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Accueil du site > Actualités > Société > L’écriture est déjà inclusive

L’écriture est déjà inclusive

Il n’y a pas de débat contradictoire sur ce qui s’appelle à tort l’écriture inclusive. L’écriture du français est déjà inclusive, le masculin étant aussi le neutre et si cette coïncidence gène ceux qui y voient du sexisme, il serait plus juste du point de vue de l’analyse grammaticale d’appeler le masculin masculin-neutre. Dans il pleut, ou il faut faire ceci, le il n’est pas un masculin, il ne montre pas plus un homme qu’il ne cache une femme (ni le contraire cacher l’homme, montrer la femme), comme les seuls discours publiés le répètent à foison (foison nom féminin sans e).

Le bâti de cette « nécessité », appelée abusivement écriture inclusive, passe une série de points prétendument analytiques, qui ne résistent pas à un examen juste ordinaire. Les deux points principaux sont : le e n’est pas vraiment la marque du féminin, en français ; la grammaire est dans la dimension du symbolique, le sexe dans celui du réel. Mots féminins sans  : maison, raison, nation… les grandes valeurs : liberté, égalité, fraternité… Vous en trouverez d’autres. Mots masculins avec  : homme, lycée, sable, âge… on ne peut pas, en voyant un e final à un mot, dire : c’est un nom féminin. L’autre point : Le genre n’est pas le sexe. Les choses n’ont pas de sexe et les mots qui les disent ont un genre. C’est arbitraire. Une bicyclette, un vélo. La pomme est un fruit. Un homme est une personne. Une femme est un individu. Une girafe peut être un mâle. Une victime peut être un homme… le mannequin aima la sentinelle (sexe et genre sont inversés).

Il y a longtemps qu’on n’apprend pas dans les écoles que le masculin l’emporte sur le féminin. Les enseignants sont des femmes à 80% en primaire, (il faudrait étudier les raisons qui font que personne ne prend en compte ce fait ni ne demande la parité) ; elles enseignent l’arbitraire de cette règle qui va avec l’arbitraire de la langue, d’une manière générale (il n’y a aucune raison pour qu’on dise le raisin et la banane) : il fallait bien faire quelque chose, on accorde au masculin. La pomme et le raisin sont mûrs : comment peut-on nous raconter que ce mode d’accord signifierait l’apprentissage que le masculin a une valeur supérieure au féminin, dans la vie entière des humains, dans la vie sociale ? Comment peut-on proposer comme solution des inégalités sociales entre les sexes d’écrire Le raisin et la pomme sont mûres ? Par la répétition des mêmes exemples bien choisis, par leur répétition insistante et insensible à l’argumentation.

L’orthographe est en perdition. L’idée de l’orthographe s’est largement éventée, car elle demande une concentration sur la forme des phrases, inutile, parasitaire. On passe des milliers d’heures dans les classes à demander d’accorder le verbe et le sujet, d’accorder les adjectifs dans les groupes nominaux et on voudrait créer une nouvelle règle qui nécessite une attention encore plus grande à la forme du discours ? Jamais on ne dira Les hommes et les femmes sont belles par proximité du nom femme avec l’adjectif. Cette proximité n’est pas sensible quand on parle, ou alors, il faut s’écouter parler, s’écouter parler intensément.

Le mode opératoire de celles qui défendent cette idée est fortement marqué par une tonalité farouche qui fait ressentir qu’elles ne cèderont jamais. Partant, pas de débat. Elles répondent à ceux qui sont contre comme s’ils avaient défendu la domination masculine, des horreurs, quoi. (Je suis une horreur, n f qui ne porte de e et je reste un homme dans mon corps). C’est la caractéristique, presqu’une définition de l’idéologie : un discours cohérent en interne, sans lien avec le réel, avec ce qui se passe vraiment, et qui inclut l’impossibilité « morale » d’une opposition et donc, d’opposants. Les contradict(rice)eurs (je m’amuse) sont exclu(e)s avant même d’avoir dit quoi que ce soit. Du point de vue de la logique, c’est un sophisme de grande taille.

Il reste nécessaire de croiser les arguments. Le e est-il la marque du féminin ? Le sexe et le genre sont-ils incommensurables ou dépendants ? L’orthographe peut-elle résoudre des problèmes sociaux (avec tous les problèmes qu’elle a déjà) ? Les relations entre les hommes et les femmes dans les pays dont la langue est genrée autrement, pas genrée du tout… etc. sont-elles différentes de ce qu’elles sont dans les pays francophones ? Non. Celles qui veulent cette « réforme » savent que non. Bref, échanger des idées, résoudre les difficultés par le débat, c’est-à-dire par le langage et le respect de la contradiction et du contradicteur. Nommer le masculin masculin-neutre, ce qu’il est, plutôt que d’imposer par l’inertie, la ténacité et l’absence de doute, une écriture alambiquée et impraticable.


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33 réactions à cet article    


  • Plus robert que Redford 23 novembre 19:09

    Bon, faut changer ce masculin-neutre horriblement sexiste et dominateur !!!

    Dorénavant, nous devrons dire :

    Elle pleut, ou quelle heure est-elle ?, commencer les contes par : elle était une fois...

    Ca résout pas certains problèmes insurmontables par exemple :

    On dit un vagin et un clitoris, un nichon...

    alors qu’on parle d’une verge, ou d’une bite !!

    Une prostate, aussi ?!

    J’en suis tout mèrplexe !!


    • HELIOS HELIOS 23 novembre 19:59

      @Plus robert que Redford

      ... on dit bien : Qu’elle est belle, ma Bretagne quand elle pleut !...

    • jef88 jef88 24 novembre 18:28

      @HELIOS
      OHHHHH !
      Qu’il est vilaine ....


    • JL JL 24 novembre 18:38

      @jef88
       
       ’’OHHHHH ! Qu’il est vilaine ....’’
       
       Les Brétilien.ne.s (!) n’en croient rien !


    • rogal 23 novembre 20:23

      Matrimoine, Matrie, Matriotes... on progresse, à en devenir f.ou.olle a.u.la mess.e !


      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 23 novembre 21:25

        Salut Orélien,


        Encore les dommages collatéraux de nos « bobos gauchos chichonniques » ( voir première partie ) !

         

        Il faut bien que l’P@py se décarcasse  !


        @+ P@py


        • Orélien Péréol Orélien Péréol 23 novembre 22:32
          J’ai écrit de nombreux articles sur ce sujet des femmes et des hommes dans la grammaire. J’en mets un ici : 


          • Raymond75 24 novembre 09:16

            « Les enseignants sont des femmes à 80% en primaire » (en fait c’est plus de 85%) ...

            Il est en effet très étonnant de voir les femmes s’épancher à longueur d’années sur la mauvaise éducation des hommes et sur les injustices de la société, alors qu’en tant que mères elles s’approprient à 100% les jeunes enfants, qu’elles représentent 100% des ’nounous’, des enseignantes dans les crèches et les maternelles, 85 +% dans les écoles primaires, plus de 70% dans les collèges, sont encore majoritaires dans les lycées.

            Les femmes sont aussi majoritaires dans les professions de justice, les services sociaux et les professions médicales. Il y a de plus en plus de femmes dans la police et la gendarmerie.

            Et pour terminer, je pense sans en avoir les chiffres que les femmes représentent un part importantes des métiers de communication et de publicité.

            Alors une question simple : pourquoi s’en prennent elle à la société alors qu’elles ont une part aussi importante dans la construction des valeurs et des représentations ?


            • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 09:26

              @Raymond75 Tout à fait d’accord avec vous. Sur ce point spécifiquement j’avais fait paraitre cet article, dont voici le chapeau : Bientôt, la journée des femmes. Les femmes sont immensément aidées dans notre société. Normal ! Elles seraient en situation de faiblesse permanente. Nombre d’associations sont subventionnées pour aider les femmes. La question du sorite peut se poser : à partir de quelle quantité d’aides un groupe défavorisé cesse de l’être ? Parce qu’enfin à force de donner plus à celles qui ont moins, elles doivent bien finir par avoir autant, voire plus que les non-femmes. Comme personne ne pose cette question, la réponse ne risque pas d’apparaître. D’autant plus que ce surcroît de forces données aux femmes leur permet d’augmenter leur capacité à se présenter comme victime, seulement victime, tout le temps victime. C’est humain. N’importe quel groupe qui ferait l’objet d’une telle attention qualitative et quantitative ferait de même.




            • William 24 novembre 10:44

              Le terme « neutre » signifiant au sens strict Ni masculin Ni féminin, je pense que l’on peut plutôt dire que le masculin exprime aussi le « générique », c’est à dire l’universel, masculin et/ou féminin.


              • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 11:00

                @William
                Inutile de compliquer. Neutre est un état, ce n’est pas l’exclusion d’autres états.

                Générique, pour moi, qui engendre, j’emploie parfois général (qui comprend tout) et générique (d’où sort une suite, d’autres choses). Cela ne me parait pas le cas.
                Et masculin et féminin ne représentent pas l’universel puisque justement il y a du neutre dans la totalité.
                Surtout, inutile de compliquer.
                Mon texte propose de dire qu’il y a deux genres grammaticaux en français : le féminin, et le masculin-neutre.

              • Eric F Eric F 24 novembre 15:08

                @Orélien Péréol
                cela ne complique rien, dans la mesure où le français ne comporte pas de genre « neutre », qui en latin désigne plutôt les objets.
                Or ici on insiste sur la désignation universelle des humains
                ref « Genre et sexe en linguistique : les analyses du masculin générique » http://www.persee.fr/doc/mots_0243-6450_1996_num_49_1_2120


              • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 16:22

                @Eric F
                Si il y a un neutre grammatical qui a la même forme que le masculin.


              • Eric F Eric F 24 novembre 18:18

                @Orélien Péréol
                Vous énoncez un axiome qui ne figure à ma connaissance pas dans les grammaires. A la limite certains pronoms tels que « on » ou « rien » n’ont pas de genre déterminé, mais il ne sont pas pour autant catalogués en tant que « neutre » dans les grammaires.
                En anglais, il existe un pronom neutre pour la 3è personne du singulier : « it »,mais il n’est jamais utilisé pour désigner de manière indifférenciée un homme ou une femme, ils disent alors « he or she » (écrit inclusivement « s/he »)
                Je viens de lire, à propos du présent sujet, que la langue danoise a 4 genres, dont un genre « commun » pour le masculin et féminin simultanés, distinct du neutre.


              • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 20:37

                @Eric F
                Je ne répète pas ce que vous appelez les grammaires. J’analyse, je vois de quoi c’est fait et comment ça marche.


              • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 22:28

                @Eric F

                J’en ai lu les trois-quarts, je ne suis pas d’accord.
                Je prendrais un exemple en haut de la page 31 : les termes féminins désignent des humains de sexe femelle, sauf utilisation péjorative pour les humaines de sexe mâle... Ex : Gérard Depardieu est une star.
                C’est bien le problème de l’idéologie, ça a l’air scientifique, accordé à ce qui se passe vraiment et ça ne l’est pas.


              • Ruut Ruut 24 novembre 11:29

                Attention au IT (Chose) qui déshumanise tout ce qu’il touche.

                Il est plus aisé moralement de blesser une chose qu’un être.

                L’histoire nous l’a hélas si souvent tristement prouvé.


                • jef88 jef88 24 novembre 12:07

                  Je suis pour le neutre !
                  Exemple :
                  Masculin : Le boulanger
                  Féminin  : La boulangère
                  Neutre  : Lo boulanger
                  Ce serait plus simple que le système inclusif .......
                  Qui veut bien proposer cela à l’académie française ? ? ? ? ?


                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 14:50

                    @jef88
                    L’académie française n’est pas créditée. Elle a validé en 1993 une réforme de l’orthographe qui est entrée dans les manuels scolaires il y a quelques années et qui a fait scandale (c’est incroyable, on devrait se marrer, mais on ne se marre pas du tout). Elle s’est opposée à l’écriture dite inclusive, et les articles pour cette l’écriture dite inclusive prolifèrent, tous fondés sur une moquerie des opposants qui ne veulent pas d’égalité sans le dire, en substance, et aucun autre argument.

                    Après et surtout la langue appartient au peuple, à tout le monde, si vous préférez, ce n’est pas des décisions venues d’en haut qui la font.
                    Statutairement, l’académie est censée enregistrer l’usage. C’est ce qu’avait dit Carrère d’Encausse, sur la réforme de l’orthographe.
                    L’enjeu n’est pas du tout là où vous le mettez.

                  • Eric F Eric F 24 novembre 15:17

                    @Orélien Péréol
                    en effet, l’académie n’invente rien, mais entérine ou proscrit un usage qui commence à poindre. ainsi l’écriture SMS n’a pas le blanc seing de l’académie, quoiqu’elle se répande dans l’usage.

                    donc l’académie n’est pas à même d’introduire un « troisième genre » grammatical, mais peut formuler qu’en français le genre masculin non pas l’« emporte » sur le féminin, peut peut recouvrir une acceptions universelle (que William a qualifiée de « générique » dans son commentaire).
                    ainsi la formule biblique « Dieu créa l’homme [terme générique désignant l’humain], homme [masculin] et femme [féminin] il le créa »


                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 16:09

                    @Eric F
                    La formulation n’existe que dans la bouche de celles qui veulent accabler les hommes. Dans les classes, les maîtresses apprennent aux élèves qu’on accord au masculin. La formulation « le masculin l’emporte sur le féminin » a existé mais n’existe plus depuis longtemps.


                  • Eric F Eric F 24 novembre 18:23

                    @Orélien Péréol
                    disons que la formulation subsistait comme moyen mnémotechnique, et comme aubaine pour les polémistes smiley


                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 24 novembre 20:42

                    @Eric F
                    Pas du tout.


                  • zygzornifle zygzornifle 24 novembre 16:03

                    et l’écriture hermaphrodite personne n’en parle ....


                    • Eric F Eric F 24 novembre 18:27

                      @zygzornifle
                      bonne remarque, car l’amour est grammaticalement hermaphrodite : masculin au singulier, et féminin au pluriel (à moins qu’il ne faille dire « féminines » au pluriel ?).


                    • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 24 novembre 16:54

                      Ma réponse à cet épineux problème, ( réponse que j’ai déjà utilisés dans d’autres article traitant du même sujet )


                      Ce qui est sur, ben, c’est que se sont bien les femmes qui peuvent accoucher d’un enfant, les hommes non !

                      Ce sont bien le hommes qui arrivent à uriner plus loin que les pointes de leurs souliers, les femmes non !

                      Tant qu’il en sera ainsi, c’est bon !!

                      @+ P@py



                      • Le421 Le421 24 novembre 18:03

                        J’espère juste que « La Mère Noël » sera généreuse...
                        Une belle pipe, ce serait un magnifique cadeau !!  smiley


                        • Eric F Eric F 24 novembre 18:28

                          @Le421
                          en nouvelle orthographe, on devrait écrire : la mère Noëlle.


                        • Gasty Gasty 24 novembre 19:21

                          Tant que les ronds points ne deviennent pas des orientations politiques....tout va bien !


                          • Crab2 24 novembre 20:57

                            L’écriture inclusive est au féminisme ce quune théocratie est à la liberté de la pensée CRAB

                            https://laicite-moderne.blogspot.fr/2017/11/lecriture-inclusive.html


                            • Esprit Critique 24 novembre 23:48

                              « L’écriture est déjà inclusive »

                              ça y est, j’ai compris, c’est parce que l’écriture est inclusive, que des cons incultes se sentent exclu, et du coup ils imaginent que détruire la langue et l’écriture pourrait les rendre moins con !

                              Et le suicide ?

                              Ils n’y ont pas pensé ?

                               Dommage !


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 novembre 12:35

                                nous savons aujourd’hui que la guerre de Gog et Magog, restera une guerre de mots !


                                • Guy Laflèche Guy Laflèche 29 novembre 01:56


                                  Orélien Péréol, votre article sur le prétendu style « inclusif » est le quatrième et dernier que je trouve sur AgoraVox à ce sujet, après celui de Sylvain Rakotoarison, Lucchesi Jacques et Gilbert Spagnola (qui a sur la question le style le plus humoristique). C’est à votre article que je réagis, d’abord parce que vous êtes le dernier auteur sur la question, mais ensuite et surtout à cause de son titre, qui est évidemment des plus justes. Mais tous les quatre, vous écrivez la même chose et vous avez parfaitement raison. J’ajoute tout de même mon grain de sel, pour de toutes petites suggestions critiques.

                                  D’abord, la France retarde un peu. Le même débat sur le sujet sévissait au Québec vers 1985. Je ne sais pas si vous vous rendez compte ! Comme je suis linguiste de formation (et je ne dis cela ni pour me vanter, ni pour me donner d’avance raison, mais pour expliquer ce qui suit), j’ai alors étudié la question, ce qui a donné un article d’une trentaine de pages qui s’intitule justement du nom que j’ai (correctement, je crois) donné au phénomène, et c’est « le style bigenre », soit un épouvantable charabia (en dehors de l’adresse, en effet inclusive, que l’on peut mettre en tête d’une allocution très formelle et officielle, soit le célèbre « Français, Française » du général). L’article est paru dans mon ouvrage intitulé Polémiques (Laval, Singulier, 1992, p. 277-307), que l’on peut consulter en bonne partie gratuitement sur Recherche de Livres de Google.

                                  Après le nom correct, je crois, du style aberrant en question, mon analyse présente de manière un peu plus précise qu’on ne le fait habituellement la morphologie des genres dans nos langues indo-européenne (les langues des Indiens d’Amériques articulent aussi le genre, mais il s’agit non pas du féminin, mais de l’animé). Le système n’oppose pas, comme on le croit et comme on l’enseigne, le « masculin » et le « féminin ». Ce n’est pas vrai. Il existe un seul et unique genre dans nos langues indo-européennes et c’est... le féminin. Mais il s’agit d’un système binaire que la morphologie utilise de trois façons : (1) la morphologie marque le féminin ; (2) si le genre n’est pas marqué, alors c’est, comme son nom l’indique, le genre non marqué (que l’on peut bien désigner comme le « neutre ») ; (3) et c’est ce genre non marqué que la morphologie du français utilise pour désigner ce que l’école appelle le « masculin ». La langue française, comme l’ensemble des langues indo-européennes, marque le féminin, et le féminin seulement, parce qu’il est considéré comme plus précieux, plus noble, plus remarquable. Les Innus ou les Montagnais, eux, c’est le genre animé qu’is marquent. Mais le système est le même.

                                  Bref, si l’on parle d’une, deux, trois chattes, on précise le genre ; si l’on parle d’un groupe de chats et de chattes ou de la catégorie, on ne marque pas le genre (« si le chat avait six pattes, ce serait un insecte ») ; enfin, si l’on désigne un chat, c’est que ce n’est pas une chatte, puisqu’on ne marque pas son genre. C’est un système morphologique vraiment économique, très efficace. C’est par ignorance qu’on imagine qu’il peut y avoir là du sexisme, alors que c’est évidemment le contraire qui est vrai, puisque le français privilégie absolument le féminin, c’est le seul genre qui est marqué, le « genre marqué ».

                                  En revanche, et c’est encore une règle importante, dès que l’on désigne UNE personne ou UN groupe de personnes du genre féminin, la langue française impose absolument qu’on le désigne morphologiquement au féminin. On ne dit pas, dans la logique du français, une « femme médecin », mais... une médecine. Oui, je sais, on sera mort de rire. Pourtant, c’est pour des raisons strictement historiques et sociologiques que l’on ne peut employer le mot que la langue française impose de par sa logique. Vous connaissez peut-être l’anecdote de celui qui attend de voir un médecin (correct) et qu’on lui dit, « mais il vient de sortir, vous ne l’avez pas vu ? ». Réponse : mais non, je n’ai vu qu’une femme passer ! En français, on devrait dire, « mais la médecine, elle vient de sortir, vous ne l’avez pas vue ? ». C’est pas demain la veille qu’on parlera ainsi français. Surtout en France ! si vous me permettez la pointe.

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