Il est ironique que l’auteur, partisan du système ultra libéral qui détruit le tissus industriel des pays occidentaux en délocalisant vers des pays à main d’oeuvre bon marché, se fasse le défenseur de l’emploi.
Difficile de restituer la complexité de la Thaïlande en quelques lignes. Oui, tout n’est pas noir ou blanc, ou en l’occurrence jaune ou rouge. Vous vous en sortez plutôt pas trop mal. Il y a cependant une donnée que vous avez oublié dans cette équation thaïe : le régime du clan Shinawatra est soutenu par les Etats-Unis, pas seulement pour des raisons économiques mais aussi géo-stratégiques (l’endiguement de la Chine, relooké « stratégie de pivot » début 2011). Thaksin (frère de Yingluck) ayant été un fidèle allié de Washington lorsqu’il était premier ministre. Le double standard de la presse occidentale du traitement des manifs de Kiev et de Bangkok (le « méchant » Yanukovych et la « légitime » Yingluck) est révélateur.
Ce week-end à Bangkok, entre les jaunes et les rouges, qui manifestaient et contre-manifestaient, il y avait au moins 200 000 personnes dans les rues. Une poignée de manifestants morts au champ d’honneur par des snipers inconnus vêtu de noir. Le pays encore une fois au bord de la guerre civile. Attendons d’entendre que dira l’adulé roi Bumiphol (au seuil de sa vie) lors de son traditionnel discours du 5 décembre qui marque son anniversaire. La Thaïlande retient son souffle.