"De tout ce que tu viens de lire tu pourras déduire que le mensonge est
un péché pour les autres, et pour nous une vertu. Le mensonge ne fait
qu’un avec notre métier : il convient que nous mentions par la parole,
par les yeux, par le sourire, par l’habit. Non pas seulement pour
tromper les patients ; tu le sais, notre propos est plus élevé, et le
mensonge, et non le tour de poignet, fait notre véritable force. Avec le
mensonge, patiemment appris et pieusement exercé, si Dieu nous assiste
nous arriverons à dominer ce pays et peut-être le monde : mais cela ne
pourra se faire qu’à la condition d’avoir su mentir mieux et plus
longtemps que nos adversaires. Je ne le verrai pas, mais toi tu le
verras : ce sera un nouvel âge d’or, où seules les dernières extrémités
pourront nous mettre dans la triste nécessité d’arracher encore des
dents, tandis qu’il nous suffira, pour gouverner l’État et administrer
la chose publique, de prodiguer les pieux mensonges que nous aurons su,
entre-temps, porter à la perfection. Si nous nous révélons capables de
cela, l’empire des arracheurs de dents s’étendra de l’Orient à
l’Occident jusqu’aux îles les plus lointaines, et n’aura pas de fin".
Primo Levi, Lilith et autres nouvelles, Le Livre de Poche, 1989.
@agent ananas En lisant la fiche Yalta sur « wiki » (version anglaise) il est mentionné que l’un des principaux point était la création d’une sphère d’influence soviétique en Europe centrale et de l’est, dont la Pologne était la pièce maitresse (dans le passé la Pologne fût le conduit des invasions en Russie). Staline ne reconnaissait pas le gouvernement en exil polonais et préférait un gouvernement communiste qui fût installé ensuite après guerre malgré ses promesses d’élections libres. Donc cela ressemble fort à un partage de l’Europe... que la réunion subséquente de Potsdam finalisa.