• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Jacques Ellul, un pionnier de la dissidence écologique

Jacques Ellul, un pionnier de la dissidence écologique

Critique libertaire de l’état de notre civilisation « postmoderne », Jacques Ellul (1912-1994) est l’un des pionniers de l’écologie polique. Sa pensée dissidente est redécouverte à travers la réédition récente de deux de ses livres, consacrés à l’art et à l’argent, faisant le constat d’une double dilapidation de l’énergie humaine.

Vingt-sept après sa mort, Jacques Ellul n’en finit pas de se rappeler à notre souvenir en ces temps d’effondrement annoncé. Manifestement, il se passe quelque chose autour de son oeuvre, dont les éditions de L’échappée et de La Table ronde exhument quelques perles. Si sa pensée n’inspire pas encore de véritable politique « écologique » à la hauteur des enjeux notamment de disparition des espèces (dont la nôtre), elle n’en nourrit pas moins quantité d’expériences alternatives menées dans le monde par des dissidents de la société consumériste et hyperindustrielle sous emprise informatisée.

Philosophe, juriste, sociologue, analyste techno-critique de la société consumériste, Ellul prônait dès 1935 avec son ami Bernard Charbonneau (1910-1996), dans leurs Directives pour un manifeste personnaliste, le principe d’austérité volontaire et la création d’une « contre-société à l’intérieur de la société globale » dont les membres,constitués en petits groupes autonomes mais fédérés, limiteraient au maximum leur participation à la « société technicienne ».

Ainsi paraissait, une décennie avant La France contre les robots de Bernanos (1888-1948) et huit décennies avant les mouvements actuels en faveur de l’agir local contre le désordre global, le premier manifeste d’un tandem d’objecteurs de croissance qui entendaient opposer un véritable « style de vie » à l’aliénation technicienne d’un monde sans issue. L’amitié de ces deux jeunes Bordelais d’autrefois n’est pas sans rappeler celle de Montaigne (1533-1592) et de La Boétie (1530-1563) et a donné naissance à une buissonnière « école de Bordeaux », à l’origine du mot d’ordre : « Penser globalement, agir localement ».

 

Le « déchirement de l’art »

L’auteur du Bluff technologique laisse une oeuvre considérable, forte d’une soixantaine de titres. Les éditions de L’échappée rééditent L’Empire du non-sens, paru en 1980 aux Presses universitaires de France. Ellul y analyse la si peu résistible avancée du système technicien dans toutes les sphères de la société – jusque dans le monde de l’art. Parti de la représentation du réel, ce dernier ne fait plus qu’exprimer cette transposition du processus technique dans l’humain. L’art dit « contemporain » n’aurait-il ni style ni cohérence ? C’est « parce qu’il est essentiellement un ensemble disparate de masques plaqués sur une réalité bien plus fondamentale qui, elle, est cohérente, mais qui interdit à l’art de le devenir : la réalité technicienne  ».

Ainsi, l’art « existe dans le milieu technique et se constitue par rapport aux techniques ». Jusqu’alors produit de la fonction de symbolisation, il n’est plus en mesure de l’exercer puisque devenu une «  forme de premier plan du système technicien  ». Le voilà devenu un « rituel qui renchérit et aggrave la technicisation générale  ».

Si l’oeuvre est supposée porteuse de message, elle se doit, dans une société de non-sens, de réfléter ce non-sens : « Quand l’art n’a plus aucun sens, ne représente rien, ne dit rien, ne formule plus rien, c’est parce qu’il est vraiment l’art de cette société : il est par là même ce qui peut faire prendre conscience du caractère réel de cette société  ». Loin d’être une tension vers le dépassement, il n’assure qu’un « enfermement complémentaire » - un tour d’écrou de plus qui dépossède l’humain de ce qui aurait pu encore « rester une possibilité de vivre »...

Cet art qui ne peut plus « symboliser quoi que ce soit », « pur formalisme plaqué sur le mécanisme des performances techniciennes  », n’a besoin ni de contenu ni de signification, il est destiné à compenser les frustrations qu’imposent la société actuelle : « Tout ce qui est réprimé par ailleurs s’exprime métaphoriquement dans l’art (...) Comme la culture actuelle est répressive, l’art doit produire une contre-culture de liberté. Et ceci s’exprime mieux dans le jeu  ». On « détricote », on « déconstruit », on « revisite » les grandes oeuvres d’antan pour « aplatir tout ce qui pourrait être le point d’appui d’une contestation de fond au courant dominant de notre société : la Technique ». Ainsi, la « fonction de modernisation culturelle de cet art est une fonction d’intégration de l’homme dans son univers technicien  ». Le clergé artistique est partie prenante et intégrée des «  mécanismes d’adaptation au système technicien engendrés par le système lui-même  ».

Ce faisant, les présumés artistes « trahissent les dernières forces de résistance de l’homme » en emprunter moult objet à l’industrie et en surpeuplant leurs expositions d’écrans clignotant sur le rien... Le rôle assigné à l’artiste est celui de « l’homme personnel dans une société dépersonnalisée », mais « parfaitement conditionné à tous les niveaux comme il ne le fut jamais auparavant  ».

Le présumé « artiste » adepte de cyborgs, d’ « installations », de « performances » et de réseaux se garde bien de saisir la racine même du mal qui ronge l’espèce présumée humaine : l’asservissement à la Technique. Quant au critique d’art, il « substitue à l’absence de sens explicite de l’oeuvre, en même temps un cadrage technique de règles précises et une métaphysique de l’art ou de la langue, ce qui est le processus même de développement du système technicien par rapport au donné naturel ». Lorsqu’il écrivait son essai, en ces bétonneuses années pompidoliennes qui se piquaient « d’art » comme de « bagnole », Ellul estimait qu’il « n’y a plus transmission de rien » : « l’être même de l’homme est exténué, il ne peut plus que laisser fonctionner des signes et des mécanismes  » dans le vrombissement des moteurs et la trépidation des mises en chantiers immobiliers. L’art contemporain est « témoin du renoncement à la conscience  », de « l’omniprésence du système technicien, puisque ce qui devait rester l’apanage du sens est devenu jeu de structures techniques ».

De même qu’il est complice de la « néantisation, de l’inexistence, de la réification de l’homme ». Pour Ellul, l’art doit être « le lieu d’une reprise de sens contre le non-sens, et de ce fait, le lieu d’une rupture, d’une récusation, d’une mise en accusation effective du système technicien  ». Il doit permettre de retrouver un sens qui ne soit pas désespérant mais qui permette de « vivre parmi les monstres ».

Lieu d’accès privilégié à une réalité, de soi et du monde, il s’accomplit hors de la sacralisation de l’outil technicien. Sans pour autant prétendre s’imposer comme un relais à l’idée effondrée du religieux. Mais simplement en permettant à l’artiste véritable de ressaisir en un tout signifiant l’éclatement d’une existence fracturée.

 

L’abstraction fondamentale

Ce qui est désigné comme étant « l’argent » a perdu tout arrimage avec une représentation physique et son répondant métallique d’antan. Quoique de nature intangible et conceptuelle, il n’en exerce pas moins un pouvoir d’aimantation et d’attraction, en pensée obsédante et mystifiante quasi inviscérée, commune à l’humanité marchande qui participe à son échange : « L’argent n’a de force matérielle que dans la mesure où les hommes la lui attribuent. Dans la mesure où tous les hommes la lui concèdent. L’ « argent-objet » n’est le maître des Etats, des armées, des masses, de l’intelligence que par le consentement de tous les hommes à son autorité ».

Egalement théologien de haute volée, Ellul entendait, dans L’homme et l’argent (Delachaux & Niestlé, 1954), affranchir l’humanité de ce « pouvoir de possession de l’argent » comme de la croyance dans le « progrès » continu d’un système économique promettant rien moins que « le salut » tout en réduisant la vie des gens à une équation économique. Pour lui, notre relation à l’argent est une « subordination de ce que l’on est à ce que l’on a ». Elle aliène l’homme « dans ce qu’il possède » comme dans « le souci » de ce qu’il n’a pas. Pourquoi laisser ainsi libre cours à la puissance dévastatrice d’une idée devenue l’énergie noire la plus manifestée dans nos vies et se plier à ses lois ? Traité aujourd’hui comme simple information chiffrée dans nos systèmes informatiques, le signe monétaire obscurcit plus que jamais l’avenir de l’humain à mesure qu’il clignote sur tous les écrans de la planète en une hallucinante « création monétaire » et en flux incontrôlés de « liquidités » se soldant par des vertigineux transferts de richesses – toujours du « bas » vers le haut...

Ce déficit d’avenir par la dilapidation de l’énergie monétaire est-il tout tracé pour autant ? Pour ses étudiants de l’Institut des Sciences politiques de Bordeaux, Ellul a détaillé, de 1947 à 1979, la pensée de Karl Marx (1818-1883) tout comme le fonctionnement d’une machinerie économique broyeuse de vies dans « cette implacable société où l’Etat est un pouvoir d’oppression et l’argent un pouvoir de possession  ». Sa « pédagogie réaliste de l’argent » permettra-t-elle de mettre un terme à cet asservissement mortifère dans la phase actuelle d’un « capitalisme financier » qui étend l’empire de la marchandisation sur tout le vivant sans assumer le moins du monde les coûts humains, sociaux et écologiques de ses accaparements ? Si la foi du théologien soulève des montagnes, adviendrait-il que cinq millénaires de conditionnement monétaire donnent juste des montagnes d’ « argent » de plus en plus « immatériel » à soulever – sans alléger le moins du monde la condition humaine avec les sempiternelles tragédies qui vont avec le mésusage de "l'argent" ?

Jacques Ellul, L’Empire du non-sens – l’art et la société technicienne, l’échappée, 300 p., 20 €

L’homme et l’argent, La Table ronde, 248 p., 8,90 €


Moyenne des avis sur cet article :  3.17/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

20 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 20 avril 10:00

    Un penseur incroyable. L’avenir lui appartient. Penseur de l’aliénation, sous toutes ses formes, de la trahison des idéaux (à commencer par le christianisme), de la perpétuelle fuite dans les idéologies pour échapper au réel insupportable. L’Empire du non-sens avait fait un bide complet à sa sortie, silence de plomb, incompréhension totale, Ellul en parle dans je ne sais quel ouvrage.


    • lephénix lephénix 20 avril 13:57

      @Laconique
      Ellul a été le premier a démasquer les mirages, postures et impostures de l’art dit « contemporain » devenu art officiel lors des bétonneuses années giscardo-pompidoliennes  son essai est paru après l’inauguration de beaubourg...depuis cet « art » s’est phynanciarisé à l’extrême il ne s’agit en fait que d’un art financier, et libertaire autant que liberticide à en juger le « parcours » de certains traders (jeff koons etc) s’autoproclamant « artistes » et d’un nihilisme... mais la farce dure toujours et attaque l’homo sapiens à sa racine tout autant qu’elle « esthétise » la marchandisation du monde jusqu’au plus intime du vivant...


    • Pale Rider Pale Rider 20 avril 10:52

      Merci pour cet article de grande qualité, et pour n’avoir pas fait l’impasse sur la dimension théologique d’Ellul, essentielle pour comprendre son oeuvre.

      Ce qui est assez terrible sur le plan du vécu, c’est ceci : comment être plus malin que les autres en utilisant la technique sans vouloir lui être asservi ? Je n’ai toujours pas résolu la question, sinon en ne me mettant pas à la remorque du dernier gadget sorti. Dans mon entourage, j’ai été le dernier à me munir d’un téléphone portable parce que j’avais failli rater une interview faute de portable et en l’absence de cabines téléphoniques. Mais j’observe que beaucoup de grands discoureurs sur les méfaits de la technique, y compris des elluliens, ne sont pas les derniers à sacrifier rapidement au « Progrès » (informatique, automobile, etc.). Ce que je retiens d’Ellul, c’est qu’il avait une cohérence entre ce qu’il professait et ce qu’il faisait. C’est un exemple à suivre. Mais c’est vraiment difficile.

      Enfin, force est de reconnaître que la technique nous rend bien service au niveau des relations interpersonnelles par temps de Covid. La diaboliser en soi serait idiot. En revanche, saurons-nous nous revoir en vrai et nous dégager largement de Zoom, Skype, etc., quand la pandémie se sera calmée ? C’est là que nous pourrons mesurer notre taux d’asservissement.


      • lephénix lephénix 20 avril 14:07

        @Pale Rider
        coluche l’avait énoncé à sa façon : suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas... no gadget at home juste un antique « terminal » (même pas un « portable » ne parlons même pas d’un aïephone dernier cri...) qu’un rédacteur en chef m’avait sommé d’acquérir, rien d’autre depuis, si ce n’est un antique pc toujours fonctionnel, less is more...Ellul avait la foi... du charbonnier (....)... mais hyperactive... Comme on sait : « il te sera fait selon ta foi »...il y a urgence à se désaliéner de zoom et des écrans, pour ceux qui y seraient tombés dedans...mais « ça » sature si vite, du moins ceux qui ne se laissent pas zombifier...Ellul a prêché par l’exemple en vrai résistant qu’il fut, d’autres ont suivi pour refuser le laminoir du technomercantile...


      • alinea alinea 20 avril 17:15

        Cherchant une alternative à facebook, je suis allée voir VK : pour s’inscrire, il faut avoir un portable ; pour regarder ses comptes en banque, aussi.

        Bref, il ne faut pas faire grand chose aujourd’hui pour être un paria ; avec la vaccination, le tableau sera complet !

        Je ne connais pas particulièrement Ellul, mais je suis dans cette veine là ; quant à l’art, il est l’illustration d’une société et s’il reste à nos yeux un médium, un lien entre divin et profane, on n’a plus qu’à faire les musées ; laisser les galeries aux touristes.


        • @alinea

          Y a personne sur vk, c’est le désert des tartares, de toutes façons smiley


        • alinea alinea 20 avril 22:30

          @Philippe Huysmans, Complotologue
          Quand on est conquérants, on cherche les terres vierges ; si c’est moins pourri, on pourrait l’annexer !!! smiley


        • lephénix lephénix 21 avril 00:02

          @alinea
          pardonnez mon ignorance mais je ne connais pas « vk »...ni d’une manière générale aucun gadget qu’on cherche à nous imposer...il semblerait que l’« on » veuille nous imposer d’ici la mi-mai un « digipass » pour accéder à nos comptes bancaires... s’agissant de l’art, toute forme de beauté, de gratuité et de dépassement de soi semble bel et bien avoir été repoussée dans les marges par cette OPA du technomercantile sur la culture la création et la pensée...c’est donc par les marges et les interstices qu’elles revivront...


        • @lephénix

          Pour le digipass, pas forcément une mauvaise idée, parce que comme d’habitude vous avez 15 ans de retard en termes de sécurité des transactions bancaires.

          Chez nous en Belgique on a ça depuis presque 10 ans déjà.


        • lephénix lephénix 21 avril 12:01

          @Philippe Huysmans, Complotologue
          « en retard » par rapport à quoi ? au mouvement perpétuel, à la fuite en avant, à la surenchère technologique en matière de « cybersécurité » qu’on cherche à nous survendre en nous vampirisant toujours de plus en plus de « temps de cerveau humain disponible » ? comme si la « sécurité » pouvait être assurée, surtout dans le mirage numérique de la « toile »...


        • Pale Rider Pale Rider 23 avril 18:02

          @alinea
          En ce qui me concerne, ni Facebook, ni Twitter. Et franchement, ça ne me manque pas du tout. On peut aussi les quitter, comme c’est le cas d’une journaliste de CNN, Alisyn Camerota, qui trouvait que ça commençait à puer...


        • Iris Iris 20 avril 23:20

          Merci de m’avoir fait découvrir Jacques Ellul.

          La technique à l’origine de tous nos maux ? Peut être, mais surtout parce qu’elle a été captée par une minorité comme outil de profit et de contrôle. Ne jetons pas le bébé avec le capitalisme, on peut se réeduquer, quite à revenir un peu en arrière.


          • @Iris

            Oui on s’est « un peu » fourvoyés alors on va la jouer façon procession d’Echternach, deux pas en arrière, trois pas en avant.

            Moi je propose autre chose, on les raccourcit de 30cm, en général ça calme les survivants pour un bon moment.


          • cyrus CYRUS 20 avril 23:31

            @Philippe Huysmans, Complotologue

            J’ ais breveter un truc ... ca la guilloCORDOtine ....
            on prend un fil de fer tres fin .... on fait un collet , on met les pied dans des sabot style chaussure de ski , et on met en marche le treuil a petite vitesse pour enrouler le fil de fer/colet smiley


          • cyrus CYRUS 20 avril 23:33

            @Philippe Huysmans, Complotologue

            NB : en fait je plaisante c’ est dans walking dead , y a plein de djeun qui l’ ont vu smiley

            COPYLEFT smiley


          • lephénix lephénix 20 avril 23:54

            @Iris
            Merci pour votre visite.
            Oui, il y a eu captation par une « minorité » à l’hubris hypertrophié qui impose à la « majorité » cette course à l’abîme technologique aux conséquences plus que prévisibles...face au matraquage sur « l’impératif technologique », la course à ’l’innovation« , il faudrait juste être réaliste c’est-à-dire garder les pieds sur terre la tête sur les épaules et pouvoir préserver la possibilité d’une vie digne, décente, vraiment écologique en pensant ensemble la production de ce qui est vraiment essentiel et utile en faisant l’économie des nuisibles gadgets de destruction massive imposés par une »politique de l’offre« hors sol poursuivant d’autres »intérêts« que les nôtres...il n’y a rien de plus dangereux sur terre que ce »mirage numérique" qui fait sauter toutes les digues...


          • Iris Iris 21 avril 11:15

            @lephénix

            Conséquences maintes fois décrites par toutes ces dystopies. Je les lisais à la chaine dans une fascination morbide, à peine conscient de ce qu’elles révélaient.

            Le numérique permet de former l’outil de contrôle presque parfait. Il ne reste plus qu’à nous y connecter façon Matrix.

            A tout prendre je préfère Mad Max...


          • lephénix lephénix 21 avril 12:08

            @Iris « le numérique » c’est plutôt l’alien le parasite qu’on introduit de force en nous.... d’ailleurs, à l’origine de « tout ça » il y avait le jeu « space invaders » en 1978 inspiré du film « alien » pour bien nous enfoncer ça : tout est venu avec ça, la position tête penchée vers l’écran avec la statique qui va avec jusqu’à la scoliose et troubles musculo-squelettiques, le matraquage sur la « compétition » (dans le jeu il fallait tuer un maximum d’« extra-terrestres »...)... par les jeux videos des gamers nous ont fait entrer dans leur antimonde truqué en nous imposant leurs règles pipées qui ne profitent qu’à eux, leur terrain de jeu transformé en casino où ils peuvent indéfiniement jouer la peau des populations sans jamais risquer la leur (« pile je gagne face tu perds »)...effectivement « contrôle » parfait...mais rien ne peut rester « sous contrôle » il y a justement toujours un peu de « jeu » dans le serrage des boulons...


          • Laconique Laconique 21 avril 09:43

            La critique d’Ellul envers la technique ne porte pas sur les gadgets technologiques. C’est plus profond que cela. Les livres d’Ellul sur la technique datent des années 50-60, avant l’invention de la télévision. Il ne suffit pas de se passer de smartphone pour s’affranchir de la technique. Ellul envisage la technique selon une perspective marxiste, c’est une puissance d’aliénation, un système, qui recouvre tous les aspects de la vie, et à laquelle il est impossible d’échapper. Elle envahit tout, la politique, l’art, les rapports humains. Les pratiques vertueuses individuelles ne s’attaquent absolument pas au problème, elles ne le comprennent même pas à vrai dire.


            • lephénix lephénix 21 avril 12:15

              @Laconique
              effectivement mumford comme bernanos ou georges duhamel avaient pointé ce pouvoir d’aliénation d’un système invasif prétendant s’étendre à tous les aspects de nos vies... ellul avait le premier proposé de se constituer en contre-société au sein de la société globale dès 1935...tout peut (re)commencer justement par des « pratiques vertueuses individuelles » prenant conscience de cette zombification par la technique la smartphonisaiton la numérisation à marche forcée et non désirée afin de renouer avec une décence commune...et la vraie vie respirante et régénérante qui va avec, au large du kz numérique...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité