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Accueil du site > Actualités > Politique > Pourquoi des milliers de profs attendent le Plan de Départ Volontaire

Pourquoi des milliers de profs attendent le Plan de Départ Volontaire

Découvrez pourquoi de nombreux personnels de l'Education Nationale attendent la réforme de la fonction publique pour démissionner.

Ils vont au travail à reculons, ne supportent plus les élèves et la salle des profs, certains font même des cauchemars. Oui, de nombreux profs n’aiment plus leur travail. Pourquoi ne quittent-ils pas simplement les rangs de l’Éducation Nationale ? Pourquoi attendent-ils le Plan de Départ Volontaire promis par le gouvernement ? Vous verrez que démissionner aujourd’hui n’est pas du tout avantageux et que certains préfèrent avoir recours aux arrêts maladie à répétition et au travail au noir en parallèle. Le Plan de Départ Volontaire est une porte de sortie, un espoir. Mais qu’en sera-t-il vraiment ?

Démissionner aujourd’hui de l’Éducation Nationale : le parcours du combattant

Vendredi, 16h30. Devant un collège, quelque part en France, les bus défilent et des ados boutonneux s’engouffrent à l’intérieur, smartphones à la main. J’ai rendez-vous avec Edgar (le prénom a été changé), prof malheureux déniché sur un forum. Nous nous installons dans un café.

Mais pourquoi Edgar n’a pas démissionné ?

En octobre dernier, Edgar fait une demande d’IDV (Indemnité de Départ Volontaire). Créée en 2008, elle a pour but de permettre aux agents de la Fonction Publique de changer de métier en obtenant une compensation financière.

L’IDV n’est attribuée que dans deux cas : si votre poste est supprimé ou si vous créez ou reprenez une entreprise. Mais attention, vous n’avez pas le droit de créer l’entreprise avant.

Petit extrait du B.O, la source ici.

Edgar travaille alors au noir depuis quelques mois pour tester son activité. Il enchaîne les heures, il a des cernes. Il ne souhaite pas prendre de risques en quittant l’Éducation Nationale sans être sûr qu’il pourra continuer à assumer financièrement pour ses enfants.

Il me dit qu’il pensait obtenir environ un an de salaire, de quoi l’aider à démarrer son entreprise.

En décembre, la réponse tombe :

“Après 25 ans de carrière, j’ai le droit à 6 mois de salaire brut, en 2 fois, sans avoir le droit de tester avant ma nouvelle activité… En plus, j’ai un délais de 3 jours après réception du montant de l’IDV pour décider. Même pas le temps de contacter les syndicats.”

Il faut dire qu’Edgar s’était voilé la face. Il n’avait pas bien lu les 5 914 mots du Bulletin Officiel, et surtout pas cette phrase là, perdue dans les limbes du blablabla de la réglementation :

Sacré Edgar ! Et en plus, il ne cotise pas pour le chômage. Dommage.

Alors il préfère refuser l’IDV, et continuer. Même s’il m’avoue qu’en fait il fait le minimum et qu’il est malheureux.

Edgar est-il le seul prof dans ce cas ?

Après avoir rencontré Edgar, je me questionne : est-il seul ? J’en parle à la maîtresse de mes enfants. Elle me dit :

“Oui, bien sûr que j’aimerais changer de métier. Je suis fatiguée, au bout de 30 ans de carrière j’aimerais faire autre chose. Je ne m’imagine pas encore ici quand j’aurai 60 ans. Mais pour ça il faut être courageux”.

Courageux !

C’est alors que je lance un sondage en ligne que je poste sur mes réseaux sociaux. J’obtiens 75 réponses. Ce n’est pas très représentatif mais 75% des répondants affirment avoir déjà pensé à démissionner. Et ça me permet de rencontrer Valérie.

Valérie est professeure des écoles, elle a 6 enfants et elle vit à Paris. Autant vous dire qu’il faut assurer un minimum pour nourrir toutes ces bouches et se loger convenablement. Elle a également fait une demande d’IDV et on lui a proposé 10 000 euros. Je vous rappelle qu’elle n’a le droit à aucune indemnité de chômage, et je rajoute que cette somme est versée en 2 fois (la première partie 6 mois après la démission sur présentation d’un K-Bis, la seconde 1 an après si l’entreprise créée est encore en activité). Valérie a un deuxième job sur internet, elle préfère également travailler au noir, la nuit, quand ses enfants sont couchés.

Elle me dit :

“J’ai des gros problèmes de santé. LOL. Alors quand j’ai trop de travail sur internet, je me mets en arrêt maladie. Et j’attends la suite.” 

Si vous êtes en train de lire cet article, ne vous arrêtez pas là, c’est après que ça devient intéressant. 

Bénéficier du Plan de Départ Volontaire : un espoir

“Promesse” électorale, la Réforme de la Fonction Publique comprend entre autre la restructuration de certains services, la privatisation de certains autres, l’établissement d’une prime au mérite et le Plan de Départ Volontaire. L’État compte bien avoir recours à un nombre plus important de contractuels qui coûtent moins cher. Je n’ai pas envie d’entrer dans le débat sur la moralité de ces objectifs. Mais bien appuyer sur le fait que ce plan aidera des profs déprimés à sortir la tête de l’eau.

Pourquoi le Plan de Départ Volontaire est-t-il plus avantageux que l’IDV ?

Le Plan de Départ Volontaire, ou PDV, consiste à proposer à certains fonctionnaires de quitter leur poste en leur proposant des conditions plus avantageuses que celles actuellement en vigueur.

Il faut dire que l’Indemnité de Départ Volontaire n’a pas été très suivie, et n’a pas coûté cher au gouvernement. Sur le site internet d’un syndicat (rendez-vous page 17 pour ceux que ça intéresse), je déniche le nombre de personnels de l’Éducation Nationale qui ont demandé l’IDV entre 2009 et 2018, ainsi que les montants moyens qui ont été accordés.

Nombre de profs bénéficiaires de l’IDV (2009-2018)

Montant moyen 2009

Montant moyen 2018

Montant proposé en 2018 à Edgar

Montant proposé en 2018 à Valérie

3 294

35 000

18 000

15 000

10 000

L’espoir du PDV réside dans les montants prévisionnels et les conditions plus avantageuses. Le gouvernement prévoit (selon les médias) :

  • une prime de 24 mois de salaire ;
  • la possibilité de bénéficier des allocations de chômage.

Faisons un calcul tout simple en reprenant le cas d’Edgar.

Montant IDV

Montant PDV

15 000 euros bruts

Salaire mensuel x24 : 2 100 x 24

soit 50 400 euros

Droit chômage : 46.28€ net/jour pendant 730 jours

soit 33 784 euros

 

TOTAL : 84 784 euros !

 

Ainsi, si Edgar perçoit l’intégralité de ses indemnités de chômage et de sa prime, et en partant sur l’hypothèse que le gouvernement paiera 1 300 € net le vacataire qui le remplacera, il faudra 5 ans et demi pour que l’affaire soit rentable pour l’Éducation Nationale.

Qu’espèrent Edgar et Valérie du Plan de Départ Volontaire ?

Si vous êtes vous-même fonctionnaire d’État, vous devez vous dire que ces montants font rêver (moi aussi !). Alors, que vont faire mes deux témoins avec cette jolie somme ?

Dès la réception de sa demande d’IDV, Edgar a contacté les syndicats. Il n’adhère à aucun en particulier, et c’est pour cette raison qu’il a envoyé un mail groupé. Il souhaitait justement savoir s’ils en savaient plus à propos de cette réforme. Aucun n’a pu lui fournir de réponse précise. Évidemment, la réforme n’est pas encore inscrite dans le calendrier gouvernemental. Lors de notre rencontre, je lui détaille les montants calculés plus haut, avec des informations glanées ici et là dans de grands médias.

Il ouvre alors grand les yeux, étonné, ou rassuré. Il me parle de ses projets de prendre de grandes vacances avec sa famille. Il s’imagine dans un hamac sur une plage de Thaïlande avec un cocktail à la main.

“J’ai beaucoup d’amis qui profitent depuis des années de longues périodes de chômage pour se refaire une santé. Je crois que je l’ai bien mérité moi aussi. Ensuite, je pourrai sereinement monter mon entreprise, et vivre la vie artistique dont j’ai toujours rêvé.”

En ce qui concerne Valérie, elle souhaite vivre de son nouvel emploi sur internet, plus rémunérateur mais moins stable. Cette somme pourrait servir à se mettre au vert et quitter la grisaille de la métropole parisienne.

Pour tous les autres profs qui n’aiment plus leur travail, l’indemnité versée au titre du Plan de Départ permettrait de démarrer une nouvelle vie. Globalement moins oppressante. Pour peut-être pouvoir choisir enfin l’endroit où ils souhaitent s’installer.

Attendre et espérer : qui seront les élus ?

L’objectif du gouvernement est de supprimer 50 000 postes dans la Fonction Publique d’État (source : l’Express). De plus, “Édouard Philippe a précisé que 4500 postes seraient supprimés en 2019 et plus de 10 000 en 2020”. Il est essentiel de noter qu’il n’y aura donc pas 50 000 postes supprimés dans l’Éducation Nationale.

Comment le gouvernement choisira-t-il les démissionnaires ?

Tous les enseignants auront-ils le droit de présenter leur démission ? La sélection sera-t-elle orientée en fonction des besoins de service ?

Quand on s’intéresse un peu au monde de l’Éducation Nationale, on comprend que les besoins en personnels ne sont pas les mêmes en fonction de l’Académie et de la discipline.

Ainsi, dans les Académies de Versailles et de Créteil, il est plutôt courant de voir des postes vacants à la rentrée scolaire et des enseignants qui ne pas remplacés quand ils sont malades. D’ailleurs, l’Éducation Nationale incite les étudiants à devenir Apprenti Professeur, à partir de la deuxième année de Licence (plus d’infos ici) avec une rémunération très confortable pour 2 demi-journées de présence. Mais ce n’est valable que pour des disciplines qui manquent cruellement de candidats : allemand, anglais, lettres, mathématiques.

Il faut noter également que le concours de professeur des écoles dans ces mêmes académies est plutôt accessible : il y a moins de candidats que d’offre !

Paradoxalement, et depuis 2010, il faut un bac +5 pour devenir titulaire. Il faut donc embaucher des contractuels pour compenser.

Il est donc tout à fait pertinent de se poser la question des modalités de la démission. Il n’y a que l’avenir que nous en apprendra plus.

Que fera le gouvernement s’il y a plus de demandes que d’offre ?

Je pose la question à Edgar. A vrai dire, il ne s’en était même pas inquiété. Pour lui, c’était une affaire réglée : il pose sa démission, il attend quelques mois que le Rectorat lui trouve un remplaçant, il empoche l’indemnité et adieu la salle des profs.

Mais cela risque de ne pas être aussi simple. D’abord, il faudra peut-être attendre plusieurs années. Ensuite, il est possible que les candidats au départ soient beaucoup plus nombreux que ce que le gouvernement et les syndicats envisagent. Si je me permets d’avancer cela, ce n’est pas simplement par intuition. Les résultats de mon sondage sont effarants : sur les 75 répondants, 41 attendent le Plan de Départ Volontaire, soit 55% !

Ce que le gouvernement proposera à ceux qui pourraient rester sur le carreau ? Impossible de le savoir.

 

Vous l’aurez compris,c’est une réforme qui va faire couler beaucoup d’encre dans les prochains mois et qui va être débattue dans toutes les salles des profs.

Vous êtes personnel de l’EN ? Aidez-moi à affiner les résultats de mon sondage ! 6 petites questions pour 2 minutes de votre temps.


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89 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 4 février 09:55

    Quel manque de courage !


    • Paul Leleu 4 février 20:26

      @Giordano Bruno

      moi je comprends ces profs... et pourtant, j’ai pas fait de diplome, et je me suis cassé au plus vite des l’école...

      les gilets-jaunes proposent de supprimer les élections, et de les remplacer par la démocratie direct sur Facebook... je pense qu’on devrait faire la même chose pour l’école...

      l’EN appartient au monde ancien, avec un enseignement vertical...

      nous sommes dans une mutation de société profonde...


    • Durand Durand 4 février 10:13

      .

      Que les gosses arrivent au Bac sans savoir ni lire, ni écrire ne les dérange pas,... mais lâcher la planque pour l’ombre, ouh là là !...

      Le mammouth est si bien dans sa bulle... !

      .


      • Paul Leleu 4 février 20:19

        @@Durand

        moi je crois que tout ça n’a rien à voir avec les « prooofs » ni les « fonctionaiiiiires »... quoi qu’on pense d’eux...

        c’est drôle de voir les gens qui gueulent pour les gilets-jaunes, mais qui en même temps sont impitoyables avec les gens qui souffrent et qui galèrent dans et hors de leur métier...

        c’est un des grands paradoxes de notre France actuelle : on parle de révolution à tire-larigot, et on veut la tête à Macron... mais on est incapables de se traiter avec le moindre respect humain minimum... et en plus on ressasse les clichés de « haine entre pauvres » servis par l’oligarchie... je comprends pas la cohérence...

        Je pense que la dégradation de l’enseignement ne vient même pas des méthodes fumeuses et discutables de l’EN... ça vient de la dégradation culturelle et civilisationnelle générale de la société... les gens lobitomosés par la télé, la consommation, le narcissisme, facebook, le rap, le rock, la haine et l’individualisme...

        quand un enfant entend une chanson des Beatles ou une émission de Hanouna, il ne comprend pas pourquoi il devrait faire un effort pour travailler à l’école... Après ce glyphosate anthropologique, je comprends pas quel prof, que humain, peut faire repousser quoi que ce soit chez les enfants... rien à voir avec le talent ou la nullité du prof par ailleurs.


      • eric 4 février 21:20

        @Paul Leleu
        Je ne pense pas ; dans l’ensemble, cela se passe bien, dans le privé confessionnel...
        J’ai encore visité une école protestante du côté de Cergy, profs et élèves font la queue pour y être admis ; Idem a Marseille. Non, c’est vraiment l’éducation nationale socialiste qui est en déshérence.


      • Paul Leleu 4 février 21:41

        @eric

        non... vous idéalisez... derrière les apparences, la trame d’effondrement culturel n’est guère différente... c’est juste que dans ces établissements on le cache...

        ils sont bien peignés et plus polis, font des belles paroles, et possèdent parfois une meilleure culture générale...

        et le privé recueille les enfants de familles qui veulent échapper un minimum à l’effondrement... mais ça ne va pas plus loin... Alors que le public concentre les autres...

        (il y a d’ailleurs dans certains de ces établissements privés, son cotât de gosses de riches particulièrement dégénérés...)

        mais, si ça peut vous servir de béquille de croire ça...


      • Venceslas Venceslas 5 février 02:36

        @Durand
        Que les gosses arrivent au bac sans savoir lire ni écrire nous dérange beaucoup. Et ce n’est pas faute d’avoir alerté sur la baisse continue des horaires de français que je vous invite à consulter sur sauv.net
        Le « mammouth », comme vous dites bêtement, se sent très mal, contrairement à ce vous affirmer sans visiblement y connaître grand chose.


      • machin 5 février 08:46

        @eric

        Avez vous songez, que volontairement l’on sabote la laïque pour le privé ?

        Retenez bien ceci :
        À terme, l’éducation, la santé, la sécurité, et probablement aussi l’armée seront aussi privatisées comme l’ont été l’énergie et les communications...

        Déjà, notre armée n’est plus là pour la défense nationale, mais uniquement comme mercenaire à la solde de quelques crapules qui mettent à feu et sang tout le continent africain.


      • Durand Durand 5 février 12:49

        @Venceslas

        .

        Je n’ai pas vu de manifs ni de grèves de profs organisées sur le thème de l’abaissement du niveau général...

        Quand ils descendent dans la rue, c’est toujours pour leurs salaires et leurs conditions de travail..., jamais pour critiquer ou déplorer le résultat de leur mission.

        J’en conclue que le monde enseignant, ne se sent pas responsable de la dégradation du niveau général.

        Ceci dit, les enseignants ont toujours voté majoritairement pour les socio-mondialistes et ne sont donc pas près de faire le rapprochement entre la mondialisation et l’abaissement du niveau scolaire, pas plus qu’entre cette mondialisation et la rupture éducative parentale, largement responsable elle aussi de la dégradation de leurs conditions de travail.

        C’est donc par son conservatisme de socialo-nantis et par son inculture – et plus précisément par son inculture politique – que le monde enseignant se tire lui-même une balle dans le pied,.. et depuis très longtemps !

        .


      • Alren Alren 5 février 19:14

        @eric

        C’est ça la force du privé : choisir les élèves  !
        Si celui-ci ne convient pas, il est renvoyé dans le public qui lui est obligé de le prendre !
        Et puis ne croyez pas que les enseignants du privé soient dans un meilleur état d’esprit que ceux du public !
        Les comités diocésains, les employeurs et surtout les parents d’élèves du privé n’ont rien à envier à la hiérarchie EN et aux parents du public en matière d’exigences irréalistes vis-à-vis des professeurs.
        Beaucoup de ces derniers d’ailleurs ne sont allés dans le privé que pour éviter le chômage.
        C’est le cas en particulier pour les professeurs d’EPS !


      • cevennevive cevennevive 4 février 10:29

        Bonjour Maude,

        Je viens donner une opinion inverse : J’ai quitté l’enseignement, j’avais 27 ans à l’époque, sans un centime de compensation, en courant presque loin de ce collège de la Sarthe où je m’étais fourvoyée.

        J’ai pris une autre voie et cela a changé ma vie (en mieux)

        Pourtant, je n’avais pas un sou vaillant devant moi, pas de métier réel, et une fille à élever.

        J’en ai un peu marre qu’aujourd’hui tout le monde demande des mois de salaires, des compensations de toutes sortes, des allocations, des aides, des subsides, etc.

        Si un prof ou un fonctionnaire se sens mal dans son siège de prof ou de fonctionnaire, il y a bien d’autres voies à parcourir ! Chouiner sur son sort dénote un manque certain de courage.

        Pardonnez mon irritation.

        Bien à vous.


        • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 4 février 11:34

          @cevennevive
          Bonjour,
          Je me permets de faire trois remarques sur votre parcours. Mais avant je voudrais que vous preniez conscience que ce que décrit l’auteure s’applique tout aussi bien à la grande majorité des travailleurs tant du Privé que du Public.
          Cette dernière n’a pas envie d’être ballotée de travail en travail, d’usine en usine, d’entreprise en entreprise, d’une région à l’autre.
          Tout le monde ne déborde pas d’ambition au point d’y sacrifier son cadre de vie et sa vie de famille.
          Les trois remarques :

          1. La République vous a offert la possibilité de faire des études supérieures pour devenir enseignante et ce presque gratuitement. Elle n’a pas eu le retour de son investissement, au vu de vos explications. Et en gentille mère de famille elle ne vous en a aucunement réclamé le montant. Ne trouvez-vous pas ?
          2. L’auteure du billet ne pleurniche pas. Elle explique clairement que n’ayant pas droit au chômage en tant que fonctionnaire démissionnaire, il est extrêmement dur pour ledit fonctionnaire de franchir le pas sans garantie. Une de celles-ci serait par exemple d’avoir trouvé un autre emploi au préalable. Pourquoi ne pas autoriser le chômage dans un tel cas comme au Danemark ?
          3. Si à 20 ans on se croit immortel et on tente des challenges en tous genres, 30 ans plus tard ce n’est plus la même histoire ! Sinon on verrait 70% de participants de plus de 50 ans aux journées saut en parachute ou saut à l’élastique. (cf pyramide des âges). Ce qu’on n’observe pas car les quinquas (pour faire simple) s’accrochent à leur boulot coûte que coûte et l’employeur le sait bien !

        • cevennevive cevennevive 4 février 11:57

          @Michael Gulaputih, bonjour,

          Merci pour votre réponse, cependant vos déclarations moralistes et péremptoires me chagrinent un peu.

          1. Vous ne savez rien de ma vie. Mère à à peine 17 ans, j’ai dû faire des études en les finançant moi-même.
          2. Durant ma vie professionnelle, bien après cela, j’ai dû démissionner sans indemnités de chômage bien sûr, d’une société d’ambulance dont la directrice m’a fait faire de fausse factures. Je ne pouvais l’admettre, mais je ne l’ai jamais dénoncée à la sécu. Et le fait de démissionner interdit les indemnités de chômage. 
          3. Que pensez-vous des femmes qui restent avec un mari imbitable qui les maltraite, ou qui les trompe, mais qui assure la partie financière ? Où est le courage : rester ou partir ? « S’accrocher » comme vous l’écrivez est souvent rater une partie de sa vie.
          Bon, je vous pardonne cette leçon de morale. Mais réfléchissez, il y a tant et tant de cas différents !

          Bien à vous.
           


        • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 4 février 12:35

          @cevennevive
          Merci d’avoir fait part avec franchise de vos expériences personnelles.
          Mais elles sont personnelles justement et donc ne s’appliquent pas à l’ensemble des situations.
          Si vous avez du caractère (et il semblerait même que vous en soyez fort pourvue) dénierez -vous pour autant aux autres de ne pas en avoir ?
          C’est là la base du débat.
          Tous les « filets sociaux » sont mis en place pour ceux qui n’ont pas la chance d’être une force de la nature assuré de survivre dans la jungle darwinienne.
          Faut-il pour autant les stigmatiser, les traiter de Jo la pleurniche ?

          Quant à s’accrocher...le débat est lancé et ouvert. En toute honnêteté je ne pensais qu’à s’accrocher à son travail. Et pas du tout à un conjoint « nourricier » mais la problématique reste la même.
          C’est un vaste débat que vous lancez là et qui ne devrait pas se baser sur des affects.
          Vous ne savez rien non plus de ma vie mais je ne vois pas du tout en quoi en savoir plus fait avancer le débat. Un cas particulier n’a jamais fait office de preuve pour une théorie. Il peut tout au plus l’infirmer.


        • cevennevive cevennevive 4 février 12:55

          @Michael Gulaputih,

          « Un cas particulier n’a jamais fait office de preuve pour une théorie. Il peut tout au plus l’infirmer. »

           Eh oui mon cher, c’est ce que j’ai essayé de faire pour éviter que certains ne se mettent à généraliser.

          Mais un « cas particulier » peut aussi étayer un raisonnement comme le fait l’auteur de cet article, et là aussi, il est vain de généraliser.


        • Paul Leleu 4 février 20:11

          @cevennevive

          sans vouloir me mêler de ce qui me regarde pas, peut-être que la situation sociale et économique a changé depuis votre époque...

          retrouver un emploi peut simplement prendre beaucoup plus de temps, avec beaucoup plus d’incertitudes sur le salaire... pareil pour une activité entreprenariale... de même, les loyers et le coût de la vie sont beaucoup plus élevés, et accéder à un logement quasi impossible... et la solitude qui guette...

          c’est peut-être pour ça qu’il y a des gilets-jaunes ?


        • Maude Tilliez Maude Tilliez 4 février 20:18

          @cevennevive

          Bonsoir,
          Je pense que vous n’étiez peut-être pas faite pour l’éducation nationale, que vous n’aviez pas les motivations qui dirigent bon nombre de profs : la peur. La peur du lendemain, la volonté d’avoir une situation stable.
          Si certains veulent partir, ils ont besoin d’une béquille.
          Je trouve ce plan de départ bénéfique. Ce n’est pas une purge. Mais bel et bien une porte de sortie.
          Un manque de courage, non, je ne pense pas.


        • machin 5 février 08:53

          @cevennevive

          « Chouiner sur son sort dénote un manque certain de courage. »


          Pour se mettre a son compte, il faut autant sinon plus de couilles que de cerveau.

          La recherche de l’assistanat est mauvais pour les deux et ne mène a rien.



        • JC_Lavau JC_Lavau 5 février 09:31

          @machin. Tout le monde n’est pas commercial.
          Le génie universel n’existe pas.


        • machin 5 février 09:46

          @JC_Lavau

          je ne vois pas tres bien ce que le commercial vient faire là dedans...


        • JC_Lavau JC_Lavau 5 février 09:50

          @machin. Moi si, par expérience.


        • machin 5 février 14:18

          @JC_Lavau

          l’on a toujours les excuses ou justifications que l’on trouve...


        • machin 5 février 14:20

          @JC_Lavau

          Entrepreneur, c’est un état d’esprit, pas un métier.

          La sécurité tue l’entrepreneuriat.
          C’est un fait, pas une raison.

          Chacun fait de sa vie ce qu’il veut selon son ou ses choix.
          Il n’y a rien de bien ou de mal à être salarié ou entrepreneur, il faut juste assumer sans se plaindre de son état librement choisi.

          Si vous êtes encore enseignant au bout de 20 ans alors que vous aviez envie de changer, vous n’êtes prisonnier que de vous-même, personne ne vous a fait violence...


        • JC_Lavau JC_Lavau 5 février 16:17

          @machin. C’est confortable, le délire ?
          Ça te permet d’échapper à quoi ?


        • machin 5 février 16:48

          @JC_Lavau

          @machin. C’est confortable, le délire ?
          Ça te permet d’échapper à quoi ?

          Çà, c’est de l’argumentation....

          En tout cas, moi, j’ ai choisi ma vie, et cela m’a, entre autres, permis d’échapper aux pleurnicheries de gens comme vous, toujours à se plaindre du manque de chance,ou de la méchanceté de la vie...

          ..


        • Alren Alren 5 février 19:30

          @cevennevive

          Quand on a des enfants à charge, on ne peut se permettre une rupture totale de revenus. ce n’est pas de la lâcheté de se sacrifier pour eux dans un métier difficile. Au contraire !

          Les entreprises privées n’aiment pas embaucher d’ex-enseignants, forcément diplômés et qui recherchent des emplois à hauteur de leur niveau, des emplois de cadres.
          Elles se méfient de l’influence « gauchisante » et revendicatrice qu’ils pourraient avoir sur le personnel.
          Certains sont acceptés comme représentants ... Mais le VRP n’est pas souvent chez lui alors pour un père et surtout une mède famille cela n’est pas idéal non plus.

          Leur seul possibilité d’avoir un revenu suffisant pour faire vivre bien leurs enfants est de créer une entreprise viable et pour cela il faut des capitaux que les banques ne leur prêteront pas.
          Ou d’avoir une activité lucrative grâce à internet. Mais les possibilités sont très limitées et demandent des aptitudes particulières. 


        • JC_Lavau JC_Lavau 5 février 20:07

          @machin. Et toujours le plein délire, quand ta malveillance chronique invente une biographie imaginaire contre ton prochain.


        • machin 5 février 20:40

          @JC_Lavau

          vous avez surement raison.


        • Et hop ! Et hop ! 10 février 21:41

          @Michael Gulaputih : «   Elle explique clairement que n’ayant pas droit au chômage en tant que fonctionnaire démissionnaire, il est extrêmement dur »

          C’est la même chose dans le privé, le démissionnaire n’a pas de chômage.


        • leypanou 4 février 10:54

          Croyez-vous qu’on peut changer facilement de métier en France ?

          Vous avez fait 10, 20 ans de professorat, et vous voulez en changer ? Pour faire quoi ? Et on va vous prendre ? A part une minorité qui pourra faire autre chose, pour le reste c’est impossible, sauf si on veut être caissier dans la grande distribution (ou des métiers de ce genre).

          Et puis surtout, si vous n’avez personne capable de vous soutenir financièrement, l’EN a beau avoir ses défauts, au moins elle assure les fins de mois.

          Quelle personne sensée osera quitter l’EN sans assurance financière après ?

          Les journalistes qui aboient matin, midi et soir que « faire un seul métier toute sa vie c’est terminé », vous en connaissez beaucoup qui ont changé de métier ?


          • Eric F Eric F 4 février 15:49

            @leypanou
            "Les journalistes qui aboient matin, midi et soir que « faire un seul métier toute sa vie c’est terminé », vous en connaissez beaucoup qui ont changé de métier ?

            « 
            Bien vu, on cherche à faire de la précarisation une règle générale. On nous dit parfois que les métiers de demain ne sont pas encore inventés, mais si on regarde les quelques professions qui ont du mal à recruter, ce sont souvent des métiers traditionnels (BTP, hôtellerie-restauration, etc.). Le drame est que le nombre total de »postes" (emplois) dans le pays stagne, c’est le départ à la retraite des classes d’age du baby boom qui est la principale source d’embauches, non pas la création de nouveaux postes.


          • Paul Leleu 4 février 20:28

            @leypanou

            d’accord avec vous ... c’est instuctif de voir, en pleins gilets-jaunes, que la « haine entre pauvres » a toujours cours...

            je pense que la première révolution, ce serait de s’abstenir de parler aussi mal entre pauvres... et de désapprendre ce discours de division inventé par l’oligarchie contre le peuple.


          • Cadoudal Cadoudal 4 février 20:43

            @Paul Leleu
            Moi je vois autant de solidarité chez les GJ que dans les raouts non mixisé raciaux de la gente Obonesque...

            l’Homme Nouveau n’est pas pour demain, faudra l’intégrer dans vos calculs, faire avec ou continuer dans le mur en chantant...


          • Paul Leleu 4 février 20:49

            @Cadoudal

            je suis d’accord avec vous... si je comprends bien...


          • Cadoudal Cadoudal 4 février 20:52

            @leypanou
            Sur mon plan de grand départ volontaire des colons pour éviter à nos profs de devenir schyzos dépressifs ?

            Pour une fois qu’on se comprend...lol...

            « Les professeurs de ZEP n’ont pas d’autre choix que de surnoter, souligne l’auteur des Pratiques d’évaluation scolaires (Puf, 2018). Encore plus que les adultes, les adolescents sont sujets à la ‘résignation apprise’. À force de se sentir nuls, leurs ressources intentionnelles chutent. En dessous d’un seuil à 7 ou 8 sur 20, ils décrochent inévitablement ». Pour le spécialiste, « la science est très claire : les bons résultats maintiennent une image de soi positive indispensable pour progresser »

            https://etudiant.lefigaro.fr/article/les-lycees-defavorises-surnotent-ils-leurs-eleves-retour-sur-la-phrase-d-omar-sy_4b34be42-22ea-11e9-8753-c5287de992f4/


          • Paul Leleu 4 février 21:15

            @Cadoudal

            c’est dramatique ce que vous dites sur les ZEP... mais c’est un peu à la base de mon « humanisme » sur certains points... je veux dire une relative « tolérance » compte-tenu du merdier généralisé... il me semble qu’à un moment il vaut mieux « confiner » les choses, comme le sarcophage de Tchernobyl... juste pour éviter encore pire... éviter de répendre encore plus les « déchets nucléaires » en tous genres, en se bagarrant au milieu de ce bazar... d’autant qu’il est souvent difficile de savoi ou trancher (si j’ose dire !), tant les situations sont entremêlées...

            je me dis aussi que les explosions ou les implosions (type effondrement de l’URSS) peuvent conduire à des situations parfois encore plus tragiques et plus bloquées qu’avant... et que la fin de l’UE sera peut-être pire sous certains aspects, que l’UE elle-même ! ...Mais il me semble que (d’une manière ou d’une autre), aucun changement positif ne sera possible sans une certaine mutation culturelle des populations... pas au sens mixité machin... mais au sens de la dignité minimum universelle de l’humain... sans quoi, il n’y a plus aucune base philosphique et sociale... c’est la raison pour laquelle je critique (parfois abusivement peut-être ?) « l’américanisation » culturelle, qui me semble le premier moteur de l’effondrement et du clash final (au bénèf’ de l’oligarchie).

            Après, c’est très difficle d’obliger les gens à redevenir des hommes (et des femmes) comme leurs arrières-grands parents... pas parfaits (loin de là !) mais avec le socle minimum, chez une masse critique de la population... pour permettre le fonctionnement.

            Sinon, on peut aussi entrer dans la « société virtuelle internet trans-humaniste » totale... pourquoi pas... à ce moment là, on peut continuer sur la même pente de déconstruction de la vieille culture, pour s’adapter à la « nouvelle culture »...


          • Cadoudal Cadoudal 4 février 21:32

            @Paul Leleu
            "il me semble qu’à un moment il vaut mieux « confiner » les choses, comme le sarcophage de Tchernobyl

            "

            Ouais, vous êtes pour l’apartheid en France comme Obono ou les bobos vivre ensemblistes non pratiquants, en attendant que les indigènes disparaissent, culturellement puis physiquement et que tout rentre dans l’ordre...

            Pas très réjouissant pour les ploucs enracinés votre truc...

            Moi je suis pour un retour et un confinement à l’ordre géographique ancien, ce que l’homme à fait il peut toujours le défaire...


          • Paul Leleu 4 février 21:51

            @Cadoudal

            oui... façon de voir... je ne pense pas que nos idées soient si éloignées, m^me si elles sont certainement un peu différentes (et même si je ne cherche pas à vous en convaincre, bien évidemment)...

            je dis juste qu’une guerre civile ça peut transformer la France en une super Bosnie-Herzégovine... d’autant qu’une guerre civile en France attirerait toutes sortes de chacals internationaux, pour s’y éclater...

            après, si vous avez une boule de cristal pour être certain des résultats de la guerre civile... je suis preneur !

            et puis faudra me dire pour les « ploucs enracinés » (comme vous dites) ce qu’ils ont comme projet de société... parce-que c’est pas les mecs comme moi qui ont plébicité la société américaine multiculturelle dégénérée... je comprends pas la différence, par exemple, entre un auditeur de Bob Marley et un autre...


          • Cadoudal Cadoudal 4 février 22:17

            « La classe ouvrière a parlé et je suis l’un d’entre eux et je suis donc avec eux. »

            « J’ai toujours vu l’anarchie comme un jeu de l’esprit des classes moyennes, les quelques privilégiés, gâtés qui peuvent se permettre de s’adonner à ce genre de philosophie absurde. »

            http://www.lefigaro.fr/musique/2017/03/29/03006-20170329ARTFIG00133-pour-l-ex-sex-pistols-johnny-rotten-trump-et-le-brexit-sont-des-maux-necessaires.php

            Bob Marley je laisse ça au NPA...

            Projet de société ?

            Pas de société sans solidarité, même programme qu’Obono et Bouteldja, retour aux vieilles et solides solidarités ethniques...

            Que le meilleur gagne...


          • machin 5 février 09:30

            Entrepreneur, c’est un état d’esprit, pas un métier.

            La sécurité tue l’entrepreneuriat.
            C’est un fait, pas une raison.

            Chacun fait de sa vie ce qu’il veut selon son ou ses choix.
            Il n’y a rien de bien ou de mal à être salarié ou entrepreneur, il faut juste assumer sans se plaindre de son état librement choisi.

            Si vous êtes encore enseignant au bout de 20 ans alors que vous aviez envie de changer, vous n’êtes prisonnier que de vous-même, personne ne vous a fait violence...

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