Internet est un medium (canal). L’infrastructure permettant son fonctionnement est matérielle pour le reste ce sont des électrons et des photons qui circulent et qui véhiculent de l’information qui est par essence immatérielle. Néanmoins, ma phrase est incomplète j’aurais dû écrire « la fixation d’immatériels sur support physique en l’occurrence » ; en espérant que cela sera plus clair.
S’il y a aussi peu de commentaires, c’est peut être qu’il n’y a presque rien à redire à cet article qui prend une approche à la fois originale et pragmatique. Effectivement, le législateur n’y entend rien aux immatériels et à la notion d’un réseau ; sa spécialité se portant plutôt sur les réseaux.
La liquidité des immatériels est déjà développée par John Perry Barlow dans « The Economy of Ideas » ; la richesse d’un immatériel est liée à sa vitesse de circulation et par voie de conséquence au nombre de copies qu’il engendre.
Une information (à prendre comme un contenu au sens large) immobile n’a pas d’existence ; il faut un émetteur, un canal et un récepteur. Internet en tant que medium bouleverse de nombreux paradigmes :
- contrairement à la radio ou à la télévision ce n’est pas une logique de push mais de pull ; c’est l’utilisateur final qui vient « tirer » l’information, - l’information n’est plus éphémère mais durable et accessible presque immédiatement partout dans le monde.
À chaque changement de paradigme, il y a de la casse pour les modèles économiques qui s’appuient sur les paradigmes obsolètes (la fixation d’immatériels sur support en l’occurrence), en revanche, l’art et la culture n’ont pas attendu le phonogramme pour pouvoir exister.
HADOPI & co ne sont que des retardateurs législatifs de complaisance au même titre que feu le grotesque « Red Flag Act » du 19ème Siècle en Angleterre.
Nous sommes à peu près dans la même situation qu’au XVIème siècle : interdiction de l’imprimerie, puis création de la bibliothèque de France et instauration du dépôt légal pour être en mesure de censurer de façon centralisée.
Quant on voit qu’un sondage mondial réalisé par IPSOS Allemagne en matière de téléchargement illicite et relayé par l’AFP n’apparaît pas dans les médias français afin de ne pas ajouter au torpillage à venir d’Hadopi qui est actuellement en cours de vote au Parlement, ce mécanisme de censure / auto-censure ne fonctionne pas si mal, alors pourquoi ne pas tenter d’en faire de même avec Internet ?
Sauf qu’Internet est distribué et mondial et que la partie est déjà perdue depuis longtemps, tout au plus ils [les politiques] vont retarder les choses.
Normal de tirer à boulet rouge sur un medium indépendant aucune compromission n’est possible en l’état, il faut donc argumenter en usant de l’ espace de non droit, de la nécessaire régulation, du vide juridique et autres vaporwares.
Le vrai problème c’est qu’une partie importante de la population s’accapare des outils et un réseau, dès lors la probabilité que quelqu’un puisse remarquer quelque chose qui a échappé aux médias serviles et qui fait mal augmente. Dès lors la posture ne peut être que celle décrite par Gandhi.
« Et vous savez quoi ? Le délai de prescription est plus important sur le net que dans la presse généraliste. »
Auriez-vous une source ? Il y a une proposition de loi délirante allant dans ce sens mais à ce que je sache c’est toujours la loi de 1881 qui s’applique soit une prescription de trois mois après publication.
Le problème, à la décharge de l’auteur, c’est que ce projet de loi est complexe et particulièrement fallacieux. Sans connaître l’enchaînement à partir du traité OMPI de 1996, ni disposer d’une culture générale solide en droit et en informatique, on passe à côté de plein de choses et surtout de l’essentiel. Hadopi ne protège nullement les créateurs, les journalistes peuvent en témoigner vu qu’un amendement scélérat a particulièrement restreint leur droit moral au profit des (gros) patrons de presse.
Non, il s’agit de retarder une échéance inexorable : l’économie des immatériels qui est rendue possible par l’existence d’Internet au détriment de l’économie de la rareté, du moins en ce qui concerne une bonne partie des œuvres de l’esprit.
Or, il y a plein de business juteux, plein d’intermédiaires inutiles et néfastes dans cette économie de la fixation d’immatériels sur support physique ; faut dire depuis que le 19ème siècle ça a eu le temps de s’huiler au détriment des auteurs et du public.
Le problème qui aurait dû être posé est : comment finance-t-on la création (et non pas la production ou la promotion) eu égard aux changements rapides tant techniques que comportementaux induits par l’existence d’Internet. Mais non, la solution apportée par Hadopi consiste à essayer de recréer les conditions d’une économie de la rareté dans un univers immatériel quitte à maltraiter la Constitution pour gagner quelques années le temps que l’industrie du divertissement comprenne enfin que depuis Napster (autour de 1999-2000) rien ne sera plus comme avant.
Ben voyons... « copyright-consulting.com est propriété du journaliste professionnel indépendant Didier FERET. »
Je cite « l’acte déclaratif de qualité d’auteur » :
« En finale, vous devrez verser le Droit unique et définitif d’usage de la Logistique, et votre Acte enregistré, votre attestation de Propriété Intellectuelle, et votre licence d’usage quittancée vous parviendront par lettre recommandée. »
Et on envoie le tout chez :
« ong IFRACO, Didier FERET, BP 19, 02260 La Flamengrie (France) »
N’est-ce pas de la publicité masquée ?
Ça me désole qu’Agoravox laisse passer ce genre de choses.