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La BIBLE, l’Histoire, l’Archéologie, et l’incontournable Royaume d’Ougarit

 

La Bible contient nombre de récits qui semblent historiques. Pourtant, si l'on considère les événements et les datations qui leurs sont déclarées attachées dans la Bible, on constate que la cohérence avec les dates que peuvent par ailleurs proposer les historiens de tous lieux/temps s'estompe en remontant vers la période des Exils. Il en est de même, bien sûr, avec les dates calculées par les archéologues utilisant des méthodes modernes. Et quand on remonte encore plus loin dans le passé, très vite, la cohérence s'évapore. Les récits relatifs aux exploits d'acteurs-clefs ne trouvent plus guère d'écho dans les récits des historiens antiques. Ni dans l'archéologie.

Cet article se penche donc sur une partie des aspects essentiels qui ont contribué à structurer la Bible telle que nous la connaissons, en se concentrant ici sur le Royaume d'Ougarit (Dieux, éléments d'Architecture, Alphabet).

Ces aspects évoquent une réalité souvent bien différente de celle que suggèrent les textes de la Bible.

D'autres aspects importants (tels les Syncrétismes égyptiens et mésopotamiens, le passage du Yahvéhisme au monothéisme, et la rédaction du Livre de la Loi) font l'objet d'articles distincts.

Brahman – L'étoile est le symbole du Brahman. En Sanskrit, Brahman est l'âme universelle. Le mot Brahma désigne une manifestation du Brahman. Le mot Brahmane désigne un prêtre hindou. ( Rim sim [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], from Wikimedia Commons )

 

Quand je dis ''la Bible'', je parle de l'Ancien Testament, et me concentre essentiellement sur le Pentateuque, qui est la Loi que le souverain Perse Artaxerxès I a fait instaurer, en vertu de ''l'autorisation impériale'', dans l'ex-Province Babylonienne de Yehud, intégrée à la province Perse de Eber-Nari (située à l'ouest de l'Euphrate). Cette 'autorisation' était une pratique Perse par laquelle la Loi de la religion de la Province conquise peut devenir la Loi locale (tant que cela ne vient pas contredire la Loi du Roi Perse). Par exemple, « En 518, Darius donne également mission au satrape Aryandès de rassembler des savants égyptiens chargés de collecter les 'lois égyptiennes'  » (6) p. 150

 

Pour que cette Province Perse soit gérée avec une seule Loi locale (ce qui était alors loin de pouvoir être le cas, du fait de la diversité des croyances et des cultes pratiqués en Yehud), le Grand Roi Perse a ordonné à Esdras, un de ses fonctionnaires Israélites, de rédiger le Livre de la Loi de la province. C'est le Pentateuque. Et, « Si Néhémie a obtenu mandat du Grand Roi, c'est surtout pour rétablir l'ordre social et politique. » (6) p. 602

 

A l'époque de Darius, le royaume Perse s'étendait toujours « depuis les Saces au-delà de la Sogdiane jusqu'au pays de Kuch (Nubie), depuis l'Indus jusqu'à Sardes. » (6) p. 181

 

 

 

>>> Les DIVERGENCES entre certains RÉCITS BIBLIQUES et l' ARCHÉOLOGIE ne sont pas un problème pour les Autorités Religieuses, comme on le verra après le point de vue archéologique.

 

De notables exemples de vues très divergentes ont été proposées -parmi d'autres spécialistes- par les archéologues & historiens Israel FINKELSTEIN & Neil Asher SILBERMAN (1). Leur livre vient confirmer ce que l'archéologue israélien Ze'ev HERZOG, parmi nombre d'autres archéologues, disait déjà en 1999 (2), qui sont donc confirmées en 2017. En effet, de nos jours, les technologies à présent disponibles pour les datations sont très précises.

 

Voici, par exemple ce que disait un article de la Biblical Archaeology Society , suite à celui du HAARETZ Magazine du 29 Octobre 1999 (Extrait en Anglais en Annexe 2) :

 

« Après 70 ans et de nombreuses excavations pratiquées en terre d’Israël, les archéologues ont conclu : (...) les Israélites ne sont jamais allés en Égypte, n'ont pas erré dans le désert, n'ont pas conquis la terre par une campagne militaire et ne l'ont pas transmise aux 12 tribus d’Israël. Peut-être encore plus dur à avaler est le fait que la monarchie unifiée de David et Salomon, que la Bible décrit comme une puissance régionale, était au mieux un petit royaume tribal. Et il sera perçu par beaucoup comme une nouvelle choquante que le Dieu d’Israël, YHWH, avait une compagne et que la religion des premiers Israélites n'a adopté le monothéisme qu'à la fin de la période monarchique et non au Mont Sinaï. (...)  »

« Des érudits de la Bible (...) ont affirmé que l'histoire des Hébreux, comme série consécutive d’événements commençant avec Abraham, Isaac et Jacob, et se poursuivant par le passage en Égypte, l'esclavage et l'exode, et se concluant par la conquête de la terre et l'établissement des tribus d’Israël, n'était rien de plus que des reconstructions a posteriori d’événements, pour des raisons théologiques. »

« Les auteurs du récit biblique connaissaient la Jérusalem du 8 ième siècle BCE, avec ses murs et sa riche culture, dont les restes ont été trouvés en divers lieux de la cité, et ont projeté cette image dans le passé au temps de la monarchie unifiés. Jérusalem n'a probablement acquis son statut central qu'après la destruction de la Samarie, sa rivale du nord, en 722 BCE. »

 

Voici quelques autres exemples d'incohérences entre ce que dit la Bible et ce que constatent l'archéologie ou les récits historiques aux époques considérées :

Aucune muraille de Jéricho n'a été trouvée à l'époque indiquée.

 

Aucune trace n'a été trouvée du Patriarche Abraham. Les Textes Bibliques indiquent qu' Abraham séjourna longtemps chez les Philistins. Mais les Philistins n'étaient pas encore là à l'époque biblique d'Abraham. Ces incohérences, jointes à d'autres problématiques, font dire à Voltaire : « S'il est permis d'examiner la partie historique des livres judaïques, par les mêmes règles qui nous conduisent dans la critique des autres histoires, il faut convenir, avec tous les commentateurs, que le récit des aventures d'Abraham, tel qu'il se trouve dans le Pentateuque, serait sujet à quelques difficultés s'il se trouvait dans une autre histoire. » (5)

 

En outre, «  Il semble que ce nom de Bram, Brama, Abram, Ibrahim, soit un des noms les plus communs aux anciens peuples de l'Asie. Les Indiens, que nous croyons une des premières nations, font de leur Brama un fils de Dieu, qui enseigna aux brames la manière de l'adorer. Ce nom fut en vénération de proche en proche. Les Arabes, les Chaldéens, les Persans, se l'approprièrent, et les Juifs le regardèrent comme un de leurs patriarches. (…) Les Chaldéens l'adoptèrent comme législateur. Les Perses (…) prétendaient que cet (…) Abraham, était de la Bactriane, et qu'il avait vécu près de la ville de Balk : ils révéraient en lui un prophète de la religion de l'ancien Zoroastre (…) les prêtres indiens s'appelaient brames, brachmanes, et plusieurs de leurs institutions ont un rapport immédiat à ce nom ; au lieu que, chez les Asiatiques occidentaux, vous ne voyez aucun établissement qui tire son nom d'Abram, ou Abraham. (...) Les Juifs le font venir de Chaldée et non pas de l'Inde ou de la Bactriane. (…) » (5)

 

 

Aucun indice archéologique ni récit historique (égyptien, grec ou autre) ne permet de valider le long Exode massif depuis l’Égypte. Par ailleurs, à l'époque, sur l'autre rive de la Mer Rouge, les mêmes égyptiens étaient aussi les maîtres...

 

Aucune trace de Moïse non plus. Trace archéologique ou récit Historique.

 

Le livre que le roi Josias trouva par hasard (qu'il identifia immédiatement comme le Livre de la Loi de Moïse, et qu'il lut à haute voix) aurait été nécessairement écrit avec un alphabet (ou des hiéroglyphes ?) qui n'étaient plus en usage depuis des siècles à l'époque du roi Josias.

 

Dans la région, les premiers os de chameaux domestiques datent de l'an 900 avant JC, soit mille ans après ce qui est décrit dans les textes.

 

Par ailleurs, nombre de Cités indiquées conquises aux temps anciens n'existaient pas encore aux époques indiquées.

 

En outre, nombre d'érudits questionnent les analyses traditionnelles et en proposent d'autres, sur des sujets variés. Par exemple :

> Caïn – L'article de Walter Mattfeld (11) cite deux érudits (12), qui considèrent que la racine de Caïn (qayin) est sans doute le « qyn » sémitique. Cette racine n'est pas présente dans l'hébreu de la période biblique. Le plus ancien nom de personne identifié (Qaynu) apparaît dans des inscriptions en araméen du 5 ième siècle, à Tell el-Maskuteh. Ce nom est aussi associé à l'activité de forgeron, en Arabe.

Le tout suggérerait que le Caïn de la Genèse ne pouvait être plus vieux que le milieu du premier millénaire...

> le nom de Dieu – On se souvient que Moïse ne connaît pas le nom de Dieu (Exode 3 : 13) – Pourtant, Walter MATTFELD (13a) cite Friedrich DELITZSCH (13b) qui expose des tablettes datées d'environ 2300 ans avant JC, dans lesquelles Yahwe est cité explicitement comme dieu. Voir photos en (13b).

Dieu a aussi eu bien des noms : Elohim, El, Yahweh, Yahu, Yaw, Yah, Yahu, Yo, Ya, … Ea ?, ...

 

 

>>> L'EXPRESSION RESPECTUEUSE DE VUES DIVERGENTES par rapport au Dogme n'est pas un problème pour les Autorités religieuses.

 

Le Judaïsme et le Christianisme présentent chacun différents courants, sans Entité Supérieure qui leur permettrait de dégager une approche (et donc une réponse) commune. Chacun réagit donc selon sa propre sensibilité.

 

Les Mystiques présentent une approche intéressante : ils se placent ''au-dessus'' du débat. Dans son livre ''Mystères de la Bible'', le rabbin Marc-Alain OUAKNIN dit que « Savoir que Moïse n'a pas écrit la Torah ne me gêne pas. Et l'existence ou la non-existence des patriarches Abraham, Isaac et Jacob me laisse indifférent. Car pour le mystique, même l'existence de Dieu n'a aucune pertinence. Même Dieu est un "peut-être", une hypothèse. Il a inventé le doute, enseigne un maître hassidique, pour que nous puissions douter de lui  ».

 

Les Traditionalistes se placent plutôt ''à côté'' et se concentrent sur la cohérence interne de la Bible. En substance, ils disent : «  Ces affirmations ne nous font pas sursauter. Personnellement, je n'y prête pas grand intérêt. Chacun est libre d'imaginer ce qu'il veut. Mais le peuple juif croit depuis des générations à ce qui est écrit dans la Torah et il s'y tient. (…) Dans ce texte, tout se tient (…). » ( Grand rabbin Michel GUGENHEIM )

 

Les Intégristes, quant à eux, se placent plutôt ''en confrontation'' mais en évitant l’argumentation. Le fait, par exemple, qu'aucun élément historique ou archéologique ne vienne conforter la véracité de l'Exode leur fait dire :  L'absence de preuve n'est pas preuve d'absence. (« Lack of evidence does not mean evidence of lack » - Rabbi Ken SPIRO)

 

Pour ma part, je considère que les conclusions des travaux des archéologues modernes semblent être assez proches de ce que l'on pourrait appeler des ''vérités objectives'', tandis que les affirmations qui émergent des textes sacrés, partagés par des millions de fidèles, seraient davantage des ''vérités inter-subjectives'', pour lesquelles la force de conviction tient en bonne partie au fait que ''tout le monde'' dit y croire.

 

Or, face aux conclusions des archéologues modernes, les autorités religieuses sérieuses ne se hasardent pas à nier les ''vérités objectives''. Par contre, certaines affirment sans détour que les millions de fidèles croiront toujours (à ce que j'appelle ici les ''vérités inter-subjectives'') bien longtemps après que les travaux mettant en évidence les ''vérités objectives'' auront été oubliés.

 

Ce qui m'attriste, c'est qu'ils ont très probablement raison : une famille de ''vérités subjectives'' partagées par un grand nombre de personnes, cela crée un sentiment d’appartenance et une identité, choses auxquelles il est sans doute difficile de renoncer. Sauf à s'intégrer à une famille de pensée qui accepte les ''vérités'' provisoires. Mais il s'agit alors d'un monde peuplé d'incertitudes, ce qui est toujours intellectuellement peu confortable tout en étant cependant très vivant.

Temple de Baal à Ougarit (reconstruction base restes archéologiques) Source : ( http://www.shunya.net ) & ( http://emp.byui.edu/satterfieldb/ugarit/default.html )

 

La Bible n'est pas apparue subitement. Les contenus et les textes sont le résultat d'un très long processus, qui intervient dans un environnement historique et social complexe et changeant. Les divers contenus ont été élaborés par de nombreux intervenants géographiquement distants, durant de longues périodes, postérieurement complétés, retouchés ou écartés. Les différents textes retenus ont ensuite été assemblés de différentes manières (selon les courants religieux), puis traduits au fil des siècles. Chaque traduction ouvrant la porte à quelques nouvelles interprétations qui masquent ou altèrent le texte précédent.

Notons que le fameux tétragramme « YHWH » n'apparaît ni dans la Septante, ni dans les manuscrits de Qumrân, ni dans les documents syriaques.

 

Plan du Site d'Ougarit - (Source : Panneaux figurant à l'entrée du Site d'Ougatit) Repris dans (Récits de Voyages de Jean DIF, poète et passionné de voyages) ( http://jean.dif.free.fr/Images/Syrie/Notes1.html )

 

Vue d'artiste du Palais d'Ougarit (Source : Panneaux figurant à l'entrée du Site d'Ougatit) Repris dans (Récits de Voyages de Jean DIF, poète et passionné de voyages) ( http://jean.dif.free.fr/Images/Syrie/Notes1.html )

 

 

>>> OUGARIT : UNE SOURCE SYNCRETIQUE MAJEURE ( Petite synthèse sur la Cité-Royaume de Ougarit )

 

Cette exceptionnelle Cité Royaume d'Ougarit est un contributeur syncrétique majeur pour la Bible.

 

> Un Royaume ancien et évolué

 

Situé au nord du Liban actuel, sur la côte, Ougarit Ras-Shamra était un important centre commercial et culturel du second millénaire avant JC. Ougarit se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de Lattaquié.

 

Le site a été occupé au 7 ième millénaire avant JC (agriculture, élevage, poteries). Un des tout premiers villages agricoles du monde, donc.

 

Le royaume d'Ougarit est mentionné par des écrits Egyptiens de Tell al-Amarna, du temps d'Akhénaton (XIVe s. av. JC), des écrits Hittites de Boghaz Köy (XVIe s. av. JC), et des écrits du royaume de Mari, sur l'Euphrate (XVIIIe s. avant JC) qui parlent du fondateur de la Dynastie d'Ougarit : un certain Yaqarum.

 

Le Palais comprenait les Archives Royales, des bassins et des jardins. Toute la ville était équipée d'un système d'adduction d'eau et d'évacuation des eaux usées. On y trouve les écrits des rois de 1400 av. JC à 1180 av. JC : Amistamrou II (-1400 à -1370), Niqmad II (-1370 à -1340), Arhhalpo (-1340 à -1330), Niqmepa (-1330 à -1260), Amistamrou III (-1260 à 1230), Ibiranou (-1230 à -1210), Niqmad III (-1210 à -1200), Amorapi (-1200 à -1180). (3)

 

Les fouilles archéologiques n'ont jusqu'à présent permis de connaître le passé de la Cité-Royaume d'Ougarit que sur les XIV et XIII siècles av. J.C. La Cité a été détruite au début du XII siècle, probablement par l'invasion des ''peuples de la mer''.

 

Porte d'entrée à triple tenaille d'Ougarit (XIII s. av. JC.) - (Source : Panneaux figurant à l'entrée du Site d'Ougatit) Repris dans (Récits de Voyages de Jean DIF, poète et passionné de voyages - ( http://jean.dif.free.fr/Images/Syrie/Notes1.html ) et vu dans (The City of Ugarit at Tell Ras Shamra – Marguerite Yon, archéologue / Maison de l'Orient – 2006 – p.33)

 

 

> Le Site d'Ougarit

 

Une particularité du site me permet de dire deux mots, en passant, sur l' ''archéologie Biblique'', dont la méthodologie part de la Bible et recherche sur le terrain ce qui pourrait en justifier les versets. Ils ont ainsi identifié trois sites archéologiques (Hazor, Megiddo, et Gezer), datés du Xe siècle, qui comportent tous trois une porte d'entrée de la cité ''à triple tenaille'', construite selon ce ''plan type'' très novateur. Ils considèrent que la construction de ces portes nécessitant une "organisation puissante", provenait nécessairement des "mêmes constructeurs". Ils concluent donc que "le meilleur candidat susceptible d'avoir fait réaliser de tels aménagements ne pouvait être que le prestigieux roi Salomon".

Voir les plans des trois portes '' salomoniques '' des trois cités sur le site : http://bible.archeologie.free.fr/royaumesalomon.html

 

Ce faisant, ils attribuent donc la paternité de ce nouveau ''plan type'' au roi Salomon (env. 97O à 930 av. JC, selon le Coran). En effet, la Bible dit que le roi Salomon a fait faire d'importants travaux de fortification dans ces trois cités. A leurs yeux, cela valideraient en même temps l'existence effective d'un grand royaume sous Salomon. Ce que contestent d'autres archéologues, qui datent ces fortifications de souverains postérieurs. Par ailleurs, l'archéologue Israël Finkelstein défend l'idée que le Roi Josias (640 à 609 av. JC), cherchant à unifier des ''tribus hétéroclites'', leur a inventé un glorieux passé commun, tant politique que théologique.

 

L'entrée fortifiée de Ougarit comportait déjà une formidable porte ''à triple tenaille'', comme il apparaît sur les plans. Elle est datée du XIII s. av. JC.

 

 

Tablette d'un texte mythologique ougarite racontant le mariage de El et la naissance de sa descendance divine (XIVe-XIIIe s. av. JC) Musée du Louvre. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_ougaritique - FrACADEMIC – Wiki en Français)

 

El, ''Créateur des dieux et des hommes'' assis – Stèle extraite des fouilles de Ougarit, datée du XIIIe s. avant JC. Sur la stèle, sans doute est-ce le roi d'Ougarit qui officie. Au fond, un disque ailé semblable à ceux de l'antique dieu égyptien Horus. (Secret Origins of the Bible Tim Callahan. Altadena, California. Millennium Press- 2002) ( https ://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_ougaritique )

 

 

> La Religion de Ougarit

 

Il apparaît que la religion qui a été pratiquée à Ougarit a irrigué le fonds religieux dit cananéen des peuples postérieurs comme les Phéniciens et les Hébreux. Pour ces derniers, nombre de parallèles sont à noter avec plusieurs aspects centraux de l'Ancien Testament.

 

La bibliothèque du Palais permet de bien cerner leurs croyances et rites. Ainsi, on lit que les maîtres des hommes sont les dieux, lesquels exigent l'accomplissement du culte par la voie de sacrifices d'animaux principalement. Il y avait deux types de sacrifices : la communion (šnpt) où l'animal était ensuite partagé lors d'un banquet, et l'holocauste (šrp) où l'animal est complètement brûlé. L'holocauste est accompagné de musique, de chants et d'encens.

 

Les dieux sont les maîtres des hommes, qui doivent accomplir leur culte. Il s'agit principalement de pourvoir aux besoins quotidien des dieux grâce aux sacrifices. En retour, les dieux devaient leur assurer une ''bonne vie''.

 

Les temples sont des résidences terrestres des divinité (betu = maison). A l'intérieur, une statue du dieu est présente, que le dieu ''habite''.

 

Selon la mythologie ougaritique, le souverain divin, créateur de l'univers est El (Ilu). El est le créateur des premiers hommes, ce qui se dit ''adm'' en ougarite. La parèdre de El est Asherah.

El est le Roi des Dieux. Il a 70 enfants divins, qui sont ''les étoiles de El et de Ashera''. Parmi eux : Baal (dieu de l'orage, principal héros des légendes), Anat (sœur de Baal), Shapash (déesse du soleil), Yerak (dieu de la lune), Athart (déesse de l'amour et de la guerre, parèdre de Baal), Khasis (dieu de la magie), Dagan (protecteur et pourvoyeur de richesses et de céréales), Sahar et Salem, l'aube et le crépuscule, Cothar, divinité de l'artisanat et des arts, etc etc. Yahvé est aussi cité en plusieurs endroits : sur une tablette ougarite, on peut lire ''sm. bny. YW. Ilt.'' (= Le nom du Fils de Dieu, Yahvé).

 

Dans les textes mythologiques d'Ougarit, El se fait plus tard supplanter par Baal. Baal a deux adversaires principaux : Yam (la Mer) et Mot (la Mort).

Les serviteurs de la famille divine sont équivalents aux anges et autres messagers des dieux que l'on retrouve dans la Bible.

 

 

Le principal acteur du culte est le roi. Il est l' intermédiaire privilégié entre le monde humain et le monde divin. Le roi est choisi par les dieux, et les représente dans le monde humain. Le roi est assisté par des prêtres. Les prêtres de base sont appelés ''khnm'' en ougaritique, ce qui correspond au ''kôhen/kôhânim'' de la Bible Hébraïque. Le culte ougaritique comptait aussi des prêtresses (khnt, qdst)

 

Le roi d'Ougarit était à la fois le chef politique, le grand prêtre, le juge et le commandant des armées ; garant de la prospérité. Le Roi d'Ougarit il était uni à son peuple par un lien magique inaltérable. La reine tenait un rôle important à la cour et dans la vie politique.

 

La religion d'Ougarit a la particularité de compter des confréries religieuses (mrzh) composées d'une douzaine de membres. Elles se réunissent pour honorer un dieu, avec banquet, mais sans faire de sacrifices. Des confréries similaires ont existé ultérieurement chez les Phéniciens. (4)

Cinq temples ont été trouvés à Ougarit, dont trois identifiés : El, Baal, et Dagan. (3)

 

Les membres de l'Assemblée des Dieux de Ougarit sont clairement identifiés comme ''dieux'' ( 'ilm en ougaritique), ''fils de El'' ( bn 'il ), ou ''fils des dieux'' (and bn 'ilm). Et El s'adresse aux membres de l'Assemblée comme ''dieux'' ( 'ilm '') ou bien ''mes fils'' ( bny ).

 

Baal au bras levé (tenant la foudre) (XIVe-XIIIe siècle av. JC) trouvée à Ras Shamra (Ugarit) Musée du Louvre (Source : ( http://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/1207837 ) - FrACADEMIC – Wiki en Français)

 

 

> Mouvements Syncrétiques

 

Les idées suivant aussi le chemin des textes, la piste d'Ougarit est fructueuse en termes de contribution syncrétique à la Bible :

Le déchiffrage de la littérature ougaritique a mis en évidence une grande proximité entre certains textes ougaritiques et ceux qui deviendront la Bible. Nombre d'expressions utilisées sont identiques (Assemblée des dieux ; Fils du Très Haut ; etc ). Les textes ougaritiques parlent aussi de Baal ''porté sur les nuées''. Dans la Bible, c'est Yahvé qui chevauche les nuées.

 

El et Baal étaient (entre autres dieux) plutôt vénérés au Nord du pays de Canaan, tandis que Yahvé (entre autres dieux) était plutôt vénéré au Sud. Le Nord et le Sud étaient en concurrence. Pour que les dieux puissent se rapprocher au point de fusionner leurs attributs, les relations entre royaumes du Nord et du Sud devaient être apaisés. Cette période apaisée semble être celle babylonienne ou Perse. Très probablement vers l'époque du roi Josias.

 

Certains des plus anciens textes israélites juxtaposent l'imaginaire associés avec El et Baal des textes Ougaritiques et appliquent cette juxtaposition d'attributs à Yahweh. En outre, il est ainsi noté que Gen 49 : 25-26 (*) présente des éléments de langage dérivant de El et Ashéra. (8) p. 54

 

Dans la Bible, Yahvé ''hérite'' aussi des caractéristiques principales de Baal : jaloux, coléreux, vengeur, rancunier sur plusieurs générations. (Annexe 1 : Yahvé , Dieu jaloux, coléreux, vengeur, rancunier, … selon la Bible)

 

En résumé, Yahvé a progressivement combiné les fonctions, attributs, titres et exploits de El et de Baal. Par exemple : Deut. 33 : 26-27 mélangent des épithètes traditionnellement attribués à Baal (dieu atmosphérique du 26) et à El (grand âge de El du 27). Et le Psaume 18 : 14 à 16, lui aussi, juxtapose les titres ou attributs de El et de Baal , et les attribue à Yahweh. (8) p. 55

Puis sont venus s'ajouter les attributs du Dieu Solaire (7), et aussi, comme on l'a vu, ceux de Ashéra. Notons que la plupart des travaux érudits concluent que Ashéra était bien une déesse de l’Israël monarchique (10)

 

Le monothéisme a donc été très long à s'étendre en dehors de la religion royale. « Un document, sans doute de 419, atteste que les Judéens d'Élephantine payaient une capitation destinée à subvenir aux frais de culte (…) cet argent allait servir non seulement à honorer Yaweh (Yahô), mais également des divinités araméennes (Bet'el et Anat). » ( 6) p. 603, citant (9)

 

Les éminents professeurs Graves et Patai (14) expliquent que «  Les titres est attributs de beaucoup d'autres divinités du Proche Orient ont été successivement attribués à Yahvé Elohim... »

Au final, il faut se rendre à l'évidence, que nous explicite Walter MATTFELD (13a) : « Yahvé résulte de l'amalgame de nombreux dieux et déesses : Mésopotamiennes, Hittite, Syrienne, Phénicienne, Égyptienne, et Cananéenne. » Mattfeld nomme quelques-uns des « dieux qui ont fusionné avec Yahvé : le Sumérien Enki, l'Akkadien/ Babylonien Ea, Enlil (Ellil), An (Anu), Utu (Shamash), Baal Saphon (Baal Hadad), Seth ( Set/ Baal Saphon), Égyptien Sopdu, etc  »

 

Plus tard, le même phénomène se poursuivit : dans le Nouveau Testament, Jésus Christ a remplacé le Yahweh-Elohim de l'Ancien Testament (ref. : Jean 1 : 1 à 18). C'est Jésus qui a pris les attributs et qui réalise les exploits de Yahweh : il a créé Adam et Eve, a donné les 10 commandements à Moïse,... Et Allah prit aussi la relève...

 

 Alphabet ougaritique - Crédit : Larissa Bonfante, John Chadwick, John F. Healey, et al. (1994)

 

 

La Cité/ Royaume est bien étudiée sur la période du XIV au XII siècle avant JC. On a retrouvé cinq systèmes d'écritures phonétique et hiéroglyphiques dans la bibliothèque du palais, plus un nouveau : l'alphabet cunéiforme ougaritique. Il s'agit du premier alphabet consonantique connu. Il comporte trente signes dont l'ordre a été conservé dans les alphabets sémitiques ultérieurs (de vingt deux lettres habituellement) : Phénicien, Grec, Latin, Étrusque, Araméen, Hébreu, Arabe, ...

 

L'alphabet cunéiforme consonantique d'Ougarit a ''fécondé'' les alphabets proto-Cananéen et Phénicien. Ce dernier a été utilisé par les Samaritains (= variante Paléo-Hébreu), et est aussi à l'origine de l'alphabet Araméen (et de sa variante dite Hébreu Carré). La langue ougarite est proche de l'hébreu, et nombre de mots sont identiques. Les Ougarites sont des Cananéens.

 

Les textes ougaritiques ont même permis d'identifier des erreurs de rédaction dans le texte hébreu de la Bible. Par exemple : Proverbes 26:23 « Comme des scories d'argent appliquées sur un vase de terre, Ainsi sont des lèvres brûlantes et un coeur mauvais. » En fait, ce verset incompréhensible de la Bible s'éclaire avec l'ougarite : il s'agissait de dire qu'un cœur mauvais qui brille comme de l'argent, n'est qu'un vase de terre enduit de scories d'argent.

 

 

>>> PETIT RÉSUMÉ SUR LES ALPHABETS Ougaritique, Phénicien, Proto-Hébreu, Araméen, Hébreu-Carré

 

Au XIV siècle avant JC, l'alphabet cunéiforme ougaritique est donc le premier alphabet consonantique ( = qui ne comprend que des consonnes). Ce principe sera adopté par nombre de peuples successifs : Phéniciens, Araméens, Hébreux. Quand les voyelles seront plus tard introduites, l'ordre des lettres ougaritiques sera conservé (Latin, Français,...).

 

L'alphabet proto-cananéen contient une bonne partie de caractères inspirés de hiéroglyphes égyptiens. Après -1200, par convention, l'alphabet proto-cananéen est appelé ''alphabet phénicien''.

 

Au IX siècle, l'alphabet Paléo-Hébreu (aussi appelé alphabet Samaritain) apparaît. Le Paléo-Hébreu est directement issu de -et est très similaire à- l'alphabet Phénicien. Cette variante du phénicien est aussi utilisée par les Samaritains pour écrire l'araméen et l'arabe. L'alphabet Paléo-Hébreu a été progressivement abandonné vers -500 au profit de l'Araméen, tandis que les Samaritains ont continué à l'utiliser.

 

Tesson de poterie de Khirbet Qeiyafa – X siècle BCE – Texte en caractères Cananéen : les caractères sont proches et dérivés du Phénicien – Même chose pour le ''Proto-Hébreu'' qu'il est difficile de différencier des caractères Phéniciens - Crédit : wikipedia

 

 

L'alphabet Araméen (tout comme l'alphabet Grec) dérive lui aussi du Phénicien (lui aussi au IX siècle). Les caractères Araméen et Phénicien sont par contre assez dissemblables. L'alphabet Araméen est utilisé pour écrire l'Araméen, l'Hébreu, le Syriaque,... L'Araméen est la langue administrative dans l'Empire Achéménide.

Après l'Exil de Babylone, au VI siècle, apparaît l'Hébreu Carré. L'Hébreu Carré est une variante stylistique de l'alphabet Araméen : les caractères sont identiques ou très proches de l'alphabet araméen.

 

L'Araméen/ Hébreu Carré, eux aussi, ne comportent que des consonnes. C'est à la lecture que, de mémoire, les voyelles sont ajoutées par la personne qui lit.

 

Le texte officiel en Hébreu de la Bible Hébraïque est appelé texte massorétique, du nom des scribes chargés de la transmission de la tradition , les Massorètes. Ces derniers sont très probablement les inventeurs des voyelles adaptées à l'alphabet Hébreu. Ils ont travaillé jusqu'au 10 ième siècle après JC, pour délivrer le Codex d'Alep, la première copie complète du texte massorétique. Suivi d'autres Codex)

 

 

>>> LA BIBLE = TEXTES MASSORÉTIQUE (MT) et SEPTANTE (LXX)

 

En gros, ces deux textes forment un support biblique pour deux courants : le Judaïsme (MT) et le Christianisme (LXX). Chaque traduction est susceptible d'altérer légèrement le sens initial du texte. Avec le passage des siècles, le sens des mots évoluent également.

 

> La Bible en Grec, dite Septante (LXX) – Le terme septante vient des 72 traducteurs qui auraient travaillé à cette œuvre (septante deux).

Le pharaon Ptolémée II serait à l'origine de la traduction de la Torah/Pentateuque en Grec ; traduction probablement initialement destinée à la Bibliothèque d'Alexandrie (on dit aussi ''septante'' pour la traduction en Grec des autres textes de la Bible, qui ont suivi). Le Christianisme utilise la version initiale Septante en Grec, qui fera l'objet de traductions successives dans nombre de langues. Chaque langue peut connaître plusieurs traductions d'auteurs différents.

La version finale de la traduction en Grec aurait été effectuée vers l'an 270 avant JC.

 

> La Bible en Hébreu Massorétique (MT) – Les générations successives de massorètes ont la mission (avec d'autres entités) de produire les textes en Hébreu. Les textes initiaux étant sans voyelles, l'invention des voyelles qui figent le sens/ prononciation des mots. Cette invention est attribuée aux Massorètes. Le Judaïsme utilise les texte Massorétiques.

La versions finales des textes Massorétiques a été livrée aux vers le X ou XI siècles après JC.

 

Les principaux manuscrits du texte biblique d'après l'Encyclopaedia Biblica. Les lignes pointillées bleues indiquent les textes utilisés pour les modifications.
MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. X [aleph] = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus. (Source : Wikimedia)

 

Deux remarques sur ce schéma :

  • Aucun des textes ayant servi à la rédaction de LXX et MT n'est parvenu jusqu'à nous.

  • Le texte massorétique MT comporte des différences par rapport à la version Septante LXX, à la Bible Samaritaine, ou par rapport à certains manuscrits de la Mer Morte. Pour cette raison, on peut donc douter qu'un seul texte unique déjà fixé ait jamais existé avant le document le plus ancien connu (LXX). (le schéma, par contre, suggère une source unique). Par ailleurs, la lecture de la Bible évoque plutôt un agrégat de textes disparates, parfois contradictoires, établis selon les traditions orales de différents groupes/sectes disséminés au Moyen Orient. Textes qui ont été ensuite rassemblés/ sélectionnés/ complétés/ reformulés par Esdras, le fonctionnaire Israélite du roi Perse.

 

 

JPCiron

 

 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: NOTES :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

 

..... (1) - The Bible Unearthed : Archeology's New Vision of Ancient Israel – Israel FINKELSTEIN & Neil Asher SILBERMAN – 2002

 

..... (2) - The Bible : No evidence on the ground. Article publié par HAARETZ le 29 octobre 1999, par l'archéologue israélien Ze’ev Herzog (Université de Tel Aviv).

 

..... (3) - Récits de Voyages de Jean DIF, poète et passionné de voyages

 

..... (4) - Dennis PARDEE, Ritual and Cult at Ugarit, Writings from the Ancient World n° 10, Society of the Biblical Literature, Atlanta, 2002

 

..... (5) - Essai sur les Moeurs et l'Esprit des Nations – Chap. XVI – Voltaire – 1756

 

.. (6) - Histoire de l'Empire Perse – Pierre Briant – Fayard – 2008

 

.. (7) - ( http://www.astrosurf.com/luxorion/bible-critique-origine-dieu-noms.htm )

> Les sceaux de Lakish (vers 600) représentent un dieu solaire égyptien (scarabée ailé). L'un d'eux porte l'inscription "Yw'r est lumière"

> Ps 84 : 13 - Car l'Éternel Dieu (YHWH Elohim) est un soleil et un bouclier,...

 

.. (8) - The Early History of God : Yahweh and the Other Deities in Ancient Israel – ( 2nd edition) Mark S. Smith – 2002 ( Mark Stratton John Matthew SMITH est un érudit biblique et historien )

(*) Gen 49:25-26 - C'est l'oeuvre du Dieu de ton père, qui t'aidera ; C'est l'oeuvre du Tout puissant, qui te bénira Des bénédictions des cieux en haut, Des bénédictions des eaux en bas, Des bénédictions des mamelles et du sein maternel.

 

.. (9) - Documents Araméens d’Égypte – Pierre Grelot – Paris 1972

 

.. (10) - Ref. : (8), page xxxii – Ashéra, déesse de l'Israel monarchique ?

Ceux qui le pensent : Ackerman, Binger, Day, Dever, Dijkstra, Edelman, Hadley, Handy, Keel, Uehlinger, Loretz, Merlo, Niehr, Olyan, Petty, Wyatt, Xella, Zevit. En outre, il convient d'y ajouter la Bible (*) et NJPS.

Ceux qui en doutent : Cross, Frevel, Korpel,

Et ceux qui restent très nuancés : Tigay, Emerton, McCarter, Miller.

 

(*) - (1 Rois 15:13) "Et même il enleva la dignité de reine à Maaca, sa mère, parce qu'elle avait fait une idole pour Astarté. Asa abattit son idole, et la brûla au torrent de Cédron."

 

.. (11) – Article de Walter Reinhold Warttig MATTFELD y de la Torre - ( http://www.bibleorigins.net/CainNimrod.html )

« Hess concluded that Cain (Hebrew qyn) if derived from South Arabic qyn, ( qyn meaning a "metal smith" in later South Arabic) indicated that Genesis' Cain could be no older than the mid-first millenium BCE.  »

« The earliest attested appearance of qyn as a personal name was Qaynu, son of Geshem, a king of the Kedarites, who opposed Nehemiah's rebuilding of Jerusalem's walls in the 5th century BCE.  »

 

.. (12a) - The Eerdmans Bible Dictionary de Allen C. MYERS - Eerdmans Publishing Company – 1987

« There is no etymological relationship between Hebrew qayin (Cain) and Hebrew qana (acquire)... » (p. 181)

 

.. (12b) -Studies in the Personal Names of Genesis 1-11. par Richard S. HESS - [Alter Orient und Altes Testament], Verlag Butzon & Bercker Kevelaer. Neu Kirchener Verlag Vluyn, Germany. ISBN 3-7887-1478-6 )

« Cain (qayin) seems related to the Semitic qyn. This root does not occur in Hebrew of the biblical period. It appears in Arabic of a later period with the meaning "smith.  » (…) « A root qyn has been found in personal names in Old South Arabic inscriptions, including a qynw who appears as a Qedarite ruler in a 5th century BC Aramaic inscription from Tell el-Maskuteh at the entrance to Wadi Tumilat. »(p 24-25)

 

.. (13a) - Article de Walter Reinhold Warttig MATTFELD y de la Torre - ( http://www.bibleorigins.net/YahwehYawUgarit.html )

 

.. (13b) - "Lecture One, Babel and Bible." Friedrich DELITZSCH. Babel and Bible. Eugene, Oregon. Wipf & Stock Publishers. 2007. Reprint of the English edition translated by C.H.W. Johns. 1903, Cambridge, England) (pp. 70-71)

« ...through the kindness of the Head of the Department of Assyrian and Egyptian antiquities at the British Museum, I am able to give a representation of three small clay tablets ...they belong to the age of Hammurabi, one in particular to the reign of his father Sin-mubalit...they contain three names which, from the point of view of the history of religion, are of the most far-reaching importance : The names are "Yahwe is God."  » (…) « ...the names of the descendants of the North Semitic Bedouin dating from circa 2300 B.C., remain, like a lighthouse in a dark night, firm, and immovable : "God is God," "Jahu is God." »

 

 

 

 

.. (14) - Hebrew Myths : The Book of Genesis. Robert GRAVES & Raphael PATAI - New York. Greewich House. 1983 reprint of 1963, 1964 editions) (p. 28)

«  The titles and attributes of many other Near Eastern deities were successively awarded to Yahweh Elohim...Prophets and Psalmists were as careless about the pagan origins of the religious imagery they borrowed, as priests were about the adaptation of heathen sacrifical rites to God's service. »

 

 

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EXTRAITS DE LA BIBLE (Traduction Louis Segond 1910)

 

 

*** ANNEXE 1 ***

 

>>> YAHVÉ , Dieu jaloux, coléreux, vengeur, rancunier, sanguinaire, cruel, ...

 

>> JALOUX

Exode 34.14 - Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu ; car l'Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux.

 

>> COLÉREUX - CRUEL – SANGUINAIRE

Deutéronome 32.22/23/24/25 - Car le feu de ma colère s'est allumé, Et il brûlera jusqu'au fond du séjour des morts ; Il dévorera la terre et ses produits, Il embrasera les fondements des montagnes. J'accumulerai sur eux les maux, J'épuiserai mes traits contre eux. Ils seront desséchés par la faim, consumés par la fièvre Et par des maladies violentes ; J'enverrai parmi eux la dent des bêtes féroces Et le venin des serpents. Au dehors, on périra par l'épée, Et au dedans, par d'effrayantes calamités : Il en sera du jeune homme comme de la jeune fille, De l'enfant à la mamelle comme du vieillard.

 

Nombres 21.6 - Alors l'Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël.

 

>> RANCUNE TRANSGÉNÉRATIONNELLE

Exode 20:3 - Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. (...) 20:5 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, 20:6 et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.

 

>> CRUEL

Exode 12:29 - Au milieu de la nuit, l'Éternel frappa tous les premiers-nés dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu'au premier-né du captif dans sa prison, et jusqu'à tous les premiers-nés des animaux.

 

 

>> INEGALITES SOCIALES ''NATURELLES''

 

> Femmes et hommes ne sont pas égaux :

Genèse 1:27 - Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.

Genèse 2:18.6 L'Éternel Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui.

Genèse 3:16 - Il dit à la femme : J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. 

 

L'égalité Femme-Homme et la liberté-responsabilité individuelle a été introduite 800 à 1000 avant JC, par Zoroastre, dans tous les domaines : Religion, liberté de choix, égalité devant Dieu, éducation, pratique et prêche, femme dirigeante. Ex. "May a good ruler, man or woman, rule over us in both the (mental and physical) existences." (H 7 - Y 41, st 2). Puis son message a été dévoyé par les Mages et déformé par d'autres qui ont suivi.

 

 

> L'esclavage est OK, mais doit suivre des règles (un exemple ci-dessous. Il y en a d'autres...)

Exode 21:2 - Si tu achètes un esclave hébreu, il servira six années ; mais la septième, il sortira libre, sans rien payer.

 

 

> L'endogamie est la règle :

Néhémie 6:24 - Faut-il donc apprendre à votre sujet que vous commettez un aussi grand crime et que vous péchez contre notre Dieu en prenant des femmes étrangères ? 

Esdras 10:3 - (…) Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants (…). (…) 10:19 (…) S'engagèrent (...) à renvoyer leurs femmes et à offrir un bélier en sacrifice de culpabilité (…).
 

 

> Moralité inférieure des « étrangers »

Proverbes 6:24 - Ils te préserveront de la femme corrompue, De la langue doucereuse de l'étrangère. 
 

 

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*** ANNEXE 2 ***

 

Article "Is the Bible a True Story ?"

par Nir Hasson – Haaretz Magazine du 29 Octobre 1999 - 01 nov. 2017

https://www.haaretz.com/archaeology/MAGAZINE-is-the-bible-a-true-story-latest-archaeological-finds-yield-surprises-1.5626647

 

(extraits)

 

« Following 70 years of intensive excavations in the Land of Israel, archaeologists have found out : (…) the Israelites were never in Egypt, did not wander in the desert, did not conquer the land in a military campaign and did not pass it on to the 12 tribes of Israel. Perhaps even harder to swallow is that the united monarchy of David and Solomon, which is described by the Bible as a regional power, was at most a small tribal kingdom. And it will come as an unpleasant shock to many that the God of Israel, YHWH, had a female consort and that the early Israelite religion adopted monotheism only in the waning period of the monarchy and not at Mount Sinai. (…) »

 

« Bible scholars (...) claimed that the history of the Hebrews, as a consecutive series of events beginning with Abraham, Isaac, and Jacob, and proceeding through the passage to Egypt, the enslavement and the exodus, and ending with the conquest of the land and the settlement of the tribes of Israel, was no more than a later reconstruction of events with a theological purpose.  »

« The authors of the biblical account knew Jerusalem in the 8th century BCE, with its wall and the rich culture of which remains have been found in various parts of the city, and projected this picture back to the age of the united monarchy. Presumably, Jerusalem acquired its central status after the destruction of Samaria, its northern rival, in 722 BCE. »

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Tablettes du Palais d'OUgarit (Source : Récits de Voyages de Jean DIF, poète et passionné de voyages)

 


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36 réactions à cet article    


  • Alex Alex 16 février 10:32
    Félicitations pour votre travail, qui confirme mes articles sur le sujet.

    Parmi les emprunts aux Perses, on trouve aussi les couleurs du drapeau israélien (blanc et bleu) mentionnées dans le livre d’Esther [8:15] – autre mythe emprunté aux Perses –, où Mardochée sort de chez le roi « avec un vêtement royal bleu et blanc. » 

    Petits ajouts pour Ougarit : 
    – le bouc-émissaire y est mentionné vers -1200 (page 24) ;
    – on retrouve dans le Lévitique les mêmes noms d’offrandes, de sacrifices et du personnel dédié que dans les textes ougaritiques. [SMI 2002, p. 22-23]

    Enfin, si je peux me permettre un petit conseil : essayez de faire 2 articles courts au lieu d’un seul, dont la longueur pourrait rebuter d’éventuels lecteurs.


    • JPCiron JPCiron 16 février 11:48

      @Alex
      .
      Bonjour,
      Et Merci pour vos liens. En cherchant à approfondir un sujet (au départ, je suis souvent sur une intuition), je me rends compte que les érudits d’aujourd’hui, mais aussi d’il y a bien longtemps, avaient travaillé le sujet en profondeur. Malheureusement, il n’y a guère de de circuit de vulgarisation sur ces thèmes, comme cela existe pour les Sciences physiques.

      Votre conseil est très pertinent. J’ai plusieurs fois hésité à tailler un long article « en pièces » plus digestes. Ce faisant, on perd souvent les liens ténus entre les choses. Mais, comme vous le dites justement, un article long peut rebuter certains lecteurs. Mais cela donne plus de « billes » à celui qui est intéressé par le sujet...

      Une solution médiane est d’essayer de transférer plus d’éléments dans des Notes ou des Annexes.

      Néanmoins, je dois tenter de vivre avec l’époque. J’ai renoncé à Twitter. Mais je vais essayer de suivre le conseil, désormais. Merci
      .


    • soi même 16 février 18:06

      Tout cela pour dire quoi, la Bible ne relate pas de fait réel mesurable quantifiable, on font vous attribuez à la Bible un rôle qu’elle n’a jamais défendu, ses sont des récits imaginatifs ( pensé imaginative ) qui abord la réalité d’évèntent qui ne peut pas être abordé par une pensé rationalisme.


    • Christian Labrune Christian Labrune 16 février 12:07

      Ras-le-bol de voir Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman cités obsessionnellement par des antisémites, lesquels reproduisent des fragments insignifiants de La Bible dévoilée en faisant semblant de n’avoir rien compris à la portée philosophique des travaux de ces archéologues.

      Page 469 de l’édition Folio :

      « Cependant l’intégrité de la Bible et, en fait, son historicité, ne se fondent pas sur les preuves historiques d’événements ou de pesonnages donnés, comme le partage des eaux de la mer Rouge, les sonneries de trompettes qui abattirent les murs de Jéricho, ou David tuant Goliath d’un seul jet de fronde. Le pouvoir de la saga biblique repose sur le fait qu’elle est l’expression cohérente et irrésistible de thèmes éternels et fondamentaux : la libération d’un peuple, la résistance permanente à l’oppression, la quête de l’égalité sociale, etc. Elle exprime avec éloquence la sensation profonde de posséder une origine, des expériences et une destinée communes, nécessaires à la survie de toute communauté humaine.

      En termes purement historiques, nous savons maintenant que l’épopée de la Bible a émergé dans un premier temps en réponse aux pressions, aux difficultés, aux défis et aux espoirs vécus par le peuple du minuscule royaume de Juda, pendant les décennies qui ont précédé son démantèlement, ainsi que par la communauté encore plus réduite du Second Temple de Jérusalem, pendant la période postexilique. La grande contribution offerte par l’archéologie à une meilleure compréhension de la Bible est peut-être celle-ci : que des sociétés aussi réduite et isolées, relativement pauvres, comme l’étaient le royaume de Juda de la monarchie tardive et le Yahoud postexilique, ont été capables de produire les grandes lignes de cette épopée éternelle en un laps de temps aussi court. Une telle compréhension est fondamentale. En effet, ce n’est qu’à partir du moment où nous percevons quand et pourquoi les idées, les images et les événements décrits dans la Bible en vinrent à être tissés ensemble avec une telle dextérité que nous pouvons enfin apprécier le véritable génie et le pouvoir constamment renouvelé de cette création littéraire et spirituelle unique, dont l’influence fut tellement considérable dans l’histoire de l’humanité ».


      • JPCiron JPCiron 16 février 14:57

        @Christian Labrune
        .
        Bonjour,
        N’enfoncez-vous pas à nouveau des portes ouvertes ?

        Une oeuvre fantastique peut évoquer une histoire fabuleuse, mettre en scène des Valeurs millénaires et susciter des émotions incoercibles.

        Le fait que l’architecture de l’Oeuvre soit constituée essentiellement de l’agencement génial de matériaux ’de récupération’ n’enlève rien à la Qualité évocatrice de l’Oeuvre, ni à la puissance du Message qu« elle véhicule !

        Ayons simplement l’élégance de mentionner les principaux contributeurs, afin de les associer ’comme il est juste’ au succès mérité de l’entreprise. Et au besoin, de mentionner les aspects moins réussis de l’Oeuvre.

         »La vérité ne peut contredire la vérité" nous disait le Pape Jean Paul II. Ni lui faire de tort.


      • Alex Alex 16 février 15:59

        @Christian Labrune
        Cher Bibi la brune,
        j’aime bien « l’expression cohérente et irrésistible de thèmes éternels » parmi lesquels on peut citer le massacre de millions de gens par un dieu miséricordieux, l’ordre d’assassiner les « idolâtres, » de piquer toutes leurs possessions, et d’avoir « sa demeure à part. » Et ce n’est qu’une petite partie de ces « thèmes éternels » que vous chérissez.
        Avouez que, malgré les innombrables emprunts aux religions voisines, tous ces ajouts montrent une humanité peu commune.
        Transmettez mes amitiés à Bibi quand vous le rencontrerez pour percevoir vos émoluments.


      • Ouallonsnous ? 16 février 17:32

        @Christian Labrune

        Tu continue à te masturber la kippa !!!


      • Allexandre 16 février 18:44

        @Christian Labrune
        C’est plutôt christian l’Embrumé par tous les trous, ou presque !!. Votre propagande judéo-sioniste ne touche plus les Français qui ont enfin compris la malhonnêteté des sionistes et d’un grand nombre de juifs, n’ayant aucun argument de poids à opposer à ceux qui cherchent et veulent comprendre.Commencez par réfléchir, si vous le pouvez, au fait que Hertzl ait songé à l’Ouganda comme terre d’accueil de tous les juifs. Le choc peut être fatal, je préfère vous prévenir...




      • Cadoudal Cadoudal 17 février 23:52

        @Christian Labrune
        Ça va être sympa votre petit machin avec le NPA et Obono, mais comptez pas sur moi, Finky ou Zemmour pour remettre encore une fois dix balles dans le bastringue...

        A un moment faudra que les juifs français choisissent entre les colons et les indigènes...

        Il a dit clairement dit qu’il n’irait pas à la grande manif contre l’antisémitisme si elle avait un goût "lutte contre le retour du fascisme des années 30". Salutaire. Enfin une personnalité qui met les pieds dans le plat. D’autant plus que tout le monde attendait qu’il valide le tralala habituel comme la cerise sur le gâteau.

        https://twitter.com/BFMTV/status/1097197392351375360?ref_src=twsrc%5Etfw


      • Christian Labrune Christian Labrune 18 février 09:14

        @Cadoudal
        Je ne comprends pas grand chose à ce que vous m’écrivez. Dans le lien que je produisais, il était précisé que cette manifestation était à l’appel du PS, et que le parti de Mélenchon n’avait pas été invité, ce qui paraît tout à fait logique, puisqu’il est grandement responsable du nouvel antisémitisme et que Mélenchon avait été viré manu militari et c’était justice lors de la marche blanche après l’assassinat de Mireille Knoll. Ca m’étonnerait que le Nouveau Parti Antisémite (NPA) se joigne à la manifestation, qui s’était associé en 2014, sous les drapeaux du Hamas, aux émeutiers qui commençaient à essayer d’incendier des synagogues et rêvaient d’une nouvelle nuit de cristal.
        Quand vous écrivez « il a dit clairement... » je ne vois pas à qui vous faites allusion, votre phrase n’est pas assez explicite, et la page que vous signalez ne m’éclaire pas là-dessus.
        Il va de soi que ça ne m’enchante pas d’être à une manifestation dont le PS est à l’origine, et que je ne me fais aucune espèce d’illusion non plus sur les déclarations vertueuses de l’actuel gouvernement. L’extrême gauche-droite est à l’origine de l’antisémitisme, mais on ne doit pas négliger non plus qu’il y a un antisémitisme d’état en France, véritablement crapuleux, qui encourage d’une main ce qu’il prétend réprimer de l’autre. Qui ne se souvient de Valls obligé de manger son chapeau devant la représentation nationale après que la France eût approuvé une résolution négationniste de l’UNESCO. Mais c’est qu’il ne savait pas ! Le premier ministre n’était pas au courant, le pauvre, des saloperies qui se tramaient du côté du quai d’Orsay, et ses excuses faisaient bien voir qu’il nous prenait pour des cons. Quant à l’actuel gouvernement, il se sera appliqué systématiquement à prendre fait et cause pour un terrorisme Palestinien absolument infect et indéfendable. Le pire ayant été les déclarations immondes de Macron au lendemain du transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Et que dire du soutien inconditionnel à un islamo-nazisme iranien qui se propose de détruire Israël avant de s’en prendre à l’Europe ?
        Dans la situation actuelle, il n’y a que des faux-culs, et ça n’est pas bien drôle, mais quand il s’agir de combattre la pourriture des idéologies fascisantes qui commencent à enfler dangereusement, on ne peut plus se permettre le luxe de choisir ses alliés. J’étais à la manif des Iraniens de Paris contre la dictature des mollahs. Il y dans cette opposition des organisations obscurantistes dont on peut aussi attendre le pire, mais elles travaillent pour l’instant à lutter contre une abjection atroce. Churchill n’avait pas une particulière sympathie pour Staline et le communisme, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il n’a pas craché pour autant sur l’aide soviétique, laquelle, momentanément, participait au même combat.
        Votre position me paraît d’un kanstisme élégant dont nous ne pouvons malheureusement plus nous permettre le luxe.


      • Christian Labrune Christian Labrune 18 février 09:23

        ERRATUM
        « votre position me paraît d’un kantisme élégant », et non pas d’un « kanstisme » !
        Excuses.


      • JPCiron JPCiron 18 février 09:33

        @Cadoudal

        A un moment faudra que les juifs français choisissent entre les colons et les indigènes... >

        Theodor Herzl (habituellement considéré comme le théoricien du Sionisme) disait en parlant du patriotisme d’un Français Juif :

        < A man has to choose between Zion and France.> ( On doit choisir entre Sion et la France)

        Sionisme et Judaisme sont deux concepts distincts. Sur certains sujets, les Valeurs de l’un sont à l’opposé des Valeurs de l’autre.

        .


      • Christian Labrune Christian Labrune 18 février 11:11

        A un moment faudra que les juifs français choisissent entre les colons et les indigènes...

        ========================
        @JPCiron

        Les indigènes dont il est question dans la phrase de Cadoudal, de toute évidence, sont les Français « de souche », chrétiens ou juifs, vivant dans ces territoires perdus de la République qui sont occupés par des « colons » récemment venus d’ailleurs, lesquels prétendent que la France est à eux comme ils prétendraient, ailleurs, être chez eux en Judée, une région dont le nom même atteste de leur très antique présence.
        Vous plaquez là-dessus des obsessions que je préfère ne pas qualifier.


      • Christian Labrune Christian Labrune 18 février 18:00

        ADDENDUM

        Cadoudal, qui n’aura pas revu cette page, ne cautionnera probablement pas l’exégèse que je faisais de sa phrase, mais il explicite son propos aujourd’hui même à 12:55 à la suite de l’article que je signale en bas de page. Personnellement, je suis bien loin de considérer qu’Onfray et Zemmour puissent avoir une « vision claire » de la situation, mais voici ce qu’il écrit :

        « Onfray, Finky, Zemmour, même vision claire de la situation :
        Indigènes Vs Colonialistes pro musulman.

        C’est quoi le choix qu’on laisse aux indigènes : Soutenir les colons antisémites ou se faire traiter de racistes par Bouteldja ?

        Finkielkraut : « Le barbu me dit « la France est à nous ». Cette phrase terrible signifie : Nous sommes le Grand remplacement et tu seras le premier à le payer »

        https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/alain-finkielkraut-l-antisemitisme-212739#forum5430665


      • Cadoudal Cadoudal 18 février 18:12

        @Christian Labrune
        Eh, Oh, ou c’est qu’on va t’on camarade ?

        L’exégèse de la pensée kantienne d’un plouc indigène ?

        On n’a pas gardé les botuls ensemble, non mais allo quoi...

        Sinon, y a pas qu’Onfray, Zemmour et Guilly à avoir la même grille de lecture, Begaudeau et Gave ont la même : indigènes/Colons/Bourgeois...

        Après, au juifs de France de choisir leur camp en fonction de leur intérêt et de leur sécurité...

        Mille et une nuits avec l’acariâtre Bouteldja ou un flirt avec l’accorte Marion ?


      • Allexandre 16 février 18:50

        @ l’auteur

        Il est dommage que vous ne fassiez aucune allusion aux relations étroites entre l’Ancien testament et l’Afrique australe.

        L’Ancien testament est une fable historisée écrite par et pour les Hébreux, afin de leur donner un légitimité absolue qu’ils n’ont ni n’auront jamais.


        • JPCiron JPCiron 18 février 18:33

          @Allexandre

          Bonjour,

          J’ai écrit plusieurs centaines d’Articles initialement « pour moi », pour coucher par écrit les réponses ou avancées convaincantes que j’ai pu trouver ou que je me suis construit.

          Avec les années et avec de nouvelles informations, mes réponses évoluent/ changent. 

          J’avais déjà noté cet aspect Africain que vous me signalez aujourd’hui.
          J’ai par exemple classé ( https://www.cairn.info/revue-pardes-2008-1-page-39.htm# ) Ce genre d’article est pour moi intéressant car il donne des sources, qui permettent d’élargir le champ de recherche. Cela prend beaucoup de temps.

          Sur cet aspect, je n’ai guère eu le temps d’approfondir. J’ai aussi acheté des bouquins sur d’autres sujets.... J’ai aussi pris une note de ce que vous disiez sur les polythéistes qui sont bien plus tolérants que les monothéistes (et j’ajouterais : que les Animistes). De par mon vécu, j’aimerais approfondir et rechercher le pourquoi de cet état de fait.

          Avec l’age, je suis aussi plus lent qu’autrefois.

          Mais vous avez raison, il y a quelque chose à approfondir sur ce volet Africain là.

          .


        • Christian Labrune Christian Labrune 16 février 19:27

          Merci pour ces quelques réactions que je n’espérais même pas mais qui seront particulièrement éclairantes pour tout lecteur muni d’un cerveau.

          Je pourrais dire, paraphrasant Apollinaire : « des anges diligents travaillent pour moi sur AgoraVox ». J’ai gardé « ange » parce que sans cela on ne reconnaîtrait pas le vers célèbre du poète, mais ce n’est évidemment pas le mot qui convient ici.


          • Julien Esquié Julien Esquié 16 février 20:53

            @Christian Labrune

            Le même Apollinaire a demandé : « Où est le Christophe Colomb à qui l’on devra l’oubli, d’un continent ? »

            J’en cherche un, moi aussi, qui me permette, plus modestement, d’oublier cette misérable sous-préfecture du monde occidental, où le malheur m’aura contraint de naître.


          • Gloubi 17 février 11:29

            Article intéressant mais un peu trop touffu pour moi.

            Je voudrais juste réagir sur le texte massorétique et la Septante. « En gros, ces deux textes forment un support biblique pour deux courants : le Judaïsme (MT) et le Christianisme (LXX) ».

            Au départ, la Septante n’était pas spécifique aux chrétiens : c’est parce que les judéo-chrétiens s’en sont emparés qu’à Yabneh les rabbins l’ont déclaré non canonique du point de vue Juif et ont déclaré le « jour de la Septante » comme maudit.

            De même aujourd’hui la plupart des chrétiens lisent surtout le texte massorétique, à l’exception des orthodoxes qui lisent la Septante et les catholiques qui lisent les 2.


            • JPCiron JPCiron 17 février 12:40

              @Gloubi

              Je voudrais juste réagir sur le texte massorétique et la Septante. « En gros, ces deux textes forment un support biblique pour deux courants : le Judaïsme (MT) et le Christianisme (LXX) ». >

              Bonjour,

              Et merci pour ces précisions. Vous avez raison. Il est bien difficile de rester succinct tout en essayant d’être précis.

              C’est pourquoi vous aurez remarqué que j’avais rajouté un « En Gros » en début de phrase.

              .


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 février 13:08

              Merci pour vos articles toujours intéressants. Noé serait d’origine ni hébreuse mais araméenne. Jésus parlait-il hébreu ou araméen ? 


              • JPCiron JPCiron 18 février 21:08

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                Oui, le premier ’Noé’, quel que soit le nom qu’on lui a attribué à l’origine, était probablement issu d’un peuple bien plus ancien (ou plus précisément, issu des légendes d’un peuple ancien).

                Un gros changement climatique a sûrement eu lieu, vers la fin de la dernière glaciation. Car il y a des légendes de pluies interminables en plusieurs points éloignés du globe.

                Et cela a aussi affecté les plateaux de l’actuel Iran, où la légende raconte qu’il neigeait sans discontinuer : un hiver interminable. Et il y avait là aussi un ’Noé’ des hauts plateaux qui a rassemblé des gens et des animaux dans une énorme grotte, pour leur permettre de survivre au mauvais temps.
                 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

                Pour Jésus, je n’en sais rien.
                Mais vu l’utilisation généralisée de l’araméen comme langue administrative de l’empire Perse, et du fait de cette région (croissant fertile) où les gens bougeaient énormément, je suppose que l’araméen devait être une langue commode, aussi à l’époque de Jésus. On trouve des mots d’origine araméenne dans les évangiles, dans les manuscrits de Qumran, chez les Esséniens, en Galilée... Il y a des documents bilingues Grec-Araméen...
                Jésus a un peu bougé, géographiquement, je crois. Et les jeunes apprennent très vite les langues. Sans doute parlait-il plusieurs langues.

                .


              • Jean Keim Jean Keim 19 février 18:03

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                Jésus parlait bien évidemment la langue en usage dans le peuple qui était l’araméen, il pratiquait également l’hébreu puisqu’à mainte reprise il lut et interpréta des rouleau de la Torah qui était obligatoirement rédigée en hébreu, de plus il devait avoir des notions de grec.


              • Jean Keim Jean Keim 19 février 18:06

                @JPCiron

                Si la réponse vous intéresse alors lisez le livre de Claude Tresmontant : Le Christ hébreu, de plus cet ouvrage donne donné des pistes intéressantes sur la datation des évangiles.


              • JPCiron JPCiron 19 février 20:56

                @Jean Keim
                Merci pour cette référence. Je vois que le bouquin est à € 9,50 : pourquoi s’en priver ? Voici quelque temps, j’avais essayé de trouver des datations pour AT et NT. J’avais trouvé des travaux sur l’AT qui m’avaient surpris par l’étalement dans le temps. Même pour un seul document qui a pu être complété ou retouché bien plus tard. On verra s’il en est de même pour le NT.
                Par ailleurs, cela me permet d’apprendre que ce Tresmontant a aussi travaillé spécifiquement sur certains Évangiles.


              • Jean Keim Jean Keim 20 février 09:11

                @JPCiron

                C. Tresmontant décédé en 1997, connaissait admirablement l’hébreu, l’araméen qui à l’époque de Jésus ne s’écrivait pas et était parlée par l’homme de la rue et le grec ancien.

                Il est parti de l’hypothèse que les faits et gestes de Jésus ont été écrits sur le vif par les évangélistes tout naturellement en hébreu – quoi de plus naturel cette langue étant celle des gens instruits qui pour autant ne maîtrisaient pas forcément le grec, il a travaillé à partir de la Bible la plus ancienne connue rédigée en grec, et à l’aide d’un lexique il l’a retranscrite en hébreu en se rendant compte que les expressions grecques étaient la traduction littérale de l’hébreu, ensuite le résultat fut traduit en français, la lecture des 4 évangiles de CT est riche de sens nouveaux.

                Son travail évite les erreurs dues aux traductions antérieures successives de l’hébreu en grec, du grec en latin et enfin du latin en une langue contemporaine.


              • Gollum Gollum 20 février 09:47

                @Jean Keim

                Et est-ce que la traduction de Chouraqui est relativement différente de celle de Tresmontant d’une part, et en quoi elle doit à Tresmontant ou pas ?


              • Jean Keim Jean Keim 20 février 17:21

                @Gollum

                Tresmontant est avant tout un théologien, Chouraqui plutôt un exégète, le premier a fait à la fois un remarquable travail de recherche et de traduction, le deuxième probablement plus de traduction que de recherche, mais cette opinion n’engage que moi, les deux ont une extraordinaire connaissance de langues anciennes, (de plus Chouraqui connaît parfaitement l’arabe), alors réflexion faite il est possible que Chouraqui ai été influencé par Tresmontant, je ne me suis pas astreint à une étude comparative poussée, j’ai simplement fait des « sondages » et les évangiles de l’un et de l’autre paraissent vraiment très semblables. La lecture des évangiles de Tresmontant en français est déroutante car elles ont gardé le côté littéral de l’hébreu, avec notamment le sujet reporté en fin de phrase, mais cette lecture est éclairante sur le message, le contexte et la personnalité de Jésus, elle me parle à cœur ouvert, si on tient compte du contexte et donc du vocabulaire de l’époque, ce message est extraordinairement vivant et moderne. De plus le livre de Tresmontant : Le Christ hébreu, permet de comprendre le travail effectué par l’auteur dans la transcription des évangiles.


              • Gollum Gollum 21 février 10:12

                @Jean Keim

                Ok, merci pour la réponse. Oui, à priori j’aurai dit que les deux devaient se ressembler. J’aurai bien lu Tresmontant mais je suis quelque peu surbooké. Une autre fois peut-être..


              • JPCiron JPCiron 21 février 16:03

                @Jean Keim

                <Son travail évite les erreurs dues aux traductions antérieures successives de l’hébreu en grec, du grec en latin et enfin du latin en une langue contemporaine.>

                Merci
                Effectivement, d’une Bible à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un courant à l’autre, on n’a pas toujours le même texte.
                Un peu d’ordre serait le bienvenu, en utilisant le travail d’érudits tel Tresmontant.


              • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 février 16:55

                C’est une bonne approche. L’article est riche et documenté, il suffirait que j’ajoute les précisons qui s’imposent pour que tout devienne clair.

                La religion est la véritable histoire de l’humanité.


                • JPCiron JPCiron 18 février 21:18

                  @Mohammed MADJOUR

                  La religion est la véritable histoire de l’humanité. >

                  Certes. Reconnaissons aussi que c’est grâce à telle ou telle décision purement politique que telle ou telle religion a pu être mise sur le devant de la scène, et ainsi participer à l’ Histoire, comme vous le dites justement.
                  .


                • kader kader 18 février 22:39

                  @Mohammed MADJOUR

                  « Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions des patriarches sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler. »

                  Professor Ze’ev Herzog teacher in the Department of Archeology and Ancient Near Eastern Studies at Tel-Aviv University. (Ha’aretz Magazine, Friday, October 29, 1999)

                  donc le coran aussi est faux

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