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Syrie, vers une confrontation généralisée ou un rééquilibrage des forces ?

Avec le recul de Daesh en Syrie, paradoxalement, les dangers s’accroissent pour la maîtrise des territoires libérés ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses en entrainant malgré eux les USA et la Russie dans un combat frontal.

La récente attaque d’une usine de fabrication de missiles iraniens et d’armes chimiques à Masayaf en Syrie, attribuée à Israël, le renforcement de la présence du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution à la frontière nord de l’Etat hébreu sont-ils les prémices d’une confrontation généralisée ? Ou au contraire, est-ce le signe d’un rééquilibrage des forces entre les USA et la Russie, avec leur coalition respective, dont la clé serait la prise de l’important bastion de Daesh à Deïr ez Zor ?

 

Daesh, sous sa forme étatique, subit à son tour ce que l’organisation terroriste a infligé à la Syrie et à l’Irak. De leur côté, l’Iran, le Hezbollah libanais et les troupes du régime syrien, comblent le vide au détriment des autres forces, en particulier les Kurdes, ayant contribué à la défaite des djihadistes sunnites.

L’ambition de Téhéran est double. D’une part, la constitution d’un « corridor chiite », c’est-à-dire une continuité territoriale allant de l’Afghanistan jusqu’au Liban. Et d’autre part l’encerclement d’Israël en ouvrant un nouveau front au Nord à partir des frontières Syro-libanaises et via le Hamas à Gaza au Sud. Loin d’apaiser les tensions, ces objectifs sont de nature à embraser à nouveau la région alors que l’EI (Etat Islamique) vit ses derniers instants.

Si pour l’heure, la Coalition mise en place par les USA semble laisser carte blanche à la théocratie chiite et ses affidés, alliés de la Russie, dans le même temps, une série d’évènements majeurs se sont produits, dans un lapse de temps très court, qui mis en perspective peuvent être interprétés comme une sévère mise en garde à Téhéran et ses alliés, où Moscou joue un rôle pour le moins ambiguë.

 

Le renforcement du mandat de la FINUL au Liban

Tout d’abord, le 30 aout, le mandat de la FINUL, la force intérimaire de l’ONU au Liban, a été reconduit et renforcé par le Conseil de Sécurité. Même si le Hezbollah n’est pas nommé explicitement, à la demande du Kremlin, il vise à entraver son action et en particulier son réarmement. Objectif qui aurait déjà dû être atteint par la mise en place de la résolution 1701 de 2006, alors qu’aujourd’hui la milice chiite possède près de 150000 missiles pointés sur les agglomérations israéliennes. Il est utile d’insister sur le fait que sous cette forme, la Russie pourtant alliée de la Syrie et de l’Iran, a soutenu la résolution.

 

L’ONU accuse le régime syrien de crime de guerre

Ensuite, l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad, la fameuse « ligne rouge d’Obama », a été condamnée pour la première fois par l’ONU, le 6 septembre dernier. En effet, les Nations Unies accusent le gouvernement syrien de crime de guerre pour l’utilisation de gaz de combat à Khan Cheikoun ayant causé des centaines de victimes. Ces armes de destruction massive étant très probablement produites sur le site de Masayaf cyniquement dénommé « centre de recherche » par les autorités syriennes.

 

Bombardement du site de Masayaf attribué à Israël

Quelques heures après cette condamnation, dans la nuit du 6 au 7 septembre, le complexe de Masayef a subi une attaque aérienne d’origine indéterminée causant de très sérieux dégâts. Le site de fabrication de missiles iraniens et d’armes chimiques utilisées contre le peuple syrien a été détruit. Le régime alaouite -branche du chiisme-, l’a fermement condamné et a attribué cette attaque à Israël qui ne l’a pas revendiqué, comme c’est habituellement l’usage. Par contre d’anciens hauts responsables de Tsahal ont reconnu que l’Etat Hébreu avait par le passé déjà mené une centaine d’attaques similaires, et commenté la nature de la cible de la présente opération. Le Premier Ministre ainsi que le Ministre de la défense de l’Etat hébreu ont, pour leur part, réaffirmé clairement les limites à ne pas dépasser en Syrie : le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah, un corridor chiite de Téhéran à la Méditerranée et l’ouverture d’un nouveau front au Nord contre Israël. 

 

La plus grande manœuvre militaire d’Israël depuis 20 ans !

Enfin, Israël a lancé depuis le 4 septembre sa plus grande manœuvre militaire depuis 20 ans, intégrant l’infanterie, la marine, l’aviation et les renseignements. Durant une dizaine de jours, des dizaines de milliers de soldats se sont entrainés à combattre le Hezbollah lors d’exercices sur le terrain et par des simulations informatiques.

Ce déploiement de force, officiellement adressé à Hassan Nasrallah et ses miliciens libanais, doit être interprété avant tout comme une démonstration de ce que les troupes chiites pourraient subir si une confrontation directe entre Israël et l’Iran devait avoir lieux, en Syrie ou ailleurs.

 

Que veut la Russie ?

Poutine, allié de l’Iran et de la Syrie, s’entretient régulièrement avec leur plus grand ennemi, Israël, jusqu’à mettre en place un canal de communication étroit afin d’éviter des affrontements involontaires entre les deux armées. Dans ce contexte, et sachant que les radars russes quadrillent toute la région, on peut difficilement imaginer que les opérateurs n’ont pas vu sur leurs écrans les jets israéliens réalisant leur mission à Masayef.

Par ailleurs, à l’image de la Chine avec Piongyang, Moscou tolère de moins en moins les prises de décision non concertées de ses alliés perses et alaouites. Ce jeu dangereux pourraient mettre en péril une stratégie savamment mise en place ayant permis à la Russie de reprendre pied dans cette région avec le succès que l’on sait. Ainsi, il est plus essentiel pour la Russie de protéger ses bases militaires (aéroport et installation navale) de Lattaquié et Tartous donnant sur la Méditerranée que de préserver le régime de Bachar el-Assad, ou d’accompagner les visées hégémoniques perses. Mais dans le même temps, le Président russe ne peut négliger les débouchés économiques iraniens. Aussi, faire passer le message par israéliens interposés paraît la meilleure solution.

Pour l’Etat Hébreu, c’est également le moyen de faire comprendre à tous les protagonistes, y compris ses alliés américains qu’aucune solution ne sera acceptée en Syrie si elle brade ses impératifs sécuritaires.

 

Que veulent les USA ?

La politique de Donald Trump semble difficile à décrypter. Alors que le président Américain, au nom de la constitution d’une « zone de désescalade », avait retiré, sans contrepartie, ses troupes du sud de la Syrie, aussitôt occupées par les russes et ses affidés, il se lance désormais dans une opération visant à ravir aux mains de Daesh le point stratégique de Deïr ez Zor dans la vallée de l’Euphrate.

Officiellement, il s’agit d’une manœuvre en tenaille conjointe entre les USA, la Coalition et les Kurdes d’une part, et d’autre part la Russie, l’armée de Bachar, l’Iran et ses supplétifs. Mais en réalité, celui qui contrôlera ce point stratégique déterminera l’avenir de toute la région et en particulier pourra mettre un frein aux ambitions de Téhéran, en brisant son rêve d’un « corridor chiite ».

La crise Nord-Coréenne a peut-être joué un rôle dans le revirement de Washington qui a pris conscience du danger que pouvaient représenter deux régimes nucléaires incontrôlables, pouvant à tout instant menacer la sécurité du monde.

 

Existe-t-il un risque de confrontation généralisée ?

Il paraît peu probable qu’un affrontement direct puisse se produire entre un Donald Trump, certes imprévisible, et un Vladimir Poutine déterminé mais pragmatique. Ce dernier, souvent adepte la manière forte, s’est déjà montré fin négociateur si la situation l’imposait, pour arriver à ses fins. Par ailleurs, les deux Présidents, à en juger par les derniers évènements, semblent en phase pour ne pas laisser la bride sur le coup des Mollahs perses et refreiner leurs ambitions hégémoniques.

Mais ils devront tenir compte également des impératifs sécuritaires israéliens dont les deux superpuissances avaient apparemment fait l’impasse lors de leur précédent accord. D’autant plus, que l’Etat Hébreu n’est pas seul puisqu’il partage avec les grands pays sunnites, l’Egypte, la Jordanie et les Etats du Golfe, les mêmes craintes vis-à-vis de l’Iran et ses supplétifs. Ce dangers ayant contribué à forger une coalition de fait.

Quant aux Kurdes, soutenus par les forces aériennes US, ils se sont montrés d’une redoutable efficacité contre Daesh. Ils en ont payé un lourd tribut. Aussi, ils ne laisseront certainement pas passer facilement la chance historique d’obtenir enfin un Kurdistan indépendant malgré les très fortes pressions exercées par le gouvernement central irakien ou les Turcs, alignés sur la politique de Téhéran.

 

Il ne sert à rien de couper les têtes de l’hydre !

Cependant, la complexité du confit est telle que tout peut arriver. Chaque front définit ses alliances, et chacun semble jouer sa propre partition, ce qui est propice aux dérapages incontrôlés.

Il ne sert à rien de couper les têtes de l’hydre, en s’en prenant uniquement à Daesh par exemple, car elles repoussent et ce faisant, le conflit s’étant, jusqu’à s’inviter dans les pays occidentaux.

Aussi, il n’y aura pas de résolution de la guerre en Syrie, ni de paix au Moyen-Orient, sans la résolution des conflits sous-jacents, et en particulier au sein du monde musulman, entre sunnites et chiites.

 


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125 réactions à cet article    


  • njama njama 18 septembre 11:28

    Que veulent les USA ?

    très bonne question ...
    ajoutons, mais que font-ils en Syrie ?
    sinon d’avoir essayé de semer la sédition, de renverser Bachar al Assad, de tenter une partition de la Syrie, ... bref des objectifs clairement sionistes

    Leur présence en Syrie est non seulement illégale au regard du droit international, contrairement aux russes, mais de plus hautement toxique


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 septembre 11:44

      @njama

      Que veulent les USA ?

      Rassurer leurs alliés (Israël et pays du Golfe) qui ne peuvent pas blairer l’Iran. Comme les rodomontades contre Pyong Yang servent à rassurer (autant que faire ce peut) le Japon.

      Non la vraie question, c’est que veut Vladimir maintenant que la protection de son ami Bachar est réalisée, là on a l’impression que c’est une direction au doigt mouillé.

      Enfin, on le laissera avec ses nouveaux amis, Hezbollah, mollahs iraniens.


    • njama njama 18 septembre 12:05

      @Olivier Perriet

      La Syrie menaçait qui en 2011 ?

      personne
      les journaux nous racontaient qu’il s’agissait d’une révolution ... non ?

      qui a dit « Bachar doit partir » ?
      Obama en aout 2011

      soyez logique un peu

      quant au Hezbollah, il protège le Liban


    • Odin Odin 18 septembre 12:31

      @Olivier Perriet

      « là on a l’impression que c’est une direction au doigt mouillé. »

      Vos impressions démontrent votre nullité en analyses géopolitiques, pour les améliorer il serait nécessaire que le vôtre de doigt vous le sortiez d’où il se trouve. 


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 septembre 13:19

      Allons, allons, Njama...
      Pour les islamistes du Hezbollah, « l’entité libanaise », c’est l’œuvre de Satan (des Français en l’occurrence).

      Personne n’a dit que la Syrie menaçait quelqu’un en 2011 :
      vous noyez le poisson, vous confondez avec Bush en 2003 (mais ça fait déjà près de 10 ans).

      Bien sûr qu’il y a eu un délitement du pouvoir d’Assad, même lui il reconnait qu’il a fait face à une insurrection de 500000 personnes.


    • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 16:46

      @njama
      Que font l’Iran et le Hezbollah libanais en Syrie ? Ils constituent un point d’appel aux djihadistes sunnites qui y voient une légitmation pour poursuivre le combat milénaire entre chiites et sunnites


    • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:04

      @Olivier Perriet

      Entre Poutine et Trump, c’est le premier qui semble avoir les idées les plus claires sur ce qu’il veut. Mais comme le Président US il est pris dans des contraintes contradictoires.

      Poutine voudrait qu’Israël et les USA limitent les appétits de l’Iran, ses supplétifs et du régime syrien à sa place pour protéger ses bases sur la Méditerranées et continuer à commercer avec Téhéran.

      Trump donne l’impression d’être hésitant et ne sait pas quel dossier prioriser entre la Corée du Nord et l’Iran.

      Sur le terrain ces atermoiements des superpuissances sont une invitation à laisser les autres acteurs avancer leurs propres pions.

      Avec une telle logique on peut aboutir à l’inverse de ce qui était attendu.... Tout peut arriver !


    • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:08

      @njama

      En Syrie, le Hezbollah protège le Liban un peu loin de ses frontières...

      Par ailleurs, le Hezbollah qui ne rend des comptes qu’à Téhéran et non au gouvernement libanais a déclaré de son propre chef la guerre à Israël en 2006.

      C’est une bien étrange façon de protéger son pays, ne trouvez-vous pas ?


    • njama njama 18 septembre 17:23

      @Hagay Sobol
      Les (islamistes) sunnites n’ont pas attendu les chiites pour semer le chaos. Le Hezbollah n’est intervenu en Syrie qu’en mai 2013 (bataille de Qousseir) , soit un peu plus de 2 ans après les événements en Syrie de mars 2011.
      Les islamistes occupaient Qousseir depuis 2012 et se servaient du Liban comme base arrière de même que pour ramener des armes

      C’était une question de sécurité, et libanaise, et régionale, de plus certains groupes islamistes sunnites détruisaient systématiquement mosquées, mausolées chiites, de même qu’églises et pillaient le patrimoine antique. Ils avaient annoncé clairement leurs intentions de détruire le Mausolée de Zeinab, haut lieu de pèlerinage pour les chiites, ce qui était une provocation de leur part.

      L’Iran n’a pas fourni à ma connaissance d’appui militaire en hommes sur le terrain, mais de la formation, du renseignement, .... Les russes sont intervenus sur demande du gouvernement syrien en septembre 2015 soit plus de 4 années après le début du conflit qui je vous le rappelle n’avait aucune base confessionnelle.

      L’opposition millénaire entre chiites et sunnites, ne l’est pas plus qu’entre catholiques et orthodoxes, vous colportez des clichés, puisque la coexistence de chiites et sunnites, en plus de différentes sortes de chrétiens et juifs, est millénaire, en proportion variable d’un pays à l’autre.


    • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:37

      @njama

      Loin de moi d’exonérer les djihadistes sunnites. Les attentats contre les civils et les mosquées chiites relèvent de la barbarie la plus odieuse et doivent être condamnés sans aucune limitation.

      L’Iran est bel et bien sur le terrain et les morts au sein des gardiens de la révolution se comptent par centaines. La population iranienne s’est élevé avec le retour des cercueils contre l’inutilité de l’intervention des pasdarans en Syrie.

      Rien ne justifiait en termes de sécurité pour le Liban l’intervention du Hezbollah. Sauf que la milice chiite est armée et financée par Téhéran et qu’elle obéit aux ordres des Mollahs perses qui lui ont intimé l’ordre d’intervenir en Syrie.

      Quant à la coexistence pacifique entre les différents cultes ou mouvements ou le respect des minorités cela relève du vœux pieux.


    • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:51

      @Olivier Perriet
      Tout à fait d’accord !


    • vesjem vesjem 18 septembre 23:04

      @Olivier Perriet
      olive, toujours à raconter des conneries ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 19 septembre 09:19

      @vesjem

      mes « conneries » c’est ce qu’on a sous les yeux.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 septembre 11:54

      Daesh, sous sa forme étatique, subit à son tour ce que l’organisation terroriste a infligé à la Syrie et à l’Irak

      Non, Daesh est née de l’éclatement de l’Irak après l’invasion américaine de 2003. Elle s’est étendue en Syrie parce que Assad avait tout intérêt à privatiser l’est syrien pour les candidats au jihad mondial, et après accueil des réfugiés irakiens. L’implosion syrienne de 2011 a fait le reste. Daesh est le produit du vide étatique.

      Je suis bien d’accord, la montée en puissance de l’Iran et ses hommes liges (pouvoir irakien officiel, pouvoir syrien de Assad fils, Hezbollah libanais) est très lourde de crises à venir, la fin de Daesh ne règle absolument rien.

      La région n’a pas fini de payer l’invasion en Irak en 2003, qui a ouvert une boîte de pandore (Kurdes, chiites/sunnites, frontières héritées des années 20, avenir du Liban, etc)

      Que veut Trump ? Rassurer ses alliés, Israël et pays du Golfe, qui sont très anti iraniens.

      Par contre quelle sera la politique russe, je ne saurais trop dire.
      Assad est sauvé et il doit tout à l’Iran et à la Russie. Maintenant comme tout ça va évoluer.... ?


      • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 16:56

        @Olivier Perriet

        Je partage votre position sur de nombreux points. Il s’agit d’un problème complexe dont la genèse cependant est antérieure à l’invasion US de 2003.

        Comme vous l’évoquez, le partage des dépouilles de l’empire Ottoman entre la GB et la France au mépris de la réalité ethnique ou religieuse a posé les bases des futurs conflits qui comme pour les Balkans n’attendaient qu’un affaiblissement des pouvoirs pour émerger.

        Une constante cependant est la lute pour la domination au sein de l’Islam entre chiites et sunnites et au-delà entre arabes, perse et turcs.

        Il n’y a pas de réponses simples à un problème complexe.


      • njama njama 18 septembre 17:38

        @Hagay Sobol

        Une constante cependant est la lutte pour la domination au sein de l’Islam entre chiites et sunnites et au-delà entre arabes, perse et turcs.

        Vous voyez le problème de cette façon, alors que celle des forces impérialistes (j’entends pas là GB, France, principalement, anciennes puissances mandataires après l’effondrement de l’empire ottoman, US et Israël qui leur fait office de dominion) était, et est toujours, d’empêcher l’émergence de puissances régionales, à la fois au plan économique, qu’au plan politique (panarabisme, communisme) les intérêts stratégiques dans la région étant d’autant plus important que ces puissances entendent jouer un rôle de leadership dans la globalisation.

        Exactement la même stratégie est produite dans différents endroits clé du monde sur différents continents ... Lisez Zbigniew Brzezinski à l’occasion

        bref toussa toussa bien loin de questions ethniques, ou religieuses qui ne sont que des cache-sexes pour tenter de justifier ces conflits.


      • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:56

        @njama

        J’ai également écrit ce que vous reprenez comme si j’en avais fait l’impasse :

         "le partage des dépouilles de l’empire Ottoman entre la GB et la France au mépris de la réalité ethnique ou religieuse a posé les bases des futurs conflits qui comme pour les Balkans n’attendaient qu’un affaiblissement des pouvoirs pour émerger.« 

        Le problème c’est que dans la liste des »profiteurs« à l’origine de l’accord Sikes-Picot de 1916 vous citez Israël dont l’indépendance ne sera proclamée qu’en 1948...

         »Y’a comme un problème..."


      • njama njama 18 septembre 18:25

        @Hagay Sobol

        dsl, je me suis mal exprimé, aucun anachronisme dans mon esprit , puisque je voulais dire Israël qui leur fait aujourd’hui office de dominion

        ce qui était tout à fait dans les perspectives proto-sionistes qu’imaginait le visionnaire Lord Shaftesbury en 1840
        https://www.agoravox.fr/commentaire4585892


      • vesjem vesjem 18 septembre 23:05

        @Olivier Perriet
        ne prend pas tes désirs pour des réalité, petit troll


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 19 septembre 09:23

        @vesjem

        Il n’y a qu’en oubliant les actes du Hezbollah depuis 30 ans qu’on peut l’appeler « mouvement de libération et de protection », comme dit le propagandiste plus haut.

        ça peut marcher....uniquement pour ceux qui sont venus au monde l’année dernière.


      • Massada Massada 19 septembre 09:50

        @Olivier Perriet
         
        pour ceux qui sont né l’année dernière : Attentat du Drakkar : Cinquante-huit parachutistes français des 1er et 9e RCP sont tués dans un attentat terroriste au poste Drakkar. Le Hezbollah a le premier revendiqué l’attentat.
        Ils opéraient pour l’ONU dans une mission de maintient de la paix, la Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB).


      • njama njama 19 septembre 12:21

        @Massada
        Attentat du Drakkar ... Le Hezbollah a le premier revendiqué l’attentat.

        quel rapport avec l’article ?
        allégation sans la moindre preuve ! d’autres accusent les FARL... bon faut savoir ! peut-être les Phalanges libanaises (Kataeb) ? ou les Forces Libanaises (milices chrétiennes) soutenues par Israël ? ou le Mossad ?

        Vous avez retrouvé le camion Massada ?
        où en est la commission d’enquête ?
        pourquoi ? pas d’enquêtes ... et pourquoi des officiers demandaient aux paras survivants de dire qu’il y avait eu échange de coups de feu et intrusion d’une camionnette qui n’existent pas ?

        http://www.dailymotion.com/video/x63ysv_la-verite-sur-lattentat-du-drakkar_news

        Attentat du Drakkar : qui a tué les paras français de Beyrouth en 1983 ?
        http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/23/qui-a-tue-les-paras-francais-de-beyrouth-en-1983_3501317_3224.html


      • Hagay Sobol Hagay Sobol 19 septembre 13:54

        @Massada
        En effet, les services de renseignements occidentaux ont conclu au fait que cet attentat était l’acte de naissance du Hezbollah.


      • Hagay Sobol Hagay Sobol 19 septembre 14:04

        @njama

        Vu les états de services du Hezbollah, ce type de pratique ne leur est pas étranger.

        Quant aux autres éventualités, elles sont peu plausibles et cet attentat ne leur rapporte rien, bien au contraire. Et il y a suffisamment à dire par ailleurs.

        Pour les Phalanges on peut leur reprocher les massacres de Sabra et Chatila dont les deux responsables sont connus Elie Obeikha et Samir Geagea, suite à l’assassinat du président libanais Bachir Gemayel.

        Pour le Mossad et Israël, à force de les voir partout et responsables de tous les maux de la région, cela perd toute crédibilité. Cette feuille de vigne de la faillite des gouvernements arabes ne fait plus recette.


      • njama njama 18 septembre 12:01

        Quant aux Kurdes, ...

        Syrie : après la guerre, comment gagner la paix ?
        Par Caroline Galactéros 13/09/2017

        [........]

        "Quant aux Kurdes enfin, cessons là aussi de feindre de croire que leur rêve étatique, légitime ou non, prendra corps. Le soutien américain à leur « cause » disparaîtra lorsque Daech sera défait. Les pays rivaux qui abritent des minorités kurdes sont tous d’accord sur une chose : pas question d’entamer leur intégrité territoriale à leur profit. Téhéran et Damas, qui se rapprochent à grands pas, en témoignent." ...

        http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/09/13/31002-20170913ARTFIG00207-syrie-apres-la-guerre-comment-gagner-la-paix.php


        • njama njama 18 septembre 12:42

          Les autorités irakiennes ne veulent pas que le Kurdistan devienne « un deuxième Israël »
          ...
          « Nous ne permettrons pas la création d’un second Israël dans le nord de l’Irak », a prévenu le vice-président irakien Nouri al-Maliki le 17 septembre, dans des propos rapportés par l’AFP. Il a ainsi affirmé refuser la création d’un Etat sur des bases ethniques au Moyen-Orient, sur le modèle de la création, en 1948, de l’Etat d’Israël.

          Nouri al-Maliki a par conséquent plaidé pour une annulation pure et simple du référendum, arguant qu’il était contraire à la Constitution et ne servait pas « l’intérêt général du peuple irakien, ni même l’intérêt particulier des Kurdes ». « Ce référendum aura des conséquences dangereuses pour la sécurité, la souveraineté et l’unité de l’Irak », a-t-il affirmé.

          https://francais.rt.com/international/43312-autorites-irakiennes-ne-veulent-pas-kurdistan-deuxieme-israel


        • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:15

          @njama

          Vous avez raison et ce ne serait pas la première fois que les Kurdes seraient ainsi trahis. La GB leur avait promis un Etat indépendant pour qu’ils sipmlique dans la lutte contre l’empire Ottoman lors de la première guerre mondiale.

          Au lieu de cela la GB et la France ont créé de toutes pièces des Etats artificiels à leur plus grande convenance.

          Cette partition portait déjà en germes les conflits actuels.

          Seulement, les Kurdes qui ont été en première ligne contre Daesh ne vont pas brader leur chance historique d’avoir un Etat.

          Une confrontation directe avec les Kurdes est problématique pour tout le monde. L’Irak n’a pas les forces nécessaires. La Turquie et l’Iran risquent de se retrouver avec un soulèvement leurs populations kurdes et une recrudescence du terrorisme.


        • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:16

          @njama

          Faudrait-il encore que l’Etat central puisse joindre les actes à la parole. L’armée irakienne affaiblit est-elle en capacité de lutter efficacement contre les Peshmergas ?


        • njama njama 18 septembre 18:15

          @Hagay Sobol

          pas que les Kurdes, les Arméniens ont également été utilisés et trahis aussi par les mêmes à la même époque et pour les mêmes raisons... et livrés à leur propre sort une fois leur utilité dans le détricotage de l’empire ottoman devenue marginale.

          Seulement, les Kurdes qui ont été en première ligne contre Daesh ne vont pas brader leur chance historique d’avoir un Etat.
          La bataille de Kobané était bien plus symbolique (3ème ville kurde du pays) que stratégique.
          Vous raisonnez comme si tous les Kurdes étaient d’accord entre eux, seule une petite partie des YPG se rallieraient au clan Barzani (irakien) mais leur référendum ne concerne pas le territoire syrien.
          Les kurdes n’ont jamais jusqu’à aujourd’hui combattu l’armée syrienne, le régime de Damas a même armé leurs milices, leur fournit des aides, et n’est pas hostile dans le principe à une plus large autonomie ou représentativité. Les Kurdes syriens se trouvent sur différentes régions séparées, et un million de Kurdes vivent à Damas ...


        • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 18:23

          @njama

          Bien d’accord avec vous. Les Arméniens ont payé et payent encore les trahisons successives.

          Les Kurdes ne sont pas actuellement une entité politique unifiée et sont présents dans différents territoires (Turquie, Irak et Iran principalement). En Syrie, relativement protégés par le régime alaouite, ils craignent la chute d’Assad et les accusations de collaboration avec le régime.

          Cependant les espoirs créés par l’autonomie irakienne, les menaces turcs et le risque de la lâchage US, avec la peur d’être pris en étaux transcende temporairement les division au profit d’une lutte pour la survie.

          C’est ainsi que l’on a vu sur certains fronts des groupes kurdes antagonistes luter conjointement. 


        • njama njama 18 septembre 18:34

          @Hagay Sobol

          Je penche plutôt pour une forme de reconnaissance loyale des Kurdes pour Damas, car la Syrie a accueilli de nombreux partisans du PKK et leurs familles à une certaine époque quand Istanbul les persécutait

          Il va de soi que leurs idées politiques sont tellement plus proches de la république laïque arabe syrienne que de celles de l’AKP de Erdogan (ex Parti islamique Refah)


        • Byblos 19 septembre 05:52

          @njama
          En soulevant la question du problème arménien, vous touchez un point d’autant plus intéressant qu’il est rarement abordé sous l’angle des promesses faites par les Britanniques pour que les Arméniens se soulèvent contre l’empire ottoman. 

          Il faudra un jour que ceux-ci soulèvent la question de la responsabilité britannique dans la facilitation de leur massacre.

        • Hagay Sobol Hagay Sobol 19 septembre 08:02

          @Byblos

          Pour que justice soit faite, il faudrait commencer par une position unanimes des pays occidentaux, phares des nations, pour imposer à la Turquie, la reconnaissance du génocide arménien. Est-il concevable de proposer l’intégration européenne à un pays révisionniste ?


        • njama njama 19 septembre 13:04

          @Hagay Sobol

          Je ne partage pas du tout votre point de vue sur imposer politiquement la reconnaissance du génocide arménien à la Turquie. Depuis quand la diplomatie devrait-elle user de tels procédés ? Laissons l’histoire aux historiens, ça vaut bien mieux...

          Replaçons ces pages sombres dans leur contexte, celui de l’émergence de tous nationalismes à la fin du XIXème siècle, nouveau paradigme politique qui fait florès et qui motivait, tant les Kurdes comme vous le rappeliez, que les Arméniens, que les Juifs (sionisme), et bien d’autres ...
          Quand la question arménienne est évoquée, on oublie (ou on occulte de rappeler ?) que les Partis révolutionnaires Dachnak surtout et Hentchak aussi fondés en 1890 et 1887 étaient clairement « terroristes » *, ils le revendiquaient ... . Avant on disait « lutte armée », plutôt que terroriste, mais aujourd’hui par analogie, on pourrait dire qu’ils étaient d’une certaine manière le daech de l’époque dans l’empire ottoman, leurs aspirations - à une Grande Arménie allant de la Mer Noire à la Mer Caspienne, pas moins - étaient sans équivoque possible indépendantistes.
          Évidemment leurs violences dans cette guérilla sécessionniste leur ont coûté très cher, en tant que nation, les répressions étaient proportionnées, et ne furent non pas que le fait des Jeunes Turcs lesquels ne sont arrivés au pouvoir qu’en 1913.
          Faut arrêter de prendre les Arméniens de l’empire ottoman pour des anges qu’ils n’étaient pas, parce que ce n’est pas très historique ....


        • Hagay Sobol Hagay Sobol 19 septembre 14:09

          @njama
          Malheureusement les jeux changeant de Damas, d’Ankara, de Bagdad et Téhéran à leur encontre ne sont pas de nature à créer une confiance durable.

          On peut dire de-même pour les USA et les occidentaux.

          Ils ont durant cette « guerre civile » pris leur destin en main alors que les armées régulières syriennes et irakiennes battaient en retraite.

          Aussi, actuellement auront-il tendance à placer leur confiance en eux.


        • Hagay Sobol Hagay Sobol 19 septembre 14:18

          @njama

          Ce n’est pas ce que j’ai dit.

          S’en prendre à des civils et tuer plus d’1 millions de personnes sous le prétexte de lutte contre le terrorisme est pour le moins disproportionné. Il s’agit d’un génocide, ni plus ni moins et affirmer le contraire est du révisionnisme.

          Que la Turquie actuelle reconnaisse le génocide arménien, ne veut en aucun cas dire que les turcs d’aujourd’hui sont responsables. Mais ils sont cependant les héritiers d’une histoire, celle de l’empire Ottoman.

          La reconnaissance du génocide arménien aujourd’hui serait l’éclatante démonstration que la Turquie actuelle ne suit pas la même ligne que la « Sublime Porte » qu’elle est un Etat moderne qui ne partage pas les pratique de l’Empire.

          D’autres l’ont fait avant elle comme l’Allemagne, la France etc... pour leur propre histoire et leur responsabilité dans la Shoa.


        • JC_Lavau JC_Lavau 18 septembre 12:03

          Propagande pro-israël.


          • Hagay Sobol Hagay Sobol 18 septembre 17:17

            @JC_Lavau

            C’est-à-dire ?


          • leypanou 18 septembre 12:38

            Article qui reflète parfaitement le parti pris idéologique de l’auteur membre du Parti Socialiste avec des contre-vérités grosses comme le nez.

            Qui ne se rappelle pas en effet des propos ineptes du candidat PS qui disait lors des présidentielles :« je me refuse à hiérarchiser entre la lutte contre Daesh et la lutte contre Bachar al-Assad ». La France en lutte contre Bachar al-Assad ?

            1ère contre-vérité : Tout d’abord, le 30 aout, le mandat de la FINUL, la force intérimaire de l’ONU au Liban, a été reconduit et renforcé par le Conseil de Sécurité. C’est faux (reconduit oui mais par renforcé, lire par exemple ici, même si Nikki Halley a tout fait pour l’avoir, sur ordre de B Netanahyou).

            2ème contre vérité : En effet, les Nations Unies accusent le gouvernement syrien de crime de guerre pour l’utilisation de gaz de combat à Khan Cheikoun ayant causé des centaines de victime  :
            il ne faut pas confondre les Nations Unies avec un organisme des Nations-Unies, dirigé en plus par un jordanien dont on connaît « l’impartialité ».

            Ceci encore :

            un Vladimir Poutine déterminé mais pragmatique. Ce dernier, souvent adepte la manière forte  : sur quoi vous basez-vous pour faire ce genre d’affirmation, alors que justement c’est le contraire qui lui est reproché par les Russes eux-mêmes, ne serait-ce que lors de la mort du pilote russe dont l’avion a été descendu par la Turquie.

            Quand aux Kurdes et leur prétendue efficacité, sans la Coalition Internationale, cela aurait fait longtemps qu’ils seraient restés tranquilles et ils ne servent que de proxy pour l’empire qui ne veut(peut) pas y engager de forces terrestres. Par contre, leur efficacité en terme de nettoyage ethnique est indiscutable.



            • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 septembre 14:35

              @leypanou

              Salut, il faudrait peut-être lire l’article, sans en référer obligatoirement aux propos de comptoir d’un candidat du PS vous ne croyez pas ?

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