commémoration annuelle du génocide arménien de 1915.


                                        • njama njama 2 septembre 23:14

                                          @harpe
                                          C’est de la politique, ce n’est pas de l’histoire.
                                          Une commémoration qui s’ajoute à bien d’autres. Une commémoration qui rend hommage aux victimes de ces événements historiques, oui bien sûr, aucun problème.
                                          Mais une commémoration qui à l’évidence n’est pas partagée par tous les descendants des protagonistes, ni par tout le monde.
                                          Reste l’espace de la liberté d’expression, dans la mesure où rien n’incite à la violence, à la haine, et que rien ne cherche à, banaliser ces massacres... ce qui laisse bien de la place pour en discuter.
                                          Peut-on encore discuter de ce qui est appelé « génocide arménien », oui, la preuve ici même.
                                          La qualification de génocide est une qualification morale, pas juridique.


                                        • njama njama 2 septembre 23:20

                                          Affaire Perinçek - Communiqué de Pierre Nora, président de Liberté pour l’histoire Jeudi 19 novembre 2015 / Paris, le 5 novembre 2015

                                          L’association Liberté pour l’histoire a appris avec satisfaction l’arrêt rendu par la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme le 15 octobre 2015 sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Perinçek, condamnant le gouvernement suisse pour violation de la liberté d’expression de Dogu Perinçek.

                                          Ce citoyen turc avait, lors d’une conférence tenue en Suisse, nié que les massacres des Arméniens perpétrés en Turquie en 1915 et 1916 puissent être qualifiés de génocide et considérés juridiquement comme tels. Cet arrêt met fin à toute possibilité de nouveau recours.
                                          À titre d’historiens et de citoyens, les membres de Liberté pour l’histoire rappellent qu’il leur paraît parfaitement légitime de qualifier les massacres commis par les Turcs contre les Arméniens de génocide. Ce contre quoi ils se sont toujours insurgés c’est la qualification juridique de génocide, avec toutes les conséquences pénales qu’elle entraîne.

                                          Dans un État libre et démocratique, il n’appartient en effet à aucune autorité politique ou judiciaire de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de recherche et d’expression sous la menace de sanctions pénales.

                                          Cet arrêt d’une cour de justice internationale confirmant les conclusions du Conseil constitutionnel français de 2012 semble mettre un terme aux tentatives d’intervention de l’exécutif ou du législatif en matière de qualification du passé. C’est une victoire de la liberté à laquelle notre association peut se féliciter d’avoir largement contribué.


                                        • njama njama 2 septembre 23:22

                                          applicabilité de l’article 17 de la Convention [...]

                                          "La clé du verdict est le fait que le requérant n’a pas nié l’existence du massacre des Arméniens, mais seulement la qualification juridique de « génocide » donnée à ces événements. Une telle opinion ne constitue pas en soi une incitation à la haine contre les Arméniens ni une expression de mépris à l’égard des victimes des crimes. En conséquence, les règles ordinaires de l’article 10 de la CEDH s’appliquent, signifiant que l’État défendeur doit présenter des raisons impérieuses pour montrer que son ingérence dans le droit du requérant à exercer sa liberté d’expression est nécessaire dans une société démocratique." 

                                          (Le destin de la pénalisation du négationnisme, par Paolo Lobba)


                                          • njama njama 2 septembre 23:26

                                            La confirmation de la jurisprudence Perinçek (CourEDH)
                                            CourEDH, 28.11.2017, Affaire Mercan et autres c. Suisse, requête no 18411/11

                                            La CourEDH confirme sa jurisprudence Perinçek (résumée in : LawInside.ch/182) et constate que la Suisse a violé l’art. 10 CEDH en condamnant pénalement pour discrimination raciale (art. 261bis al. 4 CP) une personne ayant affirmé que les massacres et déportations de 1915 ne constituaient pas un génocide.

                                            http://www.lawinside.ch/544/


                                            • harpe harpe 3 septembre 13:43

                                              l’éphéméride du 3 septembre par le collectif VAN ( Vigilance Armenienne contre le Négationnisme ) .

                                              http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=66770

                                              3 septembre 1915 — Empire ottoman : Les ordres de massacre de Talaat adressés à la préfecture d’Alep  « Nous vous recommandons de soumettre les femmes et les enfants aux mêmes ordonnances que celles qui vous sont déjà prescrites pour la population masculine des personnes connues et de désigner des fonctionnaires dignes de foi pour ces besognes ».  Le Ministre de l’Intérieur Talaat 


                                              • njama njama 4 septembre 08:56

                                                @harpe

                                                Il y a eu des exactions et des massacres des deux côtés. Dans quel rapport de force et en quelle proportion respective, c’est un autre sujet qui ne nous renseigne pas sur le sens à donner à ces sanglants épisodes, ni leurs causes.

                                                Côté révolutionnaires arméniens elles avaient clairement pour but l’épuration ethnique de la population turque de villages qu’ils contrôlaient et des zones conquises. Dans certains cas il s’agissait de massacres de masse, dans d’autres de les faire fuir. Les témoignages ne manquent pas. Historiquement plus près, les sionistes ont fait exactement la même chose, détruit des dizaines de villages en Palestine et provoqué le déplacement de dizaines de milliers de palestiniens.

                                                Côté turc, il y eut des représailles évidemment contre les positions militaires des révolutionnaires arméniens armés par les puissances impériales qui menaient une guérilla dans leur combat indépendantiste. La Sublime Porte n’avait pas ouvert les hostilités et aux actions de police de la fin du XIX° et début XX° a succédé dans le contexte de la guerre 14 une contre-insurrection militaire.La loi Tehcir (loi sur le peuplement et le déplacement) était stratégique, elle

                                                visait à affaiblir l’insurrection arménienne en la privant de ses soutiens.

                                                Maxime Gauin cite [30] Edward J. Erickson,Ottomans and Armenians..., pp. 81-96

                                                « À la fin de mai 1915, le gouvernement ottoman constate que ces mesures ne suffisent pas ; or, l’essentiel de l’armée se trouvant au front, il décide d’employer une technique déjà utilisée par l’armée espagnole contre les indépendantistes cubains (1896-1898), par l’armée américaines contre les indépendantistes philippins et par l’armée britannique contre les Boers en Afrique du sud (1899-1901) : un insurgé doit boire et manger ; donc une insurrection n’est dangereuse que si elle est soutenue de gré ou de force par toute ou partie de la population civile ; donc, si l’élimination d’une insurrection est impossible par des moyens conventionnels, il faut déplacer les civils, afin de priver les insurgés de tout appui matériel (30) »


                                                • harpe harpe 4 septembre 09:19

                                                  juillet 1919 , le tribunal a Constantinople condamne a mort par contumace les criminels Jeunes turcs talaat , envers et djemal et d autres pour avoir massacres , déportés des civils.


                                                  • njama njama 4 septembre 09:28

                                                    Le point de vue de Edward J. Erickson est d’autant plus intéressant qu’il vient d’un expert militaire, officier et historien. Il met en évidence que les actions militaires des insurgés arméniens étaient stratégiques. Ce sont les arméniens de l’Est qui étaient actifs, les seuls à avoir été relocalisés parce qu’ils représentaient un menace pour la sécurité nationale, alors qu’à l’Ouest ils n’ont pas été déportés

                                                    Ottomans and Armenians - A Study in Counterinsurgency by Edward J. Erickson (review)

                                                    Michael M. Gunter The Middle East Journal / Middle East Institute
                                                    Volume 68, Number 4, Autumn 2014 - pp. 655-657
                                                    Here is a brief excerpt of the content :

                                                    Edward J. Erickson, Professor of Military History at the Command and Staff College, Marine Corps University and a retired United States Army lieutenant colonel, has written an illuminating study of the connection between military necessity and population transfer concerning the Armenian question during World War I. As a combat [End Page 655] veteran and practitioner of war, Erickson brings to the debate valid insights often lacking from armchair intellectuals and academics. Furthermore, Ottomans and Armenians is mostly based on Turkish documents and articles often ignored or simply unavailable in this hoary debate, although at times Erickson juxtaposes them against pro-Armenian articles to illustrate the opposing points of view. This is a military history of late Ottoman counterinsurgency campaigns. Its basic thesis is that the Ottoman decision to relocate Armenians in 1915 was a purely military course of action related to national security that sat within a context of a 25-year period of persistent empire-wide insurgency and counterinsurgency.

                                                    The author traces the long history of Armenian revolutionary committees [gomidehs] dating from the latter part of the 19th century and the Ottoman counterinsurgency responses. The outbreak of World War I brought the situation to a head, and was “largely a result of the machinations of the allied powers, which encouraged and supported the eastern Anatolian Armenian revolutionary committees to commit acts of terrorism and minor insurrections in early 1915” (p. 221). Erickson argues that “these small and localized, but widespread, acts of Armenian violence appeared to metathesize [metastasize] during a major Armenian insurrection at Van in April 1915, which drove the Ottoman government into the belief that the Armenian insurrection was an imminent and existential threat to Ottoman national security” (p. 221).

                                                    Erickson writes : “The lines of communications supporting those Ottoman fronts ran directly through the rear areas of the Ottoman armies in eastern Anatolia that were heavily populated by Armenian communities and, by extension, by the heavily armed Armenian revolutionary committees” (pp. 161–62). The Ottoman armies at the fronts in Caucasia, Mesopotamia, and Palestine were not self-sufficient in supplies, and therefore were dependent on the roads and railroads leading from the west. Erickson observes that, “The Armenian revolutionary committees began to attack and cut these lines of communications in the spring of 1915 and to the Ottomans presented an acute danger” (p. 162).

                                                    The Ottoman response was to relocate the Armenian population, which was giving support to the invading Russian enemy in the eastern provinces, and “was based on the same rationale that the Americans, British, and Spanish used to remove insurgent populations in the Philippines, the Boer Republics, and Cuba” (p. 191). Such actions “became a template for the destruction of guerrillas and insurgents in the twentieth century” (p. 187) and were employed later by the British in Malaya in the 1950s, the French in Algeria, and the Americans in Vietnam.

                                                    In the appendix, Erickson reviews the five extant historical theses of why the Armenians were relocated, presenting his in context. He also poses a number of provocative and unanswered historical questions about these events. Although the primitive state of Ottoman resources led to what might be termed criminal deaths due to neglect, starvation, and just plain murder, Erickson questions the Armenian genocidal thesis because these “horrific events were an unintended consequence of government policies and military strategies designed to end a threat to national security from ‘enemies within’” (p. 219). Furthermore, he asks “how do we explain the fact that so many Ottoman Armenian citizens were not relocated ? In particular, why were as many as 350,000 Armenians in the western reaches of the Ottoman Empire left in their homes ? If the goal was extermination, why weren’t the western Armenians relocated as well” (pp. 227–228) ? The most obvious reason is that the Armenians not living in the east where they were deemed a threat to the Ottoman supply lines were simply left in place. In addition, “why were the relocations halted at all, especially after...

                                                    https://muse.jhu.edu/article/556644/pdf

                                                    https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_J._Erickson


                                                    • njama njama 4 septembre 09:36

                                                      traduction Google (désolé pour les approximations, pas le temps de peaufiner) :

                                                      Edward J. Erickson, professeur d’histoire militaire au Command and Staff College de la Marine Corps University et lieutenant-colonel de l’armée américaine à la retraite, a écrit une étude éclairante sur le lien qui existe entre le besoin militaire et le transfert de population concernant la question arménienne pendant la Première Guerre mondiale. En tant qu’ancien combattant et praticien de la guerre, Erickson apporte au débat des idées valables qui manquent souvent de la part des intellectuels et des universitaires. En outre, les Ottomans et les Arméniens sont principalement basés sur des documents et des articles turcs souvent ignorés ou tout simplement indisponibles dans ce débat capital, bien qu’Erickson les juxtapose parfois contre des articles pro-arméniens pour illustrer les points de vue opposés. C’est l’histoire militaire des dernières campagnes de contre-insurrection ottomanes. Sa thèse fondamentale est que la décision ottomane de relocaliser les Arméniens en 1915 était une ligne de conduite purement militaire liée à la sécurité nationale et s’inscrivant dans le contexte d’une période de 25 ans d’insurrection et de contre-insurrection persistantes à l’échelle de l’empire.

                                                      L’auteur retrace la longue histoire des comités révolutionnaires arméniens [ gomidehs ] remontant à la fin du XIX e siècle et des réponses de la contre-insurrection ottomane. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale a aggravé la situation et résultait « en grande partie des machinations des puissances alliées, qui ont encouragé et soutenu les comités révolutionnaires arméniens d’Anatolie orientale à commettre des actes de terrorisme et des insurrections mineures au début de 1915 » ( page 221). Erickson affirme que « ces actes de violence arménienne, petits, localisés mais répandus, semblaient se métathiquer [métastaser] au cours d’une grande insurrection arménienne à Van en avril 1915, qui avait conduit le gouvernement ottoman à croire que l’insurrection arménienne était une menace imminente et existentielle. menace pour la sécurité nationale ottomane  »(p. 221).

                                                      Erickson écrit : « Les lignes de communication soutenant ces fronts ottomans traversaient directement les régions arrières des armées ottomanes de l’Anatolie orientale, fortement peuplées par des communautés arméniennes et, par extension, par les comités révolutionnaires arméniens fortement armés » (pp. 161– 62). Les armées ottomanes sur les fronts du Caucase, de la Mésopotamie et de la Palestine n’étaient pas autosuffisantes en fournitures et dépendaient donc des routes et des voies ferrées venant de l’ouest. Erickson observe que « les comités révolutionnaires arméniens ont commencé à attaquer et à couper ces lignes de communication au printemps 1915 et que, pour les Ottomans, ils représentaient un danger extrême » (p. 162).

                                                      La réponse ottomane fut de déplacer la population arménienne, qui apportait un soutien à l’ennemi russe envahissant dans les provinces de l’est, et « reposant sur le même principe que les Américains, les Britanniques et les Espagnols utilisaient pour éliminer les populations insurgées aux Philippines, Républiques boers et Cuba »(p. 191). De telles actions « sont devenues un modèle pour la destruction des guérillas et des insurgés au XXe siècle » (p. 187) et ont ensuite été utilisées par les Britanniques en Malaya dans les années 1950, les Français en Algérie et les Américains au Vietnam.

                                                      En annexe, Erickson passe en revue les cinq thèses historiques sur les raisons pour lesquelles les Arméniens ont été déplacés, et présente son contexte. Il pose également un certain nombre de questions historiques provocantes et sans réponse sur ces événements. Bien que l’état primitif des ressources ottomanes ait conduit à ce que l’on pourrait appeler des morts criminelles dues à la négligence, à la famine et au meurtre, Erickson remet en question la thèse du génocide arménien, car ces « événements horribles étaient une conséquence inattendue des politiques gouvernementales et des une menace pour la sécurité nationale de la part des « ennemis intérieurs » »(p. 219). En outre, il demande : « Comment pouvons-nous expliquer le fait qu’un si grand nombre de citoyens arméniens ottomans n’ont pas été relogés ? En particulier, pourquoi 350 000 Arméniens de l’ouest de l’empire ottoman ont-ils été laissés chez eux ? Si l’objectif était l’extermination, pourquoi les Arméniens occidentaux n’ont-ils pas été déplacés également »(pp. 227–228) ? La raison la plus évidente est que les Arméniens qui ne vivaient pas dans l’est du pays, où ils étaient considérés comme une menace pour les lignes d’approvisionnement ottomanes, étaient tout simplement laissés en place. En outre, « pourquoi les délocalisations ont-elles été stoppées, surtout après ...


                                                    • harpe harpe 4 septembre 09:53

                                                      @njama , J ai une question simple à vous poser :

                                                      Reconnaissez vous oui ou non le genocide des Arméniens de 1915 , reconnu par la République Française ?


                                                      • njama njama 4 septembre 11:00

                                                        @harpe

                                                        Comme il y eut des massacres importants et d’indénombrables victimes dans ce drame, on peut considérer que les victimes prises dans leur ensemble constitueraient un génocide, l’élimination partielle du peuple arménien vivant dans les provinces de l’empire ottoman. Au sens juridique. Mais, je me répète, cela ne nous renseigne en rien sur l’histoire, sur les causes qui peuvent être variées.

                                                        Les représailles contre les révolutionnaires arméniens terroristes, la guerre, les déplacements de population, ou déportations selon comment on les qualifie, exils volontaires, ont généré misère et famines qui ont fait de nombreuses victimes venues s’ajouter aux morts au combat sans pour cela qu’il y eut volonté d’extermination. Les affrontements militaires entre les insurgés sécessionnistes d’abord sur la période 1890-1914 et l’armée ottomane étaient certainement sans concessions, puis ensuite avec l’armée russe dans laquelle servaient de très nombreux déserteurs arméniens, et si parmi eux il y eut des morts cela ne résultait pas non plus d’une volonté d’extermination, ils étaient victimes de guerre, ils avaient choisi le camp de l’ennemi pour servir leurs intérêts nationalistes.

                                                        Par contre je ne crois pas un instant que des Arméniens auraient été exterminés parce que chrétiens. Les Arméniens sont dans leur grande majorité orthodoxes, ils cohabitaient avec d’autres chrétiens orthodoxes d’orient, avec des catholiques maronites, et plus récemment des protestants qui étaient venus en Turquie au XIX°. Je ne vois donc pas de raison ethnique, religieuse et sociale dans ce drame, ni qu’elles auraient pu être un but des ottomans puisque la cohabitation entre Ottomans musulmans et Arméniens était séculaire dans ce qui est actuellement Turquie, Liban, Syrie, Palestine.

                                                        Au sens de la définition du mot génocide, reste donc que la cause nationaliste, politique, et là cela devient cohérent, il s’agissait de faire en sorte de réduire l’insurrection arménienne qui mettait en danger l’empire ottoman.


                                                        • harpe harpe 4 septembre 11:14

                                                          @njama

                                                          Vous ne répondez pas à cette question ,pourtant simple, où la réponse ne peut que oui ou non .

                                                          Rendez vous aux prochaines commémorations du génocide arménien , le 24 Avril.


                                                        • njama njama 4 septembre 11:48

                                                          @harpe
                                                          Vous ne répondez pas à cette question ,pourtant simple, où la réponse ne peut que oui ou non .

                                                          Je savais très ce que vous attendiez, mais l’histoire n’est pas aussi simpliste. Allez pour faire court disons qu’il y eut une insurrection de certaines factions arméniennes dès 1890, puis une contre-insurrection ottomane, et entre les deux de très nombreuses victimes directes et indirectes, et la guerre 14 par dessus tout ça. C’est l’ampleur du désastre qui pousse moralement à dire qu’il s’agit d’un génocide.
                                                          Ce serait bien que les Arméniens reconnaissent leurs parts de responsabilités dans ce drame, au lieu de tout mettre sur le dos des turcs. C’est ce que je pense qu’il faudrait pour sortir de l’impasse arménienne. Et que Erevan ouvre les archives du Dachnak, du Hintchak,... aux historiens pour creuser davantage les motivations de leurs révolutionnaires.


                                                        • njama njama 5 septembre 09:44

                                                          Hovannès Katchaznouni (Premier Ministre d’Arménie) en avril 1923 à la conférence du parti révolutionnaire arménien « DACHNAKSOUTIOUN » livre une analyse lucide et sans concession pour son Parti de la situation. Compte-tenu du personnage, de ses très hautes fonctions, on peut estimer que la valeur historique de ce Manifeste comme le degré de pertinence sont très élevés.

                                                          Il reconnaît que la constitution de milices arméniennes qui se sont mises au service de l’armée russe qui agressait la Turquie a été une erreur.

                                                          Il ajoute que la diplomatie européenne (anglaise, française), malgré ses promesses, a abandonné les Arméniens à leur sort. (ce peut-être pourquoi elle préfère ne pas trop remuer cette histoire dans laquelle elle n’était pas claire, et se servir du génocide arménien comme d’un couvercle sur la marmite plutôt que d’ouvrir ses archives).

                                                          Il comprend que en réaction à leur lutte indépendantiste les Turcs ont eu raison d’avoir une réponse impitoyable qui ont vidé des régions arméniennes, engendré des déportations de masse qui ont jeté dans leurs régions il dit « qui envahirent nos régions... où il n’y avait pas assez de pain pour ses propres habitants »(sic) des dizaines de milliers d’Arméniens dans la misère, la famine, la maladie... qui ont fait des hécatombes. (il ne s’agit donc pas d’une volonté d’exterminations programmées, mais bien d’une stratégie militaire, d’une contre-insurrection)

                                                          Il accuse la Russie (tsariste) de lâcheté politique, et la tient pour responsable. (la Russie devenue communiste offrira par la suite une opportunité à l’Arménie qui rejoindra l’URSS.)

                                                          en italiques mon commentaire


                                                          • njama njama 5 septembre 09:53

                                                            L’extrait explicite du Manifeste (« Le Parti Dachnak n’a plus sa raison d’être » fut publiée en URSS (Tiblisi) en 1927) :

                                                            « 3. Pendant la période de l’été et l’automne 1915 les arméniens de Turquie furent forcés d’émigrer, l’exode des masses et les attaques sont gravées dans les mémoires. Tous ces événements furent un coup mortel pour le problème arménien. L’Arménie historique, nos coutumes héréditaires, les régions que la diplomatie européenne nous avait promises, avaient été abandonnées et les villes arméniennes sont restées sans Arméniens. Les Turcs savaient ce qu’ils faisaient et aujourd’hui ils n’ont rien à regretter, comme on l’a réalisé plus tard, cette tactique pour régler définitivement le problème arménien, était la plus efficace et la plus commode. Aujourd’hui, il est inutile de se demander combien la participation de nos milices à la guerre, avait influencé de façon négative la situation des Arméniens de Turquie. Personne ne peut dire que si nous avions suivi une autre ligne sur ce côté de la frontière il n’y aurait pas eu d’attaque sans pitié. Si nous n’avions pas tenu compte de notre minorité envers les Turcs on ne peut pas prétendre que les attaques en question auraient été aussi impitoyables. On peut avoir des divergences de vue sur ce sujet. La vérité reste un fait réel et cela est très important. La lutte commencée des années auparavant contre l’indépendance vis-à-vis de la Turquie a fini par la déportation des Arméniens de Turquie et en conséquence, par le nettoyage des régions arméniennes. Voici la vérité. Abandonnez l’idée que dorénavant, le monde civilisé est troublé devant les atrocités des Turcs. Dans les parlements et les associations des civils, les hommes d’état traitent les Turcs d’assassins et publient des livres »bleu« , »jaune« ou d’autres couleurs. Dans tous les lieux de culte, les prêtres prient pour que les Turcs soient punis. La presse mondiale publie des témoignages et des descriptions affreuses. Quel sens tout cela tout cela peut-il avoir ? Tout ce qui était à faire avait été fait et les mots sont impuissants à décrire les cadavres éparpillés dans le désert d’Arabie, et à sauver les maisons détruites ou le pays abandonné.

                                                            4. La deuxième moitié de 1915 et la totalité de 1916 devinrent une période de deuil général pour nous tous. Les réfugiés de Van, d’Eleskit, de Basen et la totalité des gens sauvés du massacre, des dizaines et des centaines de milliers de personnes affamées, nues, malades et effrayées envahirent nos régions. Cette masse affamée était arrivée dans une région où il n’y avait pas assez de pain pour ses propres habitants. Les émigrés malades, sans force et faibles erraient dans les rues. Les vallées de Şırnak et d’Ararat ressemblaient à un immense hôpital, ici des milliers d’Arméniens mouraient de faim ou de maladie, sous nos yeux. Nous étions incapables de sauver ces vies humaines si précieuses. Nous, qui étions furieux et effrayés, cherchions un responsable et nous l’avons trouvé : c’était le gouvernement de Russie et sa lâcheté politique. Dans une panique générale, comme des gens déséquilibrés et politiquement immatures, nous étions projetés d’un extrême à l’autre. Nos croyances d’hier étaient aussi déséquilibrées et sans fondement que nos accusations d’aujourd’hui. »

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