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Accueil du site > Actualités > Technologies > A propos de « Discours sur l’origine de l’univers » de Etienne (...)

A propos de « Discours sur l’origine de l’univers » de Etienne Klein

« Non, l’univers n’existe pas, non plus que le vide quantique, ces deux conundrums situés aux deux extrémités de la physique, dont le langage scientifique a créé le nom et que l’observation s’épuise à visualiser, que la raison s’épuise à comprendre ».

Discours sur l'origine de l'univers
Flammarion

Considérations sur la connaissance. A propos du dernier livre de Etienne Klein.
On fait beaucoup d'hypothèses sur le monde à connaître, et pas assez sur la machine à connaître


Tout est affaire de décor
Changer de lit, changer de corps
A quoi bon puisque c'est encore
Façon de n'y comprendre rien
Inspiré de Louis Aragon

En exergue figure la conclusion que selon nous un lecteur prudent devrait tirer de la lecture de l'excellent livre de Etienne Klein, Discours sur l'origines de l'Univers (Flammarion 2010), faisant suite à trois ou quatre autres essais du même auteur portant sur la physique et la cosmologie, tout aussi excellents. L'ouvrage, très pédagogique, recense toutes les hypothèses présentées depuis l'Antiquité et singulièrement depuis quelques années pour essayer de comprendre les fondements du monde physique.

Très honnêtement, l'auteur avoue que ces hypothèses, faute de pouvoir être mises à l'épreuve de l'expérimentation instrumentale, ne répondent pas aux questions que la raison humaine prétend devoir se poser à propos de l'univers. Ceci ne signifie pas que nous suggérerions au lecteur de ne pas lire cet ouvrage ou d'autres analogues. Au contraire. Il faut le lire d'urgence, et s'en pénétrer. C'est seulement que nous nous demandons si une autre démarche, éventuellement parallèle, ne serait pas aujourd'hui indispensable ? En fait, nous pensons que cette autre démarche s'impose déjà d'elle-même, car elle découle de la marche inexorable de l'évolution. Un des mérites, peut-être involontaire, du livre, serait selon nous de la suggérer.

Qu'est-ce à dire ? Nous pensons pour notre part que la science progresserait plus vite si elle s'interrogeait, non pas sur les confins ultimes du monde extérieur, qu'elle ne peut observer et moins encore rationaliser, mais sur ses propres processus d'acquisition de connaissance. Mais cela ne signifierait pas en revenir aux croyances et aux mythologies, en une nième nouvelle démarche digne d'un adversaire de la rationalité scientifique.

Nous proposons seulement ici une réflexion s'appuyant sur ce que semblent illustrer les millions d'années d'évolution biologique au cours desquels les cerveaux des animaux leur ont permis de s'adapter à leur milieu et de s'y développer. On devra y ajouter aujourd'hui un nouveau domaine de réflexion, inspiré de la robotique dite elle aussi évolutionniste. Cette dernière montre comment des robots autonomes, plus particulièrement quand ils agissent en groupe, acquièrent ce que l'on nomme des cartes de leur monde suffisamment riches en connaissance pour qu'ils puissent y survivre. Ceux qui dans les décennies prochaines, bien avant les humains, arpenteront seuls les sols effrayants des planètes proches, en feront la démonstration, n'en doutons pas.

Les systèmes cognitifs

A partir de ces deux séries d'observations, relevant de la science expérimentale la plus classique, il est possible d'élaborer le concept de système cognitif (cognitive system en anglais) . Qu'est-ce qu'un système cognitif ? (cf. J.P. Baquiast, La robotique, J.P. Bayol, à paraître).

Nommons système cognitif un organisme biologique ou artificiel doté d'un corps aux frontières physiques bien définies lui permettant de se distinguer de son environnement. Ce corps communique avec l'extérieur par des organes sensoriels et par des membres, que la robotique préfère nommer des capteurs et des effecteurs, ou organes E/S (pour entrée-sortie). Il dispose par ailleurs d'un réseau interne de transmission, de traitement et de mémorisation des impulsions généralement électriques circulant entre les organes E/S. Dans les deux domaines de la biologie et de la robotique, on pourra utiliser pour désigner ce réseau le terme de système nerveux, ainsi que celui de cerveau pour représenter ce qui en constitue l'unité centrale.

Mais pourquoi parler de système cognitif ? Parce que le système nerveux et surtout le cerveau conservent et organisent la mémorisation symbolique des informations produites par les E/S au fur et à mesure que le corps interagit avec son environnement. Il n'existe rien de tel dans les organismes vivants qui se sont construits selon d'autres logiques, par exemple les végétaux, ni rien de tel non plus dans les machines électroniques plus simples, comme les calculateurs. Le système nerveux et le cerveau, que nous désignerons désormais par les termes de système nerveux central ou mémoire centrale (MC), reçoivent en permanence des informations provenant des E/S. La plupart de celles-ci disparaissent. La MC ne conserve que celles présentant une certaine régularité, un certain caractère répétitif. Nous les nommerons ici des contenus cognitifs ou connaissances puisque leur ensemble résume l'expérience de l'interaction avec le monde extérieur résultant de l'activité des organismes.

Le modèle informatique du processus d'acquisition de connaissances ainsi utilisé est bien connu. Il s'appelle « réseau de neurones formels ». On parle là de neurones parce que, globalement, dans le corps biologique, les architectures durables entre neurones s'organisent selon un processus voisin. Lorsqu'un organisme, qu'il soit biologique ou artificiel, interagit régulièrement avec une entité ou « objet » du monde extérieur, par exemple un animal ou un meuble, sa MC en construit une représentation symbolique. Nous parlerons aussi de connaissances ou de cognitions relatives à cet objet. Chaque cognition correspond (nous simplifions) à la moyenne des perceptions relatives à l'objet considéré. La MC accumule ainsi de nombreuses cognitions, puisque l'organisme interagit en permanence, dans le cours de son développement, avec un monde empli d'objets nombreux et complexes.

Dans cette première façon de se représenter les cognitions, il faut insister sur le fait qu'elles sont expérimentales ou à base d'expériences. Autrement dit, elles proviennent des interactions que l'organisme entretient avec son milieu, grâce à ses E/S. Elles ne proviennent pas de nulle part, contrairement à celles que parallèlement peut générer la MC travaillant en boucle sur elle-même. Dans ce dernier cas, la MC, système complexe en partie auto-entretenu, produit de nombreuses représentations fictives, n'ayant pas de liens directs avec l'extérieur et qui viennent en conflit avec celles venant de l'extérieur. Généralement, chez l'animal tout au moins, ces représentations fictives sont balayées par celles résultant de l'interaction avec le milieu. Ce sont seulement ces dernières qui sont conservées, parce qu'elles contribuent à la survie de l'organisme.

On peut donc dire que les cognitions issues de l'extérieur dressent, au sein de la MC de l'organisme, une représentation globale ou paysage symbolique du milieu ou de l'environnement. Il s'agit du milieu, non tel qu'il serait s'il était perçu par un tiers ou tel qu'il serait en soi, mais tel qu'il est perçu par l'organisme. Ceci n'est pas étonnant. L'organisme ne peut connaître son milieu qu'à travers les perceptions que lui en donnent ses E/S. C'est par conséquent le seul milieu susceptible de l'intéresser.

A quoi servent les cognitions ?

Elles servent d'abord à identifier et classer les E/S reçues par l'organisme. Les E/S qui correspondent à un objet déjà mémorisé servent à compléter ou modifier la cognition relative à cet objet. Le système apprend ainsi qu'un animal peut être plus ou moins agressif, qu'un obstacle peut être plus ou moins solide. Celles qui sont originales, c'est-à-dire qui correspondent à la perception d'un objet jamais rencontré jusqu'alors, sont mises en mémoire temporaire, avant d'être transformées en une cognition nouvelle si elles se répètent. Lorsqu'il reçoit une perception qu'il ne peut pas immédiatement rattacher à un objet déjà identifié, l'organisme doit lever le doute. Rester dans l'incertain pourrait être dangereux.

Pour ce faire, il fait appel à un processus d'une grande importance méthodologique : il formule des hypothèse selon une méthode que nous pouvons qualifier d'expérimentale. La perception se rattache-t-elle à une cognition déjà mémorisée et connue, ou non ? L'organisme met à l'épreuve les hypothèses formulées en réponse à cette question. Dans ce but il fait appel à de nouvelles opérations d'E/S. En fonction du résultat des expérimentations auxquelles il a procédé pour tester ces hypothèses, il en tire des déductions qui viennent compléter sa connaissance globale du monde. On parle de méthode hypothético-déductive. 1)

Rappelons que ce que nous venons de décrire concerne l'acquisition de connaissances par n'importe quel système cognitif biologique ou artificiel présentant les caractères que nous avons précisés en introduction. Mais plus ces systèmes cognitifs sont riches en termes de capacités des E/S et de la MC, plus le processus d'acquisition, de mise en forme puis de mémorisation des connaissances se perfectionne.

L'un des progrès ainsi enregistré au cours de l'évolution consiste en l'acquisition de la capacité d'évoquer le contenu de la connaissance par l'affectation d'un symbole ou étiquette permettant à la MC de le reconnaître et le manipuler sans délais. Il s'agit d'une technique indispensable à toute activité de gestion de données, consistant à « nommer », c'est-à-dire donner des noms spécifiques aux objets ou aux classes d'objets. Ce besoin de nommer apparaît particulièrement grand à l'occasion des échanges entre systèmes cognitifs. Il a suscité des solutions spontanées au sein des groupes d'animaux. Un cri ou une posture déterminée peuvent signaler spécifiquement tel danger. On constate que, dans l'acquisition de connaissances au sein de robots interagissant en groupe, des raccourcis identiques finissent par être sélectionnés.

Ainsi naissent les langages. Mais ceux-ci ne se bornent pas à faciliter la diffusion et la mise en réseau des connaissances acquises par les systèmes cognitifs. Ils comportent aussi des symboles ayant valeur d'ordres à faire ou ne pas faire telle ou telle action : par exemple se regrouper pour repousser un prédateur. Autrement dit, les contenus de connaissance acquis au cours de l'interaction des systèmes cognitifs avec leur environnement se traduisent très vite par des modifications de cet environnement. Les systèmes utilisent dans ce cas leurs organes d'E/S pour se construire des environnements plus favorables à leur survie. On peut employer le terme de « construction de niches ». On dit qu'il s'agit de processsus "constructifs" ou "constructivistes". Avec la prolifération de l'espèce humaine, le visage de la Terre tout entière a été transformé par de telles constructions.

Les systèmes cognitifs les plus récents dans l'histoire de l'évolution ne se sont pas seulement distingués par l'acquisition des langages. Ils ont aussi acquis des formes d'auto-observation relevant de ce l'on nomme la conscience. Les bons résultats au service de la survie découlant de la multiplication d'observations du monde extérieur à partir d'E/S de plus en plus perfectionnées ont provoqué l'amélioration des outils tournés vers l'observation de l'intérieur. Ceux-ci permettent aux systèmes cognitifs de se représenter eux-mêmes, autrement dit de devenir, au moins partiellement, auto-cogitifs.

Ils ont d'abord appris à utiliser plus efficacement les capteurs endogènes dont l'évolution les avait dotés afin de signaler certains états internes à risque et provoquer des actions régulatrices. Parallèlement, ils se sont trouvés équipés, sous la forme notamment des neurones associatifs du cortex, de capacités pour explorer et synthétiser ceux des contenus de leurs mémoires qui tout en provenant de l'extérieur modifient ou peuvent modifier la représentation de soi que le sujet s'est donnée en interne. Ils ont pu ainsi commencer – très marginalement encore il est vrai - à rassembler de façon cohérente toutes les connaissances pouvant leur permettre de compléter l'image endogène par une image exogène, c'est-à-dire de leur propre moi dans le monde global.

Ces images génèrent des informations utiles pour le pilotage coordonné de ce moi, dans le présent ou pour le futur. Les ensembles coordonnées d'informations et d'ordres en découlant contribuent à former ce que l'on nomme soit la conscience primaire, soit la conscience supérieure. Dans ce dernier cas, le système génère des informations sur lui-même et son environnement qui constituent à elles seules un monde global virtuel au sein duquel le moi apparaît comme une sorte d'avatar. Il s'agit alors de paysages et situations sans rapports immédiats avec l'environnement ou le moi réel., permettant donc de se détacher de la contrainte du présent.

La conscience supérieure ne se manifeste dans le règne animal, en dehors des humains, que par courts instants. Les roboticiens espèrent par contre que les robots de demain pourront s'en doter spontanément. Il va de soi que les contenus de connaissances relatifs à la vision que les systèmes cognitifs ont d'eux-mêmes, c'est-à-dire les contenus de conscience, sont tout autant sinon davantage sujets aux erreurs que les contenus de connaissance relatifs au monde extérieur. Dans tous les cas, les organes d'E/S sont potentiellement faillibles. Nous en dirons un mot en fin d'article.

Les contenus de connaissance acquis par les systèmes cognitifs n'ont d'intérêt pour la survie que s'ils reflètent le plus fidèlement possible le monde extérieur, avec ses avantages et ses risques. Ainsi il ne faut pas confondre un fruit comestible avec un fruit empoisonné, ni dans le cas d'un robot un pied de table fixé au sol avec le pied d'une petite chaise susceptible d'être déplacé. Les systèmes cognitifs ont donc développé de nombreuses stratégies leur permettant de mettre à l'épreuve ce que l'on pourra nommer la vérité de leurs connaissances. La plus efficace aujourd'hui est considérée, au niveau collectif, comme relevant de la démarche scientifique expérimentale déjà nommée, dont les résultats sont désormais publiés au sein de réseaux mondialisés. Les animaux, sans atteindre un tel niveau de sophistication, avaient depuis fort longtemps engagées des procédures de même nature, dans le cadre de ce que l'on pourrait nommer des comportements préscientifiques empiriques. Il n'est pas impossible que les robots les plus performants du futur s'inscrivent eux-aussi spontanément dans les réseaux de connaissance. Ils y apporteront leur propres points de vue sur eux-mêmes et sur le monde, y compris sur les humains. .

Les limites de la « vérité »

La science expérimentale permet ainsi aux systèmes cognitifs de délivrer ce que l'on pourrait appeler des certificats de vérité ou de véracité s'appliquant à leurs connaissances relatives au monde extérieur. Il est ainsi décrété vrai que tel aliment est mortel et tel autre innoffensif, au vu des nombreuses expériences ayant permis de fonder ces affirmations. Mais on voit le risque attaché à une telle recherche utilitaire de la vérité. Le langage prendra l'habitude de confondre une vérité pour soi (pour tel système cognitif, dans telles conditions) avec une vérité en soi ou absolue, pour tout le monde, tout le temps et partout. En amont, le même risque s'attache au fait même de nommer les objets. Il s'agit de ce que la physicienne Mioara Mugur Schächter a nommé le piège du Réalisme 2). Si le système identifie en les regroupant dans une classe unique, intitulée l'arbre, un certain nombre d'arbres différents dotés de noms spécifiques, il sera tentant d'imaginer par commodité que le terme d'arbre renvoie à un être en soi, existant lui aussi dans le monde, d'une façon non immédiatement accessible à l'expérience, mais néanmoins susceptible de faire l'objet, soit de réflexions philosophiques, soit de constructions mythologiques. L'arbre sera devenu une Réalité dans le monde de l'essentialisme.

Plus généralement, comme nous l'avons indiqué plus haut, l'expérience montre que les systèmes cognitifs dotés de MC fécondes, autrement dit de cerveaux particulièrement riches et productifs, génèrent par une sorte de turbulence auto-activée des représentations du monde de plus en plus éloignées des acquis de l'expérience. On parle d'imaginaires, religieux, poétiques ou fantasmatiques. Ceux-ci peuvent entraîner des bénéfices pour la survie, pousser par exemple à explorer de nouveaux territoires dans le monde physique ou mental. Mais ils peuvent aussi générer des conduites à risques, se traduisant par ce que l'on nommera pour simplifier le déni de réalité.

Les outils sensoriels utilisés dans la pratique expérimentale courante servent souvent de prétextes à la construction de mondes imaginaires. Or on ne peut voir que ce que les yeux peuvent voir, au terme d'une longue évolution orientée par les besoins utilitaires de la survie. Il en est de même des autres organes d'E/S. Les prothèses artificielles accroissent considérablement la portée des organes naturels, mais elles-mêmes atteignent très vite leurs limites, face à l'infiniment grand ou l'infiniment petit. Il faut se méfier également des aberrations qu'elles peuvent provoquer, du fait de vices de construction ou de mauvais mode d'emploi, l'interprétation l'emportant alors sur l'observation factuelle : on croit voir ce que l'on a inconsciemment envie de voir 3). Les aberrations collectives sont aussi nombreuses et persistantes que celles imputables à des observateurs individuels. Dans ces cas, particulièrement pernicieux, ce sont des mondes en grande partie crées par les fantasmes qui font l'objet des commentaires des savants.

Il en est de même des cerveaux. Aussi souples et adaptatifs soient-ils, ils ne peuvent se représenter des situations ou des entités que le monde biologique n'a jamais eu l'occasion de rencontrer. Si par hasard ils se trouvaient confrontés à des mondes véritablement différents du nôtre, leurs spécificités de construction les empêcheraient de remarquer des objets qui pourtant mériteraient leur intérêt, au regard d'une recherche optimisée de nos meilleures chances de survie.

La même réserve doit être faite à propos des mathématiques. On croit généralement qu'elles peuvent permettre au cerveau de s'affranchir des réalités immédiates pour concevoir et modéliser des univers totalement à l'écart des observations expérimentales, bien que néanmoins susceptibles d'exister. Mais à la suite de quelles expériences vitales les cerveaux humains auraient-ils acquis la capacité de le faire ? Les mathématiques, même les plus élaborées, restent encore empreintes des limites ayant marqué les premières opérations de dénombrement et de mesure dans le monde animal.Elles sont liées aux architectures neuronales sélectionnées par l'évolution pour permettre leur reproduction. Les outils mathématiques sont très utiles pour préciser ou simplifier les relations entre les contenus cognitifs et un monde extérieur complexe, ainsi que les discours s'y rapportant. Mais lorsqu'ils traitent d'autres phénomènes que ceux accessibles à l'expérience, pourquoi leur attribuer plus de fiabilité qu'à la simple imagination poétique.

Mieux comprendre un jour les mystères de la physique ?

Cependant, pour ouvrir une petite fenètre sur l'avenir, pourquoi ne pas penser que, à la suite d'on ne sait quelle mutation survenue dans les bases neurales de la cognition, les cerveaux humains ne puissent un jour se représenter et comprendre ce qui reste encore pour eux des mystères, entre autres les domaines situés aux limites de la physique expérimentale. Peut-être aussi verra-t-on des prothèses artificielles logiques enrichir les capacités des cerveaux biologiques, à l'occasion de l'apparition d'humains augmentés dits post-humains.

Alors les physiciens qui, actuellement confessent fort honnêtement leur ignorance devant la question des origines de l'univers ou de ce que dissimule le monde infra-quantique (si l'on peut employer cette expression), pourront-peut-être comprendre et expliquer beaucoup de ce qui demeure des mystères pour la science. Mais pour le moment, les systèmes cognitifs auxquels nous appartenons, mêlant étroitement le biologique et le technologique, ceux que je nomme pour ma part des systèmes anthropotechniques 4), sont loin d'en être là. Mieux vaudrait en ce cas qu'ils ne perdent pas trop de temps à construire des équations risquant de rester à jamais de simples jeux d'esprit. Sans ces équations, dira-t-on, disparaîtraient les incitations à faire davantage de recherches expérimentales. Espérons-le.

Mieux vaudrait cependant, comme nous le recommandons en introduction, chercher à mieux comprendre ce qu'est et ce que pourrait devenir un objet immédiatement ou médiatement à portée de nos instruments d'observation, le cerveau humain aux cent milliards de neurones et au nombre infiniment plus grand de connexions synaptiques potentielles. Selon le professeur Stephen Smith de Stanford, il existe en effet 125 trillions de synapses dans le seul cortex cérébral humain, soit le nombre d'étoiles que comptent 1.500 galaxies comparables à la nôtre. Le cerveau est donc un objet de l'univers, équivalent en complexité à ces 1.500 galaxies. Pourquoi, après avoir acquis, par mutation ou autrement, quelques connexions internes supplémentaires, cet objet ne pourrait-il pas mieux comprendre, de l'intérieur, et au même titre que sa propre logique, la logique de l'univers ?

Rappelons cependant, pour réfréner d'éventuels enthousiasmes suscités par ces perspectives, que les propos que nous avons tenus ici concernant les systèmes cognitifs ne proviennent pas d'un observateur devenu par miracle capable de se situer au dessus du monde de l'expérience. Ils proviennent eux-aussi d'un système cognitif. Celui-ci tente de se représenter lui-même à lui-même, mais il est contraint ce faisant par des limites de fait auxquelles il ne peut échapper, bien qu'ayant une certaine conscience de leur existence.

Notes
1) Sur tout ceci, voir Christopher D. Frith Making up the mind - How Brain Creates our Mental World
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2007/juil/frith.html
2) Voir Miora Mugur-Schächter, notamment Sur le tissage des connaissances Hermès Lavoisier 2006
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/74/mms.htm
3) Voir Journal of neuroscience 8 décembre 2010 Expectation and Surprise Determine Neural Population Responses in the Ventral Visual Stream http://www.automatesintelligents.com/echanges/2010/dec/duke.html
4) Voir Baquiast Le paradoxe du sapiens J.P. Bayol, 2010
http://www.editions-bayol.com/pages/livres-titres/paradoxe.php


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42 réactions à cet article    


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 décembre 2010 10:47

    Tout à coup j’ai une pensée pour les spéléologues qui sont oubliés au fond de la grottte du « LHC » !

    Gentil Père Noël, veut en dégringolant les montagnes Franco-Helvétiques, zieuter à 100 mètre de profondeur pour savoir où en sont les chercheurs du secret de l’Univers !

    Depuis que le chapiteau du cirque de la grande désinformation avait été démantelé parce que ne pouvant rien donner aux populations qui se pressaient aux alentours, on a presque oublié nos courageux chercheurs dans une grotte à moins 273 degrés celius !

    Joyeux Noël.

    Mohammed MADJOUR.


    • Halman Halman 18 décembre 2010 11:20

      Madjour, la science fondamentale ne sert pas à fabriquer des paraboles pour capter radio mosquée.


    • epapel epapel 18 décembre 2010 18:37

      Soyez indulgent, il est comme ça depuis que son article a été refusé.



      • epapel epapel 18 décembre 2010 17:57

        Beaucoup de contre-vérités et d’absurdités : 

        « On aura beau inventer des machines et des robots de plus en plus  »sophistiqués", jamais de telles inventions n’auront les capacités ahurissantes de la conscience humaine" C’est ce que vous appelez-vous même une théorie qui ne sera jamais démontrée in vivo, et pour cause le futur nous est à jamais totalement inaccessible.

        Et pourtant, la quasi totalité des théories scientifiques ne sont que des théories, c’est-à-dire de pures hypothèses élaborées par des esprits...
        Vous faites un contresens total sur ce qu’est une théorie scientifique qui se définit justement par sa capacité à pouvoir être vérifiée par l’expérience, donc par définition une théorie scientifique n’a pas la prétention de dire ce qui se passe en dehors du domaine expérimentable.

        Il ne s’agit que de suppositions et les expériences réalisées sur terre, dans des centres spéciaux où l’on joue avec l’atome, les pressions, les ondes, les quarks etc.... ne donneront que des résultats soumis à nos lois physiques locales ! C’est que je viens d’exprimer de façon différente, encore faut-il préciser que local embrasse l’univers observable.

        Les vérités scientifiques d’aujourd’hui sont les mensonges de demain. C’est méconnaître la démarche scientifique qui est fondée sur l’idée que les résultats obtenus à un moment donné ne sont qu’un état provisoire de la connaissance. Ceci dit, vous aurez du mal à faire croire que beaucoup résultats sont faux (par exemple la terre tourne bien autour du soleil et sur elle-même indépendamment de ce qui peut se passer au delà de l’univers observable).

        Et pour conclure : il faut une bonne dose d’arrogance pour affirmer que quelque chose qu’on ne maîtrise pas n’arrivera jamais.


      • Roger Robert Roger Robert 20 décembre 2010 18:05

        J’adore la conclusion de votre commentaire, par contre je pense que les chercheurs(euses) n’essaient plus d’observer le visible et encore moins le matériel.
        Ils (elles) tentent de donner une interprétation aux relevés enregistrés par leurs instruments sans avouer que leurs « visions » ne sont que conjectures.

        Les mensonges scientifiques d’aujourd’hui masquent une réalité plus simple qui sort la physique du monde des sciences humaines avec ses croyances, ses superstitions ou autres interprétations irrationnelles de notre Univers.

        Ma croyance spirituelle est la même que ma croyance en la physique moderne : NULLE !


      • Halman Halman 25 décembre 2010 11:03

        Musima, vous ne pouvez pas avoir un esprit scientifique, ni le comprendre.

        Déjà dans votre première phrase vous affirmez que jamais une machine n’auront la capacité du cerveau humain.

        Mais c’est fait !

        Il y a des robots, dont le célèbre Cog, qui, par apprentissage, de lui même a le QI d’un enfant de 5 ans.

        Non, toutes les théories scientifiques ne sont pas que des théories, la relativité et la physique quantiques sont utilisées tous les jours en astrophysique et en physique, elles sont prouvées dans le travail quotidien des astrophysiciens.

        On a tous les jours des preuves de la relativité avec les astres exotiques comme les pulsars, les étoiles à neutron.

        Et quand les observations collent aux théories, les théories sont des preuves.

        Quant à Stephen Hawking, c’était en 1988, ayez l’honnêteté de réaliser que depuis on a fait quelques découvertes fondamentales, relisez les liens que j’ai donnés, mais il y en a tant d’autres.

        « Seul ce qui est mesurable est objectif.
        Seul ce qui est objectif est scientifique.
        Seul ce qui est scientifique a une existence réelle.
        Seul ce qui est mesurable est réel ».

        Lord Kelvin.

        Vous faites partie de ceux à qui on a incrusté dans le crane que la science est mauvaise, tout comme le non musulman est à convertir de gré ou de force sans chercher à voir les preuves.

        Vous, vous avez des théories et des certitudes que vous n’osez pas confronter aux preuves scientifiques, alors ne vous en prenez pas aux scientifiques dont c’est la manière de travailler de remettre toujours tout en question à chaque observation scientifique.

        Il ne suffit pas de lire une Brève Histoire du Temps, que, entre parenthèse, très peu de gens ont vraiment lu et compris, pour se la ramener.


      • Deneb Deneb 25 décembre 2010 11:15

        « Musima : »lois physiques locales"

        il est grave, lui


      • Halman Halman 18 décembre 2010 11:21

        Musima, au lieu de rester bloqué sur vos antiques paradigmes, lisez les liens que j’ai mis, ils vous ouvriront un peu l’esprit.


        • epapel epapel 18 décembre 2010 18:39

          Je suis pas sûr que ça marcherait.


        • Halman Halman 18 décembre 2010 11:23

          Qu’est ce que c’est gonflant ces gens qui parlent de science avec 30 ans voir 2000 ans de retard dans leurs connaissances.


          • epapel epapel 18 décembre 2010 18:34

            Et sans les Egosum aussi.


          • Castel Castel 18 décembre 2010 21:14

            Ils ne parlent pas de science, mais de philosophie...
            Cela se comprend...


          • Tristan Valmour 18 décembre 2010 12:30

            Article d’une rare qualité, qui expose dans un langage clair des notions particulièrement complexes. En plus, votre dernier paragraphe implique l’humilité qui fait de ceux qui tiennent ce genre de discours de grands hommes.

            Permettez-moi cependant d’oser formuler quelques critiques.

            -  Le nombre de neurones est une estimation grossière. On s’accorde sur le nombre de 100 milliards par convention. En réalité, on aurait de 10 à 100 milliards de neurones (même 150-200 milliards à la naissance) ; le professeur Ledoux de New-York penche pour 30-40 milliards. Mais le plus important n’est pas le nombre de neurones, mais les connexions synaptiques. D’autre part, vous en êtes resté à la communication électrique. Seulement, l’information est transportée d’un neurone à l’autre par des neurotransmetteurs dont ne dispose pas la machine. On ne connaît pas le nombre de connexions potentielles.

            -  Vous n’avez pas parlé des cellules gliales qui ont un rôle qui dépasse leur fonction nourricière. On les connaît très mal ; des surprises sont à venir. Elles sont beaucoup plus nombreuses que les neurones.

            -  Il y a matière à discuter sur votre concept de mémorisation. Les spécialistes de la mémoire tendent de plus en plus à croire qu’on ne mémorise pas les faits ou les connaissances qui ne sont stockées nulle part ; on reconstruit les souvenirs et les connaissances. Souvenirs et savoirs seraient donc une reconstruction, pas une copie de la réalité, de l’input. Et ça, ça pose un big problem. L’exemple qu’on donne toujours en cours de neurosciences est le fait d’avoir quelque chose sur le bout de langue : je ne sais pas comment dire ce que je sais. C’est le signe que tout ce que l’on sait n’est pas stocké au même endroit. Je travaille aussi sur des modèles de développement de la mémoire (éducabilité cognitive) et mes constatations rejoignent cette conception énoncée plus haut. Au contraire, une machine stocke les données dans un ou plusieurs lieux, mais ces données sont plus intégrales que chez l’humain. 

            -  « Il n’existe rien de tel dans les organismes vivants qui se sont construits selon d’autres logiques, par exemple les végétaux, ni rien de tel non plus dans les machines électroniques plus simples, comme les calculateurs ». Je ne suis pas d’accord avec vous. Les végétaux ont aussi une sorte de mémoire et sont guidés par une motilité qui leur est propre, comme chaque être animé (pour ne pas dire « vivant »).

            -  « La MC ne conserve que celles présentant une certaine régularité, un certain caractère répétitif. ». A nuancer : il y a des événements uniques qui modifient la structure de la « mémoire centrale ». Par exemple, vous goûtez à un fruit joli mais dégoûtant : vous n’y reviendrez plus.

            -  « Ceci n’est pas étonnant. L’organisme ne peut connaître son milieu qu’à travers les perceptions que lui en donnent ses E/S. ». A nuancer : on pense que les Asperger géniaux sont partiellement coupés de leur milieu, ce qui a conditionné leur cerveau à être aussi brillant. On établit de plus en plus cette causalité.

            -  « Celles qui sont originales, c’est-à-dire qui correspondent à la perception d’un objet jamais rencontré jusqu’alors, sont mises en mémoire temporaire, avant d’être transformées en une cognition nouvelle si elles se répètent. » C’est malheureusement plus complexe. Toute information passe par la mémoire de travail, puis l’hippocampe fait le tri. Il laisse passer ce qui est nouveau, répété ou non. Ce n’est qu’ensuite que la mémoire à long terme conserve cette information selon la pertinence pour que l’organisme soit adapté à son milieu.

            -  « Lorsqu’il reçoit une perception qu’il ne peut pas immédiatement rattacher à un objet déjà identifié, l’organisme doit lever le doute. Rester dans l’incertain pourrait être dangereux. » Tout dépend de l’âge de l’organisme. Les organismes les plus jeunes sont moins adaptés que leurs aînés. Ils doivent donc se reconfigurer plus vite. Au contraire, les organismes les plus expérimentés peuvent vivre avec le doute parce qu’ils ont suffisamment de connexions idoines ce qui statistiquement leur permet de vivre dans leur milieu.

            -  « On parle de méthode hypothético-déductive ». C’est insuffisant, par exemple, l’analogie.

            -  « plus le processus d’acquisition, de mise en forme puis de mémorisation des connaissances se perfectionne. ». Ajoutons le rôle de l’erreur qui entraîne le pruning, donc les connexions inutiles s’effacent, et le MC est plus performant. Il faut faire des erreurs pour être performant.

            -  « Ce besoin de nommer ». Le bébé naît sans nommer. Il a de nombreuses images mentales qui lui permettent de s’approprier le monde sans le nommer. Quand il accède au langage, ses images mentales déclinent. De nombreux Asperger n’ont pas besoin de nommer. Einstein affirmait qu’il se passait du langage.

            Je n’ai pas le temps de commenter le reste de l’article. En tout cas, encore une fois bravo. Juste une dernière chose : les machines sont construites sur le modèle humain, mais on connaît très mal l’humain. Par exemple, on est aujourd’hui incapable d’analyser en profondeur l’interaction de plus de 3 neurones ! Enfin, tout ceci est passionnant. Je relirai tout cela à tête reposée, bonne nuit.


            • epapel epapel 18 décembre 2010 18:36

              Lui non, mais vous vous devriez.


            • friedrich 19 décembre 2010 16:03
              Egosum, le miséreux intellectuel, impertinent et fier de l’être. 

              Tant qu’on est dans le sujet des neurosciences, je lui conseille de prendre des Oméga 3 pour ses tois neurones, vu qu’ils sont clairement carencés.

            • jako jako 21 décembre 2010 08:18

              Bravo Tristan, je vois que vous connaissez surement Antonio Damazio.


            • voxagora voxagora 18 décembre 2010 13:12

              .

              « Les recherches sur le cerveau ont tant progressé que la conception de l’homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu’une machine,les sentiments (amour,désir), les créations (poésie) une question d’hormones et connexions nerveuses, et l’activité psychique (rêves, inconscient, symptômes) à discipliner par de bons médicaments. Eternel débat corps/esprit que les neurosciences invitent la psychanalyse à remettre sur le métier, avec cette question :peut-il y avoir deux approches contradictoires d’un même phénomène ?
              Opposition infondée qui doit sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Puissance psychique et potentialités du corps : la psychanalyse a toujours subverti cette opposition grâce à la découverte majeure de la pulsion, qui anime le psychisme en même temps qu’elle intègre le somatique, invalidant toute opposition entre mental et cérébral.
              Et c’est sans l’avoir cherché que les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse, et une question aussi essentielle que la conscience, par exemple, demeure insoluble sans le concept d’inconscient. »
               C’est la 4ème de couverture de l’excellentissime travail de Gérard Pommier :
                    -Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse-
              qui me semble compléter de manière intéressante ce non moins excellentissime article.

              • epapel epapel 18 décembre 2010 18:31

                Votre commentaire aurais du commencer par « Si je comprend pas bien ».


              • Aafrit Aafrit 18 décembre 2010 15:39

                Superbe article qui a le mérite de rappeler aux pauvres incultes que tout ce que nous voyons n’est plus ni moins qu’un résultat de ces jeux d’esprit ayant comme contenu ces schémas cognitifs, construits grâce aux différents mécanismes et processus, qui nous permettent d’interpréter et « accéder » au monde dans lequel on vit et qui nous entoure.

                La réalité est trop complexe et ce que nous entendons, voyons et percevons n’est pas la réalité en soi mais une interprétation de celle-ci, de ce fait le réel est inépuisable et nous saissisons qu’un détail descriptif et la vérité objective en tant que telle n’existe pas.Elle est la somme des subjectivités...

                Merci qui ? Le croyant nous dirait, vous voyez, c’est Dieu tout ça ! Quel Dieu ? Les prophètes, ses envoyés spéciaux, qui nous ont apporté la nouvelle ne dérogent pas à la règle, ils sont piégés par leurs schémas cognitifs et donc par leurs fantasmes, imaginaire et la non-vérité de leur propos.Donc stupidités sur stupidités, comme les miennes d’ailleurs, ce qu’ils ont raconté smiley

                Allez, qu’ils aillent en enfer tout ceux qui prétendent détenir la vérité.Dieu compris..

                Merci l’auteur et vous avez bien fait de souligner : « Rappelons cependant, pour réfréner d’éventuels enthousiasmes suscités par ces perspectives, que les propos que nous avons tenus ici concernant les systèmes cognitifs ne proviennent pas d’un observateur devenu par miracle capable de se situer au dessus du monde de l’expérience. Ils proviennent eux-aussi d’un système cognitif »


                • epapel epapel 18 décembre 2010 18:41

                  Article excellent mais apparemment d’un niveau trop élevé pour certains élèves de la classe.


                  • Aafrit Aafrit 19 décembre 2010 13:21

                    En voilà une victime qui, à cause de sa confiance aveugle en ces maîtres et en ce qu’ils lui ont inculqué, croît que son être a été amené à jamais à l’ultime Eveil.De fait, il s’est s’est accaparé du titre du Maître par excellence qui du haut son Eveil-illusoire se donne la légitimité de juger ce qui se dit ici-bas par ceux qui n’ont nullement prétendu dire la vérité mais qui justement incitent à sa déconstruction.


                  • Julien Julien 18 décembre 2010 19:39

                    Plutôt que de lire de la vulgarisation, je conseille aux lecteurs de prendre des livres de physique de qualité, la satisfaction intellectuelle en sera plus grande.


                    • epapel epapel 18 décembre 2010 19:56

                      Niveau apparemment pas assez élevé pour d’autres. Difficile de contenter tout le monde.


                    • @Tristan Valmour
                      Toutes les précisions que vous donnez sur le cerveau, ainsi que les autres, sont effectivement nécessaires. Mais je n’avais pas pu dans l’article entrer dans ces détails ;
                      Vous confirmez ce dont je suis pour ma part convaincu. Comprendre le cerveau, notamment par les neurosciences et la simulation sur artefacts devrait être prioritaire, par rapport, entre autres recherches, à la théorie des cordes.
                      Je serais preneur d’article de vous pour Automates Intelligents, si vous en aviez envie.


                      • oj 18 décembre 2010 23:56

                        .. et si nous sommes dans une simulation informatique .. ?

                        tout cela et son contraire ... tombent à l’eau ?


                        • ffi ffi 19 décembre 2010 00:47

                          L’irrationalité des scientifiques s’affirme de plus en plus. En fait le problème vient de ceci :

                          Si j’ouvre un dictionnaire à l’entrée « dictionnaire », j’ai cet énoncé : « recueil de définitions ».
                          En allant voir à « définition », j’obtiens l’énoncé suivant : « énoncé sur la nature d’une chose ou d’un Être ».

                          Bref, le dictionnaire se prend pour un définitionnaire, il croit énoncer la nature des choses : quelle prétention ! Définir une chose, n’est jamais qu’en donner un énoncé dogmatique...

                          En fait, nous ne connaissons jamais la nature des choses : nous ne pouvons en juger que par rapport à notre nature propre, notre nature humaine, nature qui nous est justement mystérieuse.

                          De même, en science, une expérience ne nous livrera rien sur la nature réelle de l’objet étudié, mais uniquement le rapport qu’il y a entre la nature du dispositif de mesure et la nature de cette chose mesurée, rapport que ne nous lirons de plus à travers notre propre nature.

                          Les mots rationnels, raison, raisonnement viennent du latin ratio, qui signifie proportion.
                          Le mot penser, vient du latin pensare, qui signifie peser (c’est à dire balancer deux choses ensembles).

                          Nous ne pouvons jamais dire : « A, c’est ceci ».
                          Tout ce que nous pouvons dire, c’est « A est à B, ce que C est à D », car dans un tel énoncé, ni la nature de A, ni la nature de B, ni la nature de C, ni la nature de D, n’ont besoin d’être connues, ce qui n’empêche nullement d’exprimer l’égalité des rapports respectifs entre A et B d’une part, et C et D d’autre part.

                          Il fut donc très imprudent de vouloir progresser scientifiquement par énoncés définitifs (définitions), et la situation de blocage présente en découle.

                          Maintenant, ajouter la sophistication de comprendre la nature du cerveau sera inopérante (et est irrationnel) : puisqu’on ne peut juger du fonctionnement du cerveau qu’au travers du prisme de notre nature propre, qui est justement l’inconnue, on ne fait que repousser le problème initial.

                          Le problème viens donc du but assigné à la science contemporaine : il ne s’agit pas prétendre connaître la nature des choses, mais de connaître les rapports qu’elles ont les unes avec les autres.

                          Historiquement, c’est les sophistes qui ont tout voulu définir explicitement. L’occident a fini par rechuter dans cette maladie mentale vers les 17èmes/18ème siècles.

                          La nature échappe ainsi aux scientifiques, qui, trop orgueilleux pour croire pouvoir la trouver explicitement, finissent par imaginer qu’elle n’existe pas... Comme la physis, en grec, signifie justement « la nature », « ce qui fut », « ce qui a grandi », chose qui s’impose à nous comme une évidence, le physicien qui finit par nous dire que la physis n’existe pas est un peu comme cet orphelin qui nous assurerait n’être né d’aucun père selon l’argument qu’il ne le connaît pas.


                          • Castel Castel 19 décembre 2010 01:31

                            Je suis d’accord avec vous. Il faudrait par exemple savoir ce que c’est que la pensée, la conscience et la matière avant de s’intéresser à l’origine de l’univers. C’est la démarche la plus évidente que les scientifiques ne savent pas faire (ou mettent trop de temps à faire) et, comme les êtres humaines sont en grandes parties des moutons, nous suivons bêtement cette nouvelle autorité qu’on nomme « science », une belle vue de l’esprit.


                          • epapel epapel 19 décembre 2010 12:37

                            Il est vrai qu’avant le XVII siècle, la manière de concevoir la science était idyllique et avait abouti à des résultats formidables (essentiellement hérités du savoir des Anciens) :
                            - les quatre éléments : l’air, l’eau, la terre, le feu
                            - les humeurs de la médecine
                            - ...

                            C’est vrai que depuis le XVIII siècle, rien d’essentiel n’ a été découvert, que des choses mineures et sans intérêt :
                            - l’électricité
                            - les ondes électromagnétiques
                            - la radioactivité
                            - la relativité et la mécanique quantique
                            -...

                            D’ailleurs, on ne sait pas trop comment les avions, les autos, internet, la télévision et tutti quanti ont bien pu être inventés. Ca tient du miracle.

                            Mais c’est du grand n’importe quoi.


                          • Halman Halman 25 décembre 2010 11:30

                            Castel, vous faites la même erreur que les scientifiques du siècle des lumières, mettre les différentes sciences dans un ordre hiérarchique.

                            Hors si vous aviez bien lu certains articles sur philosciences, vous auriez appris que le Big Bang tout comme les atomes du cerveau fonctionnent au niveau quantique, et sont même peut être tous les deux des ordinateurs quantiques.

                            Tout est déterminisme des lois de la physique fondamentale, que ce soit au niveau de l’univers que de la vie.

                            La cellule vivante et le cerveau ne sont que des niveaux de complexités adaptés à leur échelle et créés uniquement par les lois de la physique des plus basiques.

                            Il est temps de faire une révolution philosophique : voir la réalité telle qu’elle est et se débarrasser des penseurs antiques.

                            Ils en auraient pensé quoi, Socrate ou Platon, des simulations gravitationnelles informatiques qui nous montrent des phénomènes existants que nous n’avions pas vu ?

                            Sachez que des planètes ont étés découvertes par le calcul, et qu’on les a observées ensuite aux positions données par les calculs.

                            Rien que cela devrait inciter les anti sciences à un minimum d’humilité et à remettre leurs pseudos certitudes à la poubelle.

                            Les gens ne lisent pas les articles, ils balancent leurs certitudes sans se remettre en question.

                            C’est le contraire du fonctionnement de la science. Quoi qu’ils en disent.


                          • ddacoudre ddacoudre 19 décembre 2010 12:19

                            bonjour jean paul

                            un excellent résumé, nous faisons avec ce qui nous arrive à la conscience qui ne sont pas indépendant des limites de notre langage qu’il soit sémantique ou mathématique, il y a longtemps que j’ai abandonné l’utilisation du mot vérité qui est toujours une source de confusion, avec ceux qui en attendent un absolue, je parle donc d’exactitude, en attendant qu’un jour nous puissions construire un néologisme qui cible bien l’évanescence de toutes nos constructions.

                            je dis souvent, et c’est aussi ce que tu expliques, que nous devons décrire notre monde observable et son univers avec un langage qui c’est élaboré pour l’essentiel dans des périodes ou la vérité absolue pouvait être écrite avec ce langage , nous en vivons toujours la réalité.
                            les mots fondent et castrent à la fois, comme le langage mathématique, et ce dont nous ne prenons pas conscience, et que nous ne créons rien (au sens absolue attaché à la création dont il est extrait) que la Nature n’autorise.
                            je dis souvent qu’il faut accepter notre méconnaissance car c’est d’elle dont nous nous nourrissons, la réalité de nos innovations ne sont durables qu’à l’égal du temps de leur disparition.
                            tous ce qui existe à une raison d’être et tous ce que nous pensons et en potentialité d’être.
                            nous nous pensons que notre imaginaire ce doit toujours être conforme aux langages qui le définit, alors qu’il n’est qu’un petit moyen insuffisant au regard de la méconnaissance et de nos potentialités psychiques du contrôle de notre corps par « l’esprit ».
                            pour illustrer cette méconnaissance je donne toujours l’exemple du puzzle.

                            Par analogie, notre monde ressemblerait à un puzzle en expansion où chaque pièce se renouvelle, se multiplie, varie de forme, de couleur, de place, et modèlerait une image sans cesse changeante. Un puzzle que nous n’avons aucune chance de lire dans son ensemble par notre seul regard, et même si nous nous situions dans une position hypothétique d’observateur, nous ne pourrions observer et comprendre que le passé, car le temps de décoder ce que nous observons, l’image que nous définissons n’existe plus. Si bien que l’étroitesse de notre regard ne nous permet d’exister que par défaut tout en étant partie intégrante du monde objectif. Monde objectif que nous devons percevoir par nos sens, et c’est cet apparent paradoxe qui a certainement donné naissance à la récurrente querelle des matérialistes et des spiritualistes.

                            également je dis souvent que si nous pouvions mettre de la matière biologique dans un cyclotron au bout nous n’aurions que des photos de nous au travers de toutes les "particules qui nous composent. serions nous mort ou vivant comme dans le paradoxe de schrödinger.
                            alors si de la foi en un dieu en est sorti un langage pour définir le monde observable de l’époque, peut-être que du monde imaginaire de la physique quantique nous construirons d’autres mots des langage pour accroitre le discernement.

                            cordialement.


                            • epapel epapel 19 décembre 2010 12:40

                              Dites le moins souvent ou après la dissipation des vapeurs qui vous entourent.


                            • A Ddacoudre

                              Merci de ce message sympathique. Mais qui êtes vous exactement ?


                              • epapel epapel 19 décembre 2010 23:47

                                Quelqu’un qui a du mal avec ce qu’il pense être du délire.


                              • Anatta 23 décembre 2010 13:50

                                Bonjour à tous.

                                Je ne suis pas un scientifique, encore moins philosophe, veuillez donc excuser le caractère généraliste de ce qui va suivre.
                                Je termine la lecture du livre d’Etienne Klein, que j’ai trouvé intéressant par ailleurs. Et j’atterris sur ce site en quête de commentaires, de critiques à l’égard du bouquin. Me voilà servi... :)

                                Concernant notre rapport au réel et les limites intrinsèques du langage tentant de le décrire, je me souviens avoir lu en son temps plusieurs livres traitant de bouddhisme et particulièrement des limites de notre tendance à conceptualiser et poser des mots. Les différentes écoles bouddhistes ont expérimenté pendant des centaines d’années des expériences sur la conscience et notre rapport à la réalité (les bouddhistes identifient d’ailleurs six sens au lieu de cinq).

                                La pratique méditative permettrait, au-delà d’un certain niveau, ce que les maîtres appellent le retournement du siège de la conscience, une perception consciente de la réalité en-deça de la conceptualisation. En prise directe, en quelque sorte... Le problème (ou l’élégante manière de s’en sortir à bon compte ?) vient évidemment de l’impossibilité de rendre compte par des mots, d’expliquer le vécu de ceux qui ont accès à ce « niveau de conscience ». L’expérimentation est le maître(non)-mot.

                                Un des livres comparant neuro-sciences et bouddhisme sur la notion de conscience est « L’esprit : deux perspectives ». Il en existe bien d’autres.
                                Je ne veux ici prendre aucun parti entre scientisme et mysticisme. Simplement, pour tous ceux qui cherchent à saisir nature de la réalité, conscience humaine, outils proprement humains qui teintent forcément connaissance et expérience, le corpus bouddhiste peut éventuellement offrir un point d’entrée différent.

                                • exocet exocet 25 décembre 2010 09:20

                                  « Non, l’univers n’existe pas »

                                  Par consequent ce bouquin non plus, je ne vais donc pas dilapider mon bon argent pour l’acheter.


                                  • pierrot123 25 décembre 2010 23:14

                                    Citation :
                                    "les propos que nous avons tenus ici concernant les systèmes cognitifs ne proviennent pas d’un observateur devenu par miracle capable de se situer au dessus du monde de l’expérience."

                                    Certes...
                                    Très modestement, je me prends d’ailleurs à penser que le langage ne rend pas compte, n’a pas à rendre compte, ne peut pas rendre compte, du mystère du Monde...Il en fait intégralement partie.
                                    ....Qu’il (le langage) est  le mystère principal.


                                    • cousin 26 décembre 2010 06:15

                                      Le négateur nié

                                      Moi je suis né par hasard et pour rien, me revendiquant athée, agnostique, qui souhaite la disparition de toutes les chimères irrationnelles indignes d’un vrai civilisé, à savoir, dieu, transcendance, esprit, amour, qui ne sont que le fruit de sécrétions hormonales et de rouages neuronaux dont seuls des fous, des fanatiques, des arriérés primitifs et des rêveurs complaisants peuvent encore croire sérieusement ; croyant qu’il n’existe qu’un monde de forces, de particules et d’ondes et que tout peut s’expliquer par des lois immuables auxquelles ces forces aveugles et non conscientes obéissent ; que la vie et les êtres vivants ne sont qu’un épiphénomène, une complexification des forces naturelles et que c’est les organes qui fabriquent les émotions, la pensée ; pose et prétend (bien que n’étant qu’un rien né du chaos) expliquer le monde et ma propre condition.

                                      Mais, rien, ne peut rien expliquer, n’étant rien, son explication n’est qu’un épiphénomène probabiliste, une sécrétion hormonale, une fiente de pigeon, un battement d’aile de papillon ou une fluctuation des vents solaires. Je ne suis rien et pourtant je joue encore au démiurge en prétendant expliquer quelque chose ! Mais taisez-vous donc, rien, car en niant le négateur on nie la négation et pourtant en niant on affirme encore qu’on n’est pas rien. Car rien ne peut exister et certainement pas affirmer qu’il est rien.

                                      Fondement du réel

                                      La Conscience fonde les preuves et non l’inverse. On ne peut la prouver car qui prouve quoi, si ce n’est la Conscience, principe ultime et fondement des preuves et du réel. Tout est réel s’il est vu par la conscience. Mais il existe diverses formes de réel : la veille qui est le réel commun à un groupe de sujets limités (dit univers par les humains), le réel noétique du domaine du rêve et individuel, et le réel de l’absence de conscience limitée du domaine du sommeil profond, de la mort, et du vide. Quant à l’au-delà du réel et de l’irréel, c’est l’incomparable Conscience, beauté sans forme et sans limite.

                                      Pour expliquer un fait révélé à nos sens et pouvant être observé par tout Homme, monde matériel extérieur et commun, il existe une infinité de théorie possible.

                                      Hommage à cette merveille,

                                      au-delà du réel et de l’irréel,
                                      de l’existence et de l’inexistence,
                                      de la vie et de la mort,
                                      de l’un et de la pluralité,
                                      de l’extérieur et de l’intérieur,
                                      de la matière et de l’esprit,
                                      du plaisir et de la souffrance,
                                      du fini et de l’infini,
                                      grande perfection au-delà du temps,
                                      de l’espace,
                                      de l’esprit,

                                      Conscience Absolue,
                                      Kalasamkarsini.


                                      • Deneb Deneb 26 décembre 2010 07:00

                                        cousin, j’ai fallu vous plusser, et puis j’ai vu que vous étiez adepte du bouddhisme tibétain et du Livre des morts. La philosophie bouddhiste est basée sur le détachement de la même manière que la philosophie des trois monothéismes est basée sur la culpabilité. Et le détachement peut très bien évoluer en indifférence, hélas.

                                        Le livre des morts n’est pas plus pertinent que la bible et le coran. Ce sont des écrits de l’époque où extremement peu de gens savaient lire et écrire. Vu le peu de production de documents à l’époque, comment voulez-vous croire en leur pertinence, alors que pour cette dernière, une production abondante et une sélection cruelle et sevère est nécessaire. Dans une simple phrase de Shakespeare il y a mille fois plus de sagesse que dans tous les vieux grimoires, promus par les politiciens de l’époque.

                                        Si la philosophie religieuse au Tibet est si pertinente, comment se fait-il que Tibet fut une proie aussi facile pour les Chinois ? Eh bien, je vais vous le dire : le pouvoir religieux d’avant maintenait les gens dans l’ignorance des acquis de la science pour les gaver avec leur philosophie soi-disant universelle. Le Tibet d’aujourd’hui est une énorme maison close, voilà le résultat de leur pensée si elevée.


                                        • catastrophy catastrophy 26 décembre 2010 12:59

                                          Il semble que....

                                          Oui ! il semblait que...
                                           Ah !, le verbe sembler. Avec ce verbe, il semble que l’on passe d’un état à un autre.

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