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Pourquoi « La vérité sur l’affaire Harry Québert » a-t-il connu autant de succès ?

Le livre de Joël Dicker, écrivain suisse d'une trentaine d'années, a été publié en 2012, et a reçu le prix Goncourt des lycéens. C'était son premier roman.

Voici une série d'analyses sur ce pourquoi le roman a rencontré le succès que l'on connaît. Si vous avez de meilleures idées, n'hésitez bien évidemment pas à les mettre en commentaire, elles nourriront volontiers la réflexion commune sur ce sujet.

Raison numéro 1 : Le sérieux des personnages

La plus grosse erreur d'un écrivain est de ne pas prendre au sérieux ses personnages, selon Stephen King. Or ici, un personnage secondaire est à l’origine de la mort de Nolla Kellergan, ce qui montre à quel point ils sont pris aux asérieux... Tous les personnages sont importants chez Dicker, même celui qui semble encastré dans le décor.

Raison 2 : Les cliffhangers

La construction du roman est en « épisodes », car il aimait regarder des séries américaines. Il allait écrire chez sa grande tante, s’isolait, et aimait les séries policières, notamment les "cliffhangers". A la fin de chaque chapitre du livre, on retrouve en effet des cliffhangers qui nous laissent sur notre faim.

Raison 3 : Les thèmes populaires 

Sexe, histoire d’amour, impostures (Harry comme Marcus), voire même homosexualité et religion, tous les thèmes sont abordés. Mais aussi l'amitié, la figure du modèle, du mentor. Le succès immense et l'échec, comment rebondir après un échec, et la chute après le succès, une grande peur populaire. Egalement des conseils d'écriture pour les écrivains en herbe (1/3 des français si l'on en croit des études récentes).

Raison 4 : L'emphase

 Toujours des hyperboles, des emphases. Par exemple : "John était un conducteur avéré. Pas une nationale, une route de campagne n’a évité les roues déterminées de sa Chevrolet d’occasion" et ça continue encore et encore pendant 1 paragraphe. Il exagère, force le trait des personnalités, des événements, des conséquences.

Raison 5 : Beaucoup de "fausses victoires"

C'est peut-être la principale raison, mais aussi celle qui a déplu à quelques lecteurs. L’auteur utilise un procédé qui nous emmène vers des découvertes peu utiles à la découverte de la vérité de la fin du récit, mais toujours satisfaisant notre curiosité.


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20 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 3 août 18:07

    Bonjour, Chocolat

    En effet, pourquoi ?

    Car ce polar compte une bonne centaine de pages superflues. Malgré tout, ce bouquin est bien rédigé et l’histoire suffisamment bien ficelée pour maintenir malgré tout la curiosité du lecteur.

    Je n’en dirai pas autant du roman suivant, Le livre des Baltimore, très décevant. A tel point que je ne lirai pas le dernier opus, La disparition de Stéphanie Mailer.


    • Eschyle 49 Eschyle 49 4 août 22:15
      Désolé , mais un bouquin avec une intrigue indigne de la collection Harlequin , un pavé de 670 pages , où l’intrigue commence à la page 554 , ça mérite le sort décrit par Les Brigandes à 3’ 12" :

      • velosolex velosolex 4 août 22:21

        Souvent je juge dés les premières pages de la qualité d’un livre. Comme je ne connaissais pas l’auteur, j’ai cru que c’était un américain, et j’ai attribué les phrases boiteuses au manque de qualité du traducteur...J’ai insisté pendant 100 pages, avant de continuer en diagonale avant d’abandonner sur cette intrigue bancale, s’inspirant d’un bouquin d’Hadley chase.....Si le suivant selon Fergus est moins bon que le premier qu’était pour moi mauvais, je n’en dirais pas plus, pour ne pas décourager dirons nous.....Qu’est ce qui explique le succès d’un bouquin ?..Parfois simplement une bonne campagne de promotion auprès de lecteurs qui achète les bouquins de Musso, hier de Guy des cars....Bon, j’en profité pour donner des pistes de lecture utiles, en ces jours estivaux...Deux ou trois bouquins lus dernièrement

        - Le tueur aveugle : De Margaret Atwood. 700 pages mais vous lirez ça en apnée. C’est du lourd, c’est du beau, c’est l’amérique version antitrump, une traversée du siècle. La grande auteur des usa, celle qui a écrit " la servante écarlate, que je n’ai pas en fait encore lu, mais je m’y met. 
        -Dans la forêt : Jean England...Superbe et apocalytique.....
        - Questions polars, ceux de Philipp Kerr, sa trilogie berlinoise, et toutes les enquêtes de son inspecteur fétiche, traversant la guerre sous l’uniforme nazi. Malheureusement, Kerr vient de mourir cette année.
        Les 5 romans noirs immanquables de Philip Kerr - Le Figaro

        • Fergus Fergus 5 août 08:34

          Bonjour, velosolex

          J’ai lu dernièrement deux livres de Kerr dont le premier de la trilogie berlinoise, et je n’ai pas accroché du tout. J’ai donc abandonné cet auteur.

          Personnellement, je conseillerais plutôt les polars de Mankell, presque tous en relation avec des évènements géopolitiques. Ou bien ceux de May, et notamment la trilogie écossaise.

          Les goûts et les couleurs... smiley


        • velosolex velosolex 5 août 09:56

          @Fergus Bonjour inspecteur
          Bien des points communs entre Kerr et Mankel, tout autant pourtant que leurs héros : Bornés dans leur leurs enquêtes, n’hésitant pas à s’opposer à leurs hiérarchies, remontant le passé, avec des zones d’ombre qui remontent en eux. C’est le point commun c’est vrai, à beaucoup d’auteurs de polars actuellement. Mais le regard noir que Mankell pose sur la société suédoise, à travers Willander son enquêteur qui lui semble sombrer est sans doute moins justifié que celui de Gûnther, celui de kerr : Cet auteur possède à mon avis un bon sens de la narration, et ses enquêtes représentent bien des pages histoires : La conférence de Wansee, le massacre de Dantzig sont ainsi explorés, par cet inspecteur SA...On apprend ainsi que les inspecteurs de la KRIPO, la polices judiciaire furent reversés ainsi automatiquement dans les corps nazis. 

          Les polars de Connely, évidemment sont des classiques appréciés toujours sur LA, avec Bosch, un dur à cuir au coeur tendre, et qui est dans la tradition du justicier solitaire cher au mythe. Les intrigues, comme celle du « poète », sont redoutables, et livrent une vraie saveur sur a ville des péchés. Dans le même ordre d’idée, j’ai lu ce livre étonnant, renversant, sur la ville, ses tâches, qui a été écrit par un enquêteur à la retraite qui révèle le vrai meurtrier du « Dahlia noir » sujet traité par Elroy : Son propre père. 
          L’affaire du Dahlia noir élucidée par Steve Hodel ? - Le Salon Littéraire
          Bien sûr, les vieux roman d’Upfield au travers le continent australien, faisant pionnier en matière d’écologie et d’immersion policière sont vraiment très bons, plus sweet, car écrits entre les années 30 et 60...Les polars moyenâgeux de Paul Doherty sont très intéressants eux aussi.

        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 août 10:47

          @velosolex

          Ajouter Hillerman a Upfield . Scandinave : Jo Nesbro et Stieg Larsson (Millenium) .


        • Fergus Fergus 5 août 10:53

          Bonjour, Aita Pea Pea

          J’ai dévoré les Millenium. Et même la suite écrite après le décès de Larsson.


        • Fergus Fergus 5 août 10:57

          @ velosolex

          J’apprécie également beaucoup les Connelly.

          Pour ce qui est des Kerr, ce n’est évidemment pas l’intrigue - ni bien sûr le fond historique - qui ne m’ont pas convaincu, mais le style qui ne m’a pas convenu, peut-être du fait de la traduction.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 août 11:07

          @Fergus

          Bonjour. Kerr est malheureusement décédé il y a peu. J’aime beaucoup. C’est quoi votre trilogie Écossaise ?


        • velosolex velosolex 5 août 11:29

          @Aita Pea Pea

          Autre série écossaise, un peu datée dans le temps,mais hilarante et très originale, celle des « Imogène » d’exbrayat. Une inspectrice qui met les pieds dans le porridge, totalement à la ramasse, faisant des déductions fausses, mais retombant toujours sur ses longues pattes...
          Je me souviens de m’ être marré tout un été, en lisant ses six ou sept aventures, et que la compilation avait fait le tour de la famille, gamins compris

        • velosolex velosolex 5 août 11:37

          @Aita Pea Pea
          J’ai lu dernièrement aussi « Germania », d’Harald Gilbers" 

          Germania - Harald Gilbers - Babelio
          qui rappelle les bouquins de Kerr, dans un Berlin en flammes. Une originalité, l’inspecteur est juif, et est invité à reprendre son métier à la demande des nazis qui n’ont pas oublié son talent.....Il cherche le psychopathe coupable du meurtre de jeunes femmes alors qu’on tue et qu’on égorge un peu partout, et que les murs des maisons tombent......Assez surréaliste, comme un tableau de Bosch. 
          Kerr a semble t’il écrit un dernier roman avant de mourir subitement. J’attend l’édition avec hâte. Le polar est parfois un bon livre d’histoire

        • velosolex velosolex 5 août 11:45

          @Aita Pea Pea
          J’ai lu tout cela avec plaisir. Millenuim m’a un peu ennervé en jouant tout de même avec de grosses ficelles, mais qui marchent. Je vous donne un polar que personne ne connait et que je range parmi les meilleurs qui soient, publié il y a fort longtemps dans la série noire. 

          Malcolm BRALY : La neige était noire - Les Lectures de l’Oncle Paul
          Aux sources du meilleur, « pierre de lune », de wilikie Collins" le premier des polars, un chef d’oeuvre construit sur une histoire vraie. 
          Pierre de lune - William Wilkie Collins - Babelio

        • Fergus Fergus 5 août 11:59

          @ Aita Pea Pea

          La trilogie écossaise est composée de trois polars qui ont pour cadre le décor ô combien rude des Iles Hébrides.

          J’ai consacré un article au sujet abordé par May dans le 1er de ces trois romans, l’ahurissante chasse aux fous de Bassan sur un îlot perdu en mer : Les fous de Sula Sgeir.

          Un autre roman est basé sur la découverte d’un homme fossilisé dans une tourbière.

          J’ai personnellement été pris d’un bout à l’autre par le climat de ces trois livres atypiques.

          ...




        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 août 12:02

          @velosolex

          Bonjour. Noté. Pour Exbrayat je connais. Boileau -Narcejac et l’Italie que du bon aussi...si on papote polar on en a pour des heures...lol . En ce moment je reviens sur Antoine Blondin ...Un singe en hiver que je n’avais pas lu.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 août 12:15

          @Fergus

          Merci c’est noté.Cette chasse ressemble à ce que font une ou deux fois par an les polynésiens sur les ilots inhabités .Pas les mêmes proies par contre.


        • velosolex velosolex 5 août 14:00

          @Fergus

          Je note la référence. Le scénario le climat et le décor rappelle aussi un autre écrivain du nord. Indriason, un auteur qui familiarise avec l’islande, ses sagas, son histoire ancienne et contemporaine. Un pays qui compte à la fois le plus d’auteurs et de lecteurs au monde, pour une population qui ne parvient pas à celle d’un département français.....Et qui se débrouille très bien au foot aussi....
          Arnaldur Indriðason (auteur de La femme en vert) - Babelio

        • velosolex velosolex 5 août 14:04

          @Aita Pea Pea
          Blondin fait partie de ces écrivains injustement oubliés. Comme Marcel Aymé. La vouive, Uranus, des chefs d’oeuvre oubliés. Bernanos écrivit en son temps un polar oublié, et très bon, sur fond catholique, ce qui n’étonnera personne. 

          Un crime - Georges Bernanos - Babelio

        • Fergus Fergus 6 août 09:19

          Bonjour, velosolex

          Merci pour les conseils de lecture.

          A noter qu’Exbrayat n’est pas seulement l’auteur de polars humoristiques (dont la série des Imogène), mais également un romancier de grande qualité comme l’ont montré des livres comme « Jules Matrat » ou « Un matin, elle sen alla ».

          Je profite de l’occasion pour redire également tout le bien que je pense du défunt Pierre Magnan dont tous les bouquins sont un régal pour moi et pour tous les amoureux des Alpes-de-Haute-Provence où cet écrivain a situé ses intrigues, souvent basées sur des haines ancestrales.

          Vous parlez de Marcel Aymé, et vous faites bien : il est, à mes yeux, l’un des plus grands auteurs du 20e siècle.


        • velosolex velosolex 6 août 09:58

          @Fergus
          Je partage de même un grand intéret pour Magnan, que j’ ai découvert il y a 20 ans dans un gite de location dans les hautes alpes. Un style vraiment original . A tort considéré longtemps comme un écrivain provincial, alors qu’il est universaliste, comme Giono, dont il a été secrétaire. 


        • velosolex velosolex 5 août 10:15

          Quand je parlais de l’inspiration que Dicker pouvait avoir pioché dans son livre laborieux, et parlant de Hadley Chase, je voulais évoquer le livre « Eva », très court, et très efficace. Un polar qui s’est construit sur le syndrome de « la page blanche » lui aussi. L’histoire d’un écrivain raté qui tombe un jour sur le roman d’un écrivain qui meurt....Que faire du livre ?...Il le donne à son éditeur. C’est un succès...Après la gloire et les filles, il se trouve confronté à sa pauvre imagination, quand il est mis en demeure de livrer un nouveau roman....Il va sombrer dans la dépression, et sous l’influence d’un mante religieuse, avant de renaître de ses cendres. 

          Ce thème du roman volé a livré une vraie réussite au travers d’un roman franchement désopilant, et qui n’est pas si fou qu’il parait : Un ours met la main sur le roman d’un écrivain, et c’est un succés...Un tel succès que personne ne voit que c’est un ours, projetant sur lui tous les fantasmes de l’écrivain un peu provocateur et bourru, se contentant de grogner face aux journalistes. Un chef d’oeuvre. On est loin de Dicker..Méfiez vous des imitations !

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Chocolat


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