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Nicolas Sarkozy à l’âge de la retraite

« Il faut que je me concentre pour ne pas aller plus loin. » (Nicolas Sarkozy, le 20 janvier 2020 à Romorantin).



Ce mardi 28 janvier 2020, Nicolas Sarkozy fête son 65e anniversaire. C’était l’âge légal de la retraite avant l’arrivée des socialo-communistes au pouvoir en 1981. Mais à l’époque, l’ancien Président n’avait que 26 ans. De fait, l’âge légal de la retraite est maintenant à 62 ans et tout porte à penser qu’il passera à 64 ou 65 ans dans quelques années. L’âge d’équilibre, qui est un âge pour avoir un taux plein serait même introduit dans la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Il a été retiré in extremis pour des raisons de grèves massives et de négociations avec les syndicats mais il reviendra nécessairement dans quelques mois, par un amendement lors de l’examen parlementaire (on peut lire le contenu de l’ensemble du projet de loi sur le système universel des retraites présenté et adopté le 24 janvier 2020 par le conseil des ministres ici, ainsi que sa volumineuse étude d’impact).

Mais revenons aux 65 ans de Nicolas Sarkozy. Il n’est pas inactif mais politiquement, il est en retrait depuis le 20 novembre 2016 après son échec à la primaire LR. En fait, il est ancien Président de la République depuis le 15 mai 2012 et comme certains de ses prédécesseurs, ou successeurs, on ne peut pas dire qu’il a repris de l’activité politique. Pourtant, ce n’est pas l’envie et les capacités qui lui manquent.

Reprenons tous les Présidents de la Cinquième République. Quand De Gaulle a atteint les 65 ans, c’était en novembre 1955 (l'année de naissance de Nicolas Sarkozy), il venait de vraiment prendre sa retraite politique (à la grande joie de son épouse Yvonne) après l’échec du RPF. Trois années plus tard, il retourna quand même au pouvoir, appelé par l’Histoire, rédigea une nouvelle Constitution et fut élu Président de la République pour dix ans. Son successeur direct, Georges Pompidou, à 65 ans …était déjà mort, hélas pour lui. Il les aurait eus en principe quelques jours après la fin de son septennat (en juillet 1976).

Valéry Giscard d’Estaing, comme Nicolas Sarkozy, a quitté l’Élysée à un âge relativement jeune, lui à 55 ans (Nicolas Sarkozy à 57 ans), si bien qu’il pouvait encore prétendre à servir les Français en restant dans la vie politique (qu’il a véritablement quittée en 2004, soit à l’âge de 78 ans). Lorsque VGE a eu 65 ans, c’était en février 1991, et à cette époque, il était le président de l’UDF (entre 1988 et 1996) et il a même été tête de liste aux élections européennes de juin 1989.

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François Mitterrand, à 65 ans, était Président de la République depuis à peine six mois, en octobre 1981. À l’évidence, sa vie politique, bien que déjà très ancienne, était encore tournée vers l’avenir, jusqu’en 1995. Quant à son successeur direct (et rival), Jacques Chirac, qui a, lui aussi, les deux seuls de l’histoire républicaine, assumé deux mandats présidentiels dans leur totalité, il a eu 65 ans en novembre 1997, soit deux ans et demi après sa première élection à l’Élysée, et loin d’être le maître des horloges, il était déjà en cohabitation longue durée avec le Premier Ministre Lionel Jospin depuis près de six mois.

François Hollande, de la même génération que Nicolas Sarkozy, a eu 65 ans en août 2019 et n’a aucun mandat politique depuis mai 2017. Enfin, Emmanuel Macron aura 65 ans en décembre 2042, bien après son séjour à l’Élysée…

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a eu, jusqu’à maintenant, deux sortes d’anciens Présidents de la République, ceux qui ont renoncé à toute activité politique, ce fut le cas de De Gaulle et François Mitterrand, et ceux qui ont cru être encore indispensables à la vie politique, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy. Les deux premiers sont morts peu après leur départ de l’Élysée, en raison de leur grand âge, tandis que les deux autres évoqués, par leur jeune âge, ont occupé de nombreuses fonctions politiques après leur séjour à l’Élysée.

Valéry Giscard d’Estaing a presque tout été : conseiller général dès mars 1982, député, député européen, président de conseil régional, candidat à la mairie d’une grande ville et président d’un grand parti, et il aurait rêvé d’être candidat à l’élection présidentielle tant en 1988 qu’en 1995 (mais peu de monde le voulait, notamment les électeurs). Nicolas Sarkozy ne s’est pas représenté pour un mandat local ou national, sauf à la primaire LR pour être le candidat LR à l’élection présidentielle de 2017 et il a reconquis aussi le mandat de président de l’UMP/LR (élu en décembre 2014).

Jacques Chirac, lui, n’a jamais repris un mandat actif dans la vie politique ou partisane mais a quand même participé (au début) aux travaux du Conseil Constitutionnel dont il était un membre de droit, activité qu’il a arrêtée à cause de sa maladie et son procès (Nicolas Sarkozy a aussi arrêté cette activité en 2013 pour les mêmes raisons judiciaires). François Hollande n’a sollicité (encore) aucun mandat électif ni partisan et a refusé de participer aux travaux du Conseil Constitutionnel, mais entend rester quand même dans la course sinon présidentielle au moins éditoriale, se considérant comme le seul sauveur possible d’une gauche désorientée sinon explosée.

D’ailleurs, c’est intéressant d’écouter Nicolas Sarkozy. Voici un homme qui n’a jamais fait de sa vie que de la politique, qui est passionné de la vie politique depuis sa plus tendre adolescence, et qui se retrouve dans l’obligation d’arrêter la vie politique. Alors, maintenant en retrait de la vie politique, il lui est quand même très difficile de se taire.

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Il n’hésite donc pas à exprimer sa fascination pour Emmanuel Macron, qui a qualifié très tôt de « moi en mieux » !… Contrairement à François Hollande qui avait pourtant nommé Emmanuel Macron au Ministère de l’Économie et des Finances après l’avoir nommé numéro deux de l’Élysée spécialement chargé de sa boîte à outils fiscale et sociale (le CICE par exemple), Nicolas Sarkozy s’est toujours de garder son dernier successeur. Au contraire, il le protège même s’il s’en éloigne un peu. Alors que François Hollande, lui, très aigri de ne même pas avoir pu se présenter, envoie sans cesse des scuds sur son ancien poulain.

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Il faut aussi se rappeler que dans la couveuse du Premier Ministre Édouard Philippe (qui fut un directeur général de l’UMP, présidée par Alain Juppé, qui ne supportait pas l’idée d’avoir pour nouveau patron …Nicolas Sarkozy en 2004), il y a un "bébé Sarkozy" qui a pour l’instant bien réussi, le Ministre des Comptes publics Gérald Darmanin qui est (par exemple) l’auteur du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, faisant de la France l’un des pays qui a le meilleur taux de recouvrement fiscal.

Ainsi, Nicolas Sarkozy conseille discrètement. Et il parle quand même en public. Par exemple, le dernier discours en date, ce lundi 20 janvier 2020, à Romorantin, où il a participé à la cérémonie des vœux du député Guillaume Pelletier, nouveau vice-président de LR. Et qu’a dit Nicolas Sarkozy ? Qu’il fallait combattre les « quatre cavaliers de l’Apocalypse républicaine » que sont l’indifférence, l’abstention, l’antiparlementarisme et la haine de l’autre.

Le voici dans un costume imprévu de grand Sage. Le journaliste Serge Raffy l’a même nommé "Nicolas le Sage" dans "L’Obs" du 21 janvier 2020, ajoutant : « Aucun doute, l’ancien Président n’est pas rangé des voitures. Il est en embuscade, attendant patiemment son heure, tel un chasseur. Son gibier : Emmanuel Macron, pas encore assez épuisé par la meute. ».

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Pourrait-il ressusciter d’ici à 2022 pour autant ? Deux ans, c’est bien court, mais il faut rappeler (c’est ce que François Hollande rappelle en ce moment dans les médias) qu’en janvier 2010, personne n’aurait misé sur l’élection de François Hollande, tout comme à la fin de l’année 1993, personne ne croyait à l’élection de Jacques Chirac. Bref, deux ans, c’est court pour se refaire une virginité politique et c’est long pour imaginer qu’il n’y aurait pas des événements quasi-apocalyptiques dans la classe politique (comme l’explosion en plein vol de Dominique Strauss-Kahn en mai 2011 et de François Fillon en janvier 2017).

En fait, les Français veulent bien aimer Nicolas Sarkozy s’il n’est pas au pouvoir et s’il n’est pas candidat (du reste, ce fut le cas de Jacques Chirac). Dès que Nicolas Sarkozy se remontre sérieusement prêt à relever le défi élyséen, il se retrouve détesté même par ses propres troupes, comme le 20 novembre 2016. François Hollande, considéré comme le pire des Présidents de la Cinquième République dans tous les sondages depuis 2017, est dans sa petite bulle mais n’échappe pas non plus à la détestation personnelle, mais contrairement à Nicolas Sarkozy, François Hollande n’aura aucun pouvoir pour influencer de manière déterminante la position du parti socialiste à la prochaine élection présidentielle.

Tandis que Nicolas Sarkozy, lui, a encore un fort ascendant sur son parti Les Républicains et probablement que son influence sera décisive lorsqu’il faudra désigner le futur candidat LR à l’élection présidentielle de 2022. Et j’ai déjà une petite idée de l’identité de ce futur "nommé"…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 janvier 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nicolas Sarkozy à l’âge de la retraite.
Nicolas Sarkozy parle de littérature française.
L’échec à la primaire LR du 20 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy et la chasse aux centristes.
Nicolas Sarkozy, star de "L’émission politique".
Nicolas en Sarkini.
Une combativité intacte.
Discours du 30 mai 2015 à la Villette.
Les 60 ans de Nicolas Sarkozy.
Je suis Charlie.
Mathématiques militantes.
Le nouveau paradigme.
Le retour.
Bilan du quinquennat.
Sarkozy bashing.
Ligne Buisson ?
Stigmatisation.
Transgression.
Sarcologie et salpicon socialistes.

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8 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 27 janvier 17:57

    Bonsoir, Sylvain

    L’âge de la retraite, c’est l’heure du bilan : 

    Au rayon des disparus : Sarkozy de A à Z.


    • révolQé révolQé 28 janvier 09:29

      Romorantin...Ha !! ha !! ha !! smiley


      • phan 28 janvier 09:48
        Les aveux de Sarkozy : « On a sorti Gbagbo, on a installé Ouattara  ».
        Les actes de Sarkozy : « On a assassiné Kadhafi, on a installé le Djihad ».

        • Fergus Fergus 28 janvier 11:28

          Bonjour, phan

          A quoi vous pouvez ajouter : « On a viré Juppé, on a installé Macron » !!!

          Car, comme le souligne l’auteur, Sarkozy a gardé une réelle influence au sein de LR.

          Et c’est de facto Sarkozy qui a conditionné le résultat de la présidentielle de 2017. 
          La veille du meeting du Trocadéro début mars, Fillon  plombé par les affaires  était prêt à jeter l’éponge, comme l’a rapporté Le Canard enchaîné. Ce qui aurait débouché sur une candidature de Juppé à la présidentielle, et sans aucun doute l’élection de celui-ci. De cela, Sarkozy, par détestation du maire de Bordeaux, n’a pas voulu  : il a conforté Fillon et a envoyé quelques fidèles au Trocadéro, dont Baroin et Hortefeux.

          Dès lors, la messe était dite, et Macron avait un boulevard devant lui !


        • ETTORE ETTORE 28 janvier 13:30

          Personne ne veut reprendre ce repris de justice, dans son « pays » !

          Qu’on le transforme en goulash, ou qu’on en fasse des saucisses.....

          Mais qu’on le dégage de l’horizon des Français.

          On as assez de morpions en activité, pour se soucier de ces empaillés qui coutent une blinde en entretien .


          • zygzornifle zygzornifle 28 janvier 13:34

            Paul Bismuth a atteint aussi l’age de la retraite mais as-t’il cotisé ?


            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 28 janvier 16:57

              Il nous tarde qu’il soit jugé pour haute trahison ainsi que tous les parlementaires qui ont voté pour la constitution européenne en 2007.


              • Olivier 29 janvier 13:43

                Entre autres gracieusetés, M. Sarkozy dans un discours resté fameux en 2008, avait fait du « métissage » une obligation, allant même jusqu’à menacer s’il le fallait si les français s’y refusaient ! Mais c’est bien représentatif de l’idéologie anti-nationale de l’élite actuelle.

                Pas étonnant que les électeurs l’aient gentiment renvoyé aux poubelles de l’histoire...

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