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L’aristocratisme, une solution pour la gauche ?

Cet article est une provocation, et un prétexte, pour faire réfléchir à un point sociohistorique étonnant, avec Napoléon pour principal activiste.

 

On dit : aristocratisme de gauche, et l'on voudra aussitôt conspuer "la gauche caviar" au pouvoir (hollandisme).

Mais, concrètement, cela pose une contradictio in adjecto pour le sens commun, puisqu'il dit aristocratisme de gauche, alors que la gauche (et la droite) naqui(ren)t d'une Assemblée révolutionnaire française, décidant de la mort du roi, où les partisans de son étêtement se placèrent à gauche. Les droitistes, quant à eux, se placèrent à droite, en faveur d'une monarchie constitutionnelle de type anglosaxonne, ce qu'ils firent d'une manière ou d'une autre sous la Restauration (1815-1848) après Napoléon Ier, et que fit d'une certaine manière impérialiste, Napoléon III, de 1852 à 1870.

Pourtant, Napoléon Ier sembla une aberration à l'ensemble de l'Europe, d'une part à cause de la menace qu'il représenta, mais d'autre part à cause de l'aberration anthropologique alors, d'une gouvernance rationnelle juridico-militaire - format impérial. Tout le monde se souvient du refus napoléonien, que d'être couronné par le pape, à se poser lui-même sa couronne sur la tête, en présence du malheureux pontife et d'autres grandeurs d'alors.
Aussi bien, Napoléon réalisa impérialement les idéaux révolutionnaires, en rationalisant la vie publique, inventeur du droit civil & pénal contemporain, de même qu'inventeur des départements administratifs, etc. - du moins advinrent-t-ils sous sa gouvernance qui l'autorisa, et la France ne serait pas la France sans cette armature postrévolutionnaire.

Mais la gauche commune ne sait que faire de cet "énergumène", tandis que la droite ne sut y adhérer par monarchisme, et ne sait y adhérer désormais par démocratisme, ce qui en fait un "bâtard" idéologique rétrospectivement, quand bien même des néobonapartistes défendent toujours actuellement cette forme de gouvernance, marqués fort à droite, et même plutôt extrême.
Il y a là un universel concret à trouver : à savoir la possibilité d'un aristocratisme de gauche, qui peut certes s'exprimer dans d'autres formes.

La gauche commune évoque des notions de solidarité, de générosité, d'amitié, encontre la droite commune évoquant des notions d'individualité, de vénalité, de mondanité. Or, on voit très bien à travers l'Histoire universelle de bons aristocrates, à l'image de Michel Eyquem de Montaigne, et des mythifiés Louis IX (la réalité est moins reluisante) ou Henri IV (la réalité demeure intéressante). A partir de quoi, on sent - et savait, au fond, - que les valeurs se répartissant entre la gauche et la droite, ne sont pas foncièrement et fondamentalement liées à un régime particulier. Or, cela rejoint encore Charles de Montesquieu, philosophe des Lumières, pour qui la démocratie n'est pas le meilleur des gouvernements - virant assez vite à l'ochlocratie, soit le règne des passions populaires, règne des "foules sentimentales" pour parler avec Alain Souchon. C'est pourtant lui qui théorisa la fameuse séparation des pouvoirs entre exécutif, législatif et judiciaire, afin de contrer l'absolutisme de Louis XIV, en partie.

De sorte qu'il est tout à fait possible d'être de gauche, et aristocratiste.

Reste ce point essentiel, qui fait toute la différence : l'aristocratisme de gauche, constitutionnel, ne saurait être l'aristocratisme historique, héréditaire et courtisan - mais bien un aristocratisme éthique, élitaire et partisan d'une sélection fondée en nature & formation, après, précisément, avoir donné ses chances à tout un chacun, afin de vaste sélection méritocratique.
A partir de quoi, le méritant devient aristocrate pour le temps qu'il est en demeure de soutenir l'effort nécessaire, à travers remises à l'épreuve et diagnostics réguliers, l'obligeant à s'entretenir, et aboutissant certainement sur "une retraite bien méritée".

En somme, cet aristocratisme-là tient du républicanisme, est républicain dans les gènes.

Reste la question des critères de sélection, or elle est simple : habileté dans le domaine affecté & magnanimité dans la démarche, vérifiables toutes les deux ès savoir-faire, savoir-être & savoir-vivre. Toute une docimologie de l'aristocrate, évidemment moins égalitaire qu'assumément diversitaire jusqu'entre personnes.
A la fin, il s'agit bien d'une utopie, en l'état - l'utopisme : dynamique de gauche - qui rejoint sainement le méritocratisme de droite, en lui donnant les moyens de ses ambitions.

Enfin qu'importe, puisque les utopies sont irréalistes ?

 

Malcolm - LibertéPhilo


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