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Accueil du site > Actualités > Société > Du revenu universel à la désargence

Du revenu universel à la désargence

 

Et s’il était temps de nous préparer à l’après-salariat et à l’après-monnaie comme à l’après-pétrole ? 

 

Dans un monde livré au totalitarisme marchand, où tout s’achète et se vend, serait-il possible tout de même d’avoir « quelque chose » en échange de... rien ? Par exemple, un revenu pour avoir juste le « droit de vivre », même sans avoir à travailler pour « mériter » ce droit ?

Alors que la page du plein emploi et du salariat semble se tourner, la vieille idée d’un revenu universel versé inconditionnellement à chacun juste pour garantir son « droit à l’existence » revient en force dans une société fracturée - et en grande souffrance.

Cette idée d’un revenu d’existence, versé sans condition ni contrepartie, de la naissance à la mort, a rejailli de la boite à belles promesses électorales, forcément finançables avec « l’argent des autres », lors de la dernière présidentielle en France... Elle quitte graduellement le domaine des grands principes pour refaire « débat », en parfait marqueur de nos grandes interrogations contemporaines,dans un monde d’incertitudes croissantes dont les aiguilles s’affolent – et tournent, aux yeux désormais désillés du plus grand nombre, dans un sens contraire aux plus élémentaires des aspirations humaines...

 

Vers un nouveau « pacte social » ?

 

Le revenu universel sera-t-il le prochain « modèle économique » de l’humanité ? Celui qui assurerait une « organisation plus intelligente des richesses » et redessinerait les contours d’une société plus juste et plus vivable, enfin ? « Si l’homme est dénué des moyens d’existence, son droit à la vie devient un leurre » rappelait l’ancien ministre Jacques Duboin (1878-1976). Pendant la Grande Dépression de l’entre-deux-guerres, celui qui était alors député de Haute-Savoie plaidait pour l’instauration d’un « revenu social assuré à tous de la naissance à la mort » - il avait l’oreille des décideurs d’alors mais n’a pas été écouté.

Conçu comme une « prestation universelle qui traduit une reconnaissance comme membre de la communauté », ce revenu permet d’accéder à un travail choisi plutôt que subi : plutôt que de demander à une personne de chercher un travail de plus en plus introuvable pour un hypothétique salaire qui donne de moins en moins accès à l’essentiel, ne vaudrait-il pas mieux désormais lui accorder un revenu afin qu’elle puisse enfin... se mettre à travailler ?

Simplement, le travail ne serait plus une obligation de survie préalable puisqu’il n’échappe à personne qu’il en faut de moins en moins pour produire toujours plus...

Cette utopie réaliste conjuguerait efficacité et équité. Elle nous ferait passer d’une société de « précarité subie » à une société de « mobilité choisie » et d’une « société de l’argent » à une « société des talents ».

 

Vers la désargence

 

Comme la transition énergétique, une telle économie suppose toute une préparation, compte tenu de l’inflammable accumulation d’ « avoirs financiers » et d’ « actifs sous gestion », en quête de « rendement » - et en bonne voie de volatilisation...

Paul Ariès imaginait de verser une partie du revenu universel en monnaie nationale, une autre en monnaie locale et une dernière sous forme de droits d’accès aux biens communs afin d’étendre la sphère de la gratuité. Car le droit de vivre décemment passe bien évidemment par le libre accès aux biens et services publics. Et par la gratuité du bon usage de ces services publics « face au renchérissement du mésusage individuel et collectif ».

Pourquoi ne pas aller plus loin dans cette extension de la sphère de la gratuité ? Pourquoi focaliser l’attribution d’un revenu universel garanti sur un versement monétaire ? Si « l’argent est un problème » pour tellement d’humains à qui il manque cruellement, pourquoi continuer à poser la question du bien-être social en termes monétaires ? Pourquoi ne pas sortir de l’échange marchand et envisager une définition plus large du revenu universel ? Pourquoi ne pas aller vers une définition d’un revenu qui ne serait pas que monétaire mais inclurait l’accès gratuit à des biens et services considérés comme relevant d’un « marché » ?

Pourquoi ne pas accéder enfin à une société de la désargence pour en finir avec une abstraction fondamentale qui sépare chacun de sa réalité ?

En effet, si le signe monétaire donne accès aux « produits et services »... lorsqu’on en a, il en interdit l’accès lorsqu’on en manque... « L’argent » créé ex nihilo sans son répondant métallique (or et argent physiques) a cessé donc de fonctionner comme lien social et moyen d’accès aux utilités réelles : quand il « manque » alors qu’il ne vaut même plus le métal ni le papier qui lui servaient de support, il est à la source de tous les maux qui affligent la société – et son « manque » les exacerbe de façon exponentielle à mesure que sa « création » nécessite des « connexions » énergivores pour le « miner » en fumeuses « crypto-devises » basées sur... rien mais aggravant nos problèmes énergétiques et environnementaux...

Aussi longtemps que l’ « on » pourra l’accaparer, l’accumuler, le thésauriser et spéculer sur la rareté organisée des biens vitaux et sur des différentiels de prix, « l’argent » ne sert qu’à générer des « profits » mal acquis. Il s’affranchit de toute utilité pour n’être qu’un fétiche vide consacrant l’accumulation de « richesses » comme l’unique sens de la vie sur Terre...

Une économie soumise à l’obligation de réaliser des profits monétaires les « fera toujours passer avant la justice sociale, l’intérêt national ou environnemental » constatait Jean-Paul Lambert dans sa revue Prosper. Si « l’argent » est « le problème » et pas la solution facilitant les relations humaines, pourquoi ne pas... en « faire l’économie » ? Pourquoi ne pas se désenvoûter du totem-argent érigé en absurde « fin en soi » contraignant à travailler toujours plus pour gagner... toujours moins puisqu’il n’est même plus possible, en ces temps d’obsolescence accélérée de l’homme, de transformer plus de travail humain en « argent » ?

Il s’agit bien d’inventer la société post-salariale comme celle de la désargence et de la bienveillance - plutôt que de la surveillance généralisée, de la stigmatisation des « assistés » et de domination.

Celle qui permettrait à chacun de devenir créateur de richesse sociale, même hors emploi, en lui donnant un véritable permis de conduire sa vie selon ses besoins véritables et ses possibilités.

L’universalité d’un revenu d’existence garanti prendrait tout son sens par un accès garanti à l’essentiel (dont il ne serait plus possible d’organiser la pénurie... ) et une libération des énergies permettant une bien meilleure distribution des rôles – et des talents libérés de toute contrainte liée à la « fin en soi » économique.

L’urgence est bien là, dans une société reconfigurée par « le numérique », où l’ « on » s’active en coulisses à supprimer « l’argent » en espèces (pièces et billets) – après avoir manipulé les taux d’intérêt à la baisse jusqu’à aboutir à l’abyssale inanité des taux d’intérêt négatifs.

L’urgence est de se rappeler que la monnaie n’est rien moins qu’un bien partagé par une collectivité politique et sociale : « la faire disparaître dans son expression « manuelle » est un acte politique de désagrégation sociale » (Didier Marteau, Le Monde du 3 mars 2016). Une « société sans cash » alliée pour le pire à des taux d’intérêt négatifs spoliant l’épargnant et usant à son encontre d’une forme insidieuse de « répression monétaire » est dénuée de toute pertinence économique – sauf pour certains « intérêts » bien placés dont l’enjeu politique est d’évacuer de leur équation ce fichu « facteur humain » que leurs algorithmes n’intègrent pas...

Alors, autant faire aussi l’économie de cette « société sans cash » dévoreuse de vies, d’énergie et de réalité pour aller directement à la « société sans argent » qui ne se fonderait plus sur l’usage de « l’argent » comme instrument de pouvoir et de mesure consacrant les inégalités.

Les malheurs du monde ne sont pas dus à des catastrophes naturelles mais à cet espèce d’envoûtement qui nous sépare de notre réalité vitale tout en détruisant notre socle vital commun.

Dans une « société démocratique et inclusive », il devrait être possible de « débattre » d’une autre vie possible au-delà de « l’argent ». Comme il devrait être possible d’envisager la fin de cette fiction considérant l’humain comme un « animal monétaire » toujours prêt à « se vendre » pour... trois fois rien désormais.

Il ne devrait pas être interdit d’envisager la fin d’un « ordre » fondé sur « l’argent » qui « donne à la nécessité d’opérer des profits monétaires l’initiative réelle des lois »...

Ce serait comme envisager l’abolition de la peine de mort économique et sociale dans un monde où il ne serait plus possible de faire mourir les gens de pauvreté...

La démonétisation de l’économie empêcherait enfin « l’argent » de jouer contre les hommes sur une planète surexploitée et dévastée par nos errements prédateurs. Seule une économie de désargence permettrait de réorienter « la politique » vers un « bien commun » qui ne serait pas à la merci de « grands argentiers » aux « intérêts » diamétralement opposés...

Un « monde meilleur » sera techniquement possible quand l’impossibilité de réaliser des « profits » monétaires dans une civilisation a-monétaire suscitera une véritable révolution anthropologique : si le malheur des hommes leur vient de cet « argent » dont ils n’auront jamais assez et qui leur « manquera » toujours, seule une économie de désargence induirait mécaniquement la fin de l’obsolescence programmée, du gaspillage, de la surproduction de gadgets aussi inutiles que nuisibles voire la fin de toute conflictualité avec celle du dogme de la « compétition » et de la « concurrence ».

Sa mise en oeuvre pourrait enfin veiller (et même bien-veiller...) à la préservation d’une « intelligence publique et délibérative » concernant l’orientation de notre société – et à la meilleure façon de « faire société » sans spoliation des uns au « profit » des autres.

Jusqu’alors subsistait encore, tant bien que mal, dans notre « économie de marché », quelque chose que l’on pouvait tenir dans l’absolu pour « hors de prix ».

Mais le formatage de « l’homme économique » en machine à « réussir » et éliminer son semblable (pour devenir « inclus » ou « milliardaire » ?) a graduellement supplanté et évacué la figure humaine. La vraie vie des « vrais gens » n’a rien d’un jeu vidéo ou d’un jeu de guerre, pourtant.

Alors que la « troisième révolution industrielle » a sensiblement réduit la part productive immédiate de l’homme et dévalorisé sa force de travail, alors toutes ces vies « inutiles » ou « inemployables » pourraient bien être rendues à l’essentiel – si des « intérêts contraires » n’entravent pas ce retour au réel...

Il n’est pas de société réellement « humaine » qui puisse s’accommoder d’un nombre croissant d’exclus – pas plus qu’elle ne saurait perdurer en mettant « hors jeu » un nombre croissant de ses membres plus ou moins « actifs ».. En finir avec « la Dette » perpétuelle qui ruine le monde suppose d’en finir avec la maladie de « l’argent » qui n’est jamais là où il devrait être et avec certaines fictions mortifères qui perdent de leur empire sur les consciences comme sur le cours des choses.

Si elle était bien posée, la question du sens de l’existence ne distinguerait pas seulement ceux qui « ont de l’argent » et ceux qui n’en ont pas.

Elle distinguerait tout d’abord pourquoi existe « le sujet » qui se la pose vraiment et pour quoi il existe.

Nous y voilà arrivés, au bord de la falaise de cette Dette qu’aucune Providence ne pourra plus garantir – ni aucun trou noir ne pourra absorber. Son gonflement, jour après jour, questionne, à un souffle de son éclatement, notre capacité et notre désir véritable d’un avenir commun.

 

 

Pour en savoir plus

 

Jacques Duboin, La Grande Relève des Hommes par la Machine, éditions nouvelles, 1932

La Grande Relève, mensuel de réflexion socio-économique

Prosper, revue à périodicité aléatoire

Gabriel Charmes, Le Revenu universel – vers un nouveau pacte social ?, éditions Transition, 2019

Documents joints à cet article

Du revenu universel à la désargence

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73 réactions à cet article    


  • Francis JL 20 mars 2019 17:52

    ’’l’après-salariat et à l’après-monnaie comme à l’après-pétrole ?’’

     Il a pire ! L’après antibiotiques !

     

    Le revenu universel versé inconditionnellement à chacun juste pour garantir son « droit à l’existence »

    est la dernière étape vers le rejet d’une partie de la population.

     

    Le travail ne disparaitra jamais. C’est l’utilité des travailleurs pour le capital qui disparait.

     

    « Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt

     

     C’est ça que vous voulez pour les générations futures ?


    • Arogavox Arogavox 20 mars 2019 18:09

       Lorsqu’on prétend respecter une égale dignité en chaque citoyen, quiconque ne comprend pas la nécessité logique (si la simple humanité n’y suffit pas), de mettre en œuvre, sans exiger une quelconque contrepartie particulière, ce qui est humainement possible pour éviter des souffrances injustes et des morts prématurées (voire à petit feu) ... n’est pas en position de convaincre des gens intègres et sains d’esprit ! 


    • V_Parlier V_Parlier 20 mars 2019 22:15

      @Arogavox
      Lorsqu’on prétend respecter une égale dignité en chaque citoyen, on n’ose pas imaginer un système dont le fonctionnement normal admet qu’une partie de la population doit travailler pour entretenir l’autre. Car bien que le travail puisse considérablement diminuer pour tous (sous réserve d’adaptation des exigences des travailleurs-consommateurs, autre point chaud) le monde ne peut être juste que si ce travail est partagé. Aujourd’hui il est déjà injustement partagé aux quatres coins du monde, avec une valeur(*) différente selon qui l’effectue, et on nous propose encore pire, histoire de rêver hors sol plutôt que de s’atteler à du faisable.

      (*) Qu’on exprime cette valeur en argent, ou en travail de l’acheteur contre travail du travailleur.


    • Arogavox Arogavox 21 mars 2019 00:22

      @V_Parlier
       Et bien sûr, a contrario de cet ’idiot’ de logicien célèbre, vous n’avez pas pris la peine de préciser ce que vous entendez par « travail » !
       On se demande alors qui peut bien avoir la prétention de « travailler » pour les autres ! 
       Par exemple, si le ’travail’ est bien un instrument de torture, quoi d’autre que des larbins ?
         Si jamais, par contre, c’est une corvée vue comme un service librement consenti, alors ’librement’ impliquerait que le consentement ne dépende pas d’une hauteur de salaire ...

      Voilà un élément de la précision apportée par le logicien :

      "Tout d’abord : c’est quoi, le travail ? Il y a deux sortes de travail : premièrement, déplacer de la matière sur ou près de la surface de la terre ;
      deuxièmement, demander à d’autres personnes de le faire.

      La première sorte est désagréable et mal payée ;

      la seconde est agréable et hautement payée.


      La deuxième sorte de travail est susceptible d’extensions infinies :
      il y a non seulement ceux qui donnent des ordres,

      mais aussi ceux qui donnent des conseils quant à ce que l’on devrait donner comme ordres.


      D’habitude deux sortes opposées de conseils sont donnés simultanément par deux organisations humaines différentes ;

      c’est ce qu’on appelle la politique.

      La compétence exigée pour cette sorte de travail n’est pas la connaissance des sujets à propos desquels on donne le conseil, mais la connaissance de l’art rhétorique persuasif et de l’écriture, c’est-à-dire de la publicité.

      " ....


    • Francis JL 21 mars 2019 08:22

      @Arogavox
       
       excellent. ’’la compétence exigée pour cette sorte de travail ...’’
       
       Et aussi, l’autorité, érigée en l’occurrence au rang de compétence  : un titre, un grade, un CV, et toutes ces sortes de choses :

       « Il existe trois catégories de diffuseurs de la pensée dominante : les éditocrates, les sondologues et les experts. » Pinçon Charlot
       
      Les diffuseurs de la pensée dominante aujourd’hui plaident en faveur du RU qui sera à la base fondation d’une société future à trois vitesses : les alphas, les larbins et les esclaves.
       
      Ne nous faisons pas d’illusions : à terme, le RU sera une peau de chagrin. 
       
      N’oubliez jamais ça : ’’Ces gens qui ne sont rien et pour lesquels on dépense un pognon de dingue".
       


    • banban 21 mars 2019 10:30

      @Arogavox
      Ce logiciens oublie le troisième sorte de travail. celui d’alloué de la matière que l’on c’est approprié pour la mettre à la disposition de la deuxième personne, pour quel puisse demander à la première d’en faire quelque chose.
      Si dans la deuxième on retrouve des cadre, des politiques ect. dans la troisième on appelle cela aujourd’hui un actionnaire. c’est le travail demandant le moins d’effort et de compétence et qui est le mieux renumeré. 


    • Francis JL 21 mars 2019 11:08

      @banban
       
      ’’dans la troisième on appelle cela aujourd’hui un actionnaire ’’
       
       Très juste.
       
       « Un actionnaire, c’est-à-dire un homme bénéficiant de l’action des autres. » Robert Sabatier


    • Arogavox Arogavox 21 mars 2019 11:36

      @banban
       Ce logicien n’oublie rien du tout. J’espérais ne pas devoir faire l’offense aux lecteurs d’allourdir ma citation ... en supposant qu’ils sachent s’informer par eux-mêmes par un tout petit complément de lecture du court ouvrage cité :
      ... (suite, donc, du passage cité précédemment :)

       "Partout en Europe, mais pas en Amérique, il existe une troisième classe d’individus, plus respectée que ne l’est aucune des deux autres. Ce sont des gens qui, parce qui possèdent des terres, sont en mesure de faire payer aux autres le privilège d’être autorisés à exister et à travailler.
      Ces propriétaires fonciers sont des oisifs et on pourrait donc s’attendre à ce que j’en fasse l’éloge. Malheureusement, leur oisiveté n’est rendue possible que par l’industrie des autres ; en fait, leur désir d’une oisiveté confortable est, d’un point de vue historique, la source même du dogme du travail. La dernière chose qu’ils voudraient serait que d’autres suivent leur exemple.

      "


    • banban 21 mars 2019 13:08

      @Arogavox
      merci. 


    • Arogavox Arogavox 20 mars 2019 17:57

      Difficile, même pour l’auteur, d’avancer encore dans le changement de paradigme qu’il envisage. Si l’on en croit cette phrase : " ... ne vaudrait-il pas mieux désormais lui accorder un revenu afin qu’elle puisse enfin... se mettre à travailler  ?

      « 

         Qui serait donc en position (de sainteté ? de légitimité ? reconnue comment et par qui ?) pour  »accorder un revenu« à autrui  ? 
        Se mettre à  »travailler« (sans que le »travail« n’ait été redéfini !) resterait alors un graal indépassable ?!

         

       Encore une fois, le logicien et philosophe qui a écrit jadis »In praise of idleness« n’était ni un fainéant, ni un gourou, ni un prétentieux m’as-tu-vu ! Et il n’a pas attendu ce siècle des »en avance« et »progressistes« conformistes dans leurs atavismes conservateurs pour comprendre bien avant et bien mieux que nos contemporains le fondement le plus pertinent du changement de paradigme qui s’impose à ce millénaire :
        Ce n’est pas le »travail" qui a permis de développer l’art, et les cultures qui enchantent notre humanité : c’est le loisir, ou, plus précisément l’accès à l’otium !

      ...


      • V_Parlier V_Parlier 20 mars 2019 22:18

        @Arogavox
        Vous allez me faire regretter les marxistes... C’est autant d’enfumage que le barratin des libéraux avec la croissance infinie et en même temps l’ère post-industrielle...


      • Arogavox Arogavox 21 mars 2019 00:55

         Question de barratinage et enfumage ... reste à comparer l’argumentation de V_Parler à celle de Bertrand Russell ...


      • Arogavox Arogavox 21 mars 2019 01:04

         "C’est dans sa mefiance envers le pouvoir que Russell trouve le lien entre savoir d’une part, et liberalisme et democratie de l’autre.

        Le pouvoir tend immanquablement a creer l’orthodoxie autour de lui, mais c’est de l’heterodoxie que decoulent presque toutes les avancees importantes, dans le domaine de la connaissance comme ailleurs. Et le meilleur moyen d’assurer que l’Etat garantisse ces libertes indispensables a I’ invention et a la decouverte, c’est la democratie. 
          
        La deuxieme consequence du souci russellien de certitude - le 
        refus des idees fausses ou infondees - a un lien plus solide avec le liberalisme democratique. 

        En politique, comme ailleurs, la recherche de la connaissance commence pour Russell, a l’instar de Descartes, par la suspension de toute opinion insuffisamment fondee"


         cf https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-1990-1-page-203.htm

      • Arogavox Arogavox 20 mars 2019 18:33

         L’idée de coupler une réflexion sur l’argent à celle d’un revenu « minimum » d’existence n’est pas nouvelle.

          Bien après certains pionniers qui à l’occasion d’une étude de marché pour l’ex avion ’Concorde’, avaient pris conscience que n’importe quel nouveau-né, avait commencé avant même sa naissance à participer à l’économie de marché (en consommant des ’produits’ et services de pré-natalité) ...

         cette vieille page témoigne de l’idée de « refondre le fisc » à partir du concept de « monnaie fondante » ... cf http://okidor.free.fr/reflects/file/refondreLeFisc.html

          Ne pas s’y tromper : l’idée n’était pas d’accepter comme juste le concept d’une ’flat taxe’, mais de faire valoir qu’au pire, la priorité des priorités restera toujours, au minimum, de ne pas fermer les yeux sur le ou les concitoyens qui ne peuvent pas ou plus vivre dignement quand d’autres disposent injustement de ressources superflues.


        • lephénix lephénix 20 mars 2019 20:57

          @ JL

          justement, le travail humain est plus irremplaçable que jamais alors que les travailleurs sont jetés dans le chaudron de la « création de valeur », de la « compétition » et du moins-disant social globaliste, alors pourquoi ne pas donner à tout « travailleur en puissance » un revenu afin qu’il commence par créer son « travail » ? donc un travail librement choisi au lieu de subir le chantage de la « recherche d’emploi » dans un monde qui a tourné la page du plein emploi à force de « dérégulations » et autres délocalisations ? quand l’emploi qualifié se raréfie, autant assurer les « vrais gens » de la garantie d’un revenu par un filet de sécurité leur permettant de devenir créateurs de leur vie plutôt que créatures présumées « assistées »... après le bouclier fiscal, le bouclier social...


          • lephénix lephénix 20 mars 2019 21:03

            @ Aragovox

            c’est tout la question d’une « instance » légitime pour distribuer ce revenu ou garantir cet accès à tous alors qu’il devient évident que l’attelage « légalité » et « légitimité » se disjoint à grand fracas... 

            l’idée d’une « monnaie fondante » a été défendue par silvio gesell dès le début du XXe siècle puis par Jacques Duboin dans l’entre-deux-guerres... et voilà que l’on y est par d’autres voies bien impénétrables de la phynanciarisation dopée au lsd electronique et autre... 


            • novo12 20 mars 2019 23:29

              Si Soros, Zuckerberg, et beaucoup d’autres oligarques sont pour le revenu universel, c’est pour contrôler plus étroitement la population. Comme on donne la pâté a un chien. Voir cette vidéo pour comprendre la psychologie des oligarques : https://youtu.be/mUOTC3MS-ck


              • Attilax Attilax 21 mars 2019 00:04

                Il y a encore mieux qu’un salaire universel, dont on dépendrait selon le bon vouloir d’un tiers : une part de création monétaire universelle, tous la même. C’est possible, ça existe, ça marche, ça s’appelle la Monnaie Libre et c’est génial.

                https://monnaie-libre.fr


                • McGurk McGurk 21 mars 2019 01:19

                  L’idée est en soi complètement grotesque et très dangereuse.

                  Alors comme ça, l’argent pousse sur les arbres et on a, parce que l’on vit, droit de toucher sa « pension ». Une sorte de société à mi-chemin entre les rentiers et les assistés. Un jour, on aura peut-être une allocation à vie parce qu’on respire.

                  Mais le texte va plus loin dans le ridicule. On y parle d’ « après-salariat », de « toujours plus de production » et on en fait une espèce de bouillie confuse dans laquelle on balance un peut tout et n’importe quoi.

                  Le capitalisme ne signifie pas l’hyperproductivité, on confond la dérive faite par le monde des affaires et le concept. Le « revenu à vie » signifie des actifs qui travaillent pour payer ces sommes astronomiques versées à la société. Les transports n’apparaissent pas comme par magie et ont un coût, qu’on le veuille ou non. Le fait d’être salarié n’est pas une « tare ».

                  En fait, on ne peut s’affranchir de toute réalité comme dans ce texte, où on nous faire croire au pays des bisounours. C’est d’ailleurs pas loin des thèses anarchistes (dans le sens politique).

                  Le rêve d’une société « amonétaire » n’a pas non plus le moindre sens. Vers quoi se fonderont les échanges ? Le prétexte « ouais mais certains n’en auront jamais assez » est absurde, c’est parce qu’on ne souhaite pas réguler ces problèmes qu’ils perdurent et créent ces inégalités.

                  Le pire dans tout ça, c’est le danger d’exclusion, si cette mesure était prise, ce décalage entre la société connectée au travail partie intégrante de la vie et celle inactive. Une sorte de société à deux vitesses.

                  J’ai même finalement l’impression que ledit texte présente une sorte de fuite en avant pour ne pas affronter les problèmes et encore moins les résoudre. Une sorte de négation du réel.


                  • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 21 mars 2019 02:23

                    @McGurk
                    Alors comme ça, l’argent pousse sur les arbres

                    Euh non, ce sont les machines qui travaillent à notre place de nos jours.

                    parce que l’on vit, droit de toucher sa « pension ».

                    Pourquoi pas ! Un nouveau droit universel, celui de pouvoir vivre décemment dans un monde où les gens ne sont plus autonomes car enfermés dans des clapiers sans jardins et où tout est marchandise. Et de toute façon, ça existe déjà, ça s’appelle le RSA. Mais c’est insuffisant pour vivre décemment.


                  • foufouille foufouille 21 mars 2019 07:27

                    @McGurk
                    tu n’es plus sans emploi ?


                  • McGurk McGurk 21 mars 2019 11:37

                    @dr.jambon-beurre

                    Les machines ? Ce ne sont que des outils nous permettant d’atteindre un but et non pas d’être oisifs. De plus, plus la mécanisation avance, plus il faut de personnes pour l’entretenir.

                    "car enfermés dans des clapiers sans jardins et où tout est marchandise. Et de toute façon, ça existe déjà, ça s’appelle le RSA. Mais c’est insuffisant pour vivre décemment.« 

                    C’est bien trop flou pour comprendre de quoi vous parlez ou bien de justifier quoi que ce soit.

                     »Et de toute façon, ça existe déjà, ça s’appelle le RSA. Mais c’est insuffisant pour vivre décemment."

                    J’y suis depuis un certain moment (sans emploi) et je peux vous certifier que c’est l’enfer de ne pas pouvoir bosser.


                  • McGurk McGurk 21 mars 2019 11:38

                    @foufouille

                    Etre entretenu et rien avoir à foutre de ses journées est loin d’être une partie de plaisir. C’est à devenir dingue.


                  • foufouille foufouille 21 mars 2019 11:53

                    @McGurk
                    apprends ou apprends à te débrouiller. tu as des tas de sites gratuit sur le net pour te former. tu peux faire du bénévolat ou récupérer dans les poubelles, etc. en 26 ans de maladie, je ne me suis jamais emmerdé un instant.


                  • McGurk McGurk 21 mars 2019 12:08

                    @foufouille

                    C’est bien gentil mais ça n’arrangera pas grand chose.


                  • foufouille foufouille 21 mars 2019 12:20

                    @McGurk
                    c’est ça ne pas avoir rien à foutre. à moins que tuu ne saches rien faire du tout de tes doigts.
                    un jour, tu seras vieux ou malade et tu trouveras cette période pas si pourrie.


                  • McGurk McGurk 21 mars 2019 13:25

                    @foufouille

                    J’ai effectué récemment une formation. Ca n’intéresse hélas aucun employeur.


                  • foufouille foufouille 21 mars 2019 13:56

                    @McGurk
                    fais en une autre ou essaye de créer une entreprise. trouve des hobbies.


                  • Jean Keim Jean Keim 21 mars 2019 09:10

                    Le R.U. mis en place par les dirigeants actuels se traduira par une sorte d’allocation pour solde de tout compte.


                    • ZenZoe ZenZoe 21 mars 2019 09:44

                      Ce qui se dessine surtout est un monde où le travail ne sera plus rémunéré. On aura d’un côté des rentiers, de l’autre des esclaves. Comme avant. Ou comme certains endroits de la planète.

                      Le travail ne disparaîtra jamais. Ce qui disparaît, c’est le travail payé à sa juste valeur. Et comme il faut bien des travailleurs pour produire des biens et servir les autres, il faut bien maintenir ces travailleurs en vie... mais juste en vie... pas trop, faut pas déconner non plus !


                      • Arnould Accya Arnould Accya 21 mars 2019 09:50

                        Excellent article excellement utopique.

                        Vous avez parfaitement raison dans l’absolu et parfaitement tort dans cette réalité plutocratique qui n’a absolument aucune appétence au partage.

                         


                        • lephénix lephénix 21 mars 2019 10:47

                          @ Jean Keim

                          c’est ce qu’il faut justement éviter : pas question d’une allocation a minima pour solde de tout compte mais une « prestation universelle » au-dessus du seuil de pauvreté qui consacre une reconnaissance comme membre d’une communauté


                          • lephénix lephénix 21 mars 2019 10:49

                            @ Arnould Accya

                            l’absolu s’ajuste à la réalité humaine, il faut bien commencer par poser des principes de justice sociale et d’équité et en prendre la direction ce qui suppose de « changer de cap », chacun ayant bien compris que le « cap actuel » mène à l’abîme et la spoliation...


                            • lephénix lephénix 21 mars 2019 10:55

                              @ Zen Zoe

                              il s’agit d’élever les travailleurs au dessus du seuil de pauvreté et ce d’autant plus rapidement que plus personne ne peut vivre décemment de son travail sauf une certaine parasitocratie qui verrouille son statut ses avantages aménagés pour leur bullshit jobs (lobbyistes etc) 

                              la nuisance et la ponction parasitaire qu’ils exercent sur la société est devenue insoutenable et ça se voit...


                              • lephénix lephénix 21 mars 2019 10:58

                                @ McGurk

                                un revenu universel suppose que ses contributeurs en seront aussi les bénéficiaires par alternance, personne n’est exclu de la contribution et pas de passagers clandestins, bien sûr il faudra réinventer le métier de banquier : « l’argent » est bel et bien créé à partir de rien, tous les mois des milliards de fausse monnaie sont imprimés et propulsent le prix des ’actifs" à des niveaux stratosphériques, rendant inaccessibles des besoins aussi vitaux que celui de se loger...


                                • lephénix lephénix 21 mars 2019 11:02

                                  @ novo 12

                                  vous mettez le doigt sur le risque majeur d’une « gouvernementalité algorithmique » analysés par eric sadin et bernard stiegler : un revenu universel attribué pour solde de tout compte dans une société automatisée « purement computationnelle » nous fait courir le risque d’une dépossession de ce droit élémentaire de nous gouverner nous-même au profit d’un leviathan algorithmique qui débrancherait lanceurs d’alerte et autres « sujets pensants » trop soucieux du « bien commun »...


                                  • Spartacus Lequidam Spartacus 21 mars 2019 11:45

                                    C’est beau l’utopie du revenu universel....  smiley

                                    Dommage que cela cache le pire de cette utopie, la spoliation généralisée.

                                    Les gens gentils, le bonheur pour tous et la vie à charge des autres, c’est tellement fantastique a dire, en ignorants les vils questions bassement matérielles....

                                    Qu’importe que Friedman nobel d’économie aie expliqué qu’il n’existe pas de repas gratuit.

                                    Qu’importe la loi économique de la tragédie des communs qui fait que le sens des responsabilités est moins élevé avec le bien commun que sa propriété.

                                    Qu’importe que le capitalisme a prouvé que la concurrence crée de la motivation et permet de donner le meilleur de soi pour et que le communisme c’est écroulé par l’absence de motivation a gagner plus.

                                    Qu’importe l’échec sans équivoque des Kibboutz Israéliens subventionnés et qui fournissaient de la nourriture locale et la même utopie du revenu fixe a tous.

                                    Ou à la fin les 2 qui bossaient réellement en avaient mare de regarder le 8 autres qui les regardaient en se branlant et bouffant leur récolte fruit des efforts d’une minorité.

                                    Si on appliquait cette utopie de donner sans compter aux relations sexuelles, on promettrait l’amour idyllique pour tous, sans voir que c’est le viol pour tous.

                                    Quel horreur de triste rappel de la loi de la question de la motivation. Pourquoi aller travailler puisque t’es payé a rien faire ?


                                    • biquet biquet 22 mars 2019 09:48

                                      @Spartacus
                                      Il existe encore des tribus qui vivent en autarcie, sans aucun système d’échanges c’est à dire sans monnaie. là-bas, personne ne vit sur le dos d’un autre, du travail d’un autre. C’est difficile de retourner à ce mode vie j’en conviens, mais vos propos montre combien vos idées sont fixes, sans espoir d’évolution. Dans une société capitaliste, on ne peut s’enrichir que sur le dos des autres, car la recherche du profit ne peut se faire qu’en dégageant un profit, une plus value très importante, cela ne peut se faire à partir de rien.


                                    • Spartacus Lequidam Spartacus 24 mars 2019 10:24

                                      @biquet
                                      Vous faites la réponse. 
                                      « difficile de retourner à ce mode de vie ».
                                      Effectivement pas d’anti moustique ni de brosse a dent.
                                      Constat de l’échec de se mode de vie qui n’est qu’un fantasme idéalisé.

                                      Quand au capitalisme, on ne s’enrichit pas sur le dos des autres, car la concurrence vous motive a ne pas le faire.
                                      La plus value, c’est la motivation qui fait que le boulanger se lève à 4h du matin et vous avez un croissant.
                                      C’est aussi parce qu’il y a une plus value que la serveuse sourit en vous servant le croissant.
                                      Quand à « l’évolution », le capitalisme a fait 100 fois plus en seulement 150 ans que 1000 ans de féodalisme.
                                      Après l’empire Romain, en 400 les vandales mettent fin a Rome et la monnaie ne vaut plus rien en mettant fin a une société qui a fait de formidables évolutions, hygiène, thermes, aqueduc, etc, sur un principe apparenté au capitalisme... 
                                      C’est un age sombre du moyen age de 1000 ans qui a suivit.


                                    • Laulau Laulau 21 mars 2019 11:52

                                      Imaginez une France ou chacun toucherait de l’état un revenu minimal de la naissance à la mort. Concrètement ça donnerait quoi ?

                                      Deux possibilités :

                                      Ce revenu permet réellement de vivre et on aurait du mal à trouver de la main d’œuvre. Cette option me semble très peu probable et encore moins réaliste.

                                      Il s’agit de quelques centaines d’Euro mensuel permettant de survivre. Pour améliorer son sort, il faudra travailler, même à 3 ou 4 € de l’heure, de quoi mettre du beurre dans les maigres épinards. Le MEDEF en rêve !


                                      • foufouille foufouille 21 mars 2019 12:04

                                        @Laulau
                                        si le smic te suffit mais je doute que ce soit le cas pour tout le monde.


                                      • zygzornifle zygzornifle 21 mars 2019 13:05

                                        @foufouille

                                         Hélas pour beaucoup le SMIC est un rêve inaccessible qui s’éloigne de jour en jour ....


                                      • zygzornifle zygzornifle 21 mars 2019 13:04

                                        Si Macron met en place un revenu universel ça sera 100 balles plus un flashball dans l’œil une main arrachée un mois de taule une grosse amende et un poster de son Castaner d’amour enlaçant son Benalla d’amour adoré chéri tabassant les manifestants .....


                                        • Ecométa Ecométa 21 mars 2019 14:30

                                          Le travail, meilleur système de répartition en économie de marché, comme nous l’avons connu n’existera plus jamais ! Il y a pourtant des hommes et des femmes politiques qui sont persuadés que le travail reviendra comme avant.

                                          Tout en gardant un travail principalement, mais qui se réduit comme peu de chagrin, Il faut mettre

                                          autre chose en place comme mode de répartition économique, et c’est le Revenus Universel !

                                          On a bien osé le « libéralisme économique », une liberté portée à son paroxysme (isme) pour les « tenants » propriétaires des biens de production et leurs seuls « aboutissants » capitalistiques et désormais financiaristes, débarrassé des « contraintes sociétales » ; alors pourquoi pas le Revenu Universel !

                                          Ce serait une liberté économique pour tout un chacun de se libérer des contraintes imposées par un financiarisme qui, concurrence mondialisée oblige avec les pays les moins disant sociétalement, tire notre sociétal vers le bas !

                                          Pourtant et dans l’air du temps, utiles et nécessaires, il y a des tas de services à la personne mais aussi aux entreprises, qui ne sont pas satisfaits car pas suffisamment rentables, pas assez d’heures d’activité pour en vivre, mais, qui pourraient l’être si le Revenu Universel existait ! Mais peut-être que les tenants et les aboutissants du libéralisme économique et du financiarisme, ont à craindre du Revenu Universel ?

                                          Il y a un arbitrage économique intelligent à faire, sur environ 700- à 800- milliards d’€, en termes d’impôts et charges sociales, pour mettre en place un Revenu Universel , donné à tous mais repris par l’impôt pour ceux qui n’en ont pas besoins ; mais l’intelligence, contrairement à la malignité, n’est hélas pas le fort de nos classes dirigeantes !

                                          Ce « Revenu Universel » doit être ambitieux individuellement, puisque de toute façon, il sera repris en cas de revenus du travail individuels dépassant un certain seuil de revenus.

                                          Le « Revenu Universel » c’est une « liberté » et même un « assurance » économique ; c’est une « avance » sur revenus sans obligation de remboursement, qui, le plus souvent sera remboursée en très grande partie ! 


                                          • lephénix lephénix 21 mars 2019 15:07

                                            @ Lalau

                                            effectivement un tel revenu a déjà été instauré en 1795 à Speenhamland pour arracher les pauvres à la misère et donc « sécuriser » la vie sociale mais le patronat des premières manufactures l’a détourné en subvention en n’embauchant que des allocataires, faisant baisser le « coût » du travail et payant donc des salaires de misère.. on peut espérer qu’instruit par l’expérience, un nouveau « dispositif » veillera à ne pas reproduire ce détournement...


                                            • lephénix lephénix 21 mars 2019 15:11

                                              @ Ecometa

                                              il s’agit effectivement d’un arbitrage économique intelligent parce que « gagnant-gagnant » contrairement aux usines à gaz imposant des accords gagnant-perdant« au détriment des mêmes, toujours...

                                              et la collectivité y trouvera son compte par une véritable irrigation et circulation de richesses (ne parlons pas du »ruissellement"...)


                                              • lephénix lephénix 21 mars 2019 15:13

                                                @ Attylax

                                                Paul Ariès propose un tiers du RU en monnaie locale, ce pourrait être une transition vers la désargence... autant expérimenter ce qui est susceptible de marcher que de persévérer dans ce qui nous ruine tous..


                                                • perlseb 21 mars 2019 15:53

                                                  Il faut d’abord définir le travail avant de parler de revenu universel. Je crois qu’il faut adhérer à l’étymologie antique (tripalium) qui nous indique que le travail est désagréable mais, parce que la nourriture ne tombe pas toute seule dans la bouche, il faut bien s’y coller.
                                                  Déjà avec cette définition, on constate qu’il y a tout un tas de gens qui gagnent de l’argent sans travailler : les rentiers (capitalistes ou propriétaires), et ceux qui ont un « travail passionnant » (par exemple, les chercheurs, ceux qui développent de nouvelles techniques, ceux qui divertissent les autres, ...).
                                                  Nous avons tous des besoins « élémentaires » (qui devraient être assez élevés dans une société qui se dit évoluée). Et pour réaliser ces besoins élémentaires, il y a, inévitablement, des « réels travaux » (désagréables, ou en tout cas, pas épanouissants) qu’il faut bien faire. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut partager ces travaux désagréables ? Ou plus exactement, je comprends très bien. Il y a en gros 2 catégories d’individus : les gens honnêtes qui comprennent qu’on ne peut pas consommer sans travailler un minimum (soit ils sont au chômage malgré eux pour participer à la baisse généralisée des salaires, soit il travaillent) et de l’autre côté ceux qui aiment bien vivre sur le dos des autres (soit en gagnant des fortunes en étant actionnaire ou gros propriétaire, soit en cherchant toutes les aides possibles, soit en ayant un travail qui n’en est absolument pas un (passionnant)).
                                                  La question est donc morale. Si plus de la moitié des gens ont envie de faire partie des profiteurs (pas de morale) alors la société ne doit pas changer. Sinon, il faut partager le vrai travail (désagréable) et on pourra alors utiliser notre temps libre (qui serait conséquent avec un tel partage) à faire les métiers passionnant que certains pratiquent aujourd’hui de manière rémunérée.
                                                  La conclusion, c’est qu’une société civilisée ne devrait faire aucun bénéfice sur les produits de première nécessité (logement décent, nourriture correcte). Ceux qui sont exclus de cette production de base (malgré leur réelle volonté de participer au travail désagréable) devrait donc bénéficier gratuitement de ces services de base. Mais comme il n’y aurait pas de bénéfice à faire sur ces produits là, on n’aurait aucune raison de mettre de la main d’oeuvre à l’écart pour les réaliser.
                                                  Bien sûr, les raisonnements précédents ne marchent que de manière réelle (en comptant les échanges de biens et services en heure normalisée de travail désagréable, qui est la seule réalité) : avec la virtualité de l’argent et de la propriété privée, on peut interdire aux personnes de travailler (la terre et les usinent ne leur appartiennent pas) ou leur expliquer que l’argent manque pour les embaucher.


                                                  • Arogavox Arogavox 21 mars 2019 22:30

                                                    @perlseb
                                                     étonnant comme il semble impossible à une majorité pourtant scolarisée, instruite, de tirer les conclusions d’une fourberie-entourloupe verbale, pourtant largement signalée, identifiée et reconnue, en acceptant d’appeler un chat : un chat !
                                                      
                                                    Albert Camus avait pourtant prévenu :

                                                    « Mal nommer un objet c’est ajouter au malheur de ce monde, car le mensonge est justement la grande misère humaine, c’est pourquoi la grande tâche humaine correspondante sera de ne pas servir le mensonge. »

                                                     Pourquoi utiliser cette contorsion de langage « travail désagréable » sans évoquer par ailleurs l’éventualité qui en découle « travail agréable » (cf citation de « In praise of idleness ») ... alors qu’il existe des mots précis, dont le sens évite la confusion polysémique du mot « travail » pour désigner clairement soit des corvées, soit un pensum, soit des affaires, ou une sinécure, ou une planque, ou des études, ou de l’entraînement, ou du bricolage, ou de l’otium ... !

                                                     Reprenons donc l’idée avec le mot « corvée ». 
                                                    Partager les corvées, voilà qui remet les idées en place ! 
                                                     Mais, qui cela ne fera-t-il pas sourire ? Qui ne pensera pas aux bizounouirs ?
                                                     Lorsqu’un empereur a voulu partager équitablement le danger de la guerre, par la conscription obligatoire, cela avait donné lieu aux légendes peuplées d’ogres, et aux détournements de la loi ..

                                                     Ne serait-il pas finalement plus facile et plus naturel de partager l’accès à l’otium ?
                                                    ( Certes, il est généralement plus évident de savoir ce qu’on ne veut pas que de savoir ce que l’on veut ; mais est-il envisageable de ’partager’ ce que l’on ne veut pas ? Ceux qui seraient les arbitres d’un tel « partage », accompliraient-ils une corvée ?)


                                                  • Ecométa Ecométa 22 mars 2019 09:38

                                                    @perlseb
                                                    Ce n’est pas « tripalium » mais « trepalium », système de trois pieux qui entravait les esclaves pour la nuit pour qu’ils ne s’échappent pas !

                                                    Le travail a donc ses origines dans l’esclavagisme !

                                                    Mais au fil du temps le travail a évolué vers un plus d’humanité... encore que ceci s’est fait avec une très grande lenteur... et à force de luttes des travailleurs et assez souvent avec un très prix élevé. Une lutte qui s’est faite en opposition au capitalisme et désormais au financiarisme qui ferait presque regretter le capitalisme de grand papa, qui, lui, bien que cahin-caha était lié au travail. Le financiarisme fait de l’argent avec de l’argent ( nouvelle pierre philosophale) et n’est pas lié au travail....

                                                    Pourquoi le travail ne serait pas un moyen d’épanouissement ? 

                                                    Il y a eu une tentative avec la « sociologie d’entreprise » dans les anéées 70/80 du siècle dernier, aussi avec le « management par la qualité totale » ( totalement dévoyé par la suite ) ; tout ceci a étét vite balyé par le retour au « libéralisme économique » de Milton Friedmann et son « la science économique doit être une science positive », et donc un retour d’un siècle en arrière au « positivisme » et au « scientisme » d’Auguste COMTE : le « comment sans le pourquoi »

                                                    véritable imposture intellectuelle !

                                                    Un positivisme, un scientisme, un technoscientisme, que des « paroxysmes », des mots en « isme » ; autant d’abus de tout qui dirigent nos vie !

                                                    Pour suive votre démarche, assez simplement , mais d’une manière très éclairante, je vais revenir, dans un post plus loin, aux origines de l’économie, étymologiquement : la règle de la maison  !


                                                  • perlseb 22 mars 2019 10:26

                                                    @Arogavox

                                                    Reprenons donc l’idée avec le mot « corvée ».
                                                    Non, la corvée a justement un sens précis : travail non rémunéré imposé par un maître à ses sujets. Le « travail désagréable » n’est imposé que par vos propres besoins. Et la rémunération est constituée par la satisfaction de vos besoins. Le travail ne devrait jamais être imposé par d’autres.

                                                    Ceux qui seraient les arbitres d’un tel « partage »
                                                    Il n’y a pas réellement besoin d’arbitres. Seulement de légères majorations de l’heure de travail (=> « heure normalisée ») selon la pénibilité effective des tâches à effectuer : en gros selon la loi de l’offre et de la demande pour que toutes les « corvées » soient effectivement réalisées. Dès qu’on met en place des décideurs, c’est la fin des libertés pour tout ceux à qui on ne donne pas d’autre choix que d’obéir. Si on ne peut s’empêcher de nommer un décideur, alors il ne doit pas être rémunéré : il y a assez de gens autoritaires pour commander les autres dans leur temps libre.


                                                  • perlseb 22 mars 2019 10:28

                                                    @Ecométa

                                                    Pourquoi le travail ne serait pas un moyen d’épanouissement ?
                                                    Je suis pour la suppression des tâches fastidieuses et on ne peut que souhaiter un monde où tous les métiers pénibles auraient disparu. Mais il se trouve que de nombreux métiers pénibles, pourtant indispensables, sont très mal rémunérés et, justement parce qu’ils sont mal rémunérés, on ne ressent pas le besoin (financier) de les changer (par automatisation (transformation), par plus de reconnaissance (moins d’heures pour le même revenu), etc...). Il existe aussi de nombreux métiers totalement inutiles et pourtant bien rémunérés qui ne permettent pas non plus un réel épanouissement. Les métiers où l’on s’épanouit sont finalement si rares qu’il faut connaître du monde, ou au minimum plaire à ceux qui distribuent de tels emplois.
                                                    Si l’on veut réellement faire avancer les choses, il faut partager les tâches fastidieuses (tout le monde se sentirait concerné par leur suppression) et laisser libre les gens de pratiquer ce qui les épanouit. Exemple : vous avez des diplômes, pouvez-vous accéder à du matériel pour faire des essais, de la recherche ? Non, il faut être chercheur ou développeur dans une entreprise.


                                                  • perlseb 22 mars 2019 10:29

                                                    @Ecométa

                                                    Pourquoi le travail ne serait pas un moyen d’épanouissement ?
                                                    Je suis pour la suppression des tâches fastidieuses et on ne peut que souhaiter un monde où tous les métiers pénibles auraient disparu. Mais il se trouve que de nombreux métiers pénibles, pourtant indispensables, sont très mal rémunérés et, justement parce qu’ils sont mal rémunérés, on ne ressent pas le besoin (financier) de les changer (par automatisation (transformation), par plus de reconnaissance (moins d’heures pour le même revenu), etc...). Il existe aussi de nombreux métiers totalement inutiles et pourtant bien rémunérés qui ne permettent pas non plus un réel épanouissement. Les métiers où l’on s’épanouit sont finalement si rares qu’il faut connaître du monde, ou au minimum plaire à ceux qui distribuent de tels emplois.
                                                    Si l’on veut réellement faire avancer les choses, il faut partager les tâches fastidieuses (tout le monde se sentirait concerné par leur suppression) et laisser libre les gens de pratiquer ce qui les épanouit. Exemple : vous avez des diplômes, pouvez-vous accéder à du matériel pour faire des essais, de la recherche ? Non, il faut être chercheur ou développeur dans une entreprise.


                                                  • Ruut Ruut 22 mars 2019 08:07

                                                    Le plus simple et efficace serait d’aligner tous les salaires et d’ajouter des primes aux postes en déficit faute d’attractivité. Bien sur avec un maximum de 10 fois le salaire de base.


                                                    • Ruut Ruut 22 mars 2019 08:09

                                                       Le travail ne manque pas en France, c’est les postes a salaires décemment rémunérés qui manquent en France.

                                                      Il y a trop d’abus pour des postes a utilité discutables et trop d’insuffisances a des postes utiles a tous.


                                                      • lephénix lephénix 22 mars 2019 08:21

                                                        @ perlseb

                                                        John Kenneth Galbraith donne une définition du « travail » qui en souligne l’ambivalence : « travail désigne à la fois l’obligation imposée aux uns et la source de prestige et de forte rémunération que désirent ardemment les autres, et dont ils jouissent. User du même mot pour les deux situations est déjà un signe évident d’escroquerie. »

                                                        donc, ceux qui jouissent d’une situation gratifiante, source de plaisir inépuisable qui leur donne un puissant sentiment de leur « importance personnelle » jouissent aussi du « pouvoir » de refuser à d’autres l’accès à ce qui leur assurerait leur subsistance parce qu’il n’y aurait « pas d’argent » ? qui de nos jours ignore le mécanisme de création monétaire ?


                                                        • perlseb 22 mars 2019 10:57

                                                          @lephénix
                                                          qui de nos jours ignore le mécanisme de création monétaire ?

                                                          Je ne suis pas sûr de comprendre. N’y aurait-il pas une révolution si tout le monde savait comment l’argent était créée dans les banques ?
                                                          Pourquoi finalement certains cherchent à créer une « monnaie libre » alors que c’est la monnaie qui dévoie tout justement ? Avec la monnaie et la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, on peut escroquer des éleveurs qui produisent du lait à perte ou donner des revenus indécents à des traders, des acteurs ou des sportifs qui en fin de compte se rémunèrent tous sur les achats que l’on peut faire au supermarché du coin, qu’on le veuille ou non car on nous demande pas notre avis. Enfin, il y en a qui sont convaincu que regarder une publicité ou cliquer sur un lien rapporte à d’autres (ce sont ceux qui possèdent les boites qui décident de l’enveloppe qu’ils donnent).
                                                          Je suis effectivement pour la suppression de la monnaie, même « libre ». La seule justice, c’est de rémunérer le travail par le travail. La monnaie créera toujours des déséquilibres car la loi de l’offre et la demande est toujours honteusement trafiquée.
                                                          Si je regarde autour de moi, la plupart des gens estiment la monnaie indispensable : on n’est pas près de la supprimer... Et c’est vrai que ça a un côté simpliste : donner une équivalence de tout avec une seule échelle.


                                                        • Ecométa Ecométa 23 mars 2019 11:02

                                                          @perlseb
                                                          La monnaie n’a tien à voir avec la loi du marché... elle est est un moyen pratique d’échange  ! Ce qui pose problème c’est qu’elle a été privatisée par le système bancaire !

                                                          « Donnez-moi le pouvoir de créer la monnaie et je me moque de qui fait les lois. Mayer Rothschild fondateur de la dynastie Rothschild

                                                          Nous en sommes-là ! le problème c’est le mode de création de la monnaie ... mais pourquoi pas le crédit ; mais pourquoi pas aussi, et conjointement au crédit, à, partir d’une institution nationale du Revenu Universel d’Autonomie par création monétaire ex-nihilo ! Un »quantitative easing« versé directement et automatiquement aux particuliers sans condition au départ,au titre du Revenu Universel d’Autonomie, qui, ensuite serait repris en fonction d’un plafond de revenus ! Ce serait un solde net de 400 milliards € et peut-être moins ; il en est déjà, sur le budget de l’État, donné 178 milliards au Titre - 6 Des dépenses d’intervention (aux particuliers ( 65Mds) et aux entreprises (113 Mds). Le reste étant à arbitrer »intelligemment" au titre des impôts et sur les 700 Mds de la Protection sociale. 

                                                          Il suffit d’un peu de courage politique et d’en finir avec le dogme capitaliste et désormais financiariste. ce qui ne veut pas dire se passer du capital et de la finance qui sont utiles et nécessaires à l’économie, ceci, à la condition expresse d’en faire une bonne valeur d’usage... donc sans les porter à leur paroxysme : au capitalisme et au financiarisme ! Il convient de les réguler ! 

                                                          L’autonomie...C’est ce qui existait avant l’économie, avant les « sciences économiques » et leur rationalisme mathématico technoscientiste ! Quant à la dette et son abandon : la pratique est ancestrale : régulièrement des dettes ont été abandonnées par les débiteurs institutionnels dans l’histoire économique de l’humanité.

                                                          http://www.journaldumauss.net/?La-pensee-economique-neoliberale-comme-ideologie-de-la-classe-rentiere

                                                          http://www.journaldumauss.net/?Tuer-l-hote-comment-l-economie-de-predation-detruit-l-economie-de-production

                                                           

                                                          Michaël Hudson

                                                          Nous avons là des « sciences économiques », elles sont pléthores comme autant de moyens à mettre en œuvre qui s’ignorent les unes les autres et même se combattent ; des sciences économiques qui n’étudient en rien l’économie mais la phagocytent ; et, de ce fait, donnent le bâton à la société pour se faire battre !

                                                          Quant à la loi du marché c’est un pur sophisme, une hypothèse simplificatrice au simplisme, qui ignore les « intermédiaires » entre les producteurs offreurs et consommateurs demandeurs ! 

                                                          Des intermédiaires essentiellement marchands 

                                                          qui font leur loi sur un marché qu’ils manipulent !


                                                        • perlseb 24 mars 2019 19:56

                                                          @Ecométa

                                                          Vous vous trompez sur la monnaie. Je connais l’historique sur le côté pratique.
                                                          Mais la monnaie existe parce que les premiers échanges ont été basés sur le vol et sur le secret : on ne veut pas dire à celui à qui on vend un objet ou un service comment on l’a fait ou comment on va le faire. Et c’est cette culture du secret qui fait que certains se font avoir (travaillent plus qu’il ne reçoivent des autres) et forcément, d’autres sont gagnants...
                                                          Si on jouait carte sur table, avec des procédés de fabrication connus et divulgués (la propriété intellectuelle est une aberration, pire encore que la propriété foncière), on pourrait déduire de chaque ressource, de chaque objet ou service en vente, un prix juste, un prix « horaire normalisé » (car certains travaux sont plus pénibles que d’autres). Ces calculs sont compliqués (il faut compter les amortissements d’outils et d’infrastructures) mais il sont faisables.
                                                          Mais pour passer d’un système économique basé sur le secret et le vol à un système juste il faut que l’économie entière fasse la transition que fait l’informatique (du code secret au code libre et ouvert). Il commence à exister des matériels dont les procédés de fabrication sont divulgués (voitures électriques open source,...). Avec l’impression 3D, et des plans en accès libres sur internet, on pourra finalement revenir à une autonomie perdue sans pour autant revenir à l’age de pierre.


                                                        • Francis JL 24 mars 2019 20:08

                                                          @perlseb
                                                           
                                                           ’’Si on jouait carte sur table, avec des procédés de fabrication connus et divulgués (la propriété intellectuelle est une aberration’’
                                                           
                                                          Je pense que vous voulez parler de la propriété industrielle ?
                                                           
                                                          Pour parler de ces choses, il faut savoir que la propriété industrielle c’est l’exact opposé du secret : le deal c’est « protection contre divulgation » ; Seuls les procédés et inventions rendus publics sont protégés.
                                                           
                                                          L’alternative aux brevets c’est le secret et réciproquement.


                                                        • perlseb 24 mars 2019 20:25

                                                          @JL
                                                          Je suis un peu imprécis, il est vrai. Pour moi, toutes les formes de propriétés intellectuelles sont une aberration : brevets, droits d’auteurs...
                                                          La propriété intellectuelle, comme toutes les propriétés, est une interdiction. Pour les brevets, supposons que par une recherche honnête, vous déduisez un « nouveau » procédé de fabrication. Et bien si un brevet a déjà été déposé, vous avez cherché pour rien : soit vous n’utilisez pas vos recherches, soit vous devez rémunérer le possesseur du brevet. Bien sûr on peut imaginer que ceux qui recherchent et finissent par tomber sur un brevet existant sont idiots, mais certains brevets sont en eux-mêmes des aberrations (créés pour des batailles entre avocats et obtention de rentes...)
                                                          Comme je pense que la recherche ou le développement n’est pas un travail (c’est passionnant), tout ce qui en découle doit être gratuit, librement utilisable (comme l’informatique libre). La concurrence économique est une perte gigantesque, comme la guerre finalement. Les entreprises sont en guerre les unes avec les autres. Tout cela est lié au système pyramidal sous-jacent. Il n’est pas difficile de comprendre que cette guerre et cette culture de la rente (brevets ou plus généralement propriété) ne sert pas la collectivité.


                                                        • Francis JL 24 mars 2019 20:40

                                                          @perlseb
                                                           
                                                          ’’ si un brevet a déjà été déposé, vous avez cherché pour rien’’
                                                           
                                                           Quand vous faites des recherches susceptibles d’être brevetées, vous avez intérêt à connaitre ce qu’on appelle « l’état de l’art » dans le domaine considéré : tous les brevets déposés sont à votre disposition. Bien sûr, c’est parfois une course entre les différentes équipes pour arriver avant les autres.
                                                           
                                                           Je suis assez d’accord, le système des brevets est aujourd’hui complètement dévoyé.


                                                        • lephénix lephénix 22 mars 2019 08:26

                                                          @ Ruut

                                                          Bernard Friot propose un salaire inconditionnel pour tous, de 1 à 4, c’est-à-dire de 1500 pour les « moins qualifiés » à 6000 maximum pour les « plus qualifiés », ainsi on pourra resserrer les écarts abyssaux de revenus et en finir avec les inégalités tout en réhabilitant les emplois vraiment « utiles » à tous... on en finirait aussi avec les suicides d’agriculteurs, d’artisans boulangers, de policiers, etc.


                                                          • Ecométa Ecométa 22 mars 2019 13:02

                                                            Avant l’économie:il y avait quoi ?

                                                            Au début, et ceci existe aussi chez l’animal, il y a, et toujours, car c’est immuable ; il y a la nécessite de satisfaire, et c’est vital, des besoins vitaux !

                                                            A l’origine, comme le faisait le chasseur cueilleur, ceci se faisait par l’« autonomie » ; et il le faisait pour sa famille proche, ascendants et descendants, pour sa « maison », d’où le terme d’ « économie », étymologiquement la « règle de la maison » !

                                                            Ensuite les humains ont formé des collectivités, villages, villes, cités, puis des Nations, des communautés économiques et là on est passé à l’ « économie » et surtout au rationalisme économique pour satisfaire de plus en plus d’humains en termes de production jusqu’au « productivisme », paroxysme de productivité ( le taylorisme... nouvel esclavagisme) qui contraint l’humain et le prive d’une certaine liberté d’action, d’une certaine autonomie, en terme de travail de choix possibles différents : différencier les offres pour satisfaire le plus possible !

                                                            Un rationalisme, paroxysme de rationalité, et plus simple rationalité, qui, appliqué à l’humain participe de plus en plus à sa réification ; il devient une chose exploitable comme une autre. Un rationalisme qui contraint de plus en plus l’humain et oublie l’autonomie... le libre choix et des choix possibles différents les uns des autres !

                                                            Donc avant l’économie il y avait l’autonomie... il ne fait aucun doute que le Revenu Universel redonnerait de cette autonomie individuelle originelle nécessaire à l’économie : à la règle d’ensemble !

                                                            Avec le Revenu Universel, il y aurait moins d’exploitation de l’humain par l’humain avec la possibilité de dire « NON » face à un libéralisme économique prédateur de l’économie sociétale !

                                                            Bien sûr que les exploiteurs, les prédateurs économiques que sont les rentiers du capitalisme et du financiarisme, de leurs seuls tenants et aboutissants , ne seront jamais d’accord ! 

                                                            Le capitalisme et surtout le financiarisme, ont tué le travail comme « meilleur » système de répartition en économie : il ne relèvera plus jamais de ce principe et de cette valeur économique ! 

                                                            C’est la raison pour laquelle il faut se battre pour obtenir le Revenu Universel ! 


                                                            • perlseb 22 mars 2019 17:02

                                                              @Ecométa

                                                              D’accord avec vous sur l’historique. C’est essentiellement la spécialisation (avec l’augmentation des connaissances qu’elle entraîne) qui a permis les gains de productivités ... et la perte d’autonomie.
                                                              Cependant, on arrive à une époque où le travail disparaît, où notre temps libre réellement libre augmente également et tout cela « grâce » aux machines. Il ne faut pas se voiler la face, le nombre de spécialistes (dont je fais partie : électricien de formation) qui n’ont absolument pas trouvé dans leur domaine et ont fait des choses parfaitement improductives à la place (« jobs de merde ») est gigantesque. Je crois que l’on peut se permettre de demander à chacun un peu de temps pour les travaux (peu valorisants) mais nécessaires aux besoins vitaux et laisser le temps libre pour pratiquer ses passions (on a peu de chances d’imiter le grand bond en avant Chinois, d’une toute autre époque).
                                                              Le fait de créer un revenu universel va créer un schisme définitif entre ce que l’on appellera les assistés et les travailleurs encore capables d’être compétitifs. Et la société de classe élitiste dans laquelle on se trouve aura une vraie raison d’être. Un enfant qui n’aura jamais vu travailler ses parents aura très peu de chances de passer dans l’autre classe.
                                                              Mais vous avez encore raison, la recherche d’autonomie est indispensable à un minimum de liberté. En fait, aujourd’hui, à moins d’entrer dans les ordres (et donc d’être obligé de croire en certaines choses : pas vraiment libres), ils n’existent pas de « communautés » autres que privés (entreprises) pour combler nos besoins (élémentaires et autres) et nous donner un certain sentiment de liberté, d’autonomie. L’individualisme tel qu’on le pratique nous permet de penser librement, mais nous montre à quel point nous sommes dépendants de la collectivité et fragiles (diviser pour régner).


                                                            • egos 22 mars 2019 14:01

                                                              Il y a fort à parier, et c’est ailleurs le sens de la démarche engagée par B Hamon, fort peu explicite sur le sujet, que le projet n’aboutisse à une économie de rationnement plus que d’abondance,

                                                              dans l’axe de la désagrégation progressive de l’Etat Providence (éducation, santé, vieillesse ..) qui à eux seul consomment environ la moitié des revenus de l’activité nationale.

                                                              Ce n’est pas en occultant l’instrument de mesure des échanges au sein d’une économie régie par des règles de gestion alignées sur les critères du libéralisme financier global que la mise en place d’un mode de subvention de la pauvreté affectera d’une manière quelconque le sort (ou le comportement) des exclus,

                                                              ni les flux financiers, de services ou des biens en amont des strates de consommateurs, et leur concentration autours de qqs mains, de leurs églises et servants.

                                                              Qui plus est, à terme le dispositif RUuvre la voie à des opérations de transferts massifs d’activités publiques (au contour vaguement sinon proclamé égalitaire, du moins elles en préservent qs apparences) en direction du privé,

                                                              ainsi tous les coûts afférents seront affectés et imputés et débité au compte dédits bénéficiaires RU.

                                                              By by SS , aides sociales, gratuité de l’enseignement, les hommes allouées aux RU y pourvoiront,

                                                              les thuriféraires préparent le terrain et s’emploient à amolir les consciences.


                                                              • lephénix lephénix 22 mars 2019 16:18

                                                                @ Perlseb

                                                                la prise de conscience progresse, même chez ceux qui ne veulent pas « se prendre la tête » mais qui sentent « le malaise »... pour les échanges et le noyau de redémarrage, il y a nouveau les systèmes d’échanges locaux (SEL)  sachant que la seule vraie richesse bien comprise de chacun c’est le temps de vie devant soi et la qualité de vie en bonne santé, pourquoi compromettre l’un et l’autre pour des flux monétaires captés sitôt leurs émissions par une parasitocratie qui vit aux dépens du travail des autres ?


                                                                • perlseb 22 mars 2019 17:18

                                                                  @lephénix
                                                                  Oui, la prise de conscience progresse à la vitesse de l’exclusion que le système génère. Espérons simplement qu’avec les moyens de communication et le niveau d’éducation global (qui est objectivement meilleur qu’en 1929), on accouche d’autre chose que d’une dictature ou d’une guerre... Peut-être que nos parasites ont trouvé un virus sympa pour faire du ménage dans nos rangs. On verra bien.


                                                                • Traroth Traroth 22 mars 2019 17:06

                                                                  Le revenu universel n’est qu’un moyen d’empêcher la révolte en faisant l’aumône aux pauvres. C’est une idée néolibérale destinée à permettre de calmer la population en cette époque de fin du travail.

                                                                  Il y a une revendication bien plus désirable : le salaire à vie, défendu par l’économiste Bernard Friot, dont le principe est de découpler emploi et salaire. On toucherait un salaire en fonction de sa qualification (avec un système de concours), qu’on ait un emploi ou non.

                                                                  Il y a aussi des économistes qui travaillent sur la gratuité des moyens de subsistance, mais je connais moins bien le sujet.


                                                                  • lephénix lephénix 23 mars 2019 10:06

                                                                    @ Spartacus

                                                                    la spoliation généralisée en cours sans revenu universel ou autre alternative ce sera encore pire... mais sûrement pas décevant ... pour des néron jouissant du spectacle : celui du brasier qu’ils ont allumé...


                                                                    • lephénix lephénix 23 mars 2019 10:17

                                                                      @ Traroth

                                                                      le salaire à vie de Bernard Friot a été « abordé » ici sur av voilà trois ans... et la désargence est bien le sujet de ce « papier »... quand l’obsolescence voire la destruction froidement programmées tiennent lieu de seule « politique » (inavouée...), il faut des capacités de vigilance et d’attention conséquentes pour prendre soin de l’existant construit par nos aïeux (ils ont payé cher pour ça) et prendre soin du vivant... revenu universel, salaire à vie et désargence sont des pistes à explorer pour préserver ce qui peut l’être là où avance le désert par la déshérence, l’abandon honteux des « services publics », les privatisions orchestrées au seul profit d’un « capitalisme »’ de connivence sans « capital » mais qui prospère sur le « capitulisme » général...


                                                                      • Traroth Traroth 29 mars 2019 12:54

                                                                        @lephénix
                                                                        Je dois reconnaître que je ne connaissais pas ce terme de « désargence ». J’aurais au moins appris ça ici.


                                                                      • lloreen 24 mars 2019 12:29

                                                                        Le contributionisme permet l’instauration d’une société sans argent, outil de contrôle par excellence.

                                                                        https://www.youtube.com/watch?v=MfRmCufNeD0

                                                                        Il n’y a d’ailleurs nul besoin d’argent, la Nature donnant gratuitement à profusion lorsqu’elle est respectée et soignée.

                                                                        Cet exemple parmi d’autres le prouve d’ailleurs sans équivoque.

                                                                        https://www.demotivateur.fr/article/en-40-ans-ce-bresilien-a-reboise-31-hectares-de-la-foret-tropicale-en-replantant-50-000-graines-14287

                                                                        http://lesincroyablescomestibles.fr/

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