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Accueil du site > Actualités > Politique > L’incroyable prestation d’Emmanuel Macron à Grand-Bourgtheroulde

L’incroyable prestation d’Emmanuel Macron à Grand-Bourgtheroulde

« J’imagine (…) que vous ne critiquez pas ces maires, ni leurs propos, ni leur attitude vis-à-vis du Président de la République. Ils avaient la volonté d’échanger, de dire ce qu’ils sentaient de la situation de leur commune, de notre pays. Ils attendaient des réponses du Président. Je n’ai pas souvenir (…), mais peut-être que ma mémoire est défaillante, d’un tel exercice, aussi direct et "en direct". Je pense (…) que nos concitoyens ont constaté qu’il y avait un véritable échange. » (Édouard Philippe, à la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale, le 16 janvier 2019).

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Presque sept heures de discussion ininterrompue avec plus de six cents maires. Performance autant physique qu’intellectuelle. Voilà ce que fut le lancement du grand débat national ce mardi 15 janvier 2019 par le Président de la République Emmanuel Macron avec des centaines d’élus locaux de Normandie réunis dans un gymnase à Grand-Bourgtheroulde, dans l’Eure. Monsieur Loyal était l’ancien président du conseil général, l’actuel ministre Sébastien Lecornu, qui a pris la responsabilité de l’animation du grand débat national avec sa collègue Emmanuelle Wargon.

Quelle que soit sa position, pour ou contre le gouvernement, pour ou contre le principe de ce débat national, on ne peut que saluer la prestation présidentielle qui est un véritable exploit. Emmanuel Macron a été humble, à l’écoute, direct, empathique et compétent.

Alors qu’il est plutôt moyen tant dans la forme orale de l’allocution télévisée que dans la forme écrite de la très récente lettre aux Français, il est toujours particulièrement brillant dans la confrontation des idées et dans le débat contradictoire. On se rappelle l’excellente émission télévisée sur BFM-TV le 15 avril 2018 où Emmanuel Macron avait brillé face aux questions "vaches" de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Non seulement il a montré un profil bas et d’écoute à Grand-Bourgtheroulde, mais il était intellectuellement solide, le contraire de Marine Le Pen lors de son duel du second tour : Emmanuel Macron sait de quoi il parle, connaît les enjeux, les dossiers, a une vision de l’avenir, connaît les différents arguments et sait argumenter et donc, peut convaincre.

C’est un constat factuel. Emmanuel Macron a été excellent. Du reste, toute la classe politique le reconnaît, même des personnalités issues de l’opposition comme au RN ou à FI. Même Daniel Schneidermann, journaliste dont on ne peut soupçonner le moindre gramme de macronmania, a bien dû le reconnaître dans sa chronique du 16 janvier 2019 : « Finement joué. (…) Endurant, respectueux, connaissant les dossiers : c’est le retour du Manu de la campagne. Fine idée, d’avoir commencé par les maires la tentative de reconquête, plutôt que par le peuple des ronds-points. Tous les Barbier de toutes les chaînes peuvent savourer, et ne s’en privent pas, ce nectar de démocratie représentative. ».

Sauf que tous ces maires, de toutes tendances confondues, qui avaient accueilli Emmanuel Macron de manière assez glaciale au début de l’exercice, lui ont fait une ovation à la fin pour avoir su les écouter et leur répondre sans fuir les questions difficiles ou délicates. Et ces maires, ils représentaient aussi cette France des ronds-points. Les sondages d’ailleurs le disent, les maires sont les mieux aimés des citoyens parce qu’ils sont proches d’eux.

Les réflexions et questions posées pendant près de sept heures par ces maires représentaient les nombreuses préoccupations des citoyens, de tous les citoyens, pas seulement des seuls élus locaux, même si les inquiétudes concernant la ruralité, l’éloignement et la désertification des territoires ont été un peu plus fortes que parmi les citoyens en général.

Beaucoup de maires ont d’ailleurs lu les cahiers de doléances déjà remplis dans leur mairie. "Doléances", mauvais souvenir de 1788. On sait ce qu’il est advenu du pouvoir à la suite de ces cahiers de doléances. C’était donc normal qu’Emmanuel Macron n’ait pas apprécié le terme qui signifierait que les citoyens viendraient quémander au pouvoir des cadeaux, alors qu’il n’est pas le roi de droit divin. Il préfère à ce terme le terme de cahiers des droits et devoirs. Pas de droit sans devoir. Pas de baisse d’impôt sans baisse de la dépense publique.

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L’expérience de communication a été exceptionnelle et sera inscrite dans la grande histoire de la communication politique. Jamais un chef d’État ne s’est mis autant en danger devant autant de questions quasiment sans aucun filtre. Le seul cadre, c’était la garantie que les échanges seraient courtois et qu’il n’y aurait aucune insulte, car le seul filtre était que les interlocuteurs étaient des maires, ce qui signifie qu’ils devaient avoir un minimum de tenue pour s’adresser au Président de la République.

L’ensemble a montré une véritable connaissance de l’ensemble des problèmes de la France de la part d’Emmanuel Macron. Connaissance, écoute, mais aussi réflexion en amont sur ce qu’il voit comme solutions, ou alors, ouverture s’il faut modifier certaines lois, notamment faites par ses prédécesseurs.

Je peux citer beaucoup de choses, car beaucoup de choses ont été dites durant ces sept heures (j’encourage à écouter la vidéo visible ici). Prenons quelques éléments, parfois des détails par rapport aux principales préoccupations des Français.

Par exemple, demander une carte grise ou renouveler sa carte d’identité ou son passeport. Avec la numérisation, cela devient un vrai problème. Emmanuel Macron estime qu’on avait pensé que la numérisation permettait de ne plus immobiliser des fonctionnaires derrière des guichets et les affecter sur le terrain. Mais c’était sans comprendre que tout le monde ne s’adapte pas forcément bien à l’informatique, en particulier les plus âgés. Ainsi, il n’est pas contre l’idée d’une relocalisation dans toutes les mairies des demandes de ces papiers administratifs.

Plus généralement, Emmanuel Macron est un correcteur. Il est pour corriger les bonnes idées générales qui peuvent entraîner des aberrations particulières. Ainsi, il explique que simplifier la bureaucratie n’est pas facile à faire et peut même risquer de compliquer. Sur les normes, il a donné une règle aux hauts fonctionnaires des ministères de ne créer une nouvelle norme que dans le cas où, simultanément, ils supprimeraient deux anciennes normes. Du coup, en 2018, il y a eu beaucoup moins de décrets sur de nouvelles normes que précédemment. De même, il souhaite que les parlementaires légifèrent moins (il y a trop de lois) et contrôlent plus, tant l’exécutif que l’application des lois (avec une évaluation des lois). Dans certains pays, quand les décrets d’application ne sont pas publiés au bout d’un délai, les lois sont annulées automatiquement car cela veut dire qu’elles sont inutiles puisque pas applicables. Si j’ai bien entendu, Emmanuel Macron a donné le nombre de 96% de décrets d’application publiés depuis le début de son mandat.

La fermeture de la maternité de Bernay a été évoquée. Emmanuel Macron a expliqué que c’est l’ARS (une autorité indépendante) qui a considéré que cette maternité était dangereuse. Il a fait état du décès d’une mère et de son bébé dans une maternité dans le Sud de la France. S’il y avait un accident dans la maternité à Bernay, on s’en prendrait aussi à lui, surtout s’il avait voulu maintenir la maternité contre l’avis de l’ARS.

Même sur la limitation de vitesse à 80 kilomètres par heure (j’y reviendrai certainement), Emmanuel Macron a voulu être accommodant au risque de donner un mauvais signal, prêt à chercher des nouvelles solutions pour mettre tout le monde d’accord, mais, toujours dans sa politique du "en même temps", il a assuré qu’il ne voulait pas remettre en cause cette règle car il n’oserait plus regarder en face les familles des victimes de la violence routière.

Notons à cet égard, et il faut vraiment insister, que la presque totalité des éditorialistes qui parlent beaucoup sans connaître grand-chose du sujet de discussion, ont proposé que la limitation de vitesse soit faite au cas par cas, dans chaque commune, chaque département, en concertation avec les élus locaux, et que la décision n’aurait pas dû être prise "d’en haut". Alors, précisons les choses : la route ne tue pas parce qu’elle est dans un sale état, ou parce que c’est une petite route sinueuse de montagne. En général, dans ces deux cas, les gens font attention. La route tue parce que la densité est forte : plus il y a de circulation, plus il y a de morts par 100 kilomètres. Et généralement, ces routes à forte circulation sont souvent refaites, nécessairement, et sont donc dans un bon état. Mais ce sont les routes les moins sûres, en termes de sécurité routière. Répétons et diffusons donc ce qui est une règle élémentaire pour toute personne qui s’intéresse un peu à l’accidentologie routière.

J’ai évoqué seulement très peu de sujets abordés. Même l’interdiction du cumul des mandats a été abordée par les élus… et Emmanuel Macron resterait ouvert pour "assouplir"la règle qui interdit aux parlementaires tout mandat local. Il a mis juste une limitation en disant que les indemnités cumulées devraient être plafonnées (c’était le cas depuis …trente ans !).



L’intérêt du débat national, selon l’esprit d’Emmanuel Macron, c’est de faire émerger de bonnes idées que n’aurait pas eues le gouvernement. Pourquoi pas ? Le problème, c’est qu’au-delà de ce brillant exercice, les difficultés ne sont pas levées.

Ainsi, le risque est que le gouvernement profite de ce grand déballage national pour faire passer l’abandon de certaines réformes, comme la suppression pour tout le monde de la taxe d’habitation et pas seulement à 80% des personnes qui la paient.

Rappelons que le seuil pour être classé parmi les 20% des ménages payant l’impôt est très bas et n’est pas un seuil de ceux qui sont riches et aisés. C’est le seuil de la classe moyenne. Cela concerne 6 millions de foyers, qui ont des revenus supérieurs à 2 500 euros par mois pour un célibataire ou 4 000 euros par mois pour un couple, cela signifie qu’un couple d’enseignants, qui ne roule donc pas sur l’or, est concerné par la mesure de suppression totale de la taxe d’habitation. Le passage de 80% à 100% coûte 7 milliards d’euros, on comprend que le gouvernement cherche par tous les moyens d’éviter de perdre des milliards. Mais à condition que ce soit juste et que la classe moyenne, la véritable vache à lait des gouvernements depuis plus de trente ans, puisse un peu souffler, fiscalement parlant.

Comme aussi la réforme des institutions. Là, j’ai déjà évoqué plusieurs fois le sujet, je ne suis pas plus rassuré, même si j’ai entendu une excellente députée LREM, Marie Lebec (Yvelines) dire le 15 janvier 2019 sur LCP qu’elle veut préserver nos institutions et le bicaméralisme.

La manière dont le Sénat a été remis en cause par la lettre aux Français par Emmanuel Macron a été d’autant plus scandaleuse que le Président du Sénat, Gérard Larcher, n’a même pas été averti de cette insertion. C’est ce qu’il a dit dans sa conférence de presse de rentrée ce jeudi 17 janvier 2019, et cela l’a profondément agacé, rappelant au Président de la République qu’aucune révision de la Constitution ne pourrait de toute façon se faire sans l’accord du Sénat, car c’est l’obligation de la loi fondamentale. D’ailleurs, tous les sénateurs questionnés, quel que soit leur bord, ont été sérieusement agacés par ce populisme écrit d’Emmanuel Macron. Cela dans un contexte particulier : de nouvelles auditions par le Sénat dans l’affaire Benalla, le 16 janvier 2019, sans lesquelles Alexandre Benalla n’aurait jamais été placé en garde-à-vue ce 17 janvier 2019 pour utilisation illégale de passeports diplomatiques. C’est clair que l’Assemblée Nationale n’aurait jamais atteint un tel résultat.

J’en viens maintenant à cette dichotomie élyséenne qui a permis la victoire à l’élection présidentielle mais qui pourrait aussi fédérer tous les mécontents.

J’ai considéré que la lettre aux Français du 13 janvier 2019 était profondément anxiogène. En considérant que tout pouvait être remis en cause, cela pouvait susciter une forte angoisse chez tout le monde. La société française est complexe et a besoin de stabilité.

Le sujet des institutions est une tarte à la crème profondément scandaleuse et dangereuse à utiliser : tout le monde sait bien que le problème actuel n’est pas un problème d’institutions mais d’acteurs dans ces institutions. On peut toujours perfectionner les institutions, les adapter aux époques, et l’on peut même imaginer un mécanisme de débat national permanent, ou à mi-mandat présidentiel, pour avoir toujours une idée du sentiment populaire (mais on l’a déjà par le biais des sondages), mais la France serait encore dans une situation moins favorable s’il n’y avait pas la Cinquième République. Imaginez un parlement comme en Italie, en Espagne, ou même en Allemagne. Imaginez la situation politique américaine actuelle dans l’autre sens, où l’État est paralysé depuis plus de deux semaines (shutdown) parce que parlementaires et Président ne sont pas parvenus à un accord sur le budget 2019 !

Les institutions françaises actuelles sont excellentes non pas parce qu’elles étaient taillées pour De Gaulle (au contraire, De Gaulle se disait qu’il n’avait pas besoin de ces institutions pour avoir la légitimité historique), mais pour ses successeurs justement, une onction du suffrage universel. Il faut voir comment les enfants des opposants au référendum du 28 octobre 1962 ont repris de la vigueur pour dénoncer injustement ce principe du suffrage universel direct. Ils voudraient le retour à l’immobilisme de la Quatrième République en rétablissant un régime d’assemblée élue à la proportionnelle et donc forcément paralysée car aujourd’hui, aucun parti ni coalition n’est susceptible d’atteindre la majorité absolue des voix. Veillons donc à ne pas casser nos si précieuses institutions !

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Si la lettre était très anxiogène le 13 janvier 2019, les propos présidentiels à Grand-Bourgtheroulde le 15 janvier 2019 étaient en revanche très rassurants. Et c’est là que le problème se pose : le grand débat national ne serait-il qu’un débat, sans conséquence, ou tout serait-il quand même réellement remis à plat ? Les partisans du changement comme les partisans de la stabilité risquent, les uns comme les autres, de s’inquiéter soit d’une démarche sincère de "révolution" dans le sens du titre du livre de campagne du candidat Macron, soit d’une entourloupe qui laisse croire qu’on écoute les Français mais qu’on les oublierait une fois les élections européennes passées.

Je reste convaincu que le champ d’application de ce grand débat national est beaucoup trop étendu pour être utile et efficace. Il fallait au contraire restreindre à un ou deux sujets déjà très compliqués en eux-mêmes, comme la fiscalité et le pouvoir d’achat, premiers éléments de revendication des gilets jaunes, pour qu’il puisse en sortir de réelles avancées.

Cela dit, une nation qui débat au lieu de s’entredéchirer donne toujours une image plus rassurante que la violence des casseurs. L’image d’un peuple qui, bien que rebelle et râleur, a su aussi toujours choisir le courage et l’ambition dans son histoire récente lorsqu’il le fallait. C’est sans doute le défi actuel d’Emmanuel Macron, celui d’incarner cette nation-là, l’ambitieuse et l’humble "en même temps".


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 janvier 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’incroyable prestation d’Emmanuel Macron à Grand-Bourgtheroulde.
Grand débat avec Emmanuel Macron à Grand-Bourgtheroulde (vidéo intégrale).
Le grand n’importe quoi national selon Emmanuel Macron.
La lettre à tous les Français d’Emmanuel Macron le 13 janvier 2019 (à télécharger).
Institutions : attention aux mirages, aux chimères et aux sirènes !
Les vœux du Président Emmanuel Macron pour l’année 2019.
Allocution du Président Emmanuel Macron le 31 décembre 2018 à l’Élysée (texte intégral).
L'an 2019, la peur jaune et l'urgence économique et sociale.
Gilets jaunes : un référendum sur l’ISF ? Chiche !
Strasbourg : la France, du jaune au noir.
Allocution du Président Emmanuel Macron le 10 décembre 2018 à l’Élysée (texte intégral).
La hotte du Père MacroNoël.
Ne cassons pas nos institutions !
La Révolution en deux ans.
Ivan Tourgueniev, toujours d'actualité ?
Emmanuel Macron, futur "gilet jaune" ?
Discours du Président Emmanuel Macron le 11 novembre 2018 à Paris.
10 et 11 novembre 2018 : la paix, cent ans plus tard.
Emmanuel Macron et le Vel’ d’Hiv’.
Dossiers de presse à télécharger sur les célébrations de 1918.
La Grande Guerre, cent ans plus tard.
Maréchal, vous revoilà !
Texte intégral de l’allocution du Président Emmanuel Macron le 16 octobre 2018.
Emmanuel Macron : la boussole après les horloges.
Les nouveaux ministres dans le détail (16 octobre 2018).
Les étagères de l’Élysée.
La Cinquième République.
La réforme des institutions.
L’affaire Benalla.
La démission de Gérard Collomb.
La démission de Nicolas Hulot.
La démission de François Bayrou.
Emmanuel Macron et l’État-providence.
Emmanuel Macron assume.
Édouard Philippe, invité de "L’émission politique" sur France 2 le 27 septembre 2018.
La France conquérante d’Édouard Philippe.
Le second gouvernement d’Édouard Philippe du 21 juin 2017.
Le premier gouvernement d’Édouard Philippe du 17 mai 2017.
La relance de l’Europe à la Sorbonne.
Discours d’Emmanuel Macron au Congrès de Versailles le 3 juillet 2017.
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Audit de la Cour des Comptes du quinquennat Hollande (29 juin 2017).
Pourquoi voter Bayrou ?
Les élections sénatoriales de 2017.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.

_yartiMacron2019011505
 


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70 réactions à cet article    


  • François Pignon François Pignon 18 janvier 11:27

    Norisa Otokar m’a tuer


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 18 janvier 15:26

      Quoi que l’on pense de Macron, on ne peut nier qu’il a été brillant en cette occasion.
      J’ai presque ressenti de la sympathie pour lui.
      Ayant en mémoire le débat du deuxième tour de la présidentielle, j’ai essayé d’imaginer ce qu’aurait pu être la prestation de l’hommasse le pen face à ces maires durant 7 heures...


    • Albert123 18 janvier 16:03

      @Jean-Pierre Llabrés

      il eut été vraiment brillant de ne pas avoir eu besoin de se livrer à cette pitoyable prestation.

      gouverner c’est prévoir, là il met des rustines au jour le jour, 

      sa coke semble par contre de très bonne qualité effectivement.

      « j’ai essayé d’imaginer ce qu’aurait pu être la prestation de l’hommasse le pen face à ces maires durant 7 heures...  »

      bien que tout aussi incompétente que l’actuel en place, elle aurait comme tous les autres auparavant fait le nécessaire pour désamorcer le mouvement avant la 4 eme semaine (dissolution de l’AN, démission, geste symbolique fort...) et n’aurait donc pas eu à réaliser ce que vous prenez pour un tour de force.

      Macron s’accroche comme une moule à son rocher à son poste, cristallisant sur sa personne physique toute la rancœur d’un peuple avec lequel il ne pourra plus avancer d’un pouce.

      Aller faire le beau devant des maires soumis (en raison des dotations d’état aux communes) c’est juste un peu plus minable encore.


    • baldis30 19 janvier 08:49

      @Jean-Pierre Llabrés

      bonjour,
       le mercure est un métal brillant ... qui vous file entre les doigts si vous essayez de le retenir....
      De plus sa consommation n’est pas à recommander car en tant que poison lent, même à petites doses, il a fait ses preuves comme à Minamata ...
      Et si vous voulez échapper au mercure et être encore plus brillant ....rappelez-vous cet air célèbre des contes d’Hoffmann ..
      « Scintille diamant, miroir où se prend l’alouette, l’alouette ou la femme.... »


    • Et hop ! Et hop ! 19 janvier 18:20

      @Jean-Pierre Llabrés : «  on ne peut nier qu’il a été brillant en cette occasion »

      C’est comme un camelot qui fait une démontration pour un robot ménager, il est fascinant.

      Fascinant, fascisme.


    • troletbuse troletbuse 18 janvier 11:44

       7 heures de mensonges, de bla-bla-bla, de parlotte condescendante afin d’enfumer des maires complaisants.


      • Albert123 18 janvier 16:08

        @troletbuse

        Maires complaisants peut être mais surtout soumis aux dotations d’état en raison d’un horizon proche sans taxes d’habitation.

        bref choisir de faire le beau devant les maires de France c’est surtout être sur d’avoir l’auditoire le plus asservi qui soit.

        le tout après avoir javelliser la rue de tout GJ pour ne pas heurter la sensiblerie du marquis poudré.


      • gaijin gaijin 18 janvier 11:44

        et en même temps :

        https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/et-pendant-ce-temps-la-regression-80159

        dans l’ habituel exercice pervers de l’inversion victimaire on va punir les chômeurs .....

        continuez les mecs , vous n’avez pas finit de rire jaune


        • Attilax Attilax 18 janvier 11:46

          Waow. Rototo, vous touchez au point culminant du léchage de bottes, je crois que même dans la presse officielle je n’ai jamais vu un article aussi lèche-cul, d’ailleurs il vous en reste un petit peu au coin de la lèvre. C’est pratique de pas passer par la modération, pas vrai ?

          « humble, empathique, à l’écoute, compétent, brillant, profil bas, intellectuellement solide, connait les dossiers, les enjeux, les arguments, sait convaincre, exceptionnel... » j’en passe, il y en a trop (tout l’article en fait).

          Que dire à part : waow !

          Il n’y a que deux possibilités : soit vous êtes complètement débile, soit vous nous prenez pour des débiles complets. Dans les deux cas, c’est risible.


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 11:55

            @Attilax
            Il a même été se confesser pour cet article hautement révolutionnaire smiley
            https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/prelevement-a-la-source-pourquoi-211423


          • Clocel Clocel 18 janvier 11:47

            Super représentation de la France !

            Sans les écharpes tricolores, on pourrait se croire à la RPA du bled...

            Mâles sur-représentés, comme il se doit dans tous les lieux de pouvoir, et, cerise sur le gâteau, le jeune con moderne au discours vichyssois qui vient booster la start-up France, à pleurer...


            • troletbuse troletbuse 18 janvier 12:02

              Toto parkinson vient de connaître l’extase. Il a bandé pendant 7 heures smiley


              • lautrecote 18 janvier 12:28

                C’est pas possible, c’est au moins du 2ième degré, rassurez moi....


                • baldis30 19 janvier 08:52

                  @lautrecote

                  bonjour,
                   bien au-delà du 2ème degré, c’est un alcool très fort, le vieux « trois-six » tord-boyaux réputé, cher aux anciens bouilleurs de cru ... !


                • bernard29 bernard29 18 janvier 12:54

                  à l’auteur,

                  Tout à fait d’accord avec vous sur la prestation de Macron.

                  Dans votre dernière partie, sur la question de la constitution, je crois que le régime démocratique est un système qui nécessite une perpétuelle amélioration, et que l’idéal n’est jamais atteint. Il y a trois formes de démocraties, la représentative, la participative et la démocratie directe. On ne peut méconnaître que la Vème République se passe totalement des deux dernières. Et il serait temps que des réformes permettant des éléments de démocratie directe (RIC réfléchi etc..) et de démocratie participative revitalisent ou établissent les contre pouvoirs ; ( exemple Chambre du citoyen limitée à des fonctions de contrôle des institutions et organismes ou de chambre référendaire (membres tirés au sort par ex..) voir https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/proposition-pour-inscrire-la-210925 


                  • Elric Menescire Elric Menescire 18 janvier 13:06

                    Etre « incroyablement bon » ne suffira pas : cela montre juste l’aveuglement d’un président qui n’a clairement pas conscience de ce qu’il est en train de se passer.

                    Les contestataires (puisqu’il persiste toujours à ne pas les nommer, est-ce du mépris ou de la psychiatrie ?) s’en fichent complètement quil ait été « très bon », ou qu’il ait bien brassé du vent pendant 7, 10 ou 15 heures.

                    Ce qu’ils lui demandent, et qu’il persiste à faire semblant de ne pas voir, tel un autiste en phase terminale, c’est la JUSTICE sociale, la fin des privilèges, le RIC, la souveraineté, l’équité devant l’impôt, la fin de la destruction des Services Publics au profit de l’oligarchie, le rétablissement de l’ISF, la sortie de l’europe, la suppression du CICE, de la flat tax et de l’exit tax, et l’orientation de ces fonds vers les plus démunis, ceux qui se lèvent un cul pas possible, pour se voir déposséder jour après jour par le chouchou des ultrariches...la remise en cause de sa politique thatchérienne tellement injuste et ignoble...autant de « lignes rouges », soigneusement définies en amont, et impossibles, selon lui, à redéfinir...et en plus, il leur chie sur la tête sans discontinuer !

                    Il a été « super bon » lors de cette farce ? Mais ça, à part les germanopratins parisiens et autres bobos complètement hors-sol, qui s’en soucie ? Certainement pas les dix millions de mal logés de ce pays, les 6 millions de chomeurs, le million de RSA, les centaines de milliers de SDF, les 20 millions de salariés dont 10% sont au SMIC (et qu’il persiste d’enfumer, de mépriser).

                    «  Jamais un chef d’État ne s’est mis autant en danger devant autant de questions quasiment sans aucun filtre. » Rassurez moi, c’est une plaisanterie ? Qui a dit d’entrée de jeu « je ne reviendrai pas en arrière » ? 


                    Ce débat est une grosse plaisanterie, comme vos arguments.


                    • baldis30 19 janvier 08:54

                      @Elric Menescire

                      bonjour,
                       « est-ce du mépris ou de la psychiatrie  ? »
                      Les deux !


                    • michalac michalac 19 janvier 13:50

                      @Elric Menescire

                      « la fin de la destruction des Services Publics au profit de l’oligarchie »

                      L’ « oligarchie » aurait à gagner dans la destruction des services publiques ?

                      Il vous sera sans doute difficile d’ exposer ici votre raisonnement tant le sujet collectif que vous pointez du doigt souffre d’être flou et indéfini.


                    • michalac michalac 19 janvier 13:52

                      oups... « services publics » .



                      • Julien S 18 janvier 13:19

                        Rakotoapabon  : la route tue d’autant plus que la densité de circulation est faible. Certaines années on se tue autant dans les Landes que dans Paris. Vous pouvez vérifier en trois minutes avec votre clavier. 


                        • Elliot Elliot 18 janvier 13:29

                          Personne n’a jamais mis en doute les capacités de Macron à tenir le crachoir pendant des heures devant une assemblée : ce qui importe, c’est le fond de ce qu’il raconte et s’il y a infléchissement ou modification radicale du fil conducteur de sa pensée politique.

                          Et là, manifestement il persiste et signe, n’acceptant que des transformations cosmétiques mais sans que l’essentiel soit fondamentalement remis en cause.

                          Au vu des applaudissements qui ont ponctué sa prestation, on peut considérer qu’une majorité des invités ont été convaincus que cela suffisait à assurer leur bonheur.
                          S’il y a cependant une chose qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est de rester constant dans ses convictions et peut-être de persister dans l’erreur, ce qui est souvent le cas de ceux qui sont convaincus d’avoir raison.

                          On a connu avant lui des girouettes que la première contrariété suffisait à faire abandonner le programme sur lequel ils avaient été élus.

                          Seul un retour aux urnes pourrait néanmoins lui rendre la légitimité que la rue ou une certaine partie de la population lui dénie.


                          • Elric Menescire Elric Menescire 18 janvier 13:48

                            « Seul un retour aux urnes pourrait néanmoins lui rendre la légitimité que la rue ou une certaine partie de la population lui dénie.  »

                            @Elliot Rappelez moi avec combien de voix il est arrivé au second tour ? Rappelez moi sa base électorale ? et ne me parlez pas du chantage au second tour face à Le Pen, vu que c’était son but. Et même là, il a fait beaucoup moins bien que Chirac.D’accord avec vous sur le fait que ça risque d’être ardu, pour ne pas dire impossible..alors, quel choix lui resterait il, s’il était responsable, et pas buté comme un gamin de quinze ans ?

                            Ok, « il ne fait pas girouette », etc.. mais il continue à mentir effrontément, à jouer à l’imbécile (son couplet sur l’ISF m’a bien fait marrer...ou comment répondre volontairement à côté de la plaque) et à mépriser les gens (encore une sortie dégoulinante de mépris de classe sur le thème « les pauvres ils déconnent »).

                            Ce type est absolument lamentable, à tous les niveaux. Le costume de président est bien trop grand pour lui. Il préfère persister, au risque d’amener le chaos dans le pays, voire la guerre civile, plutôt que d’en tirer les conclusions. Ah, ça ! on peut dire sans grand risque qu’il persiste et signe !


                          • bernard29 bernard29 18 janvier 13:59

                            Mais il est évident que le président élu, Macron, est légitime pendant toute la durée de son mandat.
                            Il est tout aussi clair que ses opposants LePen et Mélenchon ont été renvoyés à leurs études, au fond de la classe qui demeure donc leur place légitime. 


                          • Elliot Elliot 18 janvier 14:43

                            @Elric Menescire

                            Qu’on le déplore ou pas, Macron représente le pays légal. Il est issu du jeu normal des institutions de la 5e république avec ce système à deux tours qui permet d’élire quelqu’un qui va bénéficier d’un pouvoir quasi discrétionnaire même si le premier tour a loin d’avoir été un plébiscite pour ses idées.

                            La 5e république est déjà depuis longtemps à bout de souffle, ce fut un système conçu dans une période historique donnée pour une personnalité donnée.

                            On voit bien que ça ne marche plus dans le contexte actuel.

                            iIl faut donc revoir de fond en comble le fonctionnement des Institutions, ce qui équivaut à faire table rase pour repartir avec un système qui correspond mieux aux attentes de ce siècle et qu’exprime le pays réel ( jusqu’à preuve du contraire ).

                            Il faudrait utilement que le grand débat ouvre la voie à une sixième république mais on sait fort bien que ce débat sera quadrillé pour justement ne déboucher sur rien de concret.

                            L’avantage pour Macron, s’il y a une participation suffisante, c’est qu’il va retrouver les divisions entre les différents courants qui sont le meilleur gage du statu-quo et ont favorisé son élection..


                          • baldis30 19 janvier 09:00

                            @Elliot

                            bonjour,
                             « Personne n’a jamais mis en doute les capacités de Macron à tenir le crachoir pendant des heures devant une assemblée  »
                            Sur cet aspect il n’est pas le seul il y a des comparaisons valables et éloquentes : Mao, Staline, Hitler, Mussolini, Papa Doc, Pinochet, et combien d’autres dont les noms figurent parmi les meilleurs meurtriers de la planète ...


                          • kirios 20 janvier 09:30

                            @bernard29
                            « Mais il est évident que le président élu, Macron, est légitime pendant toute la durée de son mandat. »
                            micron a été élu selon les règles , ça personne ne peut le nier !
                            mais la seule légitimité , celle qui est à la base de la constitution , celle qui est niée ,rejetée , par ceux qui sont élus pour la défendre , cette seule légitimité est celle du peuple
                            cette légitimité, micron ne la respecte pas et partant de là il trahit sa fonction et perd toute légitimité .


                          • Trelawney Trelawney 18 janvier 13:48

                            Si l’’auteur de cet article est heureux que la France ait un président comparable à Fidel Castro, ça le regarde. Il n’en reste pas moins vrai qu’un argumentaire pour défendre l’ISF du genre « Si on pense que ça va améliorer le sort des gilets jaune c’est .... » c’est quand même trés faiblard.

                            Mais comparativement à la puissance intellectuelle de l’auteur ou de pas mal de français du même métal c’est visiblement suffisant


                            • gaijin gaijin 18 janvier 13:58

                              réponse a tous les « débats » passés présents et futurs d’imbu premier :

                              https://www.youtube.com/watch?v=syEOKs4e818


                              • devphil30 devphil30 18 janvier 14:08

                                Quand Manu envoute littéralement Sylvain ..........

                                A mon beau parleur que tes vers sonnent bien à mes oreilles toutes ouïes pour dire ce que je veux entendre.

                                Cette performance est de l’enfumade , et Manu tomba la chemise et ce fût du délire dans l’auditoire


                                • devphil30 devphil30 18 janvier 14:14

                                  Comment apprendre à dissimuler chez les banquiers

                                  https://www.youtube.com/watch?v=SlciL62fMrY


                                  • zygzornifle zygzornifle 18 janvier 14:14

                                    Tous ces maires sont prêts pour le grand léchage ....

                                    Macron est en campagne pour les Européennes ....


                                    • baldis30 19 janvier 09:12

                                      @zygzornifle
                                      bonjour,
                                      donc, selon vous, et à moins que ma lucidité ne soit encore totale à cette heure-ci et ne me fasse juger de travers, les grands esprits battent la campagne pour les européennes ....


                                    • Clocel Clocel 18 janvier 14:24

                                      Pognon de dingue, si quelqu’un veut en faire son miel...

                                      https://www.youtube.com/watch?v=IMAqL_LZLeY


                                      • bonventatous 18 janvier 15:35

                                        Paraît il qu’il en prend ...


                                        • math math 18 janvier 16:35

                                          Lanus Macron..présidente du Trouquet..a la recherche du temps perdu (et de son slip à paillettes laissé dans des WC public en rase campagne)...Mister troulala la houpette..parle aux maires en érection devant lui..A la fin de l’envoi nous chanterons en coeur...« C’est le plaisir des gueux »... smiley


                                          • blablablietblabla blablablietblabla 18 janvier 17:18

                                            Punaise ce n’est plus de la brosse à reluire mais carrément à plat ventre le rokortoarizon. Slurp slurp.


                                            • Feste Feste 18 janvier 18:43

                                              Ah chapeau Rakoto. Du grand art !

                                              Là meme le pire role de De Funes en larbin flagorneur est largement dépassé.

                                              Il va être difficile dans l’avenir de l’Humanité d’atteindre un tel niveau de léchage de bottes. smiley


                                              • michalac michalac 19 janvier 12:48

                                                @Feste

                                                Où ça, de la flagornerie ?

                                                C’est une obsession...

                                                Larbin... Léchage de bottes...

                                                N’y aurait-il que les jaunistes qui puissent ainsi se répandre ?

                                                Vous n’avez pas le monopole des bas instinct...


                                              • Feste Feste 21 janvier 00:34

                                                @michalac
                                                Si tu n’as pas de lunettes arrete de lire et surtout arrete d’ecrire
                                                Si tu en as et si tu n’as pas de dictionnaire, il y en a sur le net gratos.
                                                Et si tu es DAF tu peux peut etre t’en payer un.
                                                Quant aux bas instincts je crois que tu en connais un rayon, va donner tes leçons plus loin et passe ton chemin smiley

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