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Accueil du site > Actualités > Société > Adieu Marie-Claude Lorne ! Quand l’université amène au suicide une (...)

Adieu Marie-Claude Lorne ! Quand l’université amène au suicide une jeune et brillante philosophe

Elle allait avoir 40 ans, elle était brillante. Le 22 septembre, elle s’est jetée dans la Seine du haut du pont Simone de Beauvoir. Son corps n’a été repêché que début octobre. Dans une lettre laissée à ses proches, elle confia son désespoir d’avoir été licenciée après une année de stage alors qu’elle avait été recrutée pour enseigner l’épistémologie. Ma sympathie à ses proches.

L’affaire est grave au point que des universitaires, qu’on ne nommera pas, tentent de faire pression sur ceux qui souhaiteraient ébruiter cet événement qui, on va le voir, contribue à déshonorer cette vénérable institution qu’est l’université. Qui du reste répond à la notion de grande muette, avec l’armée et d’autres institutions comme l’EN, par exemple. Un jeune chercheur, choqué par cet événement, a voulu relier le déroulement des faits à une critique du système universitaire. Des pressions l’ont encouragé à supprimer le texte litigieux. Mais Yves Michaud, personne sensée, qui préside l’Université de tous les savoirs, est lui aussi interpellé, et le mot est faible. Voici comment il présente l’affaire  :

« J’ai parlé il y a quelques temps à la fin de L’Esprit public, dans ma "brève", de ce qui est arrivé à l’université de Brest à une jeune maître de conférences en philosophie, Mme Marie-Claude Lorne. Il me faut y revenir tant l’affaire est grave... et étouffée. Excellente chercheuse selon ceux qui l’ont dirigée, ayant donné toute satisfaction comme enseignante, Mme Lorne vit sa titularisation refusée lors de ce qu’on appelle "une commission de spécialité" le 13 juin dernier. J’ignore quelle fut la raison de ce refus de titularisation, mais il n’est même pas sûr qu’il y ait eu à donner une raison : les procès-verbaux sont aujourd’hui normalisés et demandent juste le résultat du vote. Elle ne fut pas titularisée à l’unanimité. Soit. L’étrange, c’est que cette unanimité fut de 2 votes sur 2 présents. »

Yves Michaud avoue ensuite sa perplexité et son manque d’informations. Mais il en est sûr, l’affaire est grave et étouffée. J’ai donc décidé de contacter une personne qui connaît bien cette histoire pour avoir quelques précisions. Effectivement, le sujet est sensible et ceux qui ont quelque chose à se reprocher n’hésitent pas à menacer de poursuite quiconque affirmerait quelques allégations diffamatoires. Car la procédure a été respectée. Je vais tenter de raconter cette affaire sans citer les personnes et sans commettre d’impair diffamatoire. Au moment où j’écris ces lignes, je viens de rectifier le titre. Je parle d’une université qui amène et non pas pousse au suicide. Le distinguo est important. Je vais tenter d’exposer comment cette jeune philosophe brillante a été amenée vers la porte de sortie de l’existence.

Je ne connais pas Marie-Claude. Je sais juste qu’en pareil cas, les autorités s’abritent souvent vers des supputations psychologiques, du genre, elle avait des problèmes affectifs, elle s’était séparée, elle était dépressive (lieux communs parfois servis quand un suicide dans l’EN se produit). A ma connaissance, rien de tout cela. Et d’ailleurs, la lettre qu’elle a laissée livre une vérité, partielle certes, mais avérée sur les raisons de ce suicide d’une philosophe qui sait ce qu’il en est de la raison. Une seule certitude, elle était une femme fragile, passionnée par ses recherches. Et surtout, elle était brillante. Et pour compléter le tableau, elle n’était pas conventionnelle. Ses recherches étaient aux interfaces. Des questions cruciales, portant sur la matière, la philosophie de l’esprit, l’intentionnalité, la genèse des systèmes de représentation, le rôle dans l’évolution, le comportement et, plus précisément, les fonctions du vivant. Du haut de gamme. Dans le sillage des recherches en philosophies cognitives et analytiques développées aux States depuis quelques décennies. La France avait du retard en ce domaine. Et quelques brillants cerveaux pour jouer la partie. Voici ce qu’en dit une de ses consœurs qui l’a bien connue :

« Marie-Claude avait fait des études difficiles, une carrière difficile, en poursuivant parfois une excellence dont les standards sont établis ailleurs et négligés, ou parfois méprisés, en France. Trop Française pour le jeu de massacre des carrières philosophiques internationales, trop intelligente pour se contenter de la scène intellectuelle provinciale et auto-référentielle de son pays. Comme beaucoup parmi nous, à jouer ce jeu, on devient étrangers, marginaux partout. (…) Elle était déprimée, bien sûr, comme souvent le sont les gens qui font ce type de métier, car peut-être c’est une vocation des esprits souffrants, ou parce qu’on devient facilement déprimés lorsqu’on est intelligents et méprisés. Et Marie-Claude était une femme intelligente et passionnée par les idées. »

Nous voilà au cœur de cette histoire. Du moins côté face, celui de Marie-Claude, face lumineuse, fragile, déprimée certes, mais quand on a une passion, un passif dans le combat pour arriver à exercer sa passion et son intelligence, plus une sensibilité d’ouverture, on est fragile. Je parle en connaissance de cause, ayant cette même sensibilité. Le côté pile est plus sombre, c’est le rôle du milieu professionnel. Beaucoup de personnalités du monde épistémologique, F. Proust, J. Gayon, l’EHESS, doctorat, post-docs. Elle a soutenu sa thèse en 2004. Elle fut agrégée de philosophie et trouva une authentique vocation pour des investigations scientifiques. C’était une vraie chercheuse, pas comme tous ces bureaucrates dont les institutions regorgent. Pas facile de créer sa route dans un environnement qui, de plus en plus, apparaît comme semeur d’embûches. Alors, parvenir à ce Graal de la situation stable qui ouvre enfin le champ libre pour déployer toute son intelligence, c’était une étape précieuse. Voici une citation de F. Longy qui traduit bien la situation :

« Marie-Claude était une combattante, sa vie avait souvent été assez difficile, mais elle s’était acharnée pour atteindre son but, avoir les moyens de poursuivre la vie théorique qu’elle aimait et pour laquelle elle était faite. Le succès semblait à portée de main, tous les obstacles semblaient surmontés, une vie plus sereine se profilait, mais l’apparition d’un dernier obstacle imprévu, en rien insurmontable, s’est révélé être l’obstacle de trop. »

L’obstacle de trop, ce fut d’affronter le poids d’une petite faculté de province où elle a été nommée parce qu’elle correspondait aux besoins d’enseignement fixés par les instances scientifiques. Ici, nous pouvons pointer le manque de moyens pour les gens brillants. Pourquoi cette philosophe a-t-elle dû trouver sa planche de salut dans un lieu qui devait lui être fatal. Une planche pourrie en fait. Un environnement qui ne l’a jamais soutenue. Des inimitiés. Des services d’enseignement dépassant ses forces, cinq heures de cours sans pause. Rien n’est fait pour accueillir les nouveaux arrivés dans cet univers impitoyable de la fac, sauf pour les chouchous obéissants et dociles, qui ne feront jamais aucune découverte et resteront dans l’ombre de leur patron. J’ai connu ça. Stagiaire, j’ai été balancé dans un amphi de 500 étudiants, dans la fosse. Je vous raconterai ça une autre fois car j’ai moi-même été balancé par cette vénérable institution. Vénérable et vénéneuse.

Selon mon informateur, il y a eu une sorte de cabale même pas organisée. Venons-en aux faits. Au bout d’un an, la commission de spécialistes se réunit pour titulariser le maître de conférences stagiaire ou donner un avis contraire. C’est ce qui fut fait. C’est là que les détails procéduriers entrent en jeu. En fait, tout s’est passé selon les textes. Il n’y avait pas nécessité de la présence d’un quorum. Du coup, la commission a délibéré en juin 2008 avec deux présents sur la bonne douzaine que compte cette commission. Un avis négatif a été formulé. Du coup, parmi les absents, huit se sont manifestés pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord. Mais il était trop tard et cette histoire, raconté en sémantique de conte pour enfants, est celle du vilain canard. Mais vécu dans la jungle de la fac, ce fut un cauchemar pour l’intéressée qui, après tant de combats et de luttes, a vu sans doute son destin basculer vers le vide. Je ne connais pas la fac de Brest, mais, pourtant, je pense savoir à peu près ce qu’il s’est passé. Une dame philosophe solaire, musicienne, passionnée, qui a laissé une trace chez ceux qui l’ont fréquentée, brillante au point de susciter quelques jalousies, différente par son profil atypique, s’est vu notifier de partir. Une décision prise par deux types dont on connaîtra les noms, qui ont signé une décision dont le procès-verbal n’est pour l’instant pas accessible. Sans doute deux sinistres âmes qui fuient la lumière. Des types malfaisants comme on en trouve souvent. Et pour les autres, des irresponsables, des désinvoltes, des pauvres innocents qui n’étaient pas là, mais qui, maintenant, commencent à se poser des questions, à se tourmenter car nul ne pouvait prévoir ce qui allait se passer.

Mais ces questions affectives n’épuisent pas le sujet. La faute, ce n’est pas tant d’avoir amené une philosophe vers le suicide que d’avoir gâché cette intelligence brillante, d’avoir cassé ce travail, cette quête, cette passion pour la recherche et les idées. Ce cas de figure est exemplaire. Il n’y a pas trop de cas similaires car la plupart des cerveaux brillants partent ailleurs. L’université française est un gâchis total. Les autorités politiques n’ont pas pris la mesure de ce désastre. Une culture de déclin règne parmi… stop, ici on pensera que je m’emballe un peu vite en ajoutant à cette affaire mon propre ressentiment d’une histoire personnelle. Alors un autre témoignage de P. Huneman et A. Barberousse :

« Cette série d’événements nous dit, certes, quelque chose sur Marie-Claude et son rapport à elle-même et au monde social, un rapport tissé d’exigences et d’attentes souvent trop élevées, tissé aussi de cette lucidité extrême dont nous reconnaissons tous qu’elle ne rend pas la vie facile – mais elle indique aussi quelque chose du monde académique, qui à bien des égards n’a pas voulu de ce que représentait Marie-Claude. Nous ne comprendrons jamais pourquoi notre amie a vécu la décision universitaire prise à son encontre comme injuste au point de se donner la mort, à quel point et pourquoi elle l’a entendue comme un arrêté ultime, irrévocable à l’encontre de sa légitimité comme philosophe. Certes, il y a une tragique malchance dans cet événement, rien dans les pratiques universitaires ne le laissant envisager ; reste qu’il peut représenter une version extrême de la réaction épidermique que suscitait chez certains le refus absolu de tout compromis que Marie-Claude défendit constamment. Nous supposons simplement qu’à entendre cette décision faire écho avec bien d’autres mots, discours, événements, situations, elle en a conclu que la place consacrée à la recherche de la vérité était bien trop férocement ou arbitrairement défendue, ou qu’elle n’avait plus assez d’énergie pour mener un combat dont elle avait sous-évalué les forces en présence, et qu’elle a jeté le gant. »

Voilà à travers ce témoignage le cœur de cette tragédie. Qui aurait été due à une tragique malchance que ne laissait pas envisager les pratiques universitaires, disent les deux témoins ; comme si son licenciement avait été décidé par une chute de rocher. Mais, auparavant, ces mêmes témoins n’ont pas hésité à évoquer un monde académique qui ne voulait pas de ce que représentait Marie-Claude. Il n’y a donc aucun hasard. Cette décision de licenciement est une saloperie qui a été perpétrée par une institution dont les acteurs ne savaient certainement pas ce qui allait se passer. Mais, pour revenir au fond du problème, quoi qu’il aurait pu se passer d’autre, une université a décidé de licencier une personne douée de capacités intellectuelles au-dessus du lot.

Une fois la décision de non-titularisation prise, le stagiaire a 30 jours pour faire appel. Il se dit que Marie-Claude n’aurait pas été prévenue à temps. C’est ce que prétend Y. Michaud. Mon informateur donne une version un peu différente. Marie-Claude s’est sentie en déphasage et, si elle avait fait appel, elle aurait dû affronter un an de plus ses « assassins », les voir en face, traquée car elle aurait dû repasser devant la commission. C’était peut-être trop pour une personne aussi entière que passionnée et fragile. Son suicide va sans doute plus loin que ne le pensent ceux qui souhaitent ne pas faire de vague et minimiser cette affaire. Car c’est le suicide de l’université dont il est question. Je pense comprendre ce qu’a vécu Marie-Claude. J’ai expérimenté une situation similaire. Licencié parce que trop brillant. Déjà dans le champ de la biologie théorique et de la systémique à 30 ans. J’avoue avoir vécu douloureusement cette mise à la porte, alors que je commençais une belle aventure intellectuelle. J’ai survécu, j’ai lutté, j’ai pendant des années songé au suicide. Avec le recul, je ne regrette rien et cette expérience me permet d’entrer en empathie avec ce qu’à dû subir Marie-Claude.

Le plus inquiétant, c’est que nul ne trouve à redire dans ce système. D’après mon informateur, ceux qui ont « drivé » Marie-Claude à ses débuts n’ont rien fait pour la préserver alors qu’elle les avait alertés, alors qu’ils savaient. Et maintenant les voilà qui s’épanchent en larmoiement. Ce système universitaire est devenu malade. Le mal est ancré depuis vingt ans. Au lieu de soutenir les chercheurs atypiques, ceux qui ont un avenir, il les enfonce, les nivelle, les lamine. Parfois en tolérant de la part de ses responsables une sorte de sadisme pas si éloigné du harcèlement moral. Selon mon informateur, jeune universitaire de 30 ans, les notables du savoir craignent l’arrivée d’une génération de jeunes chercheurs très brillants qui pourraient leur faire de l’ombre. Du coup, les cerveaux se tirent à l’étranger et les restants galèrent et se sclérosent lentement. Dans le cas de Marie-Claude, ceux qui ont été absents, indifférents, avaient sans doute peur pour leur avancement, leur promotion. Le silence orchestré des universitaires en dit long sur les priorités matérielles.

Au final, quel gâchis ! Un sentiment oscillant entre consternation et colère. Pour l’instant, il reste deux zones d’ombres qui seront peut-être comblées. Cette lettre d’adieu signée de Marie-Claire et ce fameux procès-verbal de la commission de spécialistes où vont apparaître les motifs de ce refus de titularisation. Il paraît qu’une réunion des instances compétentes se prépare à réhabiliter Mme Lorne. Signe qu’il y a un peu de Dreyfus dans cette histoire. La suite à donner à cette affaire n’est pas de mon ressort. Nous sommes dans un Etat de droit et, s’il y a eu une faute, les personnes habilitées pourront saisir la justice. Pour l’instant, il faut garder raison. Ne pas accuser sans preuve. Appliquer la présomption d’innocence. Et certainement, éviter de généraliser. Dans ce genre d’affaires, une situation locale s’ajoute à une histoire personnelle. C’est comme pour ces suicides de professeurs. On ne peut pas dire que l’EN est responsable collectivement, mais que, localement, il y eut parfois quelques négligences de la hiérarchie. Nous, qui sommes citoyens, avons parfois le sentiment d’un malaise dans la société. Cette université qui, elle aussi, est devenue, sans qu’on puisse généraliser, une machine à broyer les brillantes individualités. Est-ce une fatalité ? Que cette chose humaine semblant jouée à maintes reprises. Des personnages irresponsables, comme dans la trilogie de Broch annonçant le cataclysme allemand. Des fatalités impossibles à conjurer, tel un malaise de marbre dépeint par Jünger. Doit-on enterrer cette affaire ? Ou bien faire en sorte qu’elle ait un retentissement national afin d’ouvrir une discussion sur ces scandales à répétition touchant les facs et sur lesquels l’université préfère fermer les yeux, pratiquant une omerta consensuelle car tous ont peur pour leur avancement. Le citoyen qui est aussi un contribuable n’a-t-il pas son mot à dire sur une institution qui casse les carrières de tant de jeunes chercheurs prometteurs ? Et la ministre n’a-t-elle pas le pouvoir de mettre en place un Grenelle de l’université, plutôt que de distribuer quelques avantages financiers aux uns et aux autres, renforçant ainsi les dérives carriéristes ?


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98 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 10:15

    Bonjour,

    Une info prise sur le blog d’Y Michaud, confirmant ce que disait mon informateur à propos qui huit membres absents de la commision qui ont envoyé une lettre de protestation au Président de l’U Brest le 13 octobre. Elle était déjà morte. Protester pour quoi ? Dans doute ont-ils appris que cette personne n’était pas titularisée en apprenant sa mort. A l’ère Internet, ces gens ont attendu 4 mois pour apprendre ce qui se passe dans la commission dont ils font partie

    		
    			

    Bonjour,
    Membre de cette fameuse commission mais absent le jour du vote, je me dois de préciser les choses suivantes :
    1.une lettre officielle de protestation a été adressée au président de l’université de brest, avec copie à la ministre, le 13 oct dernier par 8 membres de la commission, qui a refusé la titularisation de Mme Lorne.
    2. Ces 8 membres, étaient tous absents le jour du vote, tous pour raisons professionnelles.
    3. Le motif qui aurait été allégué pour le refus de titulariser Mme Lorne serait qu’elle ne résidait pas de manière permanente à Brest. Motif en lui-meme juridiquement irrecevable.
    4. Les membres de la commission qui en ont fait la demande officielle se sont vu refuser l’accès au procès verbal complet de la commission par le président de l’université.
    Je suis touché par tous ceux qui apportent leur soutien aux universitaires qui rendent hommage à cette collègue, et qui refusent de voir l’université souffrir de tels dérapages.

    			Rédigé par : 			jean-christophe Bardout



    • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 10:22

      Autre info, tj chez Michaud, la réaction du Président de l’U Brest menaçant d’un procès M Michaud

      je reproduit son commentaire. Par souci de clarté, il serait bien que les dernières info sur cette affaires soient placées en réponse à ce premier commentaire et d’ouvrir des nouveau espaces pour toutes les réactions et témoignages personnels relatifs à l’Université

      Réponse à Alain D. sur sa question très pertinente :
      "S’agissait-il d’un refus définitif de titularisation ou d’une prolongation de stage pour un an ? Les deux sont théoriquement possibles et je n’arrive pas, en lisant et relisant vos propos, à en avoir le coeur net."
      Moi non plus ! Et c’est bien ce que j’aimerais savoir. Le Président de l’université de Brest n’a pas répondu à ma questions sur ce point. Il a préféré me menacer d’un procès en me demandant une rectification à l’Esprit public, sans me fournir d’informations crédibles. J’en parlerai dans mon prochain post sur cette affaire.

      Rédigé par : michaud | le 29/10/2008 8:12



    • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 10:40

      J’ai écrit dans ce billet que Mme Lorne avait été licenciée mais étant comme Y Michaud dans l’absence de connaissance précise quant à une éventuelle prolongation décidée à l’issue de cette commission, j’apporte cette précision à ce billet à toutes fins utiles.

      Cela ne remet pas en cause le fond de cette affaire. Ni le soupçon eu égard au silence des autorités quant aux procès verbal de cette commision.

      S’il s’agit d’une prolongation, cela est souvent interprété comme la mise sous surveillance et la pression de la prochaine commision pesant comme une épée de Damoclès. On ne traite pas ainsi les gens brillants, sauf en cas d’incapacité professionnelle. Et encore, certaines fac connaissent des carrière de prof qui n’ont jamais pu finir un cours tant ils étaient mauvais, sifflés par l’amphi


    • pas perdus pas perdus 29 octobre 2008 11:33

      C’est hallucinant.

      Parfaitement étranger au monde universitaire, il me semble avoir lu des articles dénonçant la promotion à l’université de parents ou tout au moins de "autochtones"...


    • Traroth Traroth 29 octobre 2008 19:16

      Les gens peu brillants mais installés ont toujours peur qu’on leur fasse de l’ombre...


    • Traroth Traroth 29 octobre 2008 19:22

      Cela dit, le comportement des 8 absents qui cherchent maintenant à se dédouaner est presque encore plus attristant que celui des deux présents qui ont voté. Un peu facile d’arriver après la bataille ! Maintenant, ils protestent, mais en fait, ils s’en foutaient royalement. S’ils avaient vraiment été motivés pour titulariser cette personne, ils auraient été là le jour du vote ! J’imagine qu’il n’y avait rien de mystérieux dans le délai, ils n’ont pas été pris par surprise. Donc protester maintenant est indigne par la lâcheté que ça manifeste. Toute cette histoire est vraiment un immense gâchis, engendré par la paresse, l’indifférence, l’envie et la lâcheté. Effectivement, l’Université n’en sort pas gandie !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er novembre 2008 12:51

      A NOTER

      Une
      mise au point sur cette affaire a été publiée par mes soins en fonction d’informations plus récentes

      Prière donc d’en tenir compte pour une vue plus précise de cette bien triste affaire


    • yoda yoda 29 octobre 2008 11:35

      Bonjour Bernard,

      Je compatis. La recherche est, pour beaucoup, plus qu’un metier, une passion. Malheureusement, le monde academique, n’est pas epargne des basses magouilles, jalousies et jeux de pouvoir. De devoir depenser tant d’energie pour avoir le droit de faire un metier pour lequel on est competent et passionne, est un enorme gachis... 	 	 	 	 	


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 12:03

        Pour ceux qui sont intéressés par le terrain qui a pu engendrer cette affaire, un article de Jean Fabien Spitz dans Le Débat. Sur les trois misères de l’Université. C’est, de mémo, vers fev 2000


      • dom y loulou dom 29 octobre 2008 22:02

        quelle calamité, quelle ignominie que cette machinerie que nous vivons.


      • JJ il muratore JJ il muratore 29 octobre 2008 11:38

        @l’auteur. Le sujet que vous abordez est tout à la fois terrible et banal : il a le mérite de poser encore une fois la question de pourquoi le suicide ?
        Vous avancez quelques analyses sur le fonctionnement de nos Universités (fonctionnement qui ne diffère en rien de celui de toute Institution et cela depuis belle lurette ! Parmi les éléments rapportés l’un d’entre eux est particulièrement significatif, il concerne la fameuse Commission réunie en juin. Huit absents (pour raisons professionnelles) sur douze membres...Quand on connait ce que peut recouvrir dans le cadre légal universitaire en France, la notion de ’raisons professionnelles’ il y aurait de quoi sourire si les conséquences n’avaient été aussi désastreuses ! Il n’est pas déraisonnable de penser que les ’absents pour raisons professionnelles’ (sic) aient éprouvé un sentiment de culpabilité, que celui-ci ait été le moteur de leur lettre de protestation auprès de la Présidence de l’Université. Un suicide provoque innéluctablement de la culpabilité dans l’entourage professionnel et/ou familial du suicidé. Chacun est tenté de repasser la patate chaude au voisin ; c’est ce que font les huit absents de la Commission.
        Je constate que vous semblez être en empathie avec cette brillante philosophe, pour autant il me paraît bien risqué de chercher des causes externes à son suicide excepté si vous leur reconnaissiez le statut de facteur déclenchant.
        Bien à vous.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 12:02

          Je peux revendiquer une empathie étant donné que j’ai vécu la même situation. A laquelle j’ai explicitement fait allusion dans ce billet. C’est une vieille affaire mais à la demande générale, je veux bien faire un papier, avec à l’appui toutes les pièces du procès verbal de la commission scannées.


        • dom y loulou dom 29 octobre 2008 22:12

          Faites Bernard svp. exposez votre cas.

          Chacun de nos vécus a le mérite de la vérité et puisque c’est la vérité que ce système corrompu jusqu’à l’os ne supporte pas, c’est bien qu’elles doivent être connues.

          merci pour tout ce bon boulot de mise en lumière.

          Sus aux mensonges, rétablissez votre vérité cher bernard, elle nous enrichira tous !!!


        • Raymond Viger Raymond Viger 2 novembre 2008 18:50

          J’aime l’introduction du terme "facteur déclenchant". Ce n’est pas un événement qui nous pousse au suicide, mais une somme d’événements. Certains réussissent à les assumer, d’autres ne font que les accumuler jusqu’à émotionnellement exploser. Le débat ne doit pas se limiter au facteur déclenchant mais au soutien que l’on peut offrir aux personnes qui sont dépressives et qui vivent une extrême douleur.

          http://raymondviger.wordpress.com/2008/08/28/le-processus-suicidaire-suicide-vouloir-mourir-se-suicider/


        • Raymond Viger Raymond Viger 2 novembre 2008 19:00

          Je commencerais pour souhaiter toute mes profondes condoléances aux proches et amis de Marie-Claude Lorne.

          J’aime bien l’introduction du terme « facteur aggravant » ou élément déclencheur. Une personne se suicide suite à une accumulation d’épreuves et de difficultés. Certaines personnes réussissent à les assumer et à grandir à partir de ces épreuves. D’autres les accumulent, se fragilisant avec les années.

          Le questionnement ne doit pas se limiter aux derniers événements ayant menés au suicide, mais plutôt ce que nous pouvons faire pour soutenir les personnes fragilisées et dépressives.

          http://raymondviger.wordpress.com/2008/08/28/le-processus-suicidaire-suicide-vouloir-mourir-se-suicider/


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 11:59

          Caporalisation, le mot, bien que n’épuisant pas le sens de cette institution
          dit bien qu’il s’agit d’une affaire d’honneur comparable à ce qu’à enduré Dreyfus
          Sous réserve d’infos complémentaire, je pense qu’on peut parler d’une affaire Dreyfus, l’intéressée ayant vécu son calvaire comme le capitaine humilié devant ses supérieur et à qui on retira sans délicatesse ses insignes militaires


        • pallas 29 octobre 2008 12:17

          C’est de cela dont je parle tres souvent. Notre societe rejette les gens intelligents, les poussants souvent au suicide, elle n’est pas la seule, il y en a des centaines d’autres. Les vrais Cerveaux, ne sont pas ceux qui partent a l’etranger pour gagner de l’argent en abandonnant, ami et famille, mais plutot ceux qui restent, car justement, il ont des attachent, des sentiments, le plus souvent, le salaire est secondaire, sa demande une reconnaissance social, et sa veut etre utile pour rendre la societe meilleur. Mais, ces etres qui sont rares sont totalement Meprisé, Mis au Ban de la societe, alors qu’aujourd’hui, face a la crise mondial, la destruction de la planete, l’epuisement des sols, la degradation Genetique humaine, nous rendant d’une part sterile, donc bcp moin de naissance, de plus le taux de mortalité, a commencer a augmenter, a cause des cancers, et autres maladies, faisant rage, et abaissant l’esperance de vie, pour ceux qui ont la trentaine et les plus jeunes, qui eu, seront des Zombies ou des cadavres a 50 ans. Sans compté, la betise, et la faineantise intellectuel auquel toute la population se refugie pour du superficiel, tel que la television. Cette femme, ainsi que les rares autres, sont veritablement indispensable pour remettre l’ordre dans la societe et pour eviter un avenir sombre, donc au dela de la mort de cette Femme, ce pose la question de Choix, de qu’elle futur voulons nous, et la reponse est tres clair.


          • Barbatrak 29 octobre 2008 12:52

            triste, mais ce n’est pas etonnant. C’est le systeme qui fait que les intelligent sont ecartés par les moins performants. et a la fac autant, sinon plus.
            L’excelence devrait etre la norme a la fac


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 29 octobre 2008 14:34

              "L’excelence devrait etre la norme a la fac"

              L’excellence devrait être la norme à la fac, l’orthographe aussi.


            • TSS 29 octobre 2008 13:30

              il suffit de se rappeller de "philippe Léotard" ,plus jeune agrégé de france parti pour incompatibilité et de sa

              lente descente aux enfers (même si ce fut un grand acteur).



              • fhefhe fhefhe 29 octobre 2008 13:34

                Encore une Info dont la " LobotoVision" n’a pas Fait Echo !
                En cette veille de WE de la Toussaint , si vous le pouvez Mr Duguet , faîtes part à ses proches de Tous Mes Voeux de Courage....dans leur Douleur.. !!!
                Par avance , Merci .


                • Marc Viot idoine 29 octobre 2008 13:45

                  Vous présentez l’acte comme celui d’une personne fragilisée.

                  Même fragilisé, j’ai du mal à intégrer que l’étude philosophique ne puisse protéger contre ce type d’acte absolu, à moins qu’en ces temps particuliers ... la recherche philosophie devienne tellement dangereuse que même les plus férus en viennent à devoir se confronter à ses limites abyssales.

                  Une petite dédicace sans prétention en hommage à cette chercheuse de lumière : Tu vois Raz


                  • Marc P 29 octobre 2008 13:58

                    Bonjour,

                    Lorsque j’ai entendu Yves MICHAUD, cette info m’a ému... Bravo à Yves Michaud dont je ne partage pas toutes les positions...

                    vous l’avez subi Bernard, et cela est patent : même aux philosophes brillants il faudrait enseigner que cette société impose un nivellement par la moyenne (ou la médiane), qu’elle entretient mécaniquement une médiocrité intellectuelle et morale même si quelques uns y échappent, hélas en demeurant entre soi, à l’abri des petitesses et cooptations "par affinités"... (à quoi n’échappent pas non plus du reste) les groupes de gens brillants.....

                    Si la vie préparait mieux à ces médiocrités, peut être se raréfieraient-elles...

                    Bien cordialement

                    Marc P.

                    PS : Une pensée également pour la famille de cette malheureuse enseignate enseignante...


                    • Marc P 29 octobre 2008 16:09

                      Précision :

                      Je ne pense évidemment pas qu’au monde universitaire ou de la recherche lorsque je parle de nivellement par la moyenne, ou des cooptations peu glorieuses... (c’est une affaire de mentalité).

                      Mais je suppose qu’au moins à la marge ce secteur peut également être touché par ce phénomène...

                      J’aimerais être sur que je me trompe, mais aussi je rêve qu’ on soit attentif aux effets dans la durée de telles pratiques lorsqu’elles sévissent dans n’importe quel milieu social ou professionnel... (on sait qu’il s’agit en réalité de lot quotidien dans les milieux "ordinaires"...) pas seulement ceux de l’excellence du savoir... lesquels devrait bien sur être d’une exemplarité sans ombre...

                      Bien à vous...

                      Marc P

                      PS : j’ai bien pris note du défaut d’infos sur le cas de Marie-Claude...


                    • ASINUS 29 octobre 2008 14:06

                      plutot que caporalisation des rumeurs persistantes de "nepotisme et autre consanguinités "circule sur ce milieu
                      seraient elles possible ?


                      • alberto alberto 29 octobre 2008 14:11

                        Pauvre cher Dugué : émouvant et lamentable !

                        Malheureusement, je crains que l’Université ne soit pas la seule victime de la "médiocratie".

                        Bien à vous.


                        • Marc Viot idoine 29 octobre 2008 14:21

                          Extrait d’un échange sur MC Lorne :
                          http://julien.dutant.free.fr/blog/index.php?2008/10/09/340-conf-barcelone-logos-ijn-workshop-10-11-oct

                          "C’est moi qui l’ai retiré suite à un complément d’information qui m’a convaincu du fait que le décès de Marie-Claude Lorne n’avait rien à voir avec un dysfonctionnement général du système universitaire français. Je n’ai pas été censuré." - 		Florian Cova

                          "C’est à la suite d’un échange de mail avec moi que Florian a retiré le billet, et je l’en remercie. Il n’y a aucune volonté de censure de ma part, mais il se trouve que je connais très bien les détails de cette affaire, qui en plus me touche personnellement, car Marie-Claude Lorne était une amie depuis 19 ans. Il me semble qu’avant de discuter publiquement d’une telle tragédie, il faut en connaître précisément les tenants et les aboutissants, d’autant que des actions sont en cours contre une personne précise (et pas contre un nébuleux "système"). Je m’engage à communiquer dès que possible toutes les informations vérifiables en ma possession à Florian et à Julien, qui jugeront alors s’il convient de publier un billet en toute connaissance de cause. Personnellement, je pense qu’une discussion très large est absolument nécessaire, et je souhaite donc qu’un billet soit de nouveau publié, mais je répète qu’il faut absolument commencer par s’informer sur ce qui s’est passé. Marie-Claude mérite bien mieux que des propos de café du commerce sur les méchants et médiocres universitaires français" - Pascal Ludwig


                          • longy 29 octobre 2008 14:43

                            Je fais partie des huit membres de la commission de spécialistes qui étaient absents lors de la réunion qui a décidé sa non titularisation. Pour compléter la mise au point de Jean-Christophe Bardout plus haut, et rectifier quelques erreurs, voici quelques informations supplémentaires :

                            1) Elle n’a pas été "licenciée", sa titularisation a été refusée
                            2) Elle n’a appris cette décision qu’autour du 10 septembre. Et tous les autres membres de la commission (sauf les deux qui ont voté la non titularisation) l’ont appris ensuite, soit par elle soit par un collègue.
                            3) Dès que les membres de la commission ont été informés, ils ont commencé a réagir. En témoigne, entre autres, une lettre adressée au Présidente de l’Université avant que sa disparition ne soit connue.
                            4) Elle a disparue le 22 septembre (environ dix jours après avoir appris sa non titularisation) et sa disparition a été découverte le 26 septembre.

                            Nous sommes tous trés touchés par sa mort, mais aussi choqués par cette décision de non titularisation que nous n’arrivons pas à nous expliquer. Il importe de bien établir les faits pour pouvoir juger en connaissance de cause des éventuelles responsabilités institutionnelles et personnelles dans cette décision qui n’honore pas, c’est sûr, l’Université.
                            Françoise Longy


                            • geo63 29 octobre 2008 15:14

                              @ Longy : Il n’y avait manifestement pas le quorum avec deux présents sur dix (?). Comment a-t-elle pu statuer ?


                            • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 15:36

                              Merci pour ces précisions.

                              Apparemment, tout s’est déroulé sans faute procédurale. Sauf que la commission a effectivement tardé pour lui adresser la notofication qui ouvre droit à un appel auprès du conseil d’administration qui nomme deux rapporteurs (d’après le texte de 1984 modifié en 2001***)

                              Ce qui paraît étrange, c’est que tout se soit déroulé dans une sorte de secret. Je sais pour ma part que quand j’ai été prolongé une année, puis licencié l’année suivante, je savais 15 jours avant que mon cas allait être étudié. Pour Mme Lorne, la commission s’est déroulée fin juin. Si elle l’avait su immédiatement, peut-être aurai-elle pu régler avant les vacances son appel au lieu d’apprendre la nouvelle en pleine rentréé universitaire, quand il faut replonger dans le milieu.


                              ***Le président ou le directeur de l’établissement transmet l’avis du directeur de l’unité de formation et de recherche, ou celui du directeur de l’institut ou de l’école faisant partie de l’université, à la commission de spécialistes qui formule une proposition. La commission de spécialistes se prononce d’abord sur la titularisation puis, le cas échéant, sur la prolongation du stage.

                               

                              En cas de proposition défavorable de la commission de spécialistes, le maître de conférences stagiaire peut, dans un délai d’un mois à compter de la date à laquelle il en a reçu notification, saisir le conseil d’administration siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs d’un rang au moins égal au sien.

                               

                              Le conseil d’administration désigne en son sein deux rapporteurs, l’un sur les activités d’enseignement, l’autre sur les activités de recherche, et sollicite l’avis du conseil des études et de la vie universitaire siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs d’un rang au moins égal à celui de l’intéressé. Il entend ce dernier sur sa demande.


                            • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 15:49

                              @ Géo, d’après les textes, le quorum n’est pas exigé

                              Je me pose une question. Le texte parle d’une décision défavorable face à laquelle on peut faire appel. Auquel cas, peut-on faire appel contre une prolongation et obtenir une titularisation ? (J’ai connu un MC dans ce cas, dont le cas relevait des textes d’avant 84 qui semblent-ils ressemblaient à ceux de 2001)


                            • armand armand 29 octobre 2008 16:08

                              Consternant !

                              Ayant participé à de nombreuses commissions de spécialistes,je ne vois pas comment on peut obtenir le quorum avec seulement deux présents.

                              Mais j’ai constaté parfois de graves abus, notamment de la part de présidents ’auto-proclamés’ de la commission qui mènent le débat et imposent leurs décisions.

                              Les refus de titularisation sont rarissimes et doivent être motivées par des faits très graves (services non-faits, fautes, etc.).
                              en revanche, je sais que certaines universités de province sont d’une susceptibilité maladive en ce qui concerne les ’non-résidents’ - et, dans les faits, seule une dérogation présidentielle peut dispenser de résider sur place. Les facs bretonnes en particulier font signer un ’engagement de résidence’ à valeur légale discutable - mais la contrainte existe bien et n’a jamais été révoquée.

                              Il y a cinq ans, j’avais envisagé de candidater comme PR à Brest - la présidente de la commission m’avait informé de cette tradition et j’avais alors décidé de ne pas envoyer mon dossier.

                              Pour les personnes fragiles, qui ne sortent pas de la voie royale (ENS) le Supérieur peut être d’une cruauté extrême. Triste à dire, mais il faut parfois faire peur et taper sur la table.

                               Toute ma sympathie la plus sincère pour les proches de la victime (j’utilise à dessein ce terme).


                              • Daniel Roux Daniel R 29 octobre 2008 16:55

                                L’Université, comme l’Hôpital, est bien connu pour faciliter l’apparition de coteries et de mandarins. Ce mode de fonctionnement est hélas propre à toutes les administrations, groupes industriels et commerciaux, et en général tous les groupes où le patron laisse les petits chefs régner sans contrôle.

                                La règle dans ce cas est simple : Se soumettre ou se démettre. Dénoncer et se révolter est une gageure puisque le patron est trop faible ou indifférent ou dépassé par le poids de sa charge.

                                Reste que qu’elles que soient les circonstances, c’est toujours le patron de l’entité qui au final est le responsable (mais pas toujours coupable) du gâchis provoqué par son incompétence.

                                En ce qui concerne le suicide, les motivations y conduisant sont multiples : du choix philosophique pur au désespoir profond en passant par le coup de tête, le chantage, la punition des proches ou le renoncement, sans que telle motivation exclue l’une ou plusieurs autres. Ce qui est certain, c’est que la souffrance, le doute et souvent même, un sentiment de culpabilité retombent sur les proches et l’entourage du disparu.


                                • Hieronymus Hieronymus 29 octobre 2008 16:58

                                  Effectivement cas bouleversant
                                  j’avais deja entendu l’allocution d’Yves Michaud
                                  a la fin d’Esprit Public sur France Culture concernant cette tragedie
                                  il faut malgre tout eviter le sentimentalisme facile et de jetter trop vite la pierre

                                  a l’evidence il y a eu tout un faisceau de circonstances negatives qui ont provoque ce choc qui s’est revele etre fatal a MC Lorne, environnement mesquin voire malveillant, commission a 2 balles (2 presents), absence de notification ds les delais, on pense aux 10 jours de detresse affreuse qu’elle a du vivre entre l’annonce du refus et le moment de son tragique "passage a l’acte", affreux ..
                                  mais il n’y a helas rien d’exceptionnel a ce que les circonstances semblent parfois s’acharner contre nous, a des degres divers nous avons tous plus ou moins en memoire de tels moments d’existence ..

                                  en dehors des aspects lies a la personnalite ’fragile’ que des "bonnes" ames ne manqueront pas d’evoquer comme excuse facile, l’entourage ou l’environnement proche de la personne me paraissent toujours etre des facteurs determinants, que des personnes a la fac se soient comportes de facon pourrie apres tout rien de plus normal, on croisera toujours sur notre route des connards qu’auront decide de nous en foutre plein la gueule comme ca gratuitement, simplement parce qu’ils ne peuvent pas nous encadrer, classique !
                                  mais le plus grave et cela a du etre le cas de MC Lorne, c’est lors de cette tragedie personnelle l’absence sans doute a peu pres complete de personnes proches a la fois bienveillantes et comprehensives, qui puissent se reveler etre un antidote (ou paravent) efficace face au sort qui s’acharnait contre elle, une phrase ds le texte m’a fait tiquer : "car nul ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. "
                                  c’est justement la que reside la faille, on ne doit pas dire ou ecrire qu’il etait impossible de prevoir, chacun de nous est concerne par le sort des autres et se doit d’etre vigileant en permanence face au moindre signal de detresse qui nous est adresse, ne jamais traiter a la legere, avec desinvolture ou indifference, les plaintes svt confuses que tachent de nous exprimer les autres, car cela peut etre grave, tres grave, car apres il est definitivement trop tard ..


                                  • geo63 29 octobre 2008 17:05

                                    Comme Armand, avant ma retraite j’ai participé à de nombreuses commissions de spécialistes (sciences chimiques) et je n’ai jamais constaté de dérives. Le Président était élu normalement ainsi que le bureau. Il y avait systématiquement deux rapporteurs par dossier et un résumé du dossier était distribué à tous les membres de la commission (MCF, Pr et assimilés). Le processus était le même pour les titularisations, recrutements d’ATER ... Pour les postes de MCF, il y avait couramment cinquante candidats voire beaucoup plus. Ce qui est dit sur l’Université déliquescente me chagrine énormément, car cela ne reflète pas le sérieux que j’ai observé.
                                    Lors d’un recrutements le profil recherche et enseignement du poste avait été défini et communiqué officiellement ainsi que le laboratoire d’accueil via l’Université dans les délais requis. Rien que de très normal.

                                    Que deux personnes aient pu décider "dans leur coin" pour cette malheureuse jeune femme me paraît inconcevable.


                                    • armand armand 29 octobre 2008 17:49

                                      Sans préjuger de la légalité de la décision de cette Commission ’croupion’ de deux personnes, j’imagine très bien l’U. de Brest refuser une titularisation pour cause de non-résidence. Ce qui serait impensable ailleurs. En cause aussi, la grande pénurie de postes qui fait que de nos jours, dans certaines disciplines, on doit accepter de partir loin.


                                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 20:11

                                        Bonsoir, Effectivement, pas mal de zones d’ombres mais je pense avoir à travers des extraits de témoignage reconstitué un peu du ressort de cette affaire

                                        Quant à l’absence des membres de la commission, je me vois mal faire un procès d’intention et lancer des accusations. Je n’ai rapporté que quelques suppositions et parmi les absents, il faut séparer ceux qui sont dans la fac, connaissant ce qui se passe de près, et les membres externes comme F Longy qui est à Strasbourg et dont on peut compendre qu’elle n’ait pas fait le déplacement à Brest pour une affaire qui en général, est courante et sans surprise

                                        Pour répondre aussi à l’exigence de non résidence, il faut savoir que des milliers d’universitaires ne résident pas dans leur université d’affiliation.


                                      • Marc Bruxman 29 octobre 2008 19:30

                                        Condoléances pour cette femme

                                        Le monde universitaire est dur et il est long d’être titularisé y compris en sciences dures ou c’est pourtant réputé beaucoup plus faciles. En philo par contre rien que pour avoir une bourse de thèse c’est la mission. 

                                        L’université a pleins de planques foireuses pour ceux qui ne sont pas titularisés comme les ATER (Attachés Temporaire de l’Enseignement et de la Recherche). En gros vous faites le même boulot mais payé un salaire de misére comparativement à vos études. Tiens si une boite privée fesait ca, elle aurait surement les prud’hommes au cul... 

                                        C’est une spécificité Française. Dans beaucoup d’autres pays, la sélection se fait avant d’avoir le diplome et ceux qui l’obtiennent ont donc la reconnaissance qui va bien. Ce qui veut dire un poste et un salaire décent. Et je ne parles pas que des états unis ou de l’angleterre. Les Pays-bas et les pays scandinaves paient également leurs chercheurs correctement. Je ne parles même pas du sous-équipement ou de la lourdeure administrative imposée à certains labos. 

                                        La plupart de mes amis qui voulaient faire de la recherche ont du quitter la France. Non pas par mercantilisme comme on peut dire plus haut, mais pour avoir des opportunités de carriéres qui correspondaient à leur rêve et non à une carriére sclérosante dans l’université Française. Bien sur c’est quelque chose que l’on peut faire plus facilement à 25 ans qu’à 40. 

                                        Beaucoup de jeunes chercheurs arrivés dans l’université française découvrent d’ailleurs que souvent la Science importe peu dans leurs perspectives d’évolution. La politique par contre fait la différence. Sauf qu’en général si on choisit ce genre de carriéres c’est justement pour ne pas trop s’enmerder à faire de la politique !

                                        Il y a bien sur des labos comme l’INRIA qui ne sont pas gérés de la même façon que les labos universitaires classiques. L’ambiance et les opportunités de carriére y sont meilleures. 



                                        • armand armand 30 octobre 2008 09:16

                                          Petite précision quand même - si aux USA, par exemple, on est recruté sur un vrai emploi - et non un contrat d’un an renouvelé une fois, comme les fameux ATER (je suis passé par là aussi...) - il est extrêmement difficile d’obtenir un ’tenure track position’ qui conduit à la sécurité de l’emploi.
                                          Franchement, beaucoup de collègues américains, s’ils constatent que les salaires relatifs des universitaires français sont bas, nous envient cette sécurité.

                                          Si la malheureuse collègue avait été titularisée, elle aurait disposé de cette sécurité.


                                        • armand armand 30 octobre 2008 09:45

                                          Je préfère écarter, moi aussi, toute ’vengeance’ liée à une quelconque divergence philosophique. Et il est bon que M. Gallou rappelle que le refus de titularisation est en fait un prolongement de stage d’un an (donc il ne s’agissait en aucune façon d’une perte d’emploi). Cependant, ce type de décision est RARISSIME.

                                          Je ne vois toujours pas comment on peut tolérer qu’une commission se réunisse à deux. Dans la commission à laquelle j’appartenais avant qu’un diktat ministériel ne nous impose de nous remettre à une hypothétique ’commission de sélection’ aux modalités opaques, on a failli ne pas sièger à plusieurs reprises en raison de l’absence de quorum.

                                          Je constate aussi, de la part de plusieurs intervenants, la minimisation des discordances nées de cette satanée obligation de résidence. Bien moins médiatique, bien sûr, que d’hypothétiques chasses aux sorcières idéologiques.

                                          Autant, comme Bernard, j’estime que cette obligation, à l’heure du TGV, doit être assouplie, autant j’ai des exemples précis dans ma fac d’enseignants qui refusent d’être présents à des réunions, ou qui insistent pour que leur service soit limité à un jour. Une collègue, en particulier, refuse tout déplacement pour participer à des jurys de Master, estimant qu’elle n’a pas à passer cinq heures dans un train pour ça. Mais comme elle est, paraît-il, femme de député...

                                          La politique chez nous a toujours été de ne pas croiser le fer avec les enseignants courant-d’air, le remède étant pire que le mal. Mais, comme je l’ai précisé plus haut, les facs bretonnes sont particulièrement vigilantes sur ce point - que M. Gallou nous confirmera peut-être. De plus, on attend d’un stagiaire, comme de tout employé en période d’essai, une certaine exemplarité (n’ayant pas toutes les informations, rien ne prouve que Mme Lorne ne l’ait pas été, bien sûr).

                                          Reste une grande méconnaissance du sujet. Les procédés de sélection et de titularisation sont lents et difficiles : j’a passé passé six ans comme chargé de cours, ATER, enseignant associé, avant d’obtenir un poste de MC, essuyant plusieurs refus. Curieusement, passer PR m’a semblé beaucoup plus facile. J’ai connu plusieurs collègues plus fragiles qui ont abandonné, eu des dépressions, stagné sur des postes de détachés du secondaire (PRAG).

                                          De plus, une des bizarreries du système français veut que l’élection à un poste, potentiellement à vie, repose sur un entretien de quinze minutes, là où, aux USA, on passe la journée entière avec le département, répondant à des questions, faisant un cours, posant ses propres questions. Cette faiblesse inexpliquée, épinglée par un rapport sénatorial d’il y a dix ans, n’a jamais été visée par la moindre réforme.


                                        • vincent p 29 octobre 2008 20:42

                                          Ne soyez plus vous mêmes tout devient si conditionné de nos jours pour des personnes de pouvoir, parfaites !


                                          • zeugma zeugma 29 octobre 2008 21:39

                                            Précision clinique : l’article repose sur le postulat implicite (il était même EXPLICITE dans une première version du titre, heureusement corrigé !) qu’une personne se suicide en fonction d’événements CONJONCTURELS : certes, ils peuvent en être le CATALYSEUR, mais les RACINES PROFONDES d’un tel acte sont bien plus lointaines : des dizaines d’années, voire... plusieurs générations, dont chacune transmet cette quasi injonction à prendre congé.
                                            De plus, les décisions de suicide correspondent à des systèmes "d’hystérisation" : le scénario qui "passe pour insupportable" ne l’est que parce qu’il fait écho, dans la fantasmatique de la personne, ANALOGIQUEMENT, à une autre situation "non traitée", qui n’apparaît qu’après transformations complexes (déplacement / condensation / symbolisation).
                                            Il est donc NON-JUSTE (au triple sens de l’exactitude, de la musique et de la Loi !) de corréler une situation Institutionnelle & une telle décision.
                                            Seule l’Histoire personnelle de cette dame -inconnue, et dont nous n’avons pas à connaître !- peut, si quelqu’un s’en donne la peine, montrer les ANALOGIES, les métonymies subtiles (manque de "narcissisation" archaïque sinon dans le domaine Performatif ? destin familial des Femmes ? etc...,la Clinique nous dit une bonne douzaine d’hypothèses......)
                                            Bref, de la prudence !!!!


                                            • JJ il muratore JJ il muratore 30 octobre 2008 10:06

                                              @Zeugma : merci pour votre appel à la prudence ! Mais depuis toujours, hélas, quand survient un évènement douloureux ET incompréhensible le peuple crie : il nous faut un coupable ! C’est ici, encore le cas où l’intolérable suicide fait se précipiter -sans preuve et sans procès- dans la désignation de l’Université, l’autre dans tel courant de la philosophie (!) ou de tel individu comme coupables...C’est la meute archaïque qui se met en chasse avec le goût du lynchage.
                                              Il n’y a aucune différence entre les procés en sorcellerie et ces attitudes. Ecce homo !


                                            • Hélène 29 octobre 2008 22:09

                                              Bonsoir,

                                              Je suis consternée par ce qui s’est passé. Travaillant dans l’industrie, je pense immédiatement à la vague de suicides qu’il y a eu ces derniers temps dans les entreprises. La plupart du temps le manque de reconnaissance du travail accompli et des compétences par la hiérarchie y est pour beaucoup.

                                              Depuis 20 ans que je travaille, il y a eu 3 suicides dans mon entreprise. Cela a été extrêmement traumatisant pour tous les salariés. Pensez-vous que l’encadrement en a tiré une leçon ? Non, nous sommes toujours considérés commes des pions interchangeables. Cela revient à nier complètement notre savoir et notre expérience. C’est parfois très très difficile à vivre.

                                              Pour compléter le tableau, nous sommes évalués tous les ans comme à l’école. Comme il n’est pas question d’augmenter tous les salariés, il faut que l’encadrement trouve des "mauvais". Les supérieurs hiérarchiques sont devenus des champions pour vous prouver par a+b que vous ne travaillez pas correctement.

                                              Pour terminer, il y a un profond malaise dans notre société où tout est basé sur l’individualisme. Ces chercheurs, qui ont refusés la titularisation de Marie-Claude Lorne, ont sans doute eu très peur qu’elle leur fasse de l’ombre. Ils risquaient de perdre leur statut. Leurs recherches continueraient-elles à être aussi bien financées ? Allez savoir, ce qui a motivé leur décision !


                                              Pour conclure sur une note d’espoir : actuellement, certaines entreprises mènent une enquête sur les risques psyco-sociaux. Une prise de conscience s’amorce donc. Espérons que cela aboutira rapidement et sauvera des vies.

                                              Cordialement
                                              Hélène


                                              • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 22:25

                                                Dernière info, j’ai reçu ce mail dont je copie un extrait. Cette affaire semble bien complexe mais le soupçon porte maintenant sur Pascal David, qui est le président de la commission et qui si j’extrapole correctement (ce qui n’est pas garanti), semble régner en tyran sur cette URF.

                                                Ce que vous soutenez est absolument faux pour ce que j’en sais.
                                                Marie-Claude nous a dit explicitement, lorsque nous l’avons croisée
                                                pendant l’année, que tout allait bien et qu’elle ne se faisait pas de
                                                soucis pour sa titularisation. De fait, le directeur de son UFR avait émis
                                                un avis favorable, ce qui normalement conduit presque automatiquement à la
                                                titularisation. Je veux bien être un monstre égoïste, mais pourquoi
                                                aurais-je donc laissé tomber une amie de 20 ans, que j’ai toujours soutenu
                                                du mieux que je pouvais, si j’avais pu avoir le moindre doute à ce sujet ?

                                                Vous avez parfaitement raison en revanche lorsque vous parlez de “secret”
                                                 : le président de la commission n’a prévenu personne de ses intentions,
                                                pas même l’intéressée, et n’a averti personne de la décision de la
                                                “commission” réduite à deux membres.

                                                Marie-Claude a été prévenue de sa non-titularisation le 14 septembre, ou
                                                quelques jours avant. Elle m’a immédiatement appelé. Le 14, elle a
                                                également contacté quelques amis universitaires proches, ainsi que JC
                                                Bardout, qui avait été son collègue à Brest et qui était vice-président de
                                                la commission, mais absent le 13 juin. A la suite de ces contacts, elle
                                                avait pris rendez-vous avec un syndicat de Brest (elle a même rencontré un
                                                membre de ce syndicat), et nous lui avions conseillé de voir le Président
                                                puis de faire un recours au CA, ce qui était encore possible jusque début
                                                octobre. JC Bardout a d’ailleurs écrit très vite une lettre de soutien
                                                très ferme, que j’ai reçue le 23 septembre, soit bien avant que la
                                                disparition de Marie-Claude soit connue et le lendemain de son geste.

                                                Ce n’est donc pas longtemps après son geste que nous avons commencé à
                                                l’aider, mais le 14 septembre, le jour même où elle a été prévenue par
                                                courrier de sa non-titularisation.
                                                Si Marie-Claude s’est suicidée, ce n’est pas parce qu’elle n’était pas
                                                soutenue — elle l’était, et par plusieurs personnes — ni parce qu’elle
                                                pensait que son recourt n’avait aucune chance d’aboutir — elle était
                                                parfaitement informée sur ce point — mais parce qu’au moment de la
                                                rentrée, elle ne supportait pas l’idée de devoir affronter de nouveau
                                                Pascal David. Elle redoutait — ce sont les termes de la lettre qu’elle
                                                nous a laissée — de devoir travailler dans “un climat de travail hostile”.
                                                Ce n’est pas un hasard si elle s’est suicidée le jour où elle devait
                                                retourner à Brest pour la reprise des cours.


                                                J’ajoute à cette précision une quatrième de couverture d’un livre de Pascal David sur Schelling. Il est est question de liberté océanique. Que penser . La fascination d’un universitaire pour la toute puissance, comme un certain A plus tard dans la patrie de Schelling et un certain GW en Irak ? Je laisse en suspens cette enquête, attendant d’autres indices. Et ma conclusion provisoire, l’oeuvre divine, accomplie par la volonté humaine dans cet espace insulaire ne serait-elle pas oeuvre au noir ? Un suicide ? N’est-ce pas la conclusion de cette affaire Monsieur Pascal David. Vous qui devenez maintenant au centre de cette affaire, la parole vous est offerte

                                                La relation de l’Absolu et de l’histoire a pu être qualifiée à bon droit de " problème schellingien par excellence ".
                                                Schelling a très tôt conçu la philosophie comme une confrontation avec l’Absolu, rouvrant l’espace insulaire, dans lequel Kant l’avait circonscrite, à une liberté océanique, au " libre océan de l’Absolu ", que réverbèrent, à leur façon, le poème de la Nature et le " miracle de l’Art ". Mais ce que les premiers écrits de Schelling ne laissaient pas entièrement prévoir, c’est l’inscription, en cet Absolu, d’une historicité s’insinuant entre l’Absolu et le fini.
                                                Avant cette histoire de l’Absolu que se voudront les Ages du monde, dans un horizon temporel, le concept d’ " absoluité dérivée ", élaboré par les Recherches de 1809, aura transité de la " liberté absolue " à cette liberté humaine qui a pour ancrage et répondant un Dieu vivant. C’est à cette dernière philosophie, tout entière posthume, qu’il sera réservé d’orchestrer, du " procès exotérique " de la Mythologie à l’ " histoire intérieure " de la Révélation, dont la philosophie culmine en une christologie, le thème d’une " histoire supérieure ", voire suprahistorique, qui fait dépendre de " la volonté libre de la créature " le destin de toute l’œuvre divine.


                                                • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 22:48

                                                  Mail adressé à

                                                  Pascal.David@univ-brest.fr


                                                  Bonsoir

                                                  Vous êtes cité en tant que président de la commission de spécialistes dans le cadre
                                                  de la non titularisation de Mme Lorne qui semble-t-il a conduit à son suicide

                                                  Quel est votre version de cette affaire ?

                                                  Bien cordialement

                                                  Bernard Dugué


                                                • Pierre 29 octobre 2008 23:25
                                                  Merci à vous Bernard de nous avoir informé de cette histoire terriblement triste.
                                                   
                                                  J’ai été universitaire et enseignant en philosophie pendant de longues années. On peut dire très généralement que dans les pays occidentaux la discipline est divisée, depuis des décennies, en deux camps : celui de la philosophie analytique et celui de la phénoménologie. La philosophie analytique, dont les origines remontent aux travaux logico-sémantiques du logicien allemand Gottlob Frege (1848-1925) et qui se déploie dans les travaux de Bertrand Russell, Ludwig Wittgenstein, John Austin et John Searle, pour ne citer que quelques représentants de cette tendance, est essentiellement une philosophie du langage, c’est-à-dire de ses dimensions sémantiques, syntaxiques et pragmatiques, tous des phénomènes parfaitement publics. La phénoménologie, en revanche, dont la paternité revient au philosophe allemand Edmund Husserl (1859-1938), est d’abord une philosophie de la conscience et de ses contenus (quoiqu’elle subisse un infléchissement pratique dans l’ouvrage principal de Martin Heidegger, L’être et le temps (1927), pour devenir fortement historisante dans les travaux du second Heidegger), phénomènes à caractère plutôt privé.
                                                   
                                                  En France, la phénoménologie, particulièrement dans sa version heideggérienne, a dominé la scène depuis Levinas, Sartre, et Merleau-Ponty ; on citera Jean-Luc Marion, Jocelyn Benoist, Jean-François Courtine, Françoise Dastur, Renaud Barbaras comme des représentants contemporains de cette tendance. La pratique de la philosophie en France se distingue par son provincialisme : elle a mis des décennies et opposé grande résistance à se familiariser avec les acquis de la philosophie analytique et de la logique moderne, sans compter les leçons de la sociologie de Max Weber et celles, en philosophie politique, d’un auteur éminemment français tel que Alexis de Tocqueville. On trouve maintenant des philosophes en France qui maîtrisent la philosophie du langage et la logique, tels Jacques Bouveresse, Vincent Descombes, François Récanati, Sandra Laugier, Pascal Engel, Pierre Wagner ou Joëlle Proust. Il reste cependant un fond non négligeable d’animosité et de mésentente entre les deux camps. Les philosophes qui lisent, relisent et commentent Husserl et Heidegger éprouvent beaucoup de peine à comprendre la différence entre la logique aristotélicienne et la logique de type frégéenne, les innovations conceptuelles, la portée et la pertinence philosophiques de la philosophie du langage de type analytique.
                                                   
                                                  Etant donné cette situation, on se demandera naturellement si cette inimitié et les préjugés qui l’accompagnent chez les phénoménologues ont joué un rôle dans la décision de refuser la titularisation à Marie-Claude Lorne, qui manifestement était un esprit qui avait réussi à se déprendre du provincialisme philosophique.

                                                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 octobre 2008 23:38

                                                    Vous placez le niveau sur une autre dimension et j’avoue ne pouvoir vous répondre. Je sais que MC Lorne a publié un article critique sur la naturalisation de l’esprit, visant les positions de Dretske et par ricochet sans doute, le socle établi par Fodor et Churchland. Mais je ne fais qu’intuiter, je ne connais pas ses travaux. C’est une vaste perspective que vous soulignez. Et pour vous dire mon avis de philosophes, les deux camps, analytiques et phénoménologiques, sont parvenus à une saturation, un peu comme la scolastique médiévale en son temps. Le grand basculement va se produire, avec les acquis de la physique quantique et des sciences du vivants, plus le retour de Plotin sur la scène métaphysique, et d’Ibn Arabî et j’en passe. Un bouleversement comparable à celui qui vit notre modernité naître.


                                                  • Pierre 30 octobre 2008 00:31

                                                    Ce que je vais dire ici présuppose et ma première intervention et les révélations du post de Bernard de 22H25, tous les deux ci-dessus.

                                                    Voici ce qu’on peut lire sur Pascal David sur le site de Wikipédia :

                                                    "Pascal David
                                                    (né en 1956) philosophe, germaniste et traducteur français. Il est professeur à l’Université de Brest.

                                                    Spécialiste de Schelling, traducteur d’ouvrages de Martin Heidegger, Walter Friedrich Otto, Johannes Lohmann, Franz Brentano, Werner Beierwaltes, Friedrich Nietzsche, Hannah Arendt et Hans-Georg Gadamer, il compte parmi les défenseurs français de Heidegger avec, notamment, François Fédier.

                                                    Il compte parmi les auteurs d’un collectif sur Heidegger intitulé Heidegger à plus forte raison écrit en guise de réaction à [1] Heidegger, l’introduction du nazisme en philosophie d’Emmanuel Faye. Les Éditions Gallimard ont finalement renoncé à la publication de l’ouvrage, sans doute pour éviter d’éventuelles poursuites car les compétences d’interprète et de lecteur du fils de Jean-Pierre Faye étaient mises en doute par les auteurs (François Fédier, Pascal David, Marcel Conche, Gérard Guest, etc.)

                                                    En 2000, Pascal David dirige un hommage à François Vezin, puis un autre à Jean-François Marquet (2003), deux autres spécialistes de Heidegger."

                                                    Il s’avère donc que Pascal David est non seulement un des nombreux épigones français de Heidegger, mais aussi qu’il fait partie de l’aile droite de la mouvance heideggérienne française (celle qui se regroupe autour de François Fédier, un homme fanatiquement dévoué à Heidegger ), qu’il fait donc partie des apologistes de l’engagement nazi de Heidegger, qu’il représente une forme de pensée qui va à l’encontre des Lumières et que cet obscurantisme ne pouvait que l’opposer à la forma mentis ouverte et rationaliste (au sens large du terme) qu’incarnait Marie-Claude Lorne. 
                                                     

                                                     


                                                    • Pierre 30 octobre 2008 02:02
                                                      Dans sa dernière intervention, Bernard me semble dire trois choses distinctes :
                                                       
                                                      1. « Je sais que MC Lorne a publié un article critique sur la naturalisation de l’esprit, visant les positions de Dretske et par ricochet sans doute, le socle établi par Fodor et Churchland. Mais je ne fais qu’intuiter, je ne connais pas ses travaux. C’est une vaste perspective que vous soulignez.
                                                      2. Et pour vous dire mon avis de philosophes, les deux camps, analytiques et phénoménologiques, sont parvenus à une saturation, un peu comme la scolastique médiévale en son temps.
                                                      3. Le grand basculement va se produire, avec les acquis de la physique quantique et des sciences du vivants, plus le retour de Plotin sur la scène métaphysique, et d’Ibn Arabî et j’en passe. Un bouleversement comparable à celui qui vit notre modernité naître. »
                                                       
                                                      Je vais répondre aussi brièvement que possible (car le premier point pourrait se discuter en entrant dans passablement de détails).
                                                       
                                                      1. Le fait que Lorne ait critiqué l’interprétation de la conscience ou de l’esprit mise en avant par Fred Dretske ne signifie pas qu’elle aurait renoncé aux acquis de la philosophie analytique du langage, de la logique mathématique (celle qui remonte a Frege, donc) et de la méthodologie qui les caractérise. John Searle ne partage aucunement le matérialisme hyper-réductif et la thèse computationnelle de Patricia Churchland (aux yeux de laquelle la conscience n’existe pas, un point c’est tout), mais il n’en reste pas moins un philosophe analytique (il a maintes fois défendu le caractère sui generis, irréductible, des phénomènes sémantiques). En bref, donc, il y a amplement de place dans le paradigme analytique pour toutes sortes de désaccords, comme il y a d’ailleurs de multiples désaccords au sein du camp phénoménologique (qu’on se souvienne, par exemple, de la polémique engagée il y a quelques années par Dominique Janicaud).
                                                       
                                                      2. Même si vous aviez raison sur la prétendue saturation des deux domaines, cela ne changerait pas l’hypothèse que j’ai proposée, car elle décrit un état de choses qui caractérise encore bien des départements de philosophie et informe bien des mentalités qu’on y côtoie.
                                                       
                                                      3. Bien que je concède naturellement que la physique quantique et la biologie moléculaire constituent des acquis scientifiques fondamentaux, bien qu’il soit possible que ces acquis aient des incidences sur le contenu futur de la philosophie et que Plotin retrouve une certaine pertinence philosophique, ainsi que les autres choses que vous envisagez, vous conviendrez que cela concerne un avenir hypothétique plutôt que l’état de choses présent et des décennies du siècle passé que j’ai évoqué dans mon post. 

                                                    • Apo. 30 octobre 2008 02:16

                                                      "Ce forum est un espace de débat civique et civilisé"
                                                      Je commencerai par remercier tous ceux qui dans ce "débat" ont adopté jusqu’ici une attitude civique et civilisée, mais comme ce n’était déjà pas le cas sur l’Agora d’Athènes, il semblerait qu’une telle attitude ne puisse indéfiniment être respectée par tout le monde.
                                                      Connaissant pour ma part assez bien la question, et les détails d’une partie du drame qui a abouti à l’acte tragique de Marie-Claude Lorne, je me suis toujours refusé à entrer dans la mêlée et à jeter des anathèmes sur tel ou tel des acteurs de ce sinistre drame. Je tiens par ailleurs, comme d’autres, à laisser une part d’interrogation sur le motif d’un suicide, d’autant que je n’ai pas eu connaissance du mot laissé par Marie-Claude, ce qui ne veut pas dire que j’en conteste a priori le résumé que d’autres en font.
                                                      Les obsèques de Marie-Claude auront lieu ce jeudi matin et je ne pourrai m’y rendre : j’ai appris bien trop tard la date et l’heure pour qu’il me soit possible de faire le trajet depuis Brest et d’être à Versailles ce matin. Ma pensée va à ses proches et amis qui ont connu l’angoisse puis l’affliction depuis maintenant plus d’un mois.
                                                      Pour honorer sa mémoire, je souhaiterais en appeler à une seule exigence, celle de la vérité, qui se distingue de l’opinion, du pseudo-savoir, de l’ignorance triomphante. L’ayant côtoyée une année durant au sein du département de Philosophie que je préside, j’ai eu le temps sinon de la connaître, du moins de percevoir chez elle ce persistant désir du vrai qui, en principe, anime toute personne concernée par la philosophie.
                                                      Je tiens donc, sans esprit de vengeance ou goût du sang, à rétablir quelques vérités factuelles, dans la mesure où je les connais sans risque de me tromper :
                                                      — A l’Université de Brest (UBO), il n’y a pas une UFR de philosophie, mais un simple département, appartenant à l’UFR Lettres et Sciences Humaines. J’ai l’honneur de présider ce département, je puis donc attester qu’aucun collègue n’y règne en "tyran" comme j’ai pu le lire plus haut, sauf à supposer que je sois ignorant de celle-ci ou pire, son complice. Je précise qu’au moment de rédiger, en tant que Président du Département, un rapport sur les activités d’enseignements de ma collègue, je n’ai subi aucune pression d’aucune sorte et que les mots que j’ai employés sont tous de ma plume.
                                                      — Concernant la procédure, je n’ai pas qualité à rendre compte du déroulement d’une commission de spécialistes dont je ne suis pas membre. Je suis en revanche tout à fait en mesure d’affirmer que la décision prise consistait, contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, en une prolongation de stage pour un an, et non pas en un renvoi définitif. Je n’ai aucune raison de formuler une quelconque hypothèse sur le rapport entre cette décision de prolongation de stage et les conclusions que Marie-Claude en a tirées. Les faits, tragiques, sont là, ils parlent d’eux-mêmes sans que je me sente aucune compétence particulière pour donner un avis.
                                                      — Compte tenu des informations dont je dispose, je puis confirmer que Marie-Claude Lorne disposait du délai légal (qui commence à courir au moment de la réception de la notification de la décision de la commission) pour faire appel de cette décision devant le Conseil d’Administration de l’Université, et qu’elle avait entamé des démarches et pris des contacts en ce sens. J’étais informé de ces contacts et m’en voudrai toujours d’avoir hâtivement considéré qu’ils aboutiraient de manière normale.
                                                      — Le Département de Philosophie, étudiants comme enseignants, a ressenti ce drame avec une grande acuité et pour ce que j’en sais, une grande dignité. A ce jour, il nous a été tout simplement impossible d’entrer en contact avec la famille de Marie-Claude et j’espère, à titre personnel, que cela pourra se faire prochainement.
                                                      Voilà pour ma part de vérité. Je ne puis cependant terminer ce message sans attirer l’attention des participants à cette discussion sur une dérive grave et à mes yeux encore plus détestable qu’elle finit par rejoindre ce qu’elle prétend dénoncer. En effet, les derniers messages publiés constituent ce qu’il faut bien appeler une chasse à l’homme, une chasse aux sorcières, un jugement complètement arbitraire d’autant plus facile à rendre que ceux qui l’expriment le font à partir de simples "on-dit" et le plus souvent sous couvert d’un anonymat bien confortable. Ce goût atroce du grand déballage et de l’anathème public fait monter en moi un immense dégoût, surtout quand il ose porter le masque des "bons sentiments" ou de la "noble colère". C’était pour éviter qu’on en vienne à de telles bassesses, complètement indignes de toute forme de philosophie, que j’avais souhaité jusqu’ici garder le silence. Cela ne me paraît plus possible aujourd’hui, la vindicte publique s’érigeant en Accusateur au-dessus de tout devoir de décence, mais, désolé pour ceux qui n’attendent que ça, je ne dirai jamais rien qui puisse intenter à l’honneur ou à la réputation d’un quelconque "acteur" de cette si dramatique histoire.
                                                      Je rendrai compte de mes interventions devant le Conseil du Département de Philosophie, devant la directrice de mon UFR et devant le Président de mon Université, que je soutiens par ailleurs dans toutes les démarches entreprises jusqu’ici en rapport avec cette "affaire".
                                                      Matthieu Gallou
                                                      Président du Département de Philosophie
                                                      Université de Bretagne Occidentale (Brest).








                                                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 octobre 2008 11:11

                                                      Merci tout cette précision Monsieur Gallou.

                                                      Effectivement, il y a eu quelques excès mais en pareille situation, c’est tout l’honneur des citoyens que d’être offusqué et vouloir qu’il y ait quelques jugements, ne serait-ce que moraux.

                                                      J’ai pris note de vos précisions et viens ce jour d’effectuer une mise au point compte-tenu des informations qui ont eu quelque mal à sortir.

                                                      Vous prétendez défendre l’honneur de tous les acteurs dans cette affaire. C’est tout à votre honneur de chevalier de l’université. Je me permets juste de préciser une chose. S’agissant des deux membres de la commission qui ont refusé la titularisation de Mme Lorne, précisez-moi quel est honneur que vous défendez. Pour ma part, je ne vois pas où honneur il y a !

                                                      Pour le reste, j’ai disons un peu vrillé dans les sens. La vertu et la république, la peur et la tyrannie, Montesquieu évidemment. Mais la tyrannie, où se cache-t-elle ?


                                                    • Pierre 30 octobre 2008 03:59

                                                      Remarquons que Matthieu Gallou, le président du département de philosophie de l’Université de Bretagne Occidentale (Brest), donne lui aussi dans l’apologie de Heidegger, en compagnie d’ailleurs de ses amis François Fédier et Pascal David. Je vous invite à vérifier cela sur le site http://parolesdesjours.free.fr/scandale.htm#David,

                                                      où vous pourrez d’ailleurs lire sa lettre à Télérama  « Tu quoque… ou la dictature du « on » ». De Heidegger, Gallou nous décline les poncifs habituels, que c’est « l’un des penseurs les plus importants du 20ème siècle », « un penseur […] décisif ». Il nous avoue même qu’à ses yeux l’engagement national-socialiste de Heidegger (ce que Heidegger appela « grosse Dummheit », sa grosse bêtise (un propos Gallou ne manque bien entendu pas de citer) – rien que ça !) qui resta membre du parti nazi jusqu’à la fin de la guerre (mais, oui, Monsieur Gallou, ces choses doivent être rappelées) est une chose qui se discute  « entre lecteurs attentifs de l’œuvre, entre historiens consciencieux, plus sensibles à leur devoir d’intelligence qu’à leur appétit de notoriété ou de scandale, bref entre hommes qui osent dire « je » ! » : ce n’est pas l’affaire de la racaille.

                                                       

                                                      • Pierre 30 octobre 2008 04:08

                                                        Correctif à mon post précédent :
                                                        un propos que Gallou ne manque bien entendu pas de citer


                                                      • Zenon Zenon 30 octobre 2008 06:51

                                                        Merci pour cet article,

                                                        Toutes mes condoléances aux proches de cette philosophe.

                                                        A vous lire cette personne était une passionnée, un de ces êtres qui ne cherchent pas l’argent ou la gloire, mais la poursuite de la connaissance. Le système universitaire, pour l’attribution de postes, est souvent relations de copinage, jeu d’influences, politique. Comme il en a toujours été des institutions humaines finalement.

                                                        Trop humaines sans doute pour ceux qui vivent pour la recherche et ne sont pas préparés à lutter dans ces dimensions trop humaines de l’existence.

                                                        Ces personnes ont une attente gigantesque et un soucis extrême de la justesse de la pensée, de l’honneteté intellectuelle.
                                                        .
                                                        Notre université peut elle encore acceuillir et respecter ces personnes ? je ne le pense pas. Je ne veux pas blâmer les hommes, ils suivent un mouvement qui les dépasse. Voilà un moment maintenant dans notre pays que la pensée, si elle n’est pas médiatisée, simplifiée, vendue sous papier glacée ne séduit plus, n’interesse plus. Si ce n’est pas rentable, quel intérêt ? Nous devrions protéger ces personnes sans qui la connaissance ne progresse pas.

                                                        Etre jeune chercheur en France, quel que soit le domaine, c’est un sacerdoce, choisir de vivre chichement, sans reconnaissance, seulement dans l’amour de l’enseignement et de la recherche.

                                                        En philosophie, enseigner est une partie esentielle de la chose. Travailler et penser l’esprit, c’est être en contact et tranmettre aux autres.

                                                        En lui refusant toute capacité à enseigner, cette jeune pilosphophe a pris de plein fouet ce refus de la société à reconnaître ce qu’elle était. Niant sa passion. Niant son être.

                                                        Quel grand gâchis.

                                                        Une fois encore, toutes mes pensées à ses proches.




                                                        • Zenon Zenon 30 octobre 2008 09:40

                                                          correctif à mon commentaire :
                                                          Je viens de parcourir plus précisément les suites de commentaires :

                                                          - Il ne semble pas que la commission en question lui ai refusé "toute capcité à enseigner" comme je l’écrivais un peu vite sous le coup de l’émotion.


                                                          - Je ne vois pas très bien ce que vient faire le débat sur Heidegger ici. Les attaques de Pierre contre M Gallou me semblent déplacées.
                                                          Est ce le lieu pour condamner de la sorte les réflexions et les travaux de ces personnes ?
                                                          Est ce le lieu pour condamner Heidegger ? vous mélangez tout je crois.


                                                          - Désigner un responsable ou un coupable dans cette tragédie me semble déplacé. AV n’a pas vocation à se transformer en tribunal que je sache.




                                                        • Pierre 30 octobre 2008 10:35
                                                          A Zénon,

                                                          Je vous prie de lire mes interventions du 29 octobre 13H25 et du 30 octobre 00H31, ci-dessus, afin de voir en quoi mes remarques sont pertinentes. Il s’agit de philosophie, donc d’idées et de positions prises par rapport à certains phénomènes. Les gens qui pratiquent la philosophie, comme n’importe quel genre d’érudit ou d’intellectuel au sein de l’université, forment des camps, des mouvances, des communautés avec certains intérêts idéologiques qui souvent s’opposent les uns aux autres, et parfois, même souvent, se rendent la vie impossible (au figuré et, malheureusement, parfois littéralement).

                                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 octobre 2008 10:42

                                                          Allez, évitons que cette discussion parte en vrille. L’affaire Heidegger est un autre sujet. J’envoie un papier pour une mise au point


                                                        • Pierre 30 octobre 2008 16:30
                                                          Ce n’est pas l’affaire Heidegger qui m’intéresse, ce sont certains professeurs de philosophie qui passent leur temps (encore en 2005, après toutes les révélations sur les bassesses du philosophe de Messkirch !) à ergoter sur le passé nazi de Heidegger, et surtout ce qu’un tel état de fait nous dit sur eux et leurs engagements philosophiques et idéologiques.

                                                          Est-ce une simple coïncidence que Pascal David, le directeur de la commission, et Matthieu Gallou, le président du département de philosophie, soient les deux des heideggériens de droite et que Marie-Claude Lorne redoutait particulièrement le premier ? Le fait que Marie-Claude Lorne ait eu la possibilité de continuer d’enseigner à Brest, mais qu’elle a néanmoins choisi de quitter cette vie me semble donner encore plus de poids à l’hypothèse d’un différend idéologique.

                                                          Si cela ne vous intéresse pas, Bernard, c’est naturellement votre choix, mais il se peut que cela intéresse d’autres personnes.

                                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 octobre 2008 17:32

                                                          Mais si Pierre, je trouve vos remarques très intéressantes.

                                                          On reconnaît chez Gallou une sorte de culte de la hiérarchie, quant à David, lisez plus haut l’évocation sybilline suite à un texte portant sur Schelling. Tout cela m’intéresse en effet mais je ne veux pas faire d’allégations sans preuve. Je ne viens que d’entrer dans cette histoire et d’ailleurs, j’ai fait une mise au point parue ce jour


                                                        • JJ il muratore JJ il muratore 30 octobre 2008 18:38

                                                          @Pierre. Et vous l’expliquez comment le fait que cette ’différence idéologique’ ait pu conduire une personne-qui plus est philosophe- au suicide ? Il y a comme un reliquat du questionnement qui ne veut être pris en compte ches vous. Un comble pour un... philosophe !
                                                          Comme quoi entre prof de philo et philosophe il y a le même écart qu’entre historien de l’Art et artiste.
                                                          Pfff !


                                                        • Pierre 31 octobre 2008 00:30
                                                          A JJ il muratore,

                                                          Avant de faire le malin et de vous poser en instance qui décide qui est simplement prof de philosophie et à qui, au contraire, revient le titre de philosophe (un poncif vexatoire dont les potaches sont friands), vous pourriez peut-être d’abord apprendre à lire correctement : j’ai parlé d’un différend idéologique, non pas d’une différence.
                                                           
                                                          Cela dit, votre question témoigne encore une fois de votre condition de potache, car vous n’avez manifestement pas encore pris connaissance du fait qu’il y a des rapports et des effets de pouvoir (des effets de la hiérarchie) à l’intérieur d’une institution telle que l’université, effets qui viennent justement surdéterminer les différences philosophiques et donnent lieu à des différends.


                                                           

                                                        • Pierre 31 octobre 2008 00:34

                                                          A Bernard,

                                                          Fort bien, je comprends et je respecte votre réserve.


                                                        • JJ il muratore JJ il muratore 31 octobre 2008 10:03

                                                          @ Pierre. Je tiens à vous remercier de m’avoir rappelé (!) que des différences peuvent tourner à l’aigreur du différent. Quant aux arguments d’autorité que vous apportez je ne peux que les applaudir et m’y soumettre. Sachez en outre que j’en apprécie particulièrement le ton qui révèle chez vous un talent certain et suffisant pour être un excellent Commissaire Politique. Que votre Hauteur Professorale soit assurée de mon humble soumission.


                                                        • Pierre 1er novembre 2008 16:38
                                                          A il muratore,

                                                          Ne vous en faites pas trop, mon cher, vous serez bientôt professeur. Je vous vois déjà en train de déclamer, mettons, du Nietzsche à vos élèves. C’est beau, Nietzsche, n’est-ce pas ?
                                                           
                                                          (‘différend’, mon petit, non pas ‘différent’)
                                                           

                                                        • fouadraiden fouadraiden 30 octobre 2008 08:12

                                                           
                                                          si seulement nous avions eu accès à sa lettre. ... sans doute aurions -nous eu l’impression de mieux comprendre.


                                                           se suicider à " cause" d’un échec professionnel . quelle tristesse.comment une philospohe "brillante" a t elle pu succomber à cela !





                                                           


                                                          • Pierre 30 octobre 2008 10:19

                                                            J’ai été l’un des professeurs de khâgne de Marie-Claude. A 20 ans, elle était déjà un esprit brillant et puissant. C’était aussi une jeune fille grave, parfois sombre, exigeante. Je conserve d’elle un souvenir très marquant. J’ai appris hier sa disparition, par hasard, d’un ancien khâgneux et j’en suis bouleversé. J’ai déjà perdu ainsi plusieurs anciens étudiants, parmi les plus brillants. Je regrette de ne pas savoir où a lieu ce matin la cérémonie. L’Université de Brest, que j’ai moi-même connue autrefois, a fait une perte immense. Pierre.


                                                            • 3°oeil 30 octobre 2008 10:25

                                                              On ne sait jamais pourquoi les gens se suicident,et ils ne le font jamais avec raisons.
                                                              La goutte de trop...


                                                              • Emma 30 octobre 2008 11:38

                                                                Je suis profondément touchée par ce drame.

                                                                En effet , soyons prudent sur les faits mais ne négligeons pas tous les aspects à prendre en compte pour expliquer un tel drame. De même, ne nous contentons pas de rapporter cela à la seule dimension individuelle.

                                                                Certes, la dimension psychanalytique peut apporter des éléments de réponses et, parfois des solutions aux dysfonctionnements d’un individu, mais ne négligeons pas les dysfonctionnements organisationnels tant publiques que privés ! Le mal être organisationnel est à resituer également dans un contexte sociétal global, si nous voulons être complet.

                                                                Le suicide, les différents types de harcèlement, les différentes assuétudes... lié au contexte travail sont les preuves de ces dysfonctionnements. Une prise de conscience et différentes actions se mettent en place à diiférents niveaux. Il est important que l’ensemble des acteurs concernés par le monde du travail se mobilisent pour donner la priorité à ce mal être.
                                                                Réfléchissons également aux conséquences coûts , rentabilité occasionnés par ces dysfoncrionnements puisque le" faire semble primer sur l’être".

                                                                Prenons nos reponsabilités, arrêtons de les fuir , ayons le courage de dire les choses qui ne nous paraissent pas fondées, dépassons nos peurs respectives, trouvons des compromis avant que d’autres drames comme celui-là, ceux là... se produisent. 

















                                                                 


                                                                • Krokodilo Krokodilo 31 octobre 2008 11:02

                                                                  Le suicide est un drame, mais comme dit Daniel R, le mandarinat et les coteries, tout un système de relations humaines, cela existe dans la plupart des branches. Les jeunes loups qui attendent la place des anciens sclérosés, c’est aussi vieux que l’humanité. En médecine aussi, de nombreuses personnes brillantes n’ont pas su plaire au chef de service, ou n’ont pas eu la patience d’attendre qu’une place d’agrégé se libère et ont dû soit changer de spécialité, soit trouver leur place ailleurs, dans une autre ville ou dans le privé. Car il y a aussi cette simple réalité : le nombre de postes est partout limité, dans tous les domaines ; on ne peut augmenter sans cesse le nombre de facultés de médecine ou d’universités… comme cela a été le cas à une époque. L’idéal serait naturellement que les postes les plus prestigieux aillent aux plus brillants, mais comment l’organiser ?


                                                                  • esj 1er novembre 2008 10:08

                                                                     Je viens de lire cet article et tous les messages consacrés à cette histoire tragique. Bien que j’ai une profonde aversion pour les sectateurs d’Heidegger, je crois qu’il faut éviter de chercher des boucs-émissaires car notre premier souci doit être au contraire de se demander si ce ne sont pas les structures sociales de l’université actuelle qui ont conduit à ce suicide, auquel cas il faut les réformer pour éviter que cela ne se reproduise.

                                                                    Je suis extrêmement frappé de lire que l’université, autrefois lieu de la parole libre et éclairée, est à présent surnommée la grande muette expression d’ordinaire réservée à l’armée, ce rapprochement étant renouvelé avec l’emploi du mot caporalisation. Ces deux expressions sont malheureusement tout à fait justes. Il y a bientôt un an, j’avais déjà dressé un parallèle  entre l’université d’aujourd’hui et l’armée française dans les années 30. Il est inquiétant de constater que cela empire. 


                                                                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er novembre 2008 13:02
                                                                      Merci pour votre lien cher Monsieur
                                                                      J’avais moi-même rédigé un texte en prenant appui sur le livre de Bloch, en juin 2001



                                                                      L’ÉTRANGE DÉFAITE DE LA RECHERCHE FRANçAISE

                                                                       

                                                                       Juin 2001

                                                                       

                                                                       

                                                                      Résumé

                                                                       

                                                                      Ce texte expose une réflexion, modeste dans sa forme mais généreuse dans son ambition, visant à penser la conduite des affaires scientifiques relativement aux exigences d’excellence et de vérité qui devraient être adoptées par les acteurs lettrés de toute société se voulant Civilisation. Dans un premier temps, j’essaye de recadrer la recherche dans une praxis ayant comme caractéristique l’usage de la tactique et de la stratégie. C’est à dessein que je convoque un texte de Bloch pour renvoyer la pratique scientifique vers un aspect martial, tout en réfléchissant notre monde actuel dans un passé qui n’est pas encore dépassé et qui pour certains, ne passe pas !

                                                                      La suite s’enchaîne logiquement. Elle prend comme point d’appui un texte paru dans la revue Science, faisant état d’un dysfonctionnement de la recherche française sur le SIDA, à cause notamment de pratiques administratives (extrinsèques) et mandarinales (intrinsèques). Je réfléchis ensuite à la mise en place de moyens alternatifs visant à développer une recherche d’avant-garde, tout en recadrant cette nécessité relativement à une sorte d’apathie sociale intellectuelle, ainsi qu’en formulant des vœux pour une Renaissance des savoirs et un développement de nouveaux paradigmes, conformes à l’exigence de vérité sur la Nature et la Société. Je suis donc parti d’un exemple précis pour élargir les problèmes, non sans prendre le risque de court-circuiter quelques étapes, et rassembler d’une manière faussement arbitraire des faits et des idées assez éloignées les uns des autres.

                                                                       


                                                                    • Bof 1er novembre 2008 11:42

                                                                      Il n’est plus temps de chialer ...le monde se meurt ! Il est temps, il est grand temps de se reprendre et de se remettre au travail. Nos parents et grands parents se sont sacrifiés pour nous. Nous avons tout jeté, nous avons " égarés" leurs plus belles entreprises en les nationalisant...on vient de lire sur internet que l’une qui a échapé au massacre , parmi les deux laboratoires pharmaceutiques (alors trop petits et qui sont devenus des entreprises très performantes au niveau mondial. HONTE à nous avec notre égoïsme et nos conneries de 35 heures, nos saloperies de retraite OBLIGATOIRE, cette pourriture immonde de retraite ! ) ...Monsieur Fabre aide de nombreuses familles à survivre ! combien de minutes de repos s’est-il permis dans sa très longue vie !

                                                                      De plus, combien de secondes avons nous pensé pour nos petits culvateurs et petits commercants jetés à la rue dans les années 1974 ? et il faudrait chialer sur le sort de nos diplômés qui devraient ,qui auraient , du grace à leur pseudo-intelligence nous aider à vivre dans ce monde ! ces diplômés ne pensent qu’à leur triste sort...et nous alors ! on fait comment nous ? si au moins son geste servait !.....


                                                                      • bob 1er novembre 2008 11:45

                                                                        Monsieur,

                                                                        J’ai lu votre histoire personnelle et celle de la personne que vous decrivez ici.
                                                                        A titre personnel, j’ai quitte l’universite pour des raisons un peu differentes mais qui se rejoignent.

                                                                        - Une negligeance au niveau de la transmission des savoirs effectues par des professeurs pas toujours tres instruits.

                                                                        - Une triche organisee et tarifee qu’elle soit au niveau des professeurs ou du secretariat. ( certains prix ont d’ailleurs ete publies par "le parisien" et "capital" )

                                                                        - Une marginalisation des professeurs trop instruits, trop honnetes ou dont on veut la place pour des histoires de favoritisme ( ou de nepotisme).

                                                                        - Une corruption de professeurs pour des details ( notamment pour avoir une bonne notes aux TD).

                                                                        Chacun des ces points revoltants a ete vecu par votre serviteur. Je peux vous dire que si les modes d’execution peuvent etre different selon les universites, le fond reste le meme.

                                                                        Monsieur, votre mise a l’ecart comme celle de cette professeure est peut etre due a votre honnete ou a votre competence qui aura suscite des jalousies parmi les mediocres et les favorises qui composent une partie honorable ( DANS LE SENS DE GRAND NOMBRE )
                                                                        des universites.


                                                                        • Pierre 1er novembre 2008 17:46
                                                                          On pourrait en rajouter à cette liste de comportements déshonorants, corrompus et corrupteurs, mais c’est déjà un rappel tout à fait bienvenu et fort bien dit. La corruption en philosophie (au sein de l’université, bien entendu) est particulièrement aiguë étant donné le caractère souvent herméneutique de la discipline et les nombreuses dérives irrationalistes qui ont marqué les deux cent dernières années, elles-mêmes des expressions (plus ou moins fidèles et exacerbées) de la gigantomachie qui a eu et a encore lieu dans le monde moderne.

                                                                        • brieli67 1er novembre 2008 14:07

                                                                          ras le bol de ce JACOBINISME Paricentrique

                                                                          _____________BREST----------------- SUICIDE ------

                                                                          alors que le spécialiste français voire européen exerce et enseigne sur Brest ?

                                                                          le Professeur Michel Walter

                                                                          faites sur Google Michel Walter suicide

                                                                          Invitez ce praticien-hospitalier de renommée internationale pour une mise au point ! Et pourquoi pas un article de synthèse sur Avox........

                                                                          Une petite note clinique pratique : à part chez les petits vieux le suicide réussi est précédé de 3 ou 4 TDS tentatives de suicides ou para-suicides.
                                                                          Il y a eu avec certitude des prodromes de signes et des actes avant-coureurs.
                                                                          En médecine légale existe la notion de non-assistance de personne en danger.
                                                                          Les "mobbings" tant professionnels que dans la vie publique et privée , la justice française avec un certain retard certes accepte analyse juge et conclut de plus en plus souvent des délinquances de cette nature.


                                                                          Sinon Monsieur le Philosophe PÏERRE vos contributions me rappellent que trop la danse du scalp autour Fils Dolto - le chansonnier et comique-Troupier Carlos. Un peu de décence et de retenue....

                                                                          Je note également de ces relents nauséeux de chauvinisme que nous retrouvons fréquemment chez les intellos vieillissants sur AVOX 6o ANS après incapables de faire la part "dérive sociologique de la nation allemande " cad le nazisme et nos voisins partenaires européens en 2008. 
                                                                          Récemment encore une de nos statues grecques a donné dans le genre hautain chaud-vain et dégueulasse , je n’ai pâs relevé ni placé d’incisive sachant que ce groupe ethnique jacobin est en voie d’autolyse naturelle. Il suffit de laisser le temps au temps.







                                                                          • Pierre 1er novembre 2008 16:05
                                                                            A brieli67
                                                                             
                                                                            Ne vous emportez pas, Monsieur. Faites plutôt un effort de clarté pour qu’on puisse comprendre vos propos.
                                                                             
                                                                            Quelques faits pour vous orienter un peu :

                                                                            Je n’habite ni Paris, ni la France, et ne fais pas partie des cercles d’intellectuels parisiens. Je ne suis pas professeur ; j’ai été enseignant et j’ai quitté l’enseignement de mon propre chef, en toute lucidité et tranquillité. Je ne regrette aucunement d’avoir pris cette décision.
                                                                             
                                                                            La phénoménologie française, qu’elle soit pratiquée à Paris ou à Brest, est un provincialisme intellectuel, et elle le reste même lorsqu’elle s’exporte vers d’autres pays. C’est une attitude philosophique qui refuse de prendre en compte les acquis des Lumières, comme certaines religions et églises.

                                                                            Je n’ai pas soixante ans — ni plus de soixante ans, d’ailleurs.

                                                                            Je n’ai accusé personne de quoi que ce soit, je me suis borné à décrire (polémiquement, s’entend) une situation possible de mésentente, qui a pu donner lieu à des vexations et des humiliations, et cela je l’ai fait sur la base d’expériences nombreuses et répétées au cours de mes années universitaires et des multiples contacts que j’ai entretenus durant ces années avec des personnalités du monde philosophique autant en Europe qu’aux Etats-Unis..
                                                                             
                                                                            Un suicide, à mes yeux, reste toujours la responsabilité de celui ou de celle qui l’a commis, même les milliers de suicides de paysans indiens qui ont eu lieu ces dernières années en raison des politiques néolibérales appliquées en Inde. Cela ne veut cependant nullement dire que les abus d’autorité, les vexations, les humiliations (ou pire), le dogmatisme et le provincialisme intellectuels, les politiques économiques dictatoriales, et d’autres abus soient justifiés.
                                                                             
                                                                             

                                                                            • moebius 1er novembre 2008 21:38

                                                                              l’épistémologie a t’elle bessoin d’un martyr ? la réponse est non c’est une sciences..


                                                                              • bob 2 novembre 2008 12:15

                                                                                A Apo ( j’ai mal en coreen smiley )

                                                                                Tout d’abord merci d’etre intervenu quelque soit votre implication dans ce drame, cela reste courageux de votre part.
                                                                                Ensuite, pourriez vous revenir sur le fonctionnement de la commission de specialistes ? Ne pensez-vous pas qu’un corum minimum est necessaire pour valider ou infirmer une decision qui reste importante dans le cadre d’une vie professionnelle ? Ne pensez-vous pas que dans la forme tout du moins, le rejet de cette personne ait ete un peu rapide ?

                                                                                Je reste surpris que la denonciation d’actes delicteux si ce n’est criminels affecte autant certains intervenants. Ils ont a coeur, sous le couvert de defense des droits de l’homme et autre philosophie qu’ils apprehendent mal, a proteger ces actes. Est-ce que leur motivation est honorable ? si tel n’est pas le cas, ont-ils a vocation de donner des lecons aux autres ?


                                                                                • Apo. 2 novembre 2008 15:35

                                                                                  L’absence de quorum pour une seconde réunion (convoquée suite à l’absence constatée du quorum légal à la première) est une possibilité légale qui peut en effet faire question de façon générale, et pas seulement pour les ex-CS. Cela dit, si le législateur (ou le ministère de tutelle) l’a voulu ainsi, c’est sans doute pour éviter que des décisions urgentes soient différées de semaine en semaine faute de quorum, or la plupart des décisions soumises aux CS étaient urgentes. Il y a peut-être des solutions pour faire mieux à l’avenir, à creuser.
                                                                                  Concernant votre second alinea, je n’ai lu jusqu’ici aucune "dénonciation" d’actes "délictueux" voire "criminels", mais des accusations à mes yeux légères et infondées. Question de sémantique, direz-vous ? Je vous en laisse juge, mais le mot dénonciation implique qu’il y ait une base factuelle sérieuse (sauf à parler de "dénonciation calomnieuse" bien sûr, mais dans ce cas, il faut à ma connaissance que la dénonciation infondée ait été portée à la connaissance du Parquet).


                                                                                • armand armand 2 novembre 2008 17:49

                                                                                  Chaque université a ses usages. Je peux attester que chez nous dans le Nord il ne saurait être question de laisser une CS se réunir sans quorum - tout au plus on a eu la tentation de faire signer ex post facto les membres absents, à condition que tout le monde soit d’accord. Et, de fait, le cas a été évité de justesse.

                                                                                  Indépendamment du drame qui s’est ensuivi, si chez nous deux personnes s’étaient amusées à contredire la volonté de huit autres sous prétexte que les absents ont tort, il y aurait une empoignade dont je préfère ne pas imaginer la violence. Non seulement il s’agit d’une déception - et d’une injustice - pour la stagiaire, mais d’une marque de mépris envers les autres membres de la CS.


                                                                                • Pierre 2 novembre 2008 19:02

                                                                                  J’abonde dans votre sens.


                                                                                • Apo. 2 novembre 2008 20:44

                                                                                  Je pourrais presque être d’accord avec vous pour le cas où ceux qui ne peuvent être présents manifestent au préalable de façon claire leur position sur les questions mises à l’ordre du jour. Cela dit, cela peut aussi avoir un effet pervers, c’est-à-dire considérer que des CS peuvent délibérer sans débattre… Ce serait à mon avis donner un sens très peu effectif à la notion de collégialité.
                                                                                  Il me semble que la LRU et sa traduction en décrets prévoient une éventuelle utilisation de la visio-conférence pour les comités de sélection, mais ne remet pas en cause le principe d’un quorum de (physiquement) présents


                                                                                • Crainquebille 2 novembre 2008 13:44

                                                                                  En apprenant cette nouvelle horrible, les bras m’en sont tombés.

                                                                                  J’étudie la philosophie en France (j’ai un D.E.A.), et quoique je ne sois pas particulièrement d’un côté ou de l’autre en ce qui concerne les courants actuels de la philosophie, j’ai ressenti aux cours des ans un malaise qui est allé grandissant au fur et à mesure que je constatais le caractère bien peu philosophique et la pauvreté des études universitaires.

                                                                                  Bien sûr, il y a d’excellents profs, et on apprend beaucoup de choses. Mais l’ensemble me semble de plus en plus mener nulle part, si ce n’est à préparer comme une brute des concours.

                                                                                  Alors bien que je ne connaissais pas cette femme et que les circonstances de ce drame ne soient pas très claires, je ressens de la tristesse en voyant, à travers les témoignages des uns des autres, un peu mieux les rouages du monde universitaire (je m’en faisais déjà une vague idée, mais pas encore aussi pessimiste !). J’ai de la peine en voyant que la philosophie est si mal représentée dans notre pays par des institutions qui sont censées lui être dédiés. Les philosophes devraient être des modèles, ou du moins montrer l’exemple d’individus s’efforçant de leur mieux vers le juste et l’honnête.


                                                                                  • Pierre 2 novembre 2008 19:45

                                                                                    Comme Heidegger s’était proposé de détruire la métaphysique, il faut critiquer sans relâche la phénoménologie (particulièrement la phénoménologie de tendance heideggérienne), car elle corrompt l’institution universitaire et les efforts d’intelligibilité du monde et de la vie : elle ne respecte pas les avancées des sciences (Heidegger : « die Wissenschaft denkt nicht » (la science ne pense pas), et Husserl : « die Erde dreht sich nicht » (la terre ne tourne pas)), elle ne comprend rien à la logique moderne (celle qui nous vient de Frege, Russell, Tarski, Gentzen, Gödel, etc ; voir les notes de Husserl à son exemplaire de la Begriffsschrift, cela commence là), à la philosophie analytique du langage, aux institutions démocratiques, à la sociologie, à la théorie de l’évolution, etc. C’est une maladie de l’esprit.

                                                                                    Ce que je viens de dire ne veut, cependant, pas dire que la science est au-dessus de tout soupçon. Mais la critique et l’auto-critique font partie intégrale des Lumières et du projet de science que nous leur devons. On sait par ailleurs, que la discussion, la dispute, le conflit des opinions (car l’homme est conflictuel et querelleur, entre autres choses) ont précisément été intégrés dans les institutions démocratiques (par exemple, le système des partis).

                                                                                     

                                                                                  • Zenon Zenon 3 novembre 2008 00:05

                                                                                    A Crinquebille,

                                                                                    Je vous comprends, j’ai, par amour de la philosophie, décidé de bifurqué après une licence obtenue dans cette discipline et justement à cause d’enseignants "analytiques".

                                                                                    Je passais mon oral de fin de licence, dans le bureau du directeur de l’UFR, un professeur d’esthétique n’ayant que Frege ou Wittgenstein à la bouche. Et durant mon oral, non seulement il a répondu au téléphone, mais encore est il resté 20 minutes à discuter avec un collègue de son prochain colloque au Brésil... J’ai eu ma licence, mais j’avais décidé de bifurqué en sciences politiques. La philosophie est bien un champ de bataille entre philosophe "continentaux" et "analytiques", mais dépasser ce clivage demandera une génération au moins.

                                                                                    A Pierre,

                                                                                    Un peu de calme monsieur, votre anti-phénoménologisme primaire vous égare.

                                                                                    La philosophe heidegerienne "une maladie de l’esprit" ? Nietsche "c’est beau n’est ce pas ?", que vous n’approuviez (ou ne compreniez...) pas les philosophies de Nietzche, Heidegger (j’imagine que vous n’approuvez ni Foucault ni Deleuze et Gattari ), ne vous dispense pas d’un minimum de respect pour ces auteurs qui, quoi que vous en pensiez, comptent pour l’histoire de la pensée.

                                                                                    Un philosophe allemand contemporain, Peter Sloterdijk, est un heideggerien de gauche.

                                                                                    Alors cessez vos attaques simplistes heidegerien = nazis.

                                                                                    Je trouve que la philosophie analytique est une défaite de la philosphie à vouloir assumer son rôle d’analyse et de proposition des champs sociaux et politiques. Mais loin de moi l’idée de la traiter de "maladie de la pensée" comme vous le faîte.

                                                                                    Et dire que vous avez été enseignant en classe préparatoire... Quelle belle leçon de respect de vos adversaires !

                                                                                    Cordialement,

                                                                                    Zenon



                                                                                  • Pierre 3 novembre 2008 00:51
                                                                                    Mon cher Monsieur, libre à vous de leur témoigner tout le respect que vous voulez, moi, manifestement cela ne m’intéresse pas. 
                                                                                     
                                                                                    Je regrette d’avoir à vous dire que votre caractérisation de la philosophie analytique montre que vous n’en savez rien. Si la chose vous intéresse, je vous recommande la lecture du grand œuvre d’Ernst Tugendhat, Vorlesungen zur Einführung in die sprachanalytische Philosophie (Suhrkamp Verlag, Taschenbuch Wissenschaft – livre au format de poche). Vous pourriez également lire La Dispute de Pascal Engel.
                                                                                     
                                                                                    Je n’ai dit nulle part que tous les, ou même quelques, heideggériens étaient des nazis. En revanche, il est vrai que j’ai dit que certains d’entre eux passaient leur temps à ergoter et à tergiverser sur son passé nazi et à l’en excuser, ce qui n’est ni nécessaire ni suffisant pour en faire des nazis.
                                                                                     
                                                                                    Un de mes professeurs et amis était un heideggérien de gauche. C’était un homme d’une grande bonté, d’une grande compassion et un homme moralement droit comme j’en ai peu connu. Bien que Heidegger lui-même n’ait eu aucun sens de la morale, et sa philosophie encore moins, cela n’implique pas que tous les heideggériens soient des êtres dépourvus de sens moral.

                                                                                     

                                                                                  • Pierre 3 novembre 2008 01:13

                                                                                    A Crainquebille,
                                                                                     
                                                                                    Encore une réflexion, si je puis me permettre. Il n’est pas impossible que le délabrement de la philosophie universitaire contemporaine (comme je l’ai reconnu ci-dessus, il y a bien sûr des exceptions, qui, je l’espère, réussiront lentement à changer les choses) atteigne un tel degré qu’une situation semblable à celle qui caractérisa l’état de la philosophie au dix-septième siècle émerge en ce nouveau siècle, à savoir que la philosophie s’exile complètement de l’université. Comme vous devez sans doute le savoir, ni Descartes, ni Spinoza, ni Leibniz, pour ne citer qu’eux, ne professèrent ne serait-ce qu’une heure de cours dans l’enceinte d’une université dans toute leur vie d’intellectuel. Il y avait naturellement de bonnes raisons à une telle option.

                                                                                  • frédéric lyon 2 novembre 2008 20:02

                                                                                    "elle ne comprend rien à la logique moderne (celle qui nous vient de Frege, Russell, Tarski, Gentzen, Gödel, etc ; voir les notes de Husserl à son exemplaire de la Begriffsschrift, cela commence là)"
                                                                                     
                                                                                    ..............................

                                                                                    La philosophie universitaire française ne s’interesse plus à la logique depuis que cette discipline a été mathématisée par Boole !


                                                                                    • Pierre 2 novembre 2008 22:20
                                                                                      Oui, mais cela n’est plus vrai que dans une certaine mesure, puisque la France compte maintenant — et heureusement !! - des philosophes tels que Jacques Bouveresse, Joëlle Proust, Pascal Engel (voir sa grande somme sur la philosophie de la logique La norme du vrai, que je recommande vivement) , François Rivenc, François Récanati (qui nous a donné des contributions très importantes à la pragmatique du langage), Pierre Wagner (qui vient de publier une petite logique dans la collection Que sais-je ?), Sandra Laugier, Frédéric Nef, Bernard Ruyer, Philippe de Rouilhan, Ali Benmakhlouf, ou Vincent Descombes. Il est vrai que ces auteurs n’ont pas tous écrit des ouvrages de logique ou sur la logique, mais il est manifeste à la lecture de leurs travaux qu’ils connaissent le sujet. Avant cela, il y avait bien entendu Jean-Louis Gardies, Robert Blanché (son ouvrage La Logique et son histoire reste un des meilleurs traitements historiques de la discipline), qui a écrit de très beaux livres, et Jules Vuillemin, mais ils furent bien isolés au milieu des phénoménologues, des existentialistes, des marxistes et des structuralistes.
                                                                                       

                                                                                    • Pierre 2 novembre 2008 22:39

                                                                                      Au fond, sait-on que pense le département de philosophie de Brest du travail philosophique de Madame Lorne ?


                                                                                    • Pierre 2 novembre 2008 22:40

                                                                                      correctif : ce que pense


                                                                                    • frédéric lyon 3 novembre 2008 08:08

                                                                                      Celà étant dit, je pense que tout le monde pourra ressentir, comme certains l’ont savamment expliqué ici-même et plus haut sur ce fil, qu’au delà de la peine qu’on peut éprouver devant ce drame, on ne se suicide pas parce qu’on a connu un accroc dans sa carrière.

                                                                                      Car sinon, il y aurait beaucoup plus de suicides qu’il n’y en a, et l’espèce humaine n’aurait pas survécu aux épidémies.

                                                                                      Il est sûrement dommage que cette affaire de non-titularisation, obscure pour la plupart d’entre nous, ait fourni à cette jeune femme le dernier prétexte qui lui manquait pour passer à l’acte. Un peu plus d’attention de la part de ses collègues n’aurait pas fait de mal, comme l’absence de huit collègues sur dix semble le démontrer, mais il est injuste, ou non-juste, d’en faire porter la responsabilité à qui que ce soit.

                                                                                      Comme par ailleurs, les causes exactes de ce drame ne pourrait être recherchées que dans l’histoire personnelle de la victime, qui n’a pas à être connue ni analysée ici, il me semble qu’on aurait pu faire l’économie de la publication de cet article qui n’est qu’un torchon de plus commis par un auteur dont la spécialité est manifestement, comme son oeuvre Agoravoxienne nous le dit abondamment, de trainer aussi près que possible de la décharge d’ordures.


                                                                                      • barbouse, KECK Mickaël barbouse 3 novembre 2008 10:48

                                                                                        bonjour monsieur dugué,

                                                                                        bien que majoritairement peu d’accord avec vous sur quantité de vos articles depuis 3 ans que je fréquente l’agora, bien qu’ayant moi même suffisament froler la mort et vivant dans la précarité pour ne pas me sentir en affinité avec les personnes qui ont des moyens d’avancer mais se laissent guider par une tendance suicidaire,

                                                                                        je reconnais que la sincérité, la mise a nue comme la mise en perspective de votre article est une forme de courage remarquable, rare. 

                                                                                        C’est souvent pénible lorsqu’on est passé au travers d’une épreuve, qu’on s’en est sortie avec trop peu de force pour dénoncer, se battre, réagir offensivement, de constater que d’autres, plus tard, plus fragiles, tombent sur les mêmes causes et franchissent l’irréparable. 

                                                                                        Une sensation d’amertume trempe la plume, une culpabilité humaniste teintée d’impuissance sous tend l’écriture, une colère force a regarder son propre passé douloureux, poussé par la conscience qu’une autre n’aura plus d’avenir a cause de. 

                                                                                        si la précarité, l’insécurité professionnelle, est la muse de la créativité, l’aiguillon du besoin de trouver des solutions nouvelles. 

                                                                                        si se sentir gaché par l’infécondité de la société quand a l’éclosion de son meilleur potentiel est une conscience péniblement lucide, une frustration qui appartient au sage de rendre saine en la cultivant sans la nier,

                                                                                        Pourquoi votre prose en général n’est pas plus souvent proche de l’engagement critique adulte, d’une plume étendue par l’esprit d’une réthorique de combat, que de l’exposé didactique, éclairée par un savoir, teintée d’une pédagogie, mais sans force de frappe. 

                                                                                        S"indigner pour écrire un article, dénoncé dans le vide un phénomène de société, pour se sentir finalement peu lu et mal compris, avoir l’impression que cela ne change rien, que ça un gout d’infantile, comme si papa maman vont le lire et venir réparer ça, ça ne vous a jamais étreind en 500 Articles ?

                                                                                        La france gâche une bonne partie du potentiel d’éclosion et d’expression intellectuel de sa communauté de destin, depuis des années, par effet de lutte de classe entre autres. Ce gamin hachiché qui parle en sms est peut être né avec de quoi contribuer a vos recherches sans jamais pouvoir le savoir ni le prouvé,

                                                                                        vous n’avez pas eut l’intelligence apparatchik nécessaire pour placer l’ambition professionnel avant votre gout pour la recherche, peut etre parce que comparer à beaucoup d’autre, vous avez concentrer vos efforts pour trouver une vérité scientifique, pas un job. C’est là l’ironie du systême français. 

                                                                                        je vous prie de croire qu’en tant que simple rmiste, a peine bachelier, autodidacte, et peu souvent d’accord avec vous, ce post est une réaction émotive a votre article, et que même si je n’aurai jamais compris avec clarté en quoi consistai vos recherche ni la pertinence de votre regard sur votre domaine intellectuel, je déplore sincérement le gachis que votre article dénonce au travers de votre expérience.

                                                                                        amicalement, barbouse. 



                                                                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 5 novembre 2008 15:55

                                                                                          Où sont passés les commentaires ?

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                                                                                            A Pierre ,

                                                                                            bonjour à vous ,

                                                                                            Je trouve que vos critiques sont particuliérements impertinantes mais peut être cela est-il dû à l’heure tardive ou vous écrivez , ainsi vous êtes quelqu’un qui à mon avis souffre d’une phobie de la phénoménologie et préfére se réfugier derriére des sophismes tout à fait remarquables qu’un moindre individu pourraît trouver s’il savait taper les lettres "analytique" ,"Matieu Faye" sur Wilkipédia.

                                                                                            D’autant plus vous prétendez parler de l’exil de certains philosophes par rapport à l’université et vous ajoutez en plus qu’il s’agit là du 17 éme siécle sous entendant naïvement que l’université en ce siécle était la même qu’aujourdhui...tout en oubliant magnifiquement le léger contexte de certains de ces philosophes et le pourquoi de leur retrait ( révisez la vie de Spinoza si vous avez le temps après avoir lu tout votre bibliographie analytique...)

                                                                                            Pour ce qui est de ce genre de commentaires " il faut combattre heidegger et la phénoménologie" je les trouve malvenu , d’autant plus que se positionner en espéce de juge implacable et irréprochable et prononcer de tels anneries ne vont pas ensembles... et manifestement vous deshonnorez ce que vous prétendez être soit un ardent défenseur de la philosophie analytique , en effet je suis désolé de vous dire mais Madame Lorne n’aurait jamais prononcé ce genre de propos , parce que finalement , vous proposez une lutte idéologique entre universitaires , désolé mais tout le monde n’est pas comme vous. Alors s’il y a bien un "chevalier" ici c’est bien vous mon cher pierre, noble défenseur d’une pseudo opinion moral et cela ne m’ettonerai pas que vous soyez du genre à brûler un Voyage au bout de la nuit en critiquant ardement "les positions qui ne sont pas correctes" mais sans doute avez vous été résistant pendant la seconde guerre mondiale... même si vous y étiez pas...
                                                                                            Pour finir , vos commentaires font honte à la philosophie, vous vous moquez du vrai et la seule chose qui vous préocupe et de vous faire remarquer sur un forum. 

                                                                                            je tiens maintenant à rendre hommage à cette femme , dont le suicide n’a pas été fait pour que des gens en fassent tout une polémique si c’est ça le média citoyen je suis content d’avoir enfreint délibérement les régles de ce forum... elle avait ses raisons et accuser l’université de Brest est un débat qui ne regarde que les vivants... alors s’il vous plait si des gens ici sont vraiments pourvus d’un sens moral, ne vous laissez par emporter...et arrêtons la naïveté , trouvez un coupable , voilà ce que certaines personnes cherchent à faire, c’est un manière parmi d’autres de réagir à cette mort , mais le suicide d’une personne dépend d’une plus grande partie de sa vie. JE crois que la plupart des intervenants extérieurs ne savent même quelles sont les vraies retombés et ne savent ce que le département de philosophie endure , vous pensez sans doute que cela est un fait divers parmi d’autres bien que plus polémique puisqu’il s’attaque à une institution mais laissez moi vous dire que vous êtes bien loin des larmes , des insomnies et de la perte d’un professeur , ne pensez pas qu’il s’agit d’un simple article pour tout le monde qui offre à certain un moyen d’exister.

                                                                                            Cordialement.



                                                                                            • Nouffa 10 janvier 2009 15:15

                                                                                              Bonjour,
                                                                                              un rapide coup d’oeil montre
                                                                                              que la thèse n’est pas accessible/répertorié sur Sudoc !
                                                                                              C’est à ma connaissance rarissime.
                                                                                              Après tout, ce pourrait être intéressant de la lire...
                                                                                              Nouffa


                                                                                              • Lucadeparis Lucadeparis 11 juillet 2011 22:18

                                                                                                Je m’interroge sur une formation en philosophie qui amène au suicide par la frustration de ne pas avoir un poste universitaire, ou par d’autres problèmes.

                                                                                                En faculté de philosophie on étudie pas assez Épictète, selon moi le plus grand philosophe moral :

                                                                                                « Quand tu vas entreprendre une œuvre quelconque, remets-toi dans l’esprit quelle est cette œuvre. Si tu sors te baigner, représente-toi ce qui se passe au bain : on vous éclabousse, on vous bouscule, on vous injurie, on vous vole ; tu entreprendras cette œuvre avec plus d’assurance, si tu te dis tout de suite :

                                                                                                « Je veux me baigner, et aussi garder ma volonté en accord avec la nature. » Et ainsi pour chaque œuvre. Car de cette façon, si quelque obstacle t’empêche de te baigner, ta réponse sera prête : « Mais je ne voulais pas seulement cela, je voulais aussi garder ma volonté en accord avec la nature ; or je ne la garderai pas telle, si je m’irrite contre ce qui arrive.  ».  »

                                                                                                « Souviens-toi que tu dois te conduire comme dans un banquet : un plat qui fait le tour de la table est-il près de toi ? Étends la main et prends ta part proprement. S’il s’éloigne, ne le retiens pas. Il n’est pas encore là ? Ne jette pas de loin ton désir sur lui, mais patiente jusqu’à ce qu’il soit près de toi.  »

                                                                                                « Quelqu’un ne t’a pas convié à son banquet ? C’est que tu n’as pas donné à l’hôte le prix auquel il vend son dîner ; il le vend au prix de la flatterie, au prix de la sollicitude. Donne donc, si tu y trouves ton avantage, le prix correspondant. Mais si tu veux à la fois ne pas lâcher ce que tu as et recevoir ce que tu désires, tu es insatiable et stupide. Tu n’as donc rien qui remplace ce dîner ? Si fait ; tu as de n’avoir pas loué qui tu ne voulais pas louer, de n’avoir pas supporté les insolences de ses portiers.  »

                                                                                                « Rappelle-toi que le propos avoué du désir est d’obtenir l’objet désiré, que le propos de l’aversion est de ne pas tomber sur l’objet d’aversion ; celui qui, éprouvant un désir, manque son objet n’est pas heureux ; celui qui, éprouvant une aversion, tombe sur son objet est malheureux. Si donc tu réserves ton aversion aux choses contraires à la nature parmi celles qui dépendent de toi, tu ne tomberas sur aucune de celles que tu as en aversion ; mais si tu as en aversion la maladie, la mort ou la pauvreté, tu seras malheureux. Enlève donc ton aversion de tout ce qui ne dépend pas de nous, et transporte-la sur les choses contraires à la nature parmi celles qui dépendent de nous. Quant au désir, supprime-le complètement pour l’instant ; car si tu désires l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, il est impossible que tu sois heureux ; quant à celles qui dépendent de nous, et qu’il serait beau de désirer, aucune n’est encore à ta portée. Use seulement de la tendance et de son contraire, et que ce soit légèrement, avec des réserves, en souplesse.  »

                                                                                                Dans l’« Hommage à Marie-Claude Lorne » de l’Institut Jean Nicod, on lit :

                                                                                                « Dans sa lettre d’adieu, elle dit ne pouvoir envisager d’exercer à l’avenir son métier dans un «  tel climat
                                                                                                d’hostilité ». »

                                                                                                Joëlle Proust écrit : "Marie-Claude, je pense à tes derniers moments : est-ce ainsi qu’on traite les jeunes philosophes prometteuses  ?" http://www.institutnicod.ens.fr/Marie_Claude.htm

                                                                                                Je lis aussi qu’« elle a obtenu un D.E.A de sciences cognitives au CREA-École Polytechnique l’année suivante (1994). En 2004, elle est devenue docteur en philosophie avec une thèse sur les fonctions biologiques, dirigée par Joëlle Proust à l’EHESS. ».

                                                                                                Il se trouve que j’ai fréquenté le CREA il y aune vingtaine d’années et je me souviens la dureté de Joëlle Proust envers un de ses étudiants (David Kennedy, qui a survécu jusqu’à maintenant...) qui n’était certes pas un philosophe prometteur.

                                                                                                Etudiant en philosophie puis en sciences humaines, j’ai constaté la médiocrité de l’enseignement philosophique (en particulier moral en l’occurrence), et ensuite, j’ai pu voir constater l’incapacité de repérer des étudiants créatifs, innovants (le formatage primant), l’injustice, par exemple dès le début de l’année en DEA, je savais qui allait avoir les bourses, alors que les mémoires n’étaient pas écrits, encore moins présentés : les étudiants ayant pour directeur de mémoire les deux codirecteurs du département. J’ai constaté aussi que les départements suivent des paradigmes, et par cooptation, éliminent les « dissidents » : ainsi, il valait mieux ne pas être proche de la philosophie analytique à Paris IV La Sorbonne, ne pas être girardien en ethnologie à Nanterre, où dominait le lévy-straussisme ; et il valait mieux être chomskien que

                                                                                                fonctionnaliste à Nanterre aussi en linguistique. Si on n’est pas informé pour le bon choix de département (d’où l’importance de l’entourage social pour être informé), on va plus probablement à l’échec.

                                                                                                En tout cas, l’accès aux études plus massif a produit, en réduisant les statistiques du chômage, beaucoup d’intellos précaires, qui aboutissent à la majorité sociale de 25 ans, pour leur entrée dans « la vie active », « éligibles » aux revenus minimaux sociaux (Revenu Minimal d’Insertion ou Revenu Solidaire d’Activité).

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