Né en 1958, paysan du Gers éleveur de brebis. Je dis et écris beaucoup de conneries, mais finalement, pas plus que les autres... Et pourtant je réfléchi beaucoup !
Vous êtes agriculteur ou éleveur alors ? Jusqu’à présent, je sais de quoi je parle, puisque je suis directement concerné !!! Je me tâte pour passer au bio, car çà vaut vraiment le coup finacièrement ! 100 à 200 € /ha. Sur mes 40 petits ha de coteaux, çà fait 6000 €... Mais si vous prétendez le contraire ... Ce qui me retiens c’est les contraintes administratives. A noter que mes agneaux sont déjà quasiment éligibles au « bio ». Et que pensez vous des filiaires bio qui importent du soja « bio » de Chine dopé à la mélamine ?
Avant le problème de la malbouffe, il faudrait peut-être évoquer le problème de la surbouffe... En attendant chacun peut se faire un petit potager, même sur un balcon... Pour ce qui est des aides et subventions, il serait bon que vous vous renseigniez dessus, l’europe encourage les productions de qualité, plus que les productions industrielles. Pas de primes pour les porcs ou les volailles en batterie (ou même de plein air)... Seuls les élevages à base « herbe » sont aidés.
Je suis éleveur, je fais de l’agneau label, et je suis prêt à faire du bio, le jour où cela vaudra le coup ! Et en plus c’est une surcharge de boulot administratif. Le bio sert surtout à engraisser quelques organismes de contrôle (les cotisations sont très chères...) et encore plus les intermédiaires et les détaillants. Seuls ceux qui ont les moyens peuvent se payer du bio. On peut acheter du porc noir gascon label rouge ou bio, par exemple, mais a un prix 10 fois supérieur à la promo du jour d’un hyper quelconque. Pour celui qi est un peu juste, le calcul est vite fait. Mais je vous rassure, tous les agriculteurs ou éleveurs ne sont pas des productivistes, et je tiens à dire que l’Etat et l’Europe encourage les filières de qualité et respectueuses de l’environnement. Des primes intéressantes nous sont versées si nous limitons nos apports d’engrais et si nous favorisons les prairies permanentes, par exemple.
C’est en effet paradoxal, mais il peut exister des productions bio industrielles (lait bio Dano.. ou autre) Des producteurs de boeuf bio bretons ont eu des soucis il y qq années quand l’aliment qu’il utilisaient avait été contaminé par du « soja bio » CHINOIS qui avait été dopé à la mélamine... pas grave, le boeuf est parti en « conventionnel ». C’est le genre de production « bio » tout à fait anti-écologique... Le coeur du problème reste l’éthique de ceux qui produisent et transforme la nourriture pour leurs semblables, et qui devraient faire passer la santé avant le fric...