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La Russie est une puissance moyenne, le nouveau dogme de la police de la pensée

C'est un constat affligeant dans les médias français, sur les plateaux de télévision le propagandiste "russophobe" qu'il soit invité ou animateur fait fonction de grand inquisiteur. Face à eux, l'expert, le journaliste stricto-sensu, c'est à dire celui qui fait objectivement son travail, ne peut que courber l'échine et saluer comme paroles d'évangiles tous propos nauséabonds sur la Russie.

L'émission "C'est dans l'air" du 24 mai 2018, avait comme sujet : "Macron - Poutine : ennemis pour la vie ? ". Comme toujours lorsque cette émission évoque la Russie, l'ensemble des invités est choisi pour faire entendre un seul son de cloche(s) : Moscou et plus particulièrement V.V. Poutine incarnent le mal. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les invités des émissions consacrées à la Russie ces derniers mois. Pascal Boniface fondateur de l'IRIS, en étant présent aux six dernières émissions fait fonction de pilier. Avec François Clemenceau rédacteur en Chef du JDD, ils jouent le rôle des invités "impartiaux". Par exemple, lors de l'émission qui nous intéresse, ils donnaient la réplique aux "peu russophiles" Tatiana Kastouéva-Jean de l'IFRI et au philosophe Michel Eltchaninoff, auteur du livre "Dans la tête de Vladimir Poutine". Sachant que l'IRIS est financé pour 1/3 par le ministère des Affaires Étrangères et que l'américanophilie de François Clemenceau éditorialiste de politique étrangère à Europe1 n'est plus à démontrer, on peut dire sans trop prendre partie que l'émission fut quasiment à charge. Néanmoins, il faut reconnaître que Pascal Boniface a été le plus objectif, en rappelant par exemple le rôle très néfaste qu'ont les sanctions contre la Russie pour les agriculteurs français et le rôle du soft-power américain dans les élections françaises.

Pour mémoire, nous rappellerons que les deux derniers présidents français sont issus du programme "Young Leaders" de la French-American Fondation...

 

Dans la liste des autres invités récurrents des douze derniers mois, on retrouve Laure Mandeville membre du Think thank atlantiste, Atlantic Council, mais aussi Galia Ackerman, Cécile Vaissié c'est à dire la fine fleur de "l’amitié entre les peuples" à la mode ukrainienne... Cette obsession pour "l'impartialité", fut encore plus marquée durant la crise ukrainienne en 2014, où le plateau de "C'est dans l'air" vit défiler Marie Mendras ancien membre think thank atlantiste Chatham house et de la Transatlantic Academy, la crypto-bandériste Nathalie Pasternak et les déjà précitées Cécile Vaissié et Galia Ackerman. Autant dire que "C'est dans l'air" a fonctionné durant cette période comme une parfaite officine de promotion de la guerre civile ukrainienne.

Maintenant que le degré d'objectivité de l'émission a été précisé, nous pouvons regarder plus en détail ce qui fut dit le 24 mai 2018. Cette dernière avait comme prétexte la visite d'État d'Emmanuel Macron à Saint-Pétersbourg. Le plus virulent détracteur de la Russie fut sans surprise le philosophe Michel Eltchaninoff qui réalisa presque le sans faute du "russophobic concept dropping". Le philosophe réussit à placer : "ingérence russe dans les campagnes électorales, guerre hybride, Oleg Senstsov, novitchok, etc..." Il ne lui manquait plus que les termes "Navalny" et " Mh17 " pour réussir un " bullshit bingo " (voir explication ci-dessous).

 

Exemple de grille de "bullshit bingo" à utiliser lors des émissions de télévision consacrées à la Russie. Dès que vous avez complété une ligne ou une diagonale, vous pouvez vous écrier " foutaise ! " et gagner la partie.

 

 

Concernant les ingérences dans les processus électoraux d'un pays, comment pourrait-on qualifier les financements d'Alexei Navalny par la NED en 2007, dans le but d'établir une révolution de couleur ? On peut aussi s’interroger sur les financements provenant de 300 personnes de 46 nationalités qu'il reçut en 2013 lors des élections pour la mairie de Moscou. Il est bon de noter que ce genre de financement participatif qui se retrouve aussi pour "Bellingcat", est la meilleure façon pour anonymiser un financement occulte.

 

Un autre des concepts du champ lexical de la propagande "russophobe" est celui de la "guerre hybride". Ce concept fourre-tout développé aux USA au début des années 2000 et vulgarisé par Frank Hoffman a été totalement absent de la presse quotidienne francophone jusqu'en 2014. L'expression est tout d'abord appliquée à l'Ukraine par l'OTAN, puis démocratisée dans ce même pays. On la retrouve ensuite pour la première fois dans la presse française, dans une interview de Tatiana Kastouéva-Jean en mai 2014 et chez Antoine Arjakovski en juillet de la même année. Son usage se généralise dans la presse hexagonale, ou plutôt devrions nous dire dans l'usine à moutons, via des interviews de personnalités ukrainiennes (Valerei Gueletei, ministre de la Défense de l'Ukraine de l'époque ; Vladimir Gourbine, conseiller du président ukrainien ; Monseigneur Boris Gudziak, recteur de l'Université Catholique de Lviv) où des lobbyistes pro-Ukraine, par exemple Olivier Dupuis ancien député européen des verts. Durant l'année 2015, l’occurrence de cette expression est multipliée par 10, en grande partie par la généralisation de son usage, par exemple à Daech. En cela, on peut dire que c'est un échec de communication de la propagande ukrainienne. Le comble du ridicule fut atteint quand Petro Porochenko qualifia la famine soviétique de 1931-1933 (instrumentalisée sous le nom d'Holodomor en Ukraine) d'élément de la guerre hybride séculaire de la Russie contre l'Ukraine.

"Guerre hybride" peut donc être défini comme un des "Buzzword" de la propagande atlantiste.

 

Une fois passé ces lieux communs de la communication anti-russe, un nouveau "mème" est introduit par Michel Eltchaninoff : "il (E. Macron) va essayer de faire comprendre à Vladimir Poutine qu'au lieu de surjouer la grande puissance que la Russie n'est pas, il faudrait revenir à une discussion multilatérale intelligente entre puissances moyennes.... sachant que la Russie ce n'est même pas le PIB de l’Italie, ce n'est pas une grande puissance comme la Chine et les États-Unis".
Aucun des invités sur le plateau ne relèvent ces propos et ce malgré leurs absurdités. S'il est vrai que l'Italie a un PIB nominal en 2017 supérieur à celui de la Russie (1921 milliards contre 1469), ce critère n'est pas suffisant pour faire de la Russie une puissance moyenne. Le PIB ne mesure qu'un flux d'argent, il peut être comparé au Chiffre d'Affaire (CA) d'une entreprise. Or ce dernier, n'indique en rien qu'une entreprise est rentable et viable, d'autres critères sont à prendre en compte. Par exemple le ratio "capitaux propres/endettement global", qui pourrait être mis en parallèle avec l'endettement d'un pays. Pour ce critère, la Russie fait figure de très bon élève (13ème pays le moins endetté) avec une dette inférieure en pourcentage du PIB à celle du Koweït, alors que l'Italie avec une dette équivalente à 133 % de son PIB est le quatrième pays le plus endetté au monde. Il ne faut pas perdre aussi de vue que les BRICS ont un PIB supérieur à l'UE avec 18.270 milliards contre 17.112.
Il existe d'autres versions du PIB, par exemple le PIB à PPA (parité du pouvoir d'achat) qui reflète mieux la richesse réelle des habitants d'un pays. Dans le classement PIB-PPA, la Russie est 6ème pays au classement mondial et le deuxième état européen derrière l’Allemagne. Selon le cabinet d'audit PwC, la Russie devrait devenir le premier pays européen en 2030...

Donc l'argument de Michel Eltchaninoff sur le PIB n'est, ni faux ni vrai, en fonction du type de PIB pris en compte. Mais le PIB suffit-il à définir la puissance d'un pays ?

La réponse est bien évidemment non, on peut par exemple tenir compte de la puissance militaire estimée par les budgets consacrés par chaque pays. Dans ce classement, la Russie est cinquième et l'Italie neuvième, de plus cette dernière n'est pas une puissance nucléaire. Pour finir, nous allons prendre en considération le poids diplomatique du pays et là encore, la comparaison avec l'Italie est en faveur de la Russie puisqu'elle est membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU.
Il apparaît donc que la Russie peut être difficilement classée comme une puissance moyenne inférieure à l'Italie comme l'affirme Michel Eltchaninoff.

 

En réalité la Russie est une grande puissance diplomatique. Tout d'abord de par son rôle central dans les BRICS qui par eux seuls représentent 40 % de la population mondiale (3.139.000.000) soit plus de trois fois la population de l'UE et des pays membres de l'OTAN (964.746.034). De plus, elle est l'unique grande puissance à avoir des contacts diplomatiques concrets avec tous les intervenants des différentes zones de tensions actuelles, Corée du Nord, Israël, Iran, Syrie. Relations dont sont incapables les membres occidentaux permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU. Par exemple la France, la Grande-Bretagne et les USA, n'ont plus d'ambassade en Syrie depuis 2012, ce qui évidemment n'aide pas aux contacts diplomatiques. Les USA et l'UE classent le Hezbollah et le Hamas comme des organisations terroristes, ce qui peut être problématique pour la résolution des crises au Levant.

Si la Russie n'est pas la puissance moyenne que décrit Michel Eltchaninoff, alors pourquoi, Pascal Boniface n'a-t-il pas réagi promptement et n'a évoqué le rôle diplomatique de la Russie que 20 minutes plus tard ? On peut se demander d'ailleurs pourquoi lorsqu'il s'exprime, il cherche du regard l'adhésion de Michel Eltchaninoff. C'est à dire pourquoi, un expert en relations internationales de renommé mondiale s'inféode à un philosophe dont la seule contribution géopolitique se limite à un pamphlet anti-poutine ? Le point de vue de M. Eltchaninoff peut se résumer en une ligne : Poutine est un perdant, de surcroît un mauvais perdant et la Russie un petit pays, un pays pauvre.

En faisant cette observation, on met en évidence la difficulté des intervenants lors des émissions télévisuelles françaises à développer un avis objectif sur la Russie. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les différentes interviews d'Anne Nivat. L'adhésion de cette dernière à la doxa et le "poids médiatique" de son mari (Jean-Jacques Bourdin) sont suffisants pour lui ouvrir les portes des médias, mais pas pour lui permettre de librement développer son point de vue. Par exemple sur les plateaux du "Quotidien" de Yann Barthès et à "C'est à vous" sur France 5, Anne Nivat a tenté de dire que la Russie n'était pas une dictature. Ce qui lui a valu les foudres immédiates des animateurs.

Que devons-nous en déduire ? Malheureusement que les médias français ne sont plus qu'une dictature intellectuelle, où la propagande triomphe sur la vérité, où l'expert s'inféode au zélateur.

Alors n'en déplaise à tous ces "Tomas de Torquemada", la Russie est bien une grande puissance et de plus en plus un pôle d'attraction.


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153 réactions à cet article    


  • Blek 1er juin 08:46

    Si ce n’était pas une grande puissance , croyez vous que l’Occident perdrait son temps à critiquer la Russie. Est ce que les médias nous parlent de l’Equateur ou du Paraguay bien sur que non. Cette vieille technique médiatique montre son point faible justement à essayer de minimiser ce qui lui fait peur. Le problème c’est que les Russes se foutent pas mal de ce que l’on peut dire , ils savent qu’un jour ou l’autre on frappera à leur porte pour leurs matières premières. Les Allemands qui ont toujours 2 longueurs d’avance sur nous ont négocié pour le gaz et font semblant de donner raison aux USA pour éviter les représailles , mais ils savent que le jour ou l’oncle Sam commencera à défaillir , c’est la Russie la bouée de sauvetage.


    • Alren Alren 1er juin 13:47
      @Blek

      Je pense qu’il ne faut pas voir la Russie uniquement comme producteur de matières premières.
      On voit bien qu’en matière d’armement son industrie fait largement jeu égal sinon plus face aux arrogants pays occidentaux.
      Elle pourrait concurrencer durement l’industrie automobile allemande si elle développait cette branche de l’industrie moins complexe que la fabrication d’un avion de chasse !
      Il paraît que les Ladas de l’époque soviétique étaient increvables ...

      Elle a la capacité de développer des centrales nucléaires au thorium qui représentent la solution énergétique durable pour la production massive d’électricité.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er juin 15:29

      @Blek


      Dans un monde de croissante technologie, où la réussite ne dépend plus tant de la force (energie) appliquée - laquelle devient triviale - que des DÉCISIONS prises, la plus importante ressource naturelle d’une nation est sa ressource humaine efficacement formée. 
       
      Celle-ci peut être dite « efficacement formée », si ses compétences : a) correspondent aux exigences technique complémentaires requises pour atteindre les objectifs d’un PLAN, mais sont aussi, b)adéquatement manipulées pour que tous ceux dont le rôle est essentiel INTERIORISENT une commune volonté de réaliser ces objectifs.

      Maintenir cette commune volonté est le grand défi des médias. ils doivent diffuser un vision lisse des événements qui diverge de plus en plus de la réalité et maintenir l’illusion d’un consensus démocratique pour la prise de décision auquel il est de plus en plus ardu de croire..

      PJCA


       

    • Fanny 1er juin 15:54

      @Alren

      Vous soulevez une question qui reste pour moi assez mystérieuse : la qualité technique et industrielle des produits russes, en général assez médiocre et peu diversifiée pour ce que nous en connaissons (je ne suis pas pilote de chasse, ni commandant de sous-marin nucléaire).

      Dans une industrie que j’ai fréquentée, l’automobile, où les Allemands sont les vrais patrons en termes de technologies, les Japonais, les Français et les Coréens (bientôt les Chinois) parvenant à rester dans la roue des Allemands, les Américains sont tenus à distance (surprenant mais incontestable, l’Europe domine nettement les USA en matière de techno. automobile). Quant aux Russes, même si leurs Ladas démarraient par -30°C, ce n’étaient que des Fiat adaptées. La Niva tenait à peu près la route et pouvait tracter un tronc d’arbre, mais on avait quand même l’impression d’être au volant d’un PL. Ceci alors même que les publications à caractère scientifique et technique sur les moteurs, les boîtes de vitesses et suspensions pullulaient dans les bibliothèques soviétiques. Pour caricaturer, on pourrait dire que les Russes savaient dire comment faire, mais ne savaient pas faire.

      On pouvait penser que le poids du régime soviétique empêchait de bien faire. Mais depuis que ce régime a disparu, bientôt 30 ans,  il serait temps que les Russes nous montrent ce qu’ils savent faire (outre bien danser le kazatchok).  


    • Blek 1er juin 15:58

      @Alren
      Oui mais quand on a les deux , technologie + matières premières on a un carré d’as en main et c’est pour cela que les Ricains enragent et je dirais encore mieux ils n’ont pas de problèmes de communautarisme comme nous , ou si peu.


    • Laulau Laulau 1er juin 16:26

      @Fanny
      Le kazatchok est une invention française (enfin plutôt israélo-française) sur une mélodie russe.


    • JP94 1er juin 18:09

      @Fanny


      Il ne faut pas confondre ce qui est une priorité technologique ici et ce qui est une priorité technologique plus objectivement. 
      Bon OK, on fabrique de bonnes voitures ici , et en Diesel on est en pointe mais ça tombe bien ,la chasse au Diesel est ouverte...est-ce qu’en soit, la voiture est le nec plus ultra de la technologie ? pour la Bourgeoisie allemande, oui. 

      L’URSS a tout de même lancé le spoutnik, le premier homme, la première femme de l’espace..je sais bien que l’ID 19 a 250 brevets, mais à mon avis, ce qui marquera l’histoire de l’Humanité n’est pas l’ID 19...
      On peut regarder le niveau mathématique des deux pays, ( et l’Allemagne est bien loin).
      Il y a les sous-marins nucléaires, l’aviation civile et militaire ...l’armement de pointe..

      Il y a des choix économiques qui ne sont pas les mêmes.... La bourgeoisie russe préfère rouler en BMW qu’en véhicules nationaux ... est-ce une faiblesse technologique ? 

      Il y a d’excellents ingénieurs automobiles en Russie, mais encore faudrait-il que la technologie auto y soit considérée comme une priorité nationale ...

    • Fanny 1er juin 19:20

      @Laulau

      Kazatchok : danse cosaque ukrainienne à l’origine, sur diverses musiques.

      Reprise en France, en particulier par Rika Zaraï, sur des musiques de chansons russes dont principalement une chanson célèbre de la seconde guerre mondiale de l’Armée Rouge : Katioucha (Catherine se promenait sur le bord du fleuve escarpé ...). 



    • Fanny 1er juin 19:41

      @JP94
      « est-ce qu’en soit, la voiture est le nec plus ultra de la technologie » ?


      Bonne question.

      La voiture est le produit le plus complexe produit en très grande série.

      Elle assemble les plus hautes technologies, soumises au challenge de fonctionner 20 ans par tous les temps et les régimes vibratoires les plus divers.

      Elle dépense sans doute parmi les plus hauts budgets mondiaux en recherche/développement.

      Si c’est pas le nec plus ultra de la techno, alors c’est le ultra plus nec.

      La techno automobile russe, c’est aujourd’hui Renault.

      La Russie s’est effondrée en 1990, des armées de scientifiques et d’ingénieurs ont fichu le camp. Elle est repartie dans les années 2000, et on peut être surpris de voir le résultat après 18 ans. On en parle tous les jours de la Russie, tant elle nous casse les pieds, jusqu’à avoir eu une influence décisive sur l’élection présidentielle américaine (on a le droit de sourire).

    • Venceslas Venceslas 2 juin 01:40

      @Fanny
      Outre bien danser le kazatchok, ils savent aussi produire une littérature de qualité... Passons sur leurs musiciens, leurs peintres, leurs mathématiciens, leurs savants...


    • CN46400 CN46400 2 juin 11:17
      @Fanny
          Il n’y a pas de mystère. Pendant 70 ans, les soviétiques, conséquence du choix stalinien de 1927 (socialisme dans un seul pays) ne se sont vraiment penché que sur l’industrie lourde et surtout sur ses applications militaires ou para-militaires.
          Par exemple les chars T34 (plans espionnés aux USA par le NKVD dans le début des années 30) ne sont devenu des terreurs pour les nazis que lorsqu’il ont constaté (dec 41) que leur obus ricochaient, au lieu d’en perforer le blindage, pb résolu que très tard par les sidérurgistes allemands, pourtant très performants.
          Cela pour dire que les notices techniques ne disent que ce qu’on veut bien leur laisser dire. Situation différente en Chine où la fabrication en Chine même, par la main d’oeuvre chinoise des produits occidentaux induit, automatiquement, les transferts de technologie. C’est cela que visait Lénine avec la NEP, et que Deng Xiao Ping a introduit en Chine à partir de 1980. Mais la Russie, si elle a du pétrole, ne dispose pas d’un aussi énorme gisement de maind’oeuvre, à bas coût, susceptible d’attirer les capitalistes occidentaux qui sont accroc au profits rapides....

    • izarn izarn 2 juin 15:53

      @Fanny
      Pour savoir ce que valent les autos européennes , il suffit d’aller en Norvège et en Finlande pour savoir quelles autos ils achètent...
      On peut avoir des surprises...


    • izarn izarn 2 juin 15:54

      @izarn
      Il faut savoir que la majorité des autos européennes vendues sous les tropiques ; notament le Brésil sont italiennes...
      Tiens donc ?


    • samy Levrai samy Levrai 2 juin 16:36

      @CN46400
      Quelles sont tes sources pour dire que le T34 serait américain ? 

      Que je sache les chars américains de l’époque étaient loin d’être performants, cela sonne comme la propagande qui dit que les américains ont vaincu les allemands.

    • Xenozoid Xenozoid 2 juin 16:41
      @samy Levrai

      il parle de la fabrication je pense, il était moulé comme le tank sherman, pas tout soudé

    • samy Levrai samy Levrai 2 juin 17:25

      @Xenozoid
      dans wikipedia ils disent :« Cette caisse est fabriquée avec des plaques d’acier homogènes soudées entre elles »

      Les shermans étaient des chars nuls... je ne vois pas ce que le NKVD aurait bien pu pendre... fakenews ? 

    • Xenozoid Xenozoid 2 juin 17:55
      @samy Levrai

      je suis pas spécialiste,mais il me semble qu’ils était plus facile a produire,m’enfin,j’avais un site qui as disparu depuis et comparait la production a celle du sherman, je ne parle pas de la qualité du tank,c’était ma réflexion...fake niews.possible mais 70 ans plus tard,ça devient un détail

    • CN46400 CN46400 2 juin 18:13
      @samy Levrai
       Dans le domaine des armements, l’espionnage se pratique, depuis toujours, tout azimut. Dans le cas du T34, il y eu tant d’adaptation de l’engin par les soviétiques, moteur diesel, en alliage léger, transversal, capable de fonctionner avec du pétrole faiblement raffiné, blindage redessiné, armement multiple etc...qu’il serait ridicule d’en faire un engin US.

    • samy Levrai samy Levrai 2 juin 19:10

      @CN46400
      L’article parle du système roue/chenille acheté puis copié, ce système n’est pas sur le T34... alors le raccourcis sur le T34 qui serait pompé chez les américains est un peu faible... au mieux son ancêtre ( au T34) avait un système américain qui ne fut pas repris par la suite...


    • samy Levrai samy Levrai 2 juin 19:12

      @Xenozoid
      un detail de plus disant que les russes sont tellement betes qu’ils ne peuvent avoir fait le meilleur tank de sa generation sans l’avoir copié sur... les americains naturellement !


    • Xenozoid Xenozoid 2 juin 19:32
      @samy Levrai
      peut etre,mais qui a domestiqué le feu.en fait je m’en fout, j’ai juste en mémoire que les russes on bouger la production du t 34 en oural avec leur industrie déplacée ,sur le modelle de production américain,c’est tout je ne remet pas en cause l’intelligenge des russes de déplacer leur outil de production en dehors des fronts,ce qui a en fait pieger les allemands

    • CN46400 CN46400 2 juin 19:38
      @samy Levrai

      L’exemple du T34 n’est pas exellent pour ce débat qui, en défintive, soulève le pb du retard de la Russie dans le domaine produits manufacturés courants. Ainsi je viens d’acheter une tronçonneuse Blak Deker fabriquée en Chine, par des chinois qui, du coup, possèdent toutes les subtilités de la fabrication de cet appareil. Et que les russes, et d’autres, ne pourront obtenir aussi facilement.....à moins de s’entendre avec les chinois ou les anglais en payant !

    • samy Levrai samy Levrai 2 juin 19:52

      @CN46400
      oups et nous qui ne fabriquons plus rien, on a du retard aussi ? on ne vaut pas plus qu’un russe ? les seuls subtils sont les chinois ? 


    • Alren Alren 2 juin 20:00

      @Fanny

      L’excellence du matériel militaire des Russes démontré sur le champs de bataille démontre que ses ingénieurs et scientifiques maîtrisent l’informatique de pointe, l’électronique de qualité les matériaux de grandes performances.

      Qui peut le plus peut le moins. Fabriquer une voiture essentiellement en acier, tôles embouties, taille d’engrenages, un ordinateur de bord qui est d’une simplicité enfantine par rapport à celui qui équipe un avion de chasse, c’est élémentaire pour tout pays un tant soit peu scientifique.
      C’est d’ailleurs pourquoi il faut s’attendre à un déferlement de voitures chinoises en Europe et aux É-U de qualité égale aux meilleures productions européennes.

      Les voitures allemandes ne sont nullement au top de la technologie.

      Renault avec sa Twingo 3, à moteur turbo (débrayable) situé en position arrière centrale ce qui permet aux roues avant de tourner à 45° au lieu de 30 pour les tractions avant, est bien plus novateur que ses concurrents allemands !

      Le modèle automatique bénéficie d’une boite de 6 vitesses réparties sur deux arbres (double embrayage) directement issue de la formule 1. Ce système est sans à-coups et très économe en carburant, d’un confort de conduite dans les ralentissements incomparables.

      Les Russes ont des savants atomistes de qualité. Ils pourraient développer les centrales au thorium qui ne sont pas fabriquées car elles ne fournissent pas de métaux susceptible de fabriquer en nombres des bombes atomiques.

      Elles produiraient de l’électricité en masse même par temps froid, sns soleil et sans vent avec les fleuves gelés.


    • CN46400 CN46400 2 juin 22:03

      @samy Levrai
      La fabrication est importante, ne serait-ce que pour limiter le chômage, mais la conception est capitale. Les 16 millions de véhicules estampillés par Renault en 2016 ne sont pas sortis des usines françaises, mais ils sont passés par les planches à dessin de Guyancourt...


    • Fanny 3 juin 00:16

      @Alren

      « Les voitures allemandes ne sont nullement au top de la technologie. »

      Les types qui veulent LA voiture de grande diffusion de qualité s’achètent une AUDI. C’est en particulier le cas des vendeurs de shit qui ont réussi (avant, c’était BMW).

      La petite voiture est une spécialité française, avec des innovations remarquables où nous sommes les meilleurs au monde (le concept R5, la Twingo). Au plan purement techno/qualité, une Polo est au top.

      « Qui peut le plus peut le moins. Fabriquer une voiture essentiellement en acier, tôles embouties, taille d’engrenages, un ordinateur de bord qui est d’une simplicité enfantine par rapport à celui qui équipe un avion de chasse, c’est élémentaire pour tout pays un tant soit peu scientifique. »

      On voit que vous n’êtes pas du métier. Les complexités dans un marché hyper concurrentiel à renouvellement rapide (comparé à un avion de chasse) ne sont pas les mêmes mais sont de même niveau. Pour s’en convaincre, comptez les effectifs d’ingénieurs et techniciens (à peu près de même niveau : Centrale, Arts et Métiers, Sup Aéro …) pour concevoir un Scenic ou un Rafale, et les heures BE consacrées aux deux produits. Je ne connais pas ces chiffres mais serais curieux de les connaître. Les Chinois viendront sur le marché de la voiture avec de bons produits, je n’en doute pas, mais ils viendront aussi un de ces jours concurrencer nos Airbus, et pas seulement …

      « Le modèle automatique bénéficie d’une boite de 6 vitesses réparties sur deux arbres (double embrayage) directement issue de la formule 1 »

      Le double embrayage a été introduit par les Allemands. L’industrie auto est une course de vitesse avec prime au 1er sur le marché.


    • Fanny 3 juin 00:31

      @izarn
      Beaucoup d’Asiatiques, comme en Suisse ?


      A analyser de plus près : offre en 4x4 des différentes marques, politiques des prix locales ...

    • Fanny 3 juin 00:39

      @izarn
      Fiat a sans doute une présence historique au Brésil. Chaque grande marque fait des choix de pays, comme par exemple Peugeot en Iran (près d’une voiture sur trois). Cela ne prouve rien côté techno automobile.


    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 09:44

      @CN46400
      Les « planches à dessin de Guyancourt », encore un peu, oui... Mais quand on voit le niveau de sous-traitance et d’externalisation chez les équipementiers automobile, on se relativise beaucoup cette conception « en France »...


    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 09:53

      @Alren

      "Fabriquer une voiture essentiellement en acier, tôles embouties, taille d’engrenages, un ordinateur de bord qui est d’une simplicité enfantine par rapport à celui qui équipe un avion de chasse« 

      -> Si vous fabriquez la voiture au même prix que l’avion de chasse (et le produisez en même quantité) alors oui, c’est enfantin. On peut le faire du jour au lendemain. Mais en produire des millions au prix d’une voiture requiert d’autres types de savoir-faire que la seule compétence scientifique. Bien sûr, s’il y avait eu décision ferme d’acquérir totalement cette expérience les russes l’auraient fait, mais après les années 90 où toute l’industrie avait été mise par terre, ils ont gardé cette habitude d’acheter ce qui est déjà fait ailleurs. Les russes prennent d’ailleurs conscience de ce problème et c’est une bonne chose. Il y a ceux qui sont prêts à jouer le jeu patriotique, et les autres plus nihilistes et adorateurs de l’Europe, sans parler bien sûr de la bourgeoisie bling-bling qui achète des voitures allemandes comme elle achèterait des parfums français. Ca »fait bien" et c’est du luxe...

    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 10:03

      @samy Levrai

      "oups et nous qui ne fabriquons plus rien, on a du retard aussi ? on ne vaut pas plus qu’un russe ? les seuls subtils sont les chinois ?« 

      -> C’est exactement ça (*) mais il y a encore beaucoup »d’euro-français« très présomptueux qui, après avoir dénigré la Russie »qui ne fabrique rien« , s’imaginent que des français ont encore un rôle dans la fabrication et la conception de tout ce qu’ils utilisent chez eux. Combien de fois j’ai entendu de discours soit complètement anachroniques, soit dans la tonalité de la chimère »post-industrielle« où le succès ne tiendrait plus dans la réalisation de produits palpables... Tout ça parce-que renoncer au libre-échange débridé ferait payer les produits au juste prix du travail, impensable ! Pitoyable. Les russes au moins sont conscients des tâches qui les attendent côté réindustrialisation, alors qu’ici on chante victoire les pieds dans la m...

      (*) »Subtil« ou »performant" selon qui présente la chose et dans quel but.

    • Fanny 4 juin 10:51

      @V_Parlier

      Tenez, un boulot intéressant pour un journaliste ambitieux. Estimer la part « française » dans la consommation courante en France. Part dans la conception, part dans la fabrication, part dans le capital  des entreprises ayant conçu/fabriqué convoyé.

      Pas facile, car les « frontières » sont floues. Par exemple 80% de la voiture n’est pas conçu à Guyancourt mais par la sous-traitance pour l’essentiel étrangère qui fabrique ensuite hors de France. Mais il s’agit souvent de co-conception, les techniciens de Guyancourt s’impliquant dans l’idée de départ et les brevets, le Cdc, les essais …

      Quoi qu’il en soit, nos journalistes sont incapables de s’atteler à ce genre de problématique, trop de travail, pas la peine d’y songer.


    • CN46400 CN46400 4 juin 10:52

      @V_Parlier

       Loin de moi la volonté de comparer le savoir technologique nécessaire à la fabrication d’une auto avec celui qui est utilisé pour fabriquer un avion. Mais, par contre, les savoirs utilisés dans l’ensemble des produits manufacturés fabriqués en Occident, et maintenant en Chine, dépassent, et de loin, ceux qui concernent les productions militaires et para militaires y compris en Russie.
       Lointaine conséquence des choix autarciques staliniens et très difficilement rattrapables aussi bien par les post-staliniens (Kroutchev, Brejnev...), que par les oligarques poutiniens.

    • Fanny 4 juin 11:05

      @V_Parlier

      Oui, la contrainte de prix et celle de la grande série appellent d’autres compétences que purement technico-scientifiques.

      Mais le schéma :

      Avion de chasse = science et haute technologie

      Voiture = compétence industrielle pour fabriquer en grande série

      N’est pas faux mais dans certains domaines, comme les matériaux nouveaux par exemple, ou le calcul (combustion, aérodynamique, crashtests …) ces deux secteurs font également appel à la « science », en cherchant à être les plus pointus.


    • Fanny 4 juin 11:19

      @CN46400

      Très juste, car « le diable est dans les détails ». Une compétence livresque et théorique ne permet pas de réussir un bon produit industriel. Seule l’expérience le permet, et surtout le retour d’expérience. Cela peut s’acquérir en trois ou quatre décennies, la Corée du Sud l’a prouvé. Les Chinois sont en train de le réussir (pas une bonne nouvelle pour nous).


    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 15:08

      @CN46400

      " les savoirs utilisés dans l’ensemble des produits manufacturés fabriqués (*) en Occident, et maintenant en Chine, dépassent, et de loin, ceux qui concernent les productions militaires et para militaires« 

      -> Ce ne sont pas non plus les mêmes contraintes qui s’appliquent pour ces différents types de »produits« . Donc pas le même type de savoir, sans trop déterminer qui dépasse qui. Le militaire doit être maintenable très longtemps mais peut être très cher, il n’a pas besoin de technologies à la »wouaouh« (c.à.d. d’interfaces utilisateurs inutilement futuristes ou de fonctions de confort non essentielles), et utilise des composants éprouvés (quitte à ce qu’ils ne soient pas forcément si modernes). Mais en revanche il requiert la mise en oeuvre de principes sophistiqués qui seraient couteux en grande série, tant que l’évolution de nouveaux composants dédiés pour la grande série ne permet pas de profiter des développements militaires dans le grand public. Donc chaque domaine précède l’autre à sa manière et ils peuvent se compléter. Ca s’est passé comme ça pour de nombreuses technologies aujourd’hui passées dans le civil (radars, transmissions par satellites, systèmes de navigation par satellites, cryptage, reconnaissance d’image, etc...). Même l’électronique automobile n’a pu se développer sérieusement qu’en appliquant en partie des méthodes de conception militaires pour la conception et le choix des composants. (Parce-que dans les débuts ça a été la catastrophe. Les plus vieux se souviennent de la Renault 11 »qui parlait« qui délirait tout le temps...).

      (*) J’aurais personnellement choisi d’écrire : »qui étaient fabriqués en Occident". Vous faites d’ailleurs bien d’ajouter : Et maintenant en Chine.

      Enfin, tout ça pour dire : C’est autre chose, mais qui dépasse qui, c’est plus subjectif.

    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 15:31

      @CN46400

      Vous écrivez : "Lointaine conséquence des choix autarciques staliniens et très difficilement rattrapables aussi bien par les post-staliniens (Kroutchev, Brejnev...), que par les oligarques poutiniens« .

      -> Un peu ça, mais j’aimerais apporter des nuances. A Sotchi il y a un musée de l’automobile russe/soviétique très bien fourni. On peut y voir un tas de véhicules assez originaux et remarquables mais produits en quantités infimes (parfois quelques centaines, voire dizaines). La notion de »rentabilité« (ou plus simplement : d’évaluation de la valeur du travail entre le travailleur et l’acheteur) étant complètement écartée pour raisons idéologiques tout en voulant acquérir un certain prestige, le problème se révélait donc ailleurs : Une sous-production chronique, jusqu’à ce que les premiers modèles simples et produits industriellement fassent enfin leur apparition (les petites Lada qu’on voit encore dans les campagnes). Donc je ne l’explique pas uniquement par le choix »autarcique". Quant à aujourd’hui, les choix autarciques sont plutôt imposés (encore) par la situation internationale où la Russie fait passer en priorité sa survie, donc l’autonomie quant à ses moyens de défense. (Les oligarques sont-ils en revanche si poutiniens que ça ? Mmm...). Remonter de toutes pièces une industrie automobile nationale serait à la fois un projet couteux, nécessitant une phase intermédiaire de protectionnisme (le temps de rattraper la concurrence), et une cause potentielle de mécontentement pour les acheteurs de voitures. Le compromis avec Renault - Avtovaz semble donc être une alternative assez raisonnable, étant donnée la situation actuelle.

    • CN46400 CN46400 4 juin 17:28
      @V_Parlier
      L’exemple Lada est instructif. Voilà un centre de construction colossal, type Billancourt ou Montbéliard des années 60 doublé, acheté clef en main à FIAT d’où il sortait des véhicules, étudiés par FIAT, invendable en l’état en Occident. L’importateur(Poch SA) a dû installer une usine en Alsace (Molsheim ex Bugatti) pour revérifier chaque véhicule avant de le livrer. Il sagissait d’un gros déficit de compétences dans un bloc de maind’oeuvre de près de 100 000employès....
       Vous dites :
      "Quant à aujourd’hui, les choix autarciques sont plutôt imposés (encore) par la situation internationale où la Russie fait passer en priorité sa survie"
       Vous avez peut-être raison, mais qui peut affirmer que la réaction des capitalistes allemands par rapport à Hitler n’aurait pas été autre s’ils avaient, par la NEP, obtenu de substantiels profits en URSS...Que susurrent, d’après vous, à l’oreille de Trump, les capitalistes US impliqués en Chine, quand il monte un peu trop le son... ???

    • V_Parlier V_Parlier 4 juin 18:19

      @CN46400

      "mais qui peut affirmer que la réaction des capitalistes allemands par rapport à Hitler n’aurait pas été autre s’ils avaient, par la NEP, obtenu de substantiels profits en URSS... Que susurrent, d’après vous, à l’oreille de Trump, les capitalistes US impliqués en Chine, quand il monte un peu trop le son... ???« 

      -> Je vois bien l’idée, mais je pense justement que la Russie reste économiquement assez »libérale« (au désespoir des plus intransigeants qui trouvent Poutine trop »occidental« ) pour composer avec ça. Mais les »capitalistes" US n’ont pas forcément tous leurs intérêts dans les mêmes stratégies (selon que c’est l’armement, l’énergie ou l’industrie classique). C’est probablement une cause du désordre actuel dans la politique internationale américaine et les déclarations de Trump. Ca peut aussi expliquer un certain réveil de l’UE (enfin, elle ouvre un oeil mais va-t-elle se rendormir ?). Bref, pas si simple.

    • Fanny 4 juin 18:34

      @CN46400

      A vous suivre, il n’y aurait plus de risque de grande guerre quand les multinationales auront réussi à investir dans le monde entier et auront dicté leurs lois aux gouvernements.

      Idée séduisante pro-mondialisation. Le capital serait investi partout de façon plus ou moins anonyme et les multinationales ne pourraient plus être rattachées à une nation et à une puissance militaire nationale particulière, à des services secrets nationaux comme c’est le cas actuellement.

      Les USA ne pourraient plus envisager de détruire la Chine, et réciproquement, car trop d’intérêts croisés seraient menacés. Des mouvements de populations importants seraient gérés par les multinationales au gré de leurs besoins. Des gardes régionales puissantes (sortes d’ONU régionales) seraient en charge du maintien de l’ordre, financées par les multinationales.

      C’est l’effacement du politique, l’enrichissement étant devenu l’unique critère pour la gestion des affaires mondiales, plus quelques considérations écologiques.  

      C’est le rêve de Jacques Attali.

      Je doute pour ma part qu’on parvienne à effacer le politique (on le voit poindre en Europe) et à surmonter des contradictions énormes, culturelles, religieuses, linguistiques, économiques entre grandes régions … qui ne manqueraient pas d’apparaître ou se maintenir. Les multinationales ne savent pas gérer ces contradictions. Je crois que le politique maintiendra sa prééminence, avec les risques de guerre associés mais contrôlés par la puissance destructrice des armements modernes.

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