D’accord avec vous, il ne suffit pas de promulger des lois, encore faut-il les appliquer. Je me permets toutefois d’insister sur le fait que ces législations existent en Suisse, contrairement aux pays évoqués dans mon précédent message.
La place financière suisse est certes devenue plus transparente suite aux pressions de l’OCDE, mais sa législation anti blanchiment est entrée en vigueur en 1997...
D’une manière générale, je suis foncièrement contre le secret bancaire lorsqu’il permet de laver les revenus de dictateurs ou d’activités criminelles, ainsi que de cacher de l’argent non déclaré aux fiscs étrangers. Il est clair que ce système doit cesser mais il est également important que tous les pays mettent fin à ces pratiques.
Les médias fantasment beaucoup sur la Suisse qui est systématiquement diabolisée et ne relèvent jamais les changement qui s’opèrent actuellement sur sa place financière.
Aujourd’hui, la Suisse fait beaucoup d’efforts pour nettoyer sa place financière. Elle est un modèle en matière de lutte contre l’argent sale.A cet effet, elle dispose de la loi anti blanchiment la plus sévère du monde. Ainsi il est beaucoup plus facile d’ouvrir un compte bancaire à Londres que dans n’importe quelle succursale bancaire helvétique. Par ailleurs, la Suisse dispose depuis peu d’une législation visant à restituer les fonds des dictateurs aux pays « libérés » concernés. Lorsque la révolution a commencé dans les pays arabes, la Suisse a été le premier pays à bloquer les fonds des familles Ben Ali, Moubarak et Kadhafi. Il subsiste de moins en moins de fonds douteux dans les banques helvétiques.
Votre façon de fustiger la Suisse est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Il est en effet de notoriété publique que les banques françaises possèdent également des fonds de dictateurs dans leurs comptes. Quid des biens immobiliers de luxe possédés par les dictateurs africains ou arabes en particulier à Paris et dans le sud de la France. Ces biens permettent également de blanchir de l’argent en toute sécurité.
Ce qui me choque le plus dans cette affaire c’est que des pays comme la France, qui ont le plus caressé Kadhafi dans le sens du poil, qui se sont mis à genoux et se sont humiliés devant lui, aujourd’hui le bombardent.
Voilà encore un cliché sur la Suisse que nos amis les Gaulois aiment préciser. Venant d’un citoyen issu d’un pays qui s’est en partie enrichi sur le dos de ses colonies et qui est l’un des plus grands marchands d’armes de la planète, ça me fait sourire.
Je suis entièrement d’accord avec vous pour dire que cette situation légale qui permet à des mineures de se prostituer est proprement scandaleuse. Toutefois, il n’y a eu à ma connaissance aucune « pression de Bruxelles » sur ce sujet et au risque de me répéter, la Suisse est en train de modifier sa législation en la matière. Par ailleurs, elle va ratifier la « Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants, contre l’exploitation et les abus sexuels ». Convention qui est certes moins contraignante qu’une loi, mais qui démontre un changement de mentalité au sujet de la prostitution des mineures.
Comme vous l’avez constaté, la prostitution qui est légale, rapporte des impôts aux cantons suisses.
A votre avis, un pays doit-il interdire, voire sanctionner la prostitution avec la certitude de voir se développer une économie souterraine, sans compter les dérives propres à la prostitution clandestine, avec des situations catastrophiques sur le plan social et sanitaire, ou au contraire réglementer le domaine (en interdisant bien entendu la prostitution des mineures) et encaisser des impôts sur les revenus parfois très élevés des professionnelles, impôts qui contribueront à payer les services et infrastructures de l’Etat ???
De manière générale, je me permets de vous conseiller de vous renseigner sur le sujet de la prostitution en Suisse, auprès d’autres sources que les médias français tels que TF1 ou M6, qui cherchent avant tout à faire de l’audience et non à traiter objectivement des sujets aussi graves.
En ce qui concerne les rapports entre la Suisse et l’Union européenne, vos propos sont inquiétants.
Dans le fond, à la lecture de vos posts, vous insistez pour que les Suisses se soumettent sans broncher à la volonté de Bruxelles, en abandonnant toutes leurs spécificités qui font que la Suisse est ce qu’elle est. Selon vous, toute idée ou modalité d’organisation de l’Etat venant de Suisse est néfaste, étant donné que l’UE n’est pas d’accord. Cette façon de penser me rappelle les heures les plus sombres de l’Europe, lorsque tel ou tel dictateur imposait ses vues, par la force aux autres peuples.
Vous oubliez néanmoins que la majorité des Suisses ne souhaite pas faire partie de l’UE. Il s’agit simplement de respecter la volonté d’un peuple souverain.
Pour revenir aux rapports économiques entre la Suisse et l’UE, les relations bilatérales, sont bénéfiques des deux côtés, ne vous en déplaise. La petite Suisse avec 7.8 millions d’habitants est le troisième client de l’UE après les USA et la Chine (oui, vous avez bien entendu). L’UE n’a aucun intérêt à dénoncer les accords bilatéraux avec la Suisse.
En tout état de cause, si les accords bilatéraux devaient tomber, la Suisse continuerait d’exporter ses produits tant dans l’UE que dans le reste du monde. Ce n’est pas pour les beaux yeux de ce pays que l’UE achète des biens et services suisses, mais parce qu’ils sont de qualité.