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  • bebol 27 juin 2012 20:56

    Pour ce qui concerne le japonais, j’apporte ma maigre contribution : l’usage du prénom est réservé aux intimes (entre époux, les prénoms ne sont pas utilisés fréquemment ; entre frères et soeurs : les plus jeunes sont appelés par leur prénom mais les plus âgés par leur rang de grand frère ou grande soeur), aux (très) bons amis. Autrement, c’est uniquement le nom dont il est fait usage. Nom ajouté de « kun » ou « chan » quand ce sont les copains d’école ; ajoutés de « san » au travail ou dans l’agora de tous les jours ; ajoutés de « shi » ou ’sama« pour formuler une grande déférence.

    Il existe des pronoms en japonais mais leur usage est très singulier. Tout d’abord, il y a plusieurs pronoms par catégorie (chacun exprimant un statut de modestie, de déférence ou de respect différent selon qui parle et selon à qui on parle) : plusieurs pour la première personne, plusieurs pour la deuxième, etc... Ensuite, tant que le contexte ne nécessite pas de préciser le pronom, il n’est pas utilisé. Le verbe à lui seul permet de situer, sur le plan de la politesse, le rapport entre deux ou plusieurs.

    Je précise ces quelques petites choses pour montrer que si, dans le japonais, les expressions de politesse semblent de prime abord plus complexes et multiples, elles sont aussi, finalement, plus efficaces que les »tu« et »vous« réducteurs mais surtout propres à ne pas exprimer avec justesse la position des uns par rapport aux autres.

    Personnellement, je pense que le tutoiement devrait être limité à la famille, aux amis et quelques collègues proches. Mais l’usage veut que ce tutoiement soit rapidement usé pour singer une sorte de proximité des esprits qui n’existe pourtant pas. Et il ouvre, malheureusement, des possibilités de positionnement vers la domination que le vouvoiement évite plus efficacement ou expose plus clairement dès les prémisses.

    Je finis en disant que je ne vois pas le sens de parler de ce qui serait »vous« et »tu« dans la langue anglaise, aucun n’ayant d’équivalent direct. Un tout petit peu à la manière du japonais, le contexte et la manière de formuler les phrases indique, me semble-t-il, la proximité ou la distance prises lors de l’usage du »you".

    (Je dis tout cela modestement et mes maigres connaissances en langues me font peut-être dire des bêtises. Si c’est le cas : qu’une âme charitable clarifie, rectifie ou modifie.)



  • bebol 11 juin 2012 19:47

    Je crois que penser aux Japonais, aux citoyens lambdas de ce pays est très important. Ces millions d’êtres humains qui vivent si près de cet enfer tout près de se déverser n’ont d’autre choix que de continuer à vivre, prétendre que tout va bien.

    J’ai une amie japonaise (vivant à Hokkaido) avec laquelle je correspond deux à trois fois par semaine (à laquelle je vais rendre visite en septembre) et à laquelle j’ai déjà fait part plusieurs fois des dangers de Fukushima (qui n’est pas si loin de sa région) : elle semble malheureusement préférer mettre la main devant les yeux et les oreilles et dire que tout est en ordre. Et je crois que les médias japonais, en grande majorité, ne disant pas tout ce qu’ils devraient dire, ne font que renforcer cette envie de ne pas y penser.

    Mais encore une fois : que peuvent bien faire tous ces Japonais ? Tous n’ont pas les sous pour partir. Tous ne veulent pas partir. Je suis personnellement très attristé par cette situation terrible dont il est si peu question au jour le jour. Alors que cela le devrait. Tout le temps. Pourquoi ? Parce que, quoi qu’on en dise (les ouvriers japonais s’étant précipités sur les lieux pour tenter d’éviter le pire, dans les premiers temps de la crise, ne pourront le dire, eux... car certains sont déjà morts), le nucléaire, quand il ne va plus, quand il n’est plus maîtrisé, n’est rien d’autre qu’un bain de mort pour quiconque y trempe le doigt de pied... Même à 100 km.



  • bebol 30 juillet 2011 15:33

    Soral, dévoré qu’il est par son besoin de reconnaissance, s’en va jusqu’à pousser diverses analyses -parfois très justes et courageuses- bien au-delà de toute logique, dans le seul but de frapper l’esprit et, ainsi, profiter d’une renommée certaine. Ce qui, pour moi, finit par délester d’une grande part de leur valeur intellectuelle et morale les propos qu’il peut tenir.
     
    Ce qui m’ennuie aussi, par-delà sa mégalomanie -avec laquelle il est aisé de faire, tant cette tare est commune chez nos « amis les penseurs » (lire le qualificatif de philosophe à côté du nom de Jorion, sur ce site même, en est le reflet misérable)-, est sa manière d’absorber les idées d’autres penseurs, analystes, et se les faire siennes sans avoir le respect de rappeler les penseurs à l’origine de ces idées.
     
    Ce qui le lie à Dieudonné n’est pas une idéologie convergente mais le choix de frapper sur les Juifs (d’une manière ou d’une autre) pour ne jamais tomber dans l’oubli collectif -sujet ô combien sulfureux s’il en est. Et c’est malheureux car, à frapper doucement d’abord, on finit par devoir taper de plus en plus fort pour continuer à choquer et donc à intéresser.



  • bebol 29 juillet 2011 11:45

    Quand on ne sait pas comment faire la promotion de son propre livre, on cherche à attacher son sujet principal à quelque événement actuel : « Quelle chance ! Winehouse est morte ! Allez, collons-y l’autre cinglée, toujours vivante elle, pour ne pas passer totalement pour un vautour. » Et puis, surtout ne pas oublier de multiplier les références culturelles, les grands noms pour ne pas passer pour un nul qui n’a pas grand-chose à dire, tout compte fait...


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