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Accueil du site > Actualités > Société > L’autisme est une philosophie selon Josef Schovanec

L’autisme est une philosophie selon Josef Schovanec

 

 Le grand public connaît certainement Josef Schovanec, VRP de la cause autiste, invité pour parler des intelligences « non typiques » sur tous les coins de la planète. Dans son dernier livre, il nous propose de voyager au pays des intelligences non conventionnelles, sans pour autant se limiter à l’autisme Asperger, affection dont il fut diagnostiqué ce qui ne l’empêcha pas de soutenir un doctorat de philosophie dans l’un des domaines les plus difficiles, la pensée germanique contemporaine et plus précisément un auteur, le plus obscur ou abscons parmi les grands philosophes, Heidegger. Cette pratique de la philosophie permet à Schovanec d’explorer divers champs de la pensée, le langage, les philosophes, les théologiens, et de poser un regard pénétrant sur les tendances vers l’homogénéisation du monde. Le diagnostic posé est saisissant. Une seconde partie est consacrée à la défense des positions décalées que peuvent adopter certaines personnes, en évoquant les chemins parcourus sous l’angle du langage, des signes, des lieux. L’intelligence ne se réduit pas à résoudre des problèmes, elle est aussi mobilisée dans la manière d’habiter le monde et de se façonner son monde. L’existence humaine est plus riche que ne le consent l’opinion utilitariste ou idéologique. Le procédé utilisé par Schovanec est subtil. Au lieu de placer l’autisme Asperger en décalage radical face aux « gens normaux », il déplace le champ de l’autisme vers le monde censé être non autiste afin d’y déceler quelques similitudes. En constatant par exemple la présence de traits d’intelligence autiste chez quelques personnalités remarquables, parmi lesquelles figurent des artistes ainsi que des grandes figures de la pensée comme Heidegger ou Eliade.

 

I. Le style du livre épouse la personnalité décalée de l’auteur et surprendra par son côté un peu brutal, direct, avec des paragraphes égrainés grâce à une écriture dense, de longues phrases exigeant du lecteur un effort particulier pour comprendre la finesse de ces analyses traçant un portait global du nivellement puis du décentrage de l’intelligence. Ce livre nous apprend beaucoup de choses et se situe aux antipodes des essais intellectuels en vogue ; il offre un regard décalé, étranger et même étrange.

 

Cette première partie décrit les processus de standardisation des individus et des pratiques. C’est un authentique regard philosophique qui nous est offert et non pas un regard autiste. Schovanec dispose de cette faculté trop peu développée qu’est la pensée arborescente. Ce qui lui permet de relier des données éparses et de tracer des similitudes ou des contrastes. Comme s’il voyait le monde sous un angle coloré, kaléidoscopique, à la manière des hindous captant chaque moment de la journée avec une saveur particulière. Le monde homogénéisé restitué par Schovanec apparaît terne, sans saveur, sans aspérité et parfois sans joie. Des messages explicites sont adressés par l’auteur aux parents imposant à leurs enfants d’aller vers les centres d’intérêts que le système éducatif juge être de leur âge. Un gamin qui s’intéresse à la mythologie devient suspect. La vie créatrice est aussi malmenée.

 

Schovanec pense que les grands inventeurs ou artistes du XIXème siècle n’auraient pas pu développer une vie créative à notre époque, que les modes de vie se standardisent, que les religions se rétrécissent, que la vie politique devient conforme, que les langues disparaissent, que le langage s’appauvrit. Son style est franc, direct ; en quelques lignes, l’essentiel est dit sans s’embarrasser de détails. Le concours de Normale Sup est interprété comme un système révélant la noblesse de l’aristocratie intellectuelle, si bien que l’université à la française élimine le profil autistique qui fit le succès des universités allemandes avant la catastrophe nazie. Le verdict sur cette vénérable institution est sans appel. Schovanec dépeint la maison universitaire à travers son homogénéisation et ses « habitants » sélectionnés pour leur docile aptitude à suivre les règles de la maison. Lors d’un colloque au Liban, il réalisa que les « éminents personnages » de la noblesse intellectuelle tirent du cadre universitaire ce qui fait leur support de vie, leur puissance, leur prestige, mais aussi une camisole de force. La structure étant faite pour éliminer le temps libre, imposer des tâches administratives ou organisationnelles sans rapport avec la noble mission de l’université. La conclusion se fait sur une note pessimiste. Pour la première fois dans l’histoire, une nouvelle génération d’universitaire sera entièrement homogène sur le plan neurologique et biologique, à cause du développement institutionnel.

 

II. La seconde partie du livre met l’accent sur les divergences et autres univers de pensée. Le ressort de cet essai en deux temps se reflète dans la caverne de Platon. Deux mondes sont décrits et deux types de personnes. Celui qui sort de la caverne du monde homogène accède à d’autres visions ce qui lui permet de voir comment les gens normés sont enfermés dans des « camisoles intellectuelles ». Celui qui est dans la caverne ne peut pas voir l’univers auquel accès celui qui en sort. Après le monde homogène, Schovanec nous invite à visiter cet autre univers. Même si ce monde est difficilement accessible, le lecteur est invité à prendre connaissance de son existence, même s’il n’y est pas entré. Après tout, combien de gens connaissent l’existence de l’Everest sans pour autant l’avoir gravi, ou celle de la lune sans y avoir marché.

 

Schovanec apparaît comme un génie au sens de Schopenhauer décrivant un individu capable de voir ce que les autres ne voient pas. Ce qui rappelle un témoigne de Mircea Eliade à propos d’un tableau dans lequel il voyait des symboles échappant à son compatriote et surdoué Lupasco. Eliade comme Heidegger sont présents dans cette seconde partie dans laquelle l’auteur nous invite à voyager dans d’autres univers, décalés dans la culture ainsi que dans le temps. Un thème domine l’ensemble, celui de l’usage du langage et de la capacité à le déchiffrer pour accéder à l’univers des symboles, des mythes, de la gnose. Schovanec appartient à l’université autiste, n’hésitant pas à revenir sur la spécificité de l’Université allemande dont l’une des disciplines emblématiques est la philologie, absente de son homologue française. La philologie est en résonance avec l’herméneutique. Elle consiste à lire et relire les textes pour y trouver des choses qu’une lecture trop littérale contournerait. Nietzsche fut professeur de philologie. Heidegger n’a cessé de l’employer en travaillant les obscurs mots et fragments de l’époque présocratique. Quant à Schovanec, accordons-lui le statut de magicien de la philologie, lui qui pratique quelque dix langues, certaines « exotiques » comme le persan ou l’amharique.

 

C’est donc un voyage dans l’étrangeté de l’intelligence qui nous est proposé. Avec une subtile distinction entre deux types d’intelligences, l’une orientée vers le monde et ses usages, les univers professionnels, les conventions sociales, et l’autre plus personnelle, plus libre, capable de penser en arborescence et de voir ce qui échappe à une intelligence raisonnée comme on en trouve en France chez les esprits brillants mais qui parfois passent à côté de certaines « vérités ». Schovanec épingle gentiment les narcissiques, ceux qui croient que l’histoire est l’émanation de leur personne. D’aucuns se plaisent à rayonner plus que leur lumière ne les y autorise. Dans le cercle des historiens apparaissent deux types, celui du professeur dans l’institution et celui de l’historien amateur passionné et qui parfois, s’avère plus savant que les professionnels dégageant un « parfum d’ignorance ». Les amateurs vivent pour l’histoire, les historiens professionnels en vivent. Ce sont deux univers qui peuvent se rejoindre mais la confrontation des professionnels et des amateurs risque de tourner au désavantage des premiers.

 

Les deux types d’intelligence sont aussi croqués à travers une note sur le fonctionnement des universités française et allemande. Le monde savant français se plaît à cultiver l’esprit de société, à employer son intelligence à des fins de reconnaissance, de brillance, en finissant par épouser les standards de la personne qui a de l’esprit. En Allemagne, l’esprit de société exerce peu de pouvoir. Ils œuvrent dans ces cercles restreints et laissent leur imagination prendre l’ascendant. Ce constat fut formulé par Mme de Staël dont les propos sont cités par Schovanec. La spécificité allemande serait plus autistique que le monde intellectuel français. D’où l’importance de la philologie. Le génie allemand s’est développé en affranchissant le développement d’un univers linguistique autiste situé aux antipodes de l’utilité. L’herméneutique, aussi utile (ou inutile) que l’archéologie, consiste à habiter un texte pour y trouver des significations cachées. La belle époque de l’université allemande s’est achevée après la catastrophe du nazisme.

 

Pour résumer le fond de cette investigation sur l’intelligence autiste, on mettra en avant la caractérisation de deux univers de pensées et le regard décalé que l’intelligence autiste porte sur la société des gens de talents pris dans le mouvement de l’utilité. Ce regard mérite d’être considéré au même titre que l’engouement pour l’Inde s’empara des savants et des artistes au début du siècle dernier. Cet attrait pour l’Inde était du reste jugé salutaire pour l’Occident par Eliade, avec la possibilité d’un décalage dans la culture et d’un décentrage du regard afin d’élaborer une interprétation critique de l’Occident et de proposer aux âmes des voyages alternatifs dans le vécu et la manière de se penser comme habitant dans un univers du sens. Le mythe pensé par Eliade ne relèverait-il pas d’un mode d’appréhension autiste ? Comme celui de la gnose, de l’ésotérisme ou de l’Inde pratiquée par les sages védiques.

 

Cet essai sur l’intelligence autiste est remarquable même s’il n’échappe pas au risque de ramener les univers de pensée aussi divers que la théologie, la religion, l’art, la philosophie, vers un type d’intelligence autistique qui n’a rien d’universel ni de générique et se décline dans de nombreuses directions. L’autre risque étant la surinterprétation, comme par exemple le propos sur Eliade qui aurait cherché toute sa vie à retrouver ses moments de gloire littéraire alors que c’est sans doute le contraire comme en atteste son journal des années 50 et 60.

 

 Il existe des intelligences typiques et sans doute formatées, assez bien adaptées dans les domaines du savoir et les institutions. Les intelligence non typiques sont décalées et se retrouvent dans l’autisme, chez Heidegger, Eliade et même Dirac qui aurait pu être cité, soupçonné d’avoir été de tempérament autiste. Comme l’a suggéré Schovanec, le caractère autiste est plus indépendant, plus autonome et sait s’affranchir des modalités sociales convenues comme par exemple se prendre en photo pour se montrer aux autres et se rassurer sur l’importance de sa personne. L’autiste est comme le surdoué ou l’HPI un individu pourvu d’une intelligence trop souvent mal considérée car fonctionnant dans un mode arborescent en divergence ce qui les éloigne de l’utilité et de l’employabilité professionnelle. De plus, il n’a rien à foutre des honneurs et des hochets lancés par l’ordre étatique aux aspirants à la gloire des notables. Sans ces originaux que sont les saltimbanques de l’autisme et du génie, le monde serait terne.

 

Josef Schovanec, Nos intelligences multiples, Editions de l’Observatoire, 04/2018

 


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36 réactions à cet article    


  • Patrick Samba Patrick Samba 9 mai 11:40

    Bonjour,

    « C’est un authentique regard philosophique qui nous est offert et non pas un regard autiste. » :
    et pourquoi ne pourrait-il pas être l’un et l’autre ?

    Vous y serez tout à fait convaincu en vous relisant dans la partie terminale de votre article où vous ne cessez de faire coexister les deux dimensions chez plusieurs philosophes....


    • Patrick Samba Patrick Samba 9 mai 13:09

      Quant au titre : « L’autisme est une philosophie selon Josef Schovanec », si l’auteur Schovanec a bien affirmé cela, cela n’encourage pas à le lire....


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 mai 13:49

      @Patrick Samba Vous avez raison, ne lisez pas ce livre, ça pourrait vous instruire


    • Patrick Samba Patrick Samba 10 mai 02:58

      @Bernard Dugué

      m’instruire à propos de votre déformation de la pensée de JS ?
      Dans ce cas il me reste donc à le vérifier.

      Apparemment, vu le degré de violence de votre réponse, vous n’aimez pas beaucoup qu’on vous apporte la contradiction, dites donc....
      Un peu autiste ? caractériel ? parano ?


    • jpeg 10 mai 18:32

      @Patrick Samba

      « Un peu autiste ? caractériel ? parano »

      Je crois que l’autisme est assez dénaturé, pour qu’il ne soit pas utilisé dans une pseudo-insulte. Déjà que dans l’article, l’autisme est évoqué comme un tempérament ou une philosophie, j’espère vraiment que la pensée de Josef est déformée.


    • gueule de bois 9 mai 13:16

      Le grand public connaît certainement Josef Schovanec
      Bien sûr !
      Au fait, dans votre langage comment faut-il comprendre ’grand public’ ? (masse des connards).


      • Blé 10 mai 05:07

        @gueule de bois

        J’ai l’impression que votre « estime de soi » ne vole pas très haut pour vous inclure dans « masse de connards »


      • Blé 10 mai 05:21

        J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de voir et d’entendre Josef Schovanec à la radio et à la télé dans une émission humoristique « Vestiaire » sur l’ A2.

        Merci pour cet article, je vais surement lire son livre. 


        • jpeg 10 mai 09:40

           Les HPI (..)«  car fonctionnant dans un mode arborescent », j’espère que Josef Schovanec, ne se complait pas dans ce neuro-mythe. 

          http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/la-pseudoscience-des-surdoues/


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 mai 12:02

            @jpeg Permettez-moi de ne pas accorder une légitimité sur ce sujet à Ramus, spécialiste de neuroscience au même titre que Dehaene qui a en charge la neuro-éducation. Le mode arborescent existe mais je ne pense pas qu’il serve à résoudre des problèmes. Il fonctionne avec la pensée divergente. Ramus et ses confrères sont des individus qui promeuvent un rationalisme scientiste étroit. Ils façonnent un système technoscientifique totalitaire et ne comprennent rien au génie humain


          • jpeg 10 mai 09:45

            « Les intelligence non typiques sont décalées et se retrouvent dans l’autisme, chez Heidegger, Eliade et même Dirac qui aurait pu être cité, soupçonné d’avoir été de tempérament autiste. »

            C’est quoi un tempérament autiste ? Je trouve ça triste de devoir poser des diagnostic bidonné post-mortem, pour favoriser l’inclusion des personnes autistes


            • colibri 10 mai 11:42

              Article intéressant dans le sens ou on parle de plus en plus de l’autisme , dans les médias , les films du fait de la recrudescence des cas depuis quelques années .La cause génétique est de façon consensuelle, souvent avancée , alors que dans les années 60 avec Bruno Bettelheim mettait en cause le milieu (et plus précisément une mère froide pas assez maternante ) .

              Ce qui me gêne chez Joseph Shovanec c’est qu’il présente l’autisme comme une chance et occulte les inconvénients , il se sent même supérieur .

              Pour l’avoir entendu plusieurs fois à la radio , il donne l’impression (mais il n’est pas le seul autiste dans son cas ) de vouloir faire passer son handicap pour une supériorité par rapport à nous pauvres humains normaux dépourvus de l’intelligence et du génie des autistes .

              Sans vouloir minimiser ce que les autistes peuvent apporter à l’humanité , notamment par leur créativité , leur imagination , il ne faut pas oublier que l’autisme est avant tout une psychose , et qu’il manque aux personnes autistes une capacité majeure pour les interactions sociales:l’empathie .

              Ils peuvent jouer à en avoir , faire comme si , mais n’auront jamais ce que les sociologues appellent l’intelligence relationnelle .

              D’ou le fait que comme d’autres personnes atteintes de handicaps : aveugles , sourds , ils développent d’autres capacités qui sont sans aucun doute supérieures à ce que pourraient développer une personne sans handicap .Mais ni plus , ni moins que d’autres personnes handicapées  : les autistes ne sont pas une race supérieure comme on l’entend parfois dire à la radio par eux-même , leur manque de compréhension innée des interactions humaines est compensée chez eux par une inflation de leur intelligence logique , cartésienne , froide …




              • Blé 11 mai 06:31

                @colibri

                Il n’y a pas besoin d’être autiste pour ne pas connaître l’intelligence relationnelle.

                Je ne voudrais pas être méchante mais actuellement l’intelligence relationnelle des banquiers se limite à leur compte bancaire et chez eux l’inflation de leur peur de perdre un centime développe une intelligence logique (calcul) cartésienne, froide...beaucoup plus inhumaine que chez les personnes autistes.


              • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 12:14

                @Blé

                Apparemment « colibri » (relire ses messages au dessus) s’imagine qu’il y a beaucoup d’autistes dans le commerce, voire en politique ou qui « licencient ».

                Certains esprits chagrins y verraient l’obsession d’un vrai petit « complot juif ».


              • colibri 10 mai 11:45

                Pour en fréquenter pas mal je peux témoigner que cela ne les gênent pas trop, ils croient que c’est une supériorité et que ce sont les autres qui sont faibles et bien à plaindre d’être empétrés dans leurs émotions, car eux ne s’embarrassent pas d’états d’âmes :

                ils ne vont pas anticiper l’émotion que leur action va créer chez l’autre , ils peuvent donc être capable de tout quand ca les arrange .C’est très pratique en effet lors d’échanges commerciaux ,pour licencier , et en politique ou j’ai des vu des autistes ne pas se soucier des attaques dont ils faisaient l’objet:ils fonctionne comme des robots sans affect ,seule l’action , leur mission compte .C’est en effet un avantages qu’ils ont sur les personnes normales émotives .

                Ils ont des émotions uniquement pour ce qui les concernent eux:quand les supérieur hiérarchique remet leur travail en cause par exemples il peuvent développer un sentiment d’injustice , comme lorsqu’ils sont attaqués mais ne se remettent pas en cause:c’est toujours l’autre qui à tord .

                Ils n’ont aucune émotion sur ce que leurs mots ou leurs actes peuvent faire sur les autres , ils peuvent dire des choses déplacées ou incongrues et ne pas s’apercevoir pourquoi les personnes en face réagissent:ils prennent cette capacité là pour de la supériorité parce que eux n’ont pas de remords

                De là à trouver cette singularité normale et supérieure au fait de ressentir vraiment ???


                La ou l’auteur ne se trompe pas c’est que nous allons avoir à composer de plus en plus dans l’avenir avec avec des personnes autistes:car les parents autistes font des enfants qui deviennent autistes. 


                • Copper Lebrun Copper Lebrun 10 mai 14:01

                  @colibri

                  Vous semblez confondre les autistes avec des personnes avec Trouble de la Personnalité Narcissique, ou Schizoïde, ou la psychopathie.

                  je vous enjoins à revoir vos bases en psychologie parce que votre commentaire frise la psychophobie.

                  Cordialement.

                  un « autiste sans émotions ».


                • colibri 10 mai 15:12
                  @Copper Lebrun
                  Je parle des autistes Asperger , ce sont ceux dont on entend de plus en plus parler car ils fascinent , comme l’auteur du livre .Il sont au sommet de l’échelle du spectre autistique , passant le plus souvent inaperçu avec une intelligence normale .Avec les autistes présentant un retard mental il y a une différence de degré et non de nature , et l’autisme est toujours considéré par certains comme une psychose :

                  https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0014385516300597

                  bien qu’il n’y a pas consensus sur la question .

                  La caractéristique d’une personne autiste est la pathologie du lien , un trouble de l’intersubjectivité , la personne autiste ne comprend pas les émotions de l’autre, cela ne signifie pas qu’elle n’a pas d’émotion, elle en a , mais n’arrive pas à capter intuitivement le ressenti de l’autre , elle peut le savoir par déduction , mais pas le ressentir (ca peut être considéré comme une psychose dans le sens ou il n’y a pas une visions claire de la réalité , la réalité est perçue par le prisme de l’intellect ) .Ce problème n’est pas incompatible avec une vie sociale , cette caractéristique peut passer inaperçue , la personne étant considérée comme juste un peu introvertie .

                  Je ne prétend pas détenir la vérité j’ai juste une certaine expérience avec des familles de personnes autistes diverses et variées :il y a ceux qui ont de gestes répétitifs , un âge mental qui ne correspond pas à leur âge réel , et puis ceux d’intelligence normale , qui font des études et ont jute une problématique pour créer des liens et ils vivent diversement cette caractéristique .Il y en a qui cherchent à créer des liens et qui copient alors les gens normaux :si une femme autiste a des enfants ou même des amies elle va chercher rationnellement à combler leurs besoins, répondre à leurs attentes , mais n’aura pas le ressenti spontané d’une mère normale qui ressent avec ses tripes :elle aura une seconde de retard .Tout sera intellectualisé et non spontané. Cette caractéristique ne les fait pas souffrir , ils se sentent normaux et trouvent les autre bizarres.




                • Copper Lebrun Copper Lebrun 10 mai 20:42

                  @colibri

                  Comment dire... j’essaie de rester détaché alors que vous parlez en fait de moi.

                  Je pense que ce n’est pas donné à tout le monde non plus.

                  A vrai dire, au vu de mes connaissances personnelles, rien de ce que vous écrivez ne fait sens.

                  Même le vocabulaire utilisé, d’un côté les « autistes-psychotiques » et de l’autre les « normaux », est révélateur.

                  toutes les théories que je peux voir qui mêlent « autisme » et « pathologie du lien » (attachement etc) aboutissent à pathologiser inutilement les personnes autistes, les mettre dans des cases auxquelles ils ne correspondent pas (au risque de perpétuer un système psychiatro-psychanalytique qui pratique sciemment la rétention de diagnostic et la conservation de protocoles thérapeutiques inefficaces voire iatrogènes)... ou briser émotionnellement les proches de ces personnes.

                  Il me semble que ce discours est typique de la psychanalyse actuelle qui tente de profiter de l’absence d’information du public quant à ce sujet afin de conserver une place qu’elle aurait dû remettre depuis longtemps.

                  Quant à la source que vous proposez

                  "Critical review of the literature. After M. Mahler and F. Tustin, a return to research in French child psychiatry from the 1980s to the present day, and also to research of Lacanian orientation."

                  Elle devrait pour s’estimer d’une quelconque scientificité prendre en compte l’évolution de la conception du terme autisme, distingué depuis longtemps de la schizophrénie et donc de la psychose (pas d’hallucinations) en Grande-Bretagne, par exemple : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3757918/

                  ... pendant qu’en France nous restions à Bettleheim alors même que certains chercheurs voyaient déjà la spécificité neurologique de ces enfants et travaillaient comme ils le pouvaient à déculpabiliser les mères, comme le Dr Lelord au CHRU de Tours https://www.youtube.com/watch?v=YRmcWVya8mc


                • colibri 10 mai 22:08
                  @Copper Lebrun

                  Je ne parle pas de vous mais de mon expériences , je suis en relation amicale depuis plus de 20 ans avec des personnes mariées avec des autistes Asperger , et leurs familles .Etant ami avec eux j’ai essayé de comprendre , je ne prétends pas détenir la vérité , c’est juste ma vision de même que votre point de vue est la vôtre et les deux sont respectables .Mais pour le moment vous n’avez fait que critiquer ma vision sans rien amener au débat , juste en disant que ce n’est pas ca , c’est quoi alors l’autisme ?

                  De mon point de vue l’autisme est bien une psychose car une psychose c’est ne pas accéder à la réalité , ce n’est pas forcément avoir des hallucinations .

                  La mère Asperger que je connais a un frère et un père Asperger léger, et 2 enfants dont l’un est autiste avec retard mental , et l’autre Asperger .C’est un schéma courant .L’explication que j’en ai pour l’avoir observé , qui n’est que mon observation et n’engage que moi , est que cette femme a tendance a surprotéger ses enfants parce qu’elle n’a pas capacité d’échanger émotionnellement avec eux , comme avec ses proches d’ailleurs .Elle ressemble à cette maman là qui aussi un fils Asperger :https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/blog/050617/les-avantages-insoupconnes-d-etre-un-parent-autiste.




                • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 09:35

                  @colibri

                  Je vais vous répondre de façon synthétique bien que je n’ai pas de devoir de m’expliquer à vous (je ne vous demande pas ce qu’est un non-autiste)

                  Et que d’autre part en prétendant que « je n’ai rien apporté au débat » vous confessez ne pas vou intéresser du tout au lien anglophone posté ci-dessus.

                  L’autisme (sans parler du « handicap autistique » qui prend des formes différentes) c’est une « agentivité » différente.

                  Votre « point de vue » sur la « psychose » (psychose étant un terme que vous utilisez d’une façon volontairement floue de façon typique au milieu psychiatrique, alors qu’il est défini très clairement, par exemple dans le DSM) est typique de ces « psys » qu’il s’expriment sur le Web de façon cachée.

                  Si vous souhaitez continuer cette échange, veuiller statuer, dans quel contexte vous avez recontré les personnes « autistes » pendant si longtemps, combien d’années vous avez passé sur le divan, et vos liens d’intérêt.


                • colibri 11 mai 14:34

                  @Copper Lebrun

                  vous dites que vous êtes autiste , vous savez donc ce que ca signifie ? 
                  rien apporté au débat ca veut dire que vous n’argumentez pas mais dites juste que ce n’est pas vrai .

                  je ne ne suis ni psy , ni consulté un psy de ma vie , et j’ai des personnes de ma famille par alliance autistes et aussi des amis .

                • Copper Lebrun Copper Lebrun 10 mai 21:00

                  ... du reste je me permets de surligner votre citation afin que les gens voient un peu qui vous êtes, ne vous embarrassant pas de déontologies ou autres précautions rhétoriques, perpétuant cette idée de l’autisme comme d’une « épidémie » (Daniel Marcelli le comparait d’ailleurs à un cancer) au risque de mettre encore et toujours en cause les parents :

                  Les parents autistes font des enfants qui deviennent autistes.


                  • colibri 10 mai 22:15
                    @Copper Lebrun
                    Ce sont pourtant les faits que vous pouvez trouver partout sur internet et qui s’expliquent d’une part par la génétique et d’autre part par le manque d’empathie , de compréhension émotionnelle de l’autre. Il y a le terrain (génétique) qui n’est sans doute pas suffisant , mais aussi le milieu et les interactions émotionnelles.





                  • jpeg 10 mai 22:40

                    Hum avez vous une source scientifique sérieuse qui suppose que le manque d’empathie et de compréhension émotionnelle des parents provoquent l’autisme ? hors psychanalyse, bon j’ai mis source sérieuse, c’est juste redondant.


                  • colibri 10 mai 23:30
                    @jpeg
                    je l’ai observé, pour moi c’est une évidence , ca coule de source , la définition de l’autisme est le manque d’empathie il est évident qu’un parent autiste (et qui peut-être s’ignore ) ne va pas interagir émotionnellement de façon normale avec son enfant , mais il est possible de trouver des témoignages et des études qui prouvent que l’autisme est héréditaire et que l’environnement est aussi important comme dans cet article de sciences et avenir :


                    Le problème est qu’il y a une mode actuellement du tout génétique et il n’est pas politiquement correct de parler d’une cause relationnelle dans l’autisme donc les études sont plutôt planquées .La tendance est de considérer toute singularité comme normale , il ne faut surtout pas de norme même si ca correspond à la réalité .
                    J’ai été en contact intime avec des Asperger durant longtemps , pour moi c’est structurel , ils ont une incapacité à entrer en résonnance émotionnellement , ils sont comme dans une bulle , certains arrivent par la volonté à compenser en copiant et apprenant par l’intellect , mais ils ne vivent pas , ils jouent juste à ..pour faire comme les autres .Cette incapacité favorise le développement chez eux de talents hors normes dans des domaines variés .Mais pour moi ils n’ont pas une connaissance intime des êtres .


                  • colibri 11 mai 00:01
                    @Copper Lebrun
                    Les mères d’autistes se découvrent autistes , l’autisme se transmet donc de mère à enfant :


                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 09:39

                    @colibri

                    Vous ne faites rien de altérations du système immunitaire (que l’on observe chez de nombreuses personnes autistes et qui peuvent expliquer les altérations précoces de migration neuronale et d’autres modifications neurologiques).

                    Voici, pour ma part, ce que je trouve « partout sur Internet », et pour moi, les « faits » dont témoignent non seulement l’expérience de beaucoup de mamans mais qui aussi se retrouvent dans de nombreuses biographies de personnes autistes.


                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 09:47

                    @colibri

                    Corrélation n’est pas causation : de nombreux parents se découvrent en fait une douance en faisant diagnostiquer leur enfant, ce qui indique une héritabilité. C’est tout ce que l’on peut déduire.

                    Du reste, vous faites passez l’autisme pour une maladie héréditaire qui se transmettrait par l’éducation.


                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 12:10

                    @colibri

                    La définition de l’autisme comme d’un « manque d’empathie ». Voici encore un fragment de cette dramatique idéologie qui ne sert personne d’autre que ce que Foucault nommait le « pouvoir psy ».

                    Vous reprendrez bien un morceau d’Elisabeth Roudinesco ? https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-autisme-dans-une-bibliotheque-194637

                    Les enfants autistes_ environ quatre sur mille, et en majorité des garçons_ ne sont tolérés ni à l’école, ni dans les lieux publics. Ils font peur, ils sont parfois violents ou repliés sur eux-mêmes, ils ont l’air d’accomplir des tâches incohérentes et ont donc besoin d’être pris en charge en permanence par leurs parents et par des équipes de thérapeutes et d’éducateurs qui les font vivre à leur rythme, tout en les soignant.


                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 14:05

                    @colibri

                    "La mère Asperger que je connais a un frère et un père Asperger léger, et 2 enfants dont l’un est autiste avec retard mental , et l’autre Asperger .C’est un schéma courant .L’explication que j’en ai pour l’avoir observé , qui n’est que mon observation et n’engage que moi , est que cette femme a tendance a surprotéger ses enfants parce qu’elle n’a pas capacité d’échanger émotionnellement avec eux , comme avec ses proches d’ailleurs .« 

                    je suis en contact régulier avec trois mères d’enfants autistes, également atteintes d’autisme ; soit diagnostiquées soit soupçonnées par chacun de par leur mode relationnel et leur parcours de vie, soit auto-diagnostiquées par défaut suite à l’inaptitude des CRA lorsqu’il s’agit de femmes de très haut niveau.

                    Alors non seulement elles arrivent à rendre en contact émotionnel avec leurs enfants autistes (ce qui a vous lire est doublement impossible) mais elles et moi nous entrons fort bien en contact, bien que je sois autiste aussi.

                    Cependant de façon prévisible elle n’entreront pas en contact émotionnel avec vous dès lors que vous adopterez une attitude réifiante et une »posture d’observateur« .

                    Ceci malgré vos aptitudes relationnelles avérées (ou du moins auto-proclamée), vous le »normal« pour reprendre vos termes, et même »roi" des normaux (...), probablement coopté par un groupe d’individus aimant à se rassembler en petit comité pour élaborer des théories lunaires sur la quéquette des gens.

                    Etonnant non ?


                  • colibri 11 mai 14:36

                    @Copper Lebrun

                    Chacun a ses sources et on peut trouver tout et son contraire sur internet , ensuite il y a des sources plus sérieuses que d’autres

                  • colibri 11 mai 15:38

                    @Copper Lebrun

                    vous dites que vous êtes en contact avec des mères autiste ayant des enfants autistes :c’est la preuve que l’autisme se transmet .


                  • colibri 11 mai 15:42

                    @Copper Lebrun


                    La définition de l’autisme comme d’un « manque d’empathie 

                    donnez votre propre définition alors

                    M Foucault n’a pas forcément raison , c’était un écrivain , homosexuel et dépressif qui s’est mêlé de philosopher sur la sexualité pour justifier ses attirances 

                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 11 mai 18:30

                    @colibri

                    Pour ma part, je m’interroge sur ce besoin apparemment compulsif d’aller regarder dans la vie privée des gens afin de vous forger une once d’auto-satisfaction.

                    ... Foucault était homosexuel et dépressif... ça ne l’empêche pas d’être un des auteurs en sciences sociales les plus lus au monde. A ce stade c’est du trolling de haut niveau.

                    Vous vous sentez mieux à présent j’espère.


                  • colibri 12 mai 10:33
                    @Copper Lebrun

                    Pour ma part, je m’interroge sur ce besoin apparemment compulsif d’aller regarder dans la vie privée des gens afin de vous forger une once d’auto-satisfaction.


                    Les familles autistes que je fréquente sont ma famille par alliance , je ne savais au début qu’ils étaient autistes et eux non plus , nous avons des liens familiaux c’est quand un enfant est devenu autiste avec retard mental qu’il y a eu des interrogations .Alors ce que vous supposez ne tient pas .

                    On peu ne pas être d’accord avec M Foucault , et la quantité ne fait la qualité ni la vérité .


                  • Copper Lebrun Copper Lebrun 12 mai 20:50

                    @colibri

                    Un enfant « devenu » autiste ? Il y a effectivement des régressions mais dans toutes les sources un tant soit peu fondées sur des connaissances biologiques, la cause est toujours immunitaire (sauf à parler peut-être d’accidents ayant entraîné des symptômes neurologiques...)

                    Sinon, oui, votre famille par alliance... en fait de « mère Asperger », vous parliez donc de votre belle-mère. Il y a manifestement un biais.

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