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Orélien Péréol

Orélien Péréol

Auteur, essayiste, écrit nouvelles, pièces de théâtre... Acteur. Ex enseignant, participe de la sociologie de l'Analyse Institutionnelle...

Tableau de bord

  • Premier article le 09/12/2008
  • Modérateur depuis le 26/03/2009
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Derniers commentaires



  • Orélien Péréol Orélien Péréol 4 juin 2020 17:29

    J’ai traité de ce culte des plaintes et des victimes, qui est tel que le nombre de raisons de se plaindre ne peut que grandir (avec la force de la plainte et le nombre de plaignants) : https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/les-antis-et-les-phobes-203741

    J’ai tenu un compte approximatif des nouveaux mots en phobe et j’ai signalé la glottophobie le 18 octobre 2018.

    Donc, apparemment, cette phobie gagne du terrain.



  • Orélien Péréol Orélien Péréol 4 juin 2020 16:25

    @Tibère
    Je vous remercie de ce commentaire, car c’est le coeur du problème.
    1/ Ailleurs, c’est où ? Où irez-vous chercher les composants nécessaires, quand ils manqueront sur Terre, pour continuer de faire du béton à loisir ?
    2/ Même si la méthode de création du béton est aussi fiable que les lois qui régissent l’Univers, elle ne sert à rien sans la matière première. Dans le béton qui fait les maisons qu’on habite, il n’y a pas que la méthode de création.



  • Orélien Péréol Orélien Péréol 4 juin 2020 15:21

    @Mélusine ou la Robe de Saphir. Vous écrivez : « La technique est reproductible à l’infini ». C’est l’illusion fondamentale que mon article tâche de définir et de remplacer. Le métal, les terres rares sont des stocks, ils ne sont pas infinis. Même le sable pour la construction commence à manquer.
    Mathieu Vidard dans la terre au carré en avait fait une émission en 2013 : "

    A la fin du XXIème siècle, toutes les plages auront disparu. Tel est le constat alarmant que posent de nombreux scientifiques et ONG.

    Aujourd’hui, le sable est devenu une ressource vitale : alimentation, cosmétiques, détergents mais aussi ordinateurs, mobiles et cartes bancaires ne pourraient exister sans lui. C’est la ressource naturelle la plus consommée sur la planète après l’eau.

    Mais c’est la fabrication du béton, composé de deux tiers de sable, qui accroît toujours plus la demande. Avec l’urbanisation galopante et l’explosion démographique des pays émergents, cette denrée est devenue la source d’enjeux faramineux."

    Non, la technique n’est pas reproductible à l’infini.



  • Orélien Péréol Orélien Péréol 4 juin 2020 10:24

    @Jean Keim Le travail est constitué d’actions appliqués à un capital technique (vous ne mentionnez pas le capital technique). Toute production sort de travail, de capital et de nature. La nature étant omise sitôt citée. C’est de cela que je parle.



  • Orélien Péréol Orélien Péréol 3 juin 2020 23:50

    Je l’avais écrit dans un article sur le volcan Eyjafjöll en 2010. Je donnais cette idée dans le corps de l’article. Article détruit par le journal Le Monde ! On rêve ! 

    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/04/20/nous-avions-des-avions_1340362_3232.html

    Nous avions des avions



    Nous en avons toujours, mais ils ne peuvent plus voler partout dans tous les sens comme avant. Ça va revenir. Nous entendons parler des difficultés économiques qui sont plus graves que celles qui ont suivi l’attentat du 11 septembre. Nous entendons l’incroyable courage de tous ces voyageurs qui risquent de payer une nuit d’hôtel que l’on ne leur remboursera peut-être jamais. Nous entendons aussi ceux qui s’amusent d’être coincés.

    Nous n’entendons guère de raisonnement un peu haut et large sur les causes. Les causes présentées sont conjoncturelles. Avec des réponses conjoncturelles. On veut savoir quel avion part et quel avion reste, s’il y a des cars, des trains… Le pompon de ce que j’ai entendu dans le genre a été dit par Eva Joly : « il faut croiser les doigts et espérer que des vents puissants qui poussent les nuages loin des itinéraires des avions ! » Prions que les vents puissants épargnent nos avions ! Et elle se présente comme écologiste ! (Ceci dit, apparemment, cela a réussi puisque le volcan crache d’autres choses et que les avions redécollent sans risque de crash.)

    On produit des richesses avec des « facteurs de production », communs à tout effort humain. Ces facteurs de production se classent en trois grandes catégories : le travail, le capital (qui est du travail « chosifié ») et la nature. On apprend ça dans les premières leçons d’économie. C’est quasiment de l’initiation. C’est comme l’espace et le temps. Anthropologique. A la source des sources.

    Pourtant, on ne met pas toujours la nature dans ces facteurs de production. On fait comme si la technique était autonome, pur fruit de l’intelligence humaine, de son travail, de son effort et de ses qualités, pur fruit du travail et du capital.

    Il y a, au moins, deux conséquences à cet oubli :

    1/ nous ne payons pas à la terre les services qu’elle nous rend, on ne paie jamais la nature. Ainsi, quand on consomme du pétrole, on ne paie pas le pétrole à la nature. On paie le travail et le capital d’extraction à ceux qui travaillent et qui possèdent le capital d’extraction, on paie le transport à ceux qui transportent ... on paie des taxes à l’Etat qui gère nos affaires communes (admettons que l’Etat gère nos affaires communes). Quel que soit le prix que l’on paie le baril de pétrole, il n’y a jamais, dans ce prix, de dollars pour la nature. Nous sommes, de ce point de vue-là, comme les chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire : on prend et c’est tout. Il faudrait ouvrir un compte en banque à la nature, et y verser un prix, son salaire, pour qu’elle puisse renouveler ses propres ressources. Evidemment, elle est comme une enfant, il faut tout faire pour elle. On n’en est pas encore là...

    2/ nous ne pouvons faire fonctionner notre technique et l’économie qui va avec que dans le « silence » de la nature, dans son fonctionnement banal.

    Toute notre vie, toute notre richesse, notre travail est tissé de nature. La technique aussi. Ce tissage est fin et serré et on ne peut pas défaire les millions d’interactions entre un objet technique et la nature dans laquelle il fonctionne et sans laquelle il ne peut exister.

    On voit toujours la voiture qui roule et on a l’impression que l’automobile roule toute seule, de part la seule volonté du conducteur de la faire rouler. Pourtant, il lui faut de l’essence, du bitume, un réseau de routes, de ponts, de tunnels, un réseau de point de vente de son essence, un code de la route pour ne pas se cogner aux autres, des assurances… du métal, des plastiques... mille choses auxquelles on ne pense pas… il lui faut de l’air, que la voiture rejette sali… Quand elle roule, elle noue un nombre très grand de fils ; on ne pourrait décrire tous ces fils (on en oublierait forcément) et on les range dans des « boîtes » séparées que l’on croit étanches. Pascale Clark, journaliste de France Inter, disait hier : « un nuage est plus fort que la puissance économique ? ». Nous oublions sans cesse que la nature est incorporée à la puissance économique. On n’avait jamais pensé que, pour que les avions volent, il fallait que les volcans ferment leur gueule.

    Nous ne sommes pas prêts à le penser. Nous continuons à voir la technique comme un pouvoir autonome de l’homme, qui doit nous obéir et n’obéir qu’à nous. Nous continuons à penser que la technologie est un isolat, ne dépendant que de l’activité humaine et en autonomie de tout autre chose. Nous voyons l’interruption du trafic aérien lié à un volcan comme un accident, illégitime, exceptionnel. Nous continuons à croire que la nature n’intervient dans la technologie que lorsqu’elle se manifeste par des irrégularités.

    Cette perception, exprimée aussi par une leader écologique, est exprimée par tous les voyageurs impatients qui trouvent que l’on en fait trop du côté du principe de précaution. Ils sont prêts à prendre plus de risques. Au fond, ils ne croient pas à l’interdépendance de la nature et de la technique. Ils ne croient pas que la technique est tissée de nature et que l’on ne peut pas vraiment en démêler les fils. Ils sont tellement dans l’idée que la richesse des hommes est le fruit de leur travail, et du capital, qu’ils pensent tout résoudre avec du travail et du capital. Ils pensent que le pouvoir de l’argent est absolu. On pourrait appeler cela le syndrome du Titanic.

    Ces voyageurs impatients voudraient dire : « je vole quand je veux. » Eh non. Même si le volcan veut d’une manière générale, je volcan le volcan veut.

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