« Le fils de mon collègue n’a d’ailleurs jamais manifesté la moindre réaction à l’emploi du mot métaphorique « autiste » dans les médias ! Et je suis bien persuadé qu’il n’a pas été le seul autiste dans ce cas. »
Voilà le point névralgique : ce n’est pas parce qu’une personne autiste ne manifeste aucune réaction dans une situation donnée qu’elle est sans affects face à cette situation. Par contre il lui est très difficile d’extérioriser et de communiquer son ressenti. De ce fait elle peut sembler insensible aux yeux des autres, il n’en est rien. Changez votre regard.
« Je ne dis pas qu’il faut éviter mais qu’il serait sans doute préférable de limiter l’usage de ce genre d’image. Je ne suis pas sûr moi-même d’y parvenir ! »
Je ne suis pas certaine de saisir la nuance apportée mais c’est sans doute trop subtile pour moi. En tout cas ce n’est pas cet aspect de votre article que je trouve le plus discutable même si ce genre de métaphore n’est pas du meilleur goût.
Par contre j’ai trouvé que l’expression « bulle mentale » comme forme de protection était inexacte parce que les personnes autistes ne sont pas du tout insensibles, comme le souligne aussi hdelafonte, et c’est la raison pour laquelle je suis intervenue. Si c’est sur ce point que portent vos excuses je les accepte volontiers.
Dans les formes les plus sévères d’autisme (ce qui n’est pas mon cas) la personne a tant de difficultés à interpréter les paroles et les intentions d’autrui que peut-être elle ne se rend même pas compte des moqueries des autres et dans ce cas n’en souffre pas directement. Par contre il ne s’agit pas d’une sorte de « protection », mais seulement d’un défaut de perception. Lorsqu’elle en prendra conscience elle en souffrira comme toute autre personne humaine.
Je ne prétends pas représenter toutes les manifestations du spectre autistique, qui sont très variées, mais je pense que vous avez dû mal comprendre ce qu’on vous a expliqué sur l’autisme. Je n’ai pas connaissance de personnes autistes qui seraient comme « immunisées » contre les insultes, les agressions ou toute forme de discrimination à leur égard. Je me suis bien renseignée moi aussi sur le sujet et je n’ai rien lu qui aille dans ce sens. Je suis par contre disposée à changer d’avis si vous nous fournissez sur ce point une argumentation documentée.
La personne autiste souffre spécialement en situation sociale car les interactions humaines lui sont souvent indéchiffrables. En milieu protégé il est possible qu’elle soit moins exposée à ce stress et c’est peut-être le cas de l’enfant de votre ami. Si vous souhaitez approfondir le sujet de la souffrance et l’anxiété liée à l’autisme voici un article qui résume assez bien la problématique.
Bonjour Fergus. Malgré beaucoup de bonnes intentions votre article est ambigu. Vous concluez qu’il faut éviter d’utiliser le mot dans ce contexte mais vous employez tout l’article à légitimer son usage en argurmentant qu’il ne s’agit que d’une expression à prendre au sens figuré. Soit.
Par ailleurs il est totalement faux de dire que les personnes autistes ne souffrent pas des amalgames récurrents à leur égard. Je suis moi-même diagnostiquée TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) et tout au long de notre vie nous souffrons de préjugés à notre égard : harcèlement scolaire et professionnel, incompréhensions, rejet, mépris, marginalisation, ect.
Il est vrai que bien souvent nous avons du mal à comprendre les déclarations et intentions des autres personnes, surtout ce qui n’est pas exprimé de manière explicite, mais cela ne signifie pas que nous n’en souffrons pas, bien au contraire et cela génère chez nous beaucoup d’anxiété : souvent nous ne saisisons pas bien ce que l’autre a voulu dire mais dès lors qu’il manque le respect, le malaise est bien là et nous le ressentons.
Et ce n’est pas parce que nous ne savons pas exprimer notre ressenti de manière normative et que nous restons souvent sllencieux devant l’insulte que nous n’avons pas d’emotions et de sentiments.
Renseignez-vous d’avantage sur l’autisme et évitez de véhiculer des préjugés. Merci